Provenance du texte (7)
[empty]
[empty]
[empty]
[empty]
[empty]
[empty]
[empty]
Détail
Liste
Résultats : 7 texte(s)
1
p. 45-48
EXTRAIT d'une Lettre de Vienne le 26. Septembre.
Début :
Le 21. il partit d'icy cinquante Caléches de poste, [...]
Mots clefs :
Impératrice, Vienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Vienne le 26. Septembre.
EXTRAIT 1 d'une Lettre de Vienne le
16. Septembre.
Le i~. il partit d'icy cinquanteCaléches
de poste
chacune dequatrechevaux , qui
prirent la route du Tirol pour
estre partagées en differents
endroitssur la route de Milan
en cette ville3 pour le service
de l'Archiduc (7 desasuite.
Mr le Comte de PaarGeneral
des Postes des Payshereditaires
partit le lendemain pour aller
établirces relais, efutluivi
le 2 3. & le 24. par Mr le
Comte de Vratislau, & par
Mr le Comte de 'Uratyau
Vice-Chancellierde l'Empire.
Il est arrivé un Courier du
Roy Augustepour donner avis
à l'Impératrice Regente que le
Czar étoit arrivé à Carelsbade
en Boheme,&pour la
prier de trouver bon qu'il envoyastune
Garde de deux cens
hommes à ce Prince. L'Impératrice
répondit qu'elle ne pouvoit
pas permettre à des Troupes
étrangeres d'entrer dans les
Pays hereditaires;que le Czar
étoit en seureté à Carelsbade;
mais que neanmoins elle avoit
envoyé ordre au Commandant
dePrague de luy envoyer le
nombre de Troupes qu'ilsouhaiteroit
pour luy (er:Vir de Garde.
MrWitwortEnvoyé d'Angleterre
estparty pourse rendre auprés
de ce Prince; plusieurs autres
personnesde consideration
de cette ville
,
de la Cour de
Berlin, Cm de celle d'Hanover,
s'y font aussirenduës pour le
complimenter. On a étably icy
des Prieres de quarente heures
pour l'heureux retour de ïArchiducsur
ce qu'il amandéque
les Catalans ne vouloient pas
consentirquel'Archiduchesse
s'embarquastavecluy ; onparle
d'envoyeràsa place l'Archiducbejp
soeur aînée de ce Prince,
dés qu'ilsera arrivé.
16. Septembre.
Le i~. il partit d'icy cinquanteCaléches
de poste
chacune dequatrechevaux , qui
prirent la route du Tirol pour
estre partagées en differents
endroitssur la route de Milan
en cette ville3 pour le service
de l'Archiduc (7 desasuite.
Mr le Comte de PaarGeneral
des Postes des Payshereditaires
partit le lendemain pour aller
établirces relais, efutluivi
le 2 3. & le 24. par Mr le
Comte de Vratislau, & par
Mr le Comte de 'Uratyau
Vice-Chancellierde l'Empire.
Il est arrivé un Courier du
Roy Augustepour donner avis
à l'Impératrice Regente que le
Czar étoit arrivé à Carelsbade
en Boheme,&pour la
prier de trouver bon qu'il envoyastune
Garde de deux cens
hommes à ce Prince. L'Impératrice
répondit qu'elle ne pouvoit
pas permettre à des Troupes
étrangeres d'entrer dans les
Pays hereditaires;que le Czar
étoit en seureté à Carelsbade;
mais que neanmoins elle avoit
envoyé ordre au Commandant
dePrague de luy envoyer le
nombre de Troupes qu'ilsouhaiteroit
pour luy (er:Vir de Garde.
MrWitwortEnvoyé d'Angleterre
estparty pourse rendre auprés
de ce Prince; plusieurs autres
personnesde consideration
de cette ville
,
de la Cour de
Berlin, Cm de celle d'Hanover,
s'y font aussirenduës pour le
complimenter. On a étably icy
des Prieres de quarente heures
pour l'heureux retour de ïArchiducsur
ce qu'il amandéque
les Catalans ne vouloient pas
consentirquel'Archiduchesse
s'embarquastavecluy ; onparle
d'envoyeràsa place l'Archiducbejp
soeur aînée de ce Prince,
dés qu'ilsera arrivé.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Vienne le 26. Septembre.
Le 16 septembre, cinquante calèches de poste partirent de Vienne vers le Tyrol pour être réparties sur la route de Milan afin de servir l'Archiduc. Le Comte de Paar, Général des Postes des Pays héréditaires, partit le lendemain pour établir des relais, suivi les 23 et 24 septembre par les Comtes de Vratislau et d'Uratyau, Vice-Chancellier de l'Empire. Un courrier du Roi Auguste informa l'Impératrice Régente de l'arrivée du Czar à Carlsbad en Bohême et demanda la permission d'envoyer une garde de deux cents hommes. L'Impératrice refusa l'entrée de troupes étrangères mais ordonna au Commandant de Prague d'envoyer des troupes pour la garde du Czar. L'Envoyé d'Angleterre, Mr Witwort, ainsi que plusieurs personnalités de Vienne, Berlin et Hanovre, se rendirent auprès du Czar pour le complimenter. Des prières de quarante heures furent organisées pour le retour de l'Archiduc, qui avait mentionné que les Catalans refusaient l'embarquement de l'Archiduchesse. On envisagea d'envoyer à sa place l'Archiduc Léopold, sœur aînée de ce Prince, dès son arrivée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 31-35
Extrait d'une autre Lettre de Vienne du 24. Octobre.
Début :
Le Comte de Welzek partit d'icy le 17. pour aller en Saxe, [...]
Mots clefs :
Vienne, Troupes, Roi de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une autre Lettre de Vienne du 24. Octobre.
Extrait d'une autre cttrr,
de Vienne du 2..4.OÛ4te.
Le Comte de 1Vel^ek.partt'i
iicy le 17. pour aller en Saxe,
en qualitéd'Envoyé extraordinaireauprés
du C^ar> Ër
le Comte de Schlik, partit pour
aller à Presbourg avec une
Commission de l'Impératrice
Regente ponr régler vtc les
Etraatus d'Hongrie,!^'tiers
d'hiver eT la fuLyji >r? des
Troupes. Le 20. un Courrier
extraordinaire aporta le nouvelle
quel'Archidur etoit ar-
,1 T? J' rivé les Il Falo n'ayant été
que euke jours ay passer de
Barcelonne; que le douze il
voitdébarquéàSaint Pierre
d'Arena prés de Genes d'où il
étoit parjt le dou'{e & que le
lendemain il étoit arrivé à
Milan où il devoit rtftcr quelques
jours: qi/il devoit se
rendre directement àJuspruk
, & de- la à Francfort. Le
Comte de ÎVeltç partit le lendemain
en poste pour aller complimenter
ce Prince de la part
de l'Impératrice Regente : il
fut accompagnépar le Comte
de Nojlit% envoyé par L'lm.
peratrice WillelmineAmelie;
par le Baron de Weiberg, Envoyé
de Dedannmarck.
, par
le Comte François de Wurmb,
EnvoyéduDucdeWirtemberg
& par plusieurs autres Seigneurs.
Les Bagages & les
Livrées pour la Couronnement
de ce Prince ont été embarquez
sur le Dannube pour estre conduits
à Ratisbonne en attendant
de nouveaux ordres. On
à choisîcinquante Archers &
Trabans auxquels on aordonné
.de se tenir prests à tri archer lors
qu'on les avertira du lieu où
ils devrontse rendre. Les dernieres
Lettres qu'on a reçûës de
la Walaquieassurent que le
grand Visir étoit encore campé
avec son Armée à la raucbe
du Dannube au de-là de ce
Fleuve;qu'il avoit reçu ordre
du Grand S;igneur
,
de faire
trancher la teste à tous -"ceux
qui entreprendroient de les repasser
; que le Roy de Suede étoit
encore à Benàet sans sçavoir
encore letemps auquel ilen devoit
partir, & que le Grand
Seigneur avoit envoyé un Bétcha
pourcommander en Moldavie
, ne voulant plusy mettre
de Prince ou Hospodar.
L'E!rfl.'ur de Mayence est
tombé malade à Francfort.
de Vienne du 2..4.OÛ4te.
Le Comte de 1Vel^ek.partt'i
iicy le 17. pour aller en Saxe,
en qualitéd'Envoyé extraordinaireauprés
du C^ar> Ër
le Comte de Schlik, partit pour
aller à Presbourg avec une
Commission de l'Impératrice
Regente ponr régler vtc les
Etraatus d'Hongrie,!^'tiers
d'hiver eT la fuLyji >r? des
Troupes. Le 20. un Courrier
extraordinaire aporta le nouvelle
quel'Archidur etoit ar-
,1 T? J' rivé les Il Falo n'ayant été
que euke jours ay passer de
Barcelonne; que le douze il
voitdébarquéàSaint Pierre
d'Arena prés de Genes d'où il
étoit parjt le dou'{e & que le
lendemain il étoit arrivé à
Milan où il devoit rtftcr quelques
jours: qi/il devoit se
rendre directement àJuspruk
, & de- la à Francfort. Le
Comte de ÎVeltç partit le lendemain
en poste pour aller complimenter
ce Prince de la part
de l'Impératrice Regente : il
fut accompagnépar le Comte
de Nojlit% envoyé par L'lm.
peratrice WillelmineAmelie;
par le Baron de Weiberg, Envoyé
de Dedannmarck.
, par
le Comte François de Wurmb,
EnvoyéduDucdeWirtemberg
& par plusieurs autres Seigneurs.
Les Bagages & les
Livrées pour la Couronnement
de ce Prince ont été embarquez
sur le Dannube pour estre conduits
à Ratisbonne en attendant
de nouveaux ordres. On
à choisîcinquante Archers &
Trabans auxquels on aordonné
.de se tenir prests à tri archer lors
qu'on les avertira du lieu où
ils devrontse rendre. Les dernieres
Lettres qu'on a reçûës de
la Walaquieassurent que le
grand Visir étoit encore campé
avec son Armée à la raucbe
du Dannube au de-là de ce
Fleuve;qu'il avoit reçu ordre
du Grand S;igneur
,
de faire
trancher la teste à tous -"ceux
qui entreprendroient de les repasser
; que le Roy de Suede étoit
encore à Benàet sans sçavoir
encore letemps auquel ilen devoit
partir, & que le Grand
Seigneur avoit envoyé un Bétcha
pourcommander en Moldavie
, ne voulant plusy mettre
de Prince ou Hospodar.
L'E!rfl.'ur de Mayence est
tombé malade à Francfort.
Fermer
Résumé : Extrait d'une autre Lettre de Vienne du 24. Octobre.
Au début du XVIIIe siècle, plusieurs mouvements diplomatiques et militaires ont marqué l'Europe. Le Comte de Veltek a été envoyé en Saxe le 17 octobre pour représenter l'impératrice régente auprès du futur empereur. Le Comte de Schlik a été dépêché à Presbourg pour régler les affaires des états d'Hongrie, notamment les frais d'hiver et le fourrage des troupes. Le 20 octobre, un courrier a annoncé l'arrivée de l'archiduc à Milan après un voyage de Barcelone à Saint-Pierre d'Arena, puis à Milan. Le Comte de Veltek a quitté Vienne le lendemain pour complimenter l'archiduc, accompagné de plusieurs envoyés étrangers. Les préparatifs pour le couronnement ont été expédiés sur le Danube vers Ratisbonne, et cinquante archers et trabans ont été mis en alerte. En Valachie, le grand vizir a campé avec son armée au-delà du Danube, recevant l'ordre de décapiter ceux tentant de traverser. Le roi de Suède était encore à Bénat, et le Grand Seigneur a nommé un bétcha pour gouverner la Moldavie. Par ailleurs, l'électeur de Mayence est tombé malade à Francfort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 36-40
Extrait d'une Lettre de Vienne, du 18. Novembre.
Début :
Les Quartiers d'hiver de l'Armée de l'Empire ont été [...]
Mots clefs :
Vienne, Paix, Couronnement, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 18. Novembre.
Extrait d'une Lettre de
Vienne, du 18. Novembre.
Les Quartiersd'hiver de
l'Armée de l'Empire ont cié
règlez,neufRegiments Autrichiens
,
doivent hiverner en
Ba viere, trois dans la Boheme,
& un dans l'Autriche, e
les Troupes des Electeurs dans
leurs Etats. Les Lettres qu'ona
reçeûës desFrontieres de Turquie
confirment que ïArmée
Othomaneprenoitsesquartiers
d'hiver des deuxcoflt7,du Danube^
du Prut; que le Grand
Seigneurparoissoit toûjours
disposéà observer exactement
le Traité de Carlowitz, ce
que le Roy de Sucde déçoit
hiverner à Bender. L'Imperatrice
Regente a écrit à ce Prince
pour luy offrir un passage libre
par la Hongrie
, & par lei
PaysHereditaires, à condition
qu'il ne seroit accompagé que
de deux mille hommes. L'Archiducayant
envoyé ordre au
Comte de Staremberg, President
de la Chambre des Finances
,de préparer dessommes considerables
pour les dépenses de
son Couronnement, e pour
continuer vigoureusement la
Guerre, onparle de mettre sur
le tapis le projet proposé en
1703. qui (si de mettre une
tres-forte taxe sur tous les
biens meubles & immeubles
sur , tous les Marchands Artisans, , & autres , ce qui
cause une grande consternation.
Le jour du Couronnement n'ejl
point encorefixé:cependant les
principaux Officiers de la
Maison du nouvel Empereur,
partent pourse rendre à Francfort.
Onareçû icy les Préliminaires
de la Paix,signez entre
la France &l'Angleterre ; le
Conseil quis'estAssembléplusieursfois
pour les examiner,
ne les àpas approuvez On commence
à battre laCaisse
}
pour
lever les Recreuës nécessaires
pour lesRegiments Autrichiens
&on a envoyédesordres dans
tous les PaysHereditairespour
les obligeràfournirle nombre de
Soldatsauquel ils ont ététaxez
defournir. Le Primce Charles
de lVe'Wbourg) Gouverneur dtt
TiraI qui avoitportéà Milan le
Decret de tEleaion à l'Archiduc,
est revenu à Inspruch afin
de donner ordre aux préparatifs
pour la réception de ce Prince luhoimdmeavgoiety recevoir le il.
des Etats du Tirol.
Vienne, du 18. Novembre.
Les Quartiersd'hiver de
l'Armée de l'Empire ont cié
règlez,neufRegiments Autrichiens
,
doivent hiverner en
Ba viere, trois dans la Boheme,
& un dans l'Autriche, e
les Troupes des Electeurs dans
leurs Etats. Les Lettres qu'ona
reçeûës desFrontieres de Turquie
confirment que ïArmée
Othomaneprenoitsesquartiers
d'hiver des deuxcoflt7,du Danube^
du Prut; que le Grand
Seigneurparoissoit toûjours
disposéà observer exactement
le Traité de Carlowitz, ce
que le Roy de Sucde déçoit
hiverner à Bender. L'Imperatrice
Regente a écrit à ce Prince
pour luy offrir un passage libre
par la Hongrie
, & par lei
PaysHereditaires, à condition
qu'il ne seroit accompagé que
de deux mille hommes. L'Archiducayant
envoyé ordre au
Comte de Staremberg, President
de la Chambre des Finances
,de préparer dessommes considerables
pour les dépenses de
son Couronnement, e pour
continuer vigoureusement la
Guerre, onparle de mettre sur
le tapis le projet proposé en
1703. qui (si de mettre une
tres-forte taxe sur tous les
biens meubles & immeubles
sur , tous les Marchands Artisans, , & autres , ce qui
cause une grande consternation.
Le jour du Couronnement n'ejl
point encorefixé:cependant les
principaux Officiers de la
Maison du nouvel Empereur,
partent pourse rendre à Francfort.
Onareçû icy les Préliminaires
de la Paix,signez entre
la France &l'Angleterre ; le
Conseil quis'estAssembléplusieursfois
pour les examiner,
ne les àpas approuvez On commence
à battre laCaisse
}
pour
lever les Recreuës nécessaires
pour lesRegiments Autrichiens
&on a envoyédesordres dans
tous les PaysHereditairespour
les obligeràfournirle nombre de
Soldatsauquel ils ont ététaxez
defournir. Le Primce Charles
de lVe'Wbourg) Gouverneur dtt
TiraI qui avoitportéà Milan le
Decret de tEleaion à l'Archiduc,
est revenu à Inspruch afin
de donner ordre aux préparatifs
pour la réception de ce Prince luhoimdmeavgoiety recevoir le il.
des Etats du Tirol.
Fermer
Résumé : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 18. Novembre.
La lettre du 18 novembre à Vienne annonce que les quartiers d'hiver de l'Armée de l'Empire sont établis. Neuf régiments autrichiens hiverneront en Bavière, trois en Bohême et un en Autriche, tandis que les troupes des Électeurs resteront dans leurs États. L'Armée ottomane prend ses quartiers d'hiver de part et d'autre du Danube et du Prut, et le Grand Seigneur semble respecter le Traité de Carlowitz. Le roi de Suède, Charles XII, prévoit d'hiverner à Bender. L'Imperatrice Régente a proposé un passage libre au roi de Suède à travers la Hongrie et les Pays Hereditaires, à condition qu'il soit accompagné de seulement deux mille hommes. L'Archiduc a ordonné au Comte de Staremberg de préparer des fonds pour le couronnement et la poursuite de la guerre. Un projet de 1703 proposant une forte taxe sur les biens meubles et immeubles, ainsi que sur les marchands et artisans, suscite une grande consternation. Les préliminaires de la paix entre la France et l'Angleterre ont été reçus et désapprouvés par le Conseil à Vienne. Des mesures sont prises pour lever des recrues pour les régiments autrichiens, et le Prince Charles de Wurtemberg est revenu à Innsbruck pour préparer la réception de l'Archiduc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 169-181
DE VIENNE en Austriche.
Début :
La fille d'un bourgeois de cette Ville, âgée de [...]
Mots clefs :
Accouchée, Sage-femme, Amant, Tourrière, Couvent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE en Austriche.
DE VIENNE
en Auftriche.
MONSIE
re
CONSIEUR ,
Pardonnez à un Allemand qui fçait à peine
le François , de vous efcriune avanture , & de
prétendre qu'on la mette
fous la preffe : c'est un ma
riage qui fe fit l'année
paffee , & quejene crains
plus de rendre public à
Juin 1712.
P
170 MERCURE
Paris comme ill'aefte icy,
parce que le mary a efte
tué en Flandre & la
femme eft morte defa feconde couche. Si l'un ou
l'autre eftoit encore en vie
je me garderois bien de
vous envoyer cette avanture.
La fille d'un bourgeois
de cette Ville , âgée de dixfept à dix-huitans , n'ayant
plus ny père ny mere
retira chez une vieille tante qui cut pour fon éduca-
,
fe
GALANT. 171
tion tous les foins & toute
l'attention poffible. Cette
bonne femme eut le malheur d'avoir pour locataire un avanturier des bords
de la Garonne , Peintre en
chambre , & Chevalier en
ville, & Gafcon de profeffion , crut trouver un party confiderable dans la recherche de cette fille , &
pour gagner l'efprit de ſa
tante qui n'avoit point
d'autre heritiere qu'elle ,
exagera l'excellence & l'u
tilité de fon art en luy
perfuadant que fon travail
,
Pij
172 MERCURE
joint aux talents de fa niece leur procureroient un
eſtabliſſement confiderable ; les complaiſances du
Peintre pour la vieille , fi
rent de fi grands progrez
fur elle , qu'elle difpola fa
niece au mariage , en faveur duquel elle donnoit
tout fon bien , en ſe refer
vant feulement l'ufufruit
fa vie durant. Pendantcet
intervale le Gafcon vit
fouvent fa belle , & le re
gardantdeflors commefon
époux , elle n'eut pas la
force de refifter à fes em-
GALANT. 173
preffemens Le galant fa
tisfait du cofté de l'amour
ne l'eftoit pas du cofté de
l'intereft ; la referve de l'ufufruit ne luy plaifoit pas.
Il employatouteforte d'artifices pour qu'on ſe relafchaft fur cet article ; cependant la Tante tint ferme ,
& dit qu'elle ne vouloit
rien innover aux claufes du
Contrat. Le perfide qui
fçavoit mieux diffimuler
qu'époufer , ne laiffa pas.
que deprendreparole pour
la celebration qui devoit fe
faire le 20. Aouft 1711. A
P iij
174 MERCURE
jour nommé il va à l'Eglife,
& faifant l'empreffé pour
chercher le Preftre , il dif
parut fans qu'on ait ſceu
depuis ce temps- là ce qu'il
eft devenu. Chacun fe regarde , murmure , &toutes
reflexions faites, les Parens
s'en retournerent fort con
fternez. Marianne avoit
plus d'une raifon pour eſtre
plus affligée que les autres.
Une raifon ne parut à fa
famille que quelques mois
aprés. Elle voulut prevénir
cet éclat en perfuadant à
la bonne femme de con-
GALANT.'s
fentir qu'elle alla cacher
au fond d'un Cloiftre l'affront qu'elle avoit receu à
l'Eglife . Sa Tante la mena
au Convent dés le lende
main. Elle y fut receuë
parune femmehabillée en
Tourriere , & elle fut fe cacher réellement dans une
maiſon feculiere où elle
trouva une femme habile
& charitable qui luy faifoit
efperer de luy rendre la
beauté de fa taille deux
mois aprés, qui la mena dás
un Parloir , où aprés avoir
attendu quelque temps , la
Piiij
176 MERCURE
A
meſme Touriere luy vint
dire que la Mere Prieure
eftoit malade , la bonne
tante qui fe trouvoit fort
incommodée ce jour-là ,
s'en retourna avec précipitation chez elle , & laiffa
fa niece dans le Parloir ;
elle en fortit un peu aprés
avec la Touriere qui la me
na chez elle pour achever
à loifir & en fecret , ce que
l'amour avoit commencé
de mefme. Le lendemain
on fut fort inquiet de la
niece dans le Convent où
l'on l'attendoit tousjours ,
GALANT. 177
ה & chez la tante qui l'avoit
laiffée au Convent ; mais
cette Tourriere eftoit une
fage - femme déguisée qui
avoitfait connoiffance depuis quelques jours avecla
Tourriere à qui elle vouloit fucceder,luy difoit- elle,
parce que laTourriere vouloit fortir de ce Convent
pour aller dans un autre.
On ne put donc avoir aucunes nouvelles ny de cette
fauſſe Tourriere , ny de la
niece , ce qui donna un
tel chagrin à la tante desja tres- malade , qu'elle en
178 MERCURE
mourut de chagrin quelque temps aprés,juftement
dans le temps que fa niece
ignorant la maladie de ſa
tante , achevoit fon terme
fatal.
La Sage-femme porte
l'enfant à l'Eglife dans le
milieu de la nuit pour tenir
plus fecret ce petit fruit
d'iniquité.
Quel fut l'eftonnement
du Preftre & de la Sagefemme , quand ils virent
entrer à deux heures aprés
midy dix ou douze jeunes
gens éclairez par des flam-
GALANT. 179
beaux , tous bouteilles ou
verres à la main , & quelques uns à demiyvres , qui
s'emparerent de la nourriffe & de l'enfant , & les
menoit en triomphe par
toute la Ville , en chantant
toutes les Chanſons qui
pouvoient convenir à la
naiffance dérobée d'un tel
enfant ? Le bruit que cela
fit réveilla toute la Ville &
par confequent le Magiftrat qui voulut faire mettre la troupe en priſon ſans
unplus yvre qui le prit par.
la main , & comme il n'a-
180 MERCURE
1
voit pas main forte avec
luy la clique Bachique
l'emmena droit à la maiſon
cù eftoit l'accouchée qui
penfa mourir defrayeur de
la galanterie que luy faifoit fon Amant : car c'eftoit
luy mefme qui ayant eſté
averti à table que la Tante
de fa Maiftreffe eftoit morte , & en mesme temps que
fon petit fucceffeur eftoit à
l'Eglife , avoit fait une reflexion d'yvrogne en penfant que les autres avoient
executé, commevous avez
veu , en ſon eſprit qu'en
GALANT. 181
t faifant entrer le Magiftrat
jufques dans la chambre
de l'accouchée : l'yvrogne
luy dit ; voilà ma femme
qu'avez-vous à dire ? c'eſt
tout ce que put tirer le Magiftrat qui d'ailleurs galant
homme les pria civilement
de fe retirer chacun chez
eux , & l'accouchée revenuë de cette aubade , époufale lendemain fonAmant,
qui voulut bien dès ce jour
recueillir avec elle la fucceffion que la Tante n'a-
*
voit pas voulu leur donner
defon vivant
en Auftriche.
MONSIE
re
CONSIEUR ,
Pardonnez à un Allemand qui fçait à peine
le François , de vous efcriune avanture , & de
prétendre qu'on la mette
fous la preffe : c'est un ma
riage qui fe fit l'année
paffee , & quejene crains
plus de rendre public à
Juin 1712.
P
170 MERCURE
Paris comme ill'aefte icy,
parce que le mary a efte
tué en Flandre & la
femme eft morte defa feconde couche. Si l'un ou
l'autre eftoit encore en vie
je me garderois bien de
vous envoyer cette avanture.
La fille d'un bourgeois
de cette Ville , âgée de dixfept à dix-huitans , n'ayant
plus ny père ny mere
retira chez une vieille tante qui cut pour fon éduca-
,
fe
GALANT. 171
tion tous les foins & toute
l'attention poffible. Cette
bonne femme eut le malheur d'avoir pour locataire un avanturier des bords
de la Garonne , Peintre en
chambre , & Chevalier en
ville, & Gafcon de profeffion , crut trouver un party confiderable dans la recherche de cette fille , &
pour gagner l'efprit de ſa
tante qui n'avoit point
d'autre heritiere qu'elle ,
exagera l'excellence & l'u
tilité de fon art en luy
perfuadant que fon travail
,
Pij
172 MERCURE
joint aux talents de fa niece leur procureroient un
eſtabliſſement confiderable ; les complaiſances du
Peintre pour la vieille , fi
rent de fi grands progrez
fur elle , qu'elle difpola fa
niece au mariage , en faveur duquel elle donnoit
tout fon bien , en ſe refer
vant feulement l'ufufruit
fa vie durant. Pendantcet
intervale le Gafcon vit
fouvent fa belle , & le re
gardantdeflors commefon
époux , elle n'eut pas la
force de refifter à fes em-
GALANT. 173
preffemens Le galant fa
tisfait du cofté de l'amour
ne l'eftoit pas du cofté de
l'intereft ; la referve de l'ufufruit ne luy plaifoit pas.
Il employatouteforte d'artifices pour qu'on ſe relafchaft fur cet article ; cependant la Tante tint ferme ,
& dit qu'elle ne vouloit
rien innover aux claufes du
Contrat. Le perfide qui
fçavoit mieux diffimuler
qu'époufer , ne laiffa pas.
que deprendreparole pour
la celebration qui devoit fe
faire le 20. Aouft 1711. A
P iij
174 MERCURE
jour nommé il va à l'Eglife,
& faifant l'empreffé pour
chercher le Preftre , il dif
parut fans qu'on ait ſceu
depuis ce temps- là ce qu'il
eft devenu. Chacun fe regarde , murmure , &toutes
reflexions faites, les Parens
s'en retournerent fort con
fternez. Marianne avoit
plus d'une raifon pour eſtre
plus affligée que les autres.
Une raifon ne parut à fa
famille que quelques mois
aprés. Elle voulut prevénir
cet éclat en perfuadant à
la bonne femme de con-
GALANT.'s
fentir qu'elle alla cacher
au fond d'un Cloiftre l'affront qu'elle avoit receu à
l'Eglife . Sa Tante la mena
au Convent dés le lende
main. Elle y fut receuë
parune femmehabillée en
Tourriere , & elle fut fe cacher réellement dans une
maiſon feculiere où elle
trouva une femme habile
& charitable qui luy faifoit
efperer de luy rendre la
beauté de fa taille deux
mois aprés, qui la mena dás
un Parloir , où aprés avoir
attendu quelque temps , la
Piiij
176 MERCURE
A
meſme Touriere luy vint
dire que la Mere Prieure
eftoit malade , la bonne
tante qui fe trouvoit fort
incommodée ce jour-là ,
s'en retourna avec précipitation chez elle , & laiffa
fa niece dans le Parloir ;
elle en fortit un peu aprés
avec la Touriere qui la me
na chez elle pour achever
à loifir & en fecret , ce que
l'amour avoit commencé
de mefme. Le lendemain
on fut fort inquiet de la
niece dans le Convent où
l'on l'attendoit tousjours ,
GALANT. 177
ה & chez la tante qui l'avoit
laiffée au Convent ; mais
cette Tourriere eftoit une
fage - femme déguisée qui
avoitfait connoiffance depuis quelques jours avecla
Tourriere à qui elle vouloit fucceder,luy difoit- elle,
parce que laTourriere vouloit fortir de ce Convent
pour aller dans un autre.
On ne put donc avoir aucunes nouvelles ny de cette
fauſſe Tourriere , ny de la
niece , ce qui donna un
tel chagrin à la tante desja tres- malade , qu'elle en
178 MERCURE
mourut de chagrin quelque temps aprés,juftement
dans le temps que fa niece
ignorant la maladie de ſa
tante , achevoit fon terme
fatal.
La Sage-femme porte
l'enfant à l'Eglife dans le
milieu de la nuit pour tenir
plus fecret ce petit fruit
d'iniquité.
Quel fut l'eftonnement
du Preftre & de la Sagefemme , quand ils virent
entrer à deux heures aprés
midy dix ou douze jeunes
gens éclairez par des flam-
GALANT. 179
beaux , tous bouteilles ou
verres à la main , & quelques uns à demiyvres , qui
s'emparerent de la nourriffe & de l'enfant , & les
menoit en triomphe par
toute la Ville , en chantant
toutes les Chanſons qui
pouvoient convenir à la
naiffance dérobée d'un tel
enfant ? Le bruit que cela
fit réveilla toute la Ville &
par confequent le Magiftrat qui voulut faire mettre la troupe en priſon ſans
unplus yvre qui le prit par.
la main , & comme il n'a-
180 MERCURE
1
voit pas main forte avec
luy la clique Bachique
l'emmena droit à la maiſon
cù eftoit l'accouchée qui
penfa mourir defrayeur de
la galanterie que luy faifoit fon Amant : car c'eftoit
luy mefme qui ayant eſté
averti à table que la Tante
de fa Maiftreffe eftoit morte , & en mesme temps que
fon petit fucceffeur eftoit à
l'Eglife , avoit fait une reflexion d'yvrogne en penfant que les autres avoient
executé, commevous avez
veu , en ſon eſprit qu'en
GALANT. 181
t faifant entrer le Magiftrat
jufques dans la chambre
de l'accouchée : l'yvrogne
luy dit ; voilà ma femme
qu'avez-vous à dire ? c'eſt
tout ce que put tirer le Magiftrat qui d'ailleurs galant
homme les pria civilement
de fe retirer chacun chez
eux , & l'accouchée revenuë de cette aubade , époufale lendemain fonAmant,
qui voulut bien dès ce jour
recueillir avec elle la fucceffion que la Tante n'a-
*
voit pas voulu leur donner
defon vivant
Fermer
Résumé : DE VIENNE en Austriche.
En 1711, à Vienne, une jeune fille orpheline de dix-sept à dix-huit ans vit chez sa tante, qui l'élève avec soin. Un aventurier, peintre et gascon, loue une chambre chez elles et cherche à épouser la jeune fille pour hériter de sa fortune. Il séduit la tante en vantant ses talents et ceux de sa nièce, obtenant ainsi son consentement au mariage. Cependant, le jour de la cérémonie, l'aventurier disparaît mystérieusement. Quelques mois plus tard, la jeune fille, nommée Marianne, est envoyée dans un couvent pour cacher sa grossesse. Elle est trompée par une fausse tourière et accouche en secret. L'enfant est déposé à l'église, mais est ensuite enlevé par un groupe de jeunes gens ivres. Le père de l'enfant, également ivre, intervient et révèle au magistrat que Marianne est sa maîtresse. Après avoir constaté la situation, le magistrat les laisse partir. La tante de Marianne meurt de chagrin peu après. Finalement, l'amant de Marianne décide de l'épouser et de recueillir la succession de la tante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 1767-1769
EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
Début :
SISTE VIATOR Et venerare Nomen quod MAJESTATEM sapit. Hic Jacet [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
EPITAPHE de Madame la Du
chesse de Bruntswich, composée à Vienne ,
par
ordre de l'Impératrice Douairiere sa
Fille , qu'on vient de graver sur son Tombean
, dans le Cloître de l'Abbaye Royale
du Val de Grace.
SISTE VIATOR
Et venerare Nomen quod MAJESTATEM
sapit.
Hic Jacet
SERENISSIMA BENEDICTA.
Quam
EDUARDUS , Caroli Ludovici Electoris
Comitis Palatini
ad Rhenum, Ducis Bavaria , Comitisque
Veldentiæ
Et Spanheimii Frater ,
Atque
ANNA GONZAGA Noviodunensis in
Heduis
FILIA M
Joannes Fredericus Brunsvicensium , er
Luneburgensium Dux
UXOREM
Carolina Felicitas nupta Rainaldo Atestino
, Mutinensium Duci
AUS
1768 MERCURE DE FRANCE
AUGUSTA AMALIA WILHELMINA
JOSEPHI I. ROMANORUM
IMPERATORIS
Vidua
superstes ,
MATREM ,
Auspicato habuerunt.
Effloruit Celsissima Ejus Stirps in
Coronas ;
In Sceptra pullulavit ;
SURREXIT IN SOLIA ;
Gentilitiæque Antiquitatis fulgorem ,
Propriæ virtutis radiis superavit;
Et nimia circumquaque , in orbe , luce
: diffusa ,
Vetustatem æque , ac Posteritatem
dubiam reddidit ,
Plusne ab Antecessoribus receperit ,
Vel contulerit Successoribus ;
Proinde reverere , VIATOR , BENEDICTAM
hanc ,
Feminæ fortis specimen , Principis
Christiane Exemplar ,
Quæ indolem nacta liberalem ,
Amorem in suos ,
Gratiam in familiares ,
Benevolentiam in subditos , Beneficentiam
in miseros ,
Una cum morum suavitate ,
In una sede animi sui , præclaro foedere
Junxit , et Collocavit. -
Tali
JUILLET. 1731 1769
Tali, ac tantæ Principi , nomine, et omine
"
BENEDICTE
Quæ
L X X. et IX . Annis Major
Prid. ID. Aug. Ann . A. P. V. M. D. CC.XXX.
Placide dormiturienti similis
Morte sanctorum ,
SUUM OBIIT DIEM
TU VIATOR
A DEO ,
Requiem et coelitum consortium
›
apprecare ,
Cum in ea speculum habeas Pietatis ,
Exemplum Probitatis ,
AVITE NOBILIORIS IN DOLIS DECUS ,
ET DOCUMENTUM.
chesse de Bruntswich, composée à Vienne ,
par
ordre de l'Impératrice Douairiere sa
Fille , qu'on vient de graver sur son Tombean
, dans le Cloître de l'Abbaye Royale
du Val de Grace.
SISTE VIATOR
Et venerare Nomen quod MAJESTATEM
sapit.
Hic Jacet
SERENISSIMA BENEDICTA.
Quam
EDUARDUS , Caroli Ludovici Electoris
Comitis Palatini
ad Rhenum, Ducis Bavaria , Comitisque
Veldentiæ
Et Spanheimii Frater ,
Atque
ANNA GONZAGA Noviodunensis in
Heduis
FILIA M
Joannes Fredericus Brunsvicensium , er
Luneburgensium Dux
UXOREM
Carolina Felicitas nupta Rainaldo Atestino
, Mutinensium Duci
AUS
1768 MERCURE DE FRANCE
AUGUSTA AMALIA WILHELMINA
JOSEPHI I. ROMANORUM
IMPERATORIS
Vidua
superstes ,
MATREM ,
Auspicato habuerunt.
Effloruit Celsissima Ejus Stirps in
Coronas ;
In Sceptra pullulavit ;
SURREXIT IN SOLIA ;
Gentilitiæque Antiquitatis fulgorem ,
Propriæ virtutis radiis superavit;
Et nimia circumquaque , in orbe , luce
: diffusa ,
Vetustatem æque , ac Posteritatem
dubiam reddidit ,
Plusne ab Antecessoribus receperit ,
Vel contulerit Successoribus ;
Proinde reverere , VIATOR , BENEDICTAM
hanc ,
Feminæ fortis specimen , Principis
Christiane Exemplar ,
Quæ indolem nacta liberalem ,
Amorem in suos ,
Gratiam in familiares ,
Benevolentiam in subditos , Beneficentiam
in miseros ,
Una cum morum suavitate ,
In una sede animi sui , præclaro foedere
Junxit , et Collocavit. -
Tali
JUILLET. 1731 1769
Tali, ac tantæ Principi , nomine, et omine
"
BENEDICTE
Quæ
L X X. et IX . Annis Major
Prid. ID. Aug. Ann . A. P. V. M. D. CC.XXX.
Placide dormiturienti similis
Morte sanctorum ,
SUUM OBIIT DIEM
TU VIATOR
A DEO ,
Requiem et coelitum consortium
›
apprecare ,
Cum in ea speculum habeas Pietatis ,
Exemplum Probitatis ,
AVITE NOBILIORIS IN DOLIS DECUS ,
ET DOCUMENTUM.
Fermer
Résumé : EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
L'épitaphe de Madame la Duchesse de Brunswick, composée à Vienne par ordre de l'Impératrice Douairière sa fille, est gravée sur son tombeau dans le cloître de l'Abbaye Royale du Val-de-Grâce. Elle commence par une invocation au passant pour vénérer le nom de la défunte, Benedicta, épouse de Jean Frédéric, Duc de Brunswick et Lunebourg. Benedicta, née Anna Gonzaga, était la fille de Rainaldo, Duc d'Este, et la mère d'Augusta Amalia Wilhelmina, veuve de l'empereur Joseph Ier. L'épitaphe met en avant sa descendance illustre, produisant des rois et des souverains, ainsi que sa noblesse, son courage et son exemple de princesse chrétienne. Benedicta est louée pour sa libéralité, son amour pour les siens, sa grâce envers ses proches, sa bienveillance envers ses sujets et sa bienfaisance envers les malheureux, le tout avec douceur. Elle est décédée en 1769, à l'âge de 89 ans, le 31 juillet, comparée à une personne endormie paisiblement. Le texte se termine par une prière pour que le passant implore pour elle le repos et la compagnie des bienheureux, en voyant en elle un miroir de piété et un exemple de probité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 772-774
LETTRE écrite à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, par M. Van Schuppen, Peintre du Roy, et Conseiller de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpture, de laquelle il est Directeur.
Début :
MESSIEURS, L'honneur que j'ai d'être Membre de [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Médailles, Directeur, Académie impériale de peinture et de sculpture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, par M. Van Schuppen, Peintre du Roy, et Conseiller de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpture, de laquelle il est Directeur.
LETTRE écrite à l'Académie Royale
de Peinture et de Sculpture , par M.VanSchuppen , Peintre du Roy , et Conseiller
de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpti-·
re , de laquelle il est Directeur.
MESSIEURS,
L'honneur que j'ai d'être Membre de votre it
lustre Académie , me fait un devoir de vous informer de l'avancement de celle de Vienne. J'ai
été exact à vous apprendre que S. M. I. dans la
vue de contribuer au progrès des Arts Liberaux ,
ayant résolu de rétablir l'Académie publique de
Peinture et de Sculpture , telle qu'elle étoit du
temps de l'Empereur Joseph , m'avoit honoré de
la place de Directeur , avec les attributions des
Privileges, Prérogativés et Immunitez y annexés.
J'ai depuis conduit cette Académie avec succès;
mais elle n'avoit point encore de forme et manquoit de bien des choses. Cependant l'Empereur
qui aime les Beaux- Arts et qui en connoît l'agrément et l'utilité , s'en étant déclaré le Protecteur , j'ai fait de très humbles remontrances pour
obtenir un Logement et des augmentations qui
m'ont été accordés. L'Académie occupe présentement une maison convenable , qu'il m'a été
permis de choisir dans le plus beau quartier de la
Ville , et pour laquelle on paye cinq mille livres;
elle en a autant pour son entretien , avec quaran- te voyes de bois pour le chauffage ; ensorte que
la dépense de notre Académie passe quatorze mille
NERVA
AVC
mille
AVRIL. 1732. 773
mille francs , sans comprendre les appointemens
duDirecteur , qui ont été augmentés jusqu'a cinq
mille livres , non- plus que ceux du Secretaire ,
qui sont aujourd'hui de dix- huit cens livres. Ita
aussi été frappé des Médailles pour les Prix ,
elles ont d'un côté la tête de l'Empereur , avec
cette Legende , IMP. CAES. CAROLUS VI. P. FEL.
AUG. PATER. ARTIUM. et au Revers , Minerve
assise , tenant une Corne d'abondance , d'où il
sort des Médailles pour récompenser la Peinture
et la Sculpture , désignées par deux Enfans , dont
Pun tient des Pinceaux avec une Palette , et lautre un Compas , mesurant une Statue , on lit
autour AUGUSTA DONA MINERVA. En voici
l'empreinte en taille- douce.
La premiere distribution de ces Médailles , an
nombre de quatre ; sçavoir , deux d'or et deux
d'argent , se fit publiquement le jour de l'Octave
de S. Charles , Patron de l'Empereur , au bruit des Trompettes et des Timbales. L'Assemblée
fut très- nombreuse , notre Vice- Protecteur M. le
Comte d'Althan , Sur- Intendant des Bâtimens ,
et M. le Comte de Sinzendorff , Grand Chancelier , s'y trouverent avec les Ministres et les personnes les plus considerables de la Cour. L'Empereur a voulu voir les Ouvrages de Peinture et
de Sculpture qui ont remporté ces Prix , et j'ai
eu l'honneur de présenter à S. M. 1. les Eleves
qui les ont faits.
Je vous dois , Messieurs , ce détail , puisque
c'est dans votre sçavante Ecole que j'ai puisé les Principes de la Peinture , et que c'est l'honneur
d'être d'une Académie aussi celebre , qui m'a fait
connoître à la Cour de Vienne, et qui m'a pro- curé la Direction de la nouvelle Académie Imperiale de Peinture et de Sculpture. Je vous deGiiij mande
774 MERCURE DE FRANCE
mande la continuation de votre affection , et j'espere que vous voudrez bien me l'accorder , personne n'étant avec plus de respect et de veneration, Messieurs, Votre très-humble et très- obéissant serviteur, J. VAN-SCHUPPEN.
A Vienne le 9. de Janvier 1732.
de Peinture et de Sculpture , par M.VanSchuppen , Peintre du Roy , et Conseiller
de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpti-·
re , de laquelle il est Directeur.
MESSIEURS,
L'honneur que j'ai d'être Membre de votre it
lustre Académie , me fait un devoir de vous informer de l'avancement de celle de Vienne. J'ai
été exact à vous apprendre que S. M. I. dans la
vue de contribuer au progrès des Arts Liberaux ,
ayant résolu de rétablir l'Académie publique de
Peinture et de Sculpture , telle qu'elle étoit du
temps de l'Empereur Joseph , m'avoit honoré de
la place de Directeur , avec les attributions des
Privileges, Prérogativés et Immunitez y annexés.
J'ai depuis conduit cette Académie avec succès;
mais elle n'avoit point encore de forme et manquoit de bien des choses. Cependant l'Empereur
qui aime les Beaux- Arts et qui en connoît l'agrément et l'utilité , s'en étant déclaré le Protecteur , j'ai fait de très humbles remontrances pour
obtenir un Logement et des augmentations qui
m'ont été accordés. L'Académie occupe présentement une maison convenable , qu'il m'a été
permis de choisir dans le plus beau quartier de la
Ville , et pour laquelle on paye cinq mille livres;
elle en a autant pour son entretien , avec quaran- te voyes de bois pour le chauffage ; ensorte que
la dépense de notre Académie passe quatorze mille
NERVA
AVC
mille
AVRIL. 1732. 773
mille francs , sans comprendre les appointemens
duDirecteur , qui ont été augmentés jusqu'a cinq
mille livres , non- plus que ceux du Secretaire ,
qui sont aujourd'hui de dix- huit cens livres. Ita
aussi été frappé des Médailles pour les Prix ,
elles ont d'un côté la tête de l'Empereur , avec
cette Legende , IMP. CAES. CAROLUS VI. P. FEL.
AUG. PATER. ARTIUM. et au Revers , Minerve
assise , tenant une Corne d'abondance , d'où il
sort des Médailles pour récompenser la Peinture
et la Sculpture , désignées par deux Enfans , dont
Pun tient des Pinceaux avec une Palette , et lautre un Compas , mesurant une Statue , on lit
autour AUGUSTA DONA MINERVA. En voici
l'empreinte en taille- douce.
La premiere distribution de ces Médailles , an
nombre de quatre ; sçavoir , deux d'or et deux
d'argent , se fit publiquement le jour de l'Octave
de S. Charles , Patron de l'Empereur , au bruit des Trompettes et des Timbales. L'Assemblée
fut très- nombreuse , notre Vice- Protecteur M. le
Comte d'Althan , Sur- Intendant des Bâtimens ,
et M. le Comte de Sinzendorff , Grand Chancelier , s'y trouverent avec les Ministres et les personnes les plus considerables de la Cour. L'Empereur a voulu voir les Ouvrages de Peinture et
de Sculpture qui ont remporté ces Prix , et j'ai
eu l'honneur de présenter à S. M. 1. les Eleves
qui les ont faits.
Je vous dois , Messieurs , ce détail , puisque
c'est dans votre sçavante Ecole que j'ai puisé les Principes de la Peinture , et que c'est l'honneur
d'être d'une Académie aussi celebre , qui m'a fait
connoître à la Cour de Vienne, et qui m'a pro- curé la Direction de la nouvelle Académie Imperiale de Peinture et de Sculpture. Je vous deGiiij mande
774 MERCURE DE FRANCE
mande la continuation de votre affection , et j'espere que vous voudrez bien me l'accorder , personne n'étant avec plus de respect et de veneration, Messieurs, Votre très-humble et très- obéissant serviteur, J. VAN-SCHUPPEN.
A Vienne le 9. de Janvier 1732.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, par M. Van Schuppen, Peintre du Roy, et Conseiller de la même Académie au sujet de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpture, de laquelle il est Directeur.
Dans une lettre à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, M. Van-Schuppen, Peintre du Roi et Conseiller, informe de l'avancement de l'Académie Impériale de Peinture et de Sculpture de Vienne, dont il est Directeur. L'Empereur Charles VI a restauré cette Académie pour promouvoir les Arts Libéraux et a nommé Van-Schuppen à sa tête avec divers privilèges. L'Académie a obtenu un logement approprié à Vienne et des fonds pour son entretien et le chauffage. Les salaires du Directeur et du Secrétaire ont été augmentés. Des médailles ont été créées pour récompenser les lauréats en peinture et sculpture, avec des légendes honorant l'Empereur et les arts. La première distribution de ces médailles a eu lieu publiquement en présence de dignitaires et de l'Empereur, qui a montré son intérêt pour les œuvres primées. Van-Schuppen exprime sa gratitude envers l'Académie Royale pour les principes acquis et l'honneur de diriger l'Académie de Vienne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 195-198
Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Début :
On n'a point encore de relation bien circonstanciée de ce qui s'est passé le 25 & le 26 [...]
Mots clefs :
Armée russe, Armée prussienne, Général, Mouvements des troupes, Attaques, Combats, Stratégie, Positions, Cavalerie, Champ de bataille, Victoires, Blessés et morts, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 8 Septembre
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
Fermer
Résumé : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Le 25 août 1753, l'armée prussienne, dirigée par le roi de Prusse et composée de 50 à 55 000 hommes, affronta l'armée russe près du village de Zorndorff. Le général russe Comte de Fermer commandait 38 000 hommes, mais le terrain, marqué par des marais et des bois, ne lui permettait pas de prendre une position avantageuse. La bataille débuta à neuf heures du matin par une intense canonnade qui dura une heure et demie. Les Prussiens attaquèrent l'aile gauche des Russes et avancèrent vers Zorndorff. La bataille devint générale et furieuse, mais les Russes repoussèrent les Prussiens avec vigueur, culbutant leur première ligne à midi. Le roi de Prusse fit avancer ses réserves pour rétablir la ligne, mais celles-ci furent à nouveau renversées par la cavalerie russe. La nuit tomba, et les Prussiens annoncèrent leur victoire en Europe. Cependant, le général russe Demicourt rallia ses troupes et contre-attaqua, chassant les Prussiens du champ de bataille. Le lendemain, 26 août, les deux armées se canonnèrent encore avant que les Russes n'enterrent leurs morts et ne rassemblèrent leurs trophées. Le 27 août, l'armée russe se rapprocha de ses magasins et se mit à portée de la division du général Romanzow. Le 29 août, les deux armées célébrèrent des feux de réjouissance, chacune croyant avoir gagné la bataille. Les pertes en morts, blessés et prisonniers n'étaient pas encore détaillées. Une lettre du général Fermer, datée du 31 septembre, indiquait que les Russes avaient repoussé les Prussiens après treize heures de combat, capturant vingt-six pièces d'artillerie et plusieurs étendards.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
Pas de résultat.