Auteur du texte (1)
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Détail
Liste
1
p. 121-129
PHYSIQUE. LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Début :
LA Lettre, Monsieur, que vous avez insérée dans votre Mercure du mois de [...]
Mots clefs :
Anonyme, Système, Analyse, Physique, Critique, Objections, Principes, Occasion, Direction, Opinions
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texteReconnaissance textuelle : PHYSIQUE. LETTRE à l'Auteur du Mercure.
PHYSIQUE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure .
LAA Lettre , Monfieur , que vous avez
* Elle s'étoit égarée dans le dépôt du Mercure.
On en fait bien des excuſes à l'Auteur.
F
122 MERCURE DE FRANCE .
inférée dans votre Mercure du mois de
Juin , page 68 , fur l'Ouvrage de M.
l'Abbé de Saintignon , & fur mon nouveau
ſyſtême général de Phyſique &
d'Aftronomie qu'il y a adopté , ne me
paroît être exactement ni une analyſe ,
comme l'Auteur Anonyme l'appelle , ni
une critique , comme il s'efforce de le
perfuader , puiſqu'il n'y analyſe ni ne
critique en effet aucun de nos principes.
Plus il s'y dit verſé & éclairé dans
la matière , moins fa critique , qui ſe
réduit à des diſcuſſions de mots , d'expreffions
& d'autres minuties de cette
eſpéce , doit faire ſenſation ſur des
Lecteurs éclairés. Il faut qu'avec toutes
* ſes lumières , il n'ait pas trouvé à re-
*dire au fond , puiſqu'il ne l'attaque pas ;
il ne ſe nomme point non plus , & cela
eſt fort fage , pour l'honneur que cette
démarche peut & doit lui faire , ſous
quelque aſpect qu'on l'enviſage.
Je laiſſe donc à M. l'Abbé de Saintignonle
foin de répondre à l'Anonyme
fur ce qui le concerne , pour en venir
à ce qui me regarde ; quoiqu'il y
ait etropié mon nom , je ne puis m'empêcher
de m'y reconnoître. Il ne con-
-noiſſoit , dit-il , pas mon ſyſtême ; il
a cependant dès 1756 été annoncé ,
DECEMBRE. 1763. 123
dans les Journaux , ainſi que l'Extrait
ou eſpéce de Prospectus que j'en ai fait
imprimer en 1760 , dont la feuille de
l'Avant - Coureur du 15 Juin 1761 a
parlé ; & le Journal de Trévoux du
mois de Novembre de la même année ,
en a donné une ample & exacte analyſe.
Comment étant auſſi verſé qu'il prétend
l'être dans cette matière , est- il fi
peu curieux des découvertes & des productions
nouvelles qui y ont rapport ?
Quoiqu'il ne foit pas neuf, continuet-
il , en cette matière , il n'a pu jufqu'ici
parvenir à entendre ce ſyſtéme ,
c'est-à-dire , à le concilier avec les principes
de lafaine méchanique. ( il le connoiffoit
donc. ) Ce jugement au reſte
indifini , n'expoſant ni ce ſyſtême , ni
lesprincipes de la ſaine méchanique avec
leſquels il n'a pû le concilier , ne porte
le caractère ni d'une critique , ni d'une
analyſe , & il ne ſuffit pas pour fixer
le cas que le Public en doit faire ; prétexte
ſous lequel il s'eſt attribué la
compétence d'en connoître & d'en juger.
Il falloit , pour appuyer & autorifer
fon officieux avis , & montrer en
effet qu'il n'est pas neuf en cette matière,
expoſer fes raiſons& les miennes,
pour mettre le Public , qui n'eſt pas
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
1
moins fon Juge que le mien , à même
d'en apprécier le mérite & de décider
entre lui & moi. Il ſe flatte en vain
de ſurprendre la religion d'un Juge auſſi
intégre & de lui faire prendre le change
fur le motif qui l'anime , qui n'eſt viſiblement
pas celui qu'il a pris,
L'Anonyme , Monfieur , n'abuſe-t- il
pas des termes. 1º. en appellant Phyfique
expérimentale , l'art lucratif de
faire & d'écrire élégamment des expériences
& l'uſage des planches , pour
leſquels il témoigne un goût , un intérêt
& une prédilection marquée; comme
il ne faut pour y exceller , que des
yeux , des mains , des inſtrumens , il
pourroit y être très-habile & très-neuf
dans la ſcience des cauſes ou véritable
Phyſique. 2º. En mettant mon ſyſtême
fondé précisément en raiſon , en expérience,
& ſur des cauſes méchaniques,
en contraſte & en oppofition avec la
Phyſique expérimentale , dont il porte
tous les caractères. 3 °. En affectant de
lui donner le nom de Phyſique ſyſtématique
, que les qualités occultes, dont
celles de nos jours eſt encore infectée
, ont rendu avec fondement auſſi
mépriſable.
J'ai déja , Monfieur , par les feuilles
DECEMBRE. 1763. 125
de l'Avant- Coureur , des 6 & 13 Juillet
, 17 & 24 Août 1761 propoſé , contre
l'applatiſſement des Pôles de la Terre,
auquel le fort du ſyſtême Newtonien
eſt attaché , des objections & des démonstrations
Mathématiques , fur lefquelles
ſes partiſans ont gardé un filence
qui emporte conviction contre eux.
Je me propoſe , en démontrant que
les éclipſes aſtronomiques ſont même
inconciliables avec les phénomènes pour
l'explication deſquels on les invoque ,
déffectuer & d'amener inceſſament à
éxécution la menace de porter les derniers
coups à ce ſyſtême dans ſon dernier
& plus fort retranchement ; à
moins que l'Anonyme , qui ſe dit n'être
pas neuf en cette matière & qui ſe rit
de cette redoutable menace , ne trouve
moyen de les parer& de le couvrir
de ſon Egide pour l'en garantir ,
que je n'ai pas lieu de craindre , les
raiſons que j'ai à propoſer étant auſſi
infaillibles que celles que j'ai déja propoſées
ſur l'applatiſſement des Pôles.
L'Anonyme croit bonnement l'inertie
& la peſanteur des propriétés inhérentes
& propres à la matière , comme
la dureté & l'étendue , & ſéparées &
diſtinctes l'une de l'autre par les expéce
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
riences & les raiſonnemens apportés
en preuve de leur ſéparation , dans
l'excellent Traité , qu'il prend & propoſe
pour régle ; il ne penſe pas ,
fur ce fondement , que perſonne
puiffe s'avifer de les confondre enſemble
ſans ſe déshonorer ; & je
compte , puiſqu'il n'est pas neuf en
cette matière , qu'il changera bientôt
de langage , en lui en démontrant l'identité
, même dans les expériences ,
fur leſquelles il en affirme auffi confidemment
la ſéparation .
A l'occaſion de la dureté & de la cohéſionque
nous attribuons à la preſſion
des fluides ambians , l'Anonyme nous
défie de luifaire voir , par exemple , que
les corps font preſſes tout à lafois perpendiculairement
à leurs furfaces &
dans la direction de leurs centres. Ignore-
t- il donc que par la force expanfive
en tous ſens qui fait le caractère des
fluides , ils agiffent perpendiculairement
fur tous les points de la circonférence
des corps plongés dans leur fein & dans
la direction de leurs centres en même
temps ; qu'en raiſon de leur denfité ils,
en pouffent & compriment les partie,s
propres les unes fur les autres & vers,
ce même centre ; que le Soleil eſt preffé
DECEMBRE. 1763 . 127
ainſi dans le ſein du fluide univerſel ,
les Planetes principales dans la ſphère
folaire , & les Satellites dans les ſphères
de leurs Planetes principales ; que le
globule d'air qui paſſe du fond à la furface
de l'eau ,, n'y prend & garde la
figure ſphérique , que par la preffion
verticale ambiante qu'il y éprouve dans
la direction de ſon centre &par la force
expanfive qu'il y exerce verticalement
par tous les points de fa circonférence
fur le liquide ambiant qu'il traverſe
,& qu'il n'y monte du fond à la
furface , que parce qu'il y eſt continuellement
plus comprimé par ſon hémisphère
inférieur que par le ſupérieur. Il
n'étoit pas , comme on voit , fi difficile
de répondre & de fatisfaire à ce défi ,
que l'Anonyme le penſoit.
Dire que l'Electricité entre les mains
de M. l'Abbé Nollet , n'a pas un meilleur
fort chez M. de Saintignon , que
l'attraction entre celles de Newton , &
qu'il ſemble qu'il n'ait fait mention de
ces deux Sçavans , que pour avoir occafion
de ſubſtituer à leurs raiſonnemens
les idées de M. de la Perriere ;
n'eſt ni dire ni démontrer qu'il a eu
tort de les y ſubſtituer. Les opinions
des Scavans ſont ſujettes à caution & à
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
réviſion autant que celles des autres,
dans les cas pour lesquels ils ſe paſfionnent
& ſe préviennent ;& le titre
de Sçavans n'en impoſe à ceux qui y
regardent de près , qu'autant qu'il eſt
bien fondé , & que les opinions y répondent.
Reprocher à M. de Saintignon
qu'il ne fait que répéter des objections
que d'autres ont faites avant lui , eſt
convenir qu'il n'eſt ni le premier ni le
ſeul qui en ait fait : & s'il y a inſiſté ,
c'eſt que les réponſes qu'on y a faites ,
ne l'ont pas fatisfait , & que les opinions
dont il s'agit ne ſont pas à couvert
de tout reproche à ſes yeux , comme
celles qu'il y ſubſtitue.
Sur l'article de la peſanteur , il fait
tomber fur le fond de mon ſyſtême , ce
que M. l'Abbé de Saintignon ne dit
qu'à l'occaſion de quelques objections
qu'il ſe fait à lui-même , & il n'en rapporte
fidélement ni l'occaſion ni les
termes , pour en amener le ſens au
deſſein qu'il a de décrier nos ouvrages ,
fans en expoſer ni attaquer ouvertement
les principes. Je ne tarderai pas ,
par un Mémoire particulier , à lever ces
foibles objections , & à m'expliquer
fur les ellipfes & l'inertie , pour juſtifier
le choix de M. de Saintignon ; mais
DECEMBRE. 1763. 129
, y
comme ces objets , qui paroiſſent avoir
finguliérement affecté l'Anonyme , demandent
une étendue qui ne permettroit
pas , fans indifcrétion , de vous
folliciter pour lui accorder une place
dans votre Journal , j'oſe me flatterque
vous voudrez bien , en attendant
inférer la préſente , pour ſuſpendre le
jugement du Public & balancer la
conſidération que la complaiſance que
vous avez eue d'y inférer la prétendue
analyſe de l'Anonyme y a donnée. J'attens
avec confiance la justice que vous
me devez la-deſſus , vous priant d'être
perfuadé des ſentimens , &c.
,
DE LA PERRIERE DE ROIFFE , de la Société
Royale des Sciences & des Arts de Metz.
Paris , le 20 Juillet 1763 .
LETTRE à l'Auteur du Mercure .
LAA Lettre , Monfieur , que vous avez
* Elle s'étoit égarée dans le dépôt du Mercure.
On en fait bien des excuſes à l'Auteur.
F
122 MERCURE DE FRANCE .
inférée dans votre Mercure du mois de
Juin , page 68 , fur l'Ouvrage de M.
l'Abbé de Saintignon , & fur mon nouveau
ſyſtême général de Phyſique &
d'Aftronomie qu'il y a adopté , ne me
paroît être exactement ni une analyſe ,
comme l'Auteur Anonyme l'appelle , ni
une critique , comme il s'efforce de le
perfuader , puiſqu'il n'y analyſe ni ne
critique en effet aucun de nos principes.
Plus il s'y dit verſé & éclairé dans
la matière , moins fa critique , qui ſe
réduit à des diſcuſſions de mots , d'expreffions
& d'autres minuties de cette
eſpéce , doit faire ſenſation ſur des
Lecteurs éclairés. Il faut qu'avec toutes
* ſes lumières , il n'ait pas trouvé à re-
*dire au fond , puiſqu'il ne l'attaque pas ;
il ne ſe nomme point non plus , & cela
eſt fort fage , pour l'honneur que cette
démarche peut & doit lui faire , ſous
quelque aſpect qu'on l'enviſage.
Je laiſſe donc à M. l'Abbé de Saintignonle
foin de répondre à l'Anonyme
fur ce qui le concerne , pour en venir
à ce qui me regarde ; quoiqu'il y
ait etropié mon nom , je ne puis m'empêcher
de m'y reconnoître. Il ne con-
-noiſſoit , dit-il , pas mon ſyſtême ; il
a cependant dès 1756 été annoncé ,
DECEMBRE. 1763. 123
dans les Journaux , ainſi que l'Extrait
ou eſpéce de Prospectus que j'en ai fait
imprimer en 1760 , dont la feuille de
l'Avant - Coureur du 15 Juin 1761 a
parlé ; & le Journal de Trévoux du
mois de Novembre de la même année ,
en a donné une ample & exacte analyſe.
Comment étant auſſi verſé qu'il prétend
l'être dans cette matière , est- il fi
peu curieux des découvertes & des productions
nouvelles qui y ont rapport ?
Quoiqu'il ne foit pas neuf, continuet-
il , en cette matière , il n'a pu jufqu'ici
parvenir à entendre ce ſyſtéme ,
c'est-à-dire , à le concilier avec les principes
de lafaine méchanique. ( il le connoiffoit
donc. ) Ce jugement au reſte
indifini , n'expoſant ni ce ſyſtême , ni
lesprincipes de la ſaine méchanique avec
leſquels il n'a pû le concilier , ne porte
le caractère ni d'une critique , ni d'une
analyſe , & il ne ſuffit pas pour fixer
le cas que le Public en doit faire ; prétexte
ſous lequel il s'eſt attribué la
compétence d'en connoître & d'en juger.
Il falloit , pour appuyer & autorifer
fon officieux avis , & montrer en
effet qu'il n'est pas neuf en cette matière,
expoſer fes raiſons& les miennes,
pour mettre le Public , qui n'eſt pas
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
1
moins fon Juge que le mien , à même
d'en apprécier le mérite & de décider
entre lui & moi. Il ſe flatte en vain
de ſurprendre la religion d'un Juge auſſi
intégre & de lui faire prendre le change
fur le motif qui l'anime , qui n'eſt viſiblement
pas celui qu'il a pris,
L'Anonyme , Monfieur , n'abuſe-t- il
pas des termes. 1º. en appellant Phyfique
expérimentale , l'art lucratif de
faire & d'écrire élégamment des expériences
& l'uſage des planches , pour
leſquels il témoigne un goût , un intérêt
& une prédilection marquée; comme
il ne faut pour y exceller , que des
yeux , des mains , des inſtrumens , il
pourroit y être très-habile & très-neuf
dans la ſcience des cauſes ou véritable
Phyſique. 2º. En mettant mon ſyſtême
fondé précisément en raiſon , en expérience,
& ſur des cauſes méchaniques,
en contraſte & en oppofition avec la
Phyſique expérimentale , dont il porte
tous les caractères. 3 °. En affectant de
lui donner le nom de Phyſique ſyſtématique
, que les qualités occultes, dont
celles de nos jours eſt encore infectée
, ont rendu avec fondement auſſi
mépriſable.
J'ai déja , Monfieur , par les feuilles
DECEMBRE. 1763. 125
de l'Avant- Coureur , des 6 & 13 Juillet
, 17 & 24 Août 1761 propoſé , contre
l'applatiſſement des Pôles de la Terre,
auquel le fort du ſyſtême Newtonien
eſt attaché , des objections & des démonstrations
Mathématiques , fur lefquelles
ſes partiſans ont gardé un filence
qui emporte conviction contre eux.
Je me propoſe , en démontrant que
les éclipſes aſtronomiques ſont même
inconciliables avec les phénomènes pour
l'explication deſquels on les invoque ,
déffectuer & d'amener inceſſament à
éxécution la menace de porter les derniers
coups à ce ſyſtême dans ſon dernier
& plus fort retranchement ; à
moins que l'Anonyme , qui ſe dit n'être
pas neuf en cette matière & qui ſe rit
de cette redoutable menace , ne trouve
moyen de les parer& de le couvrir
de ſon Egide pour l'en garantir ,
que je n'ai pas lieu de craindre , les
raiſons que j'ai à propoſer étant auſſi
infaillibles que celles que j'ai déja propoſées
ſur l'applatiſſement des Pôles.
L'Anonyme croit bonnement l'inertie
& la peſanteur des propriétés inhérentes
& propres à la matière , comme
la dureté & l'étendue , & ſéparées &
diſtinctes l'une de l'autre par les expéce
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
riences & les raiſonnemens apportés
en preuve de leur ſéparation , dans
l'excellent Traité , qu'il prend & propoſe
pour régle ; il ne penſe pas ,
fur ce fondement , que perſonne
puiffe s'avifer de les confondre enſemble
ſans ſe déshonorer ; & je
compte , puiſqu'il n'est pas neuf en
cette matière , qu'il changera bientôt
de langage , en lui en démontrant l'identité
, même dans les expériences ,
fur leſquelles il en affirme auffi confidemment
la ſéparation .
A l'occaſion de la dureté & de la cohéſionque
nous attribuons à la preſſion
des fluides ambians , l'Anonyme nous
défie de luifaire voir , par exemple , que
les corps font preſſes tout à lafois perpendiculairement
à leurs furfaces &
dans la direction de leurs centres. Ignore-
t- il donc que par la force expanfive
en tous ſens qui fait le caractère des
fluides , ils agiffent perpendiculairement
fur tous les points de la circonférence
des corps plongés dans leur fein & dans
la direction de leurs centres en même
temps ; qu'en raiſon de leur denfité ils,
en pouffent & compriment les partie,s
propres les unes fur les autres & vers,
ce même centre ; que le Soleil eſt preffé
DECEMBRE. 1763 . 127
ainſi dans le ſein du fluide univerſel ,
les Planetes principales dans la ſphère
folaire , & les Satellites dans les ſphères
de leurs Planetes principales ; que le
globule d'air qui paſſe du fond à la furface
de l'eau ,, n'y prend & garde la
figure ſphérique , que par la preffion
verticale ambiante qu'il y éprouve dans
la direction de ſon centre &par la force
expanfive qu'il y exerce verticalement
par tous les points de fa circonférence
fur le liquide ambiant qu'il traverſe
,& qu'il n'y monte du fond à la
furface , que parce qu'il y eſt continuellement
plus comprimé par ſon hémisphère
inférieur que par le ſupérieur. Il
n'étoit pas , comme on voit , fi difficile
de répondre & de fatisfaire à ce défi ,
que l'Anonyme le penſoit.
Dire que l'Electricité entre les mains
de M. l'Abbé Nollet , n'a pas un meilleur
fort chez M. de Saintignon , que
l'attraction entre celles de Newton , &
qu'il ſemble qu'il n'ait fait mention de
ces deux Sçavans , que pour avoir occafion
de ſubſtituer à leurs raiſonnemens
les idées de M. de la Perriere ;
n'eſt ni dire ni démontrer qu'il a eu
tort de les y ſubſtituer. Les opinions
des Scavans ſont ſujettes à caution & à
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
réviſion autant que celles des autres,
dans les cas pour lesquels ils ſe paſfionnent
& ſe préviennent ;& le titre
de Sçavans n'en impoſe à ceux qui y
regardent de près , qu'autant qu'il eſt
bien fondé , & que les opinions y répondent.
Reprocher à M. de Saintignon
qu'il ne fait que répéter des objections
que d'autres ont faites avant lui , eſt
convenir qu'il n'eſt ni le premier ni le
ſeul qui en ait fait : & s'il y a inſiſté ,
c'eſt que les réponſes qu'on y a faites ,
ne l'ont pas fatisfait , & que les opinions
dont il s'agit ne ſont pas à couvert
de tout reproche à ſes yeux , comme
celles qu'il y ſubſtitue.
Sur l'article de la peſanteur , il fait
tomber fur le fond de mon ſyſtême , ce
que M. l'Abbé de Saintignon ne dit
qu'à l'occaſion de quelques objections
qu'il ſe fait à lui-même , & il n'en rapporte
fidélement ni l'occaſion ni les
termes , pour en amener le ſens au
deſſein qu'il a de décrier nos ouvrages ,
fans en expoſer ni attaquer ouvertement
les principes. Je ne tarderai pas ,
par un Mémoire particulier , à lever ces
foibles objections , & à m'expliquer
fur les ellipfes & l'inertie , pour juſtifier
le choix de M. de Saintignon ; mais
DECEMBRE. 1763. 129
, y
comme ces objets , qui paroiſſent avoir
finguliérement affecté l'Anonyme , demandent
une étendue qui ne permettroit
pas , fans indifcrétion , de vous
folliciter pour lui accorder une place
dans votre Journal , j'oſe me flatterque
vous voudrez bien , en attendant
inférer la préſente , pour ſuſpendre le
jugement du Public & balancer la
conſidération que la complaiſance que
vous avez eue d'y inférer la prétendue
analyſe de l'Anonyme y a donnée. J'attens
avec confiance la justice que vous
me devez la-deſſus , vous priant d'être
perfuadé des ſentimens , &c.
,
DE LA PERRIERE DE ROIFFE , de la Société
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