1
p. 47-51
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
Début :
Jamais à ce théâtre les spectacles n'ont été plus variés que depuis quelques mois. Dans [...]
Mots clefs :
Chanter, Ballets, Acte, Rôle, Amour, Personnage, Musique, Jeu, Colette, Bergerie
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texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
JAMAIS
AMAIS à ce théâtre les fpectacles n'ont été
plus variés que depuis quelques mois . Dans
ce moment , outre Caftor & Pollux , dont
les repréſentations ont toujours été fuivies
avec la même affluence , outre les Bouffons
& les Ballets - Pantomimes , qu'on a foin de
faire exécuter après leurs Opéras , on donne
encore de temps en temps des Fragmens ,
compofes de la, Bergerie , Acte tiré du Ballet
des Romans , du Devin du Village & de la
Provençale. Ces Fragmens , ainfi arrangés
ont été donnés pour la première fois le Jeudi
19 Novembre.
L'Amour veut foumettre à fon empire
48 MERCURE
deux jeunes Bergers indifférents ; il ſe préfente
à eux pour leur demander un sûr afyle
contre un fort rigoureux ; ils le lui promettent.
Tout-à-coup l'Amour feint de s'endormir.
Les jeunes -gens remarquent fon carquois &
fon arc; ils veulent effayer la puiffance defes
traits fur les oifeaux de leurs forêts , & s'en
bleffent eux-mêmes. Ils brûlent fur le champ
d'un amour mutuel , & l'Amour les unit.
Tel eft le fujet de la Bergerie . Mde Saint-
Huberti a joué le rôle de l'Amour , Mlle Laguerre
celui de Doris , & M. Lainez celui
d'Iphis. On trouve encore dans cet Acte un
vieux Berger nommé Arcas : l'Auteur paroît
ne l'avoir placé que pour conduire des
Choeurs & des Ballets au commencement &
à la fin de l'Acte. Ce perfonnage a été repréfenté
par M. Moreau. La voix de Mlle Laguerre
, fon chant facile & agréable , font
le plus grand charme de ce Fragment.
>
Les Ballets font de M. Gardel l'aîné. Ces
Ballets nous ont paru un peu longs , quoique
très-bien exécutés par M. Gardel lui-même
par M. Veftris , M. Dauberval , & par Mlles
Allard & Peflin. La Mufique eft de M.
Cambini.
Le Devin du Village à été reçu avec les
mêmes tranfports qu'il a toujours infpirés .
M. le Gros , pour rendre un hommage public
à la mémoire de Rouffeau , a voulu
chanter, à cette repriſe , le rôle de Colin ;
mais quoique fa voix & fon jeu foient toujours
DE FRANCE. 49
jours en poffeffion de plaire , on a trouvé
que ce rôle ne convenoit pas à fes moyens
extérieurs ; peut-être devroit-il y renoncer.
Et quand on a dans fon talent autant de
reffources que M. le Gros , qu'eft- ce que le
facrifice d'un rôle ?
Dans l'état actuel de l'Opéra , Colette ne
peut être mieux repréſentée que par Mlle
Durancy. S'il lui manque quelques - uns des
agrémens du perfonnage , on ne s'en fouvient
plus quand elle eft en Scène. Il eft impoffible
d'être plus vraie , plus naïve & plus intéreffante.
La Scène entre Colin & Colette eft de
fa part un chef- d'oeuvre de jeu , dans les détails
& dans l'enſemble.
MlloLaguerre , qui a chanté ce rôle , le
Mardi 24 Novembre , a mérité beaucoup
d'applaudiffemens ; nous l'invitons , par intérêt
pour fon talent , à fe bien perfuader
qu'un organe charmant ne fait pas feul une
Actrice , même à l'Opéra. Elle nous a paru
un peu foible dans Colette , quoique digne
d'être encouragée. Quels fuccès ne doit- elle
pas fe promettre , fi elle peut joindre à ce
qu'elle a déjà , les qualités qui donnent l'ame
& la vie au perfonnage qu'on repréſente !
On diftingue dans les Ballets qui terminent
l'Acte, un pas de deux, exécuté par M. Nivelon
& par Mlle Cécile. On ne peut guères fe
figurer une danfe dont l'effet foit plus agréable.
Nous avons déjà parlé de la nouvelle Mufique
de la Provençale. On y a ajouté deux
morceaux neufs , ils ont été fort applaudis ;
5 Décembre 1778.
C
50 MERCURE
mais on a remarqué principalement le Duo
chanté par Mlle Durancy & par M. Durand.
Les Ballets font charmans. Ils font arrangés
par M. Dauberval ; il y eft parfaitement
fecondé par Mlle Allard.
La feconde repréfentation de la Finta
Giardiniera a répondu à l'idée que les connoiffeurs
s'en étoient faite. C'eft un des plus
agréables ouvrages de Mufique que les Italiens
nous aient encore donnés , quoiqu'il
foit bien inférieur à la Frafcatana. Les endroits
qui ont été le plus généralement goûtés
, font l'aria Dentro il mio petto , chanté
par le Signor Gherardi ; a forza di Martelli ,
chanté par le Signor Focchetti ; le petit air
un Marito oh Dio! vorrei , chanté par la Signora
Farnezi ; la finale du premier Acte , le
récitatif obligé , ah non partir , & l'air qui le
fuit , chanté par le Signor Caribaldi . Mais
un morceau qui a produit les impreffions
les plus vives , c'eft la finale ajoutée au fecond
Acte. Elle eft du Signor Paeziello , le
génie le plus fécond , & peut-être le plus riche
de tous les Muficiens connus. Tout ce
que l'art a de profondeur , de fineffe ; tout
ce que la mélodie a de touchant ; tout ce que
l'harmonie raffemble d'effets ; tout ce que la
Mulique peut donner d'émotions , on le
trouve dans cette finale , qu'on regarde
comme le chef-d'oeuvre de fon Auteur.
La Signora Conftanza Baglioni a chanté le
rôle de Sandrina avec beaucoup de goût &
adreffe ; fon organe eſt très- beau , & fon jeu
DE FRANCE.
quoiqu'un peu froid , eft jufte & raiſonné.
Les décorations font bien entendues . Celle
qui mérite le plus d'éloges , eft compofee
d'une fimple toile de fond , repréſentant une
galerie. Elle produit une telle illufion , que le
theatre paroit avoir confervé toute fa profondeur
, quoiqu'elle tombe directement fur
le manteau de la feconde couliffe.
JAMAIS
AMAIS à ce théâtre les fpectacles n'ont été
plus variés que depuis quelques mois . Dans
ce moment , outre Caftor & Pollux , dont
les repréſentations ont toujours été fuivies
avec la même affluence , outre les Bouffons
& les Ballets - Pantomimes , qu'on a foin de
faire exécuter après leurs Opéras , on donne
encore de temps en temps des Fragmens ,
compofes de la, Bergerie , Acte tiré du Ballet
des Romans , du Devin du Village & de la
Provençale. Ces Fragmens , ainfi arrangés
ont été donnés pour la première fois le Jeudi
19 Novembre.
L'Amour veut foumettre à fon empire
48 MERCURE
deux jeunes Bergers indifférents ; il ſe préfente
à eux pour leur demander un sûr afyle
contre un fort rigoureux ; ils le lui promettent.
Tout-à-coup l'Amour feint de s'endormir.
Les jeunes -gens remarquent fon carquois &
fon arc; ils veulent effayer la puiffance defes
traits fur les oifeaux de leurs forêts , & s'en
bleffent eux-mêmes. Ils brûlent fur le champ
d'un amour mutuel , & l'Amour les unit.
Tel eft le fujet de la Bergerie . Mde Saint-
Huberti a joué le rôle de l'Amour , Mlle Laguerre
celui de Doris , & M. Lainez celui
d'Iphis. On trouve encore dans cet Acte un
vieux Berger nommé Arcas : l'Auteur paroît
ne l'avoir placé que pour conduire des
Choeurs & des Ballets au commencement &
à la fin de l'Acte. Ce perfonnage a été repréfenté
par M. Moreau. La voix de Mlle Laguerre
, fon chant facile & agréable , font
le plus grand charme de ce Fragment.
>
Les Ballets font de M. Gardel l'aîné. Ces
Ballets nous ont paru un peu longs , quoique
très-bien exécutés par M. Gardel lui-même
par M. Veftris , M. Dauberval , & par Mlles
Allard & Peflin. La Mufique eft de M.
Cambini.
Le Devin du Village à été reçu avec les
mêmes tranfports qu'il a toujours infpirés .
M. le Gros , pour rendre un hommage public
à la mémoire de Rouffeau , a voulu
chanter, à cette repriſe , le rôle de Colin ;
mais quoique fa voix & fon jeu foient toujours
DE FRANCE. 49
jours en poffeffion de plaire , on a trouvé
que ce rôle ne convenoit pas à fes moyens
extérieurs ; peut-être devroit-il y renoncer.
Et quand on a dans fon talent autant de
reffources que M. le Gros , qu'eft- ce que le
facrifice d'un rôle ?
Dans l'état actuel de l'Opéra , Colette ne
peut être mieux repréſentée que par Mlle
Durancy. S'il lui manque quelques - uns des
agrémens du perfonnage , on ne s'en fouvient
plus quand elle eft en Scène. Il eft impoffible
d'être plus vraie , plus naïve & plus intéreffante.
La Scène entre Colin & Colette eft de
fa part un chef- d'oeuvre de jeu , dans les détails
& dans l'enſemble.
MlloLaguerre , qui a chanté ce rôle , le
Mardi 24 Novembre , a mérité beaucoup
d'applaudiffemens ; nous l'invitons , par intérêt
pour fon talent , à fe bien perfuader
qu'un organe charmant ne fait pas feul une
Actrice , même à l'Opéra. Elle nous a paru
un peu foible dans Colette , quoique digne
d'être encouragée. Quels fuccès ne doit- elle
pas fe promettre , fi elle peut joindre à ce
qu'elle a déjà , les qualités qui donnent l'ame
& la vie au perfonnage qu'on repréſente !
On diftingue dans les Ballets qui terminent
l'Acte, un pas de deux, exécuté par M. Nivelon
& par Mlle Cécile. On ne peut guères fe
figurer une danfe dont l'effet foit plus agréable.
Nous avons déjà parlé de la nouvelle Mufique
de la Provençale. On y a ajouté deux
morceaux neufs , ils ont été fort applaudis ;
5 Décembre 1778.
C
50 MERCURE
mais on a remarqué principalement le Duo
chanté par Mlle Durancy & par M. Durand.
Les Ballets font charmans. Ils font arrangés
par M. Dauberval ; il y eft parfaitement
fecondé par Mlle Allard.
La feconde repréfentation de la Finta
Giardiniera a répondu à l'idée que les connoiffeurs
s'en étoient faite. C'eft un des plus
agréables ouvrages de Mufique que les Italiens
nous aient encore donnés , quoiqu'il
foit bien inférieur à la Frafcatana. Les endroits
qui ont été le plus généralement goûtés
, font l'aria Dentro il mio petto , chanté
par le Signor Gherardi ; a forza di Martelli ,
chanté par le Signor Focchetti ; le petit air
un Marito oh Dio! vorrei , chanté par la Signora
Farnezi ; la finale du premier Acte , le
récitatif obligé , ah non partir , & l'air qui le
fuit , chanté par le Signor Caribaldi . Mais
un morceau qui a produit les impreffions
les plus vives , c'eft la finale ajoutée au fecond
Acte. Elle eft du Signor Paeziello , le
génie le plus fécond , & peut-être le plus riche
de tous les Muficiens connus. Tout ce
que l'art a de profondeur , de fineffe ; tout
ce que la mélodie a de touchant ; tout ce que
l'harmonie raffemble d'effets ; tout ce que la
Mulique peut donner d'émotions , on le
trouve dans cette finale , qu'on regarde
comme le chef-d'oeuvre de fon Auteur.
La Signora Conftanza Baglioni a chanté le
rôle de Sandrina avec beaucoup de goût &
adreffe ; fon organe eſt très- beau , & fon jeu
DE FRANCE.
quoiqu'un peu froid , eft jufte & raiſonné.
Les décorations font bien entendues . Celle
qui mérite le plus d'éloges , eft compofee
d'une fimple toile de fond , repréſentant une
galerie. Elle produit une telle illufion , que le
theatre paroit avoir confervé toute fa profondeur
, quoiqu'elle tombe directement fur
le manteau de la feconde couliffe.
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Résumé : ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
L'Académie Royale de Musique présente une programmation diversifiée comprenant des opéras, des spectacles des Bouffons, des ballets-pantomimes et des extraits d'œuvres. Parmi ces extraits figurent 'La Bergerie', 'Acte tiré du Ballet des Romans', 'Le Devin du Village' et 'La Provençale', tous présentés pour la première fois le 19 novembre. 'La Bergerie' narre l'union de deux jeunes bergers grâce à l'Amour. Les rôles principaux sont interprétés par Madame Saint-Hubert (l'Amour), Mademoiselle Laguerre (Doris) et Monsieur Lainez (Iphis). Monsieur Moreau incarne le vieux Berger Arcas, introduisant des chœurs et des ballets. La performance vocale de Mademoiselle Laguerre est particulièrement remarquée. Les ballets, chorégraphiés par Monsieur Gardel l'aîné, sont bien exécutés mais jugés trop longs. 'Le Devin du Village' reçoit un bon accueil, mais la prestation de Monsieur Le Gros dans le rôle de Colin est critiquée. Mademoiselle Durancy excelle dans le rôle de Colette, tandis que Mademoiselle Laguerre, bien que prometteuse, manque encore de certaines qualités pour ce rôle. 'La Provençale' inclut de nouveaux morceaux musicaux, notamment un duo chanté par Mademoiselle Durancy et Monsieur Durand. Les ballets, arrangés par Monsieur Dauberval, sont bien reçus. La représentation de 'La Finta Giardiniera' est appréciée pour sa qualité musicale, bien qu'elle soit considérée inférieure à 'La Frascatana'. Plusieurs airs et duos sont particulièrement salués, notamment ceux interprétés par les Signori Gherardi, Focchetti, Farnezi et Caribaldi. La finale du second acte est également soulignée pour sa composition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 51-53
COMÉDIE FRANÇOISE.
Début :
Nous commencerons cet article par rectifier une faute d'impression du dernier No, [...]
Mots clefs :
Comédie-Française, Madame Vestris, Monime, Lekain, Bellecour, Tragique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE FRANÇOISE.
COMÉDIE FRANÇOIS E.
NOUS ous commencerons cet article par rectifier
une faure d'impreffion du dernier Nº
d'autant plus effentielle , qu'elle porte fur un
fait. On lit dans l'article de la Comédie Françoife
: Madame Veftris a joué Monime. Cette
faute vient de ce qu'on a paffe une ligne à
l'impreffion. Il faut lire : Mademoiſelle Sainval
cadette a joué Monime avec beaucoup
de fuccès . Madame Veftris a joué Inès , & c.
Le Samedi 21 Novembre , on a donné ,
pour la première fois , le Chevalier François
à Turin , & le Chevalier François à Londres ,
deux Comédies de M. Dorat , l'une en quatre
actes , & l'autre en trois . Le fujet eft tiré des
Mémoires fi connus du Comte de Grammont ,
& le même perfonnage eft le Héros des deux
Piéces. Dans la première il fe fait aimer à la
fois de la femme de Senantes , chez lequel il
loge , & de la maîtreffe de fon ami Matta ;
dans la feconde il épouſe Miff Adelſon , après
s'être refufé aux avances de Lady Stelle ,
Cij
52
MERCURE
•
amie de la jeune Miff, & qui , de concert
avec elle , feint d'avoir du goût pour le Chevalier
afin d'éprouver fa fidélité.
Nous ne dirons rien de plus de ces deux
Nouveautés , qui ont été plus favorablement
accueillies à la feconde & à la troifième repréfentation
qu'à la première , l'Auteur ayant
retranché un acte dans l'une , & un perfonnage
dans l'autre. On a applaudi des détails
qui ont paru agréables . Comme nous craindrions
de ne pas donner une analyſe affez
exacte de ces deux Ouvrages , que nous
n'avons vus qu'une fois , nous nous réſervons
, fuivant notre méthode ordinaire , d'en
rendre compte lorfqu'ils feront imprimés.
C'eft une chofe affez remarquable , que le
Théâtre François ait perdu , dans la même
année , le Kain & Bellecour , qui avoient
débuté en même-temps. Ce n'eft pas que
nous voulions comparer deux Acteurs , dont
l'un étoit fi loin de l'autre ; mais cependant
la perte de Bellecour fera fentie à la Comédie.
Il joua pendant dix ans le ſecond emploi
dans le tragique. Mais quoique dans la
nouveauté les avantages de fa figure lui euffent
fait trouver plus de faveur & de protection
qu'on n'en accordoit à le Kain , il eut le
bon efprit defentir que le tragique n'étoit pas
fon talent , & il fe renferma dans le premier
emploi comique , où il fuccédoit à Grandval.,
Il n'avoit ni la nobleffe naturelle , ni les
grâces , ni les nuances délicates & fines de cet
Acteur célèbre , qui , fur la fcène , avoit
l'air d'un homme du monde plus que d'un
DE FRANCE. 53
Comédien ; mais Bellecour avoit de l'intelligence
, la connoiffance du théâtre , & la
tradition de la bonne Comédie . Il excelloit
dans quelques rôles du fecond ordre , tels
que le Somnambule , l'Aveugle Clairvoyant ,
& c. fur-tout dans certains rôles de Marquis
ivrognes , tels que celui de Turcaret, du Retour
imprévu , & c. dans lefquels il faififfoit
fort bien l'air d'un libertin de bonne compagnie.
Son zèle , d'ailleurs , & fes connoiffances
, l'avoient rendu très- utile à fes camarades
, dont il a été regretté. Il s'étoit effayé
aufli dans la Comédie comme Auteur , &
il fit jouer une petite Pièce intitulée les
Fauffes Efpérances, qui eut quelques repréfentations.
NOUS ous commencerons cet article par rectifier
une faure d'impreffion du dernier Nº
d'autant plus effentielle , qu'elle porte fur un
fait. On lit dans l'article de la Comédie Françoife
: Madame Veftris a joué Monime. Cette
faute vient de ce qu'on a paffe une ligne à
l'impreffion. Il faut lire : Mademoiſelle Sainval
cadette a joué Monime avec beaucoup
de fuccès . Madame Veftris a joué Inès , & c.
Le Samedi 21 Novembre , on a donné ,
pour la première fois , le Chevalier François
à Turin , & le Chevalier François à Londres ,
deux Comédies de M. Dorat , l'une en quatre
actes , & l'autre en trois . Le fujet eft tiré des
Mémoires fi connus du Comte de Grammont ,
& le même perfonnage eft le Héros des deux
Piéces. Dans la première il fe fait aimer à la
fois de la femme de Senantes , chez lequel il
loge , & de la maîtreffe de fon ami Matta ;
dans la feconde il épouſe Miff Adelſon , après
s'être refufé aux avances de Lady Stelle ,
Cij
52
MERCURE
•
amie de la jeune Miff, & qui , de concert
avec elle , feint d'avoir du goût pour le Chevalier
afin d'éprouver fa fidélité.
Nous ne dirons rien de plus de ces deux
Nouveautés , qui ont été plus favorablement
accueillies à la feconde & à la troifième repréfentation
qu'à la première , l'Auteur ayant
retranché un acte dans l'une , & un perfonnage
dans l'autre. On a applaudi des détails
qui ont paru agréables . Comme nous craindrions
de ne pas donner une analyſe affez
exacte de ces deux Ouvrages , que nous
n'avons vus qu'une fois , nous nous réſervons
, fuivant notre méthode ordinaire , d'en
rendre compte lorfqu'ils feront imprimés.
C'eft une chofe affez remarquable , que le
Théâtre François ait perdu , dans la même
année , le Kain & Bellecour , qui avoient
débuté en même-temps. Ce n'eft pas que
nous voulions comparer deux Acteurs , dont
l'un étoit fi loin de l'autre ; mais cependant
la perte de Bellecour fera fentie à la Comédie.
Il joua pendant dix ans le ſecond emploi
dans le tragique. Mais quoique dans la
nouveauté les avantages de fa figure lui euffent
fait trouver plus de faveur & de protection
qu'on n'en accordoit à le Kain , il eut le
bon efprit defentir que le tragique n'étoit pas
fon talent , & il fe renferma dans le premier
emploi comique , où il fuccédoit à Grandval.,
Il n'avoit ni la nobleffe naturelle , ni les
grâces , ni les nuances délicates & fines de cet
Acteur célèbre , qui , fur la fcène , avoit
l'air d'un homme du monde plus que d'un
DE FRANCE. 53
Comédien ; mais Bellecour avoit de l'intelligence
, la connoiffance du théâtre , & la
tradition de la bonne Comédie . Il excelloit
dans quelques rôles du fecond ordre , tels
que le Somnambule , l'Aveugle Clairvoyant ,
& c. fur-tout dans certains rôles de Marquis
ivrognes , tels que celui de Turcaret, du Retour
imprévu , & c. dans lefquels il faififfoit
fort bien l'air d'un libertin de bonne compagnie.
Son zèle , d'ailleurs , & fes connoiffances
, l'avoient rendu très- utile à fes camarades
, dont il a été regretté. Il s'étoit effayé
aufli dans la Comédie comme Auteur , &
il fit jouer une petite Pièce intitulée les
Fauffes Efpérances, qui eut quelques repréfentations.
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Résumé : COMÉDIE FRANÇOISE.
L'article rectifie une erreur d'impression concernant une représentation théâtrale : Mademoiselle Sainval cadette a joué Monime avec succès, tandis que Madame Vestris interprétait Inès. Le 21 novembre, deux comédies de M. Dorat, 'Le Chevalier François' en quatre actes et 'Le Chevalier François à Londres' en trois actes, ont été jouées pour la première fois respectivement à Turin et à Londres. Ces pièces, basées sur les mémoires du Comte de Grammont, partagent le même personnage principal. Dans la première pièce, le chevalier séduit la femme de son hôte Senantes et la maîtresse de son ami Matta. Dans la seconde, il épouse Miss Adelson après avoir résisté aux avances de Lady Stelle. Les représentations ultérieures de ces œuvres ont été mieux accueillies après des modifications. L'article mentionne également la perte récente des acteurs Kain et Bellecour au Théâtre Français. Bellecour, après avoir débuté dans le tragique, s'est orienté vers le comique, succédant à Grandval. Il excellait dans des rôles comme le Somnambule, l'Aveugle Clairvoyant, et des personnages de marquis ivres. Bellecour était apprécié pour son intelligence et son utilité auprès de ses camarades. Il a également écrit une pièce intitulée 'Les Fausses Espérances'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 53-54
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
Depuis qu'on a vu autrefois Dancourt, après lui le Grand, ensuite Boissy & plusieurs [...]
Mots clefs :
Comédie-Italienne, Pièce, Départ des matelots
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE..
DEPUIS qu'on a vu autrefois Dancourt ,
après lui le Grand , enfuite Boiffy & plufieurs
autres , s'emparer avec avidité des petits
événemens de leur temps , des chofes de
mode , des Anecdotes courantes , & même
des Vaudevilles nouveaux , pour en faire des
Piéces de théâtre , on ne doit pas être furpris
de voir nos Auteurs modernes faifir aujourd'hui
des circonftances pareilles pour en faire
le même ufage ; mais ce n'eft pas toujours
avec le même bonheur.
On a donné , le Lundi 23 Novembre , à la
Comédie Italienne , un de ces Ouvrages du
C iij
54
MERCURE
moment , intitulé le Départ des Matelots.
Cn connoit la belle action de Jean Bouffard ,
dit le brave homme , & la récompenſe hono- ,
rable qui lui a été accordée par un Miniftre
aufli éclairé que bienfaifant. C'eft fur cet
événement qu'eft fondée l'intrigue de la
Piéce. Le Matelot a un fils amoureux de la
fille d'un Bailli. Celui -ci , pénétré d'admiration
pour le courage & les vertus du père ,
confent à l'union des jeunes gens. Nous
n'entrerons pas dans de plus grands détails.
Le ftyle a été jugé de mauvais goût , & trop
chargé de figures relatives au métier des perfonnages.
La mufique , applaudie en quelques
endroits, a partagé le fort de la Pièce ,
qui n'a pas reparu.
Les rôles ont été remplis par MM. Suin ,
Trial , Mefnier , Michu , & par Madame
Trial.
On prépare l'Amant Jaloux , Comédie de
M. d'Hell , Auteur de Midas.
DEPUIS qu'on a vu autrefois Dancourt ,
après lui le Grand , enfuite Boiffy & plufieurs
autres , s'emparer avec avidité des petits
événemens de leur temps , des chofes de
mode , des Anecdotes courantes , & même
des Vaudevilles nouveaux , pour en faire des
Piéces de théâtre , on ne doit pas être furpris
de voir nos Auteurs modernes faifir aujourd'hui
des circonftances pareilles pour en faire
le même ufage ; mais ce n'eft pas toujours
avec le même bonheur.
On a donné , le Lundi 23 Novembre , à la
Comédie Italienne , un de ces Ouvrages du
C iij
54
MERCURE
moment , intitulé le Départ des Matelots.
Cn connoit la belle action de Jean Bouffard ,
dit le brave homme , & la récompenſe hono- ,
rable qui lui a été accordée par un Miniftre
aufli éclairé que bienfaifant. C'eft fur cet
événement qu'eft fondée l'intrigue de la
Piéce. Le Matelot a un fils amoureux de la
fille d'un Bailli. Celui -ci , pénétré d'admiration
pour le courage & les vertus du père ,
confent à l'union des jeunes gens. Nous
n'entrerons pas dans de plus grands détails.
Le ftyle a été jugé de mauvais goût , & trop
chargé de figures relatives au métier des perfonnages.
La mufique , applaudie en quelques
endroits, a partagé le fort de la Pièce ,
qui n'a pas reparu.
Les rôles ont été remplis par MM. Suin ,
Trial , Mefnier , Michu , & par Madame
Trial.
On prépare l'Amant Jaloux , Comédie de
M. d'Hell , Auteur de Midas.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
Le texte évoque la tradition des auteurs de comédie italienne, qui s'inspirent des événements contemporains et des anecdotes pour leurs pièces. Cette pratique perdure avec les auteurs modernes, mais sans toujours le même succès. Le 23 novembre, la Comédie Italienne a présenté 'Le Départ des Matelots', inspirée par l'action héroïque de Jean Bouffard, un matelot récompensé par un ministre. La pièce raconte l'histoire du fils de Bouffard, amoureux de la fille d'un bailli, qui finit par accepter leur union après avoir admiré le courage du père. La pièce a été critiquée pour son mauvais goût et ses nombreuses références au métier des personnages. La musique a reçu des applaudissements, mais la pièce n'a pas été rejouée. Les rôles étaient interprétés par MM. Suin, Trial, Mesnier, Michu, et Madame Trial. Une autre comédie, 'L'Amant Jaloux' de M. d'Hell, est en préparation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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