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1
p. 141-159
Extraits d'Oraisons Funebres. [titre d'après la table]
Début :
Celle que M. l'Abbé de la Fargue a prononcée [...]
Mots clefs :
Roi, Dieu, Vertus, Mort, Gloire, Paix, Coeur, Prince, Bonté, Abbé de la Fargue
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texteReconnaissance textuelle : Extraits d'Oraisons Funebres. [titre d'après la table]
Celle que M. l'Abbé
de la Fargue a prononcée
dans l'Abbaye Royale de Saint
Cyr , le 6. du mois paffé
eſt incontestablement de ce
nombre. Elle eſt revêtue de
tous les ornemens de l'Eloquence
, & M. l'Abbé de la
Fargue n'y a omis aucune des
circonstancesglorieuſes que la
verité attache à la memoire du
Roy. Elle eſt en unmot remplie
detoute l'érudition& de
tous les ſentimens de pieté qui
peuvent diftinguer unOrateur
142 MERCURE
tel que M. l'Abbéde la Fargue.
Sa diviſion elt :un Roy trésmagnanime
, un Roy trés Chrétien.
Il apostrophe ainſi la
mort dans l'éxorde .
O mort !funeste mort ! vienstu
ravir d'un foul coup tant de
moiffons de gloire ,& finir des
jours fi prétieux. Plus puiſſante
que toute l'Europe ensemble , tu
triomphe de celuy qui a ſçû triompher
de tout , tu peux te vanter
de la dépoülle la plus glorieuse
que tu aye jamais remportée.
Pour conduire àla Paix de
Munster :il dit
٠١٠
Plus d'un laurier avoit déja
GALANT 143
ornéfon fceptre , lorsque l'olive
jalouſe prit plaisir àla couronner.
Bientoft la Paix volant fur les
rives de la Seine , luy aßúra à la
dixiéme année de ſon âge , plus
conquestes qu'il
tems d'en fouhaiter.
de n'avoit eu le
AuſujetdesGuerresCiviles,
voicy comme l'Auteur parle :
Quelles tenebres viennent troublerla
ferenité riante d'un temps
fi agréable&fidoux ! quelles funestes
vapeurs dérobent à nos
yeux ces brillantsflambeaux , la
gloire de cette Monarchie ! Quel
torrent precipité ébranle ces colomnes
, le plus ferme appuy de
144 MERCURE
la Couronne ! La difcordepale
tremblante s'étoit à peine retirée ,
qu'elle revint plus furieuse que
jamais , d'autantplus dangereuse,
qu'armant la France contre la
France même , ſa victoire comme
Sa défaite devoit toujours eftre
fatale al'Etat.
La Paix des Pyrenées & le
Mariage du Roi.
1
Apeinefes Troupes ontpaßé
les Pyrenées , que la Victoire vole
au nom du Heros. De tous côtez
les remparts tombent ,les Villesfe
rendent , les Provinces s'ouvrent,
la conſternationſe répand ; l'Efpagne
tremble jusques dans fes
fondements.
GALANT. 145
fondements. Espagne , raffeuretoy
? tu as moins àaccrraaiinnddrree qquu''àà
efperer de Loüis . L'alliance qu'il
te prepare ,fera pourtoy un éternel
monument de gloire , er la
preuve la plus certainedefa bonte;
tu as un threſor plus précieux
que tes richeſſes , pour luy faire
un preſent qui n'est pas indigne de
luy ; l'olive croit dans ton propre
fein. LachaſteColombeportant le
rameau pacifique , vint au-devant
de Loüis ,&ſe donna ellemême
pourgage de la Paix qu'-
elle venoit aßûver.
Sieges de Mons & de Namur.
Janvier 1716. N
146 MERCURE
Deuxfamenfes Places , reftes
orgueilleux d'une Province belliqueuſe
,ſe flattoient temerairement
d'éternifer leurgloire , &
de braver les plus puiſfants efforts:
la nature , l'artſembloient s'eftre
épuisez pour les rendre imprenables
; les élemens en courroux paroiffoient
armez en leurfaveur :
toute la Ligue rugiſſoit à l'entour.
Quelle entrepriſe parut jamais
plus difficile ,que la Conquête de
ces Places !
Loüis feul lajuge poſſible &
eſt ſeul capable de l'executer. Il
animefes troupes parsaprefence ,
GALANT . 147
1
on
ilpreße les travaux , il vole dans
les lignes , il commande aux attaques
, fon quartier est partout.
Quelfeu éclare tout à coup !
foudroie , on brûle , les Bastions
tombent , les murs , les rochers ſe
fendent,les remparts s'ouvrent ,
les eaux qui couvroient laCampagnefrem
ffent enſe retirant....
quarante jours suffisent pour ôter
le nom d'imprenable à Mons&à
Namur.
Le plus bel endroit eſt ſans
doute le portrait qu'il fait de la
derniere guerre , il y met dans
un beau jour les glorieuſes
Campagnes de S. A. R. Mon
Nij
148 MERCURE
ſeigneur le Duc d'Orleans
voicy une partie de ce qu'il en
dit.
,
Dieu avoit réſervé ceHeros ,
pour raffermir par ses mains
triomphantes une Couronne ébranlée
, pourfaire fleurir nos lauriers
furl'Ebre&fur la Segre , pour
abattre les formidables remparts
du fameux Lerida , autrefois l'écueil
des plus grands Capitaines,
enfin pour renouveller en Catalogne
, &en Arragon tous les prodiges
de Charlemagnefon ayeul.
La ſeconde partie commenceainfi.
Les titres les plus pompeux
GALANT. 149
que le monde accorde àſes Heros ,
neproduisent tout au plus dans
l'esprit, qu'une admiration fterile
&ne peuvent empêcher le coeur
deplaindre enfecret, celui dont on
fait l'éloge ; mais lorsque les vertus
chrétiennes accompagnent les
vertus guerrieres , & politiques
dans celui qu'on love quelle
douce conſolation ſe mêle aux juftes
regrets defa mort !
Il dit plus bas.
د
ADieu neplaiſe qu'à la face
des Autels , j'appelle lumiere , ce
qui ne l'eſt pas . Il n'appartient
qu'àl'antiquité Payenne , de réverer
dans les Rois,jusqu'àleurs
Niij
150 MERCURE
défauts ... eh pourquoi déguiſer
dans un Prince desfoibleſſes, pour
luy ôterla gloire de les avoirréparées
!leplus beau jour n'estpas
Sans nuage, l'astre le plus éclatant
s'éclipse quelquefois ... combien
d'écueils dans ces lieuxoù lefuneste
oubli de la mort s'entretient
Souventpar les charmes de la vie..
ou dans le ſein de l'abondance on
rend heureux les autres parfes
bienfaits , ou en faisant tout
trembler parfa fageße ou parfon
courage , on semble eſtre le Dieu
des mortels , remplißant le monde
àfon gréd'amour ou de crainte ,
deſurpriſe ou d'admiration.
GALANT. 151
4
L'Orateur dit ailleurs .
Si Loüis aouvert lesyeuxfur
les chofes de la terre ,
de combien
de vertus a- t-il orné un coeur ,
dont il a reconnuque ce monde n'étoit
pas digne ... Dieu aime fur
tout à triompher du coeur desRois ,
pour faire un chef- d'oeuvre de fa
mifericorde de ce
d'oeuvre de fa puiſſance.
Plus bas .
esté le chef- de cequi a esté.
Jamais il ne parutfireſpectable,
fi brillant d'éclat & de gloire ,
que lors qu'il s'humilioit devant
l'Arche nouvelle , adorant avec
une foy vive , la Majesté de
Dieu, ſous les voiles facrezqui
l'anéantiffent. Ninj
152 MERCURE
Dans un autre endroit.
Je ne viens plus louer un
Monarque qui a fait tout trembler
par sa puiſſance ; mais je
viens pleurer un Roy la victime
il n'attend pas de la mort ...
qu'on l'avertiſſe, il connoist luymesme
le danger , Cognovit occafum
fuum , lavé dans le
bainfalutaire de la Penitence ,
humilié , contrit , il reçoit laVi-
Etime adorable qui vivifie les
mourants par legage de l'immortalité
. Ilfent lapoudre retourner
eenn poudre ,&
....
nese trouble
point; il entend des foupirs
& des voeux mêlez avec trifGALANT.
153
teffe , es ne s'afflige pas à la vûc
du danger qui le menace. Il est le
Seul qui ne craintpas .
Ala fin ,l'Orateur dit , en
parlant du jeune Roy ,
C'est un Soleil qui ſe leve ,
&qui nous promet les jours les
plus beaux&les plus ferains. Il
n'ébloüitpas encore ; mais il commence
à ravir nos yeux. Déja il
ranime les cendres de fon illuftre
Bifayeul. Mille vertus naiffantes
ne nous font- elles pas esperer,
qu'un jour il égalera sa gloire ,
s'il ne lafurpaſſe point.
Quel bonheurpourluy , de retrouver
laſageſſe de ſon Pere ,
154 MERCURE
la bonté de fon Ayeul , la magnanimité
defon Bifayeul , fi
glorieusement reunies dans ce
GRAND PRINCE ,
que ſesſublimes&heroïques ta-
Lens , que nos voeux & noftre
choix auroient appellé à l'administration
de cette Monarchie , fi
faRoyalenaiſſance ne la luy avoit
destiné.C'estluy qui confervera
tous nos Traitez , qui fera
reviore le Commerce , qui ra .
menera les richeßes & l'abondance
, qui réparera une perte ,
qui ,ſans luy, auroit esté irreparable.
C'eſt luy que le Ciel a re-
Servépour estre à la France une
GALANT. 155
resource certaine , dans une affiction
fi generale ,&dans un
fipreffant besoin pour eftre le
Souveraindépositaire de la puiffance&
de l'autorité Royale ;
&pourſervir de modele & de
guide au jeune Roy Zelé pour
la Foy , il luy donnera parfon
attachement à la Religion , des
fentimens dignes du Fils aisné
de l'Eglife. Genereux , équitable,
il le formera à laplus hautewaleurparses
grands exemples ,&
àlaJusticeparſes ſages conſeils.
Bon , pacifique , il luy inſpirera
par sa clemence , la bonté pour
fespeuples,&l'amourde lapaix.
1
156 MERCURE
Toujours appliqué , il luy enfei
gnera par fa laborieuse vigilance
, que les foins doivent eftre
meſlez avec la douceur du Thrône.
Digne de regner luy-même ,
quel Prince fut jamais plus capable
que Philippes , d'enſeigner
l'art de regner.
Tout ce Diſcours en general
eſt rempli de beauté , & j'en
aurois fait un extrait plus étendu
, s'il n'étoit pas entre les
mains du publicqui eſt le Maître
de le trouver imprimé
chez le ſieur Loüis Guerin rue
S.Jacques , vis-à- vis la rue des
Mathurins , à S. Thomas d'A
GALANT. 157
quin ,&chez la veuve de Pierre
Bienfait fur le Quay des Augustins
, à l'Image Saint Pierre.
J'aurois entrepris de donner
au public un extrait du Difcours
que M. de la Motte a
prononcé dans l'Academie , à
la louange du Roy , fila grande
réputation de M. de la
Motte ne me preſcrivoit pas
de renvoyer le lecteur àl'Original
.
Il en eſt à mon égard de
même de l'Oraiſon Funebre
que M. l'Abbéde BarcosDocteur
de Sorbonne , Grand
Vicaire de Monſeigneur l'Ar-
,
15 MERCURE
chevêque de Lyon , a prononcée
dans l'Egliſe des Carmelites
de cette Ville , le cinq du
mois paffé. Ce Diſcours eſt un
chef-d'oeuvre d'Eloquence,&
un Tiflu continuel de grands
traits , plein de penſées neuves
exprimées avec toute la nobleſſe
de l'art. J'ay cû pour M.
l'Abbé deBarcos le même refpect
que pour M.dela Motte ,
&j'ay ſenti qu'il ne m'étoit
pas poſſible de faire l'extrait de
fonDifcours , ou plutôt qu'en
entreprennant de le faire , je
tomberois à chaque inſtant
dans la neceſſité de le copier
GALANT. 159
preſque entierement.
de la Fargue a prononcée
dans l'Abbaye Royale de Saint
Cyr , le 6. du mois paffé
eſt incontestablement de ce
nombre. Elle eſt revêtue de
tous les ornemens de l'Eloquence
, & M. l'Abbé de la
Fargue n'y a omis aucune des
circonstancesglorieuſes que la
verité attache à la memoire du
Roy. Elle eſt en unmot remplie
detoute l'érudition& de
tous les ſentimens de pieté qui
peuvent diftinguer unOrateur
142 MERCURE
tel que M. l'Abbéde la Fargue.
Sa diviſion elt :un Roy trésmagnanime
, un Roy trés Chrétien.
Il apostrophe ainſi la
mort dans l'éxorde .
O mort !funeste mort ! vienstu
ravir d'un foul coup tant de
moiffons de gloire ,& finir des
jours fi prétieux. Plus puiſſante
que toute l'Europe ensemble , tu
triomphe de celuy qui a ſçû triompher
de tout , tu peux te vanter
de la dépoülle la plus glorieuse
que tu aye jamais remportée.
Pour conduire àla Paix de
Munster :il dit
٠١٠
Plus d'un laurier avoit déja
GALANT 143
ornéfon fceptre , lorsque l'olive
jalouſe prit plaisir àla couronner.
Bientoft la Paix volant fur les
rives de la Seine , luy aßúra à la
dixiéme année de ſon âge , plus
conquestes qu'il
tems d'en fouhaiter.
de n'avoit eu le
AuſujetdesGuerresCiviles,
voicy comme l'Auteur parle :
Quelles tenebres viennent troublerla
ferenité riante d'un temps
fi agréable&fidoux ! quelles funestes
vapeurs dérobent à nos
yeux ces brillantsflambeaux , la
gloire de cette Monarchie ! Quel
torrent precipité ébranle ces colomnes
, le plus ferme appuy de
144 MERCURE
la Couronne ! La difcordepale
tremblante s'étoit à peine retirée ,
qu'elle revint plus furieuse que
jamais , d'autantplus dangereuse,
qu'armant la France contre la
France même , ſa victoire comme
Sa défaite devoit toujours eftre
fatale al'Etat.
La Paix des Pyrenées & le
Mariage du Roi.
1
Apeinefes Troupes ontpaßé
les Pyrenées , que la Victoire vole
au nom du Heros. De tous côtez
les remparts tombent ,les Villesfe
rendent , les Provinces s'ouvrent,
la conſternationſe répand ; l'Efpagne
tremble jusques dans fes
fondements.
GALANT. 145
fondements. Espagne , raffeuretoy
? tu as moins àaccrraaiinnddrree qquu''àà
efperer de Loüis . L'alliance qu'il
te prepare ,fera pourtoy un éternel
monument de gloire , er la
preuve la plus certainedefa bonte;
tu as un threſor plus précieux
que tes richeſſes , pour luy faire
un preſent qui n'est pas indigne de
luy ; l'olive croit dans ton propre
fein. LachaſteColombeportant le
rameau pacifique , vint au-devant
de Loüis ,&ſe donna ellemême
pourgage de la Paix qu'-
elle venoit aßûver.
Sieges de Mons & de Namur.
Janvier 1716. N
146 MERCURE
Deuxfamenfes Places , reftes
orgueilleux d'une Province belliqueuſe
,ſe flattoient temerairement
d'éternifer leurgloire , &
de braver les plus puiſfants efforts:
la nature , l'artſembloient s'eftre
épuisez pour les rendre imprenables
; les élemens en courroux paroiffoient
armez en leurfaveur :
toute la Ligue rugiſſoit à l'entour.
Quelle entrepriſe parut jamais
plus difficile ,que la Conquête de
ces Places !
Loüis feul lajuge poſſible &
eſt ſeul capable de l'executer. Il
animefes troupes parsaprefence ,
GALANT . 147
1
on
ilpreße les travaux , il vole dans
les lignes , il commande aux attaques
, fon quartier est partout.
Quelfeu éclare tout à coup !
foudroie , on brûle , les Bastions
tombent , les murs , les rochers ſe
fendent,les remparts s'ouvrent ,
les eaux qui couvroient laCampagnefrem
ffent enſe retirant....
quarante jours suffisent pour ôter
le nom d'imprenable à Mons&à
Namur.
Le plus bel endroit eſt ſans
doute le portrait qu'il fait de la
derniere guerre , il y met dans
un beau jour les glorieuſes
Campagnes de S. A. R. Mon
Nij
148 MERCURE
ſeigneur le Duc d'Orleans
voicy une partie de ce qu'il en
dit.
,
Dieu avoit réſervé ceHeros ,
pour raffermir par ses mains
triomphantes une Couronne ébranlée
, pourfaire fleurir nos lauriers
furl'Ebre&fur la Segre , pour
abattre les formidables remparts
du fameux Lerida , autrefois l'écueil
des plus grands Capitaines,
enfin pour renouveller en Catalogne
, &en Arragon tous les prodiges
de Charlemagnefon ayeul.
La ſeconde partie commenceainfi.
Les titres les plus pompeux
GALANT. 149
que le monde accorde àſes Heros ,
neproduisent tout au plus dans
l'esprit, qu'une admiration fterile
&ne peuvent empêcher le coeur
deplaindre enfecret, celui dont on
fait l'éloge ; mais lorsque les vertus
chrétiennes accompagnent les
vertus guerrieres , & politiques
dans celui qu'on love quelle
douce conſolation ſe mêle aux juftes
regrets defa mort !
Il dit plus bas.
د
ADieu neplaiſe qu'à la face
des Autels , j'appelle lumiere , ce
qui ne l'eſt pas . Il n'appartient
qu'àl'antiquité Payenne , de réverer
dans les Rois,jusqu'àleurs
Niij
150 MERCURE
défauts ... eh pourquoi déguiſer
dans un Prince desfoibleſſes, pour
luy ôterla gloire de les avoirréparées
!leplus beau jour n'estpas
Sans nuage, l'astre le plus éclatant
s'éclipse quelquefois ... combien
d'écueils dans ces lieuxoù lefuneste
oubli de la mort s'entretient
Souventpar les charmes de la vie..
ou dans le ſein de l'abondance on
rend heureux les autres parfes
bienfaits , ou en faisant tout
trembler parfa fageße ou parfon
courage , on semble eſtre le Dieu
des mortels , remplißant le monde
àfon gréd'amour ou de crainte ,
deſurpriſe ou d'admiration.
GALANT. 151
4
L'Orateur dit ailleurs .
Si Loüis aouvert lesyeuxfur
les chofes de la terre ,
de combien
de vertus a- t-il orné un coeur ,
dont il a reconnuque ce monde n'étoit
pas digne ... Dieu aime fur
tout à triompher du coeur desRois ,
pour faire un chef- d'oeuvre de fa
mifericorde de ce
d'oeuvre de fa puiſſance.
Plus bas .
esté le chef- de cequi a esté.
Jamais il ne parutfireſpectable,
fi brillant d'éclat & de gloire ,
que lors qu'il s'humilioit devant
l'Arche nouvelle , adorant avec
une foy vive , la Majesté de
Dieu, ſous les voiles facrezqui
l'anéantiffent. Ninj
152 MERCURE
Dans un autre endroit.
Je ne viens plus louer un
Monarque qui a fait tout trembler
par sa puiſſance ; mais je
viens pleurer un Roy la victime
il n'attend pas de la mort ...
qu'on l'avertiſſe, il connoist luymesme
le danger , Cognovit occafum
fuum , lavé dans le
bainfalutaire de la Penitence ,
humilié , contrit , il reçoit laVi-
Etime adorable qui vivifie les
mourants par legage de l'immortalité
. Ilfent lapoudre retourner
eenn poudre ,&
....
nese trouble
point; il entend des foupirs
& des voeux mêlez avec trifGALANT.
153
teffe , es ne s'afflige pas à la vûc
du danger qui le menace. Il est le
Seul qui ne craintpas .
Ala fin ,l'Orateur dit , en
parlant du jeune Roy ,
C'est un Soleil qui ſe leve ,
&qui nous promet les jours les
plus beaux&les plus ferains. Il
n'ébloüitpas encore ; mais il commence
à ravir nos yeux. Déja il
ranime les cendres de fon illuftre
Bifayeul. Mille vertus naiffantes
ne nous font- elles pas esperer,
qu'un jour il égalera sa gloire ,
s'il ne lafurpaſſe point.
Quel bonheurpourluy , de retrouver
laſageſſe de ſon Pere ,
154 MERCURE
la bonté de fon Ayeul , la magnanimité
defon Bifayeul , fi
glorieusement reunies dans ce
GRAND PRINCE ,
que ſesſublimes&heroïques ta-
Lens , que nos voeux & noftre
choix auroient appellé à l'administration
de cette Monarchie , fi
faRoyalenaiſſance ne la luy avoit
destiné.C'estluy qui confervera
tous nos Traitez , qui fera
reviore le Commerce , qui ra .
menera les richeßes & l'abondance
, qui réparera une perte ,
qui ,ſans luy, auroit esté irreparable.
C'eſt luy que le Ciel a re-
Servépour estre à la France une
GALANT. 155
resource certaine , dans une affiction
fi generale ,&dans un
fipreffant besoin pour eftre le
Souveraindépositaire de la puiffance&
de l'autorité Royale ;
&pourſervir de modele & de
guide au jeune Roy Zelé pour
la Foy , il luy donnera parfon
attachement à la Religion , des
fentimens dignes du Fils aisné
de l'Eglife. Genereux , équitable,
il le formera à laplus hautewaleurparses
grands exemples ,&
àlaJusticeparſes ſages conſeils.
Bon , pacifique , il luy inſpirera
par sa clemence , la bonté pour
fespeuples,&l'amourde lapaix.
1
156 MERCURE
Toujours appliqué , il luy enfei
gnera par fa laborieuse vigilance
, que les foins doivent eftre
meſlez avec la douceur du Thrône.
Digne de regner luy-même ,
quel Prince fut jamais plus capable
que Philippes , d'enſeigner
l'art de regner.
Tout ce Diſcours en general
eſt rempli de beauté , & j'en
aurois fait un extrait plus étendu
, s'il n'étoit pas entre les
mains du publicqui eſt le Maître
de le trouver imprimé
chez le ſieur Loüis Guerin rue
S.Jacques , vis-à- vis la rue des
Mathurins , à S. Thomas d'A
GALANT. 157
quin ,&chez la veuve de Pierre
Bienfait fur le Quay des Augustins
, à l'Image Saint Pierre.
J'aurois entrepris de donner
au public un extrait du Difcours
que M. de la Motte a
prononcé dans l'Academie , à
la louange du Roy , fila grande
réputation de M. de la
Motte ne me preſcrivoit pas
de renvoyer le lecteur àl'Original
.
Il en eſt à mon égard de
même de l'Oraiſon Funebre
que M. l'Abbéde BarcosDocteur
de Sorbonne , Grand
Vicaire de Monſeigneur l'Ar-
,
15 MERCURE
chevêque de Lyon , a prononcée
dans l'Egliſe des Carmelites
de cette Ville , le cinq du
mois paffé. Ce Diſcours eſt un
chef-d'oeuvre d'Eloquence,&
un Tiflu continuel de grands
traits , plein de penſées neuves
exprimées avec toute la nobleſſe
de l'art. J'ay cû pour M.
l'Abbé deBarcos le même refpect
que pour M.dela Motte ,
&j'ay ſenti qu'il ne m'étoit
pas poſſible de faire l'extrait de
fonDifcours , ou plutôt qu'en
entreprennant de le faire , je
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dans la neceſſité de le copier
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