Oeuvre commentée (4)
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Résultats : 4 texte(s)
1
p. 6-10
LETTRES de M. le Pasteur VERNES à M. J. J. ROUSSEAU, avec les réponses, 1765.
Début :
AVERTISSEMENT. Il parut, il y a quelque temps une brochure [...]
Mots clefs :
Lettre, M. Rousseau
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texteReconnaissance textuelle : LETTRES de M. le Pasteur VERNES à M. J. J. ROUSSEAU, avec les réponses, 1765.
LETTRES de M. le Pafteur VERrnes à
M. J. J. ROUSSEAU , avec les réponſes
1765.
AVERTISSEMENT.
IL
parut ,
il
y
a quelque
temps
, une
brochure
anonyme
intitulée
, Sentimens
des
Citoyens
. C'eſt
un
libelle
ſcandaleux
,
où
l'on
fait
dire
à M.
J.
J.
Rouffeau
des
abfurdités
qu'il
n'a
jamais
dites
, &
l'on
lui
impute
des
horreurs
dont
je
n'aurois
pas
même
ofé
foupçonner
qu'il
fe
fût
rendu
coupable
. Cette
piéce
infâme
excita
tellement
mon
indignation
, que
je
ne
voulus
pas
en
fouiller
ma
bibliothéque
. On
jugera
par
-là de
ma
furprife
, lorfque
j'appris
que
M.
Rouffeau
me
l'attribuoit
dans
une
lettre
imprimée
&
publiée
à Paris
. Je
lus
cette
lettre
; elle
me
parut
fi mal
écrite
, le
fondement
de
l'accufation
qu'elle
renfermoit
me
fembla
fi
abfurde
, &
j'accordois
fi peu
JUILLET 1765. ཉ
1
l'accufation elle - même avec le caractère
de M. Rouffeau , que je ne doutai point
que ce ne fût quelqu'un , plus encore de
fes ennemis que des miens , qui , fous fon
nom , nous attaquoit l'un & l'autre. Cependant
quelques phrafes des notes dont le
libelle eft accompagné , & les injures par
lefquelles M. Rouffeau a répondu dans fon
dernier ouvrage , à la manière honnête
dont j'avois parlé de lui , me donnant lieu
de croire qu'il pouvoit être l'auteur de
cette lettre , je pris le parti de lui écrire ,
convaincu que fi , dans un de ces inftans
où la paffion maîtrife l'homme le plus fage ,
il s'étoit laiffé aller à une action , dont un
méchant même auroit de la peine à ne pas
rougir , il fe hâteroit de donner une rétractation
auffi publique que l'injure l'avoit
été . Je n'ignorois pas , il eft vrai , qu'il n'eft
que trop de gens qui fe plaifent & ſe forcent
à demeurer en fufpens fur un jugement
téméraire , dont ils s'avouent intérieurement
la fauffeté , & qu'une juſte
rigueur , exercée fur foi-même, eft au- def
fus des âmes ordinaires , qui ne foupçonnent
pas feulement qu'après l'innocence
il n'eft rien de plus beau que l'aveu de fes
fautes ; mais comment fe perfuader que
M. Rouffeau ne fût pas capable d'un effort
au- deffus des petites âmes ? On verra que
A iv
MERCURE DE FRANCE.
je me fuis trompé fur fon compte , & cependant
je me fais gré de mon erreur.
Puifque j'ai parlé dans cet avertiffement
des injures que m'a dit M. Rouffeau dans
fes lettres de la Montagne , je fuis tenté de
rompre le filence que j'avois deffein de
garder fur cet article. Je n'ai pas dû m'offenfer
de ce qu'il m'appelle un barbouilleur
de papier ; il faut que , felon lui , cette
épithète foit honorable , puiſqu'il ſe l'eft
donnée à lui- même. « On ne vit de la vie
» un pauvre barbouilleur de papier devenir
» pour fon malheur un homme auffi impor-
» tant " . ( 1 ) Quand il m'a accufé d'avoir
abjuré mon chriftianifme en attaquant le
fien , ( 2 ) je me fuis rappellé que lorsqu'il
avoit parlé plus férieufement & avec plus
de fang-froid , il avoit dit : « Ceux quijugentpubliquement
mon chriftianifme, mon-
» trent feulement l'efpéce du leur ; & la
»feule chofe qu'ils ontprouvée, eft qu'eux &
» moi n'avons pas la même religion ( 3 ) ».
Il y auroit eu de l'injuftice à le prendre
dans fes plus grands accès d'humeur pour
connoître la vraie manière de penfer. Il
nous a lui-même averti que « l'homme le
( 1 ) Lettres de la Montagne , page 290 , édit,
d'Amft. in- 8°.
( 2 ) Ibid. page 82.
( 3 ) Ibid. pag. 25.
JUILLET 1765. 9
و ر »plusjufte,quandileftulcéré,voitrare-
» ment les chofes comme elles font. ( 4 ) ».
Enfin , lorfqu'il m'a traité de calomniateur
public ( 5 ) , j'aurois été vivement
affecté de cette injure , fi je n'avois pas
vu clairement qu'il falloit la mettre fur le
compte de fa mémoire , qui ne lui a pas
rappellé ces mots du troifiéme tome d'Emile
, page 116 ( 6 ) , « je m'attendris aux
» bienfaits de Dien , je le bénis de fes
dons , mais je ne le prie pas ; que lui
demanderois- je ? &c. » ? Ce qui prouve
que fa mémoire le fert très - mal , c'eſt
qu'en faifant la note , où il m'accufe de
l'avoir calomnié , il ne s'eſt pas fouvenu
que ce qu'il difoit dans le texte même
donneroit lieu à lui faire le reproche dont
ور
(4 ) Lettres de la Montagne , pag. 3 .
( 5 ) Ibid , pag. 171 la note.
( 6 ) Edit. d'Amft. in - 12 . J'avois cité ce paffage
mot pour mot dans mes lettres fur le chrif
tianifme de M. Rouſſeau , édit . de Genève , p . 81 ,
& je prie que l'on fafle attention que tout ce que
j'ai dit a ce fujet porte uniquement fur la partie
i de la prière , qui a pour objet les demandes que
l'on doit faire à Dieu . Je n'ai rien reproché à
M. Rouffeau fur les autres actes de la prière , tels
que l'adoration , l'action de graces , la réfignation
à la volonté de Dieu , &c . Ne ferois - ce point , au
moyen de cette équivoque , qu'il fe feroit cru en
droit de crier à la calomnie ?
A v
10 MERCURE DE FRANCE .
2)
ور
il paroît fcandalifé , s'il ne lui avoit pas
encore été fait. En général fur toutes ces
injures je m'en fuis tenu à cette décifion
de M. Rouffeau lui - même. « Monfeigneur ,
je me plains que vous m'accabliez d'injures
, qui , fans nuire à ma caufe , atta-
» quent mon honneur , ou plutôt le vôtre ;
» c'est ainsi qu'on fe tire d'affaire , quand
» on veut quereller & qu'on a tort » ( 7)
Et dans l'avertiffement de fes lettres de
la Montagne , « M'échauffer eût été m'a-
» vilir ( 8 ) »
M. J. J. ROUSSEAU , avec les réponſes
1765.
AVERTISSEMENT.
IL
parut ,
il
y
a quelque
temps
, une
brochure
anonyme
intitulée
, Sentimens
des
Citoyens
. C'eſt
un
libelle
ſcandaleux
,
où
l'on
fait
dire
à M.
J.
J.
Rouffeau
des
abfurdités
qu'il
n'a
jamais
dites
, &
l'on
lui
impute
des
horreurs
dont
je
n'aurois
pas
même
ofé
foupçonner
qu'il
fe
fût
rendu
coupable
. Cette
piéce
infâme
excita
tellement
mon
indignation
, que
je
ne
voulus
pas
en
fouiller
ma
bibliothéque
. On
jugera
par
-là de
ma
furprife
, lorfque
j'appris
que
M.
Rouffeau
me
l'attribuoit
dans
une
lettre
imprimée
&
publiée
à Paris
. Je
lus
cette
lettre
; elle
me
parut
fi mal
écrite
, le
fondement
de
l'accufation
qu'elle
renfermoit
me
fembla
fi
abfurde
, &
j'accordois
fi peu
JUILLET 1765. ཉ
1
l'accufation elle - même avec le caractère
de M. Rouffeau , que je ne doutai point
que ce ne fût quelqu'un , plus encore de
fes ennemis que des miens , qui , fous fon
nom , nous attaquoit l'un & l'autre. Cependant
quelques phrafes des notes dont le
libelle eft accompagné , & les injures par
lefquelles M. Rouffeau a répondu dans fon
dernier ouvrage , à la manière honnête
dont j'avois parlé de lui , me donnant lieu
de croire qu'il pouvoit être l'auteur de
cette lettre , je pris le parti de lui écrire ,
convaincu que fi , dans un de ces inftans
où la paffion maîtrife l'homme le plus fage ,
il s'étoit laiffé aller à une action , dont un
méchant même auroit de la peine à ne pas
rougir , il fe hâteroit de donner une rétractation
auffi publique que l'injure l'avoit
été . Je n'ignorois pas , il eft vrai , qu'il n'eft
que trop de gens qui fe plaifent & ſe forcent
à demeurer en fufpens fur un jugement
téméraire , dont ils s'avouent intérieurement
la fauffeté , & qu'une juſte
rigueur , exercée fur foi-même, eft au- def
fus des âmes ordinaires , qui ne foupçonnent
pas feulement qu'après l'innocence
il n'eft rien de plus beau que l'aveu de fes
fautes ; mais comment fe perfuader que
M. Rouffeau ne fût pas capable d'un effort
au- deffus des petites âmes ? On verra que
A iv
MERCURE DE FRANCE.
je me fuis trompé fur fon compte , & cependant
je me fais gré de mon erreur.
Puifque j'ai parlé dans cet avertiffement
des injures que m'a dit M. Rouffeau dans
fes lettres de la Montagne , je fuis tenté de
rompre le filence que j'avois deffein de
garder fur cet article. Je n'ai pas dû m'offenfer
de ce qu'il m'appelle un barbouilleur
de papier ; il faut que , felon lui , cette
épithète foit honorable , puiſqu'il ſe l'eft
donnée à lui- même. « On ne vit de la vie
» un pauvre barbouilleur de papier devenir
» pour fon malheur un homme auffi impor-
» tant " . ( 1 ) Quand il m'a accufé d'avoir
abjuré mon chriftianifme en attaquant le
fien , ( 2 ) je me fuis rappellé que lorsqu'il
avoit parlé plus férieufement & avec plus
de fang-froid , il avoit dit : « Ceux quijugentpubliquement
mon chriftianifme, mon-
» trent feulement l'efpéce du leur ; & la
»feule chofe qu'ils ontprouvée, eft qu'eux &
» moi n'avons pas la même religion ( 3 ) ».
Il y auroit eu de l'injuftice à le prendre
dans fes plus grands accès d'humeur pour
connoître la vraie manière de penfer. Il
nous a lui-même averti que « l'homme le
( 1 ) Lettres de la Montagne , page 290 , édit,
d'Amft. in- 8°.
( 2 ) Ibid. page 82.
( 3 ) Ibid. pag. 25.
JUILLET 1765. 9
و ر »plusjufte,quandileftulcéré,voitrare-
» ment les chofes comme elles font. ( 4 ) ».
Enfin , lorfqu'il m'a traité de calomniateur
public ( 5 ) , j'aurois été vivement
affecté de cette injure , fi je n'avois pas
vu clairement qu'il falloit la mettre fur le
compte de fa mémoire , qui ne lui a pas
rappellé ces mots du troifiéme tome d'Emile
, page 116 ( 6 ) , « je m'attendris aux
» bienfaits de Dien , je le bénis de fes
dons , mais je ne le prie pas ; que lui
demanderois- je ? &c. » ? Ce qui prouve
que fa mémoire le fert très - mal , c'eſt
qu'en faifant la note , où il m'accufe de
l'avoir calomnié , il ne s'eſt pas fouvenu
que ce qu'il difoit dans le texte même
donneroit lieu à lui faire le reproche dont
ور
(4 ) Lettres de la Montagne , pag. 3 .
( 5 ) Ibid , pag. 171 la note.
( 6 ) Edit. d'Amft. in - 12 . J'avois cité ce paffage
mot pour mot dans mes lettres fur le chrif
tianifme de M. Rouſſeau , édit . de Genève , p . 81 ,
& je prie que l'on fafle attention que tout ce que
j'ai dit a ce fujet porte uniquement fur la partie
i de la prière , qui a pour objet les demandes que
l'on doit faire à Dieu . Je n'ai rien reproché à
M. Rouffeau fur les autres actes de la prière , tels
que l'adoration , l'action de graces , la réfignation
à la volonté de Dieu , &c . Ne ferois - ce point , au
moyen de cette équivoque , qu'il fe feroit cru en
droit de crier à la calomnie ?
A v
10 MERCURE DE FRANCE .
2)
ور
il paroît fcandalifé , s'il ne lui avoit pas
encore été fait. En général fur toutes ces
injures je m'en fuis tenu à cette décifion
de M. Rouffeau lui - même. « Monfeigneur ,
je me plains que vous m'accabliez d'injures
, qui , fans nuire à ma caufe , atta-
» quent mon honneur , ou plutôt le vôtre ;
» c'est ainsi qu'on fe tire d'affaire , quand
» on veut quereller & qu'on a tort » ( 7)
Et dans l'avertiffement de fes lettres de
la Montagne , « M'échauffer eût été m'a-
» vilir ( 8 ) »
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2
p. 10-11
LETTRE de J. J. ROUSSEAU au Libraire DUCHESNE à Paris. A Motiers, le 6 Janvier 1765.
Début :
Je vous envoie, Monsieur, une piéce imprimée & publiée à Genève, & que je [...]
Mots clefs :
Public, Auteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de J. J. ROUSSEAU au Libraire DUCHESNE à Paris. A Motiers, le 6 Janvier 1765.
LETTRE de J. J. ROUSSEAU au Libraire
DUCHESNE à Paris.
A Motiers , le 6 Janvier 1769%
JE vous envoie , Monſieur , une piéce
imprimée & publiée à Genève , & que je
vous prie d'imprimer & publier à Paris ,
pour mettre le Public en état d'entendre
les deux Parties , en attendant les autres
réponfes plus foudroyantes qu'on prépare
à Genève contre moi. Celle - ci eft de
M. Verues, Miniftre du faint Evangile &
(7 ) Rép. à M. l'Arch. p. 94
( 8 ) Avera, des teu , de la Mont. p. 3-
JUILLET 1765 If
pafteur à Céligny : je l'ai reconnu d'abord
à fon ftyle paftoral. Si toutefois je me
trompe , il ne faut qu'attendre pour s'en
éclaircir ; car s'il en eft l'auteur , il ne
manquera pas de la reconnoître hautement,
felon le devoir d'un homme d'honneur &
d'un bon chrétien ; s'il ne l'eft pas , il la
défavouera de même , & le Public faura
bientôt à quoi s'en tenir.
Je vous connois trop , Monfieur
, pour
croire que vous vouluffiez imprimer une
piéce pareille , fi elle vous venoit d'une
autre main ; mais puifque c'eft moi qui
vous en prie , vous ne devez vous en faireaucun
fcrupule. Je vous falue de tout mon
coeur.
ROUSSEAU .
DUCHESNE à Paris.
A Motiers , le 6 Janvier 1769%
JE vous envoie , Monſieur , une piéce
imprimée & publiée à Genève , & que je
vous prie d'imprimer & publier à Paris ,
pour mettre le Public en état d'entendre
les deux Parties , en attendant les autres
réponfes plus foudroyantes qu'on prépare
à Genève contre moi. Celle - ci eft de
M. Verues, Miniftre du faint Evangile &
(7 ) Rép. à M. l'Arch. p. 94
( 8 ) Avera, des teu , de la Mont. p. 3-
JUILLET 1765 If
pafteur à Céligny : je l'ai reconnu d'abord
à fon ftyle paftoral. Si toutefois je me
trompe , il ne faut qu'attendre pour s'en
éclaircir ; car s'il en eft l'auteur , il ne
manquera pas de la reconnoître hautement,
felon le devoir d'un homme d'honneur &
d'un bon chrétien ; s'il ne l'eft pas , il la
défavouera de même , & le Public faura
bientôt à quoi s'en tenir.
Je vous connois trop , Monfieur
, pour
croire que vous vouluffiez imprimer une
piéce pareille , fi elle vous venoit d'une
autre main ; mais puifque c'eft moi qui
vous en prie , vous ne devez vous en faireaucun
fcrupule. Je vous falue de tout mon
coeur.
ROUSSEAU .
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3
p. 11-13
PREMIERE lettre de M. le Pasteur VERNES à M. J. J. ROUSSEAU.
Début :
MONSIEUR, On a imprimé une lettre signée Rousseau, dans laquelle [...]
Mots clefs :
Lettre, Brochure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIERE lettre de M. le Pasteur VERNES à M. J. J. ROUSSEAU.
PREMIERE lettre de M. le Pafteur VER
NES à M. J. J. ROUSSEAU.
MONSIE ONSIEUR ,
On a imprimé une lettre fignée Rouf
feau , dans laquelle on me fomme en
quelque manière , de dire publiquement
A vi
32 MERCURE DE FRANCE.
fi je fuis l'auteur d'une brochure intitulée ,
Sentimens des Citoyens : quoique je doute
fort que cette lettre foit de vous , Monfieur
, je fuis cependant tellement indigné
du foupçon même qu'il paroît qu'ont quelques
perfonnes , relativement au libelle
dont il y eft queftion , que j'ai cru devoir
vous déclarer que non- feulement je n'ai
aucune part à cette infame brochure , mais
que j'ai par tout témoigné l'horreur qu'elle
ne peut qu'infpirer à tout honnête homme.
Quoique vous m'ayez dit des injures dans
vos lettres écrites de la Montagne parce que
je vous ai dit fans aigreur & fans fiel. que
je ne pense pas comme vous fur le chriftianifme
, je me garderai bien de m'avilir
réellement par une vengeance auffi baſſe
qué celle dont des gens , qui ne me connoiffent
pas fans doute , ont pu me croire
capable. J'ai fatisfait à ma confcience en
foutenant la caufe de l'évangile , qui m'a
paru attaqué dans quelques - uns de vos
ouvrages ; j'attendois une réponſe qui fût
digne de vous , & je me fuis contenté de
dire , en vous lifant , je ne reconnois pas- là
M. Rouffeau. Voilà , Monfieur , ce que
j'ai cru devoir vous déclarer ; & pour vous
épargner dans la fuite de nouvelles lettres
de ma part , s'il paroît quelque ouvrage
JUILLET 1765. 13
anonyme où il y ait de l'humeur , de la
bile , de la méchanceté , je vous préviens
pas là mon cachet.
que ce n'eft
J'ai l'honneur d'être ,
MONSIEUR ,
Votre très-humble & très-obéiffant
ferviteur , J. VERNES.
Genève , le 2 de Février 1765 .
NES à M. J. J. ROUSSEAU.
MONSIE ONSIEUR ,
On a imprimé une lettre fignée Rouf
feau , dans laquelle on me fomme en
quelque manière , de dire publiquement
A vi
32 MERCURE DE FRANCE.
fi je fuis l'auteur d'une brochure intitulée ,
Sentimens des Citoyens : quoique je doute
fort que cette lettre foit de vous , Monfieur
, je fuis cependant tellement indigné
du foupçon même qu'il paroît qu'ont quelques
perfonnes , relativement au libelle
dont il y eft queftion , que j'ai cru devoir
vous déclarer que non- feulement je n'ai
aucune part à cette infame brochure , mais
que j'ai par tout témoigné l'horreur qu'elle
ne peut qu'infpirer à tout honnête homme.
Quoique vous m'ayez dit des injures dans
vos lettres écrites de la Montagne parce que
je vous ai dit fans aigreur & fans fiel. que
je ne pense pas comme vous fur le chriftianifme
, je me garderai bien de m'avilir
réellement par une vengeance auffi baſſe
qué celle dont des gens , qui ne me connoiffent
pas fans doute , ont pu me croire
capable. J'ai fatisfait à ma confcience en
foutenant la caufe de l'évangile , qui m'a
paru attaqué dans quelques - uns de vos
ouvrages ; j'attendois une réponſe qui fût
digne de vous , & je me fuis contenté de
dire , en vous lifant , je ne reconnois pas- là
M. Rouffeau. Voilà , Monfieur , ce que
j'ai cru devoir vous déclarer ; & pour vous
épargner dans la fuite de nouvelles lettres
de ma part , s'il paroît quelque ouvrage
JUILLET 1765. 13
anonyme où il y ait de l'humeur , de la
bile , de la méchanceté , je vous préviens
pas là mon cachet.
que ce n'eft
J'ai l'honneur d'être ,
MONSIEUR ,
Votre très-humble & très-obéiffant
ferviteur , J. VERNES.
Genève , le 2 de Février 1765 .
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4
p. 13
RÉPONSE de M. J. J. ROUSSEAU.
Début :
J'AI reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 2 de [...]
Mots clefs :
Pièce, Lettre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. J. J. ROUSSEAU.
RÉPONSE de M. J. J. ROUSSEAU .
J'AI ' A 1 reçu , Monfieur , la lettre que vous
m'avez fait l'honneur
de m'écrire le 2 de
ce mois , & par laquelle vous défavouez
la piéce intitulée
Sentimens des Citoyens.
J'ai écrit à Paris pour que l'on y fupprimât
l'édition que j'y ai fait faire de cette pièce.
Si je puis contribuer
en quelqu'autre
manière
à conftater votre défaveu , vous n'avez
qu'à ordonner. Je vous falue , Monfieur
, très-humblement
.
J. J. ROUSSEAU.
A Motiers , le 4 Février 1765.
J'AI ' A 1 reçu , Monfieur , la lettre que vous
m'avez fait l'honneur
de m'écrire le 2 de
ce mois , & par laquelle vous défavouez
la piéce intitulée
Sentimens des Citoyens.
J'ai écrit à Paris pour que l'on y fupprimât
l'édition que j'y ai fait faire de cette pièce.
Si je puis contribuer
en quelqu'autre
manière
à conftater votre défaveu , vous n'avez
qu'à ordonner. Je vous falue , Monfieur
, très-humblement
.
J. J. ROUSSEAU.
A Motiers , le 4 Février 1765.
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