Oeuvre commentée (2)
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1
p. 149-150
Les Elémens de la Médecine Pratique, [titre d'après la table]
Début :
LES ELEMENS de la Médecine Pratique, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de [...]
Mots clefs :
Béziers, Académie
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texteReconnaissance textuelle : Les Elémens de la Médecine Pratique, [titre d'après la table]
LES ELEMENS de la Médecine Pratique
, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de
quelques autres Médecins Anciens &Modernes
, où l'on traite des Maladies les plus
ordinaires à chaque âge , dans les différentes
ſaiſons de l'année , ſelon les différentes
conſtitutions de l'Air , ſous divers climats ,
& en particulier ſous celui de Beziers
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
avec des Remarques de Théorie & de Pratique
, pour fervir de Prodrome à une Hiftoire
Général des Maladies,par M. Bouillet ,
Correfpondant de l'Académie Royale des
Sciences , Docteur en Médecine de la Faculté
de Montpellier , Profeffeur Royai des
Mathématiques , Sécrétaire de l'Académie
desSciences & Belles- Lettres de Beziers
& Médecin des Hôpitaux de la même Ville
, à Beziers , chés François Barbut , Imprimeur
du Roi , & de l'Académie des Sciences
& Belles- Lettres. Vol. in-4°. 1744.
>
Nous rendrons compte au Public de cer
Ouvrage , qui fera infiniment utile. On
ne peut donner de trop juſtes éloges à l'étenduë
des connoiſſances de l'Auteur.
, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de
quelques autres Médecins Anciens &Modernes
, où l'on traite des Maladies les plus
ordinaires à chaque âge , dans les différentes
ſaiſons de l'année , ſelon les différentes
conſtitutions de l'Air , ſous divers climats ,
& en particulier ſous celui de Beziers
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
avec des Remarques de Théorie & de Pratique
, pour fervir de Prodrome à une Hiftoire
Général des Maladies,par M. Bouillet ,
Correfpondant de l'Académie Royale des
Sciences , Docteur en Médecine de la Faculté
de Montpellier , Profeffeur Royai des
Mathématiques , Sécrétaire de l'Académie
desSciences & Belles- Lettres de Beziers
& Médecin des Hôpitaux de la même Ville
, à Beziers , chés François Barbut , Imprimeur
du Roi , & de l'Académie des Sciences
& Belles- Lettres. Vol. in-4°. 1744.
>
Nous rendrons compte au Public de cer
Ouvrage , qui fera infiniment utile. On
ne peut donner de trop juſtes éloges à l'étenduë
des connoiſſances de l'Auteur.
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2
p. 109-115
LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
Début :
C'est aux gens versés dans la connoissance de la Medecine qu'il appartient de juger du [...]
Mots clefs :
Maladies, Médecine, Pratique, Hippocrate, Règles
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texteReconnaissance textuelle : LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
LES ELEMENS de la Medecine pratique
&c. par M. Bouillet , correspondant de
l'Academie Royale des Sciences &c. A
Beziers 1744.
C'eſt aux gens verſés dans la connoiſſance
de la Medecine qu'il appartient de juger du
mérite de ce livre , & c'eſt d'après eux que
nous dirons que M. Bouillet a fait au Public
un préſent d'un grand prix , en lui donnant
cesElemens de Medecine.
L'Auteur a emprunté d'Hyppocrate les
regles fondamentales de la Pratique , & les
premiers principes de la Théorie. C'eſt une
choſe remarquable,qu'Hyppocrate & Galien
font encore les oracles de la Medecine :
ils font les ſeuls parmi les anciens Phyſiciens ,
dont la réputation ait refifté à l'injure des
tems , les autres ont été obligés de ceder leur
autorité à de nouveaux venus dont les
fiftèmes ont été renverſés à leur tour pardes
Sçavans plus modernes. C'eſt ainſi que Defcartes
après avoir araché le ſceptre de la Phi
loſophie des mains d'Ariftote a été lui
même ſuplanté par Neuton , dont ſuivant les
apparences le regne ne ſera pas éternel .
M.Bouillet commence pardonner d'après
fro MERCURE DE FRANC
1
Hyppocrateune idée de la Medecine , & des
devoirs effentiels auxquels cet Art oblig:
ceux qui en font profeſſion.
On voit par les efforts que fait Hyppo.
crate pour relever l'excellence de fon art,
que de ſon tems il y avoit déja des incrédules
en Medecine. M. Bouillet fait enfuite
l'énumeration des maladies qui ſe préſentent
le plus ſouvent. Il indique les voies par lefquelles
ces maladies ont coutume de ſe terminer
: il raporte les regles générales qu'Hyppocrate
a propofées , ſoit pour conferver la
ſanté , ſoit pour traiter les maladies ; c'eſt là
deſſus que roule la premiere partie des
Elemens.
Ce ne font là que des notions générales
& préliminaires , & qui ſuppoſent même un
grand nombre d'autres connoiſſances ; mais
elles ſuffiront fans doute à un jeune Medecin
qui ſçait l'Anatomie , la Matiere Medicale ,
& toutes les autres parties des Inſtitutions
qu'on enſeigne dans les Univerſités . D'ailleurs
M. Bouillet ne prétend pas renfermer toute
la Medecine dans fon livre , ni diſpenſer
ceux qu'il inſtruit de ſe donner la peine de
conſulter les Auteurs qui ont traité expreffement
toutes ces matieres & qui ont été
indiqués dans ces élemens.
Dans la ſeconde partie , on donne une
idée génerale de l'economie animale , & des
DECEMBRE. 1744. 111
cauſes des maladies d'après M. Helvetius
On a inferé une diſſertation de M. Stahl fur
la Theorie & la pratique des maladies les
plus ordinaires à chaque âge. Ce font encore
des notions génerales ; un jeune Medecin
•doit en être inſtruit , s'il veut être en état de
penetrer les cauſes d'une infinité de cas particuliers
, & d'y aporter les remedes convenables.
C'eſt dans les deux Auteurs que l'on
vient de citer , & dans pluſieurs autres que
M. B. indique à la fin de cette ſeconde
partie , que les jeunes étudians doivent
prendre des vues qui embraſſent le traitement
de toutes les maladies pour tous les
âges , pour tous les ſexes & pour tous les
climats du monde.
On trouve dans la troiſieme partie une
expoſition des maladies qui arriverent en
Grece pendant quelques années du tems
d'Hyppocrate , & de celles qui furent les
plus communes à Paris du tems de M.
Baillon , ſçavant Medecin de l'Ecole de
Paris , qui vivoit vers la fin du ſeiziéme
fiécle.
On voit d'abord que malgré la diſtance
des tems , & la diférence des climats , les
mêmes maladies ont preſque toujours regné ;
on voit auſſi dansHyppocrate les efforts que la
nature abandonnée à elle même,ou fans autre
ſecours , que celui d'un régime convenable ,
112 MERCURE DE FRANCE.
faiſoit dans des tems déterminés , pour ſe
delivrer des maladies dont elle étoit accablée ,
d'où l'on doit inferer les regles qu'il faut
ſuivre pour l'aider en pareilcas ; & c'eft ce
que fit ſans doute Hyppocrate. Enfin on voit
dans Ballonius (c'eſt le nom latiniſé de M.
Baillon ) les efforts que faiſoit de ſon tems
laMedecine , pour ſe mettre ſur les pas de la
nôtre , pour en imiter les démarches , &
pour établir des regles ſures de pratique.
Si l'on joint à ce que rapporte M. B.
d'Hyppocrate , & de Ballonius , les autres
Auteurs qu'il a indiqués à la fin de cette
partie , ou du moins ce que nous ont donné
Riviere , Sydenham & Chirac , on prendra
une notion aſſez étendue de la Medecine
pratique depuis fon infancejuſqu'au point où
elle eſt parvenue aujourd'hui. M. Bouillet
appelle ce point, lepoint de perfection
doit excuſer un ſi ſcavant homme dètre un
peu prevenu en faveur de fon art.
,
& on
Juſqu'à préſent M. B. n'a paru que comme
un compilateur , qui conſacre à l'utilité publique
des veilles penibles & des recherches
laborieuſes. It devient auteur dans la quatriéme
partie qui eſt la plus étendue , & n'eſt
pas la moins curieaſe de ſon livre. Il expoſe
les maladies qui ont été les plus communes
dans la ville de Befiers depuis 1730. julqu'en
1742, & il rapporte la maniere dont
DECEMBRE. 1744. IFZ
elles ont été traitées. Il parle d'abord de la
temperature du climat de Befiers , & après
avoir donné une idée générale des maladies
qui y font les plus frequentes , & des cauſes
évidentes , qui ont paru avoir le plus de part
dans la production de ces maladies , il
déſcend dans un détail peu intereſſant peutêtre
pour des gens qui ne cherchent en lifant
que l'avantage de connoître ſuperficiellement
la matiere qu'ils étudient , & de pouvoir en
paroître inſtruits ſans l'avoir aprofondie
mais qui est néceſſaire pour de jeunes Medecins
; les faits & les exemples inſtruiſent
mieux & en moins de tems que les préceptes ,
fur tout quand on a une teinture des principes.
Quelle obligation les jeunes Medecins
n'ont- ils pas à M. B. qui leur prête ainſi 12
ans d'expérience ! quel dommage que cet
habile Obfervateur n'ait pas paru furun
Theâtre où il auroit pû multiplier davantage
ſes utiles obſervations ! S'il eſt un moyen
pour avancer la Medecine , c'eſt ſans doute
celui que M. Bouillet a pris. Mais malheureuſement
les Medecins occupés de leur fortune
plus que de leurArt , pratiquent la
Medecine plus-tôt qu'ils ne la cultivent. Ils
dédaignent d'employer à s'inſtruire
éclairer le Public , un tems précieux que
les Particuliers payent au poids de l'or. Cependant
ſi Meſſieurs Silva , Dumoulins ,
Vernuage avoient suivi la methodedeî\k
Bouilletjfi ces sçavans Medecins avoient con.
servé l'histoire du grand nombre de cas singuliers
dont ils ont été témoins,s'ils avoient"
joints à ce détail leurs judicieuses reflexions
sur les ressemblances qu'ils ont trouvées entre 4 des maladies fort différentes entr'elles
,
sur
les differences qu'on remarque entre des
maladies qui paroissentd'ailleurssemblables
quels , avantages le Public ne retirerait-il pas
de ces collections ?
Après avoir rendu justice à l'étendue des
connoissances de M. Bouillet, & au mérite
de son Ouvrage,nous lui demanderons
la permission d'être d'un avis contraire au
sien sur l'unité de la pratique qu'il voudroit
introduire dans tous les climats de la terre.
Il prévoitdit - il , que la mode&le préjugé
s'y oposeront:mais ce ne fera ni la mode ni
le préjugé, ce fera la raison & l'expérience
Celse l'a dit dans la préface de son livre
de Medicinâ
,
differe pro naturâ locorum
généra medicinoe&aliud opus ejJè J('lnil. aliud
in «y£gypto, aliud in Galliis.
Le traitement doit même être différent
suivant la différence des conditions, parce
que la différente façon de vivre produit
nécessairement des constitutions très peu
semblables.Qui doute qu'il ne faille traiter un
Paysan robustle autrement qu'un Courtifan
extenué par les excès? Au reste nousn'aurions
pas osé combattre Je sentimentde
M. Bouillet, & il auroit été une autorité
pour nous, si nous n'avions eu à lui oposer
le suffrage de Celse qui est un Adversaire
digne delui
&c. par M. Bouillet , correspondant de
l'Academie Royale des Sciences &c. A
Beziers 1744.
C'eſt aux gens verſés dans la connoiſſance
de la Medecine qu'il appartient de juger du
mérite de ce livre , & c'eſt d'après eux que
nous dirons que M. Bouillet a fait au Public
un préſent d'un grand prix , en lui donnant
cesElemens de Medecine.
L'Auteur a emprunté d'Hyppocrate les
regles fondamentales de la Pratique , & les
premiers principes de la Théorie. C'eſt une
choſe remarquable,qu'Hyppocrate & Galien
font encore les oracles de la Medecine :
ils font les ſeuls parmi les anciens Phyſiciens ,
dont la réputation ait refifté à l'injure des
tems , les autres ont été obligés de ceder leur
autorité à de nouveaux venus dont les
fiftèmes ont été renverſés à leur tour pardes
Sçavans plus modernes. C'eſt ainſi que Defcartes
après avoir araché le ſceptre de la Phi
loſophie des mains d'Ariftote a été lui
même ſuplanté par Neuton , dont ſuivant les
apparences le regne ne ſera pas éternel .
M.Bouillet commence pardonner d'après
fro MERCURE DE FRANC
1
Hyppocrateune idée de la Medecine , & des
devoirs effentiels auxquels cet Art oblig:
ceux qui en font profeſſion.
On voit par les efforts que fait Hyppo.
crate pour relever l'excellence de fon art,
que de ſon tems il y avoit déja des incrédules
en Medecine. M. Bouillet fait enfuite
l'énumeration des maladies qui ſe préſentent
le plus ſouvent. Il indique les voies par lefquelles
ces maladies ont coutume de ſe terminer
: il raporte les regles générales qu'Hyppocrate
a propofées , ſoit pour conferver la
ſanté , ſoit pour traiter les maladies ; c'eſt là
deſſus que roule la premiere partie des
Elemens.
Ce ne font là que des notions générales
& préliminaires , & qui ſuppoſent même un
grand nombre d'autres connoiſſances ; mais
elles ſuffiront fans doute à un jeune Medecin
qui ſçait l'Anatomie , la Matiere Medicale ,
& toutes les autres parties des Inſtitutions
qu'on enſeigne dans les Univerſités . D'ailleurs
M. Bouillet ne prétend pas renfermer toute
la Medecine dans fon livre , ni diſpenſer
ceux qu'il inſtruit de ſe donner la peine de
conſulter les Auteurs qui ont traité expreffement
toutes ces matieres & qui ont été
indiqués dans ces élemens.
Dans la ſeconde partie , on donne une
idée génerale de l'economie animale , & des
DECEMBRE. 1744. 111
cauſes des maladies d'après M. Helvetius
On a inferé une diſſertation de M. Stahl fur
la Theorie & la pratique des maladies les
plus ordinaires à chaque âge. Ce font encore
des notions génerales ; un jeune Medecin
•doit en être inſtruit , s'il veut être en état de
penetrer les cauſes d'une infinité de cas particuliers
, & d'y aporter les remedes convenables.
C'eſt dans les deux Auteurs que l'on
vient de citer , & dans pluſieurs autres que
M. B. indique à la fin de cette ſeconde
partie , que les jeunes étudians doivent
prendre des vues qui embraſſent le traitement
de toutes les maladies pour tous les
âges , pour tous les ſexes & pour tous les
climats du monde.
On trouve dans la troiſieme partie une
expoſition des maladies qui arriverent en
Grece pendant quelques années du tems
d'Hyppocrate , & de celles qui furent les
plus communes à Paris du tems de M.
Baillon , ſçavant Medecin de l'Ecole de
Paris , qui vivoit vers la fin du ſeiziéme
fiécle.
On voit d'abord que malgré la diſtance
des tems , & la diférence des climats , les
mêmes maladies ont preſque toujours regné ;
on voit auſſi dansHyppocrate les efforts que la
nature abandonnée à elle même,ou fans autre
ſecours , que celui d'un régime convenable ,
112 MERCURE DE FRANCE.
faiſoit dans des tems déterminés , pour ſe
delivrer des maladies dont elle étoit accablée ,
d'où l'on doit inferer les regles qu'il faut
ſuivre pour l'aider en pareilcas ; & c'eft ce
que fit ſans doute Hyppocrate. Enfin on voit
dans Ballonius (c'eſt le nom latiniſé de M.
Baillon ) les efforts que faiſoit de ſon tems
laMedecine , pour ſe mettre ſur les pas de la
nôtre , pour en imiter les démarches , &
pour établir des regles ſures de pratique.
Si l'on joint à ce que rapporte M. B.
d'Hyppocrate , & de Ballonius , les autres
Auteurs qu'il a indiqués à la fin de cette
partie , ou du moins ce que nous ont donné
Riviere , Sydenham & Chirac , on prendra
une notion aſſez étendue de la Medecine
pratique depuis fon infancejuſqu'au point où
elle eſt parvenue aujourd'hui. M. Bouillet
appelle ce point, lepoint de perfection
doit excuſer un ſi ſcavant homme dètre un
peu prevenu en faveur de fon art.
,
& on
Juſqu'à préſent M. B. n'a paru que comme
un compilateur , qui conſacre à l'utilité publique
des veilles penibles & des recherches
laborieuſes. It devient auteur dans la quatriéme
partie qui eſt la plus étendue , & n'eſt
pas la moins curieaſe de ſon livre. Il expoſe
les maladies qui ont été les plus communes
dans la ville de Befiers depuis 1730. julqu'en
1742, & il rapporte la maniere dont
DECEMBRE. 1744. IFZ
elles ont été traitées. Il parle d'abord de la
temperature du climat de Befiers , & après
avoir donné une idée générale des maladies
qui y font les plus frequentes , & des cauſes
évidentes , qui ont paru avoir le plus de part
dans la production de ces maladies , il
déſcend dans un détail peu intereſſant peutêtre
pour des gens qui ne cherchent en lifant
que l'avantage de connoître ſuperficiellement
la matiere qu'ils étudient , & de pouvoir en
paroître inſtruits ſans l'avoir aprofondie
mais qui est néceſſaire pour de jeunes Medecins
; les faits & les exemples inſtruiſent
mieux & en moins de tems que les préceptes ,
fur tout quand on a une teinture des principes.
Quelle obligation les jeunes Medecins
n'ont- ils pas à M. B. qui leur prête ainſi 12
ans d'expérience ! quel dommage que cet
habile Obfervateur n'ait pas paru furun
Theâtre où il auroit pû multiplier davantage
ſes utiles obſervations ! S'il eſt un moyen
pour avancer la Medecine , c'eſt ſans doute
celui que M. Bouillet a pris. Mais malheureuſement
les Medecins occupés de leur fortune
plus que de leurArt , pratiquent la
Medecine plus-tôt qu'ils ne la cultivent. Ils
dédaignent d'employer à s'inſtruire
éclairer le Public , un tems précieux que
les Particuliers payent au poids de l'or. Cependant
ſi Meſſieurs Silva , Dumoulins ,
Vernuage avoient suivi la methodedeî\k
Bouilletjfi ces sçavans Medecins avoient con.
servé l'histoire du grand nombre de cas singuliers
dont ils ont été témoins,s'ils avoient"
joints à ce détail leurs judicieuses reflexions
sur les ressemblances qu'ils ont trouvées entre 4 des maladies fort différentes entr'elles
,
sur
les differences qu'on remarque entre des
maladies qui paroissentd'ailleurssemblables
quels , avantages le Public ne retirerait-il pas
de ces collections ?
Après avoir rendu justice à l'étendue des
connoissances de M. Bouillet, & au mérite
de son Ouvrage,nous lui demanderons
la permission d'être d'un avis contraire au
sien sur l'unité de la pratique qu'il voudroit
introduire dans tous les climats de la terre.
Il prévoitdit - il , que la mode&le préjugé
s'y oposeront:mais ce ne fera ni la mode ni
le préjugé, ce fera la raison & l'expérience
Celse l'a dit dans la préface de son livre
de Medicinâ
,
differe pro naturâ locorum
généra medicinoe&aliud opus ejJè J('lnil. aliud
in «y£gypto, aliud in Galliis.
Le traitement doit même être différent
suivant la différence des conditions, parce
que la différente façon de vivre produit
nécessairement des constitutions très peu
semblables.Qui doute qu'il ne faille traiter un
Paysan robustle autrement qu'un Courtifan
extenué par les excès? Au reste nousn'aurions
pas osé combattre Je sentimentde
M. Bouillet, & il auroit été une autorité
pour nous, si nous n'avions eu à lui oposer
le suffrage de Celse qui est un Adversaire
digne delui
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