Oeuvre commentée (2)
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Résultats : 2 texte(s)
1
p. 186
« Il paroist depuis peu un Livre intitulé l'Iliade, Poëme, [...] »
Début :
Il paroist depuis peu un Livre intitulé l'Iliade, Poëme, [...]
Mots clefs :
Iliade
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texteReconnaissance textuelle : « Il paroist depuis peu un Livre intitulé l'Iliade, Poëme, [...] »
Livre intitulé l'Iliade, Poëme
, avec un Discours sur
Homere, par Mrde la Motte,
de l'Academie Françoise, qui
se vend chez Gregoire Dupuis,
rue S. Jacques à la
Fontaine d'or.
, avec un Discours sur
Homere, par Mrde la Motte,
de l'Academie Françoise, qui
se vend chez Gregoire Dupuis,
rue S. Jacques à la
Fontaine d'or.
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2
p. 186-191
LETTRE A M. LE DUC DE *** A Versailles.
Début :
On vous a dit vray, Monseigneur, ceux qui se piquent [...]
Mots clefs :
La Motte, Iliade, Madame Dacier, Iliade française, Grec, Homère
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. LE DUC DE *** A Versailles.
LETTRE
A M. LE DUC DE ***
jiVerfaMss.
On vous a ditvray
,
Monseigneur,
ceux qui se piquent
icy de sçavoir le Grec, trouvent
fort mauvais que M. de
la Motte, qui l'ignore
,
ce
foit mêlé de faire quelques
Observations sur un Ouvrage,
dont l'Original est Grec:
mais il y a une chose à dire
pour sa deffense, à laquelle je
ne vois point de replique. Il
ne se propose point d'examinerl'Iliade
Grecque d'Homerc,
qu'il n'entend point, mais
feulement l'Iliade Françoise
de Madame Dacier, que tout
le monde entend. Or peuton
trouver mauvais qu'il
se foit mêlédexaminer un
Poëme en Prose, écrit sur
un sujet interessant.
Si Madame Dacier a mal
traduit tous les endroits sur
lesquels il fonde sa Critique,
si elle y a fait dire à Homere
des choses abfurdcs & impertinentes,
M. de la Motte n'en
cft pas coupable: c'est à elle
à se justifier, c'està elle feule
à garentir la fidelité de sa traduction
: mais quand cette
traduction seroit infidelle précisément
dans tous ces endroits
, les Observations de
M. de la Motte ne porteroient
pas à faux pour cela,
puisqu'elles tomberoient au
moins sur l'Ouvrage François,
qui pour tous ceux qui,
comme nous, ne sçavent
point de Grec, peut avecraison
tenir lieu d'un Ouvrage
Original. Or diront-ils que
tel qu'il est,il n'est pas digne
d'estrecritiqué par des Connoisseurs
?
La feule choseque doit garantir
M. de la Motte, c'est
la verité & lajustesse de ses
Critiques : voilà ce qui (si de
son fait, voilà ce dont il doit
répondre, c'est le seul endroit
par où ses Advcrfaircs peuvent
l'attaquer, sinon avec
succés, du moins sans injustice.
Or il les attend de pied
ferme, & même de concert
avec les Spectateursde la Dispute,
illesdéfie.
Il eG vray que si les Obfervarions
sont raisonnables
contre l'Iliade Françoise, il
ne reste à ces Messieurs, pour
en garanrir l'Iliade Grecque,
qu'à soûtenir que les endroits
bien critiquez ne sont pas
bien traduits;mais c'est justement
ce côté quedeffend Madame
Dacier, & M. de la
Motte le croit si bien deffendu,
que pour l'honneur
d'Homere même ils n'oseront
jamais l'attaquer.
A Pariscezz.Janvier1714.
A M. LE DUC DE ***
jiVerfaMss.
On vous a ditvray
,
Monseigneur,
ceux qui se piquent
icy de sçavoir le Grec, trouvent
fort mauvais que M. de
la Motte, qui l'ignore
,
ce
foit mêlé de faire quelques
Observations sur un Ouvrage,
dont l'Original est Grec:
mais il y a une chose à dire
pour sa deffense, à laquelle je
ne vois point de replique. Il
ne se propose point d'examinerl'Iliade
Grecque d'Homerc,
qu'il n'entend point, mais
feulement l'Iliade Françoise
de Madame Dacier, que tout
le monde entend. Or peuton
trouver mauvais qu'il
se foit mêlédexaminer un
Poëme en Prose, écrit sur
un sujet interessant.
Si Madame Dacier a mal
traduit tous les endroits sur
lesquels il fonde sa Critique,
si elle y a fait dire à Homere
des choses abfurdcs & impertinentes,
M. de la Motte n'en
cft pas coupable: c'est à elle
à se justifier, c'està elle feule
à garentir la fidelité de sa traduction
: mais quand cette
traduction seroit infidelle précisément
dans tous ces endroits
, les Observations de
M. de la Motte ne porteroient
pas à faux pour cela,
puisqu'elles tomberoient au
moins sur l'Ouvrage François,
qui pour tous ceux qui,
comme nous, ne sçavent
point de Grec, peut avecraison
tenir lieu d'un Ouvrage
Original. Or diront-ils que
tel qu'il est,il n'est pas digne
d'estrecritiqué par des Connoisseurs
?
La feule choseque doit garantir
M. de la Motte, c'est
la verité & lajustesse de ses
Critiques : voilà ce qui (si de
son fait, voilà ce dont il doit
répondre, c'est le seul endroit
par où ses Advcrfaircs peuvent
l'attaquer, sinon avec
succés, du moins sans injustice.
Or il les attend de pied
ferme, & même de concert
avec les Spectateursde la Dispute,
illesdéfie.
Il eG vray que si les Obfervarions
sont raisonnables
contre l'Iliade Françoise, il
ne reste à ces Messieurs, pour
en garanrir l'Iliade Grecque,
qu'à soûtenir que les endroits
bien critiquez ne sont pas
bien traduits;mais c'est justement
ce côté quedeffend Madame
Dacier, & M. de la
Motte le croit si bien deffendu,
que pour l'honneur
d'Homere même ils n'oseront
jamais l'attaquer.
A Pariscezz.Janvier1714.
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Résumé : LETTRE A M. LE DUC DE *** A Versailles.
La lettre, datée du 22 janvier 1714, est adressée à un duc et aborde une controverse littéraire entre M. de la Motte et Madame Dacier. M. de la Motte est critiqué pour avoir commenté l'Iliade d'Homère sans connaître le grec. Il se défend en expliquant qu'il analyse la traduction française de Madame Dacier. Ses observations portent sur le poème en prose français, accessible à tous, et non sur l'original grec. La validité de ses critiques ne dépend pas de l'exactitude de la traduction. M. de la Motte affirme que ses critiques sont justes et défie ses adversaires de prouver le contraire. Si ses observations sont correctes concernant la version française, les défenseurs de l'Iliade grecque devront démontrer que les passages critiqués sont mal traduits, ce que Madame Dacier défend déjà. M. de la Motte est convaincu que ses adversaires n'oseront pas attaquer Homère sur ce point.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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