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1
p. 1835-1842
ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Beaux Arts de la Ville de Lyon, du quatre Décembre 1743.
Début :
M. Borde, président, rapporta l'Extrait suivant des Mémoires qui avoient été lûs à l'Académie, / Discours sur l'inutilité du Systême des Génies. M Rey combat, dans ce Discours, le sentiment [...]
Mots clefs :
Anciens, Modernes, Mémoire, Corps, Discours, Eaux, Mouvements de la lune, Planètes, Réflexions, Théâtres, Composition, Salubrité de l'air, Années climatériques, Génération, Physique moderne
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texteReconnaissance textuelle : ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Beaux Arts de la Ville de Lyon, du quatre Décembre 1743.
ASSEMBLE'E publique de l'Académie dès
Beaux Arts de la Ville de Lyon , du quatre
Décembre 1743 .
M des Mémoiresqui avoient été lús à l'Acadé-
Borde , préfident , rapporta l'Extrait fuivant
mie , depuis la précédente Affemblée publique.
Difcours fur l'inutilité du Systême des Génies.
M Rey combat , dans ce Difcours , le fentiment
de quelques anciens qui donnoient à chaque Aftre
un Génie , pour le conduire ; & ne croyoient pas
les Loix Méchaniques fuffifantes , pour maintenir
l'Univers dans l'état où nous le voyons . Les Phyficiens
modernes font bien éloignés d'avoir recours
à de telles explications ; les loix du mouvement , la
configuration des corps . la différente difpofition de
leurs parties,font les feuls refforts qu'ils employent.
Differtation fur les trois inégalités des mouvêmens
de la Lune.
Le P. Béraud examine , dans la premiere Partie
de cet Ouvrage , les différentes hypotéfes ; propofe
une Méthode fimple , pour déterminer les deux dernieres
inégalités des mouvemens lunaires , & croit
pouvoir prouver dans la fuite , par des obfervations
sûres & récentes , qu'il s'en faut de beaucoup qu'elles
s'accordent avec le calcul fondé fur les Tables
Aftronomiques.
Dans la feconde Partie , il cherche la caufe Phyfi
que de ces irrégularités conftantes , & penfe qu'avec
l'aide des découvertes de M. Newton , on peut
démontrer qu'elle eft dans lesLoix du mouvement,
établies par le Créateur.
Fij Nous
1836 MERCURE DE FRANCE.
Nous voyons , avec étonnement , les progrès de
P'Aftronomie , depuis environ un Siécle ; cependant
il lui reste encore bien des ténébres à percer ; les
grands hommes qui ont inventé des hypotéfes ,
pour rendre raifon des inégalités des mouvemens
de la Lune & des autres Planettes , n'ont point levé
les difficultés .L'hypotéfe circulaire donne l'acceleration
des Planettes , en raifon des diamétres apparens
, tandis que par les obfervations , elle devroit
être en raifon double des diamétres L'hypotéfe Elliptique
de Kepler corrige ce défaut ; mais pour éviter
une erreur de calcul , ce grand homme s'eft jetté
dans une erreur de fait , en fuppofant l'excentricité
de la Lune,moindre qu'elle n'eft réellement . M. de
la Hyre , en adoptant les Ellipfes de Kepler , a reconnu
cette erreur , & a cru pouvoir la détruire .
Il place pour cela le centre du mouvement des Planettes
dans un point éloigné des foyers , mais ce
point ne peut le trouver que par l'ufage des Tables
des anciens , qui font défectueules . La Courbe de
M. Caffini détermine aifément le Lieu des Planettes
, mais elle eft différente de l'Ellipfe ; l'une &
l'autre hypotéfe place le centre de la Lune , dans
le même inftant, dans des Lieux différens , qui ofera
décider laquelle eft la vraye ?
Differtation fur la falubrité de l'air.
M. Moëgling , l'un de nos Académiciens affociés
étrangers , Auteur de cette Differtation , nous
y préfente un examen des principes actifs répandus
dans l'air , fon action fur nos corps , & les effets
qu'elle y produit ; un grand nombre d'exemples ,
appuyés d'autorités refpectables , lui fervent à établir
, que l'air humide & froid eft extrêmement
nuifible à la fanté. La tention néceffaire aux fibres
de pos corps eft néceffairement relâchée par l'humidité
AOUST. 1744. 1837
dité de l'air , & le froid , en refferrant les pores ,
arrête la tranfpiration . Ces deux qualités nuifibles
de l'air , font elles réunies ? le danger augmente
& il eft difficile de fe défendre de fes impreffions. Il
fuit done , de cet examen , que l'air fec & chaud
eft le plus analogue à nos corps , & tel qu'il le
faut ,, pour entretenir le jeu de les parties.
7
Mémoire fur l'harmonie & fur les régles de la
compofition.
-M. Cheinet , dans la premiere Partie de ce Mémoire
, préfente des recherches Phyfiques fur le
principe de l'harmonie ; il établit le rapport des
confonnances qui la forment , l'origine des modes
principaux , quelles en doivent être les bornes ; & il
finit cette premiere Partie , par la néceffité du tempérament
, pour tous les inftrumens à touches.
M. Cheinet s'eft propofé , dans la feconde Partie ,
d'examiner quelles font les véritables régles de la
compofition , qu'il déduit des principes qu'il a établis
; quels doivent être les accords d'une bonne -
Mufique & leurs juftes bornes.
Difcours fur les Régules Métalliques.
M. Gavinet , après une explication du mot de
Régule , un détail des différentes efpéces & de leur
utilité , dans l'art de décompofer les Métaux & les
Minéraux , établit une nouvelle maniere de procéder
à l'opération du Régule Martial , qui abrege de
moitié le travail ordinaire. L'explication du Méchanifme
de cette opération y répand des lumieres
intéreffantes. L'Etoile qui paroît fur la furface de ce
Régule après la fufion , perd ici tous fes droits d'Af
tre bienfaifant , d'Etoile lumineufe , que lui avoit
Fiij donné
1838 MERCURE DE FRANCE.
donné l'imagination échauffée & peu habile de
quelques anciens Philofophes & Alchymiftes. I
préfente une expérience fur la chaux d'antimoine ,
qui n'eft la terre vitrefcible de cè minéral , déque
pouillée de fon huile & de fon fouffre , par le fel vo
lasil du Salpêtre à laquelle il a rendu la forme de
Régule. La maniere de procéder aux Régules d'étain
& de cuivre,& leur utilité dans la compofition
de l'Elixir Solaire , que Paracelfe & Vanhelmont
ont donné fous des noms mystérieux , terminent ce
difcours . Des Méthodes fimples , des expériences
bien conduites , tendent toutes également à la perfection
des Arts ; rien n'eft à négliger.
Mémoire fur les Théatres des anciens, comparés
à ceux des Modernes.
M. Clapaffon , après avoir fait dans ce Mémoire ,
une defcription exacte des Théatres des anciens ,
qu'il a tirée de Vitruve & des meilleurs Auteurs
qui en ont traité , les compare à ceux des Modernes
, & trouve dans cette comparaiſon , des raiſons
de préférence en faveur de ces derniers .
L'étendue , la folidité , la magnificence des Théatres
anciens , les marbres les plus précieux qu'on
employoit dans leur conftruction , & ces fuperbes
Portiques qu'on élevoit aux environs les rendoient
fupérieurs à ceux des Modernes , mais il en réfultoit
néceffairement des défauts , contre l'ufage auquel
on les deftinoit .
La grandeur de leur enceinte empêchoit la voix
des Acteurs de parvenir diftinctement aux oreilles
des Spectateurs , ou du moins ce n'étoit pas fans
altérer le naturel , qui en fait le plus grand charme.
Ils n'empruntoient pas le fecours des lumieres artificielles
, qui donnent aux Spectacles, des Modernes
A O UST. 1744. 1839
nes un air d'enchantement . Le genre de leur conf
truction ne leur permettoit pas , fans doute , l'artifice
de nos décorations , leur variété , l'entente de
la perfpective , & furtout la promptitude dans les
changemens de nos décorations , puifqu'ils étoient
en ufage de baiffer le rideau , toutes . les fois que la
Scéne devoit changer.
Nous avons fouvent l'occafion de comparer nos
ufages , nos coûtumes , nos découvertes à celles des ,
Anciens : fi nous y trouvons des raifons de préféren
ce , elles ne doivent pas altérer notre estime pour
eux , & nous faire regarder comme plus habiles ,
mais feulement plus heureux.
M. Colomb lut la Defcription Anatomique d'un
Enfant monftrueux né & mort , depuis quelques
mois , dans la Paroiffe de S. George , dont il avoit
fait la diffection . Il en expofa le réfultat ; ce n'eft
Pas là le feul exemple des bizarreries & des égaremens
de la Nature.
Differtationfur la fuperftition des nombres , ou
Les années Climatériques .
Le P. Tolomas préfente trois points de vûë inté
reflans , dans cet Ouvrage . Le premier contient des
recherches fur la prétendue vertu des nombres ,
P'origine de cette opinion ; & en remontant , par
des traces prefque effacées , à la plus haute Anti- .
quité , il fuit le fil des penfees, qui ont conduit les
hommes à regarder certaines années comme funef .
tes , ou du moins comme périlleuses. Le fecond:
point de vue nous offre une définition des années
Climatériques , un examen des raifons prétendues
des craintes que ces années avoient infpirées , &
dont bien des gens ne font pas encore affranchis .
Enfin , le troifiéme objet de ce Mémoire , eft de ré-
Fiij futer
1840 MERCURE DE FRANCE.
futer & détruire ces préjugés , qui tout frivoles &
déraisonnables qu'ils font , n'ont pas laiffé d'être
adoptés par les plus grands Philofophes de la
Gréce & de l'Italie , & mème par quelques Peres
de l'Eglife.
Quel doit être le but d'un Ouvrage de ce genre !
D'inftruire la raiſon humaine , en l'éclairant ; de
rendre fervice à la Société , en diffipant fes v . ines
terreurs , & de fortifier l'efprit contre les attaques
des préjugés.
Difcours fur les progrès de la Phyſique
moderne.
M. Dugas établit dans ce Difcours les avantages
confidérables que l'Anatomie , les Méchaniques &
l'Aftronomie ont retiré des nouvelles découvertes •
que la Phyfique ne fe laffe point de nous préfenter.
Il examine enfuite , d'où peut naître la différence
des progrès de la Phyſique moderne , comparée à
celle des Anciens . En fuivant les réfléxions de M.
Dugas , on doit chercher cette différence , & on la
trouvera infailliblement dans la maniere dont les
anciens faifoient ufage de leurs connoiffances . Ils
affujet iffoient la Nature à leurs idées & à leurs
fens ; les Modernes , au contraire , la cherchent en
elle même. Des faits certains , des expériences réiterées
, travaillent tous les jours au fondement d'un
Systême univerfel , lequel , s'il eft accordé aux connoiffances
humaines , ne peut être trouvé que par
gette voye.
Réfléxions fur la Génération.
M. Olivier fait fes premieres réfléxions fur la néceffité
de reconnoître les Loix de la création
dans
AOUST. 1744.
1841
dans la difproportion étonnante entre les parties de
l'Embrion , contenues dans l'oeuf , & les parties d'un
corps adulte.
L'accroiffement de l'Embrion , la nourriture qu'il
prend dans le fein de fa mere , & les fecours que là
Nature lui prête pour en fortis, font une fuite de ces
mêmes réfléxions qui étonnent plus la raiſon, qu'elles
n'éclairent l'efprit , auffi M. Olivier en fait ik
ufage , lorfqu'en comparant les fonctions & les divers
mouvemens du corps humain avec ceux
dont une machine , compofée avec tout l'art poffible
, feroit capable , il croit pouvoir conclure que
l'Edifice du corps humain eft véritablement leChef
d'oeuvre de l'Auteur de la Nature.
1
Hiftoire & Analyfe des Eaux de Hauterive
en Bourbonnois , par le P. Godin.
De toutes les maladies qui attaquent la vie de
l'homme , il n'en eft point de plus cruelle , que la
Pierre. Les Eaux Minérales d'Hauterive femblent
nous offrir les diffolvans propres à réfoudre la Pier
re. La diftiflation exacte de ces Eaux a préfenté au
P. Godin , un fel vitriolé fulphureux & nitreux ,
dont la mare , en ſe déffechant, eft devenu verdâtre.
Le hazard feul a part à la découverte de ces Eaux ,
dont les qualités bienfaifantes furent feulement con .
nuës à quelques Païfans du voifinage , pendant un affés
long- tems ; des expériences ont fuccedé à cette découverte
, on en- voit l'Hiftoire dans le Mémoire du
P. Godin. Quel bonheur , fi de nouvelles guérifons
viennent affûrer la réputation naiffante de ces .
Eaux !
M. Chriftin , Sécretaire perpétuel , prononça l'Elo
ge du P. Duclos Jéfuite , Académicien affocié , an
cien Ordinaire , mort dans le mois de Juillet 1743
F v étap
3842 MERCURE DE FRANCE
etam Recteur de la Mafon d'Ax . Il étoit né à
Lyon , il avoit profile la Phytique , & dans le même
tems qu' profit les Mathématiques au
gand College , il occupoit avec diftrction une
place d'Aftronome dans cette Académie . Il a donné
piafieurs Mémoires très intéreilans , truts de fes
grandes connoiffances dans ies Mathématiques. Il
avoit l'efprit vif & pénétrant , & les moeurs fort
douces ; il a été univerfe lement regretté .
M. Dugas lût un Mémoire fur les moyens de
conferver de la Lumiere pendant la nuit & la
Séance finit par la lecture d'un Mémoire du P.
Godin fur la Caufe & les effets de la Maladie des
Vapeurs.
Beaux Arts de la Ville de Lyon , du quatre
Décembre 1743 .
M des Mémoiresqui avoient été lús à l'Acadé-
Borde , préfident , rapporta l'Extrait fuivant
mie , depuis la précédente Affemblée publique.
Difcours fur l'inutilité du Systême des Génies.
M Rey combat , dans ce Difcours , le fentiment
de quelques anciens qui donnoient à chaque Aftre
un Génie , pour le conduire ; & ne croyoient pas
les Loix Méchaniques fuffifantes , pour maintenir
l'Univers dans l'état où nous le voyons . Les Phyficiens
modernes font bien éloignés d'avoir recours
à de telles explications ; les loix du mouvement , la
configuration des corps . la différente difpofition de
leurs parties,font les feuls refforts qu'ils employent.
Differtation fur les trois inégalités des mouvêmens
de la Lune.
Le P. Béraud examine , dans la premiere Partie
de cet Ouvrage , les différentes hypotéfes ; propofe
une Méthode fimple , pour déterminer les deux dernieres
inégalités des mouvemens lunaires , & croit
pouvoir prouver dans la fuite , par des obfervations
sûres & récentes , qu'il s'en faut de beaucoup qu'elles
s'accordent avec le calcul fondé fur les Tables
Aftronomiques.
Dans la feconde Partie , il cherche la caufe Phyfi
que de ces irrégularités conftantes , & penfe qu'avec
l'aide des découvertes de M. Newton , on peut
démontrer qu'elle eft dans lesLoix du mouvement,
établies par le Créateur.
Fij Nous
1836 MERCURE DE FRANCE.
Nous voyons , avec étonnement , les progrès de
P'Aftronomie , depuis environ un Siécle ; cependant
il lui reste encore bien des ténébres à percer ; les
grands hommes qui ont inventé des hypotéfes ,
pour rendre raifon des inégalités des mouvemens
de la Lune & des autres Planettes , n'ont point levé
les difficultés .L'hypotéfe circulaire donne l'acceleration
des Planettes , en raifon des diamétres apparens
, tandis que par les obfervations , elle devroit
être en raifon double des diamétres L'hypotéfe Elliptique
de Kepler corrige ce défaut ; mais pour éviter
une erreur de calcul , ce grand homme s'eft jetté
dans une erreur de fait , en fuppofant l'excentricité
de la Lune,moindre qu'elle n'eft réellement . M. de
la Hyre , en adoptant les Ellipfes de Kepler , a reconnu
cette erreur , & a cru pouvoir la détruire .
Il place pour cela le centre du mouvement des Planettes
dans un point éloigné des foyers , mais ce
point ne peut le trouver que par l'ufage des Tables
des anciens , qui font défectueules . La Courbe de
M. Caffini détermine aifément le Lieu des Planettes
, mais elle eft différente de l'Ellipfe ; l'une &
l'autre hypotéfe place le centre de la Lune , dans
le même inftant, dans des Lieux différens , qui ofera
décider laquelle eft la vraye ?
Differtation fur la falubrité de l'air.
M. Moëgling , l'un de nos Académiciens affociés
étrangers , Auteur de cette Differtation , nous
y préfente un examen des principes actifs répandus
dans l'air , fon action fur nos corps , & les effets
qu'elle y produit ; un grand nombre d'exemples ,
appuyés d'autorités refpectables , lui fervent à établir
, que l'air humide & froid eft extrêmement
nuifible à la fanté. La tention néceffaire aux fibres
de pos corps eft néceffairement relâchée par l'humidité
AOUST. 1744. 1837
dité de l'air , & le froid , en refferrant les pores ,
arrête la tranfpiration . Ces deux qualités nuifibles
de l'air , font elles réunies ? le danger augmente
& il eft difficile de fe défendre de fes impreffions. Il
fuit done , de cet examen , que l'air fec & chaud
eft le plus analogue à nos corps , & tel qu'il le
faut ,, pour entretenir le jeu de les parties.
7
Mémoire fur l'harmonie & fur les régles de la
compofition.
-M. Cheinet , dans la premiere Partie de ce Mémoire
, préfente des recherches Phyfiques fur le
principe de l'harmonie ; il établit le rapport des
confonnances qui la forment , l'origine des modes
principaux , quelles en doivent être les bornes ; & il
finit cette premiere Partie , par la néceffité du tempérament
, pour tous les inftrumens à touches.
M. Cheinet s'eft propofé , dans la feconde Partie ,
d'examiner quelles font les véritables régles de la
compofition , qu'il déduit des principes qu'il a établis
; quels doivent être les accords d'une bonne -
Mufique & leurs juftes bornes.
Difcours fur les Régules Métalliques.
M. Gavinet , après une explication du mot de
Régule , un détail des différentes efpéces & de leur
utilité , dans l'art de décompofer les Métaux & les
Minéraux , établit une nouvelle maniere de procéder
à l'opération du Régule Martial , qui abrege de
moitié le travail ordinaire. L'explication du Méchanifme
de cette opération y répand des lumieres
intéreffantes. L'Etoile qui paroît fur la furface de ce
Régule après la fufion , perd ici tous fes droits d'Af
tre bienfaifant , d'Etoile lumineufe , que lui avoit
Fiij donné
1838 MERCURE DE FRANCE.
donné l'imagination échauffée & peu habile de
quelques anciens Philofophes & Alchymiftes. I
préfente une expérience fur la chaux d'antimoine ,
qui n'eft la terre vitrefcible de cè minéral , déque
pouillée de fon huile & de fon fouffre , par le fel vo
lasil du Salpêtre à laquelle il a rendu la forme de
Régule. La maniere de procéder aux Régules d'étain
& de cuivre,& leur utilité dans la compofition
de l'Elixir Solaire , que Paracelfe & Vanhelmont
ont donné fous des noms mystérieux , terminent ce
difcours . Des Méthodes fimples , des expériences
bien conduites , tendent toutes également à la perfection
des Arts ; rien n'eft à négliger.
Mémoire fur les Théatres des anciens, comparés
à ceux des Modernes.
M. Clapaffon , après avoir fait dans ce Mémoire ,
une defcription exacte des Théatres des anciens ,
qu'il a tirée de Vitruve & des meilleurs Auteurs
qui en ont traité , les compare à ceux des Modernes
, & trouve dans cette comparaiſon , des raiſons
de préférence en faveur de ces derniers .
L'étendue , la folidité , la magnificence des Théatres
anciens , les marbres les plus précieux qu'on
employoit dans leur conftruction , & ces fuperbes
Portiques qu'on élevoit aux environs les rendoient
fupérieurs à ceux des Modernes , mais il en réfultoit
néceffairement des défauts , contre l'ufage auquel
on les deftinoit .
La grandeur de leur enceinte empêchoit la voix
des Acteurs de parvenir diftinctement aux oreilles
des Spectateurs , ou du moins ce n'étoit pas fans
altérer le naturel , qui en fait le plus grand charme.
Ils n'empruntoient pas le fecours des lumieres artificielles
, qui donnent aux Spectacles, des Modernes
A O UST. 1744. 1839
nes un air d'enchantement . Le genre de leur conf
truction ne leur permettoit pas , fans doute , l'artifice
de nos décorations , leur variété , l'entente de
la perfpective , & furtout la promptitude dans les
changemens de nos décorations , puifqu'ils étoient
en ufage de baiffer le rideau , toutes . les fois que la
Scéne devoit changer.
Nous avons fouvent l'occafion de comparer nos
ufages , nos coûtumes , nos découvertes à celles des ,
Anciens : fi nous y trouvons des raifons de préféren
ce , elles ne doivent pas altérer notre estime pour
eux , & nous faire regarder comme plus habiles ,
mais feulement plus heureux.
M. Colomb lut la Defcription Anatomique d'un
Enfant monftrueux né & mort , depuis quelques
mois , dans la Paroiffe de S. George , dont il avoit
fait la diffection . Il en expofa le réfultat ; ce n'eft
Pas là le feul exemple des bizarreries & des égaremens
de la Nature.
Differtationfur la fuperftition des nombres , ou
Les années Climatériques .
Le P. Tolomas préfente trois points de vûë inté
reflans , dans cet Ouvrage . Le premier contient des
recherches fur la prétendue vertu des nombres ,
P'origine de cette opinion ; & en remontant , par
des traces prefque effacées , à la plus haute Anti- .
quité , il fuit le fil des penfees, qui ont conduit les
hommes à regarder certaines années comme funef .
tes , ou du moins comme périlleuses. Le fecond:
point de vue nous offre une définition des années
Climatériques , un examen des raifons prétendues
des craintes que ces années avoient infpirées , &
dont bien des gens ne font pas encore affranchis .
Enfin , le troifiéme objet de ce Mémoire , eft de ré-
Fiij futer
1840 MERCURE DE FRANCE.
futer & détruire ces préjugés , qui tout frivoles &
déraisonnables qu'ils font , n'ont pas laiffé d'être
adoptés par les plus grands Philofophes de la
Gréce & de l'Italie , & mème par quelques Peres
de l'Eglife.
Quel doit être le but d'un Ouvrage de ce genre !
D'inftruire la raiſon humaine , en l'éclairant ; de
rendre fervice à la Société , en diffipant fes v . ines
terreurs , & de fortifier l'efprit contre les attaques
des préjugés.
Difcours fur les progrès de la Phyſique
moderne.
M. Dugas établit dans ce Difcours les avantages
confidérables que l'Anatomie , les Méchaniques &
l'Aftronomie ont retiré des nouvelles découvertes •
que la Phyfique ne fe laffe point de nous préfenter.
Il examine enfuite , d'où peut naître la différence
des progrès de la Phyſique moderne , comparée à
celle des Anciens . En fuivant les réfléxions de M.
Dugas , on doit chercher cette différence , & on la
trouvera infailliblement dans la maniere dont les
anciens faifoient ufage de leurs connoiffances . Ils
affujet iffoient la Nature à leurs idées & à leurs
fens ; les Modernes , au contraire , la cherchent en
elle même. Des faits certains , des expériences réiterées
, travaillent tous les jours au fondement d'un
Systême univerfel , lequel , s'il eft accordé aux connoiffances
humaines , ne peut être trouvé que par
gette voye.
Réfléxions fur la Génération.
M. Olivier fait fes premieres réfléxions fur la néceffité
de reconnoître les Loix de la création
dans
AOUST. 1744.
1841
dans la difproportion étonnante entre les parties de
l'Embrion , contenues dans l'oeuf , & les parties d'un
corps adulte.
L'accroiffement de l'Embrion , la nourriture qu'il
prend dans le fein de fa mere , & les fecours que là
Nature lui prête pour en fortis, font une fuite de ces
mêmes réfléxions qui étonnent plus la raiſon, qu'elles
n'éclairent l'efprit , auffi M. Olivier en fait ik
ufage , lorfqu'en comparant les fonctions & les divers
mouvemens du corps humain avec ceux
dont une machine , compofée avec tout l'art poffible
, feroit capable , il croit pouvoir conclure que
l'Edifice du corps humain eft véritablement leChef
d'oeuvre de l'Auteur de la Nature.
1
Hiftoire & Analyfe des Eaux de Hauterive
en Bourbonnois , par le P. Godin.
De toutes les maladies qui attaquent la vie de
l'homme , il n'en eft point de plus cruelle , que la
Pierre. Les Eaux Minérales d'Hauterive femblent
nous offrir les diffolvans propres à réfoudre la Pier
re. La diftiflation exacte de ces Eaux a préfenté au
P. Godin , un fel vitriolé fulphureux & nitreux ,
dont la mare , en ſe déffechant, eft devenu verdâtre.
Le hazard feul a part à la découverte de ces Eaux ,
dont les qualités bienfaifantes furent feulement con .
nuës à quelques Païfans du voifinage , pendant un affés
long- tems ; des expériences ont fuccedé à cette découverte
, on en- voit l'Hiftoire dans le Mémoire du
P. Godin. Quel bonheur , fi de nouvelles guérifons
viennent affûrer la réputation naiffante de ces .
Eaux !
M. Chriftin , Sécretaire perpétuel , prononça l'Elo
ge du P. Duclos Jéfuite , Académicien affocié , an
cien Ordinaire , mort dans le mois de Juillet 1743
F v étap
3842 MERCURE DE FRANCE
etam Recteur de la Mafon d'Ax . Il étoit né à
Lyon , il avoit profile la Phytique , & dans le même
tems qu' profit les Mathématiques au
gand College , il occupoit avec diftrction une
place d'Aftronome dans cette Académie . Il a donné
piafieurs Mémoires très intéreilans , truts de fes
grandes connoiffances dans ies Mathématiques. Il
avoit l'efprit vif & pénétrant , & les moeurs fort
douces ; il a été univerfe lement regretté .
M. Dugas lût un Mémoire fur les moyens de
conferver de la Lumiere pendant la nuit & la
Séance finit par la lecture d'un Mémoire du P.
Godin fur la Caufe & les effets de la Maladie des
Vapeurs.
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