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1
p. 172-174
« L'Académie royale de Musique continue les Fêtes de Thalie. Ce spectacle, depuis le brillant [...] »
Début :
L'Académie royale de Musique continue les Fêtes de Thalie. Ce spectacle, depuis le brillant [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Tragédie, Rôle, Académie royale de musique
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texteReconnaissance textuelle : « L'Académie royale de Musique continue les Fêtes de Thalie. Ce spectacle, depuis le brillant [...] »
'Académie royale de Mufique continue les Fé
tes de Thalie. Ce fpectacle , depuis le brillant
début de Mile Cohendet , attire plus de monde
qu'il n'en attiroit d'abord. Le goût du Public
pour la voix & le talent de la nouvelle Actrice eft
toujours très-vif. On retirera le 3 Décembre les
Fêtes de Thalie , pour mettre Thésée.
Les Comédiens François font tous réunis depuis
le 18 de Novembre. Tandis qu'une partie faifoit
les délices de la Cour à Fontainebleau , ceux qui
étoient restés à Paris , foutenoient le théatre avec
fuccès ; & ils avoient de très-fortes repréfentations,
quoiqu'ils ne donnaffent que des pieces de répertoire
. Mlle Clairon a beaucoup joué , & toujours
fupérieurement. Les rolles qu'elle a repréſentés
pendant l'abfence , font Agrippine dans Britannicus
, Zaire , Roxane dans Bajazet , Cléopatre dans
Rodogune , Ariane , Pauline dans Polieudte , Phédre
, la Reine dans Guftave , Alzire , Penelope &
Médée. Ces deux dernieres tragédies font très -médiocres
; on les donne moins fréquemment que
celles des bons Auteurs . Penelope eut une chute
marquée dans la nouveauté , à peine put-elle fupporter
fix représentations , & elle a eu bien de la
peine à fe relever. Il y a apparence que cette tragédie
auroit été abandonnée, fi Baron , à la rentrée
au théatre , n'avoit voulu jouer les trois reconnoiffances
qui fe trouvent dans le rolle d'U
lyffe . Les deux premiers actes de Penelope font
extrêmement froids , la verfification de toute la
DECEMBRE. 1754 173
piece eft dure , profaïque & prefque toujours platte
, les rolles épifodiques font infupportables ; il y
a un perfonnage d'Yphife qu'on devroit fupprimer,
il eft abfolument inutile ; & l'amour de Telemaque
pour cette Princefle eft ridicule. Il y a des endroits
touchans dans les trois derniers actes ; la
reconnoiffance du cinquiéme fait fur- tout un
grand effet. Cette piece eft difficile à bien rendre ;
elle exige le plus grand foin de la part des Ateurs
, & principalement de la part de Penelope .
Mlle Clairon y ravit tous les fpectateurs . M. La-
Doue qui eft chargé du rolle d'Ulyſſe , s'en acquitte
auffi très-bien . Le dénouement de Penelope
devroit être en action au lieu d'être en récit. Il
y a un autre défaut dans ce dénouement , c'eſt
qu'Ulyffe n'y paroît pas : on feroit bien aife de le
revoir triomphant de fes ennemis , & paifible poffeffeur
de fes Etats .
Il nous paroît que les connoiffeurs eftiment plus.
Médée que Penelope ; les deux grands refforts de
la tragédie , la terreur & la pitié , s'y font fentir
plus vivement. Il n'y a point de perfonnage épi
fodique ; l'action en eft fimple & grande , & le
fujet bien traité. Il y a des beautés dans tous les
actes. Le quatrieme eft frappant. Médée prête à
poignarder fes enfans , & retenue par l'amour maternel
, remplit tous les fpectateurs d'effroi . Il
feroit à fouhaiter que le rolle de Jafon fût moins
foible & moins odieux . Les prétextes dont il fe
fert abandonner Médée , font miférables ;
ils excitent une indignation générale . Les rolles
de Créon & de Créufe ne font gueres mieux faits ,
Longepierre a tout facrifié à celui de Médée. Il
ya quelquefois de l'élévation dans les vers de
cette piece, il y a même des tours naturels & heureux
, mais le ftyle n'eft pas foutenu . On voit que
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE:
P'Auteur s'eft fatigué quand il a voulu mettre de la
force & de la nobleffe dans l'expreffion ; fon imagination
s'épuife promptement . La tragédie de
Médée fut reçue froidement lorfqu'elle fut mife
au théatre en 1694 , & cet ouvrage étoit preſque
oublié , lorfque les Comédiens en rifquerent une
repriſe au mois de Septembre 1728. Mlle Balicour
y rempliffoit le principal rolle , & le fuccès
en fut prodigieux , quoiqu'on ne le repréfentât
que les Mardis & Vendredis , les deux jours de
fa femaine ou la Comédie eft le moins fréquentée.
Depuis la retraite de Mlle Balicour , la tragédie
de Médée s'eft foutenue par les talens de Miles
Dumefnil & Clairon ; & tant qu'il y aura de grandes
Actrices au théatre , elle s'y maintiendra.
M. Molé a continué fon début par les rollesd'Horace
dans l'Ecole des femmes , de Seleucus
dans Rodogune , de Fréderic dans Guſtave , du
Chevalier dans le Diftrait , & de Charmant dans
l'Oracle,
On a donné le Samedi 16 , à la fuite du Ma
homet de M. de Voltaire , la petite Comédie de
la Pupille. Mlle Guéant y a débuté pour la troifieme
fois par le rolle de la Pupille ; elle a joué le
lendemain Mélite dans le Philofophe marié. On
a trouvé qu'elle avoit la figure plus agréable &
plus noble que jamais , & qu'elle avoit beaucoup
acquis du côté du fentiment & de l'expreffion . Le
public paroît defirer qu'elle foit reçue pour les
rolles de feconde amoureuſe.
tes de Thalie. Ce fpectacle , depuis le brillant
début de Mile Cohendet , attire plus de monde
qu'il n'en attiroit d'abord. Le goût du Public
pour la voix & le talent de la nouvelle Actrice eft
toujours très-vif. On retirera le 3 Décembre les
Fêtes de Thalie , pour mettre Thésée.
Les Comédiens François font tous réunis depuis
le 18 de Novembre. Tandis qu'une partie faifoit
les délices de la Cour à Fontainebleau , ceux qui
étoient restés à Paris , foutenoient le théatre avec
fuccès ; & ils avoient de très-fortes repréfentations,
quoiqu'ils ne donnaffent que des pieces de répertoire
. Mlle Clairon a beaucoup joué , & toujours
fupérieurement. Les rolles qu'elle a repréſentés
pendant l'abfence , font Agrippine dans Britannicus
, Zaire , Roxane dans Bajazet , Cléopatre dans
Rodogune , Ariane , Pauline dans Polieudte , Phédre
, la Reine dans Guftave , Alzire , Penelope &
Médée. Ces deux dernieres tragédies font très -médiocres
; on les donne moins fréquemment que
celles des bons Auteurs . Penelope eut une chute
marquée dans la nouveauté , à peine put-elle fupporter
fix représentations , & elle a eu bien de la
peine à fe relever. Il y a apparence que cette tragédie
auroit été abandonnée, fi Baron , à la rentrée
au théatre , n'avoit voulu jouer les trois reconnoiffances
qui fe trouvent dans le rolle d'U
lyffe . Les deux premiers actes de Penelope font
extrêmement froids , la verfification de toute la
DECEMBRE. 1754 173
piece eft dure , profaïque & prefque toujours platte
, les rolles épifodiques font infupportables ; il y
a un perfonnage d'Yphife qu'on devroit fupprimer,
il eft abfolument inutile ; & l'amour de Telemaque
pour cette Princefle eft ridicule. Il y a des endroits
touchans dans les trois derniers actes ; la
reconnoiffance du cinquiéme fait fur- tout un
grand effet. Cette piece eft difficile à bien rendre ;
elle exige le plus grand foin de la part des Ateurs
, & principalement de la part de Penelope .
Mlle Clairon y ravit tous les fpectateurs . M. La-
Doue qui eft chargé du rolle d'Ulyſſe , s'en acquitte
auffi très-bien . Le dénouement de Penelope
devroit être en action au lieu d'être en récit. Il
y a un autre défaut dans ce dénouement , c'eſt
qu'Ulyffe n'y paroît pas : on feroit bien aife de le
revoir triomphant de fes ennemis , & paifible poffeffeur
de fes Etats .
Il nous paroît que les connoiffeurs eftiment plus.
Médée que Penelope ; les deux grands refforts de
la tragédie , la terreur & la pitié , s'y font fentir
plus vivement. Il n'y a point de perfonnage épi
fodique ; l'action en eft fimple & grande , & le
fujet bien traité. Il y a des beautés dans tous les
actes. Le quatrieme eft frappant. Médée prête à
poignarder fes enfans , & retenue par l'amour maternel
, remplit tous les fpectateurs d'effroi . Il
feroit à fouhaiter que le rolle de Jafon fût moins
foible & moins odieux . Les prétextes dont il fe
fert abandonner Médée , font miférables ;
ils excitent une indignation générale . Les rolles
de Créon & de Créufe ne font gueres mieux faits ,
Longepierre a tout facrifié à celui de Médée. Il
ya quelquefois de l'élévation dans les vers de
cette piece, il y a même des tours naturels & heureux
, mais le ftyle n'eft pas foutenu . On voit que
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE:
P'Auteur s'eft fatigué quand il a voulu mettre de la
force & de la nobleffe dans l'expreffion ; fon imagination
s'épuife promptement . La tragédie de
Médée fut reçue froidement lorfqu'elle fut mife
au théatre en 1694 , & cet ouvrage étoit preſque
oublié , lorfque les Comédiens en rifquerent une
repriſe au mois de Septembre 1728. Mlle Balicour
y rempliffoit le principal rolle , & le fuccès
en fut prodigieux , quoiqu'on ne le repréfentât
que les Mardis & Vendredis , les deux jours de
fa femaine ou la Comédie eft le moins fréquentée.
Depuis la retraite de Mlle Balicour , la tragédie
de Médée s'eft foutenue par les talens de Miles
Dumefnil & Clairon ; & tant qu'il y aura de grandes
Actrices au théatre , elle s'y maintiendra.
M. Molé a continué fon début par les rollesd'Horace
dans l'Ecole des femmes , de Seleucus
dans Rodogune , de Fréderic dans Guſtave , du
Chevalier dans le Diftrait , & de Charmant dans
l'Oracle,
On a donné le Samedi 16 , à la fuite du Ma
homet de M. de Voltaire , la petite Comédie de
la Pupille. Mlle Guéant y a débuté pour la troifieme
fois par le rolle de la Pupille ; elle a joué le
lendemain Mélite dans le Philofophe marié. On
a trouvé qu'elle avoit la figure plus agréable &
plus noble que jamais , & qu'elle avoit beaucoup
acquis du côté du fentiment & de l'expreffion . Le
public paroît defirer qu'elle foit reçue pour les
rolles de feconde amoureuſe.
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Résumé : « L'Académie royale de Musique continue les Fêtes de Thalie. Ce spectacle, depuis le brillant [...] »
En décembre 1754, les activités théâtrales étaient marquées par plusieurs événements notables. L'Académie royale de Musique poursuivait les 'Fêtes de Thalie', attirant un public de plus en plus nombreux grâce à la performance de Mile Cohendet. Cependant, à partir du 3 décembre, ces fêtes ont été remplacées par la représentation de 'Thésée'. Parallèlement, les Comédiens Français, réunis depuis le 18 novembre, ont donné des représentations tant à la cour de Fontainebleau qu'à Paris, malgré un répertoire limité. Ces représentations ont été couronnées de succès. Mlle Clairon a interprété plusieurs rôles prestigieux, notamment dans 'Britannicus', 'Zaire', 'Bajazet', 'Rodogune', 'Polyeucte', 'Gustave', 'Alzire', 'Pénélope' et 'Médée'. Parmi ces pièces, les tragédies 'Pénélope' et 'Médée' ont reçu des critiques mitigées. 'Pénélope' a été accueillie tièdement et a été sauvée par l'interprétation de Baron. La pièce a été critiquée pour sa versification dure et ses rôles épisodiques insupportables. En revanche, 'Médée' a été mieux appréciée pour ses effets de terreur et de pitié, bien que certains rôles aient été jugés faibles. Cette tragédie a connu un succès renouvelé grâce à des actrices comme Mlle Balicour, Duménil et Clairon. M. Molé a également interprété plusieurs rôles avec succès. Quant à Mlle Guéant, elle a fait ses débuts dans 'La Pupille' et 'Mélite', recevant des éloges pour son jeu et son expression.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 174-185
« Les Comédiens Italiens ont fait l'ouverture de leur théatre le Mercredi 13 Novembre par l'Heureux [...] »
Début :
Les Comédiens Italiens ont fait l'ouverture de leur théatre le Mercredi 13 Novembre par l'Heureux [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Air, Capitaine, Servante, Vieillard, Chocolat, Personnages, Maître, Époux, Yeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comédiens Italiens ont fait l'ouverture de leur théatre le Mercredi 13 Novembre par l'Heureux [...] »
Les Comédiens Italiens ont fait l'ouverture de
leur théatre le Mercredi 13 Novembre par l'Heu
reux ftratagême , très -ingénieufe Comédie Françoife
, en trois actes , de M. de Marivaux ; elle a
été fuivie de Baftien de Baftienne . Le Jeudi 14
DECEMBRE. 1754. 175
ils ont repris , toujours avec fuccès , la Servante
Maitreffe, dont voici l'extrait .
ACTEURS.
Pandolfe , vieillard ,
Zerbine , fa fervante ,
Scapin , fon valet ,
M. Rochard.
Mlle Favart.
Perfonnage muet.
Pandolfe ouvre la fcene par le monologue fuivant
; il eſt affis devant une petite table.
AIR.
Long-tems attendre
Sans voir venir ;
Au lit s'étendre ,
Ne point dormir ;
Grand'peine prendre
Sans parvenir ;
Sont trois fujets d'aller fe pendre.
C'eft auffi ſe mocquer des gens ;
Voilà trois heures que j'attends
Que ma fervante enfin m'apporte
Mon chocolat ; elle n'a pas le tems.
Cependant il faut que je forte :
Elle me dira , que m'importe ?
Oh ! c'en eft trop ; je fuis trop bon ;
Mais je vais prendre un autre ton .
Le vieillard appelle Zerbine de toutes les for
ces. En fe retournant il apperçoit Scapin , qui eft
entré fans dire mot , & qui fe tient tranquillement
derriere lui. Comme malgré les cris de fon
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE .
maître , il ne s'empreffe pas d'aller chercher Zerbine
, Pandolphe eft obligé de le pouffer dehors
par les épaules. Il continue enfuite de fe plaindre
de fa fervante.
Récitatif accompagné .
Voilà pourtant , voilà comment
On fait foi-même fon tourment.
Je trouve cette enfant qui me paroît gentille ;
Je la demande à fa famille ;
On ! me la donne , & depuis ce moment
Je l'éleve comme ma fille .
Que m'en revient-il à préfent ?
Mes bontés l'ont rendue à tel point infolente ,
Capricieuſe , impertinente ,
Qu'il faut avant qu'il foit long- tems ,
S'attendre enfin que la fervante
Sera la maîtreffe céans.
Oh ! tout ceci m'impatiente.
Zerbine entre en difputant avec Scapin , & lui
dit :
AIR.
Eh bien , finiras - tu , deux fois , trois fois ;.
Je n'en ai pas le tems , cela te doit fuffire.
Fort bien.
Pandolfe , à part.
Zerbine.
Combien de fois faut-il te le redire ?
DECEMBRE. 1754. 177
Si ton maître eft preffé faut- il que je le fois
A merveille.
Pandolfe , à part.
Zerbine.
Finis , Scapin , fi tu m'en crois ,
Ma patience enfin ſe laffe ;
Si tu la réduis aux abois ,
Je vais faire pleuvoir vingt foufflets fur ta face.
Elle fe met en devoir de fouffleter Scapin :
Pandolfe l'arrête , & lui demande ce qui peut la
mettre fi fort en courroux ; elle lui répond qu'elle
ne veut pas fouffrir que Scapin lui donne des leçons.
Pandolfe a beau lui dire que c'eſt de fa
part , & qu'il veut avoir fon chocolat . Ce chocolat
n'eft point fait , & Zerbine n'a pas le tems
d'en faire . Pandolfe impatienté , & hors de luimême
, fait beaucoup rire Scapin ; Zerbine s'en
offenfe , & Pandolfe avoue qu'on a raiſon de ſe
mocquer de lui , mais il affure que tout ceci finira.
AIR.
Sans fin , fans ceffe ,
Nouveaux procès ;
Et fi , & mais ,
Et oui , & non ,
Tout fur ce ton ;
Jamais , jamais , au grand jamais ,
On n'eft en paix,
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
Mais que t'en femble à toi ?
Dois-je en crever , moi ?
Non , par ma foi.
Un jour viendra ,
Qu'on fe plaindra ,
Qu'on gémira ,
Quand on fera
Dans la détreffe ;
On maudira
à Scapin.
Son trifte fort ,
On fentira
Qu'on avoit tort .
à Scapin
Qu'en penfes-tu ? n'eft - il pas vrai è
Hai ,
Dis , toi ,
Quoi !
Oui , oui fur ma foi.
Sans fin , fans ceffe , & c:
Pandolfe demande à Scapin fa canne & fon épée
pour fortir. Zerbine 's'y oppofe ; il faut encore
que le vieillard en paffe par là. L'infolence de fa
fervante lui fait prendre la réfolution de fe marier
, fût-ce à une guenon. Zerbine le raille fur
ce prétendu mariage , & lui dit que s'il fe marie
, il n'aura pas d'autre femme qu'elle . Cette
imprudence redouble la colere de Pandolfe ; Zerbine
infifte fur fon projet.
DECEMBRE. 1754 179
Duo en Dialogue.
Je devine
Zerbine.
A ces yeux , à cette mine
Fine ,
Lutine ,
Affaffine ;
Vous avez beau dire non ;
Bon , bon ;
Vos yeux me difent que fi ,
Et je veux le croire ainfi .
Pandolfe.
Ma divine ,
Vous vous trompez à ma mine
Très-fort ;
Prenez un peu moins l'effor ,
Mes yeux avec moi d'accord ,
Vous diront vous avez tort.
Zerbine.
Mais comment ! mais pourquoi
Je fuis jolie ,
Mais très-jolie ,
Douce , polie :
Voulez-vous de l'agrément , de la fineffe
Des bons airs de toute espéce ,
Gentilleffe ,,
Nobleffe ?
Regardez-moi.
Hvj
480. MERCURE DE FRANCE.
Pandolfe , à part.
Sur mon ame , elle me tente ;
Elle eft charmante.
Zerbine , à
part.
Pour le coup il devient tendre .
Il faut fe rendre.
Pandolfe.
Ah ! laiffes-moi.
Zerbine.
Il faut me prendre.
Pandolfe.
Tu rêves , je crois.
Zerbine.
à Pandolfe.
Tu veux en vain t'en défendre :
11 faut que tu fois à moi.
Zerbine,
Je t'aime ,
Je fuis à toi ,
Sois donc à moi.
Pandolfe?
O peine extrême !
Je fuis , ma foi ,
Tout hors de moi.
Le fecond acte commence par un air que
Zerbine chante feule , & dont les paroles conviennent
à toutes les filles qui pourront fe trouves
dans le cas où elle est.
DECEMBRE. 1754. 181
AIR.
Vous gentilles ,
Jeunes filles ,
'Aux vieillards qui tendez vos filets ;
Qui cherchez des maris , beaux ou laids ,
Apprenez , retenez bien mes fecrets ;
Vous allez voir comme je fais.
Tour à tour avec adreffe ,
Je menace , je careffe ;
Quelque tems
Je me défends ,
Mais enfin je me rends.
Elle a mis Scapin dans fes intérêts ; il confent
à faire le perfonnage d'un Capitaine déguifé qui
la demande en mariage. Zerbine appercevant
Pandolfe , fait femblant de fe repentir de fes infolences
& de fa témérité , & elle lui dit qu'elle eft
recherchée par le Capitaine Tempête , auquel
elle a promis fa foi . Elle chante enfuite les paroles
qui fuivent.
Récitatif accompagné .
Jouiffez cependant du deftin le plus doux ;
Soyez long- tems l'heureux époux
De celle que le Ciel aujourd'hui vous deftine .
Souvenez -vous quelquefois de Zerbine ,
Qui tant qu'elle vivra ſe ſouviendra de vous .
AIR , tendrement.
A Zerbine laiff ez , par grace,
Sz MERCURE DEFRANCE,
Quelque place
En votre fouvenir ;
L'en bannir ;
Quelle difgrace !
Eh comment la foutenir ?
Pandolfe s'attendrit par dégrés , & veut cacherfo
attendrisjement.
Zerbine à part , gaiement.
Il eft , ma foi , dupe de ma grimace ,
Je le vois déja s'attendrir.
à Pandolfe , tendrement.
De Zerbine gardez , par grace
Quelque trace ;
L'oublier , quelle diſgrace !
Eh , comment le foutenir ?
* part , gaiement
Il y va venir.
Pandolfe s'attendrit de plus en pluss
Il ne peut long-tems tenir.
Pandolfe , tendrement.
Si je fus impertinente ,
Contrariante ,
Vous m'en voyez repentante ,
Pardonnez-moi.
Elle fejette auxgenoux de Pandolfe , qui luiprend
la main comme en cachette.
à part , gaiement.
Mais..... il me prend la main ,
DECEMBRE. 1754 183
Ma foi l'affaire eft en bon train.
Zerbine demande enfuite à Pandolfe la permiffion
de lui préfenter fon prétendu ; Pandolfe y
confent. Cet homme lui fait peur par fon air
bourru & par les grimaces. Le vieillard commence
à plaindre Zerbine de tomber en de pareilles
mains. Le Capitaine garde un filence obftiné
en préfence de Pandolfe , qui s'en étonne.
Zerbine promet en le tirant à l'écart de le faire
parler ; la réponſe qu'elle rapporte eft que le Capitaine
demande à Pandolfe la dot de fa future ,
puifqu'il lui a tenu lieu de pere : Pandolfe , plus
furpris quejamais , dit qu'il aille fe promener . Le
faux Capitaine fait femblant d'entrer en fureur , &
menace Pandolfe en grinçant les dents . Pandolfe
appelle Scapin à fon fecours : Scapin qui ne
fonge plus au perfonnage de Capitaine qu'il étoit
obligé de faire , veut accourir , & Zerbine le retient.
Pandolfe qui a perdu tout à fait la tête , fe
propofe pour époux à Zerbine fi elle veut congé
dier le Capitaine.
Zerbine , en le regardant tendrement.
Vous , Monfieur !
Pandolfe , vivement .
Oui , ma chere , il n'eft plus tems de feindre
A cet aveu tu fçais à la fin me contraindre.
Je t'aime , je t'adore , & je fuis comme un fou :
Prends ma main , prends mon coeur , prends mon
bien , & renvoie
Ce maudit fpadaffin , ce franc oifeau de proie
A qui Satan puiffe tordre le cou.
184 MERCURE DE FRANCE,
Zerbine.
Ah ! mon cher maître , en confcience ,
Vous méritez la préférence ;
Je vous la donne , & c'eft de très -grand coeur :
Voilà ma main , vous êtes le vainqueur.
Pandolfe.
Il ne faut pas non plus braver le Capitaine ;
Attends qu'il foit forti de ma maifon.
Zerbine.
Oh ! ne vous mettez pas en peine ;
Je vais d'un mot le mettre à la raiſon.
à Scapin.
Scapin , tu peux quitter cet attirail fantafque ;
Nous n'avons plus befoin de maſque.
Scapin fe découvre en riant aux éclats.
Pandolfe.
Comment , coquin , c'est toi !
Zerbine.
De quoi vous plaignez-vous ;
Quand vous devez ma main à ſon adreſſe ?
Pandolfe.
left vrai , je ne puis me fàcher d'une piece
Qui met le comble à mesvoeux les plus doux.
DECEMBRE , 1754. 185
Zerbine.
Elle remplit auffi les miens , mon cher époux.
à part.
J'étois fervante , & je deviens maîtrefle.
La piece finit par un duo en dialogue de Pan-
'dolfe & de Zerbine.
Tous les amateurs ont été fi contens de la traduction
de la Serva padrona , qu'ils invitent M.
Borans à vouloir bien traduire les autres intermedes
Italiens qui ont réuſſi .
leur théatre le Mercredi 13 Novembre par l'Heu
reux ftratagême , très -ingénieufe Comédie Françoife
, en trois actes , de M. de Marivaux ; elle a
été fuivie de Baftien de Baftienne . Le Jeudi 14
DECEMBRE. 1754. 175
ils ont repris , toujours avec fuccès , la Servante
Maitreffe, dont voici l'extrait .
ACTEURS.
Pandolfe , vieillard ,
Zerbine , fa fervante ,
Scapin , fon valet ,
M. Rochard.
Mlle Favart.
Perfonnage muet.
Pandolfe ouvre la fcene par le monologue fuivant
; il eſt affis devant une petite table.
AIR.
Long-tems attendre
Sans voir venir ;
Au lit s'étendre ,
Ne point dormir ;
Grand'peine prendre
Sans parvenir ;
Sont trois fujets d'aller fe pendre.
C'eft auffi ſe mocquer des gens ;
Voilà trois heures que j'attends
Que ma fervante enfin m'apporte
Mon chocolat ; elle n'a pas le tems.
Cependant il faut que je forte :
Elle me dira , que m'importe ?
Oh ! c'en eft trop ; je fuis trop bon ;
Mais je vais prendre un autre ton .
Le vieillard appelle Zerbine de toutes les for
ces. En fe retournant il apperçoit Scapin , qui eft
entré fans dire mot , & qui fe tient tranquillement
derriere lui. Comme malgré les cris de fon
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE .
maître , il ne s'empreffe pas d'aller chercher Zerbine
, Pandolphe eft obligé de le pouffer dehors
par les épaules. Il continue enfuite de fe plaindre
de fa fervante.
Récitatif accompagné .
Voilà pourtant , voilà comment
On fait foi-même fon tourment.
Je trouve cette enfant qui me paroît gentille ;
Je la demande à fa famille ;
On ! me la donne , & depuis ce moment
Je l'éleve comme ma fille .
Que m'en revient-il à préfent ?
Mes bontés l'ont rendue à tel point infolente ,
Capricieuſe , impertinente ,
Qu'il faut avant qu'il foit long- tems ,
S'attendre enfin que la fervante
Sera la maîtreffe céans.
Oh ! tout ceci m'impatiente.
Zerbine entre en difputant avec Scapin , & lui
dit :
AIR.
Eh bien , finiras - tu , deux fois , trois fois ;.
Je n'en ai pas le tems , cela te doit fuffire.
Fort bien.
Pandolfe , à part.
Zerbine.
Combien de fois faut-il te le redire ?
DECEMBRE. 1754. 177
Si ton maître eft preffé faut- il que je le fois
A merveille.
Pandolfe , à part.
Zerbine.
Finis , Scapin , fi tu m'en crois ,
Ma patience enfin ſe laffe ;
Si tu la réduis aux abois ,
Je vais faire pleuvoir vingt foufflets fur ta face.
Elle fe met en devoir de fouffleter Scapin :
Pandolfe l'arrête , & lui demande ce qui peut la
mettre fi fort en courroux ; elle lui répond qu'elle
ne veut pas fouffrir que Scapin lui donne des leçons.
Pandolfe a beau lui dire que c'eſt de fa
part , & qu'il veut avoir fon chocolat . Ce chocolat
n'eft point fait , & Zerbine n'a pas le tems
d'en faire . Pandolfe impatienté , & hors de luimême
, fait beaucoup rire Scapin ; Zerbine s'en
offenfe , & Pandolfe avoue qu'on a raiſon de ſe
mocquer de lui , mais il affure que tout ceci finira.
AIR.
Sans fin , fans ceffe ,
Nouveaux procès ;
Et fi , & mais ,
Et oui , & non ,
Tout fur ce ton ;
Jamais , jamais , au grand jamais ,
On n'eft en paix,
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
Mais que t'en femble à toi ?
Dois-je en crever , moi ?
Non , par ma foi.
Un jour viendra ,
Qu'on fe plaindra ,
Qu'on gémira ,
Quand on fera
Dans la détreffe ;
On maudira
à Scapin.
Son trifte fort ,
On fentira
Qu'on avoit tort .
à Scapin
Qu'en penfes-tu ? n'eft - il pas vrai è
Hai ,
Dis , toi ,
Quoi !
Oui , oui fur ma foi.
Sans fin , fans ceffe , & c:
Pandolfe demande à Scapin fa canne & fon épée
pour fortir. Zerbine 's'y oppofe ; il faut encore
que le vieillard en paffe par là. L'infolence de fa
fervante lui fait prendre la réfolution de fe marier
, fût-ce à une guenon. Zerbine le raille fur
ce prétendu mariage , & lui dit que s'il fe marie
, il n'aura pas d'autre femme qu'elle . Cette
imprudence redouble la colere de Pandolfe ; Zerbine
infifte fur fon projet.
DECEMBRE. 1754 179
Duo en Dialogue.
Je devine
Zerbine.
A ces yeux , à cette mine
Fine ,
Lutine ,
Affaffine ;
Vous avez beau dire non ;
Bon , bon ;
Vos yeux me difent que fi ,
Et je veux le croire ainfi .
Pandolfe.
Ma divine ,
Vous vous trompez à ma mine
Très-fort ;
Prenez un peu moins l'effor ,
Mes yeux avec moi d'accord ,
Vous diront vous avez tort.
Zerbine.
Mais comment ! mais pourquoi
Je fuis jolie ,
Mais très-jolie ,
Douce , polie :
Voulez-vous de l'agrément , de la fineffe
Des bons airs de toute espéce ,
Gentilleffe ,,
Nobleffe ?
Regardez-moi.
Hvj
480. MERCURE DE FRANCE.
Pandolfe , à part.
Sur mon ame , elle me tente ;
Elle eft charmante.
Zerbine , à
part.
Pour le coup il devient tendre .
Il faut fe rendre.
Pandolfe.
Ah ! laiffes-moi.
Zerbine.
Il faut me prendre.
Pandolfe.
Tu rêves , je crois.
Zerbine.
à Pandolfe.
Tu veux en vain t'en défendre :
11 faut que tu fois à moi.
Zerbine,
Je t'aime ,
Je fuis à toi ,
Sois donc à moi.
Pandolfe?
O peine extrême !
Je fuis , ma foi ,
Tout hors de moi.
Le fecond acte commence par un air que
Zerbine chante feule , & dont les paroles conviennent
à toutes les filles qui pourront fe trouves
dans le cas où elle est.
DECEMBRE. 1754. 181
AIR.
Vous gentilles ,
Jeunes filles ,
'Aux vieillards qui tendez vos filets ;
Qui cherchez des maris , beaux ou laids ,
Apprenez , retenez bien mes fecrets ;
Vous allez voir comme je fais.
Tour à tour avec adreffe ,
Je menace , je careffe ;
Quelque tems
Je me défends ,
Mais enfin je me rends.
Elle a mis Scapin dans fes intérêts ; il confent
à faire le perfonnage d'un Capitaine déguifé qui
la demande en mariage. Zerbine appercevant
Pandolfe , fait femblant de fe repentir de fes infolences
& de fa témérité , & elle lui dit qu'elle eft
recherchée par le Capitaine Tempête , auquel
elle a promis fa foi . Elle chante enfuite les paroles
qui fuivent.
Récitatif accompagné .
Jouiffez cependant du deftin le plus doux ;
Soyez long- tems l'heureux époux
De celle que le Ciel aujourd'hui vous deftine .
Souvenez -vous quelquefois de Zerbine ,
Qui tant qu'elle vivra ſe ſouviendra de vous .
AIR , tendrement.
A Zerbine laiff ez , par grace,
Sz MERCURE DEFRANCE,
Quelque place
En votre fouvenir ;
L'en bannir ;
Quelle difgrace !
Eh comment la foutenir ?
Pandolfe s'attendrit par dégrés , & veut cacherfo
attendrisjement.
Zerbine à part , gaiement.
Il eft , ma foi , dupe de ma grimace ,
Je le vois déja s'attendrir.
à Pandolfe , tendrement.
De Zerbine gardez , par grace
Quelque trace ;
L'oublier , quelle diſgrace !
Eh , comment le foutenir ?
* part , gaiement
Il y va venir.
Pandolfe s'attendrit de plus en pluss
Il ne peut long-tems tenir.
Pandolfe , tendrement.
Si je fus impertinente ,
Contrariante ,
Vous m'en voyez repentante ,
Pardonnez-moi.
Elle fejette auxgenoux de Pandolfe , qui luiprend
la main comme en cachette.
à part , gaiement.
Mais..... il me prend la main ,
DECEMBRE. 1754 183
Ma foi l'affaire eft en bon train.
Zerbine demande enfuite à Pandolfe la permiffion
de lui préfenter fon prétendu ; Pandolfe y
confent. Cet homme lui fait peur par fon air
bourru & par les grimaces. Le vieillard commence
à plaindre Zerbine de tomber en de pareilles
mains. Le Capitaine garde un filence obftiné
en préfence de Pandolfe , qui s'en étonne.
Zerbine promet en le tirant à l'écart de le faire
parler ; la réponſe qu'elle rapporte eft que le Capitaine
demande à Pandolfe la dot de fa future ,
puifqu'il lui a tenu lieu de pere : Pandolfe , plus
furpris quejamais , dit qu'il aille fe promener . Le
faux Capitaine fait femblant d'entrer en fureur , &
menace Pandolfe en grinçant les dents . Pandolfe
appelle Scapin à fon fecours : Scapin qui ne
fonge plus au perfonnage de Capitaine qu'il étoit
obligé de faire , veut accourir , & Zerbine le retient.
Pandolfe qui a perdu tout à fait la tête , fe
propofe pour époux à Zerbine fi elle veut congé
dier le Capitaine.
Zerbine , en le regardant tendrement.
Vous , Monfieur !
Pandolfe , vivement .
Oui , ma chere , il n'eft plus tems de feindre
A cet aveu tu fçais à la fin me contraindre.
Je t'aime , je t'adore , & je fuis comme un fou :
Prends ma main , prends mon coeur , prends mon
bien , & renvoie
Ce maudit fpadaffin , ce franc oifeau de proie
A qui Satan puiffe tordre le cou.
184 MERCURE DE FRANCE,
Zerbine.
Ah ! mon cher maître , en confcience ,
Vous méritez la préférence ;
Je vous la donne , & c'eft de très -grand coeur :
Voilà ma main , vous êtes le vainqueur.
Pandolfe.
Il ne faut pas non plus braver le Capitaine ;
Attends qu'il foit forti de ma maifon.
Zerbine.
Oh ! ne vous mettez pas en peine ;
Je vais d'un mot le mettre à la raiſon.
à Scapin.
Scapin , tu peux quitter cet attirail fantafque ;
Nous n'avons plus befoin de maſque.
Scapin fe découvre en riant aux éclats.
Pandolfe.
Comment , coquin , c'est toi !
Zerbine.
De quoi vous plaignez-vous ;
Quand vous devez ma main à ſon adreſſe ?
Pandolfe.
left vrai , je ne puis me fàcher d'une piece
Qui met le comble à mesvoeux les plus doux.
DECEMBRE , 1754. 185
Zerbine.
Elle remplit auffi les miens , mon cher époux.
à part.
J'étois fervante , & je deviens maîtrefle.
La piece finit par un duo en dialogue de Pan-
'dolfe & de Zerbine.
Tous les amateurs ont été fi contens de la traduction
de la Serva padrona , qu'ils invitent M.
Borans à vouloir bien traduire les autres intermedes
Italiens qui ont réuſſi .
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Résumé : « Les Comédiens Italiens ont fait l'ouverture de leur théatre le Mercredi 13 Novembre par l'Heureux [...] »
Les Comédiens Italiens ont inauguré leur théâtre le 13 novembre 1754 avec la pièce 'Le Faux Fratagem' de Marivaux, suivie de 'Bastien et Bastienne'. Le 14 décembre 1754, ils ont repris avec succès 'La Servante Maîtresse' de Marivaux. Cette pièce met en scène trois personnages principaux : Pandolfe, un vieillard, Zerbine, sa servante, et Scapin, le valet de Zerbine. Pandolfe, impatient d'attendre son chocolat, se plaint de l'insolence de Zerbine. Zerbine et Scapin se disputent, et Zerbine menace de le gifler. Exaspéré, Pandolfe décide de se marier, même avec une guenon. Zerbine le raille et insiste sur son projet. Dans le deuxième acte, Zerbine chante un air où elle conseille aux jeunes filles de se défendre tout en se rendant. Elle manipule Pandolfe en lui faisant croire qu'un capitaine, en réalité Scapin déguisé, la demande en mariage. Pandolfe, attendri, finit par avouer son amour à Zerbine. Zerbine accepte et révèle que Scapin était déguisé. La pièce se termine par un duo entre Pandolfe et Zerbine, qui deviennent mari et femme. Les spectateurs ont apprécié la traduction de 'La Servante Maîtresse' et souhaitent que d'autres intermèdes italiens soient traduits.
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3
p. 185
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le Concert Spirituel qui fut exécuté le premier Novembre, fête de tous les Saints, commença [...]
Mots clefs :
Concert spirituel
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
E Concert Spirituel qui fut exécuté le premier
Novembre , fête de tous les Saints , commença
par une fymphonie de M. Labbé fils ; enfuite
Cantate Domino , motet à grand choeur de Lalande
, dans lequel Mlle Cohendet chanta le récit
Viderunt. Mile Lepri chanta un air Italien . M.
Palanca joua un concerto de la compofition del
Signor Beffozzi. Mlle Lepri chanta un fecond air
Italien . Le Concert finit par De profundis , motet à
grand choeur de M. Mondonville.
E Concert Spirituel qui fut exécuté le premier
Novembre , fête de tous les Saints , commença
par une fymphonie de M. Labbé fils ; enfuite
Cantate Domino , motet à grand choeur de Lalande
, dans lequel Mlle Cohendet chanta le récit
Viderunt. Mile Lepri chanta un air Italien . M.
Palanca joua un concerto de la compofition del
Signor Beffozzi. Mlle Lepri chanta un fecond air
Italien . Le Concert finit par De profundis , motet à
grand choeur de M. Mondonville.
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