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1
p. 134-136
LETTRE A M. ***
Début :
Monsieur, la découverte du moyen de convertir le fer en acier, annoncée [...]
Mots clefs :
Découverte, Acier, Fer
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. ***
METALLURGIE.
LETTRE A M. ***
Onfieur , la découverte du
moyen
Mdeconvertirle fet en acier annon
cée dans les ouvrages périodiques , fáit y
fans contredit , beaucoup d'honneurà l'anteur
; elle lui affure un droit bien légiti
me fur la reconnoiffance de tout bon citoyen
, parce que l'avantage qui doit en
refulter pour le public eft infiniment audeffus
de celui que l'auteur peut avoir envifagé
pour lui- même. Pofe croire qu'en'
lui rendant en mon particulier toute la
juftice qu'il mérite du côté des fentimens
& du génie , il ne trouvera pas mauvais
fi je ne regarde pas fa découverte comme
nouvelle. Il y a plus de vingt- cinq ans
qu'elle a été faite pas un nommé Sebaſtien
Florès , fameux Serrurier de Madrid ,' qui
par ordre du Confeil de commerce en fit
l'expérience en préfence de deux députés ,
qui avoient pris la précaution de faire ap
pliquer une marque particuliere fur la barre
de fer , dont Florès fit une barre d'acier.
J'ignore les raifons qui ont pu empêcher
le miniftere Efpagnol de favorifer une fi
belle & fi avantageufe mutation , d'autane ?
AVRIL. 1755. 135
plus que Florès s'obligeoit d'établir l'acier
à un tiers meilleur marché que les '
étrangers , au moyen de l'exemption géné
rale de tous droits qu'il demandoit pour
vingt ans. Je ne fuis pas mieux inftruit
fi Florès dût cette découverte au feul has
zard , ou à des expériences déterminées
au fujet , ou enfin à la confidence de quelque
ouvrier plus habile que lui . L'inven
tion de différentes machines jufqu'alors in
connues , pourroit , ce me femble , lui faire
attribuer , avec quelque justice , celle du
fecret en queſtions Quoiqu'il en foit , je
n'ai nulle intention de porter la moindre
atteinte à la réputation d'homme de génie
que fe fait notre bon patriote : il a pût
ignorer que Florès l'avoit devancé ; celuici
peut avoir été à fon tour , & tous les
deux peuvent cependant être créateurs de
leur ouvrage mais quand cela ne feroit pas,
il leur reftera toujours une bonne portion
de l'eftine publique. Le grand maître de
langue que nous avons en France pour les
muets petd- il rien, de fon mérite pour fe
fervir d'une méthode ( qu'il a peut-être
perfectionnée ) dont le Journal de Tre
voux fit honneur en 1701 , d'abord â M.
Wallis , Profeffeur de Mathématiques yra
Oxford & enfuite à M.: Amman , Méder«
cin Hollandois ? ll étoit fans doute bien
t
136 MERCURE DE FRANCE.
flateur pour ces deux fçavans , de voir leur
art annoncé fous le titre de Nouvelle méthode
; il y avoit cependant cent cinquante
ans que le Pere Ponce Bénédictin Efpagnol
, l'avoit trouvée & mife heureufe
ment en pratique , tant pour la parole que
pour l'écrituren Ceft donc toujours un honneur
que de faire revivre des fciences ou
des arts ignorés de nos jours , & il eſt d'autant
plus grand & plus folide , à propor
tion de l'avantage que la nation retire de
ces découvertes, 16 Jibi 497 1
530
J'ai l'honeur d'être , &c.
De Rouen , co 26 Février asshd
LETTRE A M. ***
Onfieur , la découverte du
moyen
Mdeconvertirle fet en acier annon
cée dans les ouvrages périodiques , fáit y
fans contredit , beaucoup d'honneurà l'anteur
; elle lui affure un droit bien légiti
me fur la reconnoiffance de tout bon citoyen
, parce que l'avantage qui doit en
refulter pour le public eft infiniment audeffus
de celui que l'auteur peut avoir envifagé
pour lui- même. Pofe croire qu'en'
lui rendant en mon particulier toute la
juftice qu'il mérite du côté des fentimens
& du génie , il ne trouvera pas mauvais
fi je ne regarde pas fa découverte comme
nouvelle. Il y a plus de vingt- cinq ans
qu'elle a été faite pas un nommé Sebaſtien
Florès , fameux Serrurier de Madrid ,' qui
par ordre du Confeil de commerce en fit
l'expérience en préfence de deux députés ,
qui avoient pris la précaution de faire ap
pliquer une marque particuliere fur la barre
de fer , dont Florès fit une barre d'acier.
J'ignore les raifons qui ont pu empêcher
le miniftere Efpagnol de favorifer une fi
belle & fi avantageufe mutation , d'autane ?
AVRIL. 1755. 135
plus que Florès s'obligeoit d'établir l'acier
à un tiers meilleur marché que les '
étrangers , au moyen de l'exemption géné
rale de tous droits qu'il demandoit pour
vingt ans. Je ne fuis pas mieux inftruit
fi Florès dût cette découverte au feul has
zard , ou à des expériences déterminées
au fujet , ou enfin à la confidence de quelque
ouvrier plus habile que lui . L'inven
tion de différentes machines jufqu'alors in
connues , pourroit , ce me femble , lui faire
attribuer , avec quelque justice , celle du
fecret en queſtions Quoiqu'il en foit , je
n'ai nulle intention de porter la moindre
atteinte à la réputation d'homme de génie
que fe fait notre bon patriote : il a pût
ignorer que Florès l'avoit devancé ; celuici
peut avoir été à fon tour , & tous les
deux peuvent cependant être créateurs de
leur ouvrage mais quand cela ne feroit pas,
il leur reftera toujours une bonne portion
de l'eftine publique. Le grand maître de
langue que nous avons en France pour les
muets petd- il rien, de fon mérite pour fe
fervir d'une méthode ( qu'il a peut-être
perfectionnée ) dont le Journal de Tre
voux fit honneur en 1701 , d'abord â M.
Wallis , Profeffeur de Mathématiques yra
Oxford & enfuite à M.: Amman , Méder«
cin Hollandois ? ll étoit fans doute bien
t
136 MERCURE DE FRANCE.
flateur pour ces deux fçavans , de voir leur
art annoncé fous le titre de Nouvelle méthode
; il y avoit cependant cent cinquante
ans que le Pere Ponce Bénédictin Efpagnol
, l'avoit trouvée & mife heureufe
ment en pratique , tant pour la parole que
pour l'écrituren Ceft donc toujours un honneur
que de faire revivre des fciences ou
des arts ignorés de nos jours , & il eſt d'autant
plus grand & plus folide , à propor
tion de l'avantage que la nation retire de
ces découvertes, 16 Jibi 497 1
530
J'ai l'honeur d'être , &c.
De Rouen , co 26 Février asshd
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Résumé : LETTRE A M. ***
La lettre discute de la découverte d'un procédé pour convertir le fer en acier, attribuée à un inventeur contemporain. L'auteur reconnaît l'importance de cette découverte pour le public, mais conteste sa nouveauté. Il affirme que ce procédé a été développé plus de vingt-cinq ans auparavant par Sébastien Florès, un serrurier de Madrid. Florès avait démontré cette méthode devant des députés du Conseil de commerce espagnol et proposé de produire de l'acier à un coût inférieur à celui des étrangers, en échange d'une exemption de droits pendant vingt ans. La lettre mentionne également l'invention de machines inconnues jusqu'alors, potentiellement attribuées à Florès. L'auteur admire le génie de l'inventeur contemporain tout en reconnaissant les contributions antérieures de Florès. La lettre se conclut par une réflexion sur l'honneur de redécouvrir des sciences ou des arts oubliés et sur les avantages que la nation en retire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 104-105
« Dans le Mercure d'Avril, page 134, à l'article Métallurgie, un anonyme, [...] »
Début :
Dans le Mercure d'Avril, page 134, à l'article Métallurgie, un anonyme, [...]
Mots clefs :
Métallurgie, Fer, Acier
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texteReconnaissance textuelle : « Dans le Mercure d'Avril, page 134, à l'article Métallurgie, un anonyme, [...] »
Ans le Mercure d'Avril , page 13.45
à l'article Métallurgie , un anonyme
afin d'ôter avec raifon l'honneur de l'invention
de l'art de convertir le fer en
acier à celui qui en a établi une manufacture
, fans faire mention de M. de Réaumur
, en attribue la découverte à Sebaſtien
Florès , Serrurier de Madrid , qui en fit
l'heureuſe expérience il y a plus de vingtcinq
ans , par ordre du Confeil de Commerce.
Cet anonyme n'a pas lu fans doute
dans le volume des Ephémerides cofmographiques
pour 1754 , page 318 , ce
qui fuit.
* » L'ancienne connoiffance qu'en EgypMAI
1755. 105
"}
te on fait éclore des oeufs par le feul dégré
de la chaleur d'un four convena-
» ble , tant d'autres ufages & analogies
pouvoient conduire plutôt à l'électrifation
lente & graduelle , & à un art qui,
» 1fans la fagacité d'un Réaumur , feroit
encore à defirer , ainfi que l'art de convertir
le fer en acier. En auroit- on moins
d'obligation à un fi zélé naturalifte , malgré
l'ancien ufage de tremper ces métaux
fortant de la forge , dans l'eau pour
» les durcir , comme le Pere Merfene l'a
rapporté dès 1634 , dans fes queſtions
» phyfiques.
à l'article Métallurgie , un anonyme
afin d'ôter avec raifon l'honneur de l'invention
de l'art de convertir le fer en
acier à celui qui en a établi une manufacture
, fans faire mention de M. de Réaumur
, en attribue la découverte à Sebaſtien
Florès , Serrurier de Madrid , qui en fit
l'heureuſe expérience il y a plus de vingtcinq
ans , par ordre du Confeil de Commerce.
Cet anonyme n'a pas lu fans doute
dans le volume des Ephémerides cofmographiques
pour 1754 , page 318 , ce
qui fuit.
* » L'ancienne connoiffance qu'en EgypMAI
1755. 105
"}
te on fait éclore des oeufs par le feul dégré
de la chaleur d'un four convena-
» ble , tant d'autres ufages & analogies
pouvoient conduire plutôt à l'électrifation
lente & graduelle , & à un art qui,
» 1fans la fagacité d'un Réaumur , feroit
encore à defirer , ainfi que l'art de convertir
le fer en acier. En auroit- on moins
d'obligation à un fi zélé naturalifte , malgré
l'ancien ufage de tremper ces métaux
fortant de la forge , dans l'eau pour
» les durcir , comme le Pere Merfene l'a
rapporté dès 1634 , dans fes queſtions
» phyfiques.
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Résumé : « Dans le Mercure d'Avril, page 134, à l'article Métallurgie, un anonyme, [...] »
Un article anonyme publié dans le Mercure d'Avril, page 13.45, remet en question l'attribution de l'invention de la conversion du fer en acier à Sébastien Florès, serrurier de Madrid. L'auteur anonyme critique ceux qui attribuent cette découverte à Florès, qui aurait réalisé cette expérience il y a plus de vingt-cinq ans sur ordre du Conseil de Commerce. L'anonyme souligne que ces auteurs n'ont probablement pas consulté les Éphémérides géographiques de 1754, où des informations pertinentes sont publiées. Le texte mentionne également des connaissances anciennes en Égypte sur l'éclosion des œufs par la chaleur d'un four, ainsi que d'autres usages similaires pouvant avoir conduit à la découverte de l'électrification lente et graduelle. Il met en avant l'importance des travaux de Réaumur dans ce domaine, malgré les anciens usages de tremper les métaux dans l'eau pour les durcir, comme rapporté par le Père Mersenne dès 1634.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 193-201
PROCÉDÉ abrégé pour retirer le Bleu de Prusse des Eaux minérales de M. de Calsabigi, avec des Réflexions sur l'utilité de ce Bleu, par le sieur Cadet, Apothicaire Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
Début :
Il faut prendre quatre livres de sang de boeuf desséché que l'on mêlera avec quatre [...]
Mots clefs :
Bleu, Liqueur, Eaux minérales, Couleur, Fleur, Bleu de Prusse, Chimie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROCÉDÉ abrégé pour retirer le Bleu de Prusse des Eaux minérales de M. de Calsabigi, avec des Réflexions sur l'utilité de ce Bleu, par le sieur Cadet, Apothicaire Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
PROCÉDÉ abrégé pour retirer le Bleu
de Pruffe des Eaux minérales de M. de
Calfaligi , avec des Réflexions fur l'utilité
de ce Blen, par le fieur Cadet , Apothicaire
Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
It
L faut prendre quatre livres de fang de
boeufdefléché que l'on mêlera avec qua .
tre livres de foude d'Alicante groffiérement
concaffée , telle qu'on la vend chez tous
nos Epiciers de Paris. On mettra ce mélange
à calciner dans un creufet de fer ou
fourneau à vent ; il faut obſerver de ne
pas trop remplir le creufet , attendu que
la matiere pendant la calcination bourfouf-
Ae beaucoup. On continuera la calcinanation
jufqu'à ce que la matiere foit devenue
parfairement rouge , & qu'elle ne
rende prefque plus de flamme. A ce point
de calcination , il faut la retirer du creufet,
& la jetter toute rouge dans une fuffifante
quantité d'eau bouillante ; après une
heure d'ébullition , il faut filtrer cette
leffive.
Pour procéder enfuite à l'opération du
bleu , il faut prendre des vaiffeaux de
1. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
terre ou de fer , dans lefquels l'on mettra
chauffer 300 pintes d'eau minérale . On
faifira l'inftant de l'ébullition où la liqueur
prend une couleur jaune très- foncée , on
ceffera le feu pour laiffer repofer l'eau qui
s'éclaircira en peu de tems , en dépofant.
une matiere jaune inutile dans cette opération
, qu'il faudra féparer de la liqueur
par la décantation.
Ces deux liqueurs étant chaudes , l'on
mêlera peu à peu avec l'eau minérale la
liqueur Alkaline fulphureufe ; ce mêlange
paffera tout d'un coup à une belle couleur
bleue ; quand on s'appercevra fur la fin
du mêlange que cette couleur s'affoiblit
de beaucoup , & qu'elle eft fur le point de
paffer à une couleur grife , alors on ceffera
de mettre de la liqueur alkaline fulphureufe.
Le mouvement d'effervefcence qui
fe paffe dans le mêlange étant ceffé , la
liqueur parfaitement repofée , on la décantera
auffitât avec foin , pour en féparer
la fécule qui fe fera précipitée , qu'on
aura foin de laver exactement avec de
l'eau de puits ou de l'eau de la Seine ,
bien claire. Il faut obſerver de décanter à
tems la liqueur de deffus la fécule , ainfi
que je l'ai fait obferver dans mes premicres
expériences raiſonnées fur ce bleu
attendu que la liqueur qui eft chargée en-
馨
DECEMBRE. J 1755 195
core de vitriol martial , dépoferoit une
portion de terre jaune , qui fe mêleroit
avec ce bleu , & qui lui communiqueroit
la couleur verte . La fécule étant ainfi préparée
& féchée avec foin , l'on aura une
livre deux onces d'un beau bleu foncé.
RÉFLEXIONS fur l'utilité du Bleu de
Pruffe , tiré des Eaux de M. de Calfabigi,
en réponse à ce que le fieur Machi en a dit
dans l'Examen Physique & Chimique qu'il
a donné de ces Eaux & de celles de la
fource de Madame Belami.
Jieur Machi , de la façon obligeante
dont il parle de mes procédés chimiques ,
auffi l'intérêt feul de la Chimie eft ce qui
me met dans le cas de lui répondre au fujet
de deux obfervations fur lefquelles je
ne fuis pas d'accord avec lui . L'une regarde
l'ochre que l'on fépare des Eaux minérales
de M. de Calfabigi , qu'il prétend n'être
pas du fer , page 30. Er l'autre concerne
l'utilité du Bleu de Pruffe que l'on retire
de ces mêmes Eaux , p . 44.
E ne dois que des remerciemens au
Je crois pouvoir avancer avec certitude ,
que le fieur Machi n'a point répété mes
expériences , il auroit reconnu que l'ochre
qui eft féparée de l'eau minérale de M. de
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
Calfabigi , eft un pur fer , ainfi que je l'ai
démontré art. 14 de mes Analyſes , & '
qu'après avoir été lavée pour enlever une
portion d'acide qui lui refte , & étant calcinée
un inftant dans un tefte fous la mouffle
du fourneau de coupelle , pour la dépouiller
de fes parties hétérogenes , elle
devient alors toute attirable à l'aimant en
forme de grouppe bien aiguillé , ce qui eft
la preuve la plus certaine que cette ochre
eft un véritable fer. Le Sr Machi prétend
auffi que cette ochre traitée avec le charbon ,
le fer qui en réfulte eft aigre & caffant , il
m'a dit même en avoir fait un petit culot:
je ne conçois pas par quel tour ingénieux
il a pu 6 bien raffembler , à l'aide feule du
charbon , ces parties métalliques , ce qu'on
ne pourroit faire que difficilement à l'aide
d'un flux plus reductif que celui du charbon
, tel qu'un qui feroit compofé avec
du tartre , du nitre & du fel de verre , & c.
Je penfe avoir annoncé avec jufte raifon
que mon travail fur ce bleu méritoit
l'attention du Public , par l'avantage qu'il
en peut tirer , loin d'être un amufement de
curiofité comme l'avance le fieur Machi .
J'ai dit dans mes premieres analyfes
que ce bleu pourroit être employé dans
toutes les préparations de fucre par préférence
au bleu de Pruffe , ce bleu étant fouDECEMBRE
1755. 197
vent préparé avec des vitriols martiaux
contenant du cuivre. Je connois un confifeur
qui fait un débit affez confidérable
de paftilles de violettes , qu'il prépare
avec les fleurs fechées , le fucre , l'Iris de
Florence , & un mucilage de gomme adra
gant qu'il colore avec du bleu de Prufſe.
Ces fortes de paftilles , priſes intérieurement
, étant données comme pectorales ,
qui peut être affuré qu'elles ne contiennent
point de cuivre ? c'est ce dont je ne répondrai
pas. Mais celles qui feroient préparées
avec le bleu de M. de Calfabigi , pourroient
être prifes avec confiance , & n'auroient
point cet inconvénient ; ce blea
étant tiré d'une eau minérale que MeffieursVenel,
Bayen, Rouelle, & le fieur Machi
lui même ont démontré être exemptes
de tout atome de cuivre.
Le fecond avantage que je prétends tirer
de ce bleu , c'eft que je le regarde comme
fupérieur à tous les bleus de Pruffe ordinaires
qui font prefque tous avivés par les
acides minéraux , & qui malgré les précautions
que l'on prend pour les laver ,
confervent toujours une petite portion
d'acide qui à la longue attaque & détruit
cette couleur , ainfi qu'il a été démontré
par le célebre M. Geoffroi.
Le bleu de M. de Calfabigi n'ayant
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
pas beſoin d'être avivé par les acides , procure
un avantage effentiel aux Peintres
qui dans leurs travaux n'auront pas le
défagrément de voir leurs couleurs s'altérer
auffi promptement que celles qu'autoient
touché nos acides minéraux .
J'ai obfervé que ce bleu prenoit une
partie de blanc de plomb de plus que le
bleu de Pruffe le plus foncé que j'aye på
trouver , ce qui paroît faire un troifieme
avantage qui le rend plus intéreffant que
ne l'a penfé le fieur Machi.
Il faut obferver que deux cens quatrevingt
pintes de ces eaux minérales fourniffent
une livre de bleu , & qu'il faut que
les 280 pintes ayent dépofé leur ochre
& repris de nouveau fer , pour fournir
cette quantité : il n'a pas réfléchi
que pour
réuffir dans mon opération , je fuis obligé
néceſſairement, ainſi qu'il l'avance , de féparer
la terre jaune avec laquelle je n'aurois
qu'une fécule verte , & que la liqueur, en
reprenant de nouveau fer , fe chargeroit
d'une nouvelle terre jaune femblable à
celle que j'ai féparée : par conféquent cette
liqueur dans cet état ne pourroit donner
que du vert , comme je l'ai démontré ; delà
je concluds qu'il s'eft trompé dans ce
qu'il avance. De plus , s'il avoit bien examiné
mon procédé , il auroit vu que cette
1
DECEMBRE. 1755. 199
opération faite dans un vaiffeau de terre ,
ne produit pas plus de bleu que celui que
je fais dans les vaiffeaux de fer. La preuve
que je crois pouvoir donner de ces faits
eft bien fimple ; c'eft que premierement
l'acide furabondant , démontré dans les
eaux de M. de Calfabigi , n'y eft pas en
affez grande quantité , & qu'il eft noyé
dans trop de flegme pour diffoudre une
quantité de fer auffi fenfible que celle qui
fe précipite. Si cela arrivoit dans ce procédé
, il me feroit impoffible d'avoir du
bleu dans les vaiffeaux de fer , puifque la
liqueur que je fépare de deffus ma fécule
qui a été traitée dans les vaiffeaux de terre ,
contient encore du fer combiné avec l'acide
vitriolique qui fe dépoferoit fous la
couleur jaune , & qui fe mêleroit avec la
fécule , & lui donneroit la couleur verte
fans les précautions que j'ai indiqué dans
ce procédé abrégé pour retirer ce bleu ;
par conféquent s'il falloit néceffairement
que l'eau minérale fe rechargeât fenfiblement
de nouveau fer , l'opération ne pourroit
pas réaffir .
Le fieur Machi avance de plus qu'en
exploitant par jour deux livres de bleu de
Pruffe , que ce travail continué pendant
quinze jours dépenferoit S400 pintes d'eau
par mois ; ce qui pourroit contribuer à al-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
térer la fource de M. de Calfabigi , & par
conféquent nuire beaucoup à celle de Madame
Belami , dont il croit qu'elle tire fon
origine. Madame Belami peut fe tranquillifer
fur cet article , puifqu'il a été clairement
prouvé enjuftice & par les analyſes ,
que ces fources , & par conféquent les
eaux de Madame Belami font totalement
différentes , & qu'elles font diamétralement
oppofées.
Monfieur & Madame de Calfabigi étant
intéreffés à tirer le meilleur parti poffible
de leurs eaux , on ne doit pas préfumer
qu'ils cherchent à altérer une fource dont
ils fe préparent de démontrer au Public les
propriétés fingulieres relativement à la Médecine
, fuivant les certificats qu'ils font
en état de produire de plufieurs Médecins
& Chirurgiens.
Ces propriétés ne font point de mon
objet ; je me contenterai de dire qu'il réfulte
des Analyfes qui ont été faites des
eaux de M. de Calfabigi , qu'elles contiennent
une abondance de fer qui ne fe trouve
point dans celles de Madame Belami ;.
ce qui me donne lieu de penfer que ces
dernieres ne font pas dans le cas d'une
exacte comparaifon , ces eaux ne pouvant
fournir de bleu de Pruffe , fuivant ce
qu'en dit le Sr Machi lui-même , pag. 13...
DECEMBRE. 1755. 201
Je n'ai fait aucune expérience pour m'affurer
de ce fait ; je ne voudrois cependan
pas répondre qu'en traitant ces mêmest
eaux avec la leflive alkaline décrite par le
fçavant M. Macquer , laquelle eft chargée
jufqu'à parfaite faturation de phlogistique
animal , on ne pût en retirer une quantité
qui feroit vraisemblablement très petite ,
mais fuffifante cependant pour être fenfible.
De ces obfervations il réfulte que j'ai
prouvé ,
1°. Que l'ochre des eaux minérales de
M. de Calfabigi , eft un fer pur attirable à
l'aimant.
2°. Que l'eau minérale , en fe rechargeant
de nouveau fer , ne peut produire
du bleu de Pruffe , ce qui fait voir que le
heur Machi n'a pas entendu mon opération.
3°. Que le bleu de Pruffe fait avec ces
eaux , peut mieux convenir pour la Peinture
, en ce que n'étant pas avivé par les
acides minéraux , il eft moins fujer à s'altérer
que le bleu de Pruffe ordinaire .
4°. Que ce bleu étant exempt de mêlan
ge de cuivre , eft de beaucoup préférablepour
les préparations de fucre , à celui de
Pruffe , qu'on ne peut s'affurer en être tou--
jours dépouillé.
de Pruffe des Eaux minérales de M. de
Calfaligi , avec des Réflexions fur l'utilité
de ce Blen, par le fieur Cadet , Apothicaire
Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
It
L faut prendre quatre livres de fang de
boeufdefléché que l'on mêlera avec qua .
tre livres de foude d'Alicante groffiérement
concaffée , telle qu'on la vend chez tous
nos Epiciers de Paris. On mettra ce mélange
à calciner dans un creufet de fer ou
fourneau à vent ; il faut obſerver de ne
pas trop remplir le creufet , attendu que
la matiere pendant la calcination bourfouf-
Ae beaucoup. On continuera la calcinanation
jufqu'à ce que la matiere foit devenue
parfairement rouge , & qu'elle ne
rende prefque plus de flamme. A ce point
de calcination , il faut la retirer du creufet,
& la jetter toute rouge dans une fuffifante
quantité d'eau bouillante ; après une
heure d'ébullition , il faut filtrer cette
leffive.
Pour procéder enfuite à l'opération du
bleu , il faut prendre des vaiffeaux de
1. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
terre ou de fer , dans lefquels l'on mettra
chauffer 300 pintes d'eau minérale . On
faifira l'inftant de l'ébullition où la liqueur
prend une couleur jaune très- foncée , on
ceffera le feu pour laiffer repofer l'eau qui
s'éclaircira en peu de tems , en dépofant.
une matiere jaune inutile dans cette opération
, qu'il faudra féparer de la liqueur
par la décantation.
Ces deux liqueurs étant chaudes , l'on
mêlera peu à peu avec l'eau minérale la
liqueur Alkaline fulphureufe ; ce mêlange
paffera tout d'un coup à une belle couleur
bleue ; quand on s'appercevra fur la fin
du mêlange que cette couleur s'affoiblit
de beaucoup , & qu'elle eft fur le point de
paffer à une couleur grife , alors on ceffera
de mettre de la liqueur alkaline fulphureufe.
Le mouvement d'effervefcence qui
fe paffe dans le mêlange étant ceffé , la
liqueur parfaitement repofée , on la décantera
auffitât avec foin , pour en féparer
la fécule qui fe fera précipitée , qu'on
aura foin de laver exactement avec de
l'eau de puits ou de l'eau de la Seine ,
bien claire. Il faut obſerver de décanter à
tems la liqueur de deffus la fécule , ainfi
que je l'ai fait obferver dans mes premicres
expériences raiſonnées fur ce bleu
attendu que la liqueur qui eft chargée en-
馨
DECEMBRE. J 1755 195
core de vitriol martial , dépoferoit une
portion de terre jaune , qui fe mêleroit
avec ce bleu , & qui lui communiqueroit
la couleur verte . La fécule étant ainfi préparée
& féchée avec foin , l'on aura une
livre deux onces d'un beau bleu foncé.
RÉFLEXIONS fur l'utilité du Bleu de
Pruffe , tiré des Eaux de M. de Calfabigi,
en réponse à ce que le fieur Machi en a dit
dans l'Examen Physique & Chimique qu'il
a donné de ces Eaux & de celles de la
fource de Madame Belami.
Jieur Machi , de la façon obligeante
dont il parle de mes procédés chimiques ,
auffi l'intérêt feul de la Chimie eft ce qui
me met dans le cas de lui répondre au fujet
de deux obfervations fur lefquelles je
ne fuis pas d'accord avec lui . L'une regarde
l'ochre que l'on fépare des Eaux minérales
de M. de Calfabigi , qu'il prétend n'être
pas du fer , page 30. Er l'autre concerne
l'utilité du Bleu de Pruffe que l'on retire
de ces mêmes Eaux , p . 44.
E ne dois que des remerciemens au
Je crois pouvoir avancer avec certitude ,
que le fieur Machi n'a point répété mes
expériences , il auroit reconnu que l'ochre
qui eft féparée de l'eau minérale de M. de
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196 MERCURE DE FRANCE .
Calfabigi , eft un pur fer , ainfi que je l'ai
démontré art. 14 de mes Analyſes , & '
qu'après avoir été lavée pour enlever une
portion d'acide qui lui refte , & étant calcinée
un inftant dans un tefte fous la mouffle
du fourneau de coupelle , pour la dépouiller
de fes parties hétérogenes , elle
devient alors toute attirable à l'aimant en
forme de grouppe bien aiguillé , ce qui eft
la preuve la plus certaine que cette ochre
eft un véritable fer. Le Sr Machi prétend
auffi que cette ochre traitée avec le charbon ,
le fer qui en réfulte eft aigre & caffant , il
m'a dit même en avoir fait un petit culot:
je ne conçois pas par quel tour ingénieux
il a pu 6 bien raffembler , à l'aide feule du
charbon , ces parties métalliques , ce qu'on
ne pourroit faire que difficilement à l'aide
d'un flux plus reductif que celui du charbon
, tel qu'un qui feroit compofé avec
du tartre , du nitre & du fel de verre , & c.
Je penfe avoir annoncé avec jufte raifon
que mon travail fur ce bleu méritoit
l'attention du Public , par l'avantage qu'il
en peut tirer , loin d'être un amufement de
curiofité comme l'avance le fieur Machi .
J'ai dit dans mes premieres analyfes
que ce bleu pourroit être employé dans
toutes les préparations de fucre par préférence
au bleu de Pruffe , ce bleu étant fouDECEMBRE
1755. 197
vent préparé avec des vitriols martiaux
contenant du cuivre. Je connois un confifeur
qui fait un débit affez confidérable
de paftilles de violettes , qu'il prépare
avec les fleurs fechées , le fucre , l'Iris de
Florence , & un mucilage de gomme adra
gant qu'il colore avec du bleu de Prufſe.
Ces fortes de paftilles , priſes intérieurement
, étant données comme pectorales ,
qui peut être affuré qu'elles ne contiennent
point de cuivre ? c'est ce dont je ne répondrai
pas. Mais celles qui feroient préparées
avec le bleu de M. de Calfabigi , pourroient
être prifes avec confiance , & n'auroient
point cet inconvénient ; ce blea
étant tiré d'une eau minérale que MeffieursVenel,
Bayen, Rouelle, & le fieur Machi
lui même ont démontré être exemptes
de tout atome de cuivre.
Le fecond avantage que je prétends tirer
de ce bleu , c'eft que je le regarde comme
fupérieur à tous les bleus de Pruffe ordinaires
qui font prefque tous avivés par les
acides minéraux , & qui malgré les précautions
que l'on prend pour les laver ,
confervent toujours une petite portion
d'acide qui à la longue attaque & détruit
cette couleur , ainfi qu'il a été démontré
par le célebre M. Geoffroi.
Le bleu de M. de Calfabigi n'ayant
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198 MERCURE DE FRANCE.
pas beſoin d'être avivé par les acides , procure
un avantage effentiel aux Peintres
qui dans leurs travaux n'auront pas le
défagrément de voir leurs couleurs s'altérer
auffi promptement que celles qu'autoient
touché nos acides minéraux .
J'ai obfervé que ce bleu prenoit une
partie de blanc de plomb de plus que le
bleu de Pruffe le plus foncé que j'aye på
trouver , ce qui paroît faire un troifieme
avantage qui le rend plus intéreffant que
ne l'a penfé le fieur Machi.
Il faut obferver que deux cens quatrevingt
pintes de ces eaux minérales fourniffent
une livre de bleu , & qu'il faut que
les 280 pintes ayent dépofé leur ochre
& repris de nouveau fer , pour fournir
cette quantité : il n'a pas réfléchi
que pour
réuffir dans mon opération , je fuis obligé
néceſſairement, ainſi qu'il l'avance , de féparer
la terre jaune avec laquelle je n'aurois
qu'une fécule verte , & que la liqueur, en
reprenant de nouveau fer , fe chargeroit
d'une nouvelle terre jaune femblable à
celle que j'ai féparée : par conféquent cette
liqueur dans cet état ne pourroit donner
que du vert , comme je l'ai démontré ; delà
je concluds qu'il s'eft trompé dans ce
qu'il avance. De plus , s'il avoit bien examiné
mon procédé , il auroit vu que cette
1
DECEMBRE. 1755. 199
opération faite dans un vaiffeau de terre ,
ne produit pas plus de bleu que celui que
je fais dans les vaiffeaux de fer. La preuve
que je crois pouvoir donner de ces faits
eft bien fimple ; c'eft que premierement
l'acide furabondant , démontré dans les
eaux de M. de Calfabigi , n'y eft pas en
affez grande quantité , & qu'il eft noyé
dans trop de flegme pour diffoudre une
quantité de fer auffi fenfible que celle qui
fe précipite. Si cela arrivoit dans ce procédé
, il me feroit impoffible d'avoir du
bleu dans les vaiffeaux de fer , puifque la
liqueur que je fépare de deffus ma fécule
qui a été traitée dans les vaiffeaux de terre ,
contient encore du fer combiné avec l'acide
vitriolique qui fe dépoferoit fous la
couleur jaune , & qui fe mêleroit avec la
fécule , & lui donneroit la couleur verte
fans les précautions que j'ai indiqué dans
ce procédé abrégé pour retirer ce bleu ;
par conféquent s'il falloit néceffairement
que l'eau minérale fe rechargeât fenfiblement
de nouveau fer , l'opération ne pourroit
pas réaffir .
Le fieur Machi avance de plus qu'en
exploitant par jour deux livres de bleu de
Pruffe , que ce travail continué pendant
quinze jours dépenferoit S400 pintes d'eau
par mois ; ce qui pourroit contribuer à al-
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200 MERCURE DE FRANCE.
térer la fource de M. de Calfabigi , & par
conféquent nuire beaucoup à celle de Madame
Belami , dont il croit qu'elle tire fon
origine. Madame Belami peut fe tranquillifer
fur cet article , puifqu'il a été clairement
prouvé enjuftice & par les analyſes ,
que ces fources , & par conféquent les
eaux de Madame Belami font totalement
différentes , & qu'elles font diamétralement
oppofées.
Monfieur & Madame de Calfabigi étant
intéreffés à tirer le meilleur parti poffible
de leurs eaux , on ne doit pas préfumer
qu'ils cherchent à altérer une fource dont
ils fe préparent de démontrer au Public les
propriétés fingulieres relativement à la Médecine
, fuivant les certificats qu'ils font
en état de produire de plufieurs Médecins
& Chirurgiens.
Ces propriétés ne font point de mon
objet ; je me contenterai de dire qu'il réfulte
des Analyfes qui ont été faites des
eaux de M. de Calfabigi , qu'elles contiennent
une abondance de fer qui ne fe trouve
point dans celles de Madame Belami ;.
ce qui me donne lieu de penfer que ces
dernieres ne font pas dans le cas d'une
exacte comparaifon , ces eaux ne pouvant
fournir de bleu de Pruffe , fuivant ce
qu'en dit le Sr Machi lui-même , pag. 13...
DECEMBRE. 1755. 201
Je n'ai fait aucune expérience pour m'affurer
de ce fait ; je ne voudrois cependan
pas répondre qu'en traitant ces mêmest
eaux avec la leflive alkaline décrite par le
fçavant M. Macquer , laquelle eft chargée
jufqu'à parfaite faturation de phlogistique
animal , on ne pût en retirer une quantité
qui feroit vraisemblablement très petite ,
mais fuffifante cependant pour être fenfible.
De ces obfervations il réfulte que j'ai
prouvé ,
1°. Que l'ochre des eaux minérales de
M. de Calfabigi , eft un fer pur attirable à
l'aimant.
2°. Que l'eau minérale , en fe rechargeant
de nouveau fer , ne peut produire
du bleu de Pruffe , ce qui fait voir que le
heur Machi n'a pas entendu mon opération.
3°. Que le bleu de Pruffe fait avec ces
eaux , peut mieux convenir pour la Peinture
, en ce que n'étant pas avivé par les
acides minéraux , il eft moins fujer à s'altérer
que le bleu de Pruffe ordinaire .
4°. Que ce bleu étant exempt de mêlan
ge de cuivre , eft de beaucoup préférablepour
les préparations de fucre , à celui de
Pruffe , qu'on ne peut s'affurer en être tou--
jours dépouillé.
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Résumé : PROCÉDÉ abrégé pour retirer le Bleu de Prusse des Eaux minérales de M. de Calsabigi, avec des Réflexions sur l'utilité de ce Bleu, par le sieur Cadet, Apothicaire Major de l'Hôtel Royal des Invalides.
Le texte décrit un procédé pour extraire le bleu de Prusse des eaux minérales de M. de Calfaligi, présenté par le sieur Cadet, apothicaire major de l'Hôtel Royal des Invalides. Le processus commence par la calcination d'un mélange de sang de bœuf désséché et de soufre d'Alicante concassé, jusqu'à ce que la matière devienne rouge et ne produise plus de flamme. Cette matière est ensuite jetée dans de l'eau bouillante et filtrée après une heure d'ébullition. Pour obtenir le bleu de Prusse, 300 pintes d'eau minérale sont chauffées jusqu'à ébullition, puis laissées reposer pour séparer une matière jaune inutile. La liqueur alcaline sulfureuse est ensuite mélangée à l'eau minérale, produisant une couleur bleue. Une fois refroidie, la liqueur est décantée pour séparer la fécule, qui est lavée avec de l'eau claire. Le résultat est une livre deux onces d'un beau bleu foncé. Le texte inclut également des réflexions sur l'utilité du bleu de Prusse extrait des eaux de M. de Calfaligi. Le sieur Cadet conteste les observations du sieur Machi, affirmant que l'ochre séparée des eaux est un fer pur, attirable à l'aimant. Il souligne que ce bleu est supérieur aux bleus de Prusse ordinaires car il n'est pas avivé par des acides minéraux, ce qui le rend moins sujet à l'altération. De plus, il est exempt de cuivre, le rendant préférable pour les préparations de sucre. Le procédé permet d'obtenir deux cents quatre-vingts pintes d'eau minérale pour une livre de bleu, après séparation de la terre jaune. Le sieur Cadet conclut que les eaux de M. de Calfaligi et celles de Madame Belami sont différentes et ne peuvent être comparées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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