Reconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Meaux, le 10. Juillet 1731. au sujet d'un Loup enragé.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Meaux ,
le 10. Juillet 1731. au sujet d'un Loup
enragé.
I
$
L est arrivé aux environs de Meaux
une Scene si Tragique , et une action
si heroïque de la part d'un pauvre Pêcheur
, que je crois , Monsieur , que vous
ne serés pas fâché de l'inserer dans vôtre
Journal. Le 25. Juin dernier , un Loup
enragé sortant des Bois de Changi , se
jetta sur Marie Posé , femme d'Etienne
Lucas , et lui mangea une partie du bras ,
ensuite il attaqua Marie Couvrechef , de
la Paroisse d'Isle , femme d'un nommé
Colinet , lui emporta les Joües et lui
perça le gosier , Marie Gaillet de la Pároisse
d'Armentiere , femme de Charles
Turisieu , fut morduë à la main droite ,
eut le pouce emporté , et Fautre main
percée. Ce Loup passa ensuite la Riviere
de Marne , et aborda prés le Moulin de
S. Jean les deux Jumeaux. Jacques La-
1 v voisier
1626 MERCURE DE FRANCE
voisier , Pêcheur , de la Paroisse de Villers,
en voulant attacher son Batteau , en fur
saisi par
le poignet , cet homme vigoureux
qui avoit déja appris les ravages de
ce cruel Animal , et se croyant perdu
sans ressource , prit la résolution de faire
perir le Loup , et de sauver ses compatriotes
: Tayant pris par le train de derriere ,
il le terrassa , et lui mit le genqüil sur le
col ; le Loup à force de se débattre s'étant
dégagé , le blessa ; mais le Pêcheur le prit
par une orcille , le terrassa pour la secon
de fois , et le tint si serré sous lui , qu'on
cut le temps de venir à son secours. II
dit alors à un homme qui étoit armé.
d'une hache de lui casser hardiment la
tête , et qu'il ne quitteroit le Loup qu'a¬
prés qu'il seroit bien assuré de sa mort,,
ce qui fut bientôt exécuté. Ce pauvre
malheureux, a le corps entierement percé
des dents de ce furieux Animal . Trois
Curés de ces Cantons ont attesté les . Faits
que je viens de vous narrer veritables ,
et l'indigence de ces pauvres gens blessés
, qui sont par là hors d'état de gagner
leurs vies et tout- à - fait dignes de la compassion
du Public.
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Meaux, le 10. Juillet 1731. au sujet d'un Loup enragé.
Le 25 juin 1731, un loup enragé provenant des bois de Changi attaqua plusieurs personnes près de Meaux. Marie Posé, femme d'Etienne Lucas, perdit une partie de son bras. Marie Couvrechef, femme de Colinet, eut les joues arrachées et le gosier percé. Marie Gaillet, femme de Charles Turisieu, fut mordue à la main droite, perdant son pouce et ayant l'autre main percée. Le loup traversa ensuite la rivière Marne et attaqua Jacques Lavoisier, un pêcheur de la paroisse de Villers. Conscient des ravages causés par le loup, Lavoisier décida de le neutraliser. Après avoir été mordu, il parvint à terrasser le loup à deux reprises et demanda à un homme armé d'une hache de lui fracasser le crâne. Lavoisier fut gravement blessé, mais ses actions permirent de sauver d'autres personnes. Trois curés attestèrent la véracité des faits et l'indigence des victimes, désormais incapables de subvenir à leurs besoins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
ENIGME.
N Pere a plus d'enfans dix autres Fa
milles ;
que
Dès l'abord il offre à vos yeux
Plus de soixante de ses Filles ,
Et ce nombre prodigieux
En deux moitiés justement se partage ,
L'une est en habit blanc , et l'autre en habit noír
Sur elles bien souvent on peut encore voir
Vingt- quatre autres enfans en pareil équipage ?
Aller , venir , y faire maint voyage.
Les uns ont assés de bonheur
Pour arriver sans perte et sans malheu
Au but qui fait leur esperance ;
Mais la plupart par imprudence
Perit au milieu du chemin , ´
Et de leurs ennemis augmente le butin.
Par E. M. J. D. L. de Meaux:
LOGOGRYPHE.
Quoique fruit d'un fimple Arbriſſeau ;
Je vaux cependant quelque chofe ;
Cas
JUI N.
1739. 9351
Car dans plus de fept pieds , fans force de cerveau
,
L'on trouve Rome , Rime , Rofe ,
Un Pere de l'Eglife , un grand Légiflateur ,
Un modele de patience ,
Ce qui , quand on a froid , procure la chaleur ;
Une Province de la France .
Un des fils de Junon. Parfum de forte odeur.
Une Vertu Théologale.
Un Arbre toujours verd. L'oposé de la nuit.
Ce qui du Monde entier fauva la Capitale.
Ce qui fouvent répété , nuit.
Lecteur , il ne faut plus rien dire ;
Je crois vous être trop connu.
Dans Fraife cependant on trouve encore Sire.
Ah ! qu'ai-je dit ? tout eft perdu.
J. B. A. Benoît de Meaux ,
LOGO GRYPHE.
LECTEUR , fans
m'échauffer la bile ;
A plus d'un je me rends utile.
Raifonnons & parlons en bref:
Si vous faites fauter mon chef ,
L'on voit une méchante bête
Depuis les pieds jufqu'à la tête.
Courage , ôtez , coupez mon nom ,
On trouvera , fans fiction ,
Un des ornemens de fculpture
Qui règne dans l'architecture.
Ne fuivant perfonne des yeux ,
Mon , vol s'élance au haut des cieux
Etant fur ma tige montée ,
Du fexe entier je fuis fêtée .
Soit en hiver , foit en été ,
Je couvre mon humanité.
Un mot de moins à ma ftructure
Feroit tort à notre nature.
Je recherche l'austérité
Et détefte la volupté.
Devinez donc mon existence ;
Tu me tiens , du moins... je le penfe.
A Meaux , ce 8 août 1767.
D. D. L.