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Résultats : 4 texte(s)
3
p. 242-244
« Madame de Saliez Viguiere d'Alby, dont je vous ay envoyé / Grand Roy, qu'on est heureux [...] »
Début :
Madame de Saliez Viguiere d'Alby, dont je vous ay envoyé / Grand Roy, qu'on est heureux [...]
Mots clefs :
Roi, Vaisseaux, Empereur, Chrétiens, Foudre, Hérésie, Hercule, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Madame de Saliez Viguiere d'Alby, dont je vous ay envoyé / Grand Roy, qu'on est heureux [...] »
Madame de Saliez ViguieGALANT.
243
re d'Alby , dont je vous ay
envoyé plufieurs Ouvrages,
a fait le Sonnet fuivant. Il a
paffé pour le meilleur , aprés
celuy du Pere Morgues.
G
Rand Roy , qu'on est heureux
de vivre fous vos Loix !
Vos fuperbes Vaiffeaux deftinez aux
conqueftes ,
Courent toutes les mers fans peril ,
fans tempeftes ,
Tout respecte , tout craint l'Empereur
des François.
En faveur des Chrétiens vos fondres
toûjours preftes
Ont fceu brifer leurs fers déja plus
d'une fois ,
Nous voyons par vos foins l'Herefie
aux abois , X ij
244 MERCURE
Un Hercule a fuffi pour cette Hydre
à cent testes.
♡
Que de travauxfifaints ,fi grands,
fi glorieux
Ouvrent à voftre gloire un beau champ
dans les Cieux ,
Et que c'eft dignement porter le Diadefme!
La Grandeur devant Dieu , n'eft qu'un
point , qu'un neant ,
Plusjufte, plus pieux que pas un Conquerant
,
Vous paroiffez , Grand Roy , Grand
aux yeux de Dieu mefme.
243
re d'Alby , dont je vous ay
envoyé plufieurs Ouvrages,
a fait le Sonnet fuivant. Il a
paffé pour le meilleur , aprés
celuy du Pere Morgues.
G
Rand Roy , qu'on est heureux
de vivre fous vos Loix !
Vos fuperbes Vaiffeaux deftinez aux
conqueftes ,
Courent toutes les mers fans peril ,
fans tempeftes ,
Tout respecte , tout craint l'Empereur
des François.
En faveur des Chrétiens vos fondres
toûjours preftes
Ont fceu brifer leurs fers déja plus
d'une fois ,
Nous voyons par vos foins l'Herefie
aux abois , X ij
244 MERCURE
Un Hercule a fuffi pour cette Hydre
à cent testes.
♡
Que de travauxfifaints ,fi grands,
fi glorieux
Ouvrent à voftre gloire un beau champ
dans les Cieux ,
Et que c'eft dignement porter le Diadefme!
La Grandeur devant Dieu , n'eft qu'un
point , qu'un neant ,
Plusjufte, plus pieux que pas un Conquerant
,
Vous paroiffez , Grand Roy , Grand
aux yeux de Dieu mefme.
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Résumé : « Madame de Saliez Viguiere d'Alby, dont je vous ay envoyé / Grand Roy, qu'on est heureux [...] »
Madame de Saliez Viguie dédie un sonnet à Louis XIV, célébrant sa grandeur et ses réalisations. Elle loue la puissance maritime du roi et ses actions en faveur des chrétiens opprimés. Comparé à Hercule, Louis XIV triomphe contre l'hérésie. Le poème exalte sa piété, sa justice et ses gloires, le présentant comme supérieur à tous les conquérants aux yeux de Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 66-76
LETTRE DE MADAME de Saliez, à Mrs l'Academie des Ricovrati de Padouë.
Début :
Je croy vous avoir mandé que l'Academie des Ricovrati / Messieurs, Les Lettres Patentes que vous avez fait expedier en ma [...]
Mots clefs :
Académie des Ricovrati de Padoue, Monde, Langue, Sexe, Écrits, Dames, Académie française, Siècle, Académie royale d'Arles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MADAME de Saliez, à Mrs l'Academie des Ricovrati de Padouë.
Jecroy vous avoir mandé-
-;
que l'Academie des Ricovrati
de Padoüe
,
ayant donné des
Lettres d'association à beaucou p
de Dames d'un fore
grand merite, ceux qui composent cet illustre Corps, en
avoient aussi envoyé à Madame de Saliez,Viguiere
d'Albi. Il y a
long-temps
que ses Ouvrages vous l'ont
fait connoistre. La réponse
qu'elle a
faite à cette gavante Compagnie) est tres-digned'elle, & ellevous doit plaire
d'autant plus, qu'outre qu'elle y
soûtient noblement
les avantages de son Sexe,
elle a
trouvé moyen d'y
meslerl'éloge denostre Auguste Monarque. En voicyles termes.
LETTRE -1
DE MADAM,E3
de Saliez, à Mrs de PAca*- -i
demie des Ricovrati de al
Padouë. M
ESSIEVRS,
Les Lettres Patentes quenjour in
ave;~ fait expr
dier en. ma fà- ave% -3 fait expedier en. ma fiieveur.,,pour medonnerune place ~;
dans voflre celelre Academie"
«_
!
efiant en Langue Italienne, il U
semble que les très-humbles r.t- -y
merciemens que je vous jaisr
devraientejlre auJji en Italien
>
mais outre que Jenen connais
pas aetez toutes les delicateffis
y
CJT1 qu'il efl indiffèrent en quelle
Langue l'on parle a des personnes qui les pojJedcllttOUks.) quel
moyen, quand on a
le bonheur
d'êtreSujette de LOVIS LE
GRANDt de preferer un
Autre Langage à celuy qui régne dans ses Etats> C4 duquel
ilJefertpour nous donner desi
juste-s & de si douces Loixî
Tandis que toutes les Nations
du monde qui aimentses vertus,
ofi qui craignent sa ptfijjknce
>
apprennent à parler comme nous,
<
je ne puis m'attacher qu'à une'
Langue qui va devenir universelle
p
& que nojlresçavants
AcademieFrançoift a
mise en
un si haut point de perfection>
quelle eflplussevere
,
plusmoaejie
,
*
presque aussiferrée &
aujft fécondé que la Latine.
f*avouéyMoeurs, quemts
Ecrits ne peuvent pas vous prouruer cette vérité.Née dans la
Province, & n'ayant pointejlé
à Paris corriger les défauts de
mon Langage, comme Yonalloit
autrefoisL) corriger <->àAt-henes ceux
de la LangueAsiatique> je rit
q
puis ecrireavec la mesme jufa
l
teJJè que Mesdames de Scudery
,
)
des Houlieres, Dacier) &
i
de Ville-Dieu9qui font si diJ
» gnes du rang que vous leur ave^
donnéparmy vous. La hauteur
de leur e/prit a
eslé fecondéc
d'une jïtuation heureuse
au milieu de n?aris> & animée par la
'Ueué. er par lufage du grand
& du beau monde. taujfi ces
'Dames font-dles devenues un
des miracles de ce
SiecleJ& leurs
Ecrits étonneront bien plus la
pofleritéyque ceux des Femmes
dessieclespa/fez
ne nous étonnent.Je
croy quïlm'eji permis
de vous dire
,
^Hcffieurs
>
afin
que vous ne vous repentIez pas
de l'honneur
que vous m'ave%
faity que bien que mes écrits
joient infiniment au dejjous des
leursy ils ont fouveHt d'heureux
succés. Von y voit la nature
toutepure>&ce caraflere aisé ne
déplaift point. Enfin puis que
mes Ouvrages mont attirévofirf
estime,personnen'efl plus en
droit de les condamner. Vous tenez dans le monde la place de
ces fameux Grecs qui décidoient
du merite des Auteurs, aujJibien que de celuy des Heros.
Fous les furpajfie^mesme pas
une
Une droiture de cœur qui vous
fait rendrejuflice à mon Sexe,
en me recevant dans vojlre illttstre Academie
3
& naffefiant
point une diftinElion que le Ciel
e la Nature nont jamais ett
dejjein de mettre entre les hommcs & nous. Leur jalousie la
fitnaijlre> nostre modeflie l'a
souffertey & sans que nous
ayons troublé le monde par nos
plaintes, les hommes commencent
àse repentir de leur usurpation
3 & lever empire tirannique va
tomber de luy-mesme. Déjàl*Academie Royale d'Arles afuinjy
njoftre exemple à noflre érard,
Cm- de nos meilleurs Scrivainé
ont traité à fond de l'égalité
des Sexes
,
qui ne si contesse
plus en France depuis que
nojlre jufle Monarqueeflirne c5r
récompense le mente de l'un &
de l'attire Sexe. NtoublicZ pas
MejJieurs, cette marque deÇon
équité dans les Eloges que vous
luy 7 donnez. J JeT Jçay que cet
auguste fujct remplit jouvent
'Vos gavantes veilles. Quelle
occupation -" pourrie^-vous ,trouver plus digne de vous; & quels
Homeres peut trouver ce
JÈJeros
plus dignes de luy? Mais quelques idées que la Renommée vous
donne de fis vertus> vous rien
comprendrez jamais quunepartie; le bonheur de lesconnoiflre
toutes en reservé à [es heureux
Sujetssurlesquels il regne par
amourplusœbfolument que tous
les autres Rois ne regnentsur les
leurs par la terreur & par la
crainte. Il gouverne avec tant
t
de douceur un Peuple naturelle
t ment fournis a ses Monarques,
>
& dont il fait les delices
y
que
j
chacun sacrifieroit avec plaifr
\pour luyses biens £7*sa vie. Il
h
Aime ses Sujets autant qu'il en
est aimé7 & cejl sans doute en
à
cela que confîfle la plus veritable st) la plus feure félicité da
Rois. Vous voyez, Messieurss
que je confirme mon caraéhrc
doux eJimple, en ne vous parlant que de la honte de [on toeur. Je laisse au flde sublime à le representer telqu'il cft à la resse
de Jes yérméesiportant la frayeur
che% ses EnnemÚ. Cependant»
MessieursJ toute la France vous
eftobligée del'ïnterst que mous
prenez. à sa gloire) C' cette raison nesspasmoins puyfante que
la f!lrace que vous mame%faite>
pour mengagera ejlre pour m'engagerA, toute ma eprc toute ma
'Vie, Moeurs
>
voflre»&c
A Albi lezs. Sept. 1689
-;
que l'Academie des Ricovrati
de Padoüe
,
ayant donné des
Lettres d'association à beaucou p
de Dames d'un fore
grand merite, ceux qui composent cet illustre Corps, en
avoient aussi envoyé à Madame de Saliez,Viguiere
d'Albi. Il y a
long-temps
que ses Ouvrages vous l'ont
fait connoistre. La réponse
qu'elle a
faite à cette gavante Compagnie) est tres-digned'elle, & ellevous doit plaire
d'autant plus, qu'outre qu'elle y
soûtient noblement
les avantages de son Sexe,
elle a
trouvé moyen d'y
meslerl'éloge denostre Auguste Monarque. En voicyles termes.
LETTRE -1
DE MADAM,E3
de Saliez, à Mrs de PAca*- -i
demie des Ricovrati de al
Padouë. M
ESSIEVRS,
Les Lettres Patentes quenjour in
ave;~ fait expr
dier en. ma fà- ave% -3 fait expedier en. ma fiieveur.,,pour medonnerune place ~;
dans voflre celelre Academie"
«_
!
efiant en Langue Italienne, il U
semble que les très-humbles r.t- -y
merciemens que je vous jaisr
devraientejlre auJji en Italien
>
mais outre que Jenen connais
pas aetez toutes les delicateffis
y
CJT1 qu'il efl indiffèrent en quelle
Langue l'on parle a des personnes qui les pojJedcllttOUks.) quel
moyen, quand on a
le bonheur
d'êtreSujette de LOVIS LE
GRANDt de preferer un
Autre Langage à celuy qui régne dans ses Etats> C4 duquel
ilJefertpour nous donner desi
juste-s & de si douces Loixî
Tandis que toutes les Nations
du monde qui aimentses vertus,
ofi qui craignent sa ptfijjknce
>
apprennent à parler comme nous,
<
je ne puis m'attacher qu'à une'
Langue qui va devenir universelle
p
& que nojlresçavants
AcademieFrançoift a
mise en
un si haut point de perfection>
quelle eflplussevere
,
plusmoaejie
,
*
presque aussiferrée &
aujft fécondé que la Latine.
f*avouéyMoeurs, quemts
Ecrits ne peuvent pas vous prouruer cette vérité.Née dans la
Province, & n'ayant pointejlé
à Paris corriger les défauts de
mon Langage, comme Yonalloit
autrefoisL) corriger <->àAt-henes ceux
de la LangueAsiatique> je rit
q
puis ecrireavec la mesme jufa
l
teJJè que Mesdames de Scudery
,
)
des Houlieres, Dacier) &
i
de Ville-Dieu9qui font si diJ
» gnes du rang que vous leur ave^
donnéparmy vous. La hauteur
de leur e/prit a
eslé fecondéc
d'une jïtuation heureuse
au milieu de n?aris> & animée par la
'Ueué. er par lufage du grand
& du beau monde. taujfi ces
'Dames font-dles devenues un
des miracles de ce
SiecleJ& leurs
Ecrits étonneront bien plus la
pofleritéyque ceux des Femmes
dessieclespa/fez
ne nous étonnent.Je
croy quïlm'eji permis
de vous dire
,
^Hcffieurs
>
afin
que vous ne vous repentIez pas
de l'honneur
que vous m'ave%
faity que bien que mes écrits
joient infiniment au dejjous des
leursy ils ont fouveHt d'heureux
succés. Von y voit la nature
toutepure>&ce caraflere aisé ne
déplaift point. Enfin puis que
mes Ouvrages mont attirévofirf
estime,personnen'efl plus en
droit de les condamner. Vous tenez dans le monde la place de
ces fameux Grecs qui décidoient
du merite des Auteurs, aujJibien que de celuy des Heros.
Fous les furpajfie^mesme pas
une
Une droiture de cœur qui vous
fait rendrejuflice à mon Sexe,
en me recevant dans vojlre illttstre Academie
3
& naffefiant
point une diftinElion que le Ciel
e la Nature nont jamais ett
dejjein de mettre entre les hommcs & nous. Leur jalousie la
fitnaijlre> nostre modeflie l'a
souffertey & sans que nous
ayons troublé le monde par nos
plaintes, les hommes commencent
àse repentir de leur usurpation
3 & lever empire tirannique va
tomber de luy-mesme. Déjàl*Academie Royale d'Arles afuinjy
njoftre exemple à noflre érard,
Cm- de nos meilleurs Scrivainé
ont traité à fond de l'égalité
des Sexes
,
qui ne si contesse
plus en France depuis que
nojlre jufle Monarqueeflirne c5r
récompense le mente de l'un &
de l'attire Sexe. NtoublicZ pas
MejJieurs, cette marque deÇon
équité dans les Eloges que vous
luy 7 donnez. J JeT Jçay que cet
auguste fujct remplit jouvent
'Vos gavantes veilles. Quelle
occupation -" pourrie^-vous ,trouver plus digne de vous; & quels
Homeres peut trouver ce
JÈJeros
plus dignes de luy? Mais quelques idées que la Renommée vous
donne de fis vertus> vous rien
comprendrez jamais quunepartie; le bonheur de lesconnoiflre
toutes en reservé à [es heureux
Sujetssurlesquels il regne par
amourplusœbfolument que tous
les autres Rois ne regnentsur les
leurs par la terreur & par la
crainte. Il gouverne avec tant
t
de douceur un Peuple naturelle
t ment fournis a ses Monarques,
>
& dont il fait les delices
y
que
j
chacun sacrifieroit avec plaifr
\pour luyses biens £7*sa vie. Il
h
Aime ses Sujets autant qu'il en
est aimé7 & cejl sans doute en
à
cela que confîfle la plus veritable st) la plus feure félicité da
Rois. Vous voyez, Messieurss
que je confirme mon caraéhrc
doux eJimple, en ne vous parlant que de la honte de [on toeur. Je laisse au flde sublime à le representer telqu'il cft à la resse
de Jes yérméesiportant la frayeur
che% ses EnnemÚ. Cependant»
MessieursJ toute la France vous
eftobligée del'ïnterst que mous
prenez. à sa gloire) C' cette raison nesspasmoins puyfante que
la f!lrace que vous mame%faite>
pour mengagera ejlre pour m'engagerA, toute ma eprc toute ma
'Vie, Moeurs
>
voflre»&c
A Albi lezs. Sept. 1689
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Résumé : LETTRE DE MADAME de Saliez, à Mrs l'Academie des Ricovrati de Padouë.
L'Académie des Ricovrati de Padoue a adressé des lettres d'association à Madame de Saliez, vicomtesse d'Albi, en reconnaissance de ses œuvres. Madame de Saliez a répondu à cette distinction en mettant en avant les mérites de son sexe et en louant Louis le Grand. Elle exprime sa gratitude en français, langue qu'elle préfère en tant que sujette du roi de France et qu'elle considère comme universelle grâce à l'Académie française. Elle cite également des femmes écrivaines françaises telles que Madame de Scudéry et Madame Dacier, dont les œuvres sont dignes d'admiration. Madame de Saliez affirme que ses propres écrits, bien que modestes, ont été bien accueillis et qu'elle mérite sa place au sein de l'Académie des Ricovrati. Elle souligne la droiture de cœur de l'Académie, qui reconnaît les mérites des femmes sans discrimination. Elle conclut en louant les vertus du roi Louis XIV, dont la justice et la douceur sont exemplaires, et en exprimant sa gratitude pour l'honneur qui lui a été fait.
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1
p. 230-237
A MADAME DE SALIEZ Viguiere d'Alby, sur son galant projet de la nouvelle Secte de Philosophes en faveur des Dames.
Début :
Je me souviens de vous avoir envoyé les Statuts / J'aurois bien de la joye, Madame, si j'avois un jour [...]
Mots clefs :
Dames, Académie, Marquise , Étude, Héroïne, Nature, Philosophe, Âme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME DE SALIEZ Viguiere d'Alby, sur son galant projet de la nouvelle Secte de Philosophes en faveur des Dames.
Ie me fouviens de vous avoir envoyé
les Statuts d'une nouvelle Secte
de Philofophes , que propoſoit Madame
la Viguiere d'Alby. C'eft fur ce
Sujet que la Lettre qui fuit luy a cfté
adrefee.
du Mercure Galant.
231
S$25 $25 SS SSSS2SS
A
MADAME DE SALIEZ
Viguiere d'Alby , fur fon
galant projet de la nouvelle
Secte de
Philofophes en faveur
des Dames.
J
' Aurois bien de la joye , Madame
, fi j'avois un jour l'avan.
tage d'eftre au nombre de vos
Philofophes. Les Loix de voftre
nouvelle Secte en faveur des Dames
s'accordent avec le bon fens,
& fi fort avec mon humeur , queje
vous demande avec empreffemet
l'honneur d'eftre receuë parmy
vous , dans l'extrême envie que
j'ay de goûter une vie douce &
232 Extraordinaire
tranquille, & de la paſſer avec des
perfonnes choifies , dont le meri
te , & l'efprit font univerfellement
reconnus. Oüy , Madame,
je mets toute ma gloire à eftre de
cette agreable & noble Academie
, & quoy que je n'aye pas
toutes les qualitez neceffaires ,
j'oſe dire neanmoins fans flatterie
que j'ay cette docilité naturelle
, & propre à recevoir vos
inftructions avec une foûmiſſion
parfaite , & avec toute l'exactitude
poffible. Je loüe , & j'admire
comme vous voftre Incomparable
Marquife , qui doit avoir un
grand plaisir de vous avoir fair
naiftre un fi glorieux deffein , &
mefme il me femble jufte , puif
que le bel efprit eft de tous les
Sexes. Vous en trouverez fans
du Mercure Galant.
213
doute affez dans le noftre , pour
faire une Academie ; mais comme
les Graces ne vont jamais fans
l'Amour, & que les Mufes ne font
jamais fans Apollon , vous avez
raifon , Madame , de ne pas defvoir
les Sexes , & de ne pas exclurre
par une Loy rigoureuſe &
injufte , ces Hommes Illuftres
dont la conduite reguliere , l'humeur
honnefte , les manieres galantes
& aifées , le nom fameux ,
& le profond fçavoir répondent
à voftre intention & à voftre fin.
Par cét union fi raiſonnable & fi
parfaite , qui fera toûjours audeffus
de la médifance , vous ferez
l'accord de l'Art avec la Nature.
L'Etude , l'experience &
Pautorité des grands Hommes
foutiendront le beau genie , & le
2. d'Octobre. 1685. V
234
Extraordinaire
brillant des Femmes. Ne croyezpas
, s'il vous plaift , Madame ;
qu'en faifant voftre éloge , & celuy
de vos Heroines auffi-bien que
de vos Heros , je veüille adroitement
faire le mien ; je ne fuis ny
affez fine , ny affez prefomptueufe.
Je vous eftime trop , & je
me connois parfaitement ; je fou
haite beaucoup de perfections
que je n'ay pas mais du moins
pour me confoler dans l'attente
du bien que vous pouvez me
procurer , j'ay fans me flatter un
efprit doux & facile , à recevoir
toutes les bonnes impreffions que
vous luy voudrez donner , & mon
coeur n'a rien à, ſe reprocher :
car enfin fans vanité je penſe
mieux que je n'écrits , & l'on me .
dit fouvent que j'agis mieux que
du Mercure Galant . 235
je ne penfe. J'efpere de l'Art ce
que la Nature m'a refufé , & que
la raifon veut que j'aille chercher
dans voftre Academie. Je le trouveray
ce tréfor admirable , fi vous
m'y accordez une place , & ma
fortune fera faite fi je fuis de vos
Academiciennes mais comme
heureuſement voftre Compagnie
eft également eftablie & pour
l'efprit & pour le coeur, j'ofe efperer
, Madame , qu'en fuivant vos
confeils , je perfectionneray l'un
& que je contenteray l'autre , en
trouvant . ce repos que je defire
depuis fi long- temps & qui
joint à la connoiffance de la verité
& à l'amour de la vertu , fait
le bon heur de la vie , & le but
de toutes les belles Ames. Bien
que ma temerité foit grande , elle
,
V ij
216 Extraordinaire
eft digne de loüange , & toute
imparfaite que ie fois , vous au
rez de l'honneur à me rendre
parfaite. On peut imiter dans une
Secte de Philofophes , dans une
Academie de beaux Efprits , l'induftrie
des Peintres , qui mettent
à propos dans leurs Tableaux les
plus achevez des ombres pour
relever les couleurs. Dailleurs ,
Madame , commne vous fçavez ,
les perfonnes ont leur point de
perfpective , de forte qu'on les
doit regarder de differentes manieres.
Ne me confiderez donc
pas de prés , mais de loin , c'eſt
à dire , ne jugez pas de moy par
mais par les le commencement ,
fuites. Enfin , Madame , c'eft fous
les aufpices du Protecteur de
noftre Sexe , le Favory des Mus
du Mercure Galant. 217.
3
fes , & mon Amy , que je vous
demande voſtre protection au
prés de voſtre aimable Marqui
fe. Ayant une recommandation
auffi forte que la voftre , je ne
doute pas que je ne puiffe efperer
un jour d'obtenir par droit
ce que vous m'accorderez par
grace. J'auray autant de reconnoiffance
, que vous aurez de
gloire d'avoir fait une heureuſe ,
& je m'affeure que vous ne rou
girez jamais de m'avoir receuë.
Dans ces fentimens que je vous
prie de croire finceres , Je fuis ,
Madame , avec tout le respect
imaginable , Voftre tres. humble
& tres, obeïffante Servante ,
CLARICE .
les Statuts d'une nouvelle Secte
de Philofophes , que propoſoit Madame
la Viguiere d'Alby. C'eft fur ce
Sujet que la Lettre qui fuit luy a cfté
adrefee.
du Mercure Galant.
231
S$25 $25 SS SSSS2SS
A
MADAME DE SALIEZ
Viguiere d'Alby , fur fon
galant projet de la nouvelle
Secte de
Philofophes en faveur
des Dames.
J
' Aurois bien de la joye , Madame
, fi j'avois un jour l'avan.
tage d'eftre au nombre de vos
Philofophes. Les Loix de voftre
nouvelle Secte en faveur des Dames
s'accordent avec le bon fens,
& fi fort avec mon humeur , queje
vous demande avec empreffemet
l'honneur d'eftre receuë parmy
vous , dans l'extrême envie que
j'ay de goûter une vie douce &
232 Extraordinaire
tranquille, & de la paſſer avec des
perfonnes choifies , dont le meri
te , & l'efprit font univerfellement
reconnus. Oüy , Madame,
je mets toute ma gloire à eftre de
cette agreable & noble Academie
, & quoy que je n'aye pas
toutes les qualitez neceffaires ,
j'oſe dire neanmoins fans flatterie
que j'ay cette docilité naturelle
, & propre à recevoir vos
inftructions avec une foûmiſſion
parfaite , & avec toute l'exactitude
poffible. Je loüe , & j'admire
comme vous voftre Incomparable
Marquife , qui doit avoir un
grand plaisir de vous avoir fair
naiftre un fi glorieux deffein , &
mefme il me femble jufte , puif
que le bel efprit eft de tous les
Sexes. Vous en trouverez fans
du Mercure Galant.
213
doute affez dans le noftre , pour
faire une Academie ; mais comme
les Graces ne vont jamais fans
l'Amour, & que les Mufes ne font
jamais fans Apollon , vous avez
raifon , Madame , de ne pas defvoir
les Sexes , & de ne pas exclurre
par une Loy rigoureuſe &
injufte , ces Hommes Illuftres
dont la conduite reguliere , l'humeur
honnefte , les manieres galantes
& aifées , le nom fameux ,
& le profond fçavoir répondent
à voftre intention & à voftre fin.
Par cét union fi raiſonnable & fi
parfaite , qui fera toûjours audeffus
de la médifance , vous ferez
l'accord de l'Art avec la Nature.
L'Etude , l'experience &
Pautorité des grands Hommes
foutiendront le beau genie , & le
2. d'Octobre. 1685. V
234
Extraordinaire
brillant des Femmes. Ne croyezpas
, s'il vous plaift , Madame ;
qu'en faifant voftre éloge , & celuy
de vos Heroines auffi-bien que
de vos Heros , je veüille adroitement
faire le mien ; je ne fuis ny
affez fine , ny affez prefomptueufe.
Je vous eftime trop , & je
me connois parfaitement ; je fou
haite beaucoup de perfections
que je n'ay pas mais du moins
pour me confoler dans l'attente
du bien que vous pouvez me
procurer , j'ay fans me flatter un
efprit doux & facile , à recevoir
toutes les bonnes impreffions que
vous luy voudrez donner , & mon
coeur n'a rien à, ſe reprocher :
car enfin fans vanité je penſe
mieux que je n'écrits , & l'on me .
dit fouvent que j'agis mieux que
du Mercure Galant . 235
je ne penfe. J'efpere de l'Art ce
que la Nature m'a refufé , & que
la raifon veut que j'aille chercher
dans voftre Academie. Je le trouveray
ce tréfor admirable , fi vous
m'y accordez une place , & ma
fortune fera faite fi je fuis de vos
Academiciennes mais comme
heureuſement voftre Compagnie
eft également eftablie & pour
l'efprit & pour le coeur, j'ofe efperer
, Madame , qu'en fuivant vos
confeils , je perfectionneray l'un
& que je contenteray l'autre , en
trouvant . ce repos que je defire
depuis fi long- temps & qui
joint à la connoiffance de la verité
& à l'amour de la vertu , fait
le bon heur de la vie , & le but
de toutes les belles Ames. Bien
que ma temerité foit grande , elle
,
V ij
216 Extraordinaire
eft digne de loüange , & toute
imparfaite que ie fois , vous au
rez de l'honneur à me rendre
parfaite. On peut imiter dans une
Secte de Philofophes , dans une
Academie de beaux Efprits , l'induftrie
des Peintres , qui mettent
à propos dans leurs Tableaux les
plus achevez des ombres pour
relever les couleurs. Dailleurs ,
Madame , commne vous fçavez ,
les perfonnes ont leur point de
perfpective , de forte qu'on les
doit regarder de differentes manieres.
Ne me confiderez donc
pas de prés , mais de loin , c'eſt
à dire , ne jugez pas de moy par
mais par les le commencement ,
fuites. Enfin , Madame , c'eft fous
les aufpices du Protecteur de
noftre Sexe , le Favory des Mus
du Mercure Galant. 217.
3
fes , & mon Amy , que je vous
demande voſtre protection au
prés de voſtre aimable Marqui
fe. Ayant une recommandation
auffi forte que la voftre , je ne
doute pas que je ne puiffe efperer
un jour d'obtenir par droit
ce que vous m'accorderez par
grace. J'auray autant de reconnoiffance
, que vous aurez de
gloire d'avoir fait une heureuſe ,
& je m'affeure que vous ne rou
girez jamais de m'avoir receuë.
Dans ces fentimens que je vous
prie de croire finceres , Je fuis ,
Madame , avec tout le respect
imaginable , Voftre tres. humble
& tres, obeïffante Servante ,
CLARICE .
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Résumé : A MADAME DE SALIEZ Viguiere d'Alby, sur son galant projet de la nouvelle Secte de Philosophes en faveur des Dames.
Dans une lettre adressée à Madame de Saliez, Viguière d'Alby, Clarice exprime son souhait de rejoindre une nouvelle secte de philosophes fondée par cette dernière. Clarice admire particulièrement les lois de cette secte qui favorisent les dames et correspondent à son tempérament. Elle loue l'initiative de la Marquise et reconnaît la nécessité d'inclure des hommes illustres pour compléter l'Académie. Clarice se décrit comme ayant un esprit docile et prêt à recevoir des instructions, espérant améliorer ses qualités par l'étude et l'expérience. Elle conclut en sollicitant la protection de Madame de Saliez auprès de la Marquise, assurant sa reconnaissance et son respect.
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