COMÉDIE ITALIENNE.
ON continue toujours les représentations
de Nannette & Lucas ou la Femme
curieufe dont nous avons parlé dans
le premier Volume.
Le 4 du préfent mois de Juillet ,
M. TRIAL , a débuté par les rôles
de Baftien , dans le Sorcier & dans
Baftien & Baftienne.
Il a continué
fon début par les rôles de Colin dans
les Aveux indifcrets , & de Nouradin
dans le Cadi dupé. Ce Débutant eſt le
Frère cadet & l'éléve de M. TRIAL , de
la Mufique de S. A. S. Monfeigneur le
PRINCE DE CONTI . Les talens fupé-
rieurs du Frère aîné , célébre dès l'inf
tant qu'il s'eft fait connoître & qui doit
probablement le devenir encore plus par
les Ouvrages qu'il prépare pour le
Théâtre de l'Opéra , étoient autant de
préjugés favorables , que le jeune M.
TRIAL juftifie tous les jours. On recon-
noît dans fon chant, indépendament de
la fureté muficale , un goût excellent &
digne du Maître fous lequel il peut
encore puifer de nouvelles graces &
JUILLET 1764.
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atteindre à la perfection de cet Art. La
voix de cette nouvelle Haute- contre a
paru très-agréable.Sa jeuneffe & la timi-
dité qu'infpire & que doit infpirer un
Juge auffi refpectable que le Public ,
en avoit dérobé un peu de la force dans
les premiers jours de ce début ; mais
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plus on l'entend & plus cette voix
femble fe fortifier. Telle qu'elle a été
entendue le premier jour , elle
étoit
déjà plus que fuffifante au genre de
ce Théâtre ; on s'apperçoit qu'elle le
feroit même pour une plus vafte
uno
fcène , & pour un genre plus élevé
Les-grands talens de la Mufique- prati-
que & le goût que poffède le Dé-
butant , ne peuvent qu'ajouter de nou
veaux agrémens à l'efpéce des rôles qu'il
aura occafion d'éxécuter . Les autres par-
ties néceffaires pour remplir avec fuccès
cet emploi, fe rencontrent heureufement
dans ce jeune Sujet. Il eft d'une taille &
d'une figure agréable; plus facile, plus li-
bre & plus intelligent dans fon action
qu'on ne l'eft ordinairement lorfqu'on
paroît pour la première fois fur un Théâ-
tre Public , rempli d'une auffi nom-
breufe affemblée qu'en attire ce dé-
but. Les applaudiffemens font garans de
tout ce que nous venons de dire , non
Gv
34 MERCURE DE FRANCE .
comme éloge , mais comme une juftice
que nous faifons profeffion de rendre
à la vérité.