Résultats : 65 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
51
p. 205-207
De la Haye, le 11 Janvier.
Début :
Les Députés des Négociants d'Amsterdam ont présenté une Requête aux Etats de [...]
Mots clefs :
Députés, Négociants, Requête, Jugements, Commerce, Princesse gouvernante, Navires, Cargaison, Hollande, Mémoire, Ministre, Violences, Nations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la Haye, le 11 Janvier.
De la Haye , le 11 Janvier.".
Les Députés des Négociants d'Amſterdam ont
préfenté une Requête auxiEtats de Hollande &
de Weftfrife, qui porte en fubftance qu'ils ont
déja pris la liberté de s'adreffer aux Etats Généraux
& à la Princeffe. Gouvernante , pour fe
plaindre des Pirateries , des confifcations & des
Jugements injuftes des Anglois ; que bien loin
que leurs plaintes ayent produit quelqu'effet , ils
voyent au contraire augmenter de jour en jour
les donmages caufés au commerce de la Ré
publique , qu'afin de prévenir fa ruine totale» ,
ils fe font adreffés pour la quatrième fois le fept
du mois dernier à la Princeffe Gouvernante
en lui représentant que le mal étoit parvenu à
fan comble , qu'il étoit d'une néceffité abſolue
C
206 MERCURE DE FRANCE.
d'y remédier , en faifant les plus fortes inftances
à la Cour de Londres , pour obtenir la reftitue
tion des Navires enlevés & de leur cargaison ,
& en accordant pour l'avenir au commerce des
Hollandois , une protection fuffifante , qu'ils ont
vû avec douleur par la réponſe de la Princeſſe ,
qu'il y avoit peu d'eſpérance de voir ces deux objets
remplis qu'il eft pourtant néceffaire qu'ils
le foient au plutôt , fi l'on ne veut pas que plufieurs
milliers d'habitans fe trouvent réduits à
la mifére ; qu'ils ont recours à leurs nobles Puiſfances
, comme aux peres de la patrie , pour les
prier de prendre à ce fujet les réfolutions que
leur fagelle jugera les plus propres à prévenir la
ruine du commerce & de la navigation.
.Du II.
Les Etats de Hollande & de Weſtfriſe ſe raffemblerent
hier pour reprendre le cours de leurs délibérations.
Le Mémoire qui fut préfenté aux Etats
Généraux le 22 du mois dernier par le Général
York , Miniftre Plénipotentiaire de la Cour de
Londres , a été rendu public. Ce Mémoire porte
en fubftance , que le Roi d'Angleterre ne sçauroit
efpérer de terminer heureuſement la guerre dans
laquelle il s'eft engagé contre la France , fi les
Puillances neutres s'arrogent le droit de faire le
commerce des ennemis de la Grande Bretagne ;
qu'il ne peut fe perfuader que d'anciens Alliés
veuillent , pour le profit paffager de quelques
Particuliers , que l'Angleterre foit lézée dans un
point auffi ellentiel .
L'Auteur du Mémoire entre enfuite dans la
difcution des plaintes faites par les Négociants
Hollandois. Il prétend que toutes les prites faites
fur eux , ont été faites avec juftice ; que les plaintes
excitées par les excès de quelques Armateurs
Anglois , ne font peut-être que trop fondées ;
FEVRIER. 1759. 207
que Sa Majefté Britanique déplore véritablement
ces violences commifes à la honte de la Nation .
Les Députés des Négociants d'Amſterdam ont
préfenté une Requête auxiEtats de Hollande &
de Weftfrife, qui porte en fubftance qu'ils ont
déja pris la liberté de s'adreffer aux Etats Généraux
& à la Princeffe. Gouvernante , pour fe
plaindre des Pirateries , des confifcations & des
Jugements injuftes des Anglois ; que bien loin
que leurs plaintes ayent produit quelqu'effet , ils
voyent au contraire augmenter de jour en jour
les donmages caufés au commerce de la Ré
publique , qu'afin de prévenir fa ruine totale» ,
ils fe font adreffés pour la quatrième fois le fept
du mois dernier à la Princeffe Gouvernante
en lui représentant que le mal étoit parvenu à
fan comble , qu'il étoit d'une néceffité abſolue
C
206 MERCURE DE FRANCE.
d'y remédier , en faifant les plus fortes inftances
à la Cour de Londres , pour obtenir la reftitue
tion des Navires enlevés & de leur cargaison ,
& en accordant pour l'avenir au commerce des
Hollandois , une protection fuffifante , qu'ils ont
vû avec douleur par la réponſe de la Princeſſe ,
qu'il y avoit peu d'eſpérance de voir ces deux objets
remplis qu'il eft pourtant néceffaire qu'ils
le foient au plutôt , fi l'on ne veut pas que plufieurs
milliers d'habitans fe trouvent réduits à
la mifére ; qu'ils ont recours à leurs nobles Puiſfances
, comme aux peres de la patrie , pour les
prier de prendre à ce fujet les réfolutions que
leur fagelle jugera les plus propres à prévenir la
ruine du commerce & de la navigation.
.Du II.
Les Etats de Hollande & de Weſtfriſe ſe raffemblerent
hier pour reprendre le cours de leurs délibérations.
Le Mémoire qui fut préfenté aux Etats
Généraux le 22 du mois dernier par le Général
York , Miniftre Plénipotentiaire de la Cour de
Londres , a été rendu public. Ce Mémoire porte
en fubftance , que le Roi d'Angleterre ne sçauroit
efpérer de terminer heureuſement la guerre dans
laquelle il s'eft engagé contre la France , fi les
Puillances neutres s'arrogent le droit de faire le
commerce des ennemis de la Grande Bretagne ;
qu'il ne peut fe perfuader que d'anciens Alliés
veuillent , pour le profit paffager de quelques
Particuliers , que l'Angleterre foit lézée dans un
point auffi ellentiel .
L'Auteur du Mémoire entre enfuite dans la
difcution des plaintes faites par les Négociants
Hollandois. Il prétend que toutes les prites faites
fur eux , ont été faites avec juftice ; que les plaintes
excitées par les excès de quelques Armateurs
Anglois , ne font peut-être que trop fondées ;
FEVRIER. 1759. 207
que Sa Majefté Britanique déplore véritablement
ces violences commifes à la honte de la Nation .
Fermer
Résumé : De la Haye, le 11 Janvier.
Le 11 janvier, les députés des négociants d'Amsterdam ont soumis une requête aux États de Hollande et de Westfrise, dénonçant les pirateries, confiscations et jugements injustes des Anglais, qui nuisent au commerce de la République. Malgré plusieurs plaintes auprès des États Généraux et de la Princesse Gouvernante, aucune solution n'a été trouvée. Les négociants demandent une intervention urgente auprès de la Cour de Londres pour récupérer les navires et cargaisons confisqués, et assurer une protection future au commerce hollandais. La réponse de la Princesse est peu encourageante, mais les négociants insistent sur la nécessité de ces mesures pour éviter la misère de milliers de personnes et prévenir la ruine du commerce et de la navigation. Parallèlement, les États de Hollande et de Westfrise ont repris leurs délibérations et rendu public un mémoire du Général York, ministre plénipotentiaire de la Cour de Londres. Ce mémoire affirme que le Roi d'Angleterre ne peut terminer la guerre contre la France si les puissances neutres continuent de commercer avec les ennemis de la Grande-Bretagne, tout en reconnaissant les excès de certains armateurs anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
52
p. 207-208
DE LA HAYE, le 19 Janvier.
Début :
Le 13 de ce mois, on fit l'ouverture du Testament de la Princesse [...]
Mots clefs :
Testament, Princesse gouvernante, Prince, Commerce, Colonies françaises, Navires, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 19 Janvier.
DE LA HAYE , le 19 Janvier.
Le 13 de ce mois , on fit l'ouverture du Teftament
de la Princeffe Gouvernante . Elle a inftitué
le Roi d'Angleterre & la Princeffe Douairiere de
Naflau Tuteurs Honoraires du Prince Stathouder
& de la Princeffe Caroline fes enfans ; & le Duc
Louis de Brunſwick Tuteur effectif.
On vient de publier ici une prétendue Lettre
208 MERCURE DE FRANCE.
écrite de Londres , dans laquelle on s'efforce de
prouver , qu'il eſt de l'intérêt de la Nation Hollandoile
de renoncer au commerce des Colonies
Françoifes. Cette lettre eft regardée comme l'ouvrage
du Général York qui voudroit bien que les
intérêts de la Grande- Bretagne devinflent les
nôtres.
Nous avons appris que trois navires d'Amfterdam
qui r venoient de Curaçao , ont été enlevés
par des Corfaires Anglois , & conduits à la
nouvelle York . Un autre navire parti de S. Euftache
, a été pris & mené à la Jamaique. Quatre
autres ont eu le même fort.
Le Comte d'Affry a fait part aux Etats - Généraux
que Sa Majesté Très Chrétienne l'a nommé
fon Ambaffadeur auprès de Leurs Hautes
Puillances.
Du 8 Février.
Nous commençons à éprouver de la part du
Minière Anglois , des ménagemens qu'il n'avoit
pas eus pour nous jufqu'à préfent. On confent à
nous reftituer grand nombre de vaiffeaux qui
nous ont été juſtement enlevés.
Le 13 de ce mois , on fit l'ouverture du Teftament
de la Princeffe Gouvernante . Elle a inftitué
le Roi d'Angleterre & la Princeffe Douairiere de
Naflau Tuteurs Honoraires du Prince Stathouder
& de la Princeffe Caroline fes enfans ; & le Duc
Louis de Brunſwick Tuteur effectif.
On vient de publier ici une prétendue Lettre
208 MERCURE DE FRANCE.
écrite de Londres , dans laquelle on s'efforce de
prouver , qu'il eſt de l'intérêt de la Nation Hollandoile
de renoncer au commerce des Colonies
Françoifes. Cette lettre eft regardée comme l'ouvrage
du Général York qui voudroit bien que les
intérêts de la Grande- Bretagne devinflent les
nôtres.
Nous avons appris que trois navires d'Amfterdam
qui r venoient de Curaçao , ont été enlevés
par des Corfaires Anglois , & conduits à la
nouvelle York . Un autre navire parti de S. Euftache
, a été pris & mené à la Jamaique. Quatre
autres ont eu le même fort.
Le Comte d'Affry a fait part aux Etats - Généraux
que Sa Majesté Très Chrétienne l'a nommé
fon Ambaffadeur auprès de Leurs Hautes
Puillances.
Du 8 Février.
Nous commençons à éprouver de la part du
Minière Anglois , des ménagemens qu'il n'avoit
pas eus pour nous jufqu'à préfent. On confent à
nous reftituer grand nombre de vaiffeaux qui
nous ont été juſtement enlevés.
Fermer
Résumé : DE LA HAYE, le 19 Janvier.
Le 13 janvier, le testament de la Princesse Gouvernante a été ouvert. Elle a nommé le Roi d'Angleterre et la Princesse Douairière de Nassau comme tuteurs honoraires du Prince Stathouder et de la Princesse Caroline, et le Duc Louis de Brunswick comme tuteur effectif. Une lettre, prétendument écrite à Londres, suggère que les intérêts de la Nation Hollandaise seraient mieux servis en renonçant au commerce des colonies françaises. Cette lettre est attribuée au Général York, qui chercherait à aligner les intérêts hollandais avec ceux de la Grande-Bretagne. Plusieurs navires hollandais, revenant de Curaçao et de Saint-Eustache, ont été capturés par des corsaires anglais et conduits à New York et en Jamaïque. Le Comte d'Affry a informé les États-Généraux de sa nomination comme ambassadeur de Sa Majesté Très Chrétienne auprès d'eux. Depuis le 8 février, des gestes de conciliation de la part du ministère anglais ont été observés, avec la restitution de nombreux vaisseaux précédemment enlevés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
53
p. 215-217
DE LONDRES, le 15 Mai.
Début :
Le Corsaire François le Maréchal de Belle-Isle, qui a hiverné a [...]
Mots clefs :
Corsaires, Amiral, Escadre, Martinique, Troupes, Commerce, Côtes, Expédition, Ports
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 15 Mai.
DE LONDRES , le 15 Mai.
Le Corfaire François le Maréchal de Belle- Iſle ,
qui a hiverné a Gottenbourg , vient de reparoître
dans fon ancienne ſtation , & nous a déja fait
quelques prifes . On a reçu avis que l'Amiral Bofcawen
eft arrivé a Gibraltar avec fon Eſcadre. On
compte qu'il a dû fe joindre depuis à l'Amiral
Broderick , qui croiſe à la hauteur de Toulon . On
fonde ici de grandes efpérances fur les opérations
que ces deux Efcadres réunies doivent exécuter.
Elles agiront tout l'été fur les côtes de Provence.
Nous avons appris dernierement que l'Eſcadre
commandée par le fieur de Bompart étoit arrivée
à la Martinique , & que le Chef d'Efcadre
More étoit parti de la Guadeloupe pour aller
combattre le fieur de Bompart . Telle eſt la nouvelle
qu'on répand depuis quelques jours , pour
pallier le mauvais fuccès du débarquement de
nos Troupes à Baffeterre. Tout le monde ſçair
ici qu'elles ont été contraintes d'évacuer entie
rement l'lfle de la Guadeloupe , après y avoir
eſſuyé la perte de plus de deux mille hommes
tués ou morts de maladie..
216 MERCURE DE FRANCE.
Du 30 .
Le Commerce fouffre infiniment du malheur
qui a rendu parmi nous les eſpéces très -rares . On
eft obligé de faire des emprunts chez l'Etranger à
gros intérêts , ce qui augmente néceſſairement la
difficulté de fournir à l'Etat les fecours dont il
aura befoin fi la guerre continue.
Les ordres font donnés pour repartir fur nos
Côtes toutes les troupes qui font reftées dans les
trois Royaumes. On prépare à Wolwich plufieurs
trains d'artillerie qui feront diftribués dans les
différens cantonnemens de ces troupes . On prend
ces précautions pour empêcher les defcentes que
les François pourroient avoir deffein de tenter.
Leur armement de Breft caufe ici beaucoup d'inquiétude.
Du 2 Juin.
On affure que la flotte commandée par les
Amiraux Hawke & Hardy eſt allée ſur les côtes
de France ; que ces Amiraux ont ordre d'obferver
foigneufement ce qui fe paffe dans le Port
de Breft , d'empêcher la fortie de la flotte Françoiſe
, ou fi elle échappe à leur vigilance , de la
pourfuivre fans relâche , & de lui livrer combat
en quelque endroit qu'ils la rencontrent.
L'Amiral Hawke a informé la Cour qu'il avoit
détaché une chaloupe pour aller reconnoître le
Port de Breft ; qu'elle y avoit découvert onze
vaifeaux en rade , plufieurs Frégates, & un grand
nombre de Bâtimens de tranfport.
Du 15 Juin.
On affure que l'expédition qui devoit s'exécuter
fur les côtes de France n'aura point lieu cette
année. Toute l'attention fe porte à là néceſſité
de nous garantir de l'invafion que nous appréhendons
JUILLET. 1759. 217
hendons. On prépare une petite Elcadre qui doit
aller croifer dans la Manche , afin d'obſerver plus
exactement les mouvemens des François.
Le bruit fe répand depuis quelques jours que
le fieur de Lally s'eft emparé dans l'Inde de
Trichenapoly , l'une des principales Villes de la
Nababie d'Arcate , & où nous avions un de nos
plas riches Comptoirs. Si la nouvelle eft vraie ,
nous devons tout craindre pour Madras.
Le Corfaire François le Maréchal de Belle- Iſle ,
qui a hiverné a Gottenbourg , vient de reparoître
dans fon ancienne ſtation , & nous a déja fait
quelques prifes . On a reçu avis que l'Amiral Bofcawen
eft arrivé a Gibraltar avec fon Eſcadre. On
compte qu'il a dû fe joindre depuis à l'Amiral
Broderick , qui croiſe à la hauteur de Toulon . On
fonde ici de grandes efpérances fur les opérations
que ces deux Efcadres réunies doivent exécuter.
Elles agiront tout l'été fur les côtes de Provence.
Nous avons appris dernierement que l'Eſcadre
commandée par le fieur de Bompart étoit arrivée
à la Martinique , & que le Chef d'Efcadre
More étoit parti de la Guadeloupe pour aller
combattre le fieur de Bompart . Telle eſt la nouvelle
qu'on répand depuis quelques jours , pour
pallier le mauvais fuccès du débarquement de
nos Troupes à Baffeterre. Tout le monde ſçair
ici qu'elles ont été contraintes d'évacuer entie
rement l'lfle de la Guadeloupe , après y avoir
eſſuyé la perte de plus de deux mille hommes
tués ou morts de maladie..
216 MERCURE DE FRANCE.
Du 30 .
Le Commerce fouffre infiniment du malheur
qui a rendu parmi nous les eſpéces très -rares . On
eft obligé de faire des emprunts chez l'Etranger à
gros intérêts , ce qui augmente néceſſairement la
difficulté de fournir à l'Etat les fecours dont il
aura befoin fi la guerre continue.
Les ordres font donnés pour repartir fur nos
Côtes toutes les troupes qui font reftées dans les
trois Royaumes. On prépare à Wolwich plufieurs
trains d'artillerie qui feront diftribués dans les
différens cantonnemens de ces troupes . On prend
ces précautions pour empêcher les defcentes que
les François pourroient avoir deffein de tenter.
Leur armement de Breft caufe ici beaucoup d'inquiétude.
Du 2 Juin.
On affure que la flotte commandée par les
Amiraux Hawke & Hardy eſt allée ſur les côtes
de France ; que ces Amiraux ont ordre d'obferver
foigneufement ce qui fe paffe dans le Port
de Breft , d'empêcher la fortie de la flotte Françoiſe
, ou fi elle échappe à leur vigilance , de la
pourfuivre fans relâche , & de lui livrer combat
en quelque endroit qu'ils la rencontrent.
L'Amiral Hawke a informé la Cour qu'il avoit
détaché une chaloupe pour aller reconnoître le
Port de Breft ; qu'elle y avoit découvert onze
vaifeaux en rade , plufieurs Frégates, & un grand
nombre de Bâtimens de tranfport.
Du 15 Juin.
On affure que l'expédition qui devoit s'exécuter
fur les côtes de France n'aura point lieu cette
année. Toute l'attention fe porte à là néceſſité
de nous garantir de l'invafion que nous appréhendons
JUILLET. 1759. 217
hendons. On prépare une petite Elcadre qui doit
aller croifer dans la Manche , afin d'obſerver plus
exactement les mouvemens des François.
Le bruit fe répand depuis quelques jours que
le fieur de Lally s'eft emparé dans l'Inde de
Trichenapoly , l'une des principales Villes de la
Nababie d'Arcate , & où nous avions un de nos
plas riches Comptoirs. Si la nouvelle eft vraie ,
nous devons tout craindre pour Madras.
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 15 Mai.
Le 15 mai, le maréchal de Belle-Isle a repris ses activités à Göteborg et effectué quelques prises. L'amiral Boscawen est arrivé à Gibraltar pour se joindre à l'amiral Broderick au large de Toulon. Les opérations conjointes de ces deux escadres sont attendues tout l'été sur les côtes de Provence. En Martinique, l'escadre de Bompart a été confrontée par celle de Morest, envoyé de la Guadeloupe pour compenser l'échec d'un débarquement. Les troupes ont dû évacuer la Guadeloupe après avoir perdu plus de deux mille hommes. Le 30 mai, la rareté des espèces a contraint à contracter des emprunts à l'étranger à des taux élevés. Des ordres ont été donnés pour rapatrier les troupes et préparer des trains d'artillerie à Woolwich. L'armement de Brest suscite de l'inquiétude. Le 2 juin, les amiraux Hawke et Hardy ont quitté les côtes de France pour observer Brest et empêcher la sortie de la flotte française. Le 15 juin, l'expédition contre les côtes de France a été annulée. Les préparatifs se concentrent sur la défense contre une invasion. Une rumeur indique que le sieur de Lally s'est emparé de Trichinopoly en Inde, mettant en danger Madras.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
54
p. 211
« Le Sieur Vater facteur de Clavecins, donne avis, que sur le point de se retirer [...] »
Début :
Le Sieur Vater facteur de Clavecins, donne avis, que sur le point de se retirer [...]
Mots clefs :
Clavecin, Commerce, Vente
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Vater facteur de Clavecins, donne avis, que sur le point de se retirer [...] »
Le Sieur Vater Facteur de Clavecins , donne
avis , que fur le point de fe retirer du Commerce
, il lui refte nombre de bons Clavecins à vendre
tant de Buckers que de fa façon : ce que l'on
pourra voir chez lui à toute heure , rue Phelipeaux
prés le Temple , dans la maison du feur
Nicole.
avis , que fur le point de fe retirer du Commerce
, il lui refte nombre de bons Clavecins à vendre
tant de Buckers que de fa façon : ce que l'on
pourra voir chez lui à toute heure , rue Phelipeaux
prés le Temple , dans la maison du feur
Nicole.
Fermer
55
p. 201-210
MORTS.
Début :
Jacques-Claude-Marie-Vincent, Seigneur de Gournay, Conseiller honoraire au Grand Conseil, [...]
Mots clefs :
Seigneur de Gournay, Décès, Vertueux, Qualités, Voyageur, Commerce, Marine, Mémoires, Observation, Étude, Écrits, Éloquence, Principes de commerce, Royaume de France, Réformes, Éloge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M ORTS.
ACQUES-Claude-Marie - Vincent , Seigneur
de Gournay , Confeiller honoraire au Grand'
Confeil İntendant honoraire du Commerce
mourut à Paris le 27 Juin , âgé de 47 ans.
?L'Hiftoire qui
fe
glorifie
de
célébrer
les
Hom-
mes
illuftres
,
néglige trop les
hommes
vertueux
:
La
V
202
MERCURE
DE FRANCE
elle
prodigue fouvent
aux
qualités éclatantes
l'en
cens qui
eft
dû aux
qualités
utiles
;
&
l'humanité
gémit
de
voir
des
trophées
élevés
à
la
mémoire
de
je
ne
fçai
quels
Héros
qui
lui
ont
été
au
moins-
inutiles
,
tandis
qu'on
foule
avec
une
dédaigneuſe
ingratitude
la
cendre
des
bons
Citoyens
.
De
ce
nombre
fut
M.
Vincent de
Gournai
.
Il étoit
né
à
S.
Malo
,
au
mois
de
Mai
1712
,
de Claude
Vincent
,
l'un des plus
confidérables
Négocians de
cette
Ville
&
Secrétaire
du Roi
.
Le
jeune Vincent
def
→
tiné
au
Commerce
,
fut
envoyé à Cadix
dès
l'âge
de
dix
-
fept
ans
.
L'étude
,
les
travaux
de fon
état
firent
dès
lors
tous
les
plaifirs
.
L'activité
de
fon
efprit
le
dirigea vers
le
commerce
.
Tout occupé de fon objet il parcourut l'Efpagne
en obfervateur Philofophe. De retour en France
en 1744 ilfutconnu de M. le Comte de Maurepas,
alors Miniftre de la Marine , qui fentit tout ce
qu'il valoit. Pour étendre les lumières qu'il avoit
recueillies en Espagne , il employa quelques an
nées à voyager en Hollande , en Allemagne , en
Angleterre. Partout il recueilloit des Obferva
tions , des Mémoires fur l'état du Commerce &
de la Marine. Ce n'étoit point un Négociant ,
c'étoit un homme d'Etat qui étudioit le génie
les facultés , les befoins , les relations des diffé
rens peuples de l'Europe.
Comparer
entr'elles les
productions
de
la
Na-
ture
&
des
Arts
dans
les
différens
climats
,
leur
valeur
refpective
,
les frais
d'exportation
&
les
moyens
d'échange
;
embraffer
dans toute
fon
étendue
&
fuivre
dans
fes
révolutions
l'état
desproductions
naturelles
, celui
de
l'induftrie
,
de
la population
,
des
richeffes
,
des finances
,
desbefoins
&
des
caprices
mêmes
de
la
mode
chez
toutes
les
Nations que
le
commerce
réunit ,
pourappuyer
fur la
connoiffance approfondie de tous
AOUST
.
1759.
203
ces détails des fpéculations lucratives ; c'est étu-
dier le commerce en Négociant. Mais découvrir
les cauſes & les effets cachés de cette multitude
de révolutions ; remonter aux refforts fimples
dont l'action toujours combinée , & quelquefois
déguilée par des circonftances locales , dirige tou
tes les opérations du commerce ; s'élever juſqu'à
ces loix uniques & primitives fondées ſur la na-
ture même , par lesquelles toutes les valeurs
exiſtantes dans le commerce fe balancent entre
elles & ſe fixent à une valeur déterminée , faifir
ces rapports compliqués par lefquels le com-
merce s'enchaîne avec toutes les branches de l'c-
conomie politique ; appercevoir la dépendance
réciproque du commerce & de l'agriculture , l'in-
fluence de l'un & de l'autre fur les ticheſſes , fur
la population & fur la force des Etats , fa liaifon
intime avec les loix , les mœurs & toutes les opé-
rations du Gouvernement , furtout avec la dif-
penfation des finances , les fecours qu'il reçoit de
la Marine Militaire & ceux qu'il leur rend , le
changement qu'il produit dans les intérêts ref-
pectifs des Etats , & le poids qu'il met dans la
balance politique ; enfin démêler dans les hazards
des événemens & dans les principes d'adminiſ-
ration adoptés par les différentes Nations de-
l'Europe , les véritables cauſes de leur progrès &
de leur décadence dans le commerce : c'eſt envi-
fager le commerce en Philoſophe & en homme
d'Etat.
Si la fituation où fe trouvoit M. Vincent lę
déterminoit à s'occuper de la ſcience du com-
merce fous le premier de ces deux points de
vue , l'étendue & la pénétration de fon efprit ne
lui permettoient pas de s'y borner. Aux lumières
de l'expérience & de la réflexion il joignit celles.
de la lecture. Les Traités du célébre Jofas Child
I vi
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
qu'il a depuis traduits en François , & les Me
moires du grand Penfionnaire Jean de Wit,
faifoient fon étude affidue. On fçait que ces deux
grands hommes font regardés ,, l'un en Angle
terre , l'autre en Hollande , comme les légifla-
teurs du commerce ; que leurs principes font
devenus des principes nationaux , & que l'ob-
fervation de ces principes eft regardée comme
une des fources de la prodigieufe ſupériorité que
Ces deux Nations ont acquile dans le commerce.
M. Vincent plein de ces fpéculations s'occupoit'
à les vérifier dans la pratique d'un commerce
étendu , fans prévoir qu'il étoit deftiné à en ré-
pandre un jour la lumière en France , & à mê-
riter de fa Patrie le même tribut de reconnoif
fance que l'Angleterre & la Hollande rendent à
la mémoire de ces deux bienfaicteurs de leur
nation & de l'humanité. Mais comme fés talens
& fa probité lui avoient concilié l'eftime de tous
les Négocians de l'Europe , ils lui acquirent bien-
tôt la confiance du Gouvernement. M Jamets de
Villebare fon affocié & fon ami, mourut en 1746,
& le fit fon légataire univerfel : alors M. Vincent
quitta le commerce , & prit le nom de la terre
de Gournai qui faifoit partie de cette fucceffioni
M. de Maurepas lui confeilla de tourner les vues
du côté d'une place d'Intendant du Commerce!
M. de Machault à qui le mérite de M. de Gournai
étoit aufli très - connu , lui fit donner celle qui
vacqua en 1751 par la mort de M. le Tourneur.
Ce fut dès- lors que fa vie devint celle d'un hom-
me public. Son entrée au Bureau du Commerce
parut être l'époque d'une révolution. Il ne put
voir fans étonnement les entraves qu'on avoit
données au commerce & à l'induftrie ; par exem-
ple , que le travail d'un Ouvrier fût exposé à des
rifques & à des frais dont l'homine oifi éroir
AOUST
.
1759
.
205
exempt qu'une
piéce
d'étoffe
fabriquée
fit
un
procès
entre
un
Fabriquant
qui
ne
fçait
pas
lire
&
un
Infpecteur
qui
ne
fçait
pas fabriquer
;
que
l'Infpecteur
fût
cependant
l'arbitre
fouverain
de
la
fortune
du
Fabriquant
.
Ces Statuts qui déterminent jufqu'au nombre
des fils d'une étoffe , qui interdifent aux femmes
le travail de la fabrication , &c ; ces Statues
dont la rigueur ne tend qu'à décourager l'in-
duſtrie , & à lier les mains à des malheureux
qui ne demandent qu'à travailler , lui parurent
auffi oppofés aux principes de la juſtice & de
T'humanité qu'à ceux de l'adminiſtration œco-
nomique.
Il n'étoit pas moins étonné de voir le Gou-
vernement s'occuper à régler le cours de chaque
denrée , interdire un genre d'induſtrie pour en
faire fleurir un autre , affujettir à des gênes par-
ticulières la vente des provifions les plus nécef
faires à la vie , défendre de faire des magasins
d'une denrée dont la récolte varie tous les ans ,
& dont la confommation eft toujours à- peu-près
égale , défendre la fortie d'une denrée fujette à
tomber dans l'aviliffement , & croire s'affurer
Pabondance du bled en rendant la condition du
laboureur plus incertaine & plus malheureuſe
que celle de tous les autres citoyens.
M.
de Gournai ne
prévoyoit pas qu'on
le
pren-
droit
pour un
homme
à ſyſtême
,
lorſqu'il
ne
feroit
que
développer
les
principes
que
l'expé-
rience lui avoit enfeignés
,
&
qu'il
ne
regardoit
que
comme
les
maximes
les
plus fimples
du
fens
commun
:
ils
fe réduifoient tous à celui-
ci
,
Que
dans
le
commerce abandonné
à
lui
-
même
,
il
n'eft
pas
poflible
que
l'intérêt particulier
ne con-
coure pas avec
l'intéret
général
,
&
que
le
Gou-
vernement ne
doit s'en
mêler que pour
lui
ac-
206
MERCURE
DE
FRANCE
.
corder au befoin fa protection & fes fecours. Tel
eft le fyftême qu'il a développé dans les écrits,
& qu'il a foutenu avec la fermeté la plus coura
geufe jufqu'à la fin de fa vie ; mais ce fyftême
tout inconteftable qu'il eft , au moins à l'égard
des productions intérieures & de l'induftrie qui
les met en valeur , n'a jamais été fans contra-
diction.
Le haut intérêt de l'argent , la multiplicité des
taxes & des droits impolés fur le commerce , lyi
fembloient des obftacles pernicieux à fes pro-
grès ; & de ces idées lumineuſes développées par
les circonstances , il s'étoit fait un plan d'admi
niſtration politique dont il ne s'écarta jamais.
Son éloquence fimple , & animée de cette
chaleur intéreſſante que donne aux difcours d'un
homme vertueux la perfuafion intime qu'il foy
tient la caufe du bien public , n'ôtoit jamais rien
à la folidité de la difcuffion ; quelquefois elle
étoit affaifonnée par une plaifanterie fans amer
tume , & d'autant plus agréable qu'elle étoit
toujours une raiſon. Auffi incapable de prendre
un ton dominant que de parler contre la pensée,
la manière dont il propoſoit ſon ſentiment n'é-
toit impérieufe que par la force des preuves. S:
quelquefois il étoit contredit , il écoutoit avec
patience , répondoit avec politeffe , & difcutoit
avec le fang froid & la candeur d'un homme
qui ne cherche que le vrai. Si quelquefois il
changeoit d'avis , fa première opinion ne fem-
bloit jamais retarder ni affoiblir l'imprellion fubire
que la vérité offerte fait naturellement fur un
efprit jufte.
C'eft à la chaleur avec laquelle il cherchoit
à tourner du côté du commerce & de l'œcono-
mie politique tous les talens qui l'approchoient
c'eft-lurtout à la facilité avec laquelle il con
AOUST
.
1759
.
107
muniquoit toutes les lumières qu'il avoit acquifes,
qu'on doit attribuer cette heureufe fermentation
qui s'eft excitée depuis quelques années fur ces
objets importans , & qui nous a déja procuré
plufieurs Ouvrages remplis de recherches labo-
rieufes & de vmes profondes.
Quelque peine qu'on eût à adopter fes principes
dans toute leur étendue , fes lumières , fon expé
rience , l'eftime générale de tous les Négocians,
pour perfonne , la pureté de fes vues au- deſſus
de tout foupçon , lui attiroient néceſſairement la
confiance du Ministère , & le refpect de ceux-
mêmes qui s'obftinoient à combattre fon opinion,
Son zéle lui infpira le deffein de vifiter le
Royaume , pour y voir par lui-même l'état du
commerce & des fabriques ; & depuis le mois de
Juillet jufqu'au mois de Décembre 1753 , il par
courut la Bourgogne , le Lyonnois , le Dauphiné,
la Provence , le haut & bas Languedoc. En 1755
il vifita la Rochelle , Bordeaux , Montauban , le
reſte de la Guienne jufqu'à Bayonne. En 1756 il
fuivit le cours de la Loire depuis Orléans juſqu'à
Nantes. Il vit auſſi le Maine & l'Anjou , ſuivit la
côte de Bretagne depuis Nantes jufqu'à S. Malo ,
& s'arrêta à Rennes pendant la tenue des Etats
de 1756. Par tout il trouva de nouveaux motifs
de fe confirmer dans ſes principes , & de nouvel-
les armes contre les préjugés qui lui réſiſtoient.
Les fruits des voyages de M. de Gournai furent
la réforme d'une infinité d'abus , une connoiſſance
de l'état des Provinces plus füre & plus capable
de diriger les opérations du Miniſtère , une ap¬
préciation plus exacte des plaintes & des de-
mandes , la facilité procurée au peuple & au
ſimple artiſan de faire entendre leurs voix fou-
vent étouffées par des hommes intéreſſés , de qui
ces malheureux dépendent ; enfin l'émulation
nouvelle que M. de Gournai fçavoit répandre par
268
MERCURE
DE
FRANCE
.
1
fon
éloquence
perfuafive
,
par
la
netteté
avec
laquelle
il
rendoit
fes
idées
,
&
par
l'heureuſe
influence
de
fon
zéle
patriotique
.
C'eſt à fon féjour à Rennes en 1756 qu'on doit en
partie l'existence de la Société établie en Bretagne
de l'autorité des Etats , & fous les aufpices de M.
le Duc d'Eguillon , pour la perfection de l'agri-
culture , du commerce & de l'induftrie ; Société
qui eft la première de ce genre dans le Royaume ,
& qui mérite bien de fervir de modèle. Mais un
talent fans lequel fon zéle eût été infructueux ,
étoit celui de ménager l'orgueil & les prétentions
des autres , d'écarter tous les ombrages de la
rivalité & tous les dégoûts d'une inftruction hu-
miliante. Il lui eft arrivé fouvent de faire hon-
neur à des hommes en place des vues qu'il leur
avoit communiquées. Il lui étoit égal que le bien
qui s'opéroit vint de lui ou d'un autre.
(
Il
a
eu
le
même
défintéreffement
pour
les
Manufcrits qui font
reftés
de
lui
,
&
l'on
y
voir
fon
indifférence
pour
toute réputation
littéraire
;
mais
ils
n'en font pas
moins
précieux
,
même
à
ne
les
regarder
que
du
côté
de
la
compofition
.
Une
éloquence
naturelle
,
une
précifion lami-
neufe dans
l'expofition
des principes
,
un
art
fin-
gulier
de
les
préfenter fous toutes
les faces
&
de
fes
rendre
fenfibles
par
des
applications
juftes
,
&
fouvent piquantes par
leur
jufteffe
même
,
une
politeffe
toujours égale
,
&
une
logique
pleine
de
fagacité
,
enfin
un
ton
de
patriotilme
&
d'he-
manité
qu'il
ne
cherchoit point à prendre
&
qu'il
n'en avoit
que mieux
,
caractérifoient
fes
écrits
comme
la
converſation
.
Prellant jufqu'a l'importunité
lorfqu'il
s'agif-
foit
du
bien public
,
aucun de nos Colons
n'a
loi-
licité
avec autant de
zéle
que
lui la liberté
du
com-
merce
des vailleaux neutres dans nos
Colonies
pendant la guerre
:
fes follicitations étoient d'au
AOUST
.
1759
.
༣༠༡
་
tant plus vives qu'il ne demandoit rien pour lui.
Il est mort fans aucun bienfait de la Cour. Les
pertes qu'il effuya fur les fonds qu'il avoit laillés
en Elpagne ayant dérangé fa fortune , il fe dé-
termina en 1758 à quitter fa charge d'Inten-
dant du Commerce. Des perfonnes en place lui
propoferent de folliciter pour lui les graces du
Roi ; il répondit qu'il avoit toujours regardé de
pareilles graces comme étant d'une conféquence
dangerenfe , furtout dans les circonstances où
l'Etat fe trouvoit , & qu'il ne vouloit pas qu'on
eût à lui reprocher de s'être prêté à des excep-
tions en fa faveur. Il ajouta qu'il ne fe croiroit
pas difpenfé par fa retraite de s'occuper d'objets
utiles , & il demanda de conferver la féance au
Bureau du Commerce avec le titre d'honoraire
qui lui fut accordé.
M. de Silhouette qui avoit pour M. de Gournal
un eftime qui fait l'éloge de l'un & de l'autre ,
ne fut pas plutôt Contrôleur Général , qu'il ré-
folut d'arracher à la retraite un homme dont les
talens & le zéle étoient fi propres à feconder
fes vues mais M. de Gournai étoit déja attaqué
de la maladie dont il eft mort.
Le nom d'homme à fyftéme eft devenu une
efpéce d'arme pour les perfonnes prévenues ou
intéreffées à maintenir quelqu'abus , & l'on n'a
pas manqué de donner ce nom à M. de Gournai ;
mais fi fes principes font jamais pour la France
comme ils l'ont été pour la Hollande & l'An-
gleterre une fource d'abondance & de profpérité ,
nos defcendans fçauront que la reconnoiffance
lui en eft due. Quoiqu'il en foit , une gloire bien
perfonnelle à M. de Gournai eft celle d'une vertu
à toute épreuve l'ombre même du ſoupçon n'en
a jamais terni l'éclat. Appuyée fur un fentiment
profond de juftice & de bienfaifance , elle a fait
de lui un homme doux , modefte , indulgent
210
MERCURE
DE
FRANCE
.
dans
la fociété
;
irréprochable
&
même
auftere
dans
fa
conduite
&
dans
fes
moeurs
;
mais
auf-
tere
pour
lui
feul
,
égal
&
fans
humeur
à
l'égard
des
autres
.
Dans
la vie
privée
,
attentif
à
rendre
heureux
tout
ce
qui
l'environnoit
;
dans
la vie
pu
blique
,
uniquement
occupé
des
profpérités
&
de
la
gloire
de
fa
Patrie
&
du
bonheur de
l'humanité
.
Ce
fentiment
étoit
un
des motifs
qui
l'attachoient
le
plus
fortement à
ce qu'on
appelloit
fon
fyftême
;
&
ce
qu'il
reprochoit
le
plus
vivement
aux
prin
cipes
qu'il
attaquoit
,
étoit
de
favoriler
toujours
la partie
riche
&
oifive
de
la
Société
,
au
préjudice
de
la
partie
pauvre
&
laborieufe
.
Juflitia cultor, rigidi fervator honefti ,
In commune bonus. LUCAN . PHARS. Lib. I.
ACQUES-Claude-Marie - Vincent , Seigneur
de Gournay , Confeiller honoraire au Grand'
Confeil İntendant honoraire du Commerce
mourut à Paris le 27 Juin , âgé de 47 ans.
?L'Hiftoire qui
fe
glorifie
de
célébrer
les
Hom-
mes
illuftres
,
néglige trop les
hommes
vertueux
:
La
V
202
MERCURE
DE FRANCE
elle
prodigue fouvent
aux
qualités éclatantes
l'en
cens qui
eft
dû aux
qualités
utiles
;
&
l'humanité
gémit
de
voir
des
trophées
élevés
à
la
mémoire
de
je
ne
fçai
quels
Héros
qui
lui
ont
été
au
moins-
inutiles
,
tandis
qu'on
foule
avec
une
dédaigneuſe
ingratitude
la
cendre
des
bons
Citoyens
.
De
ce
nombre
fut
M.
Vincent de
Gournai
.
Il étoit
né
à
S.
Malo
,
au
mois
de
Mai
1712
,
de Claude
Vincent
,
l'un des plus
confidérables
Négocians de
cette
Ville
&
Secrétaire
du Roi
.
Le
jeune Vincent
def
→
tiné
au
Commerce
,
fut
envoyé à Cadix
dès
l'âge
de
dix
-
fept
ans
.
L'étude
,
les
travaux
de fon
état
firent
dès
lors
tous
les
plaifirs
.
L'activité
de
fon
efprit
le
dirigea vers
le
commerce
.
Tout occupé de fon objet il parcourut l'Efpagne
en obfervateur Philofophe. De retour en France
en 1744 ilfutconnu de M. le Comte de Maurepas,
alors Miniftre de la Marine , qui fentit tout ce
qu'il valoit. Pour étendre les lumières qu'il avoit
recueillies en Espagne , il employa quelques an
nées à voyager en Hollande , en Allemagne , en
Angleterre. Partout il recueilloit des Obferva
tions , des Mémoires fur l'état du Commerce &
de la Marine. Ce n'étoit point un Négociant ,
c'étoit un homme d'Etat qui étudioit le génie
les facultés , les befoins , les relations des diffé
rens peuples de l'Europe.
Comparer
entr'elles les
productions
de
la
Na-
ture
&
des
Arts
dans
les
différens
climats
,
leur
valeur
refpective
,
les frais
d'exportation
&
les
moyens
d'échange
;
embraffer
dans toute
fon
étendue
&
fuivre
dans
fes
révolutions
l'état
desproductions
naturelles
, celui
de
l'induftrie
,
de
la population
,
des
richeffes
,
des finances
,
desbefoins
&
des
caprices
mêmes
de
la
mode
chez
toutes
les
Nations que
le
commerce
réunit ,
pourappuyer
fur la
connoiffance approfondie de tous
AOUST
.
1759.
203
ces détails des fpéculations lucratives ; c'est étu-
dier le commerce en Négociant. Mais découvrir
les cauſes & les effets cachés de cette multitude
de révolutions ; remonter aux refforts fimples
dont l'action toujours combinée , & quelquefois
déguilée par des circonftances locales , dirige tou
tes les opérations du commerce ; s'élever juſqu'à
ces loix uniques & primitives fondées ſur la na-
ture même , par lesquelles toutes les valeurs
exiſtantes dans le commerce fe balancent entre
elles & ſe fixent à une valeur déterminée , faifir
ces rapports compliqués par lefquels le com-
merce s'enchaîne avec toutes les branches de l'c-
conomie politique ; appercevoir la dépendance
réciproque du commerce & de l'agriculture , l'in-
fluence de l'un & de l'autre fur les ticheſſes , fur
la population & fur la force des Etats , fa liaifon
intime avec les loix , les mœurs & toutes les opé-
rations du Gouvernement , furtout avec la dif-
penfation des finances , les fecours qu'il reçoit de
la Marine Militaire & ceux qu'il leur rend , le
changement qu'il produit dans les intérêts ref-
pectifs des Etats , & le poids qu'il met dans la
balance politique ; enfin démêler dans les hazards
des événemens & dans les principes d'adminiſ-
ration adoptés par les différentes Nations de-
l'Europe , les véritables cauſes de leur progrès &
de leur décadence dans le commerce : c'eſt envi-
fager le commerce en Philoſophe & en homme
d'Etat.
Si la fituation où fe trouvoit M. Vincent lę
déterminoit à s'occuper de la ſcience du com-
merce fous le premier de ces deux points de
vue , l'étendue & la pénétration de fon efprit ne
lui permettoient pas de s'y borner. Aux lumières
de l'expérience & de la réflexion il joignit celles.
de la lecture. Les Traités du célébre Jofas Child
I vi
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
qu'il a depuis traduits en François , & les Me
moires du grand Penfionnaire Jean de Wit,
faifoient fon étude affidue. On fçait que ces deux
grands hommes font regardés ,, l'un en Angle
terre , l'autre en Hollande , comme les légifla-
teurs du commerce ; que leurs principes font
devenus des principes nationaux , & que l'ob-
fervation de ces principes eft regardée comme
une des fources de la prodigieufe ſupériorité que
Ces deux Nations ont acquile dans le commerce.
M. Vincent plein de ces fpéculations s'occupoit'
à les vérifier dans la pratique d'un commerce
étendu , fans prévoir qu'il étoit deftiné à en ré-
pandre un jour la lumière en France , & à mê-
riter de fa Patrie le même tribut de reconnoif
fance que l'Angleterre & la Hollande rendent à
la mémoire de ces deux bienfaicteurs de leur
nation & de l'humanité. Mais comme fés talens
& fa probité lui avoient concilié l'eftime de tous
les Négocians de l'Europe , ils lui acquirent bien-
tôt la confiance du Gouvernement. M Jamets de
Villebare fon affocié & fon ami, mourut en 1746,
& le fit fon légataire univerfel : alors M. Vincent
quitta le commerce , & prit le nom de la terre
de Gournai qui faifoit partie de cette fucceffioni
M. de Maurepas lui confeilla de tourner les vues
du côté d'une place d'Intendant du Commerce!
M. de Machault à qui le mérite de M. de Gournai
étoit aufli très - connu , lui fit donner celle qui
vacqua en 1751 par la mort de M. le Tourneur.
Ce fut dès- lors que fa vie devint celle d'un hom-
me public. Son entrée au Bureau du Commerce
parut être l'époque d'une révolution. Il ne put
voir fans étonnement les entraves qu'on avoit
données au commerce & à l'induftrie ; par exem-
ple , que le travail d'un Ouvrier fût exposé à des
rifques & à des frais dont l'homine oifi éroir
AOUST
.
1759
.
205
exempt qu'une
piéce
d'étoffe
fabriquée
fit
un
procès
entre
un
Fabriquant
qui
ne
fçait
pas
lire
&
un
Infpecteur
qui
ne
fçait
pas fabriquer
;
que
l'Infpecteur
fût
cependant
l'arbitre
fouverain
de
la
fortune
du
Fabriquant
.
Ces Statuts qui déterminent jufqu'au nombre
des fils d'une étoffe , qui interdifent aux femmes
le travail de la fabrication , &c ; ces Statues
dont la rigueur ne tend qu'à décourager l'in-
duſtrie , & à lier les mains à des malheureux
qui ne demandent qu'à travailler , lui parurent
auffi oppofés aux principes de la juſtice & de
T'humanité qu'à ceux de l'adminiſtration œco-
nomique.
Il n'étoit pas moins étonné de voir le Gou-
vernement s'occuper à régler le cours de chaque
denrée , interdire un genre d'induſtrie pour en
faire fleurir un autre , affujettir à des gênes par-
ticulières la vente des provifions les plus nécef
faires à la vie , défendre de faire des magasins
d'une denrée dont la récolte varie tous les ans ,
& dont la confommation eft toujours à- peu-près
égale , défendre la fortie d'une denrée fujette à
tomber dans l'aviliffement , & croire s'affurer
Pabondance du bled en rendant la condition du
laboureur plus incertaine & plus malheureuſe
que celle de tous les autres citoyens.
M.
de Gournai ne
prévoyoit pas qu'on
le
pren-
droit
pour un
homme
à ſyſtême
,
lorſqu'il
ne
feroit
que
développer
les
principes
que
l'expé-
rience lui avoit enfeignés
,
&
qu'il
ne
regardoit
que
comme
les
maximes
les
plus fimples
du
fens
commun
:
ils
fe réduifoient tous à celui-
ci
,
Que
dans
le
commerce abandonné
à
lui
-
même
,
il
n'eft
pas
poflible
que
l'intérêt particulier
ne con-
coure pas avec
l'intéret
général
,
&
que
le
Gou-
vernement ne
doit s'en
mêler que pour
lui
ac-
206
MERCURE
DE
FRANCE
.
corder au befoin fa protection & fes fecours. Tel
eft le fyftême qu'il a développé dans les écrits,
& qu'il a foutenu avec la fermeté la plus coura
geufe jufqu'à la fin de fa vie ; mais ce fyftême
tout inconteftable qu'il eft , au moins à l'égard
des productions intérieures & de l'induftrie qui
les met en valeur , n'a jamais été fans contra-
diction.
Le haut intérêt de l'argent , la multiplicité des
taxes & des droits impolés fur le commerce , lyi
fembloient des obftacles pernicieux à fes pro-
grès ; & de ces idées lumineuſes développées par
les circonstances , il s'étoit fait un plan d'admi
niſtration politique dont il ne s'écarta jamais.
Son éloquence fimple , & animée de cette
chaleur intéreſſante que donne aux difcours d'un
homme vertueux la perfuafion intime qu'il foy
tient la caufe du bien public , n'ôtoit jamais rien
à la folidité de la difcuffion ; quelquefois elle
étoit affaifonnée par une plaifanterie fans amer
tume , & d'autant plus agréable qu'elle étoit
toujours une raiſon. Auffi incapable de prendre
un ton dominant que de parler contre la pensée,
la manière dont il propoſoit ſon ſentiment n'é-
toit impérieufe que par la force des preuves. S:
quelquefois il étoit contredit , il écoutoit avec
patience , répondoit avec politeffe , & difcutoit
avec le fang froid & la candeur d'un homme
qui ne cherche que le vrai. Si quelquefois il
changeoit d'avis , fa première opinion ne fem-
bloit jamais retarder ni affoiblir l'imprellion fubire
que la vérité offerte fait naturellement fur un
efprit jufte.
C'eft à la chaleur avec laquelle il cherchoit
à tourner du côté du commerce & de l'œcono-
mie politique tous les talens qui l'approchoient
c'eft-lurtout à la facilité avec laquelle il con
AOUST
.
1759
.
107
muniquoit toutes les lumières qu'il avoit acquifes,
qu'on doit attribuer cette heureufe fermentation
qui s'eft excitée depuis quelques années fur ces
objets importans , & qui nous a déja procuré
plufieurs Ouvrages remplis de recherches labo-
rieufes & de vmes profondes.
Quelque peine qu'on eût à adopter fes principes
dans toute leur étendue , fes lumières , fon expé
rience , l'eftime générale de tous les Négocians,
pour perfonne , la pureté de fes vues au- deſſus
de tout foupçon , lui attiroient néceſſairement la
confiance du Ministère , & le refpect de ceux-
mêmes qui s'obftinoient à combattre fon opinion,
Son zéle lui infpira le deffein de vifiter le
Royaume , pour y voir par lui-même l'état du
commerce & des fabriques ; & depuis le mois de
Juillet jufqu'au mois de Décembre 1753 , il par
courut la Bourgogne , le Lyonnois , le Dauphiné,
la Provence , le haut & bas Languedoc. En 1755
il vifita la Rochelle , Bordeaux , Montauban , le
reſte de la Guienne jufqu'à Bayonne. En 1756 il
fuivit le cours de la Loire depuis Orléans juſqu'à
Nantes. Il vit auſſi le Maine & l'Anjou , ſuivit la
côte de Bretagne depuis Nantes jufqu'à S. Malo ,
& s'arrêta à Rennes pendant la tenue des Etats
de 1756. Par tout il trouva de nouveaux motifs
de fe confirmer dans ſes principes , & de nouvel-
les armes contre les préjugés qui lui réſiſtoient.
Les fruits des voyages de M. de Gournai furent
la réforme d'une infinité d'abus , une connoiſſance
de l'état des Provinces plus füre & plus capable
de diriger les opérations du Miniſtère , une ap¬
préciation plus exacte des plaintes & des de-
mandes , la facilité procurée au peuple & au
ſimple artiſan de faire entendre leurs voix fou-
vent étouffées par des hommes intéreſſés , de qui
ces malheureux dépendent ; enfin l'émulation
nouvelle que M. de Gournai fçavoit répandre par
268
MERCURE
DE
FRANCE
.
1
fon
éloquence
perfuafive
,
par
la
netteté
avec
laquelle
il
rendoit
fes
idées
,
&
par
l'heureuſe
influence
de
fon
zéle
patriotique
.
C'eſt à fon féjour à Rennes en 1756 qu'on doit en
partie l'existence de la Société établie en Bretagne
de l'autorité des Etats , & fous les aufpices de M.
le Duc d'Eguillon , pour la perfection de l'agri-
culture , du commerce & de l'induftrie ; Société
qui eft la première de ce genre dans le Royaume ,
& qui mérite bien de fervir de modèle. Mais un
talent fans lequel fon zéle eût été infructueux ,
étoit celui de ménager l'orgueil & les prétentions
des autres , d'écarter tous les ombrages de la
rivalité & tous les dégoûts d'une inftruction hu-
miliante. Il lui eft arrivé fouvent de faire hon-
neur à des hommes en place des vues qu'il leur
avoit communiquées. Il lui étoit égal que le bien
qui s'opéroit vint de lui ou d'un autre.
(
Il
a
eu
le
même
défintéreffement
pour
les
Manufcrits qui font
reftés
de
lui
,
&
l'on
y
voir
fon
indifférence
pour
toute réputation
littéraire
;
mais
ils
n'en font pas
moins
précieux
,
même
à
ne
les
regarder
que
du
côté
de
la
compofition
.
Une
éloquence
naturelle
,
une
précifion lami-
neufe dans
l'expofition
des principes
,
un
art
fin-
gulier
de
les
préfenter fous toutes
les faces
&
de
fes
rendre
fenfibles
par
des
applications
juftes
,
&
fouvent piquantes par
leur
jufteffe
même
,
une
politeffe
toujours égale
,
&
une
logique
pleine
de
fagacité
,
enfin
un
ton
de
patriotilme
&
d'he-
manité
qu'il
ne
cherchoit point à prendre
&
qu'il
n'en avoit
que mieux
,
caractérifoient
fes
écrits
comme
la
converſation
.
Prellant jufqu'a l'importunité
lorfqu'il
s'agif-
foit
du
bien public
,
aucun de nos Colons
n'a
loi-
licité
avec autant de
zéle
que
lui la liberté
du
com-
merce
des vailleaux neutres dans nos
Colonies
pendant la guerre
:
fes follicitations étoient d'au
AOUST
.
1759
.
༣༠༡
་
tant plus vives qu'il ne demandoit rien pour lui.
Il est mort fans aucun bienfait de la Cour. Les
pertes qu'il effuya fur les fonds qu'il avoit laillés
en Elpagne ayant dérangé fa fortune , il fe dé-
termina en 1758 à quitter fa charge d'Inten-
dant du Commerce. Des perfonnes en place lui
propoferent de folliciter pour lui les graces du
Roi ; il répondit qu'il avoit toujours regardé de
pareilles graces comme étant d'une conféquence
dangerenfe , furtout dans les circonstances où
l'Etat fe trouvoit , & qu'il ne vouloit pas qu'on
eût à lui reprocher de s'être prêté à des excep-
tions en fa faveur. Il ajouta qu'il ne fe croiroit
pas difpenfé par fa retraite de s'occuper d'objets
utiles , & il demanda de conferver la féance au
Bureau du Commerce avec le titre d'honoraire
qui lui fut accordé.
M. de Silhouette qui avoit pour M. de Gournal
un eftime qui fait l'éloge de l'un & de l'autre ,
ne fut pas plutôt Contrôleur Général , qu'il ré-
folut d'arracher à la retraite un homme dont les
talens & le zéle étoient fi propres à feconder
fes vues mais M. de Gournai étoit déja attaqué
de la maladie dont il eft mort.
Le nom d'homme à fyftéme eft devenu une
efpéce d'arme pour les perfonnes prévenues ou
intéreffées à maintenir quelqu'abus , & l'on n'a
pas manqué de donner ce nom à M. de Gournai ;
mais fi fes principes font jamais pour la France
comme ils l'ont été pour la Hollande & l'An-
gleterre une fource d'abondance & de profpérité ,
nos defcendans fçauront que la reconnoiffance
lui en eft due. Quoiqu'il en foit , une gloire bien
perfonnelle à M. de Gournai eft celle d'une vertu
à toute épreuve l'ombre même du ſoupçon n'en
a jamais terni l'éclat. Appuyée fur un fentiment
profond de juftice & de bienfaifance , elle a fait
de lui un homme doux , modefte , indulgent
210
MERCURE
DE
FRANCE
.
dans
la fociété
;
irréprochable
&
même
auftere
dans
fa
conduite
&
dans
fes
moeurs
;
mais
auf-
tere
pour
lui
feul
,
égal
&
fans
humeur
à
l'égard
des
autres
.
Dans
la vie
privée
,
attentif
à
rendre
heureux
tout
ce
qui
l'environnoit
;
dans
la vie
pu
blique
,
uniquement
occupé
des
profpérités
&
de
la
gloire
de
fa
Patrie
&
du
bonheur de
l'humanité
.
Ce
fentiment
étoit
un
des motifs
qui
l'attachoient
le
plus
fortement à
ce qu'on
appelloit
fon
fyftême
;
&
ce
qu'il
reprochoit
le
plus
vivement
aux
prin
cipes
qu'il
attaquoit
,
étoit
de
favoriler
toujours
la partie
riche
&
oifive
de
la
Société
,
au
préjudice
de
la
partie
pauvre
&
laborieufe
.
Juflitia cultor, rigidi fervator honefti ,
In commune bonus. LUCAN . PHARS. Lib. I.
Fermer
Résumé : MORTS.
Jacques-Claude-Marie Vincent, seigneur de Gournay, conseiller honoraire au Grand Conseil et intendant honoraire du Commerce, est décédé à Paris le 27 juin 1759 à l'âge de 47 ans. Né à Saint-Malo en mai 1712, fils d'un négociant influent et secrétaire du Roi, Vincent de Gournay a été envoyé à Cadix à l'âge de dix-sept ans pour se destiner au commerce. Il a parcouru l'Espagne en observateur philosophe et, de retour en France en 1744, a été remarqué par le comte de Maurepas, ministre de la Marine. Il a ensuite voyagé en Hollande, en Allemagne et en Angleterre pour recueillir des observations sur le commerce et la marine. Vincent de Gournay avait une approche du commerce à la fois pratique et philosophique. Il comparait les productions naturelles et artisanales dans différents climats, analysait leur valeur respective, les frais d'exportation et les moyens d'échange. Il étudiait également les révolutions des productions naturelles, de l'industrie, de la population, des richesses, des finances et des modes chez les nations commerçantes. Il a traduit en français les traités de Josias Child et les mémoires de Jean de Wit, deux figures emblématiques du commerce en Angleterre et en Hollande. En 1746, à la mort de son associé Jamets de Villebare, Vincent de Gournay a quitté le commerce pour devenir intendant du Commerce en 1751. Il a réformé de nombreux abus et promu l'économie politique. Ses voyages à travers la France lui ont permis de constater l'état du commerce et des fabriques, confirmant ses principes économiques. Il a fondé la Société de Bretagne pour la perfection de l'agriculture, du commerce et de l'industrie. Ses écrits et discours étaient marqués par une éloquence naturelle, une précision dans l'exposition des principes et une logique sagace. En août 1759, Vincent de Gournay a sollicité la liberté du commerce des vaisseaux neutres dans les colonies pendant la guerre, sans demander de bénéfices personnels. Ayant subi des pertes financières, il a quitté sa charge d'Intendant du Commerce en 1758, refusant toute grâce du Roi pour éviter les reproches. Il a demandé à conserver un rôle honorifique au Bureau du Commerce. M. de Silhouette, Contrôleur Général, a tenté de le rappeler, mais Vincent de Gournay était déjà malade. Critiqué sous le nom d'« homme à système », ses principes pourraient bénéficier à la France comme ils l'ont fait pour la Hollande et l'Angleterre. Sa vertu est louée, marquée par la justice et la bienfaisance, le rendant doux, modeste et indulgent en société, et irréprochable dans sa conduite. Dans la vie privée, il était attentif au bonheur de son entourage, et dans la vie publique, il se consacrait aux prospérités et à la gloire de la patrie ainsi qu'au bonheur de l'humanité. Il critiquait les principes qui favorisaient la partie riche et oisive de la société au détriment de la partie pauvre et laborieuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
56
p. *211-211
DE LA HAYE, le 1 Octobre.
Début :
Le Général York présenta le 28 du mois dernier à L.H.P. un Mémoire dans lequel [...]
Mots clefs :
Général York, Mémoire, Plaintes, Hollandais, Commerce, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 1 Octobre.
DE LA HAYE , le 1 Octobre.
Le Général York préfenta le 28 du mois dernier
à L. H. P. un Mémoire dans lequel ce Miniftre
leur fait , au nom du Roi d'Angleterre ,
les plus vives plaintes contre les Hollandois , qu'il
accufe de faire par terre un commerce prohibé
avec la France. Après avoir repréſenté combien
cette conduite eft contraire à l'intelligence que
les Traités ont établie entre les deux Nations , il
parle des préparatifs immenfes que les François
font fur leurs côtes pour tenter une invaſion en
Angleterre ; il fait fentir qu'il eft très - effentiel
pour la fureté de ce Royaume , que fes ennemis
ne reçoivent aucune efpéce de fecours des Puiffances
neutres ; qu'on a droit d'attendre de l'équité
de L. H. P. qu'Elles empêcheront qu'aucun
de leurs fujets ne viole en ce point la foi des
Traités & les régles de la neutralité ; & qu'Elles
doivent cette reconnoiffance aux preuves de modération
& de folide amitié que S. M. Brit . leur
a données , en réprimant les excès des armateurs
Anglois , & en mettant des bornes à leur licence
par un acte du Parlement.
Le Général York préfenta le 28 du mois dernier
à L. H. P. un Mémoire dans lequel ce Miniftre
leur fait , au nom du Roi d'Angleterre ,
les plus vives plaintes contre les Hollandois , qu'il
accufe de faire par terre un commerce prohibé
avec la France. Après avoir repréſenté combien
cette conduite eft contraire à l'intelligence que
les Traités ont établie entre les deux Nations , il
parle des préparatifs immenfes que les François
font fur leurs côtes pour tenter une invaſion en
Angleterre ; il fait fentir qu'il eft très - effentiel
pour la fureté de ce Royaume , que fes ennemis
ne reçoivent aucune efpéce de fecours des Puiffances
neutres ; qu'on a droit d'attendre de l'équité
de L. H. P. qu'Elles empêcheront qu'aucun
de leurs fujets ne viole en ce point la foi des
Traités & les régles de la neutralité ; & qu'Elles
doivent cette reconnoiffance aux preuves de modération
& de folide amitié que S. M. Brit . leur
a données , en réprimant les excès des armateurs
Anglois , & en mettant des bornes à leur licence
par un acte du Parlement.
Fermer
Résumé : DE LA HAYE, le 1 Octobre.
Le 1er octobre à La Haye, le général York a remis un mémoire au nom du roi d'Angleterre au Prince de Pays-Bas-Orange. Ce document dénonce le commerce terrestre prohibé entre les Hollandais et la France, violant ainsi les traités entre les deux nations. Le mémoire souligne également les préparatifs français pour une invasion en Angleterre. Le général York insiste sur la nécessité de prévenir tout soutien des puissances neutres aux ennemis de l'Angleterre. Il demande au Prince de Pays-Bas-Orange d'empêcher ses sujets de violer les traités et les règles de neutralité. Le mémoire rappelle enfin les preuves de modération et d'amitié du roi britannique, notamment par la répression des excès des armateurs anglais via un acte du Parlement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
57
p. 204-205
DE LA HAYE, le 31 Octobre.
Début :
Les contestations survenues entre les Etats-Généraux & le ministère Anglois, [...]
Mots clefs :
Contestations , Députés, Sa Majesté britannique, Mémoire, Ministères, Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 31 Octobre.
De LA HAYE , le 31 Oftobre. 10
2
Les conteftations furvenues entre les Etats-
Généraux & le miniſtère Anglois , font fur le
point d'être terminées . Conformément aux dernières
inftructions que nos Députés avoient reçues
de Leurs Hautes Puiffances , ils préfenterent le
18 de ce mois aux Miniftres de Sa Majesté Bri
tannique un Mémoire dans lequel ils expofoient
que les Etats- Généraux s'étoient toujours prêtés
aux voies de conciliation ; mais que le ministère
Anglois avoit paru faire peu de cas de leurs rerefufant
d'y répondre par écrits
que Leurs Hautes Puiffances defiroient fincèrehent
le maintien de la bonne intelligence entre
préfentation
P
CDECEMBRE. 1759.2 20
les deux Nations qu'Elles demandoient ſeule
ment que leurs Sujets ne fullent point troublés
dans la jouillance des droits & des prérogatives
qui leur ont été accordés par les Traités , & no--
tamment par celui de 1674. Le miniſtère Anglois
a promis carnos Députés qu'ils recevroient inceffamment
une réponfe fatisfaifante.
Il rette pourtant encore une difficulté , c'eft
que la Cour de Londres prétend interdire à nos
Négocians tout commerce avec les Ports de
France. Elle défigne fpécialement les Ports de la
Seine & de fon embouchure. On ne croit pas que
la République confente a une interdiction fi préjudiciable
aux privilèges de la neutralité qu'elle a
embrallée.
2
Les conteftations furvenues entre les Etats-
Généraux & le miniſtère Anglois , font fur le
point d'être terminées . Conformément aux dernières
inftructions que nos Députés avoient reçues
de Leurs Hautes Puiffances , ils préfenterent le
18 de ce mois aux Miniftres de Sa Majesté Bri
tannique un Mémoire dans lequel ils expofoient
que les Etats- Généraux s'étoient toujours prêtés
aux voies de conciliation ; mais que le ministère
Anglois avoit paru faire peu de cas de leurs rerefufant
d'y répondre par écrits
que Leurs Hautes Puiffances defiroient fincèrehent
le maintien de la bonne intelligence entre
préfentation
P
CDECEMBRE. 1759.2 20
les deux Nations qu'Elles demandoient ſeule
ment que leurs Sujets ne fullent point troublés
dans la jouillance des droits & des prérogatives
qui leur ont été accordés par les Traités , & no--
tamment par celui de 1674. Le miniſtère Anglois
a promis carnos Députés qu'ils recevroient inceffamment
une réponfe fatisfaifante.
Il rette pourtant encore une difficulté , c'eft
que la Cour de Londres prétend interdire à nos
Négocians tout commerce avec les Ports de
France. Elle défigne fpécialement les Ports de la
Seine & de fon embouchure. On ne croit pas que
la République confente a une interdiction fi préjudiciable
aux privilèges de la neutralité qu'elle a
embrallée.
Fermer
Résumé : DE LA HAYE, le 31 Octobre.
Le 31 octobre 1759, à La Haye, les tensions entre les États-Généraux et le ministère anglais étaient sur le point de se résoudre. Le 18 octobre, les députés des États-Généraux avaient présenté un mémoire aux ministres britanniques, soulignant les efforts de conciliation des États-Généraux face à l'indifférence anglaise. Les États-Généraux exprimaient leur volonté de maintenir de bonnes relations et demandaient le respect des droits et prérogatives accordés par les traités, notamment celui de 1674. Le ministère anglais promit une réponse satisfaisante. Cependant, une difficulté persistait : la Cour de Londres souhaitait interdire aux négociants des États-Généraux tout commerce avec les ports français de la Seine et de son embouchure. La République refusait cette interdiction, la jugeant préjudiciable à ses privilèges de neutralité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
58
p. 193
DE PETERSBOURG, le 25 Janvier.
Début :
Notre Cour a été informée, depuis peu, du projet formé par l'Angleterre, d'envoyer une [...]
Mots clefs :
Escadre, Mer baltique, Commerce, Hostilités, Froid, Températures extrêmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PETERSBOURG, le 25 Janvier.
De PETERSBOURG , le 25 Janvier.
OTRE Cour a été informée , depuis peu , du
projet formé par l'Angleterre , d'envoyer une
forte Elcadre dans la mer Baltique , pour y protéger
le Commerce de cette Nation . Le Sr Keith ,
Miniftre de cette Puiffance , auprès de Sa Majeſté
Impériale , eft chargé , dit - on , de faire agréer
cet envoi. Mais le Commerce Anglois n'éprouvant
aucun obftacle dans la mer Baltique , où il
n'a aucun ennemi direct , il eſt aiſé de fentir que
cet armement , projetté par l'Angleterre , ne peut
avoir que des vues d'hoftilités , & que le Sr Keith
ne réuffira pas dans cette négociation.
Il a fait dans cette Ville un froid exceffif depuis
le milieu du mois de Décembre. Le 28 de
ce mois , à neuf heures & demie du matin , la
liqueur du Thermométre defcendit prefque au
vingt- huitiéme degré au - deffous de la congellation
, fuivant la divifion de Réaumur. En 1740 ,
année dont le froid eft mémorable , elle ne def
cendit qu'un peu au- delà du vingt- quatrième.
OTRE Cour a été informée , depuis peu , du
projet formé par l'Angleterre , d'envoyer une
forte Elcadre dans la mer Baltique , pour y protéger
le Commerce de cette Nation . Le Sr Keith ,
Miniftre de cette Puiffance , auprès de Sa Majeſté
Impériale , eft chargé , dit - on , de faire agréer
cet envoi. Mais le Commerce Anglois n'éprouvant
aucun obftacle dans la mer Baltique , où il
n'a aucun ennemi direct , il eſt aiſé de fentir que
cet armement , projetté par l'Angleterre , ne peut
avoir que des vues d'hoftilités , & que le Sr Keith
ne réuffira pas dans cette négociation.
Il a fait dans cette Ville un froid exceffif depuis
le milieu du mois de Décembre. Le 28 de
ce mois , à neuf heures & demie du matin , la
liqueur du Thermométre defcendit prefque au
vingt- huitiéme degré au - deffous de la congellation
, fuivant la divifion de Réaumur. En 1740 ,
année dont le froid eft mémorable , elle ne def
cendit qu'un peu au- delà du vingt- quatrième.
Fermer
Résumé : DE PETERSBOURG, le 25 Janvier.
Le 25 janvier, la cour de Petersbourg apprend l'envoi d'une escadre anglaise en mer Baltique pour protéger le commerce britannique. Le ministre anglais, Sr Keith, doit négocier cet envoi, mais cet armement semble hostile. Le 28 décembre, Petersbourg a connu un froid extrême, atteignant -28 degrés Réaumur. En 1740, le froid avait atteint -24 degrés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
59
p. 220-221
« Fagonde, Marchand : vend toutes sortes d'Eaux de senteurs, Poudres, Pommades pour [...] »
Début :
Fagonde, Marchand : vend toutes sortes d'Eaux de senteurs, Poudres, Pommades pour [...]
Mots clefs :
Marchand, Pommade, Senteurs, Poudre, Savonnette, Opiate, Dentelles, Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Fagonde, Marchand : vend toutes sortes d'Eaux de senteurs, Poudres, Pommades pour [...] »
FAGONDE , Marchand : vend toutes fortes
d'Eaux de fenteurs , Poudres , Pommades pour
les cheveux & à différens ufages , Savonnettes
marbrées de Provence & de Paris , de différentes
odeurs , Elfences & Quintéllences fines , Sachets ,
Sultans , Potpourris de Montpellier , Pommade
d'ours au noyer , Graille d'ours véritable , qu'il
tire d'Hollande , très- beau Rouge en pot , en taffe
& en poudre , Cara in très-fin , Etuits & Broffes
à Rouge , Boètes de Bergamotte , Paftilles de parfoms
a brûler , Boules d'acier de Nancy , Opiat
liquide & en peuire du meilleur Dentiſte de
SEPTEMBRE. 1760. 221
Montpellier , & généralement tout ce qui concerne
les plus agréables parfums qu'il tire de Provence,
de Rome & de Montpellier.
Il tient auffi la marchandife de Modes afforties
en Mantelets , Taffetas , Gazes , Blondes & Dentelles
de toutes fortes , & généralement tout ce qui
concerne ledit Commerce , en gros & en détail.
Le tout à juſte prix & en confcience.
d'Eaux de fenteurs , Poudres , Pommades pour
les cheveux & à différens ufages , Savonnettes
marbrées de Provence & de Paris , de différentes
odeurs , Elfences & Quintéllences fines , Sachets ,
Sultans , Potpourris de Montpellier , Pommade
d'ours au noyer , Graille d'ours véritable , qu'il
tire d'Hollande , très- beau Rouge en pot , en taffe
& en poudre , Cara in très-fin , Etuits & Broffes
à Rouge , Boètes de Bergamotte , Paftilles de parfoms
a brûler , Boules d'acier de Nancy , Opiat
liquide & en peuire du meilleur Dentiſte de
SEPTEMBRE. 1760. 221
Montpellier , & généralement tout ce qui concerne
les plus agréables parfums qu'il tire de Provence,
de Rome & de Montpellier.
Il tient auffi la marchandife de Modes afforties
en Mantelets , Taffetas , Gazes , Blondes & Dentelles
de toutes fortes , & généralement tout ce qui
concerne ledit Commerce , en gros & en détail.
Le tout à juſte prix & en confcience.
Fermer
Résumé : « Fagonde, Marchand : vend toutes sortes d'Eaux de senteurs, Poudres, Pommades pour [...] »
En septembre 1760, le marchand Fagonde annonce une large gamme de produits, incluant des eaux de senteurs, des poudres, des pommades, des savonnettes, des essences, des sachets, des potpourris, des articles de beauté et de mode comme des mantelets et des dentelles. Les produits sont vendus à juste prix, en gros et au détail.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
60
p. 79-88
AVERTISSEMENT Au sujet du Corps complet de l'AGRICULTURE, du Commerce & des Arts & Métiers de France, dédié au Roi, sous le titre de l'AGRONOMIE & de L'INDUSTRIE, par une Société d'Agriculteurs, de Commerçans & d'Artistes.
Début :
CULTIVER avec foin les branches d'un Arbre, & négliger ses [...]
Mots clefs :
Tarifs, Souscriptions, Agriculture, Volumes, Commerce, Métiers, Observations, Cahiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT Au sujet du Corps complet de l'AGRICULTURE, du Commerce & des Arts & Métiers de France, dédié au Roi, sous le titre de l'AGRONOMIE & de L'INDUSTRIE, par une Société d'Agriculteurs, de Commerçans & d'Artistes.
AVERTISSEMENT
Aufujet du Corps complet de l'AGRICULTURE
, du Commerce & des Arts
& Métiers de France , dédié au Ror ,
fous le titre de l'AGRONOMIE & de
L'INDUSTRIE , par une Société.
d'Agriculteurs , de Commerçans &
d'Artiftes.
Renouvellement des Soufcriptions .
ANNÉE 1763.
CULTIVER
ULTIVER avec foin les bran-
» ches d'un Arbre , & négliger fes
» racines , dit un Philofophe , c'eſt tra-
" vailler en vain . Il en feroit de même
de notre Ouvrage , fi nous n'euffions
pofé des fondemens folides avant d'en
élever l'édifice .
En fuivant ce principe , nous avons
fait précéder par une Théorie lumineufe
& néceffaire , les Méthodes que
nous nous propofons de développer
dans les Volumes fuivans.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
Perfonne n'ignore que la fcience de
la Navigation doit le degré de perfection
où elle eſt parvenue aux découvertes
faites en Aftronomie & en Algébre
, appliquées à la Géométrie : nous
foutenons , avec la fçavante Société de
Bretagne ( a ) que les découvertes faites
en Chymie & en Phyfique feront
pareillement la fource des progrès du
Cultivateur dans fon Art.
Cet Art abandonné à des mains efclaves
de la coutume & des préjugés ,
doit puifer les fecours qui lui font néceffaires
dans les fources de la Philofophie.
Cette fcience développe les principes
de la Nature , & la connoiffance
de ces principes doit être celle des
Agriculteurs. C'est donc à ces hommes
intelligens , qui feuls peuvent conduire
les opérations du Laboureur , que nous
avons dû nous adreffer en premier lieu.
Nous allons maintenant entrer dans
les champs du Cultivateur ( b ) & faire
nos efforts pour lui dévoiler les myftères
de la Nature.
( a ) Page 131 , fecond Volume de fon Corps
d'Obfervations.
(b ) Le volume d'Agriculture qui va paroître
, traitera de l'Agriculture-pratique.
FEVRIER. 1763. 81
> Nous parlerons au Laboureur &
nous nous mettrons à fa portée . ( c )
Nous lui enfeignerons le moyen de
rendre fes travaux plus utiles à fes
Concitoyens & à lui- même.
Cette Claffe d'hommes fi néceffaire
& fi précieuſe à l'Etat , encouragée
par le Gouvernement & éclairée par nos
leçons , trouvera moins de terreins ftériles
, & rendra plus fertiles ceux qui
l'étoient déja .
Nous continuerons fur le même plan
la partie du Commerce & celle des
Arts & Métiers. Le Public fatisfait ›
nous y invite par fes éloges. On joindra
au premier Volume du Corps d'Ofervations
, qui paroîtra en 1763 , le
Tableau des perfonnes qui contribuent
avec nous à ce grand Ouvrage. Ces
Citoyens eftimables ont bien voulu confentir
que leurs noms fuiviffent ceux
des Protecteurs de la Société : on donnera
auffi les noms de ceux qui la
compofent. Heureux fi par notre zéle
& notre amour pour la patrie
pouvons inſpirer une entiere confiance
dans nos travaux !
, nous
(c) Voyez notre Préface , partie d'Agricultu
re ; pag. xxj . Nous l'y avons promis.
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
CONDITION S.
?
LE Public paroiffant empreffé de jouir
du fruit de l'Ouvrage de la Société
dont une partie féparée traite de l'Agriculture
, une autre du Commerce , &
une troifiéme des Arts & Métiers , il
fera formé pendant l'année 1763 , deux
Volumes complets de chacune de ces
trois parties ; au lieu que jufques à
préfent il n'en a été diſtribué que deux
d'Agriculture , & un feul des autres
parties.
Les matériaux néceffaires pour la confection
du Corps général d'Obfervations.
de cette Société , fe trouvant affez
abondans on en diftribuera trois
Volumes complets l'année prochaine.
Il n'en a été fourni précédemment que
deux Volumes.
?
Il paroîtra donc dans le courant de
1763 , fix Volumes du Corps de l'Ouvrage,
& trois volumes du Corps général
dobfervations , ce qui fera neuf Volumes
complets.
On continuera de divifer les Volumes
en Cahiers de cinq feuilles d'impreffion
, in-8° , & d'un caractère paFEVRIER.
1763. 83
reil à celui dont on s'eft fervi jufqu'à
préfent.
Les Cahiers de chaque partie du Corps
de l'Ouvrage , pafferont aux Soufcripteurs
alternativement & fucceffivement ,
chaque quinzaine. Il leur paffera auffi
chaque mois un Cahier du Corps d'Obfervations.
Les mefures & les précautions
néceffaires étant prifes pour le
conformer exactement à ce plan & à
ces Epoques , les premiers Cahiers du
Corps d'Ouvrage partiront toujours du
Bureau de la Société , dans les quatre
premiers jours de chaque mois , les feconds
Cahiers vers le 12 ou le 15 , &
ceux du Corps d'Obfervations s'enverront
réguliérement à la fin de chaque
mois.
Chaque Cahier continuera d'être timbré
à l'ordinaire . Il aura fa dénomination
, afin qu'il ne puiffe arriver aucune
confufion , & qu'on puiffe les raffembler
aifément , pour compofer les
volumes qui feront de 320 pages chacun
, ou environ .
Cette diftribution par Cahiers , n'aura
cependant lieu qu'à l'égard des Soufcripteurs
, pour la facilité des envois.
Il ne fera plus diftribué de Cahiers
féparés au Public , lorfqu'il n'aura pas
foufcrit.
" D·VI
84 MERCURE DE FRANCE.
Les Volumes qu'on diftribuera féparément
feront timbrés avec ordre , de
même que les Cahiers
afin que les
perfonnes qui les leveront , puiffent en
faire la diftinction avec facilité.
Le peu d'exactitude des Graveurs
avoit mis dans le cas d'annoncer la diftribution
des Planches par Volumes
féparés ; mais au moyen des précautions
prifes pour l'avenir , cet inconvénient
ne fubfiftera plus : on placera dorénavant
les Planches à la fin de chaque
Volume . Elles feront difpofées de façon
que le Lecteur pourra , dans le même
coup d'oeil , voir la Planche , & lire
la defcription qui lui eft relative .
Ces Planches formant un objet difpendieux
, chaque Planche tiendra lieu
d'une demie feuille d'impreffion , ainſi
qu'il eft d'ufage .
On fera paffer vers le premier de Mai
prochain , aux Soufcripteurs de l'année
dernière , les Planches concernant les
quatre Volumes du Corps de l'Ouvrage
qui ont paru ; & quant aux perfonnes
qui ont pris des Volumes féparés fans
foufeription , on leur livrera les Planches
fur la repréſentation de leurs Volumes.
Les foufcriptions pour l'année 1763
feront ouvertes dès ce jourjufqu'au premier
Mars prochain.
FEVRIER. 1763. 85
PRIX DES SOUSCRIPTIONS.
Le prix de la foufcription fera le même déja
fixé , c'est-à- dire , de 3 liv. par Volume.
Au moyen de quoi , diſtribuant en 176 ; neuf
Volumes en tout , dont deux de l'Agriculture ,
deux du Commerce , deux des Arts & Métiers , &
trois du Corps d'Obfervations , & les neufVolumes
étant pris enſemble & Planches compriſes , l'objet
de payement pour 1763 fera de 27 1.
Pour le port , par la grand-pofie , pour la Province
, à raifon de 4 1. par cahier , ou 16 f. le
vol. fait en tout , 7 1. 4 f.
Et pour le port à Paris , par la petite-pofte , à
raifon de 6 d. par cahier ou 2 f. le vol. 18 f.
On a la liberté
de l'envoyer
prendre
aux Bureaux
de l'Agronomie
, alors il n'y aura point de
frais de port
à payer
.
Les perfonnes qui n'ont point encore ſouſcrit ,
depuis que cet Ouvrage a paru , payeront pour
les fix Volumes de 1762 , 18 1 .
Pour le port de la grand-pofte pour la Pro- vince, à raifon de 4 f. le cahier , 4 1. 16 f.
Et par la petite-pofte pour Paris , à den. par cahier ,
12 f.
Ceux qui ne vondront pas foufcrire en 1763 pour
la totalité de POuvrage , payeront , favoir:
Pour la partie de l'Agriculture , en trois Volumes
complets,
Pour celle du Commerce, idem ,
Pour celle des Arts & Métiers , idem ,
7 1.
7 1.
7 1.
Et pour le Corps général d'Obfervations , en 3
Volumes complets , 10 l. 10 f.
Total , 31L 10l.
86 MERCURE DE FRANCE.
Les Soufcripteurs entrans , qui defireront avoir les
Volumes des parties dénommées ci- deſſus , qui ont
paru depuis le commencement de l'ouvrage , payerontpar
parties féparées ; favoir:
Pour les deux Vol. de l'Agriculture , ci , 7 1.6 L
Pour celui du Commerce , 31. 14 f.
3 l. 14f.
Pour les deux du Corps d'Obfervations
, 7 l. 6f.
Pour le port par la grand-pofte pour la Province
, fur le pied de 16 fols par volume ou 4 f.
par cahier , comme eft dit ci - deffus ,
Pour celui des Arts & Métiers ,
16 f.
Et pour Paris , par la petite-pofte , à raison de 2 f par volume , ou de 6 den , par cahier , comme eft dit ci- deffus ,
2 f. Chaque Volume féparé , foit de 1762 , ou qui
paroîtront à l'avenir , fe diftribueront à Paris , à
l'accoutumée , fur le pied de 4 1. chacun , 4 l .
Ceux qui voudront avoir cet Ouvrage par les
voitures publiques ou particulières , en fe chargeant
du port , pourront continuer de les faire
prendre aux Bureaux de la Société , ou écrire ,
pour donner les indications certaines , en affranchiffant
les Lettres d'Avis : Chaque volume leur
fera adreffé fur le pied feulement des foufcriptions
fufdites.
Il y aura à Paris deux Bureaux de recette établis
; l'un chez Defpilly , Libraire , rue S. Jacques
, à la Vieille- Pofte , & l'autre rue des Orties
, Butte S. Roch .
Les reconnoiffances des foufcriptions feront
fignées par le Préposé de la Société aux recouvremens.
Elles feront vilées par le Caiſſier , ainfi
que par le Libraire de ladite Société.
On tiendra des Regiftres en forme , paraphés
par la Société , & les Receveurs n'y porteront auFEVRIER.
1763 . 87
can enregistrement de foufcriptions , qu'au prealable
elle n'ait été payée comptant .
de
Les perfonnes de Province qui auront envie de
foufcrire , en préviendront par Lettres franches
port , & on leur fera paffer les reconnoiſſances
des fommes qu'ils auront payées , avec les cahiers
publiés de l'Ouvrage.
On prie les perfonnes qui écriront de vouloir
bien le faire , le plus lifiblement qu'il fera poffible
, & fur- tout d'indiquer très-politivement les
demeures & les endroits où paffe la grand-poſte ,
afin que rien n'y refte au rebut.
TARI F.
SOUSCRIPTIONS GENÉRALES
.OU
pour la totalité de l'Ovvrage & port compris .
1753.
La Soufcription générale pour la Province fera
de 34 liv. 4 f.
Pour Paris , de 27 liv. 18 f.
1762 , auffi port compris.
Pour la Province , 2.2 liv. 16 f.
Pour Paris ,
18 liv. 12 f.
1763.
SOUSCRIPTIONS PARTICULIERES,
OU
pour parties féparées de l'Ouvrage. , Port compris.
Agriculture , ou Commerce , ou Arts & Métiers
88 MERCURE DE FRANCE.
Pour la Province ,
Pour Paris ,
Corps d'Obfervations.
Pour la Province ,
Pour Paris ,
1762.
8 liv. 12 f.
7 liv. 4 f.
12 liv 18 f.
10 liv. 16 f.
SOUSCRIPTIONS PARTICULIERES.
Pour chaque Partie pour la Province , on payera
Port compris , fçavoir :
Pour les deux Vol . de l'Agriculture , ci 8 liv. 18 f.
Pour le Vol . du Commerce ,
Pour le Vol. des Arts & Métiers ,
liv . 10 f.
liv. ro f.
Pour les deux Vol du Corps d'Obfervations
8 liv. 18 f.
Pour chaque Partie pour Paris , on payera ,
Port compris fçavoir :
Pour les deux Vol. de l'Agriculture , 7 liv. 10 f.
du Commerce,
des Arts & Métiers ,
3 liv. 16 f.
3 liv. 161,
Pour les deux Vol.du Corps d'Obſervations
7. liv. 10 f.
On trouve chez DESPILLY , tous les Livres qui
concernent l'Agriculture , le Commerce & les Arts &
Métiers ; entr'autres le Guide des Laboureurs , ou
l'Abrégé de l'Agriculture Pratique . Cet Ouvrage eft
divifé en Entretiens & Recueils , pour lafacilité des
Curés , qui voudront enfeigner les Principes & la
Pratique de l'Agriculture à leurs jeunes Paroiffiens,
& en même temps pour l'utilité des Cultivateurs
aduels.
Aufujet du Corps complet de l'AGRICULTURE
, du Commerce & des Arts
& Métiers de France , dédié au Ror ,
fous le titre de l'AGRONOMIE & de
L'INDUSTRIE , par une Société.
d'Agriculteurs , de Commerçans &
d'Artiftes.
Renouvellement des Soufcriptions .
ANNÉE 1763.
CULTIVER
ULTIVER avec foin les bran-
» ches d'un Arbre , & négliger fes
» racines , dit un Philofophe , c'eſt tra-
" vailler en vain . Il en feroit de même
de notre Ouvrage , fi nous n'euffions
pofé des fondemens folides avant d'en
élever l'édifice .
En fuivant ce principe , nous avons
fait précéder par une Théorie lumineufe
& néceffaire , les Méthodes que
nous nous propofons de développer
dans les Volumes fuivans.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
Perfonne n'ignore que la fcience de
la Navigation doit le degré de perfection
où elle eſt parvenue aux découvertes
faites en Aftronomie & en Algébre
, appliquées à la Géométrie : nous
foutenons , avec la fçavante Société de
Bretagne ( a ) que les découvertes faites
en Chymie & en Phyfique feront
pareillement la fource des progrès du
Cultivateur dans fon Art.
Cet Art abandonné à des mains efclaves
de la coutume & des préjugés ,
doit puifer les fecours qui lui font néceffaires
dans les fources de la Philofophie.
Cette fcience développe les principes
de la Nature , & la connoiffance
de ces principes doit être celle des
Agriculteurs. C'est donc à ces hommes
intelligens , qui feuls peuvent conduire
les opérations du Laboureur , que nous
avons dû nous adreffer en premier lieu.
Nous allons maintenant entrer dans
les champs du Cultivateur ( b ) & faire
nos efforts pour lui dévoiler les myftères
de la Nature.
( a ) Page 131 , fecond Volume de fon Corps
d'Obfervations.
(b ) Le volume d'Agriculture qui va paroître
, traitera de l'Agriculture-pratique.
FEVRIER. 1763. 81
> Nous parlerons au Laboureur &
nous nous mettrons à fa portée . ( c )
Nous lui enfeignerons le moyen de
rendre fes travaux plus utiles à fes
Concitoyens & à lui- même.
Cette Claffe d'hommes fi néceffaire
& fi précieuſe à l'Etat , encouragée
par le Gouvernement & éclairée par nos
leçons , trouvera moins de terreins ftériles
, & rendra plus fertiles ceux qui
l'étoient déja .
Nous continuerons fur le même plan
la partie du Commerce & celle des
Arts & Métiers. Le Public fatisfait ›
nous y invite par fes éloges. On joindra
au premier Volume du Corps d'Ofervations
, qui paroîtra en 1763 , le
Tableau des perfonnes qui contribuent
avec nous à ce grand Ouvrage. Ces
Citoyens eftimables ont bien voulu confentir
que leurs noms fuiviffent ceux
des Protecteurs de la Société : on donnera
auffi les noms de ceux qui la
compofent. Heureux fi par notre zéle
& notre amour pour la patrie
pouvons inſpirer une entiere confiance
dans nos travaux !
, nous
(c) Voyez notre Préface , partie d'Agricultu
re ; pag. xxj . Nous l'y avons promis.
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
CONDITION S.
?
LE Public paroiffant empreffé de jouir
du fruit de l'Ouvrage de la Société
dont une partie féparée traite de l'Agriculture
, une autre du Commerce , &
une troifiéme des Arts & Métiers , il
fera formé pendant l'année 1763 , deux
Volumes complets de chacune de ces
trois parties ; au lieu que jufques à
préfent il n'en a été diſtribué que deux
d'Agriculture , & un feul des autres
parties.
Les matériaux néceffaires pour la confection
du Corps général d'Obfervations.
de cette Société , fe trouvant affez
abondans on en diftribuera trois
Volumes complets l'année prochaine.
Il n'en a été fourni précédemment que
deux Volumes.
?
Il paroîtra donc dans le courant de
1763 , fix Volumes du Corps de l'Ouvrage,
& trois volumes du Corps général
dobfervations , ce qui fera neuf Volumes
complets.
On continuera de divifer les Volumes
en Cahiers de cinq feuilles d'impreffion
, in-8° , & d'un caractère paFEVRIER.
1763. 83
reil à celui dont on s'eft fervi jufqu'à
préfent.
Les Cahiers de chaque partie du Corps
de l'Ouvrage , pafferont aux Soufcripteurs
alternativement & fucceffivement ,
chaque quinzaine. Il leur paffera auffi
chaque mois un Cahier du Corps d'Obfervations.
Les mefures & les précautions
néceffaires étant prifes pour le
conformer exactement à ce plan & à
ces Epoques , les premiers Cahiers du
Corps d'Ouvrage partiront toujours du
Bureau de la Société , dans les quatre
premiers jours de chaque mois , les feconds
Cahiers vers le 12 ou le 15 , &
ceux du Corps d'Obfervations s'enverront
réguliérement à la fin de chaque
mois.
Chaque Cahier continuera d'être timbré
à l'ordinaire . Il aura fa dénomination
, afin qu'il ne puiffe arriver aucune
confufion , & qu'on puiffe les raffembler
aifément , pour compofer les
volumes qui feront de 320 pages chacun
, ou environ .
Cette diftribution par Cahiers , n'aura
cependant lieu qu'à l'égard des Soufcripteurs
, pour la facilité des envois.
Il ne fera plus diftribué de Cahiers
féparés au Public , lorfqu'il n'aura pas
foufcrit.
" D·VI
84 MERCURE DE FRANCE.
Les Volumes qu'on diftribuera féparément
feront timbrés avec ordre , de
même que les Cahiers
afin que les
perfonnes qui les leveront , puiffent en
faire la diftinction avec facilité.
Le peu d'exactitude des Graveurs
avoit mis dans le cas d'annoncer la diftribution
des Planches par Volumes
féparés ; mais au moyen des précautions
prifes pour l'avenir , cet inconvénient
ne fubfiftera plus : on placera dorénavant
les Planches à la fin de chaque
Volume . Elles feront difpofées de façon
que le Lecteur pourra , dans le même
coup d'oeil , voir la Planche , & lire
la defcription qui lui eft relative .
Ces Planches formant un objet difpendieux
, chaque Planche tiendra lieu
d'une demie feuille d'impreffion , ainſi
qu'il eft d'ufage .
On fera paffer vers le premier de Mai
prochain , aux Soufcripteurs de l'année
dernière , les Planches concernant les
quatre Volumes du Corps de l'Ouvrage
qui ont paru ; & quant aux perfonnes
qui ont pris des Volumes féparés fans
foufeription , on leur livrera les Planches
fur la repréſentation de leurs Volumes.
Les foufcriptions pour l'année 1763
feront ouvertes dès ce jourjufqu'au premier
Mars prochain.
FEVRIER. 1763. 85
PRIX DES SOUSCRIPTIONS.
Le prix de la foufcription fera le même déja
fixé , c'est-à- dire , de 3 liv. par Volume.
Au moyen de quoi , diſtribuant en 176 ; neuf
Volumes en tout , dont deux de l'Agriculture ,
deux du Commerce , deux des Arts & Métiers , &
trois du Corps d'Obfervations , & les neufVolumes
étant pris enſemble & Planches compriſes , l'objet
de payement pour 1763 fera de 27 1.
Pour le port , par la grand-pofie , pour la Province
, à raifon de 4 1. par cahier , ou 16 f. le
vol. fait en tout , 7 1. 4 f.
Et pour le port à Paris , par la petite-pofte , à
raifon de 6 d. par cahier ou 2 f. le vol. 18 f.
On a la liberté
de l'envoyer
prendre
aux Bureaux
de l'Agronomie
, alors il n'y aura point de
frais de port
à payer
.
Les perfonnes qui n'ont point encore ſouſcrit ,
depuis que cet Ouvrage a paru , payeront pour
les fix Volumes de 1762 , 18 1 .
Pour le port de la grand-pofte pour la Pro- vince, à raifon de 4 f. le cahier , 4 1. 16 f.
Et par la petite-pofte pour Paris , à den. par cahier ,
12 f.
Ceux qui ne vondront pas foufcrire en 1763 pour
la totalité de POuvrage , payeront , favoir:
Pour la partie de l'Agriculture , en trois Volumes
complets,
Pour celle du Commerce, idem ,
Pour celle des Arts & Métiers , idem ,
7 1.
7 1.
7 1.
Et pour le Corps général d'Obfervations , en 3
Volumes complets , 10 l. 10 f.
Total , 31L 10l.
86 MERCURE DE FRANCE.
Les Soufcripteurs entrans , qui defireront avoir les
Volumes des parties dénommées ci- deſſus , qui ont
paru depuis le commencement de l'ouvrage , payerontpar
parties féparées ; favoir:
Pour les deux Vol. de l'Agriculture , ci , 7 1.6 L
Pour celui du Commerce , 31. 14 f.
3 l. 14f.
Pour les deux du Corps d'Obfervations
, 7 l. 6f.
Pour le port par la grand-pofte pour la Province
, fur le pied de 16 fols par volume ou 4 f.
par cahier , comme eft dit ci - deffus ,
Pour celui des Arts & Métiers ,
16 f.
Et pour Paris , par la petite-pofte , à raison de 2 f par volume , ou de 6 den , par cahier , comme eft dit ci- deffus ,
2 f. Chaque Volume féparé , foit de 1762 , ou qui
paroîtront à l'avenir , fe diftribueront à Paris , à
l'accoutumée , fur le pied de 4 1. chacun , 4 l .
Ceux qui voudront avoir cet Ouvrage par les
voitures publiques ou particulières , en fe chargeant
du port , pourront continuer de les faire
prendre aux Bureaux de la Société , ou écrire ,
pour donner les indications certaines , en affranchiffant
les Lettres d'Avis : Chaque volume leur
fera adreffé fur le pied feulement des foufcriptions
fufdites.
Il y aura à Paris deux Bureaux de recette établis
; l'un chez Defpilly , Libraire , rue S. Jacques
, à la Vieille- Pofte , & l'autre rue des Orties
, Butte S. Roch .
Les reconnoiffances des foufcriptions feront
fignées par le Préposé de la Société aux recouvremens.
Elles feront vilées par le Caiſſier , ainfi
que par le Libraire de ladite Société.
On tiendra des Regiftres en forme , paraphés
par la Société , & les Receveurs n'y porteront auFEVRIER.
1763 . 87
can enregistrement de foufcriptions , qu'au prealable
elle n'ait été payée comptant .
de
Les perfonnes de Province qui auront envie de
foufcrire , en préviendront par Lettres franches
port , & on leur fera paffer les reconnoiſſances
des fommes qu'ils auront payées , avec les cahiers
publiés de l'Ouvrage.
On prie les perfonnes qui écriront de vouloir
bien le faire , le plus lifiblement qu'il fera poffible
, & fur- tout d'indiquer très-politivement les
demeures & les endroits où paffe la grand-poſte ,
afin que rien n'y refte au rebut.
TARI F.
SOUSCRIPTIONS GENÉRALES
.OU
pour la totalité de l'Ovvrage & port compris .
1753.
La Soufcription générale pour la Province fera
de 34 liv. 4 f.
Pour Paris , de 27 liv. 18 f.
1762 , auffi port compris.
Pour la Province , 2.2 liv. 16 f.
Pour Paris ,
18 liv. 12 f.
1763.
SOUSCRIPTIONS PARTICULIERES,
OU
pour parties féparées de l'Ouvrage. , Port compris.
Agriculture , ou Commerce , ou Arts & Métiers
88 MERCURE DE FRANCE.
Pour la Province ,
Pour Paris ,
Corps d'Obfervations.
Pour la Province ,
Pour Paris ,
1762.
8 liv. 12 f.
7 liv. 4 f.
12 liv 18 f.
10 liv. 16 f.
SOUSCRIPTIONS PARTICULIERES.
Pour chaque Partie pour la Province , on payera
Port compris , fçavoir :
Pour les deux Vol . de l'Agriculture , ci 8 liv. 18 f.
Pour le Vol . du Commerce ,
Pour le Vol. des Arts & Métiers ,
liv . 10 f.
liv. ro f.
Pour les deux Vol du Corps d'Obfervations
8 liv. 18 f.
Pour chaque Partie pour Paris , on payera ,
Port compris fçavoir :
Pour les deux Vol. de l'Agriculture , 7 liv. 10 f.
du Commerce,
des Arts & Métiers ,
3 liv. 16 f.
3 liv. 161,
Pour les deux Vol.du Corps d'Obſervations
7. liv. 10 f.
On trouve chez DESPILLY , tous les Livres qui
concernent l'Agriculture , le Commerce & les Arts &
Métiers ; entr'autres le Guide des Laboureurs , ou
l'Abrégé de l'Agriculture Pratique . Cet Ouvrage eft
divifé en Entretiens & Recueils , pour lafacilité des
Curés , qui voudront enfeigner les Principes & la
Pratique de l'Agriculture à leurs jeunes Paroiffiens,
& en même temps pour l'utilité des Cultivateurs
aduels.
Fermer
Résumé : AVERTISSEMENT Au sujet du Corps complet de l'AGRICULTURE, du Commerce & des Arts & Métiers de France, dédié au Roi, sous le titre de l'AGRONOMIE & de L'INDUSTRIE, par une Société d'Agriculteurs, de Commerçans & d'Artistes.
Le document est un avertissement concernant la publication de l'ouvrage 'Corps complet de l'AGRICULTURE, du Commerce & des Arts & Métiers de France' pour l'année 1763. Cet ouvrage, dédié au roi, est produit par une société d'agriculteurs, de commerçants et d'artisans. Il met en avant l'importance de la théorie et de la philosophie pour guider les pratiques agricoles, commerciales et artisanales. La société souligne que les découvertes en chimie et en physique sont essentielles pour les progrès en agriculture, tout comme l'astronomie et l'algèbre l'ont été pour la navigation. L'ouvrage se compose de plusieurs volumes : deux sur l'agriculture, deux sur le commerce, deux sur les arts et métiers, et trois sur les observations générales. Ces volumes seront distribués en cahiers tous les quinze jours aux abonnés. Les planches illustratives seront placées à la fin de chaque volume pour faciliter leur consultation. Les souscriptions pour l'année 1763 sont ouvertes et les prix sont détaillés, incluant les frais de port pour la province et Paris. Des bureaux de réception sont établis à Paris pour faciliter les abonnements et les paiements. Le document invite également les personnes de province à souscrire en envoyant des lettres franches.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
61
p. 95-103
LETTRE, au sujet du Dictionnaire de Commerce DE SAVARY.
Début :
MONSIEUR, En lisant le Mercure du mois de Mai de cette année, nous y avons vu l'annonce [...]
Mots clefs :
Dictionnaire, Commerce, Édition étrangère, Public, Inexactitudes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE, au sujet du Dictionnaire de Commerce DE SAVARY.
LETTRE , au sujet du Dictionnaire de
Commerce DE SAVARY.
MONSIEUR ,
En lifant le Mercure du mois de Mai
de cette année , nous y avons vù l'annonce
que vous faites d'une nouvelle
édition du Dictionnaire de Commerce
de Savary , à Copenhague , renfermant
beaucoup d'additions , & dont on trouve
, dites-vous , des ſouſcriptions chez
MM. Deffaint & Saillant , Libraires ,
rue S. Jean de Beauvais. Comme nous
jouiſſons du Privilège de l'Ouvrage de
Savary , & que nous ſommes occupés
depuis pluſieurs années à en préparer
une édition nouvelle , nous prenons
la liberté de vous adreſſer à ce
ſujet quelques réflexions que
vous prions d'inférer dans le Mercure
du mois prochain .
nous
Permettez-nous d'abord de vous faire
remarquer que l'annonce d'une édition
étrangère pour un Ouvrage françois ,
96 MERCURE DE FRANCE.
dont le Privilège appartient à un Libraire
du Royaume , eſt contraire aux
uſages conftamment ſuivis dans la
Librairie depuis ſon inſtitution. Vous
êtes trop équitable , Monfieur , pour
que nous penfions que vous ayez voulu
par vous-même donner atteinte à un
bien qui nous appartient , & dans la
jouiſſance duquel nous fommes maintenus
fans trouble par les Lettres de
Privilège que le ministère nous donne,
leſquelles ferment l'entrée du Royaume
à toute édition étrangère. Vous
avez pû ignorer que le Privilége du
Dictionnaire de Commerce nous appartenoit;
mais les perſonnes qui vous
ont fourni cet avis , ne l'ignoroient probablement
pas , & auroient dû vous le
faire ſçavoir. Ces mêmes perſonnes vous
ont trompé encore , en vous diſant
qu'on trouvoit des ſouſcriptions chez
MM. Deffaint & Saillant , Libraires
à Paris . Ces MM. nous ont afſuré qu'ils
n'avoient point de ſouſcriptions à fournir
, & qu'ils n'étoient point dans l'intention
de s'en charger ; & ils nous ont
même permis de rendre public le défaveu
qu'ils font de cette partie de l'Avis
inféré au Mercure.
Cependant , Monfieur , nous ofons
vous
JUIN. 1763 . 97
vous affurer que dans la crainte de priver
la Nation d'un Ouvrage utile , nous
ne réclamerions pas nos droits , fi les
éditions étrangères du Dictionnaire de
Savary étoient faites avec le ſoin que
paroît mériter un ouvrage de cette importance
, & fi nous ne travaillions pas
depuis plufieurs années à le rendre plus
digne d'être préſenté au Public.
On croira que le Dictionnaire de
Commerce ayant été commencé en
France & fous les yeux du Ministère ,
ne pouvoit guères prendre d'accroiffement
que dans le lieu où il avoit pris
naiſſance , & à l'aide des mêmes ſoins
auxquels on en avoit été redevable.
Le Dictionnaire de M. de Savary ,
a été fait ſous la protection & avec
le fecours du Gouvernement , d'aprés
des Mémoires nombreux, communiqués
par Meſſieurs les Intendans , par les
Inſpecteurs du Commerce , par les
Chefs de nos principales Manufactures ,
par nos Confuls dans les principales villes
de Commerce de l'Europe &c. Comment
des Etrangers dépourvus de tous
ces fecours , auroient- ils pu fuivre le
même travail avec ſuccès , corriger les
fautes qu'on a dû faire , remplir les vuides
qu'on a dû laiſſer néceſſairement
dans un premier éffai ?
E
98 MERCURE DE FRANCE .
Quoique le Dictionnaire de Commerce
foit utile à des Négocians étrangers
, & qu'on puiffe à certains égards
le regarder comme Univerſel , il faut
cependant convenir qu'il eſt encore plus
national qu'étranger , & plus fait pour
l'inſtruction de nos Concitoyens , que
pour celle des autres Nations. Or eft- ce
à des Etrangers à nous inſtruire de ce
qui ſe paſſe chez nous , des loix par
leſquelles le Commerce eſt conduit en
France , de l'état de nos Manufactures,
de la nature & de la quantité de nos
importations & exportations , & c , &
de cette multitude immenſe d'autres
détails relatifs à la France , & qui ne
peuvent être bien connus que parmi
nous ?
Mais cette préſomption peu favorable
aux Editions étrangères ſe change en
une entiere certitude , lorſqu'on voit
combien les Editions de Genève & celle
de Coppenhague que vous annoncez
font défectueuſes & peu propres à remplir
l'attente du Public.
Dans l'Edition de Genève , le petit
nombre d'additions & de corrections
qu'on y a faites ne ſont relatives qu'à
elle l'Hiſtoire Naturelle : à cela près ,
ne contient que le Texte de Savary
JUI N. 1763 . 99
avec toutes les fautes qu'on y a remarquées
dès l'origine. On y a confervé
tous les détails que Savary donne
de l'état du Commerce , malgré les
changemens furvenus depuis l'époque
à laquelle écrivoit cet Auteur , c'eſt-àdire
,depuis le commencement du Siécle.
On n'y a fait entrer aucun de ces
Articles généraux concernant l'adminiftration
du Commerce , comme Manufactures
, Liberté du Commerce, Luxe,
Crédit , Circulations Colonies , &c.
&c. &c. En un mot , toutes les raiſons
qui peuvent faire regarder l'ancien Savary
comme inſuffifant , ſont exactement
applicables à l'Edition de Genêve,
qui ne différe que fort peu de l'ancienne
, & dans des choſes tout-à-fait étrangères
à l'objet du Commerce.
,
On ne peut pas juger l'Edition de
Coppenhague plus favorablement : on
y retrouve toutes les omiffions , toutes
les inéxactitudes de l'ancien Savary .
Quant aux additions , elles confiftent
1º. dans les détails d'Hiſtoire Naturelle
dont on avoit groſſi l'Edition de Genêve
, & qui font ſi étrangers au Commerce
: 2 °. Dans les Articles tranfcrits
mot à mot de l'Encyclopédie , & dans
un petit nombre d'autres copiés du
E ij
100 MERCURE DE FRANCE .
Journal de Commerce , du Journal economique
, de la Matière médicale de
M. Geoffroi , & de la Minéralogie de
Wallerius & d'Henctiel.
Nous n'avançons rien ici dont nous
ne ſoyons afſurés d'après un relevé &
une comparaiſon exacte des Editions
de Paris 1748 , de Genève & de Coppenhague.
Et pour en donner une preuve
complette , nous allons préſenter aux
Lecteurs un tableau plus détaillé de ces
additions .
Les changemens & les additions du
Dictionnaire de Coppenhague comparé
à l'Edition de Genève , confiftent en
deux mille articles environ . De ces deux
mille articles , près de quinze cent font
tirés des ſept premiers volumes de l'Encyclopédie
, & ſe trouvent dans les
deux premiers volumes , & dans une
partie du troifiéme de l'Edition de Cop
penhague. Il eſt affez étrange qu'on aille
copier fervilement un Ouvrage auffi
connu & auffi répandu.
Mais il y a plus. 1º. Ces articles empruntés
de l'Encyclopédie font pour la
plupart abfolument étrangers au Dictionnaite
de Commerce , comme des
articles concernant le méchaniſme des
Arts & l'Histoire Naturelle . 2°. Une
JUIN. 1763 . 101
grande partie de ces articles étoient tirés
de Savary même , placés dans l'Encyclopédie
avec des changemens trèslégers.
3°. Ce plagiat des Editeurs de
Coppenhague rend leur Ouvrage inégal
depuis l'A juſqu'au G incluſivement ,
c'est-à-dire en ſept lettres , il y a quinze
cens articles ajoutés ou changés,& deux
volumes & demi ; tandis que depuis l'H
juſqu'auZ, c'est-à-dire en ſeize lettres de
l'Alphabet , il n'y a que cinq cent Articles
environ , & un volume & demi
feulement. 4°. L'Encyclopédie d'où l'on
a tiré ces additions n'étant pas achevée,
les Articles que les Editeurs de Coppenhague
en ont empruntés ne forment
pas à beaucoup près un corps complet
de doctrine & de principes .
5°. Ces mêmes Articles ſont continuellement
en contradiction avec ceux
d'après leſquels le reſte du Dictionnaire
eſt fait. Par exemple : on lit à l'Article
COMMUNAUTÉS , que ces corps ont des
loix particulieres qui ſont prèſque toutes
opposées au bien général ; que leur
établiſſement affoiblit la concurrence, le
premier principe du Commerce
Dans l'Article COMPAGNIES DE Cом-
,
&c.
MERCE , on dit d'après M. Child , que
les Compagnies nefont pa capables
pas
de
1
Elij
102 MERCURE DE FRANCE.
conferver ou d'accroître une branche de
Commerce ; qu'elles cauſent ſouvent des
pertes à la Nation ; qu'on peut s'en
paffer pour étendre le Commerce , &c.
Tandis qu'en d'autres endroits on trouve
que les octrois que reçoivent les Compagnies
des Princes leurs Souverains
font la bafe & l'appui des plus grands
Commerces , & fontfleurir les Etats , & c .
(Voyez la Préface & une infinité d'autres
endroits. )
6°. On a négligé de confulter les
meilleures ſources : Melon , Cantillon ,
Hume , Child , Jean de With , le Négociant
Anglois , & les Ouvrages Anglois.
7°. Dans les additions qu'on a tirées
de quelques autres Ouvrages , les Editeurs
de Coppenhague ont recueilli pref
que toujours des morceaux étrangers
au Commerce.C'eſt ainſi qu'ils ont tranfcrit
beaucoup d'endroits de la Minéralogie
de Walerius & de celle de
Henctiel.
Tel eſt , Monfieur , le jugement que
portent des perſonnes inſtruites des éditions
étrangeres du Dictionnaire de
Commerce, & en particulier de celle que
vous annoncez. Si nous avions voulu
imiter les Editeurs de Genêve & de Cop
JUIN. 1763 . 103
penhague , & ne donner comme eux
que l'ancien Ouvrage avec quelques
additions peu importantes ou étrangères
à l'objet du Commerce , fi nous ne
nous étions pas propoſé de donner une
édition véritablement corrigée & augmentée
, d'y répandre les vrais principes
du Commerce que Savary n'a pas connus
, & de rendre en un mot cet Ouvrage
digne d'être offert au Public, nous
ne nous ferions pas laiſſé prévenir par
les Libraires étrangers. Mais pour remplir
nos vues à cet égard, il nous a fallu
des foins , de la dépenſe , & furtout
du temps.
Nous nous flatons que le Public
attendra avec un peu de patience la
fin d'un travail néceſſairement long ,
mais dont nous voyons le terme s'approcher.
Nous comptons publier le
Profpectus de notre nouvelle édition
dans le courant de l'année prochaine ,
& mettre tout de ſuite ſous preffe.
Nous avons l'honneur d'être &c .
Les Frères ESTIENNE ,
Libraires , rue S. Jacques.
A Paris ce 10 Mai 1763 .
Commerce DE SAVARY.
MONSIEUR ,
En lifant le Mercure du mois de Mai
de cette année , nous y avons vù l'annonce
que vous faites d'une nouvelle
édition du Dictionnaire de Commerce
de Savary , à Copenhague , renfermant
beaucoup d'additions , & dont on trouve
, dites-vous , des ſouſcriptions chez
MM. Deffaint & Saillant , Libraires ,
rue S. Jean de Beauvais. Comme nous
jouiſſons du Privilège de l'Ouvrage de
Savary , & que nous ſommes occupés
depuis pluſieurs années à en préparer
une édition nouvelle , nous prenons
la liberté de vous adreſſer à ce
ſujet quelques réflexions que
vous prions d'inférer dans le Mercure
du mois prochain .
nous
Permettez-nous d'abord de vous faire
remarquer que l'annonce d'une édition
étrangère pour un Ouvrage françois ,
96 MERCURE DE FRANCE.
dont le Privilège appartient à un Libraire
du Royaume , eſt contraire aux
uſages conftamment ſuivis dans la
Librairie depuis ſon inſtitution. Vous
êtes trop équitable , Monfieur , pour
que nous penfions que vous ayez voulu
par vous-même donner atteinte à un
bien qui nous appartient , & dans la
jouiſſance duquel nous fommes maintenus
fans trouble par les Lettres de
Privilège que le ministère nous donne,
leſquelles ferment l'entrée du Royaume
à toute édition étrangère. Vous
avez pû ignorer que le Privilége du
Dictionnaire de Commerce nous appartenoit;
mais les perſonnes qui vous
ont fourni cet avis , ne l'ignoroient probablement
pas , & auroient dû vous le
faire ſçavoir. Ces mêmes perſonnes vous
ont trompé encore , en vous diſant
qu'on trouvoit des ſouſcriptions chez
MM. Deffaint & Saillant , Libraires
à Paris . Ces MM. nous ont afſuré qu'ils
n'avoient point de ſouſcriptions à fournir
, & qu'ils n'étoient point dans l'intention
de s'en charger ; & ils nous ont
même permis de rendre public le défaveu
qu'ils font de cette partie de l'Avis
inféré au Mercure.
Cependant , Monfieur , nous ofons
vous
JUIN. 1763 . 97
vous affurer que dans la crainte de priver
la Nation d'un Ouvrage utile , nous
ne réclamerions pas nos droits , fi les
éditions étrangères du Dictionnaire de
Savary étoient faites avec le ſoin que
paroît mériter un ouvrage de cette importance
, & fi nous ne travaillions pas
depuis plufieurs années à le rendre plus
digne d'être préſenté au Public.
On croira que le Dictionnaire de
Commerce ayant été commencé en
France & fous les yeux du Ministère ,
ne pouvoit guères prendre d'accroiffement
que dans le lieu où il avoit pris
naiſſance , & à l'aide des mêmes ſoins
auxquels on en avoit été redevable.
Le Dictionnaire de M. de Savary ,
a été fait ſous la protection & avec
le fecours du Gouvernement , d'aprés
des Mémoires nombreux, communiqués
par Meſſieurs les Intendans , par les
Inſpecteurs du Commerce , par les
Chefs de nos principales Manufactures ,
par nos Confuls dans les principales villes
de Commerce de l'Europe &c. Comment
des Etrangers dépourvus de tous
ces fecours , auroient- ils pu fuivre le
même travail avec ſuccès , corriger les
fautes qu'on a dû faire , remplir les vuides
qu'on a dû laiſſer néceſſairement
dans un premier éffai ?
E
98 MERCURE DE FRANCE .
Quoique le Dictionnaire de Commerce
foit utile à des Négocians étrangers
, & qu'on puiffe à certains égards
le regarder comme Univerſel , il faut
cependant convenir qu'il eſt encore plus
national qu'étranger , & plus fait pour
l'inſtruction de nos Concitoyens , que
pour celle des autres Nations. Or eft- ce
à des Etrangers à nous inſtruire de ce
qui ſe paſſe chez nous , des loix par
leſquelles le Commerce eſt conduit en
France , de l'état de nos Manufactures,
de la nature & de la quantité de nos
importations & exportations , & c , &
de cette multitude immenſe d'autres
détails relatifs à la France , & qui ne
peuvent être bien connus que parmi
nous ?
Mais cette préſomption peu favorable
aux Editions étrangères ſe change en
une entiere certitude , lorſqu'on voit
combien les Editions de Genève & celle
de Coppenhague que vous annoncez
font défectueuſes & peu propres à remplir
l'attente du Public.
Dans l'Edition de Genève , le petit
nombre d'additions & de corrections
qu'on y a faites ne ſont relatives qu'à
elle l'Hiſtoire Naturelle : à cela près ,
ne contient que le Texte de Savary
JUI N. 1763 . 99
avec toutes les fautes qu'on y a remarquées
dès l'origine. On y a confervé
tous les détails que Savary donne
de l'état du Commerce , malgré les
changemens furvenus depuis l'époque
à laquelle écrivoit cet Auteur , c'eſt-àdire
,depuis le commencement du Siécle.
On n'y a fait entrer aucun de ces
Articles généraux concernant l'adminiftration
du Commerce , comme Manufactures
, Liberté du Commerce, Luxe,
Crédit , Circulations Colonies , &c.
&c. &c. En un mot , toutes les raiſons
qui peuvent faire regarder l'ancien Savary
comme inſuffifant , ſont exactement
applicables à l'Edition de Genêve,
qui ne différe que fort peu de l'ancienne
, & dans des choſes tout-à-fait étrangères
à l'objet du Commerce.
,
On ne peut pas juger l'Edition de
Coppenhague plus favorablement : on
y retrouve toutes les omiffions , toutes
les inéxactitudes de l'ancien Savary .
Quant aux additions , elles confiftent
1º. dans les détails d'Hiſtoire Naturelle
dont on avoit groſſi l'Edition de Genêve
, & qui font ſi étrangers au Commerce
: 2 °. Dans les Articles tranfcrits
mot à mot de l'Encyclopédie , & dans
un petit nombre d'autres copiés du
E ij
100 MERCURE DE FRANCE .
Journal de Commerce , du Journal economique
, de la Matière médicale de
M. Geoffroi , & de la Minéralogie de
Wallerius & d'Henctiel.
Nous n'avançons rien ici dont nous
ne ſoyons afſurés d'après un relevé &
une comparaiſon exacte des Editions
de Paris 1748 , de Genève & de Coppenhague.
Et pour en donner une preuve
complette , nous allons préſenter aux
Lecteurs un tableau plus détaillé de ces
additions .
Les changemens & les additions du
Dictionnaire de Coppenhague comparé
à l'Edition de Genève , confiftent en
deux mille articles environ . De ces deux
mille articles , près de quinze cent font
tirés des ſept premiers volumes de l'Encyclopédie
, & ſe trouvent dans les
deux premiers volumes , & dans une
partie du troifiéme de l'Edition de Cop
penhague. Il eſt affez étrange qu'on aille
copier fervilement un Ouvrage auffi
connu & auffi répandu.
Mais il y a plus. 1º. Ces articles empruntés
de l'Encyclopédie font pour la
plupart abfolument étrangers au Dictionnaite
de Commerce , comme des
articles concernant le méchaniſme des
Arts & l'Histoire Naturelle . 2°. Une
JUIN. 1763 . 101
grande partie de ces articles étoient tirés
de Savary même , placés dans l'Encyclopédie
avec des changemens trèslégers.
3°. Ce plagiat des Editeurs de
Coppenhague rend leur Ouvrage inégal
depuis l'A juſqu'au G incluſivement ,
c'est-à-dire en ſept lettres , il y a quinze
cens articles ajoutés ou changés,& deux
volumes & demi ; tandis que depuis l'H
juſqu'auZ, c'est-à-dire en ſeize lettres de
l'Alphabet , il n'y a que cinq cent Articles
environ , & un volume & demi
feulement. 4°. L'Encyclopédie d'où l'on
a tiré ces additions n'étant pas achevée,
les Articles que les Editeurs de Coppenhague
en ont empruntés ne forment
pas à beaucoup près un corps complet
de doctrine & de principes .
5°. Ces mêmes Articles ſont continuellement
en contradiction avec ceux
d'après leſquels le reſte du Dictionnaire
eſt fait. Par exemple : on lit à l'Article
COMMUNAUTÉS , que ces corps ont des
loix particulieres qui ſont prèſque toutes
opposées au bien général ; que leur
établiſſement affoiblit la concurrence, le
premier principe du Commerce
Dans l'Article COMPAGNIES DE Cом-
,
&c.
MERCE , on dit d'après M. Child , que
les Compagnies nefont pa capables
pas
de
1
Elij
102 MERCURE DE FRANCE.
conferver ou d'accroître une branche de
Commerce ; qu'elles cauſent ſouvent des
pertes à la Nation ; qu'on peut s'en
paffer pour étendre le Commerce , &c.
Tandis qu'en d'autres endroits on trouve
que les octrois que reçoivent les Compagnies
des Princes leurs Souverains
font la bafe & l'appui des plus grands
Commerces , & fontfleurir les Etats , & c .
(Voyez la Préface & une infinité d'autres
endroits. )
6°. On a négligé de confulter les
meilleures ſources : Melon , Cantillon ,
Hume , Child , Jean de With , le Négociant
Anglois , & les Ouvrages Anglois.
7°. Dans les additions qu'on a tirées
de quelques autres Ouvrages , les Editeurs
de Coppenhague ont recueilli pref
que toujours des morceaux étrangers
au Commerce.C'eſt ainſi qu'ils ont tranfcrit
beaucoup d'endroits de la Minéralogie
de Walerius & de celle de
Henctiel.
Tel eſt , Monfieur , le jugement que
portent des perſonnes inſtruites des éditions
étrangeres du Dictionnaire de
Commerce, & en particulier de celle que
vous annoncez. Si nous avions voulu
imiter les Editeurs de Genêve & de Cop
JUIN. 1763 . 103
penhague , & ne donner comme eux
que l'ancien Ouvrage avec quelques
additions peu importantes ou étrangères
à l'objet du Commerce , fi nous ne
nous étions pas propoſé de donner une
édition véritablement corrigée & augmentée
, d'y répandre les vrais principes
du Commerce que Savary n'a pas connus
, & de rendre en un mot cet Ouvrage
digne d'être offert au Public, nous
ne nous ferions pas laiſſé prévenir par
les Libraires étrangers. Mais pour remplir
nos vues à cet égard, il nous a fallu
des foins , de la dépenſe , & furtout
du temps.
Nous nous flatons que le Public
attendra avec un peu de patience la
fin d'un travail néceſſairement long ,
mais dont nous voyons le terme s'approcher.
Nous comptons publier le
Profpectus de notre nouvelle édition
dans le courant de l'année prochaine ,
& mettre tout de ſuite ſous preffe.
Nous avons l'honneur d'être &c .
Les Frères ESTIENNE ,
Libraires , rue S. Jacques.
A Paris ce 10 Mai 1763 .
Fermer
Résumé : LETTRE, au sujet du Dictionnaire de Commerce DE SAVARY.
La lettre traite de la publication d'une nouvelle édition du 'Dictionnaire de Commerce' de Savary à Copenhague, annoncée dans le Mercure de mai 1763. Les auteurs, détenteurs du privilège en France, expriment leur préoccupation face à cette édition étrangère, estimant qu'elle contredit les usages de la librairie française. Ils précisent que les libraires parisiens mentionnés, MM. Deffaint & Saillant, n'ont pas de souscriptions à fournir pour cette édition et désapprouvent l'annonce. Les auteurs soulignent que les éditions étrangères risquent de manquer de qualité et de précision, car le dictionnaire a été créé en France avec le soutien du gouvernement et des contributions de diverses autorités françaises. Ils critiquent les éditions existantes de Genève et de Copenhague, les jugeant défectueuses et inadaptées. L'édition de Genève contient peu d'ajouts pertinents et conserve des erreurs anciennes, tandis que celle de Copenhague ajoute des informations superficielles sur l'histoire naturelle et des extraits d'autres ouvrages sans rapport direct avec le commerce. L'édition de Copenhague comprend environ deux mille articles supplémentaires, dont près de quinze cents proviennent des sept premiers volumes de l'Encyclopédie. Ces ajouts sont souvent étrangers au sujet principal du dictionnaire et proviennent parfois des œuvres de Savary avec des modifications mineures. Cette pratique de plagiat rend l'ouvrage inégal et incohérent. Les éditeurs de Copenhague ont également négligé de consulter des sources majeures comme Melon, Cantillon, Hume, et Child. Les auteurs concluent en affirmant leur intention de publier une édition corrigée et augmentée du dictionnaire, intégrant les vrais principes du commerce, et annoncent la publication prochaine du prospectus de cette nouvelle édition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
62
p. 211
AVIS.
Début :
Le Sieur Debure, seul fabriquant de Papier dans la ville de Troyes en Champagne, [...]
Mots clefs :
Papier, Troyes, Couleurs, Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
LE Sieur DEBURE , feul fabriquant de Papier
dans la Ville de Troyes en Champagne , eft parvenu
après quantité d'épreuves réitérées & de
dépenfes , à fabriquer du Papier auffi beau que
celui de Hollande , tant en blanc , qu'en bleu ,
bon teint , brun ,violet , rouge; & autres couleurs ,
Il a eu l'honneur d'en préfenter au Miniftre qui a
le département du Commerce. On ne fçauroit
donner trop d'éloges au hieur Debure . Sa découverte
fournit une reffource confidérable à notre
Commerce , puifqu'elle va faire ceffer l'obligation
où nous étions d'avoir recours à l'Etranger
pour nous procurer ces fortes de Papiers,
Les Perfonnes qui fouhaiteront s'en procurer ,
font prices de s'adreffer directement au fieur Débure
qui leur en fera bonne compofition.
LE Sieur DEBURE , feul fabriquant de Papier
dans la Ville de Troyes en Champagne , eft parvenu
après quantité d'épreuves réitérées & de
dépenfes , à fabriquer du Papier auffi beau que
celui de Hollande , tant en blanc , qu'en bleu ,
bon teint , brun ,violet , rouge; & autres couleurs ,
Il a eu l'honneur d'en préfenter au Miniftre qui a
le département du Commerce. On ne fçauroit
donner trop d'éloges au hieur Debure . Sa découverte
fournit une reffource confidérable à notre
Commerce , puifqu'elle va faire ceffer l'obligation
où nous étions d'avoir recours à l'Etranger
pour nous procurer ces fortes de Papiers,
Les Perfonnes qui fouhaiteront s'en procurer ,
font prices de s'adreffer directement au fieur Débure
qui leur en fera bonne compofition.
Fermer
Résumé : AVIS.
L'avis concerne le Sieur Debure, fabricant de papier à Troyes. Après plusieurs expériences, il a produit du papier de qualité comparable à celui de Hollande, disponible en diverses couleurs. Le ministre du Commerce a salué cette innovation, qui élimine la nécessité d'importer ces types de papier. Le papier est disponible directement auprès de Debure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
63
p. 198-205
De PARIS, le 2 Avril 1764.
Début :
Sa Majesté, par des Lettres-Patentes, datées du 2 Septembre 1763, & enregistrées [...]
Mots clefs :
Lettres patentes, Sa Majesté, Règlements, Ordonnance, Recrues, Colonels, Lieutenants, Négociants, Navires, Commerce, Princes, Chambre des pairs, Assemblée, Arrêts, Registres, Parlement, Cour, Jésuites, Serment, Officiers, Remontrances, Procession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 2 Avril 1764.
De PARIs, le 2 Avril 1764.
Sa Majeſté, par des Lettres-Patentes, datées du
2 Septembre 1763 , & enregiſtrées au Parlement
le 12 Décembre ſuivant, voulant contribuer à la
perfection de l'Ecole Royale de Chirurgie qu'Elle
a établie à Orléans, par Lettres-Patentes du 23
juin 1759 , fixe des Réglemens relatifs aux obli
gations de ceux qui prétendront à la Maîtriſe, &
aux droits & prérogatives attachés aux Places de
Profeſſeurs,
Par une Ordonnance du premier Septembre
dernier, Sa Majeſté crée & établit dans le Régi
ment des Recrues de la Ville de Paris, un Colonel,
un Lieutenant-Colonel & un Major, leſquels joui
ront de tous les droits & prérogatives dont jouiſ
ſent les autres Colonels, Lieutenans-Colonels &
Majors de ſon Infanterie Françoiſe. Sa Majeſté fixe
en même temps les appointemens du Colonel à
36oo liv. par an, ceux du Lieutenant-Colonel à
24oo liv. & ceux du Major à 18oo liv,
M A I. 1764. Iq
Les Négocians & Armateurs de Grandville,
ayant repréſenté au Roi que leur Port eſt aſſez
ſpacieux, pour y contenir beaucoup de Navires,
& qu'il eſt ſitué dans un pays où l'on peut ſe pro
curer aiſément tout ce qui eſt propre à l'avitaille
ment des Navires, & qui peut ſervir à étendre la
Navigation, par la facilité § l'on a de faire ve
' nir de Paris & de plufieurs autres Villes toutes ſor
tes ſortes de Marchandiſes; Sa Majeſté, par un
Arrêt de ſon Conſeil d'Etat, du 29 Décembre der
nier, leur permet de faire directement par le Port
de ladite Ville le Commerce des Iſles & Colonies
Françoiſes de l'Amérique, & ordonne en conſé
quence qu'ils jouiſſent du privilége de l'entrepôt &
des autres priviléges & exemptions portés par les
Lettres-Patentes du mois d'Avril 1717 , ainſi qu'en
jouiſſent les Négocians des Ports admis à Com
11162fC6º,
La Société Royale de Londres a reçu, le 26
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres le
ſieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences,
Examinateur des Ecoles du Corps Royal de l'Artit
lerie & du Génie, Profeſſeur & Secrétaire de l'Aca
démie Royale d'Architecture, & Honoraire de
celle de Marine. -
-
Les Princes & Pairs ayant reçu avis que les
Chambres ſeroient aſſemblées le Mercredi 22
pour fixer les objets des Remontrances arrêtées
le 23 Janvier à l'occaſion de l'exil de l'Archevêque
de Paris , ſe ſont rendus au Parlement ledit jour
22 & dans cette ſéance les objets ont été fixés, &
l'aſſemblée a été remiſe au Mercredi 29 du mois•
on a auſſi dénoncé à l'aſſemblée des Chambres
différens faits & pluſieurs Ecrits ſur le Réquiſitoire
I iv
2OO MERCURE DE FRANCE.
des Gens du Roi, les Ecrits ont été condamnés à
être lacérés & brûlés par l'Exécuteur de la Haute
Juſtice; & il a été rendu Arrêt dont l'Extrait vient
dêtre imprimé dans la forme ſuivante.
ExTRAIT DEs REGIsTREs DU PARLEMENT.
- Du 22 Février 1763.
» APPERT, entr'autres diſpoſitions, avoir été
» ordonné par Arrêt rendu ledit jour par la
-» Cour , toutes les Chambres aſſemblées, que
» dans huitaine, à compter du jour de la pu
» blication dudit Arrêt , même par l'extrait ,
» tous ceux qui étoient Membres de la Société
» ſe diſant de Jeſus, au 6 Août 1761 , étant
, » actuellement dans le reſſort de la Cour, prête
» ront ſerment , de ne point vivre déſormais en
» commun, ou ſéparément, ſous l'empire de l'Inſ
» titut & des Conſtitutions de la ci-devant So
» ciété ſe diſant de Jeſus, de n'entretenir aucune
» correſpondance directe ou indirecte , par lettres ,
, º ou par perſonnes interpoſées, ou autrement, en
• • quelques forme & maniere que ce puiſſe être ,
. » avec le Général, le Régime & les Supérieurs
, » de ladite ci-devant Société, ou autres perſon
* nes pas eux propoſées, ni avec aucuns Mem
* bres d'icelle réſidans en Pays étrangers, & de
:** tenir pour impie la Doctrine contenue dans le
* Recueil des Aſſertions, tendante à compromettre
, » la ſüreté de la Perſonne ſacrée des Rois ; leſ
» quels ſermens, à l'égard de tous ceux deſdits ci
» devant ſoi diſans Jéſuites, qui ſont actuelle
» ment dans la Ville, Prévôté & Vicomté de
. » Paris, ſeront reçus pardevant Me Joſeph-Marie
, ºº Terray, Conſeiller-Rapporteur , que la Cour
, » a commis à cet effet : & qu'à l'égard de tous les
2º autres ci devant ſoi-diſans Jéſuites demeurans
M A I. 1764. 2.OI
a» actuellement hors de la Ville , Prévôté &
» Vicomté de Paris & dans le reſſort de la Cour,
» leſdits ſermens ſeront reçus dans les Bailliages
» & Sénéchauſſées du reſſort, dans le diſtrict deſ
» quels ils ſe trouveront lors de la ſuſdite publica
» tion dudit Arrêt, par le Lieutenant-Général ou
» autre Officier , ſuivant l'ordre du Tableau ; deſ
2» quels ſermens ſera donné acte, qui ſera ſouſcrit
» par celui qui aura fait ledit ſerment, & dépoſé
» au Greffe de la Cour ou aux Greffes des Baillia -
» ges & Sénéchauſſées du Reſſort, dont expédition
» en forme ſera envoyée au Procureur-Général
» du Roi, pour être pareillement par lui dépoſée
» au Greffe de la Cour, pour, ſur le compte quî
» ſera par lui rendu, être par la Cour, toutes les
» Chambres aſſemblées, ftatué ce qu'il appartien
» dra , le tout ſans préjudice du ſerment preſcrit
» par l'Arrêt du 6 Août 1726 , à l'égard de ceux
» qui voudroient remplir des grades dans les
» Univerſités du Reſſort, poſſéder Canonicats ou
» Bénéfices à charge d'âmes, Vicariats, emplois
» ou fonctions ayant même charge, Chaires ou
» Enſeignement public, Offices de Judicature ou
» Municipaux, & généralement remplir aucunes
» fonctions publiques, comme auſſi ſans préjudice
» de l'exécution de l'Arrêt du 7 Septembre ſuivant
• rendu en conſéquence. Ordonne que ledit Arrêt
» ſera imprimé, lû, publié & affiché par-tout oû
» beſoin ſera , que l'Affiche d'icelui, même par
» Extrait , vaudra ſignification & injonction à
» chacun de ceux qui audit jour 6 Août 1761 ,
» étoient Membres de ladite ci-devant Société ,
» & qu'Extraits collationnés d'icelui ſerontenvoyés
» aux Bailliages & Sénéchauſſées du Reſſort, en
» ſemble aux Conſeil Provincial d'Artois, Baillia
» ges, Gouvernances & Officiers Municipaux de
L,v.
2 o2 MERCURE DE FRANCE.
» l'Artois, pour y être pareillement lû, publié &
» regiſtré. Enjoint aux Subſtituts du Procureur
» Général du Roi d'y tenir la main, & d'en certi
» fier la Cour. Collationné. REGNAULT.
» Signé, DUFRANC. »
Le 29, les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement ; il y a été fait lecture des Remontran
ces rédigées d'après les Articles qui avoient été
précédemment agrées ; les Gens du Roi ont été
chargés de ſe retirer pardevers Sa Majeſté pour
ſçavoir le lieu, le jour & l'heure où il lui plaira de .
recevoir ces Remontrances & de rendre compte le
Samedi 3 Mars, de l'éxécution de cette Miſſion.
Ils ont été chargés auſſi de prendre communica
tion du Procez-Verbal de la vérification des Aſſer
tions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, & de prendre leurs Conclu
fions ſur cet objet le 3 Mars. Enfin ils ont été char
gé ſde prendre communication d'un Imprimé in
titulé : Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de
Langres au Clergé Séculier & Régulier de ſon
Diocèſe, lequel a été dépoſé au Greffe, enſemble
du récit fait à ce ſujet par un de MM. & de prendre
des Concluſions ſur le tout le même jour 3 Mars.
Le 3 Mars, les Princes & les Pairs ſe ſont
rendus au Parlement, Les Gens du Roi, rendant
compte de la Miſſion dont ils avoient été chargés,
le 29 du mois dernier, ont dit que le Roi recevroit
à Verſailles, Dimanche 4 du même mois à midi ,
les Remontrances de ſon Parlement, & que ſon
* intention étoit qu'elles lui fuſſent préſentées par le
Premier Préſident & deux Préſidens. Le Prince de
Condé ayant propoſé de mettre en délibération ce
qu'il convenoit de faire au ſujet de ce qui ſe trouve
dans les Remontrances du Parlement de Bretagne
M A I. 1764. 2o3
concernant la Cour des Pairs, il a été arrêté qu'il
ſeroit nommé des Commiſſaires qui s'aſſemble
roient Jeudi 8 , à l'effet d'examiner ces Remon
trances & de recueillir les principes & les faits ſur
cette matiére, pour rendre compte du tout au
Parlement. Enſuite les Gens du Roi ont rendu
compte du Procès-Verbal de la vérification des Aſ
ſertions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, ainſi que de l'Imprimé intitulé;
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres au Clergé Séculier & Régulier de ſon Diocèſe,
& ils ont laiſſé concernant ces deux objets leurs
concluſions par écrit, ſur leſquelles il a été rendu
deux Arrêts. Par le premier, il eſt ordonné que
pour remplir de plus en plus les vues que le Par
lement s'étoit propoſées par ſon Arrêt du 5 Mars
1762 , des copies collationnées du Procès-Verbal
dépoſé au Greffe par Arrêt du 29 Février dernier ,
feroient envoyées ſans délai par le Procureur-Gé
néral du Roi à tous les Archevêques & Evêques du
Reſſort & à tous les Bailliages & Sénéchauſſées ;il
a été arrêté de plus que le premier Préſident, en
préſentant au Roi les très-humbles & très-reſpec
tueuſes Remontrances de ſon Parlement arrêtées
le 23 Février dernier, remettra à Sa Majefté co
pie collationnée du Procès-Verbal de vérification,
& on a ordonné que, pour que le Procès-Verbal
foit plus promptement & plus facilement envoyé
aux Archevêques & Evêques & aux Bailliages &
Sénéchauſſées du Reſſort, il ſera imprimé & que le
préſent Arrêt ſera imprimé en tête du Procès-Ver
bal. Il a été fait enſuite un Arrêté portant qu'un
exemplaire imprimé du Procès-Verbal de la véri
fication des Extraits das Aſſertions, collationné
par un Secrétaire du Parlement, ſera envoyé aux
Parlemens & Conſeils Supérieurs auxquels ont été
I vj
2o4 MERCURE DE FRANCE.
adreſſés des exemplaires des Aſſertions. Dans le
cours des opinions, un des Membres du Parle
ment s'étant réſervé de faire mettre en délibéra
tion ce qu'il convenoit de faire au ſujet du nom
bre d'Evêques qui ſe trouvoient à Paris, il a été
arrêté qué le Procureur Général du Roi ſeroit
chargé de veiller à l'exécution des Ordonnances &
Arrêts en ce quiconcerne la réſidence des Archevê
, ques & Evêques dans leur Diocèſe , & qu'il ren
droit compte dans la quinzaine aux Chambres aſ
ſemblées des diligences qu'il aura faites. Il a été
rendu enfin au ſujet de l'Imprimé ayant pour titre :
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres, & c. un ſecond Arrêt qui ordonne que cet
Imprimé ſera lacéré & brûlé par l'Exécuteur de
la Haute-Juſtice, & que l'Arrêt ſera imprimé &
affiché tant à Paris qu'a Langres & par-tout où
, beſoin ſera.
Le 9 les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement. Le Premier Préſident ayant rendu
compte de la réponſe faite par le Roi aux Remon
, trances de ſon Parlement , on a arrêté qu'il ſeroit
fait Procès-Verbal du récit fait par le Premier Pré
ſident; &, quant au fond de l'affaire de l'Archevê
que de Paris, il a été arrêté que la délibération
, ſeroit continuée au premier jour avec les Princes
& les Pairs, en vertu de la convocation du 2 1 Jan
vier dernier, & ſans qu'il en ſoit beſoin d'autre.
Les Gens du Roi ayant enſuite rendu compte des
Inform ations faites au ſujet de la diſtribution de
Il'nſtruction Paſtorale de l'Archevêque de Paris,
& des différens Actes de ſerment faits en exécution
de l'Arrêt du 21 Février, & ayant pris des conclu
· ſions ſur le tout, le Parlement a rendu un Arrêt
par lequel il eſt enjoint aux ci-devant ſoi-diſant
Jéſuites, qui n'ont pas prêté ſerment dans le terme
M A I. 1764. , 2o5
preſcrit par l'Arrêt du 22 Février, de ſe retirer du
Royaume dans un mois , à compter du jour de la
publication du préſent Arrêt, tant dans cette Ville
| que dans les Bailliages & Sénéchauſſées du Reſ
ſort, ſauf a ceux qui par leur grand âge ou pour
cauſe d'infirmité ne pourroient ſatisfaire au pré
· ſent Arrêt, à préſenter leurs requêtes en la Cour,
tontes les Chambres aſſemblées, dans le ſuſdit dé
lai, pour être ſur leſdites requêtes & ſur les con
, cluſions du Procureur-Général du Roi ſtatué ce
qu'il appartiendra. Les Gens du Roi étant rentrés
en l'aſſemblée des Chambres, ont rendu compte
d'un Ecrit intitulé Adhéſion de Monſeigneur l'Evê
que d'Amiens a l'Inſtruction Paſtorale de Mon
ſeigneur l'Archevêque de Paris, & ont pris leurs
concluſions tendantes a ce que cet Ecrit fût lacéré
& brûlé : ſur quoi eſt intervenu Arrêt conforme
aux concluſions. -
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſo
lemnelle qu'on a coutume de faire tous les ans
en mémoire de la ré*uction de cette Capitale
ſous l'obédience de HENRY IV. Le Corps de
Ville aſſiſta , ſelon l'uſage, a cette Cérémonie,
La Société Royale de Londres reçut, le 13
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres,
le ſieur Ferdinand Berthoud, habile Horloger
de cette Capitale. Cet Artiſte fut choiſi l'année
dernière par l'Académie Royale des Sciences &
, envoyé a Londres par Sa Majeſté, pour aſſiſter,
- conjointement avec M le Camus, à l'examen
de l'Horloge de M. Harriſſon. Il eſt Auteur du
Livre de l'Art de régier les Pendules & les Mon
tres, de l'Eſſai ſur l'Horlogerie , & de pluſieurs
- ouvrages relatifs à ſon Art, qu'il a préſentés à
. l'Académie, entr'autres de trois différentes hor
: loges de Marine pour la découverte des longi2
tudes en mer,
Sa Majeſté, par des Lettres-Patentes, datées du
2 Septembre 1763 , & enregiſtrées au Parlement
le 12 Décembre ſuivant, voulant contribuer à la
perfection de l'Ecole Royale de Chirurgie qu'Elle
a établie à Orléans, par Lettres-Patentes du 23
juin 1759 , fixe des Réglemens relatifs aux obli
gations de ceux qui prétendront à la Maîtriſe, &
aux droits & prérogatives attachés aux Places de
Profeſſeurs,
Par une Ordonnance du premier Septembre
dernier, Sa Majeſté crée & établit dans le Régi
ment des Recrues de la Ville de Paris, un Colonel,
un Lieutenant-Colonel & un Major, leſquels joui
ront de tous les droits & prérogatives dont jouiſ
ſent les autres Colonels, Lieutenans-Colonels &
Majors de ſon Infanterie Françoiſe. Sa Majeſté fixe
en même temps les appointemens du Colonel à
36oo liv. par an, ceux du Lieutenant-Colonel à
24oo liv. & ceux du Major à 18oo liv,
M A I. 1764. Iq
Les Négocians & Armateurs de Grandville,
ayant repréſenté au Roi que leur Port eſt aſſez
ſpacieux, pour y contenir beaucoup de Navires,
& qu'il eſt ſitué dans un pays où l'on peut ſe pro
curer aiſément tout ce qui eſt propre à l'avitaille
ment des Navires, & qui peut ſervir à étendre la
Navigation, par la facilité § l'on a de faire ve
' nir de Paris & de plufieurs autres Villes toutes ſor
tes ſortes de Marchandiſes; Sa Majeſté, par un
Arrêt de ſon Conſeil d'Etat, du 29 Décembre der
nier, leur permet de faire directement par le Port
de ladite Ville le Commerce des Iſles & Colonies
Françoiſes de l'Amérique, & ordonne en conſé
quence qu'ils jouiſſent du privilége de l'entrepôt &
des autres priviléges & exemptions portés par les
Lettres-Patentes du mois d'Avril 1717 , ainſi qu'en
jouiſſent les Négocians des Ports admis à Com
11162fC6º,
La Société Royale de Londres a reçu, le 26
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres le
ſieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences,
Examinateur des Ecoles du Corps Royal de l'Artit
lerie & du Génie, Profeſſeur & Secrétaire de l'Aca
démie Royale d'Architecture, & Honoraire de
celle de Marine. -
-
Les Princes & Pairs ayant reçu avis que les
Chambres ſeroient aſſemblées le Mercredi 22
pour fixer les objets des Remontrances arrêtées
le 23 Janvier à l'occaſion de l'exil de l'Archevêque
de Paris , ſe ſont rendus au Parlement ledit jour
22 & dans cette ſéance les objets ont été fixés, &
l'aſſemblée a été remiſe au Mercredi 29 du mois•
on a auſſi dénoncé à l'aſſemblée des Chambres
différens faits & pluſieurs Ecrits ſur le Réquiſitoire
I iv
2OO MERCURE DE FRANCE.
des Gens du Roi, les Ecrits ont été condamnés à
être lacérés & brûlés par l'Exécuteur de la Haute
Juſtice; & il a été rendu Arrêt dont l'Extrait vient
dêtre imprimé dans la forme ſuivante.
ExTRAIT DEs REGIsTREs DU PARLEMENT.
- Du 22 Février 1763.
» APPERT, entr'autres diſpoſitions, avoir été
» ordonné par Arrêt rendu ledit jour par la
-» Cour , toutes les Chambres aſſemblées, que
» dans huitaine, à compter du jour de la pu
» blication dudit Arrêt , même par l'extrait ,
» tous ceux qui étoient Membres de la Société
» ſe diſant de Jeſus, au 6 Août 1761 , étant
, » actuellement dans le reſſort de la Cour, prête
» ront ſerment , de ne point vivre déſormais en
» commun, ou ſéparément, ſous l'empire de l'Inſ
» titut & des Conſtitutions de la ci-devant So
» ciété ſe diſant de Jeſus, de n'entretenir aucune
» correſpondance directe ou indirecte , par lettres ,
, º ou par perſonnes interpoſées, ou autrement, en
• • quelques forme & maniere que ce puiſſe être ,
. » avec le Général, le Régime & les Supérieurs
, » de ladite ci-devant Société, ou autres perſon
* nes pas eux propoſées, ni avec aucuns Mem
* bres d'icelle réſidans en Pays étrangers, & de
:** tenir pour impie la Doctrine contenue dans le
* Recueil des Aſſertions, tendante à compromettre
, » la ſüreté de la Perſonne ſacrée des Rois ; leſ
» quels ſermens, à l'égard de tous ceux deſdits ci
» devant ſoi diſans Jéſuites, qui ſont actuelle
» ment dans la Ville, Prévôté & Vicomté de
. » Paris, ſeront reçus pardevant Me Joſeph-Marie
, ºº Terray, Conſeiller-Rapporteur , que la Cour
, » a commis à cet effet : & qu'à l'égard de tous les
2º autres ci devant ſoi-diſans Jéſuites demeurans
M A I. 1764. 2.OI
a» actuellement hors de la Ville , Prévôté &
» Vicomté de Paris & dans le reſſort de la Cour,
» leſdits ſermens ſeront reçus dans les Bailliages
» & Sénéchauſſées du reſſort, dans le diſtrict deſ
» quels ils ſe trouveront lors de la ſuſdite publica
» tion dudit Arrêt, par le Lieutenant-Général ou
» autre Officier , ſuivant l'ordre du Tableau ; deſ
2» quels ſermens ſera donné acte, qui ſera ſouſcrit
» par celui qui aura fait ledit ſerment, & dépoſé
» au Greffe de la Cour ou aux Greffes des Baillia -
» ges & Sénéchauſſées du Reſſort, dont expédition
» en forme ſera envoyée au Procureur-Général
» du Roi, pour être pareillement par lui dépoſée
» au Greffe de la Cour, pour, ſur le compte quî
» ſera par lui rendu, être par la Cour, toutes les
» Chambres aſſemblées, ftatué ce qu'il appartien
» dra , le tout ſans préjudice du ſerment preſcrit
» par l'Arrêt du 6 Août 1726 , à l'égard de ceux
» qui voudroient remplir des grades dans les
» Univerſités du Reſſort, poſſéder Canonicats ou
» Bénéfices à charge d'âmes, Vicariats, emplois
» ou fonctions ayant même charge, Chaires ou
» Enſeignement public, Offices de Judicature ou
» Municipaux, & généralement remplir aucunes
» fonctions publiques, comme auſſi ſans préjudice
» de l'exécution de l'Arrêt du 7 Septembre ſuivant
• rendu en conſéquence. Ordonne que ledit Arrêt
» ſera imprimé, lû, publié & affiché par-tout oû
» beſoin ſera , que l'Affiche d'icelui, même par
» Extrait , vaudra ſignification & injonction à
» chacun de ceux qui audit jour 6 Août 1761 ,
» étoient Membres de ladite ci-devant Société ,
» & qu'Extraits collationnés d'icelui ſerontenvoyés
» aux Bailliages & Sénéchauſſées du Reſſort, en
» ſemble aux Conſeil Provincial d'Artois, Baillia
» ges, Gouvernances & Officiers Municipaux de
L,v.
2 o2 MERCURE DE FRANCE.
» l'Artois, pour y être pareillement lû, publié &
» regiſtré. Enjoint aux Subſtituts du Procureur
» Général du Roi d'y tenir la main, & d'en certi
» fier la Cour. Collationné. REGNAULT.
» Signé, DUFRANC. »
Le 29, les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement ; il y a été fait lecture des Remontran
ces rédigées d'après les Articles qui avoient été
précédemment agrées ; les Gens du Roi ont été
chargés de ſe retirer pardevers Sa Majeſté pour
ſçavoir le lieu, le jour & l'heure où il lui plaira de .
recevoir ces Remontrances & de rendre compte le
Samedi 3 Mars, de l'éxécution de cette Miſſion.
Ils ont été chargés auſſi de prendre communica
tion du Procez-Verbal de la vérification des Aſſer
tions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, & de prendre leurs Conclu
fions ſur cet objet le 3 Mars. Enfin ils ont été char
gé ſde prendre communication d'un Imprimé in
titulé : Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de
Langres au Clergé Séculier & Régulier de ſon
Diocèſe, lequel a été dépoſé au Greffe, enſemble
du récit fait à ce ſujet par un de MM. & de prendre
des Concluſions ſur le tout le même jour 3 Mars.
Le 3 Mars, les Princes & les Pairs ſe ſont
rendus au Parlement, Les Gens du Roi, rendant
compte de la Miſſion dont ils avoient été chargés,
le 29 du mois dernier, ont dit que le Roi recevroit
à Verſailles, Dimanche 4 du même mois à midi ,
les Remontrances de ſon Parlement, & que ſon
* intention étoit qu'elles lui fuſſent préſentées par le
Premier Préſident & deux Préſidens. Le Prince de
Condé ayant propoſé de mettre en délibération ce
qu'il convenoit de faire au ſujet de ce qui ſe trouve
dans les Remontrances du Parlement de Bretagne
M A I. 1764. 2o3
concernant la Cour des Pairs, il a été arrêté qu'il
ſeroit nommé des Commiſſaires qui s'aſſemble
roient Jeudi 8 , à l'effet d'examiner ces Remon
trances & de recueillir les principes & les faits ſur
cette matiére, pour rendre compte du tout au
Parlement. Enſuite les Gens du Roi ont rendu
compte du Procès-Verbal de la vérification des Aſ
ſertions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, ainſi que de l'Imprimé intitulé;
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres au Clergé Séculier & Régulier de ſon Diocèſe,
& ils ont laiſſé concernant ces deux objets leurs
concluſions par écrit, ſur leſquelles il a été rendu
deux Arrêts. Par le premier, il eſt ordonné que
pour remplir de plus en plus les vues que le Par
lement s'étoit propoſées par ſon Arrêt du 5 Mars
1762 , des copies collationnées du Procès-Verbal
dépoſé au Greffe par Arrêt du 29 Février dernier ,
feroient envoyées ſans délai par le Procureur-Gé
néral du Roi à tous les Archevêques & Evêques du
Reſſort & à tous les Bailliages & Sénéchauſſées ;il
a été arrêté de plus que le premier Préſident, en
préſentant au Roi les très-humbles & très-reſpec
tueuſes Remontrances de ſon Parlement arrêtées
le 23 Février dernier, remettra à Sa Majefté co
pie collationnée du Procès-Verbal de vérification,
& on a ordonné que, pour que le Procès-Verbal
foit plus promptement & plus facilement envoyé
aux Archevêques & Evêques & aux Bailliages &
Sénéchauſſées du Reſſort, il ſera imprimé & que le
préſent Arrêt ſera imprimé en tête du Procès-Ver
bal. Il a été fait enſuite un Arrêté portant qu'un
exemplaire imprimé du Procès-Verbal de la véri
fication des Extraits das Aſſertions, collationné
par un Secrétaire du Parlement, ſera envoyé aux
Parlemens & Conſeils Supérieurs auxquels ont été
I vj
2o4 MERCURE DE FRANCE.
adreſſés des exemplaires des Aſſertions. Dans le
cours des opinions, un des Membres du Parle
ment s'étant réſervé de faire mettre en délibéra
tion ce qu'il convenoit de faire au ſujet du nom
bre d'Evêques qui ſe trouvoient à Paris, il a été
arrêté qué le Procureur Général du Roi ſeroit
chargé de veiller à l'exécution des Ordonnances &
Arrêts en ce quiconcerne la réſidence des Archevê
, ques & Evêques dans leur Diocèſe , & qu'il ren
droit compte dans la quinzaine aux Chambres aſ
ſemblées des diligences qu'il aura faites. Il a été
rendu enfin au ſujet de l'Imprimé ayant pour titre :
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres, & c. un ſecond Arrêt qui ordonne que cet
Imprimé ſera lacéré & brûlé par l'Exécuteur de
la Haute-Juſtice, & que l'Arrêt ſera imprimé &
affiché tant à Paris qu'a Langres & par-tout où
, beſoin ſera.
Le 9 les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement. Le Premier Préſident ayant rendu
compte de la réponſe faite par le Roi aux Remon
, trances de ſon Parlement , on a arrêté qu'il ſeroit
fait Procès-Verbal du récit fait par le Premier Pré
ſident; &, quant au fond de l'affaire de l'Archevê
que de Paris, il a été arrêté que la délibération
, ſeroit continuée au premier jour avec les Princes
& les Pairs, en vertu de la convocation du 2 1 Jan
vier dernier, & ſans qu'il en ſoit beſoin d'autre.
Les Gens du Roi ayant enſuite rendu compte des
Inform ations faites au ſujet de la diſtribution de
Il'nſtruction Paſtorale de l'Archevêque de Paris,
& des différens Actes de ſerment faits en exécution
de l'Arrêt du 21 Février, & ayant pris des conclu
· ſions ſur le tout, le Parlement a rendu un Arrêt
par lequel il eſt enjoint aux ci-devant ſoi-diſant
Jéſuites, qui n'ont pas prêté ſerment dans le terme
M A I. 1764. , 2o5
preſcrit par l'Arrêt du 22 Février, de ſe retirer du
Royaume dans un mois , à compter du jour de la
publication du préſent Arrêt, tant dans cette Ville
| que dans les Bailliages & Sénéchauſſées du Reſ
ſort, ſauf a ceux qui par leur grand âge ou pour
cauſe d'infirmité ne pourroient ſatisfaire au pré
· ſent Arrêt, à préſenter leurs requêtes en la Cour,
tontes les Chambres aſſemblées, dans le ſuſdit dé
lai, pour être ſur leſdites requêtes & ſur les con
, cluſions du Procureur-Général du Roi ſtatué ce
qu'il appartiendra. Les Gens du Roi étant rentrés
en l'aſſemblée des Chambres, ont rendu compte
d'un Ecrit intitulé Adhéſion de Monſeigneur l'Evê
que d'Amiens a l'Inſtruction Paſtorale de Mon
ſeigneur l'Archevêque de Paris, & ont pris leurs
concluſions tendantes a ce que cet Ecrit fût lacéré
& brûlé : ſur quoi eſt intervenu Arrêt conforme
aux concluſions. -
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſo
lemnelle qu'on a coutume de faire tous les ans
en mémoire de la ré*uction de cette Capitale
ſous l'obédience de HENRY IV. Le Corps de
Ville aſſiſta , ſelon l'uſage, a cette Cérémonie,
La Société Royale de Londres reçut, le 13
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres,
le ſieur Ferdinand Berthoud, habile Horloger
de cette Capitale. Cet Artiſte fut choiſi l'année
dernière par l'Académie Royale des Sciences &
, envoyé a Londres par Sa Majeſté, pour aſſiſter,
- conjointement avec M le Camus, à l'examen
de l'Horloge de M. Harriſſon. Il eſt Auteur du
Livre de l'Art de régier les Pendules & les Mon
tres, de l'Eſſai ſur l'Horlogerie , & de pluſieurs
- ouvrages relatifs à ſon Art, qu'il a préſentés à
. l'Académie, entr'autres de trois différentes hor
: loges de Marine pour la découverte des longi2
tudes en mer,
Fermer
Résumé : De PARIS, le 2 Avril 1764.
Le document du 2 avril 1764 relate plusieurs décisions royales et événements parlementaires. Le roi Louis XV a établi des règlements pour l'École Royale de Chirurgie à Orléans et créé des postes de Colonel, Lieutenant-Colonel et Major dans le régiment des recrues de Paris, avec des salaires annuels respectifs de 3600, 2400 et 1800 livres. Les négociants de Grandville ont reçu l'autorisation de commercer directement avec les colonies françaises d'Amérique via leur port. La Société Royale de Londres a accueilli deux nouveaux membres : le sieur Camus et Ferdinand Berthoud, un horloger. Au Parlement, les Princes et Pairs ont discuté des remontrances concernant l'exil de l'Archevêque de Paris et ont pris des mesures contre les Jésuites. Ces derniers ont été contraints de prêter serment de ne plus vivre sous les constitutions de leur ordre et de ne pas correspondre avec leurs supérieurs. Les écrits jugés contraires à ces décisions ont été condamnés à être lacérés et brûlés. Le Parlement a également ordonné la distribution d'un procès-verbal de vérification des assertions contenues dans l'instruction pastorale de l'Archevêque de Paris et a pris des mesures contre les évêques ne résidant pas dans leur diocèse. Par ailleurs, le texte mentionne l'existence de l'Académie, qui comprend trois types distincts de loges de Marine. Ces loges sont spécifiquement dédiées à la découverte des longitudes en mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
64
p. 213
« Les Intéressés dans les Armemens pour la traite des Négres ou pour [...] »
Début :
Les Intéressés dans les Armemens pour la traite des Négres ou pour [...]
Mots clefs :
Armements, Traite des esclaves, Assurances, Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Intéressés dans les Armemens pour la traite des Négres ou pour [...] »
Les Intéreffés dans les Armemens pour la traite
des Négres ou pour tout autre Commerce , qui
defireront faire allurer les fonds qu'ils ont mis
dans le dites entreprifes , tant pour l'aller que pour
le retour , font avertis qu'une Compagnie de
Ville commerçantedu Royaume fe charge de faire
le dites allurances à des conditions très - avantageules.
On peut s'ad eller au fieur Bleuze , demeurant
à l'Hotel de la Prévôté , rue d'Argenteuil ,
qui communiquera auxdits Intérellés les conditions
& leur procurera les polices d'aſſurances .
des Négres ou pour tout autre Commerce , qui
defireront faire allurer les fonds qu'ils ont mis
dans le dites entreprifes , tant pour l'aller que pour
le retour , font avertis qu'une Compagnie de
Ville commerçantedu Royaume fe charge de faire
le dites allurances à des conditions très - avantageules.
On peut s'ad eller au fieur Bleuze , demeurant
à l'Hotel de la Prévôté , rue d'Argenteuil ,
qui communiquera auxdits Intérellés les conditions
& leur procurera les polices d'aſſurances .
Fermer
Résumé : « Les Intéressés dans les Armemens pour la traite des Négres ou pour [...] »
Une compagnie de commerce du Royaume propose de garantir les fonds investis dans la traite des Nègres et autres commerces. Cette garantie est offerte à des conditions avantageuses. Pour plus d'informations et souscription, contacter le sieur Bleuze à l'Hôtel de la Prévôté, rue d'Argenteuil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
65
p. 106-107
De LIVOURNE, le 20 Novembre.
Début :
La Foire franche & annuelle de Corail qui se tient dans cette saison pour la vente [...]
Mots clefs :
Livourne, Foire, Corail, Commerce, Peine, Dettes, Engagements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LIVOURNE, le 20 Novembre.
De LIVOURNE , le 20 Novembre.
LA Foire franche & annuelle de Corail
qui fe tient dans cette faifon pour la vente
de cette pêche , vient de fe renouveller avec
tant de fuccès qu'elle à produit cette année
100,000 fequins .
Le Grand-Duc , la Grande- Ducheffe & les
Archiducheffes font partis pour Pife , où ils
fe propofent de paffer l'hiver.
» Il a été publié un Edit qui défend aux Tribunaux
de prononcer la peine de prison pour dettes civiles ,
contre les débiteurs infolvables , & contre ceux que
la misère a jettés entre les mains de préteu s avides.
On n'excepte de cette faveur que les dépofiraires
infidèles , & les dettes contractées pour fait de
commerce. La raifon de ces deux exceptions eft
fentible . Dans le premier cas , le dol eft manifefte ,
& dans le fecond , la Jurifprudence univerfelle dụ
commerce , veut que le débiteur foit foumis à la
peine de la frifon. Or , fi entre deux pays qui ont
des rapports de commerce , l'un ne donnoit pas aux
créanciers de l'autre une sûreté égale à celle qu'il en
reçoit relativement aux engagemens des Commercans
, il s'établiroit nécellairement une ulure conti
nuelle contre celui des deux qui offriroit à l'autre
une moindre fécurité pour la tenue des engagemens « .
Le bruit court qu'au mois de Décembre
prochain l'Empereur fera un voyage dans
ce grand Duché , & que delà il ira à Rome
rendre fa vifite au Souverain Pontife.
29
Les Repréfentans de cette République en Dalmatie
& dans les Ifles du Levant , écrit- on de Venice ,
ont informé le Gouvernement , qu'il étoit preſqu'im
( 107 )
poffible d'obvier à l'émigration des habitans , qui
augmentoit tous les jours , & qui étoit déterminée
par la cherté des vivres , dont le prix n'eft pas
encore prêt à baiffer . Ces avis ajoutent que plufieurs
milliers de perfonnes , & même des familles entières ,
font allées s'établir fur le territoire de la maiton
d'Autriche , & même dans les Etats Ottomans «.
LA Foire franche & annuelle de Corail
qui fe tient dans cette faifon pour la vente
de cette pêche , vient de fe renouveller avec
tant de fuccès qu'elle à produit cette année
100,000 fequins .
Le Grand-Duc , la Grande- Ducheffe & les
Archiducheffes font partis pour Pife , où ils
fe propofent de paffer l'hiver.
» Il a été publié un Edit qui défend aux Tribunaux
de prononcer la peine de prison pour dettes civiles ,
contre les débiteurs infolvables , & contre ceux que
la misère a jettés entre les mains de préteu s avides.
On n'excepte de cette faveur que les dépofiraires
infidèles , & les dettes contractées pour fait de
commerce. La raifon de ces deux exceptions eft
fentible . Dans le premier cas , le dol eft manifefte ,
& dans le fecond , la Jurifprudence univerfelle dụ
commerce , veut que le débiteur foit foumis à la
peine de la frifon. Or , fi entre deux pays qui ont
des rapports de commerce , l'un ne donnoit pas aux
créanciers de l'autre une sûreté égale à celle qu'il en
reçoit relativement aux engagemens des Commercans
, il s'établiroit nécellairement une ulure conti
nuelle contre celui des deux qui offriroit à l'autre
une moindre fécurité pour la tenue des engagemens « .
Le bruit court qu'au mois de Décembre
prochain l'Empereur fera un voyage dans
ce grand Duché , & que delà il ira à Rome
rendre fa vifite au Souverain Pontife.
29
Les Repréfentans de cette République en Dalmatie
& dans les Ifles du Levant , écrit- on de Venice ,
ont informé le Gouvernement , qu'il étoit preſqu'im
( 107 )
poffible d'obvier à l'émigration des habitans , qui
augmentoit tous les jours , & qui étoit déterminée
par la cherté des vivres , dont le prix n'eft pas
encore prêt à baiffer . Ces avis ajoutent que plufieurs
milliers de perfonnes , & même des familles entières ,
font allées s'établir fur le territoire de la maiton
d'Autriche , & même dans les Etats Ottomans «.
Fermer
Résumé : De LIVOURNE, le 20 Novembre.
La foire annuelle du corail à Livourne a généré 100 000 sequins cette année. Le Grand-Duc, la Grande-Duchesse et les Archiduchesses ont quitté Livourne pour Pise afin d'y passer l'hiver. Un édit a été publié interdisant aux tribunaux de prononcer des peines de prison pour dettes civiles contre les débiteurs insolvables ou accablés par la misère, sauf pour les dépositaires infidèles et les dettes commerciales. Cette mesure vise à prévenir une injustice commerciale entre pays. L'Empereur pourrait visiter le grand-duché en décembre avant de se rendre à Rome. Les représentants de la République en Dalmatie et dans les îles du Levant signalent une émigration croissante due à la cherté des vivres, avec des milliers de personnes s'installant sur les territoires autrichiens ou ottomans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer