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p. 76-92
POÉSIES sacrées & Philosophiques, tirées des Livres Saints, par M. LE FRANC DE POMPIGNAN, nouvelle Edition considérablement augmentée & enrichie de gravures, volume in-4°. A Paris, de l'Imprimerie de Prault, quai de Gêvres.
Début :
C'EST en 1751 que parut la première édition de cet ouvrage. Tous les Journalistes [...]
Mots clefs :
Discours, Vertu, Ouvrage, Peuple, Honneur, Livres, Poésies, Prophéties, Cantiques
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texteReconnaissance textuelle : POÉSIES sacrées & Philosophiques, tirées des Livres Saints, par M. LE FRANC DE POMPIGNAN, nouvelle Edition considérablement augmentée & enrichie de gravures, volume in-4°. A Paris, de l'Imprimerie de Prault, quai de Gêvres.
POÉSIES facrées & Philofophiques ,
tirées des Livres Saints , par M. LE
FRANC DE POMPIGN AN
velle Edition confidérablement augmentée
& enrichie de gravures, volume
in-4° . A Paris de l'Imprimerie de
Prault , quai de Gévres.
,
C'EST en 1751 que parut la première
édition de cet ouvrage. Tous les Journaliſtes
en rendirent alors le compte le
plus avantageux ; & le Public fouvent
injufte quand il blâme , mais prèfque
toujours équitable quand il applaudit ,
reçut ces Poëfies facrées avec reconnoiffance.
En 1754 , Chaubert en donna une
feconde édition & celle que nous annonçons
eft la troifiéme. Le papier &
le caractère en font beaux ; les gravures
deffiuées par le célébre Cochin & exé-
1
OCTOBRE. 1763. 77
cutées par Prévôt font auffi ingénieufes
qu'agréables.
L'Auteur a fait beaucoup d'additions
à fon ouvrage , & nous avons lieu d'augurer
qu'elles obtiendront les éloges
des vrais Littérateurs , ainfi que les applaudiffemens
des âmes honnêtes, fenfibles
& vertueufès.
Après avoir luce Recueil fans partialité
( & jufqu'ici , nous n'imaginons
pas que l'on nous en foupçonne ) quelques
exemples choifis prefqu'au ha
zard juftifieront le jugement que nous
en portons , en renvoyant à l'Extrait
que le Mercure en donna en 1752 , pour
la partie de ce même Recueil qui parut
alors.
Cet ouvrage eft divifé en cinq livres.
Le premier renferme 19 Pieaumès , le
fecond 20 Cantiques , le troifiéme 7
Prophéties formant 18 Chapitres , le
quatriéme 16 Hymnes , & le cinquiéme
12 Difcours Philofophiques . Tout
cela eft terminé par l'examen qui fut
fait des premières éditions des Poëfies
facrées , & dont il a été rendu compte
en 1756.
Le Difcours Préliminaire est écrit
avec beaucoup de chaleur & d'agrément.
On y trouve des recherches , des
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
vues profondes , des difcuffions fçavantes
, mais parées de toutes les grâces de
la Littérature. Et ce qui eft affez rare
aujourd'hui dans un Auteur , celui - ci
parle toujours modeftement de luimême
& avec beaucoup d'éloges de
tous ceux qui ont parcouru la même
carrière avec quelques fuccès.
Si dans un ouvrage confacré à la
piété & à la religion , il s'éléve quelquefois
contre les incrédules s'il les
combat avec force , c'eft toujours en
ménageant les perfonnes , qu'il ne nomme
pas , qu'il fe garde même de défigner.
On fent qu'il voudroit les convaincre
, mais jamais les outrager.
L'Auteur fe flatte dans ce Difours
qu'on l'approuvera du moins d'avoir
imaginé des Poëmes Philofophiques
d'un caractère nouveau : » c'eft , dit- il ,
» un éffai fufceptible de perfection ,
» une route des plus ouvertes à la Poëfie
; nous avons aujourd'hui des Poë-
» tes Philofophes leurs vers valent
» mieux que les miens , j'en fuis per-
» fuadé ; mais la Philofophie de Salo-
» mon vaut certainement mieux que la
» leur , & c'eft celle- là que j'ai miſe
» en Vers. »
Mais entrons en matière ; il y a neuf
OCTOBRE. 1763 . 79
Pleaumes nouvellement traduits dans
cette édition . Le dernier eft fingulier
par la beauté & la variété des images ,
par le mêlange de douceur & l'élévation
qui y regne.
Dieu n'eft point,dit l'impie, il n'eft point, & la terre
Adore un étre nul par la peur encenſe ;
La peur forgea fon maître au feul bruit d'un tonnerre
Qu'il n'a jamais lancé .
À ce cri de révolte , à ce cri de démence
Dieu jette fur la terre un regard de douleur :
Il la parcourt , il cherche un refte de Prudence ;
Il ne trouve qu'erreur.
Il ne trouvé qu'ingrats armés contre leur père ;
Mais dans ces noirs accès d'un fiécle malheureux ,
Ce n'eft point la Raiſon , c'eſt le coeur qui profére
Ces blafphèmes affreux.
Telle eſt du'vice impur la puiffance empéllée ,
Des moeurs , de la vertu Dieu venge ainfi l'affront .
La doctrine à ſon tour eſt bientôt infectée
Quand le coeur fe corrompt.
Mépriſons , dira - t -il , les pleurs des Miférables ,
Perfécutons la veuve , opprimons l'orphelin ,
Et dans les maux publics prodiguons fur nos tables
Les pafums & le vin .
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
Le vice & la vertu font des noms arbitraires.
Le plaifir , l'intérêt , la force fait nos droits.
Laiffons aux malheureux , laiffons aux coeurs vul
gaires
Les autels & les loix.
Quand la mort l'a frappé , que refte - t - il de
l'homme ?
Notre esprit eft un fouffle , & le temps une fleur.
Que ce temps précieux dans les jeux fe confomme
Et mourons fans douleur.
Tu mourras en effet, mais non comme ru penfess
Ce fouffle prétendu furvit à ton trépas.
C'eſt une âme immortelle & leDieu des
Ne l'anéantit pas.
vengeances
Que de poëfie , de force , & de fublime
dans les Cantiques ! qu'on en juge
par le début & la fin du feiziéme . L'Auteur
ou plutôt le Prophéte Ezechiel
peint la magnificence & prédit la ruine
de Tyr.
O Tyr! ferois - tu fatisfaite ,
Toi qui difois à l'Univers :
Je ſuis d'une beauté parfaite ;
Mon trône eft bâti dans les mers?
Tes citoyens pour te conſtruire
Dans ta demeure ont fçu conduire
Les plus hauts cédres du Liban ,
OCTOBRE. 1763 . 81
Les fapins qu'Hernon nous préfente ,
Toutl'ivoire que l'Inde enfante ,
Et les vieux chênes de Bafun.
Après plufieurs Strophes confacrées à
décrire la richeffe & la magnificence
de cette Ville , l'Auteur continue ainfi.
Tyr! o trop fuperbe Reine,
Tes richeffes t'enfloient d'orgueil .
Des mers unique Souveraine
Tu ne redoutcis point l'écueil.
En vain l'orage te menace ,
Tes rameurs pleins de ton audace
Te ménent fur les grandes eaux,
Mais , ô confiance funefte !
Miniftres du courroux célefte
Les vents te brifent fur les flots.
Tes riches magafins , tes temples , tes portiques ,
Tes vaftes arénaux , tes palais magnifiques ,
Tes Prêtres , tes Soldats , les Docteurs de ta Lois
Tes tréfors , tes projets & tes grandeurs fi vaines
Et tes femmes hautaines
Dans les profondes mers tomberont avec toi.
En lifant cette dernière Strophe , ne
croit-on pas voir Tyr elle - même , s'écrouler
, fe perdre & s'abîmer dans les
flots ? & avec quel art l'Auteur nous
retrace en fix vers la ruine d'une ville.
D v
82 MERCURE DE FRANCE .
qu'il n'a bâtie pour ainfi dire que lentement
& à l'aide de près de quatre-vingt
vers ? M. de Pompignan femble fe furpaffer
encore dans les Prophéties. On en
pourra juger par quelques morceaux
de celle d'Ezechiel qui nous offre un
Tableau fi fidéle & fi frappant de la
réfurrection des morts.
Dans une trifte & vaſte plaine
La main du Seigneur m'a conduit ,
De nombreux offemens la campagne étoit pleine s
L'effroi me précéde & me ſuit.
Je parcours lentement cette affreuſe carrière
Et contemple en filence épars fur la pouffière ,
Ces reftes défléchés d'un peuple entier détruit .
Crois-tu , dit le Seigneur , homme à quije confie
Des fecrets qu'à toi ſeul ma bouche a réſervés ,
Que de leurs cendres relevés
Ces Morts retournent à la vie ?
C'eſt vous feul , ô mon Dieu ! vous feul qui le
fçavez.
Il dit , & je répéte à peine
Les oracles de fon pouvoir ,
Que j'entends partout dans la plaine
Ces os avec bruit fe mouvoir.
Dans leurs liens ils fe replacent
OCTOBRE . 1763 . 83
Leurs nerfs croiffent & s'entrelacent ,
Le fang inonde ſes canaux ,
La chair renaît & fe colore :
L'âme feule' manquoit encore
A ces habitans des tombeaux .
Mais le Seigneur fe firentendre ,
Et je m'écriai plein d'ardeur :
Elprit , hâtez-vous de deſcendre ,
Venez , Esprit réparateur ;
Soufflez des quatre Vents du Monde ,
Soufflez votre chaleur féconde
Sur ces corps prêts d'ouvrir les yeux.
Soudain le prodige s'achève ,
Et ce Peuple de morts ſé léve
Étonné de revoir les Cieux .
Les hymnes de M. de Pompignan
font abfolument à lui ; il y a pris tous
les ftyles afin d'entrer dans l'efprit de
tous les mystères . L'hymne de S. Louis
eft furtout intéreffante pour nous : on
n'ous y retrace en très-beaux vers les
traits les plus glorieux de la vie de ce
faint Roi
François , voici le jour de gloire ,
Le jour où les chants les plus doux
De l'Ayeol des Bourbons célébrent la mémoires
Coeurs François , applaudiffez tous.
D vj
MERCURE DE FRANCE.
Couvrons de fleurs & de feuillages
La demeure paible où Louis tient ſa Cour.
Nos ayeux y portoient les tributs de l'Amour
Portons ý des voeux , des hommages
Qui montentjufqu'à lui dans le divin féjour.
O Vincennes ! Palais champêtre ,
Tes bois antiques , tes vergers ,
Raffembloient autour de leur Maître
Les Grands , le Peuple , & les Bergers .
Quel éclat fur fon front ! quelle majefté fainte !
Qu'il fçavoit inſpirer de reſpect & de crainte
Lorsqu'il étoit aflis dans le Temple des Loix!
Qu'il donnoit de leçons & d'exemples aux Rois
Quand le glaive de fa juftice
Frappoit le faux honneur , le blafphême, & le vice,
Et du Trône infulté vengeoit les juſtes droits.
O miracle , ô Vertu ! Louis eft dans les chaînes
Et fes Vainqueurs fon à fes pieds.
On ne peut s'empêcher de citer la
dernière Strophe . C'eft expreffion des
fentimens & des voeux de tous les bons
François.
Que Louis en ce jour dans la gloire immortelle
De fon Peuple chéri reconnoille la voix,
OCTOBRE. 1763. 84
Qu'il foit de les Enfans à jamais le modéle ;
Et que du haut des Cieux il régne avec nos Rois :
Nous voilà , enfin , parvenus aux difcours
Philofophiques ; ils compofent le
3. Livre où tout eft frappant , le ftyle ,
l'arrangement , les Sujets , la Morale.
Les anciens Philofophes , dit Minutius
Felix , ont puifé la vérité dans les
Prophéties qu'ils ont altérées .
Malheur à moi , ajoute M. de Pompi
guan. » Malheur à ces difcours , s'ils
» étoient dans le même cas ; mais j'ofe
» croire qu'ils font à l'abri de toute
imputation de cette nature . Je dois
feulement prévenir le Lecteur qu'ils
» n'ont pas été travaillés dans le même
» ordre , ni fur le même plan que les
» Pleaumes , les Cantiques & les Pro-
" phéties. Là , je traduis fidélement
» ou j'imite avec exactitude l'original ;
» ici j'accommode le Texte aux Sujets
» que j'ai choifis , fujets tirés néan-
» moins des mêmes livres qui m'ont
» fourni les matériaux de l'ouvrage.
Pour cela j'ai pris dans différens cha-
» pitres tous les verfets relatifs au même
» objet ; je les ai liés enfemble ; j'en
» ai développé le fens & les preuves ,
» je leur ai donné une jufte étendue ;
86 MERCURE DE FRANCE .
» & j'en ai compofé des difcours déta-
» chés & indépendans l'un de l'autre .
» C'est la forme que j'ai obfervée à l'é-
» gard des Proverbes , parce que les
» matières y femblent mêlées & con-
» fondues . Ce Livre eft un tréfor de
» penſées .
Les bornes que nous fommes obligés
de nous préfcrire dans cet Extrait nous
empêchent de rendre un compte détaillé
de chacun de ces difcours ; nous
n'en rapporterons que quelques Morceaux
qui mettront le Lecteur à portée
de juger des autres .
La Sageffe eft le bras , l'oeil & l'âme des Rois .
A fes enfeignemens s'ils conforment leurs loix ,
Si par eux la Juſtice eft toujours révérée ,
Ils font puiffans , chéris , leur mémoire eft facrée.
Un infenfé qui règne eſt un monſtre cruel ;
Un Sage fur le Trône eſt un préſent du Ciel.
Le fecond difcours eft terminé par ces
Vers.
L'homme a dans fes devoirs l'objet de tous fes
voeux ;
Plus il leur eſt fidéle & plus il eſt heureux :
La vertu fut toujours la volupté fuprême.
Interroge le vice , il re dira lui-même
OCTOBRE. 1763. 87
Qu'il connut le plaifir , mais jamais le bonheur :
Il n'en eft point , mon fils , pour qui vit fans
honneur.
La Peinture du riche , dans le troifiéme
difcours mérite auffi d'être rapportée .
Le riche eft le jouet de fa propre fortune ;
C'eſt un tyran cruel dont le joug l'importune.
Tourmenté de defirs , de befoin déchiré ,
De rivaux , de jaloux , d'ennemis entouré ,
Ses biens font au pillage , & fes jours à l'enchère :
Son bonheur eft plus trifte encor que la mifère.
Lui-même il fe déchire & devient tour-à -tour
De fon coeur inquiet , la proie & le vautour.
Plein de fes pathons il ne connoît , il n'aime ,
Que les goûts , fes plaiſirs , la fortune & luimême.
Pofféder , acquérir , c'eſt ſa vertu , ſon art ;
Il fait de les trésors fon Temple & fon rempart.
C'eſt un mur qui l'entoure , où malgré ſon au❤
dace
Le fouffle des revers l'aceable & le terraffe.
Dans le quatriéme difcours qui eft
l'éloge de la vie laborieufe & champêtre,
88 MERCURE DE FRANCE.
de l'Economie , & de la Femme-forl'Auteur
débute ainfi :
te •
Heureux qui de fes mains cultive les fillons ;
Où fon champêtre ayeul planta fes pavillons ,
Qui demande à la terre un tribut légitime ,
Pour nourrir les mortels l'épuife & la ranime ,
Et par l'utile effort d'un foin toujours nouveau
En devient l'Econome , & non pas le fardeau !
•
On ne fera peut -être pas faché de
voir auffi le Portrait de la femme-forte.
Que pour d'autres le marbre entaſſé juſqu'aux
Cieux ,
Apprenne à l'Univers leurs titres glorieux ;
L'Artifan fecouru , la pauvreté bannie ,
Ses ferviteurs heureux , & fa famille unie ,
Des fils dont elle-même a formé la Raiſon ,
C'eſt dans ces monumens qu'elle aime à voir fon
nom :
C'eſt là qu'il ſe conſerve & qu'honoré des Sages
Il triomphe à la fois de l'envie & des âges.
O! crainte du Seigneur , tu régles tous fes pas
Tu repands fes tréfors , tu défens ſes appas
Le monde rend hommage à fa conduite auftére ,
Tout corrompu qu'il eft , c'eft un Juge févére ,
Qui dételte & méprife en dépit des flatteurs,
Les biens fans la vertu , la beauté fans les moeurs
OCTOBRE. 1763 . 89
Le cinquiéme difcours
lomnie , commence ainfi .
Aimer tous les humains d'une charité
fur la Capure
C'eft la Loi du Seigneur , le voeu de la Nature ,
Quelle douceur dans les vers qui terminent
ce difcours !
N'eft- il pas même encor des deferts & des bois ;
Où de la Calomnie on n'entend pas la voix ?
Fuyons avec l'honneur , fuyons dans cet aſyle ;
Oublions loin du monde , en ce féjour tranquile
Tout perfide ennemi , tout indigne rival.
Sur-tout ne diſons point : je lui rendrai le mal.
S'il a faim , que nos mets largement le nour
riffent ;
S'il a foif, que nos eaux foudain le rafraîchiſſent.
Nos foins & nos bienfaits , nos dans fur lui
verfés ,
Sont des charbons de feu fur la tête amaflés.
O Mortel ! c'est ainsi que la vertu ſe venge.
Les coeurs font à Dieu feul , c'eſt lui ſeul qui les
change.
Des bons & des méchans lui feul peut ordonner.
C'eſt à Dieu de punir , à nous de pardonner.
A la page 418 , ligne 7 , il s'eft gliffé
une faute d'impreffion :
Et que feroit-ce encor fi des faits diffamansa
Lifez traits diffamans.
go MERCURE DE FRANCE.
Le difcours fur les devoirs des Rois
& des Sujets , eft plein de force , d'éloquence
& d'agrémens.
Le pouvoir paternel , l'autorité fuprême
Sont des droits émanés du Créateur lui - même.
Dieu für la même tête unit leur double loi ;
Qui fit le premier père , a fait le premier Roi.
Le premier qui du Sceptre exerca la puiſſance ,
N'avoit que fes enfans fous fon obéiffance .
Les enfans à leur tour , dans ce Chef révéré ,
Obéiffoient à Dieu qui l'avoit confacré .
Dans ces noeuds que forma la fageffe divine ,
Du vrai Gouvernement nous trouvons l'origine ;
Sur l'intérêt commun fes titres font fondés.
Vous que régit un Maître & vous qui comman
dez ,
Confervez à jamais de fi doux caractères ;
Rois , voilà vos enfans ; Sujets , voilà vos pères.
Que n'exigeons-nous pas , impérieux Sujets :
Des talens , des vertus , & même des ſuccès ?
Vous dont le coeur eft droit , l'âme tranquille &
faine ,
Parcourez les devoirs de cette vie humaine ,
Obfervez bien les Rois , & vous direz : hélas !
Trop heureux qui fçait l'être , heureux qui ne
l'eft pas .
OCTOBRE. 1763 .
Le feptiéme difcours renferme les deux
premiersChapitres de l'Eccléfiafte . L'Auteur
parcourt tous les âges, toutes les conditions
, & c. il en fait la peinture la plus
vraie , la plus agréable , & conclut avec
le Sage que tout n'eft que vanité.
Depuis que ces objets affiégent mes efprits
Que la vie à mes yeux a pèrdu de fon prix !
Elle m'eft importune , & fon fardeau m'accable.
Ne la furchargeons plus d'un travail milérable.
C'eſt le fort d'un Pécheur d'augmenter fes befoins
,
D'abandonner fon âme à d'inutiles foins ,
De pofféder fans goût , d'acquérir fans meſure.
Savourons fobrement les dons de la Nature ;
Ils viennent de Dieu même , ils font pour les humains
:
Enjouir fans abus c'eft remplir fes deffeins .
L'art de fe modérer naît de l'expérience.
Aux Mortels qu'il chérit Dieu donne la ſcience ,
La fageffe , la paix , & les loisirs heureux ;
Le reste eft fuperflus , s'il n'eſt pas dangereux .
Dans les cinq derniers difcours l'Auteur
fuit le plan de l'Eccléfiafte , &
garde l'ordre des Chapitres. Ils font
dignes des fept premiers. Les différens
morceaux que nous venons de rapporter
nous ont paru propres à faire con- .
92 MERCURE DE FRANCE.
noître le mérite des Poëfies facrées ; &,
l'on ne peut être foupçonné de vouloir
en impofer au Public , quand on met
fous fes yeux dequoi juftifier le jugement
qu'on porte de l'Ouvrage entier
d'un Citoyen qui a toujours fait autant
d'honneur aux Lettres par l'éclat & le
fuccès avec lequel il les a cultivées, que
par la manière diftinguée dont il a rempli
une des premières Places de la Magiftrature.
tirées des Livres Saints , par M. LE
FRANC DE POMPIGN AN
velle Edition confidérablement augmentée
& enrichie de gravures, volume
in-4° . A Paris de l'Imprimerie de
Prault , quai de Gévres.
,
C'EST en 1751 que parut la première
édition de cet ouvrage. Tous les Journaliſtes
en rendirent alors le compte le
plus avantageux ; & le Public fouvent
injufte quand il blâme , mais prèfque
toujours équitable quand il applaudit ,
reçut ces Poëfies facrées avec reconnoiffance.
En 1754 , Chaubert en donna une
feconde édition & celle que nous annonçons
eft la troifiéme. Le papier &
le caractère en font beaux ; les gravures
deffiuées par le célébre Cochin & exé-
1
OCTOBRE. 1763. 77
cutées par Prévôt font auffi ingénieufes
qu'agréables.
L'Auteur a fait beaucoup d'additions
à fon ouvrage , & nous avons lieu d'augurer
qu'elles obtiendront les éloges
des vrais Littérateurs , ainfi que les applaudiffemens
des âmes honnêtes, fenfibles
& vertueufès.
Après avoir luce Recueil fans partialité
( & jufqu'ici , nous n'imaginons
pas que l'on nous en foupçonne ) quelques
exemples choifis prefqu'au ha
zard juftifieront le jugement que nous
en portons , en renvoyant à l'Extrait
que le Mercure en donna en 1752 , pour
la partie de ce même Recueil qui parut
alors.
Cet ouvrage eft divifé en cinq livres.
Le premier renferme 19 Pieaumès , le
fecond 20 Cantiques , le troifiéme 7
Prophéties formant 18 Chapitres , le
quatriéme 16 Hymnes , & le cinquiéme
12 Difcours Philofophiques . Tout
cela eft terminé par l'examen qui fut
fait des premières éditions des Poëfies
facrées , & dont il a été rendu compte
en 1756.
Le Difcours Préliminaire est écrit
avec beaucoup de chaleur & d'agrément.
On y trouve des recherches , des
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
vues profondes , des difcuffions fçavantes
, mais parées de toutes les grâces de
la Littérature. Et ce qui eft affez rare
aujourd'hui dans un Auteur , celui - ci
parle toujours modeftement de luimême
& avec beaucoup d'éloges de
tous ceux qui ont parcouru la même
carrière avec quelques fuccès.
Si dans un ouvrage confacré à la
piété & à la religion , il s'éléve quelquefois
contre les incrédules s'il les
combat avec force , c'eft toujours en
ménageant les perfonnes , qu'il ne nomme
pas , qu'il fe garde même de défigner.
On fent qu'il voudroit les convaincre
, mais jamais les outrager.
L'Auteur fe flatte dans ce Difours
qu'on l'approuvera du moins d'avoir
imaginé des Poëmes Philofophiques
d'un caractère nouveau : » c'eft , dit- il ,
» un éffai fufceptible de perfection ,
» une route des plus ouvertes à la Poëfie
; nous avons aujourd'hui des Poë-
» tes Philofophes leurs vers valent
» mieux que les miens , j'en fuis per-
» fuadé ; mais la Philofophie de Salo-
» mon vaut certainement mieux que la
» leur , & c'eft celle- là que j'ai miſe
» en Vers. »
Mais entrons en matière ; il y a neuf
OCTOBRE. 1763 . 79
Pleaumes nouvellement traduits dans
cette édition . Le dernier eft fingulier
par la beauté & la variété des images ,
par le mêlange de douceur & l'élévation
qui y regne.
Dieu n'eft point,dit l'impie, il n'eft point, & la terre
Adore un étre nul par la peur encenſe ;
La peur forgea fon maître au feul bruit d'un tonnerre
Qu'il n'a jamais lancé .
À ce cri de révolte , à ce cri de démence
Dieu jette fur la terre un regard de douleur :
Il la parcourt , il cherche un refte de Prudence ;
Il ne trouve qu'erreur.
Il ne trouvé qu'ingrats armés contre leur père ;
Mais dans ces noirs accès d'un fiécle malheureux ,
Ce n'eft point la Raiſon , c'eſt le coeur qui profére
Ces blafphèmes affreux.
Telle eſt du'vice impur la puiffance empéllée ,
Des moeurs , de la vertu Dieu venge ainfi l'affront .
La doctrine à ſon tour eſt bientôt infectée
Quand le coeur fe corrompt.
Mépriſons , dira - t -il , les pleurs des Miférables ,
Perfécutons la veuve , opprimons l'orphelin ,
Et dans les maux publics prodiguons fur nos tables
Les pafums & le vin .
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
Le vice & la vertu font des noms arbitraires.
Le plaifir , l'intérêt , la force fait nos droits.
Laiffons aux malheureux , laiffons aux coeurs vul
gaires
Les autels & les loix.
Quand la mort l'a frappé , que refte - t - il de
l'homme ?
Notre esprit eft un fouffle , & le temps une fleur.
Que ce temps précieux dans les jeux fe confomme
Et mourons fans douleur.
Tu mourras en effet, mais non comme ru penfess
Ce fouffle prétendu furvit à ton trépas.
C'eſt une âme immortelle & leDieu des
Ne l'anéantit pas.
vengeances
Que de poëfie , de force , & de fublime
dans les Cantiques ! qu'on en juge
par le début & la fin du feiziéme . L'Auteur
ou plutôt le Prophéte Ezechiel
peint la magnificence & prédit la ruine
de Tyr.
O Tyr! ferois - tu fatisfaite ,
Toi qui difois à l'Univers :
Je ſuis d'une beauté parfaite ;
Mon trône eft bâti dans les mers?
Tes citoyens pour te conſtruire
Dans ta demeure ont fçu conduire
Les plus hauts cédres du Liban ,
OCTOBRE. 1763 . 81
Les fapins qu'Hernon nous préfente ,
Toutl'ivoire que l'Inde enfante ,
Et les vieux chênes de Bafun.
Après plufieurs Strophes confacrées à
décrire la richeffe & la magnificence
de cette Ville , l'Auteur continue ainfi.
Tyr! o trop fuperbe Reine,
Tes richeffes t'enfloient d'orgueil .
Des mers unique Souveraine
Tu ne redoutcis point l'écueil.
En vain l'orage te menace ,
Tes rameurs pleins de ton audace
Te ménent fur les grandes eaux,
Mais , ô confiance funefte !
Miniftres du courroux célefte
Les vents te brifent fur les flots.
Tes riches magafins , tes temples , tes portiques ,
Tes vaftes arénaux , tes palais magnifiques ,
Tes Prêtres , tes Soldats , les Docteurs de ta Lois
Tes tréfors , tes projets & tes grandeurs fi vaines
Et tes femmes hautaines
Dans les profondes mers tomberont avec toi.
En lifant cette dernière Strophe , ne
croit-on pas voir Tyr elle - même , s'écrouler
, fe perdre & s'abîmer dans les
flots ? & avec quel art l'Auteur nous
retrace en fix vers la ruine d'une ville.
D v
82 MERCURE DE FRANCE .
qu'il n'a bâtie pour ainfi dire que lentement
& à l'aide de près de quatre-vingt
vers ? M. de Pompignan femble fe furpaffer
encore dans les Prophéties. On en
pourra juger par quelques morceaux
de celle d'Ezechiel qui nous offre un
Tableau fi fidéle & fi frappant de la
réfurrection des morts.
Dans une trifte & vaſte plaine
La main du Seigneur m'a conduit ,
De nombreux offemens la campagne étoit pleine s
L'effroi me précéde & me ſuit.
Je parcours lentement cette affreuſe carrière
Et contemple en filence épars fur la pouffière ,
Ces reftes défléchés d'un peuple entier détruit .
Crois-tu , dit le Seigneur , homme à quije confie
Des fecrets qu'à toi ſeul ma bouche a réſervés ,
Que de leurs cendres relevés
Ces Morts retournent à la vie ?
C'eſt vous feul , ô mon Dieu ! vous feul qui le
fçavez.
Il dit , & je répéte à peine
Les oracles de fon pouvoir ,
Que j'entends partout dans la plaine
Ces os avec bruit fe mouvoir.
Dans leurs liens ils fe replacent
OCTOBRE . 1763 . 83
Leurs nerfs croiffent & s'entrelacent ,
Le fang inonde ſes canaux ,
La chair renaît & fe colore :
L'âme feule' manquoit encore
A ces habitans des tombeaux .
Mais le Seigneur fe firentendre ,
Et je m'écriai plein d'ardeur :
Elprit , hâtez-vous de deſcendre ,
Venez , Esprit réparateur ;
Soufflez des quatre Vents du Monde ,
Soufflez votre chaleur féconde
Sur ces corps prêts d'ouvrir les yeux.
Soudain le prodige s'achève ,
Et ce Peuple de morts ſé léve
Étonné de revoir les Cieux .
Les hymnes de M. de Pompignan
font abfolument à lui ; il y a pris tous
les ftyles afin d'entrer dans l'efprit de
tous les mystères . L'hymne de S. Louis
eft furtout intéreffante pour nous : on
n'ous y retrace en très-beaux vers les
traits les plus glorieux de la vie de ce
faint Roi
François , voici le jour de gloire ,
Le jour où les chants les plus doux
De l'Ayeol des Bourbons célébrent la mémoires
Coeurs François , applaudiffez tous.
D vj
MERCURE DE FRANCE.
Couvrons de fleurs & de feuillages
La demeure paible où Louis tient ſa Cour.
Nos ayeux y portoient les tributs de l'Amour
Portons ý des voeux , des hommages
Qui montentjufqu'à lui dans le divin féjour.
O Vincennes ! Palais champêtre ,
Tes bois antiques , tes vergers ,
Raffembloient autour de leur Maître
Les Grands , le Peuple , & les Bergers .
Quel éclat fur fon front ! quelle majefté fainte !
Qu'il fçavoit inſpirer de reſpect & de crainte
Lorsqu'il étoit aflis dans le Temple des Loix!
Qu'il donnoit de leçons & d'exemples aux Rois
Quand le glaive de fa juftice
Frappoit le faux honneur , le blafphême, & le vice,
Et du Trône infulté vengeoit les juſtes droits.
O miracle , ô Vertu ! Louis eft dans les chaînes
Et fes Vainqueurs fon à fes pieds.
On ne peut s'empêcher de citer la
dernière Strophe . C'eft expreffion des
fentimens & des voeux de tous les bons
François.
Que Louis en ce jour dans la gloire immortelle
De fon Peuple chéri reconnoille la voix,
OCTOBRE. 1763. 84
Qu'il foit de les Enfans à jamais le modéle ;
Et que du haut des Cieux il régne avec nos Rois :
Nous voilà , enfin , parvenus aux difcours
Philofophiques ; ils compofent le
3. Livre où tout eft frappant , le ftyle ,
l'arrangement , les Sujets , la Morale.
Les anciens Philofophes , dit Minutius
Felix , ont puifé la vérité dans les
Prophéties qu'ils ont altérées .
Malheur à moi , ajoute M. de Pompi
guan. » Malheur à ces difcours , s'ils
» étoient dans le même cas ; mais j'ofe
» croire qu'ils font à l'abri de toute
imputation de cette nature . Je dois
feulement prévenir le Lecteur qu'ils
» n'ont pas été travaillés dans le même
» ordre , ni fur le même plan que les
» Pleaumes , les Cantiques & les Pro-
" phéties. Là , je traduis fidélement
» ou j'imite avec exactitude l'original ;
» ici j'accommode le Texte aux Sujets
» que j'ai choifis , fujets tirés néan-
» moins des mêmes livres qui m'ont
» fourni les matériaux de l'ouvrage.
Pour cela j'ai pris dans différens cha-
» pitres tous les verfets relatifs au même
» objet ; je les ai liés enfemble ; j'en
» ai développé le fens & les preuves ,
» je leur ai donné une jufte étendue ;
86 MERCURE DE FRANCE .
» & j'en ai compofé des difcours déta-
» chés & indépendans l'un de l'autre .
» C'est la forme que j'ai obfervée à l'é-
» gard des Proverbes , parce que les
» matières y femblent mêlées & con-
» fondues . Ce Livre eft un tréfor de
» penſées .
Les bornes que nous fommes obligés
de nous préfcrire dans cet Extrait nous
empêchent de rendre un compte détaillé
de chacun de ces difcours ; nous
n'en rapporterons que quelques Morceaux
qui mettront le Lecteur à portée
de juger des autres .
La Sageffe eft le bras , l'oeil & l'âme des Rois .
A fes enfeignemens s'ils conforment leurs loix ,
Si par eux la Juſtice eft toujours révérée ,
Ils font puiffans , chéris , leur mémoire eft facrée.
Un infenfé qui règne eſt un monſtre cruel ;
Un Sage fur le Trône eſt un préſent du Ciel.
Le fecond difcours eft terminé par ces
Vers.
L'homme a dans fes devoirs l'objet de tous fes
voeux ;
Plus il leur eſt fidéle & plus il eſt heureux :
La vertu fut toujours la volupté fuprême.
Interroge le vice , il re dira lui-même
OCTOBRE. 1763. 87
Qu'il connut le plaifir , mais jamais le bonheur :
Il n'en eft point , mon fils , pour qui vit fans
honneur.
La Peinture du riche , dans le troifiéme
difcours mérite auffi d'être rapportée .
Le riche eft le jouet de fa propre fortune ;
C'eſt un tyran cruel dont le joug l'importune.
Tourmenté de defirs , de befoin déchiré ,
De rivaux , de jaloux , d'ennemis entouré ,
Ses biens font au pillage , & fes jours à l'enchère :
Son bonheur eft plus trifte encor que la mifère.
Lui-même il fe déchire & devient tour-à -tour
De fon coeur inquiet , la proie & le vautour.
Plein de fes pathons il ne connoît , il n'aime ,
Que les goûts , fes plaiſirs , la fortune & luimême.
Pofféder , acquérir , c'eſt ſa vertu , ſon art ;
Il fait de les trésors fon Temple & fon rempart.
C'eſt un mur qui l'entoure , où malgré ſon au❤
dace
Le fouffle des revers l'aceable & le terraffe.
Dans le quatriéme difcours qui eft
l'éloge de la vie laborieufe & champêtre,
88 MERCURE DE FRANCE.
de l'Economie , & de la Femme-forl'Auteur
débute ainfi :
te •
Heureux qui de fes mains cultive les fillons ;
Où fon champêtre ayeul planta fes pavillons ,
Qui demande à la terre un tribut légitime ,
Pour nourrir les mortels l'épuife & la ranime ,
Et par l'utile effort d'un foin toujours nouveau
En devient l'Econome , & non pas le fardeau !
•
On ne fera peut -être pas faché de
voir auffi le Portrait de la femme-forte.
Que pour d'autres le marbre entaſſé juſqu'aux
Cieux ,
Apprenne à l'Univers leurs titres glorieux ;
L'Artifan fecouru , la pauvreté bannie ,
Ses ferviteurs heureux , & fa famille unie ,
Des fils dont elle-même a formé la Raiſon ,
C'eſt dans ces monumens qu'elle aime à voir fon
nom :
C'eſt là qu'il ſe conſerve & qu'honoré des Sages
Il triomphe à la fois de l'envie & des âges.
O! crainte du Seigneur , tu régles tous fes pas
Tu repands fes tréfors , tu défens ſes appas
Le monde rend hommage à fa conduite auftére ,
Tout corrompu qu'il eft , c'eft un Juge févére ,
Qui dételte & méprife en dépit des flatteurs,
Les biens fans la vertu , la beauté fans les moeurs
OCTOBRE. 1763 . 89
Le cinquiéme difcours
lomnie , commence ainfi .
Aimer tous les humains d'une charité
fur la Capure
C'eft la Loi du Seigneur , le voeu de la Nature ,
Quelle douceur dans les vers qui terminent
ce difcours !
N'eft- il pas même encor des deferts & des bois ;
Où de la Calomnie on n'entend pas la voix ?
Fuyons avec l'honneur , fuyons dans cet aſyle ;
Oublions loin du monde , en ce féjour tranquile
Tout perfide ennemi , tout indigne rival.
Sur-tout ne diſons point : je lui rendrai le mal.
S'il a faim , que nos mets largement le nour
riffent ;
S'il a foif, que nos eaux foudain le rafraîchiſſent.
Nos foins & nos bienfaits , nos dans fur lui
verfés ,
Sont des charbons de feu fur la tête amaflés.
O Mortel ! c'est ainsi que la vertu ſe venge.
Les coeurs font à Dieu feul , c'eſt lui ſeul qui les
change.
Des bons & des méchans lui feul peut ordonner.
C'eſt à Dieu de punir , à nous de pardonner.
A la page 418 , ligne 7 , il s'eft gliffé
une faute d'impreffion :
Et que feroit-ce encor fi des faits diffamansa
Lifez traits diffamans.
go MERCURE DE FRANCE.
Le difcours fur les devoirs des Rois
& des Sujets , eft plein de force , d'éloquence
& d'agrémens.
Le pouvoir paternel , l'autorité fuprême
Sont des droits émanés du Créateur lui - même.
Dieu für la même tête unit leur double loi ;
Qui fit le premier père , a fait le premier Roi.
Le premier qui du Sceptre exerca la puiſſance ,
N'avoit que fes enfans fous fon obéiffance .
Les enfans à leur tour , dans ce Chef révéré ,
Obéiffoient à Dieu qui l'avoit confacré .
Dans ces noeuds que forma la fageffe divine ,
Du vrai Gouvernement nous trouvons l'origine ;
Sur l'intérêt commun fes titres font fondés.
Vous que régit un Maître & vous qui comman
dez ,
Confervez à jamais de fi doux caractères ;
Rois , voilà vos enfans ; Sujets , voilà vos pères.
Que n'exigeons-nous pas , impérieux Sujets :
Des talens , des vertus , & même des ſuccès ?
Vous dont le coeur eft droit , l'âme tranquille &
faine ,
Parcourez les devoirs de cette vie humaine ,
Obfervez bien les Rois , & vous direz : hélas !
Trop heureux qui fçait l'être , heureux qui ne
l'eft pas .
OCTOBRE. 1763 .
Le feptiéme difcours renferme les deux
premiersChapitres de l'Eccléfiafte . L'Auteur
parcourt tous les âges, toutes les conditions
, & c. il en fait la peinture la plus
vraie , la plus agréable , & conclut avec
le Sage que tout n'eft que vanité.
Depuis que ces objets affiégent mes efprits
Que la vie à mes yeux a pèrdu de fon prix !
Elle m'eft importune , & fon fardeau m'accable.
Ne la furchargeons plus d'un travail milérable.
C'eſt le fort d'un Pécheur d'augmenter fes befoins
,
D'abandonner fon âme à d'inutiles foins ,
De pofféder fans goût , d'acquérir fans meſure.
Savourons fobrement les dons de la Nature ;
Ils viennent de Dieu même , ils font pour les humains
:
Enjouir fans abus c'eft remplir fes deffeins .
L'art de fe modérer naît de l'expérience.
Aux Mortels qu'il chérit Dieu donne la ſcience ,
La fageffe , la paix , & les loisirs heureux ;
Le reste eft fuperflus , s'il n'eſt pas dangereux .
Dans les cinq derniers difcours l'Auteur
fuit le plan de l'Eccléfiafte , &
garde l'ordre des Chapitres. Ils font
dignes des fept premiers. Les différens
morceaux que nous venons de rapporter
nous ont paru propres à faire con- .
92 MERCURE DE FRANCE.
noître le mérite des Poëfies facrées ; &,
l'on ne peut être foupçonné de vouloir
en impofer au Public , quand on met
fous fes yeux dequoi juftifier le jugement
qu'on porte de l'Ouvrage entier
d'un Citoyen qui a toujours fait autant
d'honneur aux Lettres par l'éclat & le
fuccès avec lequel il les a cultivées, que
par la manière diftinguée dont il a rempli
une des premières Places de la Magiftrature.
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Résumé : POÉSIES sacrées & Philosophiques, tirées des Livres Saints, par M. LE FRANC DE POMPIGNAN, nouvelle Edition considérablement augmentée & enrichie de gravures, volume in-4°. A Paris, de l'Imprimerie de Prault, quai de Gêvres.
L'ouvrage 'Poésies sacrées & Philosophiques' de M. Le Franc de Pompignan a été publié pour la première fois en 1751 et a rapidement rencontré un grand succès. Une deuxième édition est parue en 1754, suivie d'une troisième en 1763, enrichie de gravures et de nouveaux poèmes. L'œuvre est organisée en cinq livres : Psaumes, Cantiques, Prophéties, Hymnes et Discours Philosophiques. Le Discours Préliminaire est particulièrement remarqué pour sa profondeur et sa modestie. L'auteur y combat l'incrédulité sans désigner explicitement ses opposants et introduit des poèmes philosophiques innovants, affirmant la supériorité de la philosophie de Salomon. Les Cantiques contiennent des descriptions poétiques de la ruine de Tyr, inspirées par le livre d'Ézéchiel. Les Hymnes rendent hommage à des figures telles que Saint Louis. Les Discours Philosophiques sont salués pour leur style et leur moralité, explorant des thèmes comme la sagesse des rois, la vertu et la condition des riches. Les réflexions morales abordent divers sujets, incluant l'égoïsme, la vie laborieuse, la charité, les devoirs royaux et la vanité de la vie. En 1756, un examen des premières éditions des Poésies sacrées a été publié, complétant ainsi l'œuvre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 92-99
ABRÉGÉ Chronologique de l'Histoire de France de M. le Président HÉNAULT.
Début :
ON vient de traduire en Anglois cet excellent Ouvrage ; c'est un honneur [...]
Mots clefs :
Histoire, Ouvrage, Président, Abrégé, Préface, Traducteur, Détails
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ABRÉGÉ Chronologique de l'Histoire de France de M. le Président HÉNAULT.
ABRÉGÉ Chronologique de l'Hiftoire de
France de M. le Préſident HÉN AULT.
O N vient de traduire en Anglois cet
excellent Ouvrage ; c'eft un honneur
qui lui a été déja rendu en plufieurs
Langues , fans compter la filiation de
toutes les Hiftoires de l'Europe qui ont
fuivi dans le même format & dont
les Auteurs lui ont tous reporté l'hommage.
Le Traducteur Anglois a fait une
Préface , dont voici la traduction : on
la lira avec plaifir.
OCTOBRE. 1763. 93
PRÉFACE que le Traducteur Anglois
a mife à la tête de l'Ouvrage
de M. le Préfident HENAULT.
Cet Ouvrage différe beaucoup de
tous les autres abrégés chronologiques ,
qui , deſtinés principalement à éxercer
la mémoire des enfans , ne contiennent
guères que les dates des Naiffances , des
Mariages , des Batailles & des Morts ;
le Préfident Hénault a pris un plan plus
étendu ; non-feulement fon Abrégé eft
utile à ceux qui ne cherchent que les
dates & la fucceffion des événemens
ordinaires , mais encore il indique la
fondation & les progrès de la Monarchie
Françoife , les différentes révolutions
qu'elle a éprouvées dans la forme de
fon Gouvernement , les maximes fondamentales
de l'Etat , la véritable fource
du Droit pubic des François , l'origine
des Ufages & des Coûtumes , la création
& les différens changemens des
Charges de la Couronne , l'établiffement
des différentes Cours de Juſtice ,
la fucceffion des premiers Magiftrats ,
avec les noms des Miniftres , Capitaines
& Gens de Lettres qui fe font rendus
illuftres dans ce Royaume.
94 MERCURE DE FRANCE.
Tel eft le Plan du Préfident Hénault ;
il n'échappera pas à ceux qui liront fon
Livre avec attention : ils fentiront que
les recherches de l'Hiftorien ont été dirigées
par le Magiftrat & l'Homme d'Etat.
Ils feront frappés particulièrement
des remarques dont cette Hiftoire eſt
embellie . Si je voulois en relever toutes
les beautés , j'excéderois les bornes
d'une Préface ; elles font répandues dans
tout l'Ouvrage , & elles le mettent audeffus
de tous ceux du même genre.
Mais en particulier , fes obfervations
fur l'établiffement des François dans
les Gaules , fur les Minorités , fur l'origine
de la Nobleffe & des Annobliffemens
, fur l'adminiſtration de la Juftice ,
fur la vénalité des charges , fur l'aliénation
des terres de la Couronne, les duels ,
les Tournois , les Croiſades , & c , font
comme des étoiles de la première grandeur
, qui ne peuvent même échapper
à un Obfervateur ordinaire .
>
Il éft vrai qu'il y a dans cet excellent
Auteur, plufieurs beautés cachées .
qui demandent un regard plus fin & plus
perçant pour les découvrir. Il paroît fouventjetter
les fondemens d'un Traité entier
, & laiffe fon Lecteur jouir du plaifir
de le développer ; à peine y a-t-il une
OCTOBRE. 1763. 95
page qui ne contienne quelques paffages
qui mériteroient un Commentaire particulier.
En un mot , il raffemble dans
l'espace d'un petit nombre de lignes autant
d'inftructions que d'autres dans les
differtations les plus étendues. Il eſt évident
par tout ce que nous venons de
dire , que c'est un Ouvrage d'un genre
très- différent de tous ceux qui portent
le même nom. Il est même à remarquer
qu'il contient quelques éclairciffemens
qu'on chercheroit en vain dans les Hif
toires les plus étendues. On ne trouve
nulle-part un détail auffi clair fur le fameux
Traité de Bretigny , fur lequel il
différe beaucoup de M. Rapin . Il a auffi
une opinion qui lui eft propre tou
chant Catherine de Médicis , que tous
les Hiftoriens fuppofent avoir été Régente
de France , & il prouve clairement
que c'eft le premier exemple d'une
minorité fans Régence , & d'un Roi mineur
nommant lui -même fes Miniftres,
Mais ce qu'on ne peut s'empêcher
d'admirer , ce font les Portraits fi bien
deffinés qu'il fait de la plupart des
Rois de France , & des autres perfonnes
confidérables ; celui du Cardinal de
Retz eft un chef-d'oeuvre dans fon genre
, & feroit honneur à l'Hiftorien le
96 MERCURE DE FRANCE.
plus célébre. Pour ce qui eft des détails
hiftoriques, ils deviennent plus confidérables
, à mefure que l'Auteur fe
rapproche de fon temps , parce que le récit
des faits eft toujours plus intéreſſant,
& d'une plus grande utilité , lorfqu'on
peut les appliquer aux coûtumes & aux
moeurs préfentes ; c'eft pourquoi notre
Auteur à traité avec un plus grand détail
les regnes de Louis XIII, & de
Louis XIV. qu'aucune autre partie de
fon Hiftoire .
Quant à la forme de cet ouvrage , elle
eft entierement nouvelle , n'étant ni
une véritable hiftoire , ni une fimple
Chronologie , mais un mêlange judicieux
de l'un & de l'autre.
Notre fçavant Préfident, dit M. Macquer
,
très-bon imitateur de fa manière
d'écrire , parle ainfi dans la préface de
fon Abregé Chronologique de l'Hiftoire
Romaine, je vais rendre compte
» de ce que j'ai fait , pour conformer
" mon plan à celui de M. le Préfident
» Henault , dans fon Abrégé Chrono-
» logique de l'Hiftoire de France , qui ,
» après avoir été le modéle de plufieurs
» autres ouvrages , l'a encore été de
celui-ci. Rendre un très- court abrégé
» prèfqu'auffi intéreffant , auffi inftructif
OCTOBRE. 1763 . 97
tif que les grands corps d'Hiftoire : y
» mettre à la portée de tous les Lecurs ,
» fans affe& ation , fans que Part fe
» faffe fentir , tout ce qu'un homme
» de génie peut recueillir d'une lecture
» longue & réfléchic : faire difparoî.re
» les détails & conferver leurs réful-
» tats : tracer des Portraits reffemblans,
» & n'employer que des touches effen-
» tielles caractérifiques : tout appro-
" fondir & paroî re tout effleurer : tel-
» le eft l'entreprife que M. le Préfident
Hénault a formée , & qu'il a exé-
" cutée avec le brillant fuccès que
» perfonne n'ignore .
Ce genre de compofition , dent nous
fommes redevables à notre célébre Auteur
, a été admiré par les Critiques les
plus éclairés de ce temps , & ils ont
honoré fon Inventeur des plus grands
éloges.
*
Le Roi de Pruffe ( dont le jugement
dans les Arts agréables comme dans
celui de la guerre fera toujours refpecté
par cette Nation ) remarque
abrégé peut être confidéré comme
» la fubftance de toutes les chofes re-
» marquables & dignes d'être retenues ,
que cet
* Préface des Mémoires de Brandebourg.
I. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
» qui fe trouvent dans l'Hiftoire de
» France , que fon judicieux Auteur a
» l'art d'embellir l'étude féche de la
» Chronologie , & que quiconque pof-
» féde bien cet ouvrage peut paffer
» pour fçavoir parfaitement l'Hiftoire
» de France. Un autre bon Juge dont
j'emprunterai les paroles pour terminer
cette Préface dit * " que nous fommes
» redevables à M. le Préfident Hénauls
» de la plus courte & de la meilleure
Hiftoire de France , & peut- être de
la feule manière dont l'Hiftoire de
» tous les grands Royaumes devroit
» être écrite à l'avenir , car les faits &
» les détails fe font tellement multipliés
» que nous nous contenterons bientôt
» de lire feulement des Extraits & des
Dictionnaires.
"
Je dois faire obferver que les notes
de cet Ouvrage ont toutes été ajoutées
par le Traducteur ; fon intention a été
d'expliquer des obfcurités ; de fuppléer
à des omiffions , & même de rectifier
quelques petites méprifes qui fe font
gliffées dans l'original, Ces dernières
font en petit nombre , & font toutes
relatives à l'Hiftoire d'Angleterre . Si
>
* Siécle de Louis XIV. dans le Catalogue des
Aureurs,
OCTOBRE . 1763. 99
l'Auteur a pu s'écarter quelquefois de
fon exactitude ordinaire , le Public , je
l'efpére , me pardonnera d'avoir cherché
à le remettre fur la voie.
On trouvera des exemplaires de l'Abrégé
Chronologique traduit en Anglois,
chez Cavelier , rue S. Jacques.
France de M. le Préſident HÉN AULT.
O N vient de traduire en Anglois cet
excellent Ouvrage ; c'eft un honneur
qui lui a été déja rendu en plufieurs
Langues , fans compter la filiation de
toutes les Hiftoires de l'Europe qui ont
fuivi dans le même format & dont
les Auteurs lui ont tous reporté l'hommage.
Le Traducteur Anglois a fait une
Préface , dont voici la traduction : on
la lira avec plaifir.
OCTOBRE. 1763. 93
PRÉFACE que le Traducteur Anglois
a mife à la tête de l'Ouvrage
de M. le Préfident HENAULT.
Cet Ouvrage différe beaucoup de
tous les autres abrégés chronologiques ,
qui , deſtinés principalement à éxercer
la mémoire des enfans , ne contiennent
guères que les dates des Naiffances , des
Mariages , des Batailles & des Morts ;
le Préfident Hénault a pris un plan plus
étendu ; non-feulement fon Abrégé eft
utile à ceux qui ne cherchent que les
dates & la fucceffion des événemens
ordinaires , mais encore il indique la
fondation & les progrès de la Monarchie
Françoife , les différentes révolutions
qu'elle a éprouvées dans la forme de
fon Gouvernement , les maximes fondamentales
de l'Etat , la véritable fource
du Droit pubic des François , l'origine
des Ufages & des Coûtumes , la création
& les différens changemens des
Charges de la Couronne , l'établiffement
des différentes Cours de Juſtice ,
la fucceffion des premiers Magiftrats ,
avec les noms des Miniftres , Capitaines
& Gens de Lettres qui fe font rendus
illuftres dans ce Royaume.
94 MERCURE DE FRANCE.
Tel eft le Plan du Préfident Hénault ;
il n'échappera pas à ceux qui liront fon
Livre avec attention : ils fentiront que
les recherches de l'Hiftorien ont été dirigées
par le Magiftrat & l'Homme d'Etat.
Ils feront frappés particulièrement
des remarques dont cette Hiftoire eſt
embellie . Si je voulois en relever toutes
les beautés , j'excéderois les bornes
d'une Préface ; elles font répandues dans
tout l'Ouvrage , & elles le mettent audeffus
de tous ceux du même genre.
Mais en particulier , fes obfervations
fur l'établiffement des François dans
les Gaules , fur les Minorités , fur l'origine
de la Nobleffe & des Annobliffemens
, fur l'adminiſtration de la Juftice ,
fur la vénalité des charges , fur l'aliénation
des terres de la Couronne, les duels ,
les Tournois , les Croiſades , & c , font
comme des étoiles de la première grandeur
, qui ne peuvent même échapper
à un Obfervateur ordinaire .
>
Il éft vrai qu'il y a dans cet excellent
Auteur, plufieurs beautés cachées .
qui demandent un regard plus fin & plus
perçant pour les découvrir. Il paroît fouventjetter
les fondemens d'un Traité entier
, & laiffe fon Lecteur jouir du plaifir
de le développer ; à peine y a-t-il une
OCTOBRE. 1763. 95
page qui ne contienne quelques paffages
qui mériteroient un Commentaire particulier.
En un mot , il raffemble dans
l'espace d'un petit nombre de lignes autant
d'inftructions que d'autres dans les
differtations les plus étendues. Il eſt évident
par tout ce que nous venons de
dire , que c'est un Ouvrage d'un genre
très- différent de tous ceux qui portent
le même nom. Il est même à remarquer
qu'il contient quelques éclairciffemens
qu'on chercheroit en vain dans les Hif
toires les plus étendues. On ne trouve
nulle-part un détail auffi clair fur le fameux
Traité de Bretigny , fur lequel il
différe beaucoup de M. Rapin . Il a auffi
une opinion qui lui eft propre tou
chant Catherine de Médicis , que tous
les Hiftoriens fuppofent avoir été Régente
de France , & il prouve clairement
que c'eft le premier exemple d'une
minorité fans Régence , & d'un Roi mineur
nommant lui -même fes Miniftres,
Mais ce qu'on ne peut s'empêcher
d'admirer , ce font les Portraits fi bien
deffinés qu'il fait de la plupart des
Rois de France , & des autres perfonnes
confidérables ; celui du Cardinal de
Retz eft un chef-d'oeuvre dans fon genre
, & feroit honneur à l'Hiftorien le
96 MERCURE DE FRANCE.
plus célébre. Pour ce qui eft des détails
hiftoriques, ils deviennent plus confidérables
, à mefure que l'Auteur fe
rapproche de fon temps , parce que le récit
des faits eft toujours plus intéreſſant,
& d'une plus grande utilité , lorfqu'on
peut les appliquer aux coûtumes & aux
moeurs préfentes ; c'eft pourquoi notre
Auteur à traité avec un plus grand détail
les regnes de Louis XIII, & de
Louis XIV. qu'aucune autre partie de
fon Hiftoire .
Quant à la forme de cet ouvrage , elle
eft entierement nouvelle , n'étant ni
une véritable hiftoire , ni une fimple
Chronologie , mais un mêlange judicieux
de l'un & de l'autre.
Notre fçavant Préfident, dit M. Macquer
,
très-bon imitateur de fa manière
d'écrire , parle ainfi dans la préface de
fon Abregé Chronologique de l'Hiftoire
Romaine, je vais rendre compte
» de ce que j'ai fait , pour conformer
" mon plan à celui de M. le Préfident
» Henault , dans fon Abrégé Chrono-
» logique de l'Hiftoire de France , qui ,
» après avoir été le modéle de plufieurs
» autres ouvrages , l'a encore été de
celui-ci. Rendre un très- court abrégé
» prèfqu'auffi intéreffant , auffi inftructif
OCTOBRE. 1763 . 97
tif que les grands corps d'Hiftoire : y
» mettre à la portée de tous les Lecurs ,
» fans affe& ation , fans que Part fe
» faffe fentir , tout ce qu'un homme
» de génie peut recueillir d'une lecture
» longue & réfléchic : faire difparoî.re
» les détails & conferver leurs réful-
» tats : tracer des Portraits reffemblans,
» & n'employer que des touches effen-
» tielles caractérifiques : tout appro-
" fondir & paroî re tout effleurer : tel-
» le eft l'entreprife que M. le Préfident
Hénault a formée , & qu'il a exé-
" cutée avec le brillant fuccès que
» perfonne n'ignore .
Ce genre de compofition , dent nous
fommes redevables à notre célébre Auteur
, a été admiré par les Critiques les
plus éclairés de ce temps , & ils ont
honoré fon Inventeur des plus grands
éloges.
*
Le Roi de Pruffe ( dont le jugement
dans les Arts agréables comme dans
celui de la guerre fera toujours refpecté
par cette Nation ) remarque
abrégé peut être confidéré comme
» la fubftance de toutes les chofes re-
» marquables & dignes d'être retenues ,
que cet
* Préface des Mémoires de Brandebourg.
I. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
» qui fe trouvent dans l'Hiftoire de
» France , que fon judicieux Auteur a
» l'art d'embellir l'étude féche de la
» Chronologie , & que quiconque pof-
» féde bien cet ouvrage peut paffer
» pour fçavoir parfaitement l'Hiftoire
» de France. Un autre bon Juge dont
j'emprunterai les paroles pour terminer
cette Préface dit * " que nous fommes
» redevables à M. le Préfident Hénauls
» de la plus courte & de la meilleure
Hiftoire de France , & peut- être de
la feule manière dont l'Hiftoire de
» tous les grands Royaumes devroit
» être écrite à l'avenir , car les faits &
» les détails fe font tellement multipliés
» que nous nous contenterons bientôt
» de lire feulement des Extraits & des
Dictionnaires.
"
Je dois faire obferver que les notes
de cet Ouvrage ont toutes été ajoutées
par le Traducteur ; fon intention a été
d'expliquer des obfcurités ; de fuppléer
à des omiffions , & même de rectifier
quelques petites méprifes qui fe font
gliffées dans l'original, Ces dernières
font en petit nombre , & font toutes
relatives à l'Hiftoire d'Angleterre . Si
>
* Siécle de Louis XIV. dans le Catalogue des
Aureurs,
OCTOBRE . 1763. 99
l'Auteur a pu s'écarter quelquefois de
fon exactitude ordinaire , le Public , je
l'efpére , me pardonnera d'avoir cherché
à le remettre fur la voie.
On trouvera des exemplaires de l'Abrégé
Chronologique traduit en Anglois,
chez Cavelier , rue S. Jacques.
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Résumé : ABRÉGÉ Chronologique de l'Histoire de France de M. le Président HÉNAULT.
L'ouvrage 'Abrégé Chronologique de l'Histoire de France' du président Hénault a été traduit en anglais et se distingue par son ampleur et sa profondeur. Contrairement à d'autres abrégés, il ne se limite pas aux dates clés mais couvre la fondation et l'évolution de la monarchie française, les révolutions gouvernementales, les maximes fondamentales de l'État, les origines des usages et coutumes, ainsi que la création des charges de la couronne. Il inclut également les noms des ministres, capitaines et gens de lettres illustres. La préface du traducteur anglais souligne les remarques pertinentes et les passages dignes de commentaires de l'œuvre. Hénault aborde divers sujets tels que l'établissement des Francs dans les Gaules, les minorités, la noblesse, l'administration de la justice, la vénalité des charges, les duels, les tournois et les croisades. L'ouvrage éclaire des événements comme le traité de Brétigny et le rôle de Catherine de Médicis. Les portraits des rois de France et des personnages notables sont particulièrement bien dessinés, avec un portrait remarquable du Cardinal de Retz. Les détails historiques deviennent plus riches à mesure que l'auteur se rapproche de son époque, traitant en détail les règnes de Louis XIII et Louis XIV. La forme de l'ouvrage, mélangeant histoire et chronologie, a été admirée par les critiques. Le roi de Prusse loue cet ouvrage comme une synthèse des éléments remarquables de l'histoire de France, tandis qu'un critique anonyme le considère comme la meilleure et la plus concise histoire de France. Le traducteur précise que les notes ajoutées visent à clarifier des obscurités et corriger quelques erreurs mineures présentes dans l'original. Des exemplaires de l'abrégé chronologique traduit en anglais sont disponibles chez Cavelier, rue Saint-Jacques.
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3
p. 99-103
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Début :
COMME M. Pierre Rousseau s'est servi de la voie publique de son Journal [...]
Mots clefs :
Dictionnaire, Théâtre, Journal, Partialité, Ouvrages, Acteurs, Critique, Illusion
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
COMME M. Pierre Rouſſeau s'eft fervi
de la voie publique de fon Journal ,
pour me donner des Avis au fujet de
la nouvelle édition de mon DICTIONNAIRE
des Théâtres , j'efpére que vous
voudrez bien , Monfieur me faire la
grâce d'inférer dans le vôtre une courte
réponse que j'aurois prié M. Rouffeau
lui-même de publier, fi la partialité qu'il
montre à mon égard ne me faifoit trop
voir que je n'ai aucune indulgence à
attendre de ce Journaliste , qui paroît
être à la fois & ma partie & mon juge.
J'ai eu le malheur , quoique très -innocemment
, de déplaire fans doute à M.
Rouffeau il n'a pu s'empêcher de le
faire paroître , & de fe plaindre de ce
que je n'ai peut- être pas affez loué fes
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
Piéces de Théâtre . Comme ceci eft perfonnel
à M. Rouffeau , & que je ne veux
abfolument faire de peine à perfonne ,
je viens de changer tous les articles qui
le regardent & les ai rédigés d'une façon
dont il devra certainement être fatisfait
, puifque j'adopte fon propre jugement
fur toutes fes piéces. Venons à
ce qui eft général .
M. Kouleau m'accufe de n'avoir fait
que copier les ouvrages ffuurr lleess IThéatres,
qui ont paru avant le mien : les trois
quarts , & les meilleurs de ceux qu'il
cite , n'ont été publiés qu'après la compofition
de mon dictionnaire ou fa première
édition : qu'on juge par ce feul
mot de la vérité de cette imputation .
,
Si M. Rouffeau n'eût pas voulu me
faire une mauvaife chicane , il auroit vu
que dans l'Article AGAMEMNON , il y
avoit une obmiffion Ou une faute
d'impreffion au fujet des Vers de feize
fyllabes ; il n'auroit pas dit que , dans
une note au bas de la page , j'annonçois
d'Affezan comme le véritable Auteur
de la Piéce attribuée a Boyer ;
ce qui détruit la fau Tété qu'il reproche
à mon anecdote. Au fujet de la première
repréſentation du même Agamemnon
de Briffet , j'ai dit que felon des Auteurs,
OCTOBRE. 1763. ΙΟΙ
elle avoit été donnée en 1584 , & fuivant
d'autres ( termes que M. Rouſſeau
a fouftraits ) en 1589 , eft- ce là manquer
d'exactitude ?
M. Rouſſeau dit auffi qu'il ignore
dans quelle fource j'ai puifé la fable
que je raconte au fujet de l'Agamemnon
de M. d'Affezan ; & cependant à
la fin de l'Article , il écrit que c'est une
mauvaise plaifanterie de M. de Beauchamps
, qui n'eft certainement pas le
feul qui l'ait faite ,
Quelle a été l'intention de M. Rouffeau
, j'ofe le lui demander à lui -même,
quand il rapporte avec affectation ces
mots Soit dans les vies des Auteurs
Dramatiques & l'expofé de leurs talens ,
ainfi qu'il s'exprime ? N'est- ce pas de
faire voir que je ne connois pas la force
des termes ; & que le mot talent ( mot
que M. Rouffeau fouligne & reléve encore
avec complaifance dans un autre
endroit ) ne convenoit pas aux Auteurs .
S'il eût copié fidélement le titre de ce
qu'il appelle ma compilation inutile ,
on auroit vu que j'ai mis : Conte-
NANT LE NOM ET LES PARTICULARITÉS
INTÉRESSANTES DE LA
VIE DES AUTEURS , MUSICIENS ET
ACTEURS , AVEC LE CATALOGUE
~
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
DE LEURS OUVRAGES , ET L'EXPOSÉ
DE LEURS TALENS. Eft- il difficile de
connoître que ce dernier mot regarde
les Acteurs ? Et pourquoi avoir retranché
, ainfi que dans plufieurs autres endroits
, ce qui donnoit un fens clair , &
devroit empêcher l'application ridicule
que M. Rouffeau vouloit qu'on en fit ?
Eft-ce en faifant de pareilles critiques
qu'il veut empêcher , comme ille dit ,
que l'Etranger ne foit la dupe de mon
travail ?
Je ne répondrai pas , Monfieur , aux
autres articles de la critique de M.
Rouffeau. Le Public & les journaliſtes
défintéreffés doivent feuls décider fi
j'ai fait un bon Ouvrage , comme M.
Rouffeau prétend que je me l'imagine :
c'eft à eux à qui je rendrai compte , s'il
eft néceffaire , des fources où j'ai puifé
mes articles. M. Rouffeau . me reproche
de n'avoir écrit que d'après les autres :
& que doit faire autre chofe un Hiftorien
, pourvu qu'il ne copie ni les auni
les expreffions de ceux qui
l'ont précédé ? & c'eft ce que j'ai tâché
de faire ; j'ai de plus ajouté à mon Dictionnaire
plus de mille articles qui ne
fe trouvent dans aucuns de mes Prédéceffeurs.
tres ,
OCTOBRE . 1763. 103
Pour répondre à la bonté qu'a M.
Rouffeau de diffiper mon illufion fur.
le mérite de mon Ouvrage , je lui demande
pardon d'avoir dit qu'il étoit à
la tête du Journal Encyclopédique
dont il avoit fait l'entreprife. Je fçai
ainfi que lui que fon Journal n'eft pas
un édifice , ni une entreprise dans les
armées. Je le remercie auffi , de la part
du Prote de l'Imprimeur qui a exécuté
mon Dictionnaire , des louanges qu'il
veut bien lui donner, que ne peut - il fans
abufer le Citoyen & l'Etranger , en faire
de pareils à celui de l'Imprimeur de M.
Roufeau ?
J'ai l'honneur d'être , & c.
LERIS.
COMME M. Pierre Rouſſeau s'eft fervi
de la voie publique de fon Journal ,
pour me donner des Avis au fujet de
la nouvelle édition de mon DICTIONNAIRE
des Théâtres , j'efpére que vous
voudrez bien , Monfieur me faire la
grâce d'inférer dans le vôtre une courte
réponse que j'aurois prié M. Rouffeau
lui-même de publier, fi la partialité qu'il
montre à mon égard ne me faifoit trop
voir que je n'ai aucune indulgence à
attendre de ce Journaliste , qui paroît
être à la fois & ma partie & mon juge.
J'ai eu le malheur , quoique très -innocemment
, de déplaire fans doute à M.
Rouffeau il n'a pu s'empêcher de le
faire paroître , & de fe plaindre de ce
que je n'ai peut- être pas affez loué fes
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
Piéces de Théâtre . Comme ceci eft perfonnel
à M. Rouffeau , & que je ne veux
abfolument faire de peine à perfonne ,
je viens de changer tous les articles qui
le regardent & les ai rédigés d'une façon
dont il devra certainement être fatisfait
, puifque j'adopte fon propre jugement
fur toutes fes piéces. Venons à
ce qui eft général .
M. Kouleau m'accufe de n'avoir fait
que copier les ouvrages ffuurr lleess IThéatres,
qui ont paru avant le mien : les trois
quarts , & les meilleurs de ceux qu'il
cite , n'ont été publiés qu'après la compofition
de mon dictionnaire ou fa première
édition : qu'on juge par ce feul
mot de la vérité de cette imputation .
,
Si M. Rouffeau n'eût pas voulu me
faire une mauvaife chicane , il auroit vu
que dans l'Article AGAMEMNON , il y
avoit une obmiffion Ou une faute
d'impreffion au fujet des Vers de feize
fyllabes ; il n'auroit pas dit que , dans
une note au bas de la page , j'annonçois
d'Affezan comme le véritable Auteur
de la Piéce attribuée a Boyer ;
ce qui détruit la fau Tété qu'il reproche
à mon anecdote. Au fujet de la première
repréſentation du même Agamemnon
de Briffet , j'ai dit que felon des Auteurs,
OCTOBRE. 1763. ΙΟΙ
elle avoit été donnée en 1584 , & fuivant
d'autres ( termes que M. Rouſſeau
a fouftraits ) en 1589 , eft- ce là manquer
d'exactitude ?
M. Rouſſeau dit auffi qu'il ignore
dans quelle fource j'ai puifé la fable
que je raconte au fujet de l'Agamemnon
de M. d'Affezan ; & cependant à
la fin de l'Article , il écrit que c'est une
mauvaise plaifanterie de M. de Beauchamps
, qui n'eft certainement pas le
feul qui l'ait faite ,
Quelle a été l'intention de M. Rouffeau
, j'ofe le lui demander à lui -même,
quand il rapporte avec affectation ces
mots Soit dans les vies des Auteurs
Dramatiques & l'expofé de leurs talens ,
ainfi qu'il s'exprime ? N'est- ce pas de
faire voir que je ne connois pas la force
des termes ; & que le mot talent ( mot
que M. Rouffeau fouligne & reléve encore
avec complaifance dans un autre
endroit ) ne convenoit pas aux Auteurs .
S'il eût copié fidélement le titre de ce
qu'il appelle ma compilation inutile ,
on auroit vu que j'ai mis : Conte-
NANT LE NOM ET LES PARTICULARITÉS
INTÉRESSANTES DE LA
VIE DES AUTEURS , MUSICIENS ET
ACTEURS , AVEC LE CATALOGUE
~
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
DE LEURS OUVRAGES , ET L'EXPOSÉ
DE LEURS TALENS. Eft- il difficile de
connoître que ce dernier mot regarde
les Acteurs ? Et pourquoi avoir retranché
, ainfi que dans plufieurs autres endroits
, ce qui donnoit un fens clair , &
devroit empêcher l'application ridicule
que M. Rouffeau vouloit qu'on en fit ?
Eft-ce en faifant de pareilles critiques
qu'il veut empêcher , comme ille dit ,
que l'Etranger ne foit la dupe de mon
travail ?
Je ne répondrai pas , Monfieur , aux
autres articles de la critique de M.
Rouffeau. Le Public & les journaliſtes
défintéreffés doivent feuls décider fi
j'ai fait un bon Ouvrage , comme M.
Rouffeau prétend que je me l'imagine :
c'eft à eux à qui je rendrai compte , s'il
eft néceffaire , des fources où j'ai puifé
mes articles. M. Rouffeau . me reproche
de n'avoir écrit que d'après les autres :
& que doit faire autre chofe un Hiftorien
, pourvu qu'il ne copie ni les auni
les expreffions de ceux qui
l'ont précédé ? & c'eft ce que j'ai tâché
de faire ; j'ai de plus ajouté à mon Dictionnaire
plus de mille articles qui ne
fe trouvent dans aucuns de mes Prédéceffeurs.
tres ,
OCTOBRE . 1763. 103
Pour répondre à la bonté qu'a M.
Rouffeau de diffiper mon illufion fur.
le mérite de mon Ouvrage , je lui demande
pardon d'avoir dit qu'il étoit à
la tête du Journal Encyclopédique
dont il avoit fait l'entreprife. Je fçai
ainfi que lui que fon Journal n'eft pas
un édifice , ni une entreprise dans les
armées. Je le remercie auffi , de la part
du Prote de l'Imprimeur qui a exécuté
mon Dictionnaire , des louanges qu'il
veut bien lui donner, que ne peut - il fans
abufer le Citoyen & l'Etranger , en faire
de pareils à celui de l'Imprimeur de M.
Roufeau ?
J'ai l'honneur d'être , & c.
LERIS.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Dans une lettre, l'auteur répond aux critiques publiées dans le journal de M. Pierre Rousseau concernant son 'DICTIONNAIRE des Théâtres'. Il précise avoir modifié les articles relatifs à Rousseau pour éviter tout désagrément, adoptant son jugement sur ses pièces. L'auteur rejette les accusations de plagiat, soulignant que la plupart des œuvres citées par M. Kouleau sont parues après la première édition de son dictionnaire. Il corrige également des erreurs factuelles, notamment la date de la première représentation de l''Agamemnon' de Brisset et l'attribution de la pièce à d'Affezan. L'auteur note l'incohérence de Rousseau, qui mentionne une anecdote sans en connaître la source. Il justifie l'utilisation du terme 'talents' dans son ouvrage, destiné à inclure des détails sur la vie des auteurs, musiciens et acteurs. L'auteur conclut en laissant au public et aux journalistes impartiaux le soin de juger de la qualité de son travail, ajoutant qu'il a enrichi son dictionnaire de plus de mille articles originaux. Il rectifie également une erreur concernant la position de Rousseau dans le 'Journal Encyclopédique' et le remercie ironiquement pour les louanges adressées à son imprimeur.
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4
p. 103-111
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
PROFESSION de Foi philosophique, à Amsterdam, chez Marc-Michel [...]
Mots clefs :
Libraire, Brochure, Ouvrage, Lettres, Mémoires, Imprimeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
PROFESSION de Foi philofophique
, à Amfterdam , chez Marc-Michel
Rey, & fe trouve à Lyon , chez les
Frères Periffe , petite Brochure in - 12 . de
36 pages , dont on trouve
quelque
Exemplaires chez Bauche , quai des Auguftins
, à Paris .
MÉMOIRE pour fervir à l'hiſtoire de
l'ufage interne du Mercure fublimé cor-
E iv
104 MERCURE DE FRANCE .
1
rofif; par M. le Bégue de Prefe , Docteur-
Régent de la Faculté de Médecine
de Paris , Cenfeur Royal. On y a joint
un Recueil d'obfervations faites fur l'ufage
interne de ce reméde en Allemagne
, en Angleterre , en Italie , & c .
At prudenter à prudente Medico ufurpetur.
Boerh.
In- 12. La Haye , 1763. Et fe trouve à
Paris chez P. Fr. Didot , Libraire, quai
des Auguftins , près du Pont S. Michel,
à S. Auguftin . Prix , 2 liv . broché.
ÉLOGE de Maximilien de Bethune ,
Duc de Sully , de M. Thomas. Nous
nous propofons de parler plus amplement
de cet excellent Ouvrage.
INSTITUTIONS Militaires pour la
France , ou le Végéce François , par
M. Andreu de Biliftein. Première Partie .
MÉMOIRES fur la fubfiftance d'une armée
& fur les contributions , II Partie.
in-8°. 1762. aux dépens de l'Auteur . Se
trouve à Amfterdam chez E, van Harrevelt
, & à Paris chez Jorry , rue de la
Comédie Françoife. Prix , 3 liv .
ÉSSAI fur la Ville de Nanci , par le
OCTOBRE . 1763. 105
même Auteur. In- 12. Amfterdam, 1762.
Chez H. Conftape!, Libraire , & à Paris
, chez Jorry , rue & vis- à- vis la Comédie
Françoife..Prix , 1 liv. 4 f
LETTRES intéreffantes aux Amis de
la Vérité. In - 18. 1763. *
LETTRE de l'homme civil à l'homme
fauvage. Brochure in- 12 .
Eloquio victi re vincimus ipfa ,
Anti-Luc.
On en trouve des Exemplaires chez Duchefne
, rue S. Jacques , au Temple du
Goût , & chez les Libraires qui vendent
les Nouveautés.
LE POETE malgré les autres , ou
le Méchant malgré lui , Drame en un
Acte de Profe mêlé de Vers . Repréfenté
à l'occafion de la fête de Madame la-
Ducheffe d'Ollone , le 14 Juillet 1763
à Châtillon -fur- Loing. In- 12 . 1763.
LETTRES à M. Rouſſeau , pour
N. B. Les Libraires de Paris qui nous envoyent
les Livres qu'ils imprimeut , fon . priés d'y infcrire
leurs noms & leurs demeures,
E'v
106 MERCURE DE FRANCE .
fervir de réponſe à fa Lettre contre le
Mandement de M. l'Archevêque de
Paris.
Fuerunt quidam Philofophi de Virtutibus
& Vitiis fubtilia multa tractantes ,
dividentes , definientes , libros implentes,
fuam fapientiam , buccis crepantibus
ventilantes , qui etiam dicere auderent
hominibus : nos fequamini , fectam noftram
tenete ,fi vultis beate vivere. Sed
non intrabant per oftium , perdere volebant
, mactare & occidere.
Aug Tract. 45. in. Joan,
A Amfterdam , chez Marc-Michel Rey
& fe trouve chez l'Auteur au Bureau
du Mercure. Prix , 30 f.
RECHERCHES fur la nature & l'inoculation
de la petite vérole. Par M. Robert
, Docteur-Régent en la Faculté de
Médecine de l'Univerfité de Paris . In-
12. La Haye , 1763. Et fe trouve à Paris
chez P. Fr. Didot , quai des Auguftins.
PLAIDOYERS & Mémoires contenant
des queſtions intéreffantes tant en
matières civiles , canoniques & crimi
OCTOBRE. 1763. 107
nelles , que de Police & de Commerce ,
avec les jugemens & leurs motifs fommaires
, & plufieurs difcours fur différentes
matières , foit de Droit public ,
foit d'Hiftoire. Par M. Mannory , ancien
Avocat au Parlement . Tome neuviéme.
In- 12 . Paris , 1763. Chez Claude
Hériffant , Libraire -Imprimeur, rue neuve
Notre-Dame , à la Croix d'or.
Cette collection auffi utile & auffi variée
qu'intéreffante , ne fçauroit devenir
trop volumineufe.
LETTRES Phyfiques contenant les
notions les plus néceffaires à ceux qui
veulent fuivre les leçons expérimentales
de cette Science. In - 12 . Paris , 1763.
Chez Louis- Guillaume de Hanfy , Libraire
, Pont- au Change , à S. Nicolas.
PRINCIPES généraux & particuliers
de la Langue Françoife , confirmés par
des exemples choifis , inftructifs , agréables
& tirés des bons Auteurs ; avec des
remarques fur les lettres , la prononciation
, les accens , la ponctuation ,
l'ortographe
, & un Abrégé de la verfification
Françoife . Par M. de Wailly. Nouvelle
Edition , revue & confidérable-
E vj
103 MERCURE DE FRANCE.
ment augmentée , avec cette Epigraphe :
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous foit toujours
facrée .
Boileau .
à Paris , chez J. Barbou , rue S. Jacques
, aux Cigognes ; avec Approbation
& Privilége du Roi. 1763. 1 vol . in- 12.
CORRESPONDANCE fur une Queftion
Politique d'Agriculture. In- 12 . Amfterdam
, 1763. Et fe trouve à Paris ,
chez Fournier , Libraire , quai des Auguftins.
OBSERVATIONS fur divers moyens
de foutenir & d'encourager l'Agricultu
re , principalement dans la Province de
Guienne , où l'on traite des cultures propres
à cette Province & des obſtacles
qui les empêchent de s'étendre : quatre
parties in 12. qui fe vendent à Bordeaux
, chez les freres Labotiere & à
Paris chez différens Libraires. Il en parut
deux parties en 1756. il en a paru
depuis quelque temps deux autres parties
qui feront, dit-on, fuivies d'une cinquiéme
laquelle contiendra des obfèrvations
Méthéorologiques, faites avec ſoin,
"
OCTOBRE. 1763. 109
pendant vingt ans. Nous avons appris
que l'Auteur de cet excellent Ouvrage
eft M. le Chevalier de Vivens , de Clairac
en Agenois , de l'Académie des Sciences
de Bordeaux , & des Sociétés Royales
de Metz & de Limoges , déjà con-.
nu très avantageufement par fon eſai
fur les principes de la Phyfique, volume
in 8° . 1746 ; fa nouvelle Théorie du
Mouvement auffi in - 8 °. 1749 ,
& par
d'autres productions non moins eftimées.
›
DISCOURS & Mémoires relatifs à.
l'Agriculture par MM . de Mafac &
Sélébran Brochure in 12. 1763 , à
Paris , chez Duchefne , à Bordeaux , chez
les Frères Labotiere , à Limoges chez
Barbou , à Touloufe , chez Robert fils.
L'avertiffement du Libraire eft conçu
en ces termes : » Comme il me paroît
» que les deux Ouvrages réunis dans
» cette Brochure , peuvent être d'au-
" tant plus utiles qu'ils font écrits avec
» la clarté & la précifion convenables
» en pareilles matières , je ne doute pas
» que les vrais Amateurs de l'Agricultu
» re, ne me fçachent quelque gré de les
» avoir mis au jour. » Nous ajouterons
à ce jugement , auquel nous foufcrivons
volontiers , que cet Ouvrage ne
110 MERCURE DE FRANCE.
fçauroit être trop répandu dans les différentes
Généralités du Royaume.
SELECTA è novo Teftamento Hiftoriæ
, ex Erafini Roterodami paraphrafibus
defumptæ. Opufculum elementarium
, in gratiam Tyronum. Parifiis
apud J. Barbou , viâ fan -Jacobeâ , fub
Ciconiis. 1763. Brochure petit-in- 12 .
ÉLOGE du ROI , prononcé à la publication
de la Paix. Par M l'Abbé Donjon
, Docteur en Théologie , Principal
du College de Henri- le - Grand , avec
cette Epigraphe :
Et nos cedamus amori.
A la Flèche , & fe trouve à Paris chez
J. Barbou , rue S. Jacques , aux Cigognes
. 1763. Brochure in-8° . de 32 pag.
VIES des Peres , des Martyrs , & des
autres principaux Saints , tirées des Actes
originaux & des Monumens les plus
authentiques ; avec des notes hiftoriques
& critiques. Ouvrage traduit de l'Anglois.
Tome I. A Villefranche de Rouergue
, chez Pierre Videillhie , Libraire-
Imprimeur , & à Paris , chez Barbou
ne S. Jacques , aux Cigognes , 1763 .
OCTOBRE. 1763. III .
Ce n'est ici que le Proſpectus in-8 ° . de
huit pages
.
INSTRUCTION Paftorale de Mgr
Evêque du Puy , fur la prétendue Philofophie
des Incrédules Modernes . Au
Puy , chez Clet , Imprimeur de Mgr
l'Evêque. Et fe trouve à Lyon , chez
J. Deville. A Paris , chez Chaubert ,
quai des Auguftins. 1763. Avec Privilége
du Roi.
PROFESSION de Foi philofophique
, à Amfterdam , chez Marc-Michel
Rey, & fe trouve à Lyon , chez les
Frères Periffe , petite Brochure in - 12 . de
36 pages , dont on trouve
quelque
Exemplaires chez Bauche , quai des Auguftins
, à Paris .
MÉMOIRE pour fervir à l'hiſtoire de
l'ufage interne du Mercure fublimé cor-
E iv
104 MERCURE DE FRANCE .
1
rofif; par M. le Bégue de Prefe , Docteur-
Régent de la Faculté de Médecine
de Paris , Cenfeur Royal. On y a joint
un Recueil d'obfervations faites fur l'ufage
interne de ce reméde en Allemagne
, en Angleterre , en Italie , & c .
At prudenter à prudente Medico ufurpetur.
Boerh.
In- 12. La Haye , 1763. Et fe trouve à
Paris chez P. Fr. Didot , Libraire, quai
des Auguftins , près du Pont S. Michel,
à S. Auguftin . Prix , 2 liv . broché.
ÉLOGE de Maximilien de Bethune ,
Duc de Sully , de M. Thomas. Nous
nous propofons de parler plus amplement
de cet excellent Ouvrage.
INSTITUTIONS Militaires pour la
France , ou le Végéce François , par
M. Andreu de Biliftein. Première Partie .
MÉMOIRES fur la fubfiftance d'une armée
& fur les contributions , II Partie.
in-8°. 1762. aux dépens de l'Auteur . Se
trouve à Amfterdam chez E, van Harrevelt
, & à Paris chez Jorry , rue de la
Comédie Françoife. Prix , 3 liv .
ÉSSAI fur la Ville de Nanci , par le
OCTOBRE . 1763. 105
même Auteur. In- 12. Amfterdam, 1762.
Chez H. Conftape!, Libraire , & à Paris
, chez Jorry , rue & vis- à- vis la Comédie
Françoife..Prix , 1 liv. 4 f
LETTRES intéreffantes aux Amis de
la Vérité. In - 18. 1763. *
LETTRE de l'homme civil à l'homme
fauvage. Brochure in- 12 .
Eloquio victi re vincimus ipfa ,
Anti-Luc.
On en trouve des Exemplaires chez Duchefne
, rue S. Jacques , au Temple du
Goût , & chez les Libraires qui vendent
les Nouveautés.
LE POETE malgré les autres , ou
le Méchant malgré lui , Drame en un
Acte de Profe mêlé de Vers . Repréfenté
à l'occafion de la fête de Madame la-
Ducheffe d'Ollone , le 14 Juillet 1763
à Châtillon -fur- Loing. In- 12 . 1763.
LETTRES à M. Rouſſeau , pour
N. B. Les Libraires de Paris qui nous envoyent
les Livres qu'ils imprimeut , fon . priés d'y infcrire
leurs noms & leurs demeures,
E'v
106 MERCURE DE FRANCE .
fervir de réponſe à fa Lettre contre le
Mandement de M. l'Archevêque de
Paris.
Fuerunt quidam Philofophi de Virtutibus
& Vitiis fubtilia multa tractantes ,
dividentes , definientes , libros implentes,
fuam fapientiam , buccis crepantibus
ventilantes , qui etiam dicere auderent
hominibus : nos fequamini , fectam noftram
tenete ,fi vultis beate vivere. Sed
non intrabant per oftium , perdere volebant
, mactare & occidere.
Aug Tract. 45. in. Joan,
A Amfterdam , chez Marc-Michel Rey
& fe trouve chez l'Auteur au Bureau
du Mercure. Prix , 30 f.
RECHERCHES fur la nature & l'inoculation
de la petite vérole. Par M. Robert
, Docteur-Régent en la Faculté de
Médecine de l'Univerfité de Paris . In-
12. La Haye , 1763. Et fe trouve à Paris
chez P. Fr. Didot , quai des Auguftins.
PLAIDOYERS & Mémoires contenant
des queſtions intéreffantes tant en
matières civiles , canoniques & crimi
OCTOBRE. 1763. 107
nelles , que de Police & de Commerce ,
avec les jugemens & leurs motifs fommaires
, & plufieurs difcours fur différentes
matières , foit de Droit public ,
foit d'Hiftoire. Par M. Mannory , ancien
Avocat au Parlement . Tome neuviéme.
In- 12 . Paris , 1763. Chez Claude
Hériffant , Libraire -Imprimeur, rue neuve
Notre-Dame , à la Croix d'or.
Cette collection auffi utile & auffi variée
qu'intéreffante , ne fçauroit devenir
trop volumineufe.
LETTRES Phyfiques contenant les
notions les plus néceffaires à ceux qui
veulent fuivre les leçons expérimentales
de cette Science. In - 12 . Paris , 1763.
Chez Louis- Guillaume de Hanfy , Libraire
, Pont- au Change , à S. Nicolas.
PRINCIPES généraux & particuliers
de la Langue Françoife , confirmés par
des exemples choifis , inftructifs , agréables
& tirés des bons Auteurs ; avec des
remarques fur les lettres , la prononciation
, les accens , la ponctuation ,
l'ortographe
, & un Abrégé de la verfification
Françoife . Par M. de Wailly. Nouvelle
Edition , revue & confidérable-
E vj
103 MERCURE DE FRANCE.
ment augmentée , avec cette Epigraphe :
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous foit toujours
facrée .
Boileau .
à Paris , chez J. Barbou , rue S. Jacques
, aux Cigognes ; avec Approbation
& Privilége du Roi. 1763. 1 vol . in- 12.
CORRESPONDANCE fur une Queftion
Politique d'Agriculture. In- 12 . Amfterdam
, 1763. Et fe trouve à Paris ,
chez Fournier , Libraire , quai des Auguftins.
OBSERVATIONS fur divers moyens
de foutenir & d'encourager l'Agricultu
re , principalement dans la Province de
Guienne , où l'on traite des cultures propres
à cette Province & des obſtacles
qui les empêchent de s'étendre : quatre
parties in 12. qui fe vendent à Bordeaux
, chez les freres Labotiere & à
Paris chez différens Libraires. Il en parut
deux parties en 1756. il en a paru
depuis quelque temps deux autres parties
qui feront, dit-on, fuivies d'une cinquiéme
laquelle contiendra des obfèrvations
Méthéorologiques, faites avec ſoin,
"
OCTOBRE. 1763. 109
pendant vingt ans. Nous avons appris
que l'Auteur de cet excellent Ouvrage
eft M. le Chevalier de Vivens , de Clairac
en Agenois , de l'Académie des Sciences
de Bordeaux , & des Sociétés Royales
de Metz & de Limoges , déjà con-.
nu très avantageufement par fon eſai
fur les principes de la Phyfique, volume
in 8° . 1746 ; fa nouvelle Théorie du
Mouvement auffi in - 8 °. 1749 ,
& par
d'autres productions non moins eftimées.
›
DISCOURS & Mémoires relatifs à.
l'Agriculture par MM . de Mafac &
Sélébran Brochure in 12. 1763 , à
Paris , chez Duchefne , à Bordeaux , chez
les Frères Labotiere , à Limoges chez
Barbou , à Touloufe , chez Robert fils.
L'avertiffement du Libraire eft conçu
en ces termes : » Comme il me paroît
» que les deux Ouvrages réunis dans
» cette Brochure , peuvent être d'au-
" tant plus utiles qu'ils font écrits avec
» la clarté & la précifion convenables
» en pareilles matières , je ne doute pas
» que les vrais Amateurs de l'Agricultu
» re, ne me fçachent quelque gré de les
» avoir mis au jour. » Nous ajouterons
à ce jugement , auquel nous foufcrivons
volontiers , que cet Ouvrage ne
110 MERCURE DE FRANCE.
fçauroit être trop répandu dans les différentes
Généralités du Royaume.
SELECTA è novo Teftamento Hiftoriæ
, ex Erafini Roterodami paraphrafibus
defumptæ. Opufculum elementarium
, in gratiam Tyronum. Parifiis
apud J. Barbou , viâ fan -Jacobeâ , fub
Ciconiis. 1763. Brochure petit-in- 12 .
ÉLOGE du ROI , prononcé à la publication
de la Paix. Par M l'Abbé Donjon
, Docteur en Théologie , Principal
du College de Henri- le - Grand , avec
cette Epigraphe :
Et nos cedamus amori.
A la Flèche , & fe trouve à Paris chez
J. Barbou , rue S. Jacques , aux Cigognes
. 1763. Brochure in-8° . de 32 pag.
VIES des Peres , des Martyrs , & des
autres principaux Saints , tirées des Actes
originaux & des Monumens les plus
authentiques ; avec des notes hiftoriques
& critiques. Ouvrage traduit de l'Anglois.
Tome I. A Villefranche de Rouergue
, chez Pierre Videillhie , Libraire-
Imprimeur , & à Paris , chez Barbou
ne S. Jacques , aux Cigognes , 1763 .
OCTOBRE. 1763. III .
Ce n'est ici que le Proſpectus in-8 ° . de
huit pages
.
INSTRUCTION Paftorale de Mgr
Evêque du Puy , fur la prétendue Philofophie
des Incrédules Modernes . Au
Puy , chez Clet , Imprimeur de Mgr
l'Evêque. Et fe trouve à Lyon , chez
J. Deville. A Paris , chez Chaubert ,
quai des Auguftins. 1763. Avec Privilége
du Roi.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
En 1763, une variété d'ouvrages et de brochures étaient disponibles à la vente. Parmi les publications notables figuraient 'Profession de Foi philosophique', vendu à Amsterdam et Lyon, et un 'Mémoire pour servir à l'histoire de l'usage interne du Mercure sublimé corrosif' par M. le Bégue de Presle, qui détaillait ses usages en Europe. D'autres ouvrages importants incluaient un 'Éloge de Maximilien de Béthune, Duc de Sully', les 'Institutions Militaires pour la France', et un 'Essai sur la Ville de Nancy' par M. Andreu de Bilsthein. Des lettres et pamphlets tels que 'Lettres intéressantes aux Amis de la Vérité' et 'Lettres à M. Rousseau' étaient également disponibles. Des œuvres médicales et scientifiques, comme les 'Recherches sur la nature et l'inoculation de la petite vérole' par M. Robert, étaient mentionnées. Le document listait aussi des ouvrages juridiques, des correspondances sur des questions politiques et agricoles, et des traités linguistiques comme les 'Principes généraux et particuliers de la Langue Française' par M. de Wailly. Les lieux de vente et les prix des ouvrages étaient précisés, incluant des librairies à Paris, Amsterdam, Lyon, et d'autres villes. Un libraire soulignait l'utilité de deux ouvrages réunis en brochure, louant leur clarté et précision, et espérant leur large diffusion dans les généralités du royaume. Parmi les autres publications, on trouvait 'Selecta è novo Testamento Historiæ' de Erasme Rotterdam, un éloge du roi prononcé par l'abbé Donjon, et un ouvrage sur les vies des pères, martyrs et saints principaux, traduit de l'anglais. Une instruction pastorale de l'évêque du Puy sur la philosophie des incrédules modernes était également signalée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 105
« LETTRE de l'homme civil à l'homme sauvage. Brochure in-12. [...] »
Début :
LETTRE de l'homme civil à l'homme sauvage. Brochure in-12. [...]
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LETTRE de l'homme civil à l'homme
fauvage. Brochure in- 12 .
Eloquio victi re vincimus ipfa ,
Anti-Luc.
On en trouve des Exemplaires chez Duchefne
, rue S. Jacques , au Temple du
Goût , & chez les Libraires qui vendent
les Nouveautés.
fauvage. Brochure in- 12 .
Eloquio victi re vincimus ipfa ,
Anti-Luc.
On en trouve des Exemplaires chez Duchefne
, rue S. Jacques , au Temple du
Goût , & chez les Libraires qui vendent
les Nouveautés.
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6
p. 105-106
« LETTRES à M. Rousseau, pour servir de réponse à sa Lettre contre le [...] »
Début :
LETTRES à M. Rousseau, pour servir de réponse à sa Lettre contre le [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LETTRES à M. Rousseau, pour servir de réponse à sa Lettre contre le [...] »
LETTRES à M. Rouſſeau , pour
N. B. Les Libraires de Paris qui nous envoyent
les Livres qu'ils imprimeut , fon . priés d'y infcrire
leurs noms & leurs demeures,
E'v
106 MERCURE DE FRANCE .
fervir de réponſe à fa Lettre contre le
Mandement de M. l'Archevêque de
Paris.
Fuerunt quidam Philofophi de Virtutibus
& Vitiis fubtilia multa tractantes ,
dividentes , definientes , libros implentes,
fuam fapientiam , buccis crepantibus
ventilantes , qui etiam dicere auderent
hominibus : nos fequamini , fectam noftram
tenete ,fi vultis beate vivere. Sed
non intrabant per oftium , perdere volebant
, mactare & occidere.
Aug Tract. 45. in. Joan,
A Amfterdam , chez Marc-Michel Rey
& fe trouve chez l'Auteur au Bureau
du Mercure. Prix , 30 f.
N. B. Les Libraires de Paris qui nous envoyent
les Livres qu'ils imprimeut , fon . priés d'y infcrire
leurs noms & leurs demeures,
E'v
106 MERCURE DE FRANCE .
fervir de réponſe à fa Lettre contre le
Mandement de M. l'Archevêque de
Paris.
Fuerunt quidam Philofophi de Virtutibus
& Vitiis fubtilia multa tractantes ,
dividentes , definientes , libros implentes,
fuam fapientiam , buccis crepantibus
ventilantes , qui etiam dicere auderent
hominibus : nos fequamini , fectam noftram
tenete ,fi vultis beate vivere. Sed
non intrabant per oftium , perdere volebant
, mactare & occidere.
Aug Tract. 45. in. Joan,
A Amfterdam , chez Marc-Michel Rey
& fe trouve chez l'Auteur au Bureau
du Mercure. Prix , 30 f.
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Résumé : « LETTRES à M. Rousseau, pour servir de réponse à sa Lettre contre le [...] »
Une lettre à Rousseau répond à une critique d'un mandement de l'Archevêque de Paris publiée dans le 'Mercure de France'. Elle cite des philosophes discutant des vertus et des vices, mais les accuse de ne pas agir selon leurs principes. L'ouvrage est disponible à Amsterdam chez Marc-Michel Rey et au Bureau du Mercure, au prix de 30 francs.
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