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Liste
1
p. 167-176
A Malthe, ce 10. Juin.
Début :
Je vous dois compte, mon cher Monsieur, de tout ce qui [...]
Mots clefs :
Malte, Fortifications, Congrégation, Grand prieur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Malthe, ce 10. Juin.
A Maltb
, ce io. Juin.
Je vous dois compte, mon
cher Monsieur, de tout ce qui
se passe en ce païs cy. S. A. S.
Monseigneur le grand Prieur,
toujours attentif au bien de
l'Ordre de M-ilibeà la seureté
de l Isle,avoit envoyé des
Ingénieurs pour lever un plan
des Marines; cc Prince fut ensuite
visiter tous les endroits
qu'il falloit fortifierpourempêc
her qu'on ne fit des descentes
, & il drcflj un projet des
fortifications qu'il falloir faire,
& il communiqua le tout à la
Congrégation de guerre composéede
quatre Commissaires
quifont grands Croix, donc
deux furent d'un sentiment
conforme
conforme aux intentions de
S. A. qui étoit de faire travailler
incessamment aux fortifications
des Mannes, les deux
autres,quoiqu ils les jugeaffent
fort necessaires,renvoyerent
ce travail à l'année prochaine,
& insistoient à continuer
detravaillerauFortSainte
Marguerite.
Cette affaire fut portée le
lendemain au ConterdEfac
à la teste duquel se trouve le
le Grand Maître. Il est composé
, comme vous sçavez
de Monseigneur leGrand,
-
Prieur qui a la fécondé place,
comme Lieutenant de son
Eminence, de l'Evêque &
du Prieur de l'Egise ; & de
tous les grands Croix qui sont
assis par rang d'ancienneté ;
M Dalmeyda un des Commissaires
de la Congrégation
de guerre fit un rapport de ce
qui s'étoit passé le jour
auparavant à ladite Congregation
,
& il appuya fort son
sentiment qui étoit de continuer
àtravailleraufort Sainte
Marguerite. Le grand Maître
prit la parole avec beaucoup
de force& de dignité, il opina
en faveur des fortifications
de la Marine, il reprocha finement
à ces Meilleurs de la
Congregation que suivant l'esprit
de leur cabale
,
fait ils avoienc
dépenser bien de l'argent
mal-a-proposàl'Ordre,qu'ils
avoient suivi le projet d'un
Ingenieur ignorant, & qu'ils
s'opposoient toujours à ce qui
pouvoit estre avantageux au
public. Son Altesse parla enfuite
& entra dans des plus
grands détails. Ce Prince fit
,
voir que le fort Sainte Margueriteétoit
tres-inutile puisqu'il
ne couvroit pas entierementleBourg&
l'Isle ,&qu'il
étoit dominé par les haureurs
duCoradin & de~Bgny
,
qu'il
en coûteroit encore plus de
deux cens mille écus pour le
perfectionner
, au lieu que
pour quarante milleécus on
feroit fortifier toutes les Marines
; & que si le tresor n'avoit
pasdefonds,ils-obligeoit
d'en faire faire les avances ,
par des personnes qui ne demanderaient
le payement
qu'en trois années,faufintetêt.
Cette opinion fut applaudie
par tout le monde; & excira
le zele & la bonne volonté
de plusieurs
,
qui offrirent
genereusement de contribuée
aux frais qu'il falloit faire. Les
uns donnèrent mille écus>
les autres deux mille
,
son
Altesse quatre mille , si bien
que dans un moment de
tempsoneût des obligations
pour prés de la moitié de la
somme necessaire ,on a nommé
quatreCommissaires autres
que ceux de la Congrégation
,
pour recevoir les fonds, & faire
les payements ; ces Commissaires
rendront compte
en droiture à Son Altesse, &
&ce Prince à Son Eminence
3 onmettrala main à l'oeuvre,
pour le plus tard après la FeUc.
Dieu, de manière qu'on ne
craindra plus rien pour les
-
descentes; avec cette precautiononnefera
plus obligé,
à l'avenir,de faire des citations
générales
,
& les milices du
pays suffiront pour deffendre
tous les poRes) joint à cela
que le Roy de Sicile pour son
propre incerect, est toujours
disposé à leur donner du
secours.Quatreou cinq batail-
Ions suffiront avec les Milices,
pour mettre toute Tlfle en
seureté. Un Vaisseauarrivé
de Constantinople dans ce
Port depuis deux jours,arapporté
que l'Armée Navale
du Grand Seigneur, qui est de
30. Vaisseaux mal équipez &
mal armez,étoit à la Rade
devant cette grande Ville pr ête
à faire voile en Morée
que l'on a fait defiler les troupes
pour les transporter en ce
pays là. Les Galeres duPapc au
nombre de quatre arrivèrent
icy Vendredy dernier pour
prendre celles de la Religion,
& aller joindre l'Armée Navale
des Vénitiens. Voilà toutes
les nouve lles de Malthe les
plus essentielles; tous les Chevaliers
s'en retournent & ce
paysvaêtreunvraydefert.
, ce io. Juin.
Je vous dois compte, mon
cher Monsieur, de tout ce qui
se passe en ce païs cy. S. A. S.
Monseigneur le grand Prieur,
toujours attentif au bien de
l'Ordre de M-ilibeà la seureté
de l Isle,avoit envoyé des
Ingénieurs pour lever un plan
des Marines; cc Prince fut ensuite
visiter tous les endroits
qu'il falloit fortifierpourempêc
her qu'on ne fit des descentes
, & il drcflj un projet des
fortifications qu'il falloir faire,
& il communiqua le tout à la
Congrégation de guerre composéede
quatre Commissaires
quifont grands Croix, donc
deux furent d'un sentiment
conforme
conforme aux intentions de
S. A. qui étoit de faire travailler
incessamment aux fortifications
des Mannes, les deux
autres,quoiqu ils les jugeaffent
fort necessaires,renvoyerent
ce travail à l'année prochaine,
& insistoient à continuer
detravaillerauFortSainte
Marguerite.
Cette affaire fut portée le
lendemain au ConterdEfac
à la teste duquel se trouve le
le Grand Maître. Il est composé
, comme vous sçavez
de Monseigneur leGrand,
-
Prieur qui a la fécondé place,
comme Lieutenant de son
Eminence, de l'Evêque &
du Prieur de l'Egise ; & de
tous les grands Croix qui sont
assis par rang d'ancienneté ;
M Dalmeyda un des Commissaires
de la Congrégation
de guerre fit un rapport de ce
qui s'étoit passé le jour
auparavant à ladite Congregation
,
& il appuya fort son
sentiment qui étoit de continuer
àtravailleraufort Sainte
Marguerite. Le grand Maître
prit la parole avec beaucoup
de force& de dignité, il opina
en faveur des fortifications
de la Marine, il reprocha finement
à ces Meilleurs de la
Congregation que suivant l'esprit
de leur cabale
,
fait ils avoienc
dépenser bien de l'argent
mal-a-proposàl'Ordre,qu'ils
avoient suivi le projet d'un
Ingenieur ignorant, & qu'ils
s'opposoient toujours à ce qui
pouvoit estre avantageux au
public. Son Altesse parla enfuite
& entra dans des plus
grands détails. Ce Prince fit
,
voir que le fort Sainte Margueriteétoit
tres-inutile puisqu'il
ne couvroit pas entierementleBourg&
l'Isle ,&qu'il
étoit dominé par les haureurs
duCoradin & de~Bgny
,
qu'il
en coûteroit encore plus de
deux cens mille écus pour le
perfectionner
, au lieu que
pour quarante milleécus on
feroit fortifier toutes les Marines
; & que si le tresor n'avoit
pasdefonds,ils-obligeoit
d'en faire faire les avances ,
par des personnes qui ne demanderaient
le payement
qu'en trois années,faufintetêt.
Cette opinion fut applaudie
par tout le monde; & excira
le zele & la bonne volonté
de plusieurs
,
qui offrirent
genereusement de contribuée
aux frais qu'il falloit faire. Les
uns donnèrent mille écus>
les autres deux mille
,
son
Altesse quatre mille , si bien
que dans un moment de
tempsoneût des obligations
pour prés de la moitié de la
somme necessaire ,on a nommé
quatreCommissaires autres
que ceux de la Congrégation
,
pour recevoir les fonds, & faire
les payements ; ces Commissaires
rendront compte
en droiture à Son Altesse, &
&ce Prince à Son Eminence
3 onmettrala main à l'oeuvre,
pour le plus tard après la FeUc.
Dieu, de manière qu'on ne
craindra plus rien pour les
-
descentes; avec cette precautiononnefera
plus obligé,
à l'avenir,de faire des citations
générales
,
& les milices du
pays suffiront pour deffendre
tous les poRes) joint à cela
que le Roy de Sicile pour son
propre incerect, est toujours
disposé à leur donner du
secours.Quatreou cinq batail-
Ions suffiront avec les Milices,
pour mettre toute Tlfle en
seureté. Un Vaisseauarrivé
de Constantinople dans ce
Port depuis deux jours,arapporté
que l'Armée Navale
du Grand Seigneur, qui est de
30. Vaisseaux mal équipez &
mal armez,étoit à la Rade
devant cette grande Ville pr ête
à faire voile en Morée
que l'on a fait defiler les troupes
pour les transporter en ce
pays là. Les Galeres duPapc au
nombre de quatre arrivèrent
icy Vendredy dernier pour
prendre celles de la Religion,
& aller joindre l'Armée Navale
des Vénitiens. Voilà toutes
les nouve lles de Malthe les
plus essentielles; tous les Chevaliers
s'en retournent & ce
paysvaêtreunvraydefert.
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2
p. 131-141
A Malthe le 8 Octobre 1717.
Début :
Comme on n'a pas esté exactement informé des évenemens / Nous sortîmes de Malthe le 3 de Juin avec deux des [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Capitaine, Turcs, Ennemis, Galères, Vénitiens, Malte, Navires, Armée, Combat, Religion, Corfou, Canons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Malthe le 8 Octobre 1717.
Omme on n'a pas esté exactement
qui fe font paffés pendant cette Campagne,
entre les Flotes Venitiennes & Turques
; peut - être me faura- t- on gré que
j'en donne ici un Journal plus fidele que
ce qui a paru dans les Gazettes.. It
a efté traduit fur une Lettre Italienne,
écritepar un Chevalier à un de ſes amis :
On reconnoîtrafans peine qu'il n'avance
aucun fait dont il n'ait eftétémoin , ou
dont il n'ait efté parfaitement inftruit.
NOUVELLES ETRANGERES.
N
A Malthe le8 Octobre 1717.
OUS fortîmes de Malthe lez
de Juin avec deux des Vaiffeaux
de la Religion.
Le 16 du même mois , nous arrivâmes
à Corfon où étoit le rendez - vous
de la Flote Vénitienne : Nous la trouvâmes
cependant partie, pour gagner les
Bouches de Conftantinople ,fur un faux
avis que les Turcs ne pouvant pas trou132
LEMERCURE
ver de monde pour armer leurs Vaiffeaux
, étoient hors d'état de fe mettre:
en Mer. M. le Bailly de Belle - Fontaine
Lieutenant Général des Vaiffeaux
du Roy de France , nommé par le
Grand- Maître & le Pape , pour commander
les Auxiliaires , prévoyant cequi
artiveroit de cette Manoeuvre à
contre tems , dit hautement que ces
Vaifleaux alloient fe faire battre aux
Dardanelles ; qu'il eftoit un peu furpris
que ces Meffieurs ûffent manqué de leur
prudence ordinaire dans cette occafion ,
par trop d'impatience ; qu'ils devoient
bien attendre au moins la jonction des
fecours qui n'auroient point êté de trop.
V
Nous avions trouvé en effet à Corfou
, outre les Vaiffeaux Portugais avec
deux Brulots , les 5. Galeres de la Réligion
, les 5. autres du Pape , avec les
deux du grand Duc & toutes celles de
Veniſe..
Le 21. nous partîmes tous enfemble
pour les Zantès : Le 25. nous moüillâmes
à la Rade de ces ifles . Le 29. nous
apprîmes apres midi, que les Venitiens
êtant arrivés à l'entrée des Dardanelles
, s'en étoient retirés fort précipi- :
tamment ; après avoir laiffé leurs An- ¸
DE NOVEMBRE. 133
cres & leurs Cables aux Ifles de Ténédos
où ils ne faifoient que de moüiller .
Il leur a fallu effuyer deux combâts
confécutifs ; preſque toûjours en fuyant
devant la flotte Ottomane . M. de Frangini
fort brave homme d'ailleurs , mais,
aïant peu de capacité pour le metier
de la Mer ,fut tué dans l'i pemiere action
. M. Diedo l'a templacé dans la
même fonction d'Amira ' . Nous continuâmes
nôtre route pour nous joindre à
l'Armée Venitienne , qui s'êtoit retirée
entre la Candie & la Morée , Païs de
Maniotes qui font des Sauvages fous
la domination des Turcs. Le 2. Juillet ,
nous nous joignîmes avec la flore Venitienne
,réduite dans un pitoyable êtar,
êtapt fort délabrée & manquant de tour .
Le 4. nous apperçûmes les Vaiffeaux
ennemis, pourfuivans toûjours les Venitiens
Nous nous préparâmes au combat
le refte du jour & de la nuit . Le s .
à 8 heures du matin,ils vinrent fur nous
& nous gagnerent le vent : Nous nous
vîmes abandonnés en moins de z. heures
de toutes nos Galeres , dans le tems
que nos Vaiffeaux en avoient le plus
de befoin ,êtant en bonace , & que nous
êtions à 2. portées de Canon des En134
LE MERCURE
nemis. Les 8. Galeres Turques au contraire,
ne s'écarterent point de leurs Sultanes
ou Vaiff. quarrés. Hûreufement il
nous vint un peu de vent ; nous en profitâmes
& nous êtant mis en ligne
les Turcs déployerent leurs Pavillons ,
& nous , les nôtres aprés . Mais , ces Barbares
ayant reconnû que la flote chrêtienne
avoit reçû 10 Vaiff. de renfort ,ils
n'oferent pas nous attaquer ; ils fe contenterent
de tenir le vent. Noustachâmes
de le leur gagner , fans y avoir pû.
réuffir. Le 6. nous vîmes les Ennemis
qui fe retiroient & qui allerent moüiller
à Coron. Pour nous autres , nous
reftântes jufqu'au 13. dans les mêmes
eaux,ayant toûjours ûles vents contraires
& toûjours en vue des Ottomans.
Il ne nous auroit pas fallu plus de 12 .
heures de bon tems, pour regagner les
Zantes où nous nous ferions raccommodés
: Nous prîmes le parti d'aborder
au Golfe de Paflava , pour y faite
de l'Eau ; il n'y en avoit pas pour 24.
heures dans chaque Navire des Venitiens
, qui pour l'épargner , n'en diſtribuoient
à chaque homme que 2. verres
par jour : Jugés de l'extremité où nous
êtions , quand on penfe que nous toûDE
NOVEMBRE.
135
chions au moment de périr de foif.Deux
jours aprés, nous retrouvâmes nos Galeres
& nos Généraux .
•
Le 14 Juillet , eftant entrez dans le
Golfe de Paffava , nous apperçûmes
9 Barbarefques qui nous prenant pour
leurs gens , vinrent s'affaier fur la terre:
Elles fe détromperent bien- tôt , & nous
ayant reconnu , elles fortirent précipitamment
de leur -Taniere fur les s
heures du foir. Nous les chaffâmes inutilement
, nous y étant pris trop tard .
Nous fimes nôtre eau, aprés avoir pris
la précaution de mettre à terre 4000
hommes , à caufe que c'eft Pays de
Turquie.
Il y ût des Capitaines des Vaiffeaux
Vénitiens , qui nous avoüerent qu'il
y avoit un jour que l'eau leur manquoit.
Le 16 , une Chaloupe Vénitienne fe fauva
avec fon équipage & alla fe rendre
aux Turcs , auxquels elle découvrit la
fituation facheufe où l'Armée fe trouvoir.
LesEnnemis en ayant profité , le 18 ,
nous les reconûmes venans à toute voile
fur nous . Nous appareillâmes & nous
nous préparâmes toute la nuit au cobat .
Le19 , à la pointe du jour ,nous découvrîmes
de nôtre avant , leurs voiles , à deux
136 LE MERCURE
lieuës de nos Navires: Ayant le vent fur
nous , nous êtendîmes nôtre ligne tant
bien que mal : M. de Belle - Fontainecommandoit
l'arriere Garde de la Flote
avec les Auxiliaires . Les Vénitiens qui
avoient l'Avant- Garde, commencerent
à tirer à 8 heures du matin : Pour notre
Arriere- Garde , elle ne fit fes décharges
qu'à 9 heures , que les Ennemis
n'étoient qu'à demie-portée de canon
de nous. Le Corps de bataille des
Turcs , & tous les Amiraux tomberent
en même tems fur elle. Ils virent un
autre feu que celui des Vénitiens ; nôcanon
alloit comme la moufqueterie ,
Les Portugais , dont deux de leurs
Vaiffeaux eftoient de 80piéces de canon
, en ayant furtout de 36 livres de
balles à leur premiere batterie , y firent
des merveilles : Le Navire que montoit
M. de Belle - Fontaine , tira en quatre
heures 1250 coups de canon , & fit
revirer de bord l'Amiral Turc qui n'en
voulut plus tâter. Comme les Ennemis
tenoient le vent , & qu'ils nous avoient
enfoncez dans le Golphe de Paffava
tout à fait fur la terre ; M. de Belle-
Fontaine envoya dire par le Major à
l'Amiral Vénitien de revirer
les
DE NOVEMBRE. 137
les vents nous ayant adonez ; &
de couper l'Armée Turque en deux ;-
ce qui fut heureufement exécuté dans
le moment : Les Turcs pour lors , fe
crûrent entierement perdus ; nous
fimes feu des deux bords ; tout rioit
pour gagner une Bataille complette &
abimer la Marine Turque ; mais , cette
efperance ne dura pás long - tems ,
car , contre toute attente , l'avant - garde
alla fe remettre tout en Peloton
fous le vent des Ennemis , où nous nous
trouvâmes en bonace les uns fur les
autres. Il eft comme indubitable , que
files Turcs avoient efté gens experimentés
>
ils n'avoient qu'à envoyer
deux ou 3. Brulots , & toute la flore
chrêtienne auroit efté dévorée par les
flammes . Enfin às heures du foir , le
Combât finit Nos Galeres pendant l'action,
refterent toûjours fous le vent , fans
pouvoir tirer un feul coup , fe mertans .
à l'abri de nos Vaiffeaux du côté qu'ils
ne tiroient point. Toute nôtre Armée a
efté fort maltraitée ; mais , en revanche
, celle des Ennemis n'a gueres
moins fouffert que la nôtre . Pour les
Venitiens, ils avoient déja efté fort endommagés
dans les deux premiers
M
138
LE MERCURE
combâts. Il faut avouer que les Turcs
êtoient plus forts que nous , ayant so.
Navires , & nous 35. en tout. Les premiers
avoient des canons de nouvelle
invention , qui pouffoient des Boulets
de marbre , gros comme des bombes de
400. livres; ce qui abimoit un Vaiffeau ;
auffi , nôtre flote faifoit - elle pitié . On
ne voyoit que Mats , Voiles , Corps de
Navires brifés , Bras , Jambes emportées,
& Cadavres jonchés . Nous avons û
3000. hommes de tués ou bleffés dans
cette journée.
Le lendemain 20. les deux Armées
êtant reftées dans le Golfe de Paſſava ,
demeurerent tranquilles & dans l'inaction.
Nous travaillâmes à nous raccom
moder toute la journée. Le 21. manqua
de nous être bien funefte ; puifqu'à 7 .
heures du matin , nous vîmes revirer
les Turcs fur nous , pour nous rattaquer
de nouveau , s'êtant raccommodés dans
leurs ports & rafraichis de monde.Nous
voulûmes nous mettre en ligne , mais ,
la moitié de nôtre Armée fe trouva en
bonace. A 2. heures aprés midi , il s'éleva
un gros vent de Nord- Ouëft qui
nous démâta 7. de nos plus gros Na-..
vires. Quelle êtrange extremité ? Etre
DE NOVEMBRE.
139
nous
en vue des Ennemis , à portée & demie
de canon, & dans la crainte à chaqueinftant
d'en être écrafés , fans pouvoir
prefque fe deffendre : Voilà qu'elle
etoit nôtre fituation . Nous prîmes le
parti le plus fûr , qui eftoit de gagner
le large. Il ne tenoit qu'à ces Barbares
de nous enlever 4. Vaiffeaux qui
reftoient de l'arriere-garde ; cependant,
ils n'en firent rien , n'ayant pas. fû profiter
de l'occafion . Nous manoeuvrames
fi bien que le jour ayant baiffé ,
nous fauvâmes à la faveur des ténébres
; nous ûmes toute la nuit, le vent
trés frais avec une groffe Mer. Toute
la flotte qui avoit fa mâture endommagée
, êtoit occupée à remorquer des
Navires démâtés . Le lendemain 22 .
nous nous trouvâmes à 15. lieuës de
Terre , les Galéres s'en allant , vent
arriere , du côté de la Candie . Le foir ,
le vent manqua , & ayant fait nos fignaux
de reconnoiffance nous nous
ralliames .
,
Depuis le 23 Juillet , jufqu'au 3 Août
que nous découvrîmes du Cap Paffaro,
la Sicile ; nous n'avions point vû de
terre , tant nous apprehendions les Côtes.
Miij
140 LE MERCURE
Le 12 Aouft , les Portugais prirent
congé de l'Armée des Vénitiens , ne
paroiffans pas contens de ces derniers.
Le 13, nous moüillâmes à Corfou,où
nos Galéres nous avoient précédez.
Ce qu'on aura peine à croire , c'eſt que
malgré tous les défordres du dernier
combat , nous avons trouvé , aprez le
compte fait de nos Bâtimens , que nous
n'en avions pas perdu un feul.
Depuis le 17 jufqu'au 26 , on répara
tant bien que mal , le dommage reçû .
Le 26 , les Galéres de la Religion êtant
parties pour Malthe avec 300 malades ,
nous appareillâmes pour les Zantes , où
nous moüillames le 30 .
Le premier Septembre , les Galéres
de Venife nous y joignirent .
Le 26 du mefme mois , le Tonnerre:
tomba à huit heures de matin fur un
Navire de Malthe. Il brifa le Mât de
Mizaine , tua quatre hommes , & en
brûla 20. Il est étonnant qu'il n'ait pas
mis le feu aux poudres ; mais , ce qu'il
y a de plus furprenant , c'eft qu'il foit
retombé à huit heures du foir fur le
mefme Bâtiment ; eftant entré par un
Sabord , & refforti dans l'inſtant par
l'autre , fans caufer aucun dommage :
DE NOVEMBRE. 14 %
Il fe tranfporta de là fur un Vaiffeau
Vénitien , où il tua hommes , & le
démâta de fes Mats de Hune.
Le 30 Septembre , les Vaiffeaux de
l'Ordre fortirent desZantes ,pour ſe rendre
à Malthe , où ils abordérent. Le 7
Octobre , un de ces meſmes Navires repart
pour ramener M. de Bellefontaine
à Toulon.
qui fe font paffés pendant cette Campagne,
entre les Flotes Venitiennes & Turques
; peut - être me faura- t- on gré que
j'en donne ici un Journal plus fidele que
ce qui a paru dans les Gazettes.. It
a efté traduit fur une Lettre Italienne,
écritepar un Chevalier à un de ſes amis :
On reconnoîtrafans peine qu'il n'avance
aucun fait dont il n'ait eftétémoin , ou
dont il n'ait efté parfaitement inftruit.
NOUVELLES ETRANGERES.
N
A Malthe le8 Octobre 1717.
OUS fortîmes de Malthe lez
de Juin avec deux des Vaiffeaux
de la Religion.
Le 16 du même mois , nous arrivâmes
à Corfon où étoit le rendez - vous
de la Flote Vénitienne : Nous la trouvâmes
cependant partie, pour gagner les
Bouches de Conftantinople ,fur un faux
avis que les Turcs ne pouvant pas trou132
LEMERCURE
ver de monde pour armer leurs Vaiffeaux
, étoient hors d'état de fe mettre:
en Mer. M. le Bailly de Belle - Fontaine
Lieutenant Général des Vaiffeaux
du Roy de France , nommé par le
Grand- Maître & le Pape , pour commander
les Auxiliaires , prévoyant cequi
artiveroit de cette Manoeuvre à
contre tems , dit hautement que ces
Vaifleaux alloient fe faire battre aux
Dardanelles ; qu'il eftoit un peu furpris
que ces Meffieurs ûffent manqué de leur
prudence ordinaire dans cette occafion ,
par trop d'impatience ; qu'ils devoient
bien attendre au moins la jonction des
fecours qui n'auroient point êté de trop.
V
Nous avions trouvé en effet à Corfou
, outre les Vaiffeaux Portugais avec
deux Brulots , les 5. Galeres de la Réligion
, les 5. autres du Pape , avec les
deux du grand Duc & toutes celles de
Veniſe..
Le 21. nous partîmes tous enfemble
pour les Zantès : Le 25. nous moüillâmes
à la Rade de ces ifles . Le 29. nous
apprîmes apres midi, que les Venitiens
êtant arrivés à l'entrée des Dardanelles
, s'en étoient retirés fort précipi- :
tamment ; après avoir laiffé leurs An- ¸
DE NOVEMBRE. 133
cres & leurs Cables aux Ifles de Ténédos
où ils ne faifoient que de moüiller .
Il leur a fallu effuyer deux combâts
confécutifs ; preſque toûjours en fuyant
devant la flotte Ottomane . M. de Frangini
fort brave homme d'ailleurs , mais,
aïant peu de capacité pour le metier
de la Mer ,fut tué dans l'i pemiere action
. M. Diedo l'a templacé dans la
même fonction d'Amira ' . Nous continuâmes
nôtre route pour nous joindre à
l'Armée Venitienne , qui s'êtoit retirée
entre la Candie & la Morée , Païs de
Maniotes qui font des Sauvages fous
la domination des Turcs. Le 2. Juillet ,
nous nous joignîmes avec la flore Venitienne
,réduite dans un pitoyable êtar,
êtapt fort délabrée & manquant de tour .
Le 4. nous apperçûmes les Vaiffeaux
ennemis, pourfuivans toûjours les Venitiens
Nous nous préparâmes au combat
le refte du jour & de la nuit . Le s .
à 8 heures du matin,ils vinrent fur nous
& nous gagnerent le vent : Nous nous
vîmes abandonnés en moins de z. heures
de toutes nos Galeres , dans le tems
que nos Vaiffeaux en avoient le plus
de befoin ,êtant en bonace , & que nous
êtions à 2. portées de Canon des En134
LE MERCURE
nemis. Les 8. Galeres Turques au contraire,
ne s'écarterent point de leurs Sultanes
ou Vaiff. quarrés. Hûreufement il
nous vint un peu de vent ; nous en profitâmes
& nous êtant mis en ligne
les Turcs déployerent leurs Pavillons ,
& nous , les nôtres aprés . Mais , ces Barbares
ayant reconnû que la flote chrêtienne
avoit reçû 10 Vaiff. de renfort ,ils
n'oferent pas nous attaquer ; ils fe contenterent
de tenir le vent. Noustachâmes
de le leur gagner , fans y avoir pû.
réuffir. Le 6. nous vîmes les Ennemis
qui fe retiroient & qui allerent moüiller
à Coron. Pour nous autres , nous
reftântes jufqu'au 13. dans les mêmes
eaux,ayant toûjours ûles vents contraires
& toûjours en vue des Ottomans.
Il ne nous auroit pas fallu plus de 12 .
heures de bon tems, pour regagner les
Zantes où nous nous ferions raccommodés
: Nous prîmes le parti d'aborder
au Golfe de Paflava , pour y faite
de l'Eau ; il n'y en avoit pas pour 24.
heures dans chaque Navire des Venitiens
, qui pour l'épargner , n'en diſtribuoient
à chaque homme que 2. verres
par jour : Jugés de l'extremité où nous
êtions , quand on penfe que nous toûDE
NOVEMBRE.
135
chions au moment de périr de foif.Deux
jours aprés, nous retrouvâmes nos Galeres
& nos Généraux .
•
Le 14 Juillet , eftant entrez dans le
Golfe de Paffava , nous apperçûmes
9 Barbarefques qui nous prenant pour
leurs gens , vinrent s'affaier fur la terre:
Elles fe détromperent bien- tôt , & nous
ayant reconnu , elles fortirent précipitamment
de leur -Taniere fur les s
heures du foir. Nous les chaffâmes inutilement
, nous y étant pris trop tard .
Nous fimes nôtre eau, aprés avoir pris
la précaution de mettre à terre 4000
hommes , à caufe que c'eft Pays de
Turquie.
Il y ût des Capitaines des Vaiffeaux
Vénitiens , qui nous avoüerent qu'il
y avoit un jour que l'eau leur manquoit.
Le 16 , une Chaloupe Vénitienne fe fauva
avec fon équipage & alla fe rendre
aux Turcs , auxquels elle découvrit la
fituation facheufe où l'Armée fe trouvoir.
LesEnnemis en ayant profité , le 18 ,
nous les reconûmes venans à toute voile
fur nous . Nous appareillâmes & nous
nous préparâmes toute la nuit au cobat .
Le19 , à la pointe du jour ,nous découvrîmes
de nôtre avant , leurs voiles , à deux
136 LE MERCURE
lieuës de nos Navires: Ayant le vent fur
nous , nous êtendîmes nôtre ligne tant
bien que mal : M. de Belle - Fontainecommandoit
l'arriere Garde de la Flote
avec les Auxiliaires . Les Vénitiens qui
avoient l'Avant- Garde, commencerent
à tirer à 8 heures du matin : Pour notre
Arriere- Garde , elle ne fit fes décharges
qu'à 9 heures , que les Ennemis
n'étoient qu'à demie-portée de canon
de nous. Le Corps de bataille des
Turcs , & tous les Amiraux tomberent
en même tems fur elle. Ils virent un
autre feu que celui des Vénitiens ; nôcanon
alloit comme la moufqueterie ,
Les Portugais , dont deux de leurs
Vaiffeaux eftoient de 80piéces de canon
, en ayant furtout de 36 livres de
balles à leur premiere batterie , y firent
des merveilles : Le Navire que montoit
M. de Belle - Fontaine , tira en quatre
heures 1250 coups de canon , & fit
revirer de bord l'Amiral Turc qui n'en
voulut plus tâter. Comme les Ennemis
tenoient le vent , & qu'ils nous avoient
enfoncez dans le Golphe de Paffava
tout à fait fur la terre ; M. de Belle-
Fontaine envoya dire par le Major à
l'Amiral Vénitien de revirer
les
DE NOVEMBRE. 137
les vents nous ayant adonez ; &
de couper l'Armée Turque en deux ;-
ce qui fut heureufement exécuté dans
le moment : Les Turcs pour lors , fe
crûrent entierement perdus ; nous
fimes feu des deux bords ; tout rioit
pour gagner une Bataille complette &
abimer la Marine Turque ; mais , cette
efperance ne dura pás long - tems ,
car , contre toute attente , l'avant - garde
alla fe remettre tout en Peloton
fous le vent des Ennemis , où nous nous
trouvâmes en bonace les uns fur les
autres. Il eft comme indubitable , que
files Turcs avoient efté gens experimentés
>
ils n'avoient qu'à envoyer
deux ou 3. Brulots , & toute la flore
chrêtienne auroit efté dévorée par les
flammes . Enfin às heures du foir , le
Combât finit Nos Galeres pendant l'action,
refterent toûjours fous le vent , fans
pouvoir tirer un feul coup , fe mertans .
à l'abri de nos Vaiffeaux du côté qu'ils
ne tiroient point. Toute nôtre Armée a
efté fort maltraitée ; mais , en revanche
, celle des Ennemis n'a gueres
moins fouffert que la nôtre . Pour les
Venitiens, ils avoient déja efté fort endommagés
dans les deux premiers
M
138
LE MERCURE
combâts. Il faut avouer que les Turcs
êtoient plus forts que nous , ayant so.
Navires , & nous 35. en tout. Les premiers
avoient des canons de nouvelle
invention , qui pouffoient des Boulets
de marbre , gros comme des bombes de
400. livres; ce qui abimoit un Vaiffeau ;
auffi , nôtre flote faifoit - elle pitié . On
ne voyoit que Mats , Voiles , Corps de
Navires brifés , Bras , Jambes emportées,
& Cadavres jonchés . Nous avons û
3000. hommes de tués ou bleffés dans
cette journée.
Le lendemain 20. les deux Armées
êtant reftées dans le Golfe de Paſſava ,
demeurerent tranquilles & dans l'inaction.
Nous travaillâmes à nous raccom
moder toute la journée. Le 21. manqua
de nous être bien funefte ; puifqu'à 7 .
heures du matin , nous vîmes revirer
les Turcs fur nous , pour nous rattaquer
de nouveau , s'êtant raccommodés dans
leurs ports & rafraichis de monde.Nous
voulûmes nous mettre en ligne , mais ,
la moitié de nôtre Armée fe trouva en
bonace. A 2. heures aprés midi , il s'éleva
un gros vent de Nord- Ouëft qui
nous démâta 7. de nos plus gros Na-..
vires. Quelle êtrange extremité ? Etre
DE NOVEMBRE.
139
nous
en vue des Ennemis , à portée & demie
de canon, & dans la crainte à chaqueinftant
d'en être écrafés , fans pouvoir
prefque fe deffendre : Voilà qu'elle
etoit nôtre fituation . Nous prîmes le
parti le plus fûr , qui eftoit de gagner
le large. Il ne tenoit qu'à ces Barbares
de nous enlever 4. Vaiffeaux qui
reftoient de l'arriere-garde ; cependant,
ils n'en firent rien , n'ayant pas. fû profiter
de l'occafion . Nous manoeuvrames
fi bien que le jour ayant baiffé ,
nous fauvâmes à la faveur des ténébres
; nous ûmes toute la nuit, le vent
trés frais avec une groffe Mer. Toute
la flotte qui avoit fa mâture endommagée
, êtoit occupée à remorquer des
Navires démâtés . Le lendemain 22 .
nous nous trouvâmes à 15. lieuës de
Terre , les Galéres s'en allant , vent
arriere , du côté de la Candie . Le foir ,
le vent manqua , & ayant fait nos fignaux
de reconnoiffance nous nous
ralliames .
,
Depuis le 23 Juillet , jufqu'au 3 Août
que nous découvrîmes du Cap Paffaro,
la Sicile ; nous n'avions point vû de
terre , tant nous apprehendions les Côtes.
Miij
140 LE MERCURE
Le 12 Aouft , les Portugais prirent
congé de l'Armée des Vénitiens , ne
paroiffans pas contens de ces derniers.
Le 13, nous moüillâmes à Corfou,où
nos Galéres nous avoient précédez.
Ce qu'on aura peine à croire , c'eſt que
malgré tous les défordres du dernier
combat , nous avons trouvé , aprez le
compte fait de nos Bâtimens , que nous
n'en avions pas perdu un feul.
Depuis le 17 jufqu'au 26 , on répara
tant bien que mal , le dommage reçû .
Le 26 , les Galéres de la Religion êtant
parties pour Malthe avec 300 malades ,
nous appareillâmes pour les Zantes , où
nous moüillames le 30 .
Le premier Septembre , les Galéres
de Venife nous y joignirent .
Le 26 du mefme mois , le Tonnerre:
tomba à huit heures de matin fur un
Navire de Malthe. Il brifa le Mât de
Mizaine , tua quatre hommes , & en
brûla 20. Il est étonnant qu'il n'ait pas
mis le feu aux poudres ; mais , ce qu'il
y a de plus furprenant , c'eft qu'il foit
retombé à huit heures du foir fur le
mefme Bâtiment ; eftant entré par un
Sabord , & refforti dans l'inſtant par
l'autre , fans caufer aucun dommage :
DE NOVEMBRE. 14 %
Il fe tranfporta de là fur un Vaiffeau
Vénitien , où il tua hommes , & le
démâta de fes Mats de Hune.
Le 30 Septembre , les Vaiffeaux de
l'Ordre fortirent desZantes ,pour ſe rendre
à Malthe , où ils abordérent. Le 7
Octobre , un de ces meſmes Navires repart
pour ramener M. de Bellefontaine
à Toulon.
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p. 185
De MALTE, le 30 Mai 1763.
Début :
Le jour de la Pentecôte à une heure & demie après-midi, on a [...]
Mots clefs :
Pentecôte, Secousses, Tremblement de terre
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texteReconnaissance textuelle : De MALTE, le 30 Mai 1763.
De MALTE, le 30 Mai 1763 .
Le jour de la Pentecôte à une heure & demie
après- midi , on a reffenti ici une ſecouffe de tremblement
de terre , affez vive , qui a duré près d'une
minute.
Le jour de la Pentecôte à une heure & demie
après- midi , on a reffenti ici une ſecouffe de tremblement
de terre , affez vive , qui a duré près d'une
minute.
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