Titre et contenu

Titre:

PORTRAIT DE M. R.... Sous le nom d'Iphis.

Titre d'après la table:

Portrait de M. R.

Premiers mots: Quoique les traits du visage d'Iphis ne forment pas ce qu'on appelle un bel homme, [...] Mots clefs: Portrait, Iphis, Âme, Homme, Aimable, Beau, Goût, Qualités, Vertus, Amitié

Forme et genre

Langue: FrançaisForme: Prose
Type d'écrit journalistique: Fiction en prose
Genre littéraire: Portrait

Auteur et provenance du texte

Est rédigé par: Louise Tardieu d'Esclavelles marquise d' Épinay ? Genre de l'auteur: Indéterminé

Remarque

Ce texte est souvent attribué à Louise d'Épinay et beaucoup de commentateurs estiment que Jean-Jacques Rousseau est le modèle du portrait. Cependant, Ralph A. Leigh réfute cette hypothèse : « Ce portrait soulève deux problèmes essentiels : quel en est le sujet, et quel en est le peintre ? La plupart des rousseauistes sont d'accord pour y voir un portrait de JJ. Hippolyte Buffenoir y voyait le “portrait de Jean-Jacques, écrit à n'en pas douter par lui-même” (7, 1913, p. 10). Le bon Buffenoir croyait donc qu'en 1756 JJ aurait pu dire de lui-même qu'il avait “l'ame noble, généreuse, compatissante” etc. D'autres ont pensé que c'était un portrait de Rousseau fait par Mme d'Epinay (par exemple M. Guéhenno, 2, 1950, p.161, et la Pléiade ii. 1831). L'auteur de ce portrait pourrait bien être Mme d'Epinay ; mais le sujet en est-il bien JJ ? Quelques détails ont pu faire penser à lui : le “R” du titre, le fait que JJ avait composé à Chambéry un opéra intitulé Iphis, certaines précisions physiques qui concordent assez avec ce que l'on sait par ailleurs sur JJ. Mais à cela on pourra objecter que les “M. R...” ne manquaient pas plus alors qu'aujourd'hui, et que le nom d'Iphis se trouvant dans les Métamorphoses d'Ovide appartenait à qui voulait s'en emparer. Qui savait, du reste, que JJ avait composé, il y avait vingt ans, à Chambéry, un opéra sur ce sujet ? était-il si fier d'un texte aussi plat qu'il s'en était vanté ? N'oublions pas non plus que sous le nom d'Iphis La Bruyère avait donné le portrait d'un homme qui poussait la “propreté” et le soin de sa personne jusqu'à l'effémination (Les Caractères, XIII, De la Mode). Quant aux détails physiques, si certains conviennent à JJ, d'autres ne s'appliquent pas à lui du tout. Iphis était d'une taille “au-dessus de la moyenne” ? Mais JJ n'est que de taille moyenne, selon les uns : d'autres le disent même petit (voir au t.iii le No A126). Il se voûtait ? première nouvelle. Il jouissait d'une bonne constitution ? Le moribond perpétuel qu'était JJ aurait été furieux d'une telle calomnie. Il avait une “humeur toujours douce, toujours égale” ? Ce serait se moquer du monde que de décrire ainsi la disposition de JJ. Et qui, en 1756, avait pu observer Rousseau amoureux, ou déclarer qu'il était un “parfait amant” ? Pas Mme d'Epinay assurément, à moins que JJ ne nous ait trompé du tout au tout en ce qui concerne leurs relations. / Bref, je ne crois pas que ce soit JJ qui ait posé pour ce peintre : ou s'il l'a fait, on l'a étrangement idéalisé. C'est à Mlle de Scudéry qu'on pense en lisant ces lignes, bien plus qu'à La Bruyère, comme le voulait Buffenoir. Et l'auteur du portrait était presque certainement une femme plus qu'à demi amoureuse de son modèle. » (Jean-Jacques Rousseau, Correspondance complète, Ralph A. Leigh (éd.), Genève, Institut et Musée Voltaire ; Oxford, Voltaire Foundation, 1972-1998, no A170).

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Copie numérique :
1756, 07, vol. 1-2, 08-09