Auteur du texte (40)
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Auteur probable (1)
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Détail
Liste
Résultats : 40 texte(s)
1
p. 98
ENIGME.
Début :
Je suis l'ajustement mignon [...]
Mots clefs :
Soulier d'une femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
E fuis l'ajustement mignon
De laide , ou gentille femelle ,
Sur moi j'attire un oeil fripon
Et jette très-vive étincelle ;
Sous l'aiguille & l'or travaillé ,
J'occupe mondaine & nonette;
Je ſuis l'ame d'une toilette ,
Et tiens ſouvent lieu de beauté;
Si je dépens d'une coquette
Je ſuis rarement à ſon gré ;
Bientôt dédaigné , rejetté ,
Je finis avec la ſoubrette
Qui m'a ſi ſouvent envié.
De Bouffanelle , Capitaine au Régiment de
Cavalerie de Beauvilliers.
E fuis l'ajustement mignon
De laide , ou gentille femelle ,
Sur moi j'attire un oeil fripon
Et jette très-vive étincelle ;
Sous l'aiguille & l'or travaillé ,
J'occupe mondaine & nonette;
Je ſuis l'ame d'une toilette ,
Et tiens ſouvent lieu de beauté;
Si je dépens d'une coquette
Je ſuis rarement à ſon gré ;
Bientôt dédaigné , rejetté ,
Je finis avec la ſoubrette
Qui m'a ſi ſouvent envié.
De Bouffanelle , Capitaine au Régiment de
Cavalerie de Beauvilliers.
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2
p. 99-100
LOGOGRYPHE.
Début :
Lecteur, dix pieds forment mon être, [...]
Mots clefs :
Quenouille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Lecteur , dix pieds forment mon être .
Utile à la ville & aux champs ,
Sous les lambris & ſous le hêtre ,
Je ſuis le plus doux pafle- tems :
J'enfante le diſcours frivole ,
Detout caquet je tiens l'école ,
On me trouve juſqu'aux enfers ;
Jadis je ſçus donner des fers
Aun Héros : mais je m'arrête ,
Paſſons à des êtres divers.
Joins , romps mes pieds , fais à ta tête :
Je ſuis la fille d'Inachus ,
D'Aaron , Lévite& Prophéte ,
Dumonde la plus grande fête ,
L'aſtre qui ſuccéde à Phébus ,
L'indocile & commune mere ,
De l'univers le ſecond pere ,
L'idole de tous les mortels ,
L'heureux trône des immortels ;
Ce fleuve , Dieu du Paganiſme ,
Une erreur du Mahométiſme ,
Les deux ſens à l'homme ſi chers ,
Un coup de fortune ou revers ;
Cet inſtrument de même forme ,
Plusgrand que celui d'Apollon ,
E ij
100 MERCUREDE FRANCE,
Un crime déreſtable , énorme ,
Un jeu vil , un très-bon poi Ton ;
Ce nombre par qui tout commence;
Certain abus de la finance ,
Undes ſept péchés capitaux ;
Un précepte de l'Evangile ,
L'animal le plus imbécile,
Unde nos précieux canaux;
Une femelle dangereuſe ,
Le nom d'une Tribu fameuſe .
Laplus fatale paffion ,
-Cette plante par tout utile ,
Des hommes le vrai domicile;
L'ennemi de toute boiſſon :
Une petite République ,
Ce cercle étroit & magnifique .
Lecteur, j'ai dit , cherche mon nom.
Bouffanelle.
Lecteur , dix pieds forment mon être .
Utile à la ville & aux champs ,
Sous les lambris & ſous le hêtre ,
Je ſuis le plus doux pafle- tems :
J'enfante le diſcours frivole ,
Detout caquet je tiens l'école ,
On me trouve juſqu'aux enfers ;
Jadis je ſçus donner des fers
Aun Héros : mais je m'arrête ,
Paſſons à des êtres divers.
Joins , romps mes pieds , fais à ta tête :
Je ſuis la fille d'Inachus ,
D'Aaron , Lévite& Prophéte ,
Dumonde la plus grande fête ,
L'aſtre qui ſuccéde à Phébus ,
L'indocile & commune mere ,
De l'univers le ſecond pere ,
L'idole de tous les mortels ,
L'heureux trône des immortels ;
Ce fleuve , Dieu du Paganiſme ,
Une erreur du Mahométiſme ,
Les deux ſens à l'homme ſi chers ,
Un coup de fortune ou revers ;
Cet inſtrument de même forme ,
Plusgrand que celui d'Apollon ,
E ij
100 MERCUREDE FRANCE,
Un crime déreſtable , énorme ,
Un jeu vil , un très-bon poi Ton ;
Ce nombre par qui tout commence;
Certain abus de la finance ,
Undes ſept péchés capitaux ;
Un précepte de l'Evangile ,
L'animal le plus imbécile,
Unde nos précieux canaux;
Une femelle dangereuſe ,
Le nom d'une Tribu fameuſe .
Laplus fatale paffion ,
-Cette plante par tout utile ,
Des hommes le vrai domicile;
L'ennemi de toute boiſſon :
Une petite République ,
Ce cercle étroit & magnifique .
Lecteur, j'ai dit , cherche mon nom.
Bouffanelle.
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3
p. 55
VERS ENIGMATIQUES.
Début :
Je suis le chef d'une tribu, [...]
Mots clefs :
An ou l'année
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS ENIGMATIQUES.
VERS ENIGMATIQUES.
J fais le chef d'une tribu , E
Dont l'origine & la fin font le monde ,
Quoique vieillard , je fuis tout nu
Et ne crains point que d'hyver me morfonde.
J'ai deux noms de genres divers ,
Je fuis au gré des gens , ou mâle , ou bien femelle
Peu m'importe comme on m'appelle ) ".
J'expire , & je renaîs dans ce vafte Univers .
Ma naiffance & ma mort ont un terme fidéle.
Je ſuis père de douze enfans ,
Mère , fi vous voulez ( c'est même parentage )
Chacun de ces enfans en a bien davantage
Et pour le moins m'a doublé dans ce fens .
Dans ce nombreux & fingulier ménage ,
Les uns font beaux , d'autres noirs & méchans
Et malgré qu'ils foient d'un même âge ,
Il en eft prèfque autant de petits que de grands ,
Je ne dis plus qu'un mot de toute ma fequelle :
De ce nombre d'enfans , que m'a donné le fort ,
Tous font ainfi que moi d'une race immortelle ,
Nul d'entre eux cependant n'eft exempt de la
mort.
Par M. DE BOUSSANELLE , Meftre de Camp
de Cavalerie , Capitaine dans le Commiffaire- Ge
néral
J fais le chef d'une tribu , E
Dont l'origine & la fin font le monde ,
Quoique vieillard , je fuis tout nu
Et ne crains point que d'hyver me morfonde.
J'ai deux noms de genres divers ,
Je fuis au gré des gens , ou mâle , ou bien femelle
Peu m'importe comme on m'appelle ) ".
J'expire , & je renaîs dans ce vafte Univers .
Ma naiffance & ma mort ont un terme fidéle.
Je ſuis père de douze enfans ,
Mère , fi vous voulez ( c'est même parentage )
Chacun de ces enfans en a bien davantage
Et pour le moins m'a doublé dans ce fens .
Dans ce nombreux & fingulier ménage ,
Les uns font beaux , d'autres noirs & méchans
Et malgré qu'ils foient d'un même âge ,
Il en eft prèfque autant de petits que de grands ,
Je ne dis plus qu'un mot de toute ma fequelle :
De ce nombre d'enfans , que m'a donné le fort ,
Tous font ainfi que moi d'une race immortelle ,
Nul d'entre eux cependant n'eft exempt de la
mort.
Par M. DE BOUSSANELLE , Meftre de Camp
de Cavalerie , Capitaine dans le Commiffaire- Ge
néral
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5
p. 74-76
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis un meuble utile, antique, & très-vulgaire, [...]
Mots clefs :
Portemanteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPH Ε.
E fuis un meuble utile
gaire ,
, antique , & très-vul-
De couleur , de forme arbitraire ,
Quand de moi l'on ſe ſert, je dois être d'à-plomb.
Me voilà décélé par quelque militaire ,
Dans ce métier je ſuis de grand renom ;
Douze pieds compoſent mon nom
J'en renferme une foule d'autres ,
Dans madiſſection vous les trouverez tous,
Çà , curieux , amuſez-vous.
Trois de mes pieds font un des patenôtres ,
Un élément , un vaſe , un fleuve , un animal ,
Un accident du ciel , un aliment frugal ,
Un Patriarche , un Dieu , ce reſte qu'on évite
Pans toutes les liqueurs , ce que la gloire excite,
Une petite bête , un ſon qui nous peint tout ,
Ce qui ne meurt jamais & que rien ne ditut ,
Quatre grandes cités en France , en Arménie ,
Dans la Chine , ou dans l'Arabie ;
Ce ſein ſi périlleux , certains débris du tems ,
De quoi fertiliſer les jardins & les champs.
ΜΑΙ 1767: 75
:
En ajoutez-vous un , je deviens l'enveloppe
De preſque tous les corps , le travail du cyclope ,
Un azile , un vifcere , un arbre , un triſte oiſeau ,
Un paſſage qui n'eſt ni barque ni radeau ,
Un être malheureux , un grand linge , un eſclave,
Le tribunal , la ville où ſe tient le conclave ,
Un ouvrage de paille , un bâtiment très -haut ,
Et ce qu'un bon buveur aime mieux qu'un quar
taut ,
L'outil que le grivois chérit comme ſa pipe ,
Celle qui fit frémir Alexandre & Philippe ,
Le nom de tout écrit , agréable , ou fâcheux ,
Celle par qui l'on compte ſes aïeux ,
L'ami d'Aſſuerus , un fleuve , une riviere ,
Le principe des tons , la fin de la prière .
Otez-m'en deux , je coule aſſez loin du Jourdain ,
Enſuite je deviens un fleuve ultramontain ,
Depuis un très-long tems j'expire pour renaître ,
Puis j'allume & j'éteins à mon gré le ſalpêtre.
Donnez-m'en cinq en tout , je ne ſuis plus qu'un
jeu ,
Un petit pâturage , un amas tout en feu ,
Un troupeau belliqueux , le Dieu de la nature ,
Une ville , une couverture ,
Une herbe , une rivière , un appas , une fin ,
Un petit animal , un être tour chagrin ,
Un lugubre habitant du centre de la terre ,
Un mortel qui s'élève au ſéjour du tonnerre ,
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Un ouvrage fublime , ou riſible à l'excès,
Finiſſons , j'en ai dit aſſez .
:
Par M. DE BOUSSANELLE , Mestre
de Camp , Capitaine au régiment
du Commiffaire Général.
E fuis un meuble utile
gaire ,
, antique , & très-vul-
De couleur , de forme arbitraire ,
Quand de moi l'on ſe ſert, je dois être d'à-plomb.
Me voilà décélé par quelque militaire ,
Dans ce métier je ſuis de grand renom ;
Douze pieds compoſent mon nom
J'en renferme une foule d'autres ,
Dans madiſſection vous les trouverez tous,
Çà , curieux , amuſez-vous.
Trois de mes pieds font un des patenôtres ,
Un élément , un vaſe , un fleuve , un animal ,
Un accident du ciel , un aliment frugal ,
Un Patriarche , un Dieu , ce reſte qu'on évite
Pans toutes les liqueurs , ce que la gloire excite,
Une petite bête , un ſon qui nous peint tout ,
Ce qui ne meurt jamais & que rien ne ditut ,
Quatre grandes cités en France , en Arménie ,
Dans la Chine , ou dans l'Arabie ;
Ce ſein ſi périlleux , certains débris du tems ,
De quoi fertiliſer les jardins & les champs.
ΜΑΙ 1767: 75
:
En ajoutez-vous un , je deviens l'enveloppe
De preſque tous les corps , le travail du cyclope ,
Un azile , un vifcere , un arbre , un triſte oiſeau ,
Un paſſage qui n'eſt ni barque ni radeau ,
Un être malheureux , un grand linge , un eſclave,
Le tribunal , la ville où ſe tient le conclave ,
Un ouvrage de paille , un bâtiment très -haut ,
Et ce qu'un bon buveur aime mieux qu'un quar
taut ,
L'outil que le grivois chérit comme ſa pipe ,
Celle qui fit frémir Alexandre & Philippe ,
Le nom de tout écrit , agréable , ou fâcheux ,
Celle par qui l'on compte ſes aïeux ,
L'ami d'Aſſuerus , un fleuve , une riviere ,
Le principe des tons , la fin de la prière .
Otez-m'en deux , je coule aſſez loin du Jourdain ,
Enſuite je deviens un fleuve ultramontain ,
Depuis un très-long tems j'expire pour renaître ,
Puis j'allume & j'éteins à mon gré le ſalpêtre.
Donnez-m'en cinq en tout , je ne ſuis plus qu'un
jeu ,
Un petit pâturage , un amas tout en feu ,
Un troupeau belliqueux , le Dieu de la nature ,
Une ville , une couverture ,
Une herbe , une rivière , un appas , une fin ,
Un petit animal , un être tour chagrin ,
Un lugubre habitant du centre de la terre ,
Un mortel qui s'élève au ſéjour du tonnerre ,
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Un ouvrage fublime , ou riſible à l'excès,
Finiſſons , j'en ai dit aſſez .
:
Par M. DE BOUSSANELLE , Mestre
de Camp , Capitaine au régiment
du Commiffaire Général.
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6
p. 43-44
AUTRE.
Début :
Je suis cet ennemi secret, [...]
Mots clefs :
Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
J
43
E fuis cet ennemi fecret,
Ce tyran de toute la terre ,
Qui brûle, agite , & fais la guerre
Aux Rois comme au plus vil fujet.
Les dieux feuls , exempts de ma rage
M'ont donné l'étrange partage
De paffer de l'être au néant.
J'exifte , & puis , dans un inftant,
Je rentre en mon épais nuage ,
Vaincu fouvent , mais fouvent triomphant.
Curieux ,de monnom,fix piedsfont l'affemblage.
Prends endeux & ma tête , on t'offre un éléments
Puis le métal deſtiné d'âge en âge
Ala guerre , au labeur, auCyclope, au méchant.
Avec trois , je ferai cette femme crédule ,
Source du crime originel ;
Mêmenombre, c'eft moi qui, dans la canicule,
Corromps toute matière , & ronge tout mortel.
Je deviens un petit légume ,
Si tu m'en donnes deux fois deux ,
Pour m'obtenir fouvent on fait des voeux
Encertainjourfur-tout, où , mis engros volume,
J'échois , dit-on , au plus heureux.
44 MERCURE DE FRANCE.
Nem'en retranche point : que fuis-je ? unvain
preftige
Qui trouble , égaie le fommeil ;
Si tu m'en ôtes un , j'enfante le prodige ,
Mon art antique eft fans pareil ;
courfe :
Laiffe-m'entrois encorpour terminer ma
Je fuis ainfi que l'ombre , & ne fuis jamais vu ,
Sous la faulx d'un cruel je tombe fans reffource.
Acetrait , cher lecteur , puis-je être méconnu?
Par M. DE BOUSSANELLE , Meftre
de Camp de Cavalerie , Capitaine
au Commiffaire-Général.
J
43
E fuis cet ennemi fecret,
Ce tyran de toute la terre ,
Qui brûle, agite , & fais la guerre
Aux Rois comme au plus vil fujet.
Les dieux feuls , exempts de ma rage
M'ont donné l'étrange partage
De paffer de l'être au néant.
J'exifte , & puis , dans un inftant,
Je rentre en mon épais nuage ,
Vaincu fouvent , mais fouvent triomphant.
Curieux ,de monnom,fix piedsfont l'affemblage.
Prends endeux & ma tête , on t'offre un éléments
Puis le métal deſtiné d'âge en âge
Ala guerre , au labeur, auCyclope, au méchant.
Avec trois , je ferai cette femme crédule ,
Source du crime originel ;
Mêmenombre, c'eft moi qui, dans la canicule,
Corromps toute matière , & ronge tout mortel.
Je deviens un petit légume ,
Si tu m'en donnes deux fois deux ,
Pour m'obtenir fouvent on fait des voeux
Encertainjourfur-tout, où , mis engros volume,
J'échois , dit-on , au plus heureux.
44 MERCURE DE FRANCE.
Nem'en retranche point : que fuis-je ? unvain
preftige
Qui trouble , égaie le fommeil ;
Si tu m'en ôtes un , j'enfante le prodige ,
Mon art antique eft fans pareil ;
courfe :
Laiffe-m'entrois encorpour terminer ma
Je fuis ainfi que l'ombre , & ne fuis jamais vu ,
Sous la faulx d'un cruel je tombe fans reffource.
Acetrait , cher lecteur , puis-je être méconnu?
Par M. DE BOUSSANELLE , Meftre
de Camp de Cavalerie , Capitaine
au Commiffaire-Général.
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9
p. 74
AUTRE.
Début :
Je ne suis qu'un lambeau, mais cher & précieux, [...]
Mots clefs :
Besace
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
JE ne ſuis qu'un lambeau , mais cher &précieux ,
Dont ſouvent on fut orgueilleux ,
Onme façonne on de toile ou d'étoffe .
Jadis je fus lebien de plus d'un philoſophe.
Maintenant je ſuis le tréſor
D'un hébreu , d'un ſoldat , & qui plus eſtencor ,
D'une nombreuſe & fainte hiérarchie ,
D'un pélerin , d'un matelot ,
Et fur- tout d'un mortel qui pleure & s'humilie
Pour obtenir le plus facré dépôt.
ParM. de Bouffanelle , mestre de comp de
caval. capit. au Commiſſaire-général.
JE ne ſuis qu'un lambeau , mais cher &précieux ,
Dont ſouvent on fut orgueilleux ,
Onme façonne on de toile ou d'étoffe .
Jadis je fus lebien de plus d'un philoſophe.
Maintenant je ſuis le tréſor
D'un hébreu , d'un ſoldat , & qui plus eſtencor ,
D'une nombreuſe & fainte hiérarchie ,
D'un pélerin , d'un matelot ,
Et fur- tout d'un mortel qui pleure & s'humilie
Pour obtenir le plus facré dépôt.
ParM. de Bouffanelle , mestre de comp de
caval. capit. au Commiſſaire-général.
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12
p. 66-68
AUTRE.
Début :
Je naquis dans la Gréce, elle fut mon berceau, [...]
Mots clefs :
Logogriphe
14
p. 63-64
AUTRE.
Début :
Je suis percé dans chaque bout, [...]
Mots clefs :
Trompette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE..
Jz fuis percé dans chaque bout,
On me trouve , on m'entend par- tout ,
Dans les villes , pompes, & fêtes ,
Aux champs de Mars , au milieu des mufetes ,
Dans les convois . Virgile m'a chanté
En la quatrième énéidee ;
64 MERCURE DE FRANCE.
Plus d'un artiſte m'a placé
Au plus haut de fa pyramide ;
Dans le fait , je ne fuis pourtant
Qu'un morceau de leton , de fer , d'étain , d'argent
,
Même de bois : au refte on trouve en mes huit
lettres
Le plus commun , le plus noble des êtres.
On trouve auffi dans ma diflection
Certaine jurifdiction ;
Ce métal brillant & ductile ;
Uninftrument de chaffe ; une allure ; un afyle ;
Un arbre ; un fleuve ; une note ; un vaiſſeau ;
La cour d'un empereur fans trône & fans caveau ;
Un paffage ; une veine ; un mot ; une partie ;
Une espéce de voûte , une clef fort hardie ;
Un élément ; un Africain ;
Un membre creux qui fert de main ;
Le chef- lieu de la prélature ;
Une loi jufte , & qui vous ſemble dure ;
Ces amis précieux , qu'on doit fi fort chérir ,
Refpecter , honorer , contenter , fecourir ;
Ces deux ventofités , dont la race ftoïque
Se foulageoit par-tout , même fous le portique ;
Une perte , un dommage ; un écart , un travers ;
Le bout d'une durée & la fin de ces vers.
Par M. de Buffanelle , Meftre de camp , Capi
taine au régiment du Commiſſaire- Général.
Jz fuis percé dans chaque bout,
On me trouve , on m'entend par- tout ,
Dans les villes , pompes, & fêtes ,
Aux champs de Mars , au milieu des mufetes ,
Dans les convois . Virgile m'a chanté
En la quatrième énéidee ;
64 MERCURE DE FRANCE.
Plus d'un artiſte m'a placé
Au plus haut de fa pyramide ;
Dans le fait , je ne fuis pourtant
Qu'un morceau de leton , de fer , d'étain , d'argent
,
Même de bois : au refte on trouve en mes huit
lettres
Le plus commun , le plus noble des êtres.
On trouve auffi dans ma diflection
Certaine jurifdiction ;
Ce métal brillant & ductile ;
Uninftrument de chaffe ; une allure ; un afyle ;
Un arbre ; un fleuve ; une note ; un vaiſſeau ;
La cour d'un empereur fans trône & fans caveau ;
Un paffage ; une veine ; un mot ; une partie ;
Une espéce de voûte , une clef fort hardie ;
Un élément ; un Africain ;
Un membre creux qui fert de main ;
Le chef- lieu de la prélature ;
Une loi jufte , & qui vous ſemble dure ;
Ces amis précieux , qu'on doit fi fort chérir ,
Refpecter , honorer , contenter , fecourir ;
Ces deux ventofités , dont la race ftoïque
Se foulageoit par-tout , même fous le portique ;
Une perte , un dommage ; un écart , un travers ;
Le bout d'une durée & la fin de ces vers.
Par M. de Buffanelle , Meftre de camp , Capi
taine au régiment du Commiſſaire- Général.
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17
p. 70-71
LOGOGRYPHE.
Début :
Je n'ai qu'un nom, cependant ma figure, [...]
Mots clefs :
Bonnet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPH Ε.
Je n'ai qu'un nom , cependant
Ou mes différentes couleurs
ma figure ,
Changent mon être , ma nature ,
Au point d'embarraſſer un inſtant mes lecteurs :
Je ſuis de tout pays , je ſuis de tout étage ,
On me porte preſque en tout lieu ,
Au conclave , à la rote , en chaque aréopage ,
AVRIL . 1770 . 71
Sur mer , dans un collége , aux champs , à l'hôtel-
Dieu ,
Aux petites maiſons , en ſorbonne , à l'égliſe ,
A Malthe , à Luque , à Gênes , dans Veniſe ,
Dans les priſons , à la guerre , au comptoir ,
Al'écurie , à l'office , en voyage ,
Dans un bureau , dans preſque tout ouvroir ,
Aux forges , dans la rue , au lit , en cet ſtage
Dont on ne peut ſe ſauver qu'à la nage ,
A la cuiſine , à la vigne , au preſſoir ,
Au jeu de paume enfin , comme au jeu du batoir :
Je fus jadıs une arme défenſive :
Lamarque d'un infâme ou celle d'un Hébreu ;
Et quand on le ſauvoit d'une peine afflictive ,
L'armure d'un Feſſe-Mathieu :
Maintenant je ſuis un ouvrage
Adeux angles rentrans , à trois angles ſaillans
Dont la défenſe ou l'abordage
Coûtent cher à maints combattans.
Par M. de Bouſſanelle , Brigadier des armées
du Roi , ancien Capitaine au régiment du
Commiſſaire Général de la Cavalerie.
Je n'ai qu'un nom , cependant
Ou mes différentes couleurs
ma figure ,
Changent mon être , ma nature ,
Au point d'embarraſſer un inſtant mes lecteurs :
Je ſuis de tout pays , je ſuis de tout étage ,
On me porte preſque en tout lieu ,
Au conclave , à la rote , en chaque aréopage ,
AVRIL . 1770 . 71
Sur mer , dans un collége , aux champs , à l'hôtel-
Dieu ,
Aux petites maiſons , en ſorbonne , à l'égliſe ,
A Malthe , à Luque , à Gênes , dans Veniſe ,
Dans les priſons , à la guerre , au comptoir ,
Al'écurie , à l'office , en voyage ,
Dans un bureau , dans preſque tout ouvroir ,
Aux forges , dans la rue , au lit , en cet ſtage
Dont on ne peut ſe ſauver qu'à la nage ,
A la cuiſine , à la vigne , au preſſoir ,
Au jeu de paume enfin , comme au jeu du batoir :
Je fus jadıs une arme défenſive :
Lamarque d'un infâme ou celle d'un Hébreu ;
Et quand on le ſauvoit d'une peine afflictive ,
L'armure d'un Feſſe-Mathieu :
Maintenant je ſuis un ouvrage
Adeux angles rentrans , à trois angles ſaillans
Dont la défenſe ou l'abordage
Coûtent cher à maints combattans.
Par M. de Bouſſanelle , Brigadier des armées
du Roi , ancien Capitaine au régiment du
Commiſſaire Général de la Cavalerie.
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Résultats : 1 texte(s)
1
p. 65-66
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis cet ennemi secret [...]
Mots clefs :
Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
JE fuis cet ennemi fecret
Redouté fur toute la terre ;
Je brûle , agite & fais la guerre
Aux Rois comme au plus vil fujet .
Cher Lecteur , de mon nom fix pieds font l'aſſem→
blage :
Prends -en deux , & ma tête , on t'offre un élément ,
Ou le métal deſtiné d'âge en âge ,
Au combat , au labeur , à punir le méchant :
Avec trois je ferai cette femme crédule ,
Source du crime originel :
Même nombre , c'eft moi qui dans la canicule
Corrompt toute matiere & ronge tout mortel.
Veux-tu m'en donner deux fois deux ,
Je deviens certaine légume :
Pour m'obtenir fouvent on fait des voeux ,
Un certain jour furtout où, mis en gros volume ,
Je fuis le prix du plus heureux :
Ne m'en retranche point ? que fuis-je ? un vain
preftige
Qui trouble fouvent le fommeil :
Si tu m'en ôtes un , j'enfante le prodige :
Mon art eft fans pareil ;
Laiffe m'en trois encor pour terminer ma courſe ,
Je fuis ainfi que l'ombre , & ne fuis jamais vu ;
66 MERCURE DE FRANCE.
Sous la faulx d'un tyran je tombe fans reffource:
A ce trait, cher Lecteur, puis- je être méconnu ?
JE fuis cet ennemi fecret
Redouté fur toute la terre ;
Je brûle , agite & fais la guerre
Aux Rois comme au plus vil fujet .
Cher Lecteur , de mon nom fix pieds font l'aſſem→
blage :
Prends -en deux , & ma tête , on t'offre un élément ,
Ou le métal deſtiné d'âge en âge ,
Au combat , au labeur , à punir le méchant :
Avec trois je ferai cette femme crédule ,
Source du crime originel :
Même nombre , c'eft moi qui dans la canicule
Corrompt toute matiere & ronge tout mortel.
Veux-tu m'en donner deux fois deux ,
Je deviens certaine légume :
Pour m'obtenir fouvent on fait des voeux ,
Un certain jour furtout où, mis en gros volume ,
Je fuis le prix du plus heureux :
Ne m'en retranche point ? que fuis-je ? un vain
preftige
Qui trouble fouvent le fommeil :
Si tu m'en ôtes un , j'enfante le prodige :
Mon art eft fans pareil ;
Laiffe m'en trois encor pour terminer ma courſe ,
Je fuis ainfi que l'ombre , & ne fuis jamais vu ;
66 MERCURE DE FRANCE.
Sous la faulx d'un tyran je tombe fans reffource:
A ce trait, cher Lecteur, puis- je être méconnu ?
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