Auteur du texte (1)
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Détail
Liste
1
p. 39-44
LA RELIGION. Sur le parfait Rétablissement de la Santé du ROY.
Début :
Assis prés d'un ruisseau qui bordé de cyprès [...]
Mots clefs :
Roi, Seul, Religion, Jours, Rois, Père, Amour, Paix
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texteReconnaissance textuelle : LA RELIGION. Sur le parfait Rétablissement de la Santé du ROY.
LA RELIGION.
Sur le parfait Rétabliſſement de la Santé
du ROY.
A
Sfis prés d'un ruiffeau qui bordé de cyprès
Joignoit un bruit lugubre à mes triſtes regrets
;
Je pleurois nos malheurs, & ne trouvois de charmes
Qu'au plaifir que l'on goufte à répandre des
larmes.
O Ciel ! juſques à quand nos jours infortunez
A de plus triftes jours feront- ils enchaînez ?
Helas ! fi jeune encor , un Roy quite revere ,
A-t-il pû meriter les coups de ta colere ?
Precieux rejetton du Sang de tant de Rois
N'a- t- il donc vû le jour , que pour perdre à la
fois
Et fa Mere , & fon Roy , fon Ayeul & fon Pere ,
Et lui-même en mourant nous combler de mifere!
Orphelin fur fon trêne il fe voit condamné
A perir au moment que tu l'as couronné.
Ses Charmes , fa Douceur , fes Vertus , fon En
fance ,
Sont- ils donc devenus des objets de vengeance ?
Helas que bien en vain comptant fur tes bontez
Nous
40 LE MERCURE
Nous fondions noftre efpoir fur fes profperitezt
Son Air , fa Majeſté , tout en lui nous rappelle
Le Roy qui fi long - temps fut des Rois le modelle
Mais triſte ſouvenir ! plus il en a les traits ,
Plus fa perte à nos coeurs va caufer de regrets .
Ah ! pluftoft de nos jours reçois le facrifice ;
S'il ne peut qu'à ce prix défarmer ta Juſtice ,
Trop heureux de mourir , nous nous offrons à toi,
Frappe fur les Sujets, & fauve au moins le Roy.
A ces mots la trifteffe augmentant fes atteintes,
Mes pleurs en difoient plus que ma voix par fes
plaintes ;
Quand la Religion paroiffant dans les airs
A mes triftes regards fait briller mille éclairs.
J'admirois ce ſpectacle , & mon ame charmée
D'un celefte tranfport fe fentoit animée ;
Alors d'un air ferein tournant fur moi les yeux ,
Allez , dit elle , allez rendre graces aux Cieux ;
Du Roy que j'ay formé dès la plus rendre enfance
J'ay confacré les jours au bonheur de la France.
A peine de fa vie il commença le cours ,
Que de la Pieté j'implorai le fecours ;
Elle vint fous les traits d'une illuftre Mortelle , a
lui chaque inftant renouvella fon zéle ;
Occupée à fa garde elle fent tour à tour ,
Et pour
Et la crainte , & l'efpoir , & la joye , & l'amour ;
La mere pourfon fils a bien moins de tendreffe ;
a Madame de Ventadour,
Et
DE SEPTEMBRE.
41
Et comme elle à fes jours ma gloire m'intereffe ,
Auz horreurs du trépas je l'enleve aujourd'hui ,
Et fouftiens tout l'Etat chancelant avec lui .
Sur ce Soleil naiffant jay fouffert ce nuage ,
Et de voſtre bonheur j'en tire le prefage.
Il a vu par vos pleurs jufqu'où va voftre amour,.
Il fçait jufqu'où pour vous doit aller fon retour.
Mais après le danger,quand la crainte eft bannie,,
Tous femblent avec lui reprendre une autre vie
Et par leur allegreffe il apprend encor mieux ,
Comme ils vivent pour lui, qu'il doit regner pour
eux.
Peuples , vous n'aurez plus au Ciel de voeux à
faire ,
Il vous rend en LOUIS moins un Maistre qu'un
Pere.
Le Docte & faint Prelat qui l'inftruit de mes
droits , a
Dont j'anime le coeur , & j'emprunte la voix ,
Et qui formant le Prince acheve mon Ouvrage ,
D'un heureux avenir peut feul eftre le gages,
Sur lui , fur fes confeils on doit s'en affurers
Le Prince fur fes pas ne fçauroit s'égarer.
Desja du plus faint Roy retraçant les exemples,
Il n'afpire après lui qu'à l'honneur de mes Temples
,
Et portant fur le Trône & fon Nom & fa Foi ,,
M. l'Evêque de Frejus,
D II .
LE MERCURE
Il fonde comme lui fa grandeur fur ma Loi ..
Avec la même ardeur je fçaurai le défendre ,,
Et l'orner de l'éclat qu'il a foin de me rendre.
Rappellez-vous ce jour , où proche du trépass
Son Bifayeul mourant le prit entre fes bras ,.
Et le coeur embrafé d'une celefte flamme ,
Lui tranfmit fon efprit en rendant fa grande.ames:
Regnez, dit- il , mon Fils , égalez - vos- Ayeux ,
Et foyez , s'il fe peut ,, plus Saint & plus Grandi
qu'eux ::
Que la Religion fait tousjours voſtre guide ;
Si la paix avec elle à vos confeils préfide ,
Mes voeux font accomplis ; je laiffe à mes Sujets-
Un Roy qui des bons Rois aura . feul tous les
traits.
Il dit , & de fes bras l'Enfant que je retire ,
M'eft offert par ce Roy qui dans les miens expires .
Alors pour cet Enfant redoublant mon ardeur,
Jeregle fon efprit , je lui forme le coeur ;
Pour feconder mes foins un Conducteur fidelle , 4:
Fait veiller l'Equité , la Prudence , le Zele ,
Et toutes les Vertus que fon Pere autrefois
Confultoit pour former le plus Grand de nos Rois
Sous les yeux de ce Guide il marche en affue
rance ,,
In Vice loin de lui fait place à l'Innocence ,,
AbbydeVilleroys.
Dans
DE SEPTEMBRE.. 43 .
Dans fa noble carriere il apprend à dompter
Ce que peut craindre un Roy , ce qui peut l'arrefter.
Desja des feducteurs il perce l'artifice ,
Et des lâches flateurs démafque l'injuftice:
L'indomptable fierté qui des Rois eft l'écueil ,
Auprés de fa douceur vient brifer fon orgueil.
Le triomphe des coeurs feul a pour lui des char*
mes ,
Et la feule bonté lui met en mains fes armes .
S'il permet à fa Cour les plaifirs & les jeux ,
Le feul Amour du Peuple y paroifavec eux :
Quoy qu'il faffe, il ne met l'honneur du Diadême
Qu'en l'art d'aimer fon Peuple & d'eftre aimé de -
même.
Mais de fon Regne heureux fi des voiſins ja--
loux ,
Par une injufte guerre irritoient fon courroux ;
Je vois à fes côtez un Prince de fa Race ,
Des Heros fes Ayeux le mener fur la trace ,
Et d'un Roy pacifique en faire un Conquerant.
Le nom feul deBourbon lui promet ce haut Rang
Cependant le Heros qui lui fervant de Pere, b
De fon pouvoir fuprême eft feul dépofitaire ,
Qui fait naiftre la paix du milieu des combats ,
Et calme l'Univers en calmant fes Eftats ::
M. le Duc.
b.M. le Regent ›
Dij Philippe
44.
LE MERCURE
Philippe de fon Roy fera mettre la gloire
A donner aux vaincus la Paix par la Victoire ,.
Et montrer à fon Peuple en lui fon Bifayeul ,
Qui feul contre l'Europe en fçut triompher feul s
Et malgré les lauriers qui couvrirent fa tefte ,
Fit du bonheur public fa plus belle conquefte .
Ainfi fur ces Confeils LOUIS reglant fes droits
Fera de fes bontez la regle de fes Loix.;.
Il n'aura de plaifir qu'en celui que j'infpire :
De fixer le féjour des Arts en fon Empire ,
De reformer les moeurs , confondre les abus ,
Et faire forhengdu regne des Vertus..
Pomceltrois fois heureux , qui né pour eftre:
Mailtre ,
Par l'amour des Sujets a commencé de l'eftre :.
Qui toûjours équitable ,, amateur de la paix ,
Regnera fur les cours conquis par fes bienfaits ::
Implacable ennemi de l'erreur & du vice ,
De la Religion fouftiendra l'édifice ,
Et dans tous fes projets fera feul le portrait
D'un Chreftien , d'un Heros , d'un Monarque:
parfait.
C'eft moy de mon amour qui lui donne ce gage ,.
C'est la Religion qui lui fait ce préfage,
Elle dit , puis fend l'air , s'élève vers les cieux,
Et reftant dans mon coeur , elle échappe à mes
yeux.
- 1
Bar le Pere de BLAINVILLE , Jefuite..
Sur le parfait Rétabliſſement de la Santé
du ROY.
A
Sfis prés d'un ruiffeau qui bordé de cyprès
Joignoit un bruit lugubre à mes triſtes regrets
;
Je pleurois nos malheurs, & ne trouvois de charmes
Qu'au plaifir que l'on goufte à répandre des
larmes.
O Ciel ! juſques à quand nos jours infortunez
A de plus triftes jours feront- ils enchaînez ?
Helas ! fi jeune encor , un Roy quite revere ,
A-t-il pû meriter les coups de ta colere ?
Precieux rejetton du Sang de tant de Rois
N'a- t- il donc vû le jour , que pour perdre à la
fois
Et fa Mere , & fon Roy , fon Ayeul & fon Pere ,
Et lui-même en mourant nous combler de mifere!
Orphelin fur fon trêne il fe voit condamné
A perir au moment que tu l'as couronné.
Ses Charmes , fa Douceur , fes Vertus , fon En
fance ,
Sont- ils donc devenus des objets de vengeance ?
Helas que bien en vain comptant fur tes bontez
Nous
40 LE MERCURE
Nous fondions noftre efpoir fur fes profperitezt
Son Air , fa Majeſté , tout en lui nous rappelle
Le Roy qui fi long - temps fut des Rois le modelle
Mais triſte ſouvenir ! plus il en a les traits ,
Plus fa perte à nos coeurs va caufer de regrets .
Ah ! pluftoft de nos jours reçois le facrifice ;
S'il ne peut qu'à ce prix défarmer ta Juſtice ,
Trop heureux de mourir , nous nous offrons à toi,
Frappe fur les Sujets, & fauve au moins le Roy.
A ces mots la trifteffe augmentant fes atteintes,
Mes pleurs en difoient plus que ma voix par fes
plaintes ;
Quand la Religion paroiffant dans les airs
A mes triftes regards fait briller mille éclairs.
J'admirois ce ſpectacle , & mon ame charmée
D'un celefte tranfport fe fentoit animée ;
Alors d'un air ferein tournant fur moi les yeux ,
Allez , dit elle , allez rendre graces aux Cieux ;
Du Roy que j'ay formé dès la plus rendre enfance
J'ay confacré les jours au bonheur de la France.
A peine de fa vie il commença le cours ,
Que de la Pieté j'implorai le fecours ;
Elle vint fous les traits d'une illuftre Mortelle , a
lui chaque inftant renouvella fon zéle ;
Occupée à fa garde elle fent tour à tour ,
Et pour
Et la crainte , & l'efpoir , & la joye , & l'amour ;
La mere pourfon fils a bien moins de tendreffe ;
a Madame de Ventadour,
Et
DE SEPTEMBRE.
41
Et comme elle à fes jours ma gloire m'intereffe ,
Auz horreurs du trépas je l'enleve aujourd'hui ,
Et fouftiens tout l'Etat chancelant avec lui .
Sur ce Soleil naiffant jay fouffert ce nuage ,
Et de voſtre bonheur j'en tire le prefage.
Il a vu par vos pleurs jufqu'où va voftre amour,.
Il fçait jufqu'où pour vous doit aller fon retour.
Mais après le danger,quand la crainte eft bannie,,
Tous femblent avec lui reprendre une autre vie
Et par leur allegreffe il apprend encor mieux ,
Comme ils vivent pour lui, qu'il doit regner pour
eux.
Peuples , vous n'aurez plus au Ciel de voeux à
faire ,
Il vous rend en LOUIS moins un Maistre qu'un
Pere.
Le Docte & faint Prelat qui l'inftruit de mes
droits , a
Dont j'anime le coeur , & j'emprunte la voix ,
Et qui formant le Prince acheve mon Ouvrage ,
D'un heureux avenir peut feul eftre le gages,
Sur lui , fur fes confeils on doit s'en affurers
Le Prince fur fes pas ne fçauroit s'égarer.
Desja du plus faint Roy retraçant les exemples,
Il n'afpire après lui qu'à l'honneur de mes Temples
,
Et portant fur le Trône & fon Nom & fa Foi ,,
M. l'Evêque de Frejus,
D II .
LE MERCURE
Il fonde comme lui fa grandeur fur ma Loi ..
Avec la même ardeur je fçaurai le défendre ,,
Et l'orner de l'éclat qu'il a foin de me rendre.
Rappellez-vous ce jour , où proche du trépass
Son Bifayeul mourant le prit entre fes bras ,.
Et le coeur embrafé d'une celefte flamme ,
Lui tranfmit fon efprit en rendant fa grande.ames:
Regnez, dit- il , mon Fils , égalez - vos- Ayeux ,
Et foyez , s'il fe peut ,, plus Saint & plus Grandi
qu'eux ::
Que la Religion fait tousjours voſtre guide ;
Si la paix avec elle à vos confeils préfide ,
Mes voeux font accomplis ; je laiffe à mes Sujets-
Un Roy qui des bons Rois aura . feul tous les
traits.
Il dit , & de fes bras l'Enfant que je retire ,
M'eft offert par ce Roy qui dans les miens expires .
Alors pour cet Enfant redoublant mon ardeur,
Jeregle fon efprit , je lui forme le coeur ;
Pour feconder mes foins un Conducteur fidelle , 4:
Fait veiller l'Equité , la Prudence , le Zele ,
Et toutes les Vertus que fon Pere autrefois
Confultoit pour former le plus Grand de nos Rois
Sous les yeux de ce Guide il marche en affue
rance ,,
In Vice loin de lui fait place à l'Innocence ,,
AbbydeVilleroys.
Dans
DE SEPTEMBRE.. 43 .
Dans fa noble carriere il apprend à dompter
Ce que peut craindre un Roy , ce qui peut l'arrefter.
Desja des feducteurs il perce l'artifice ,
Et des lâches flateurs démafque l'injuftice:
L'indomptable fierté qui des Rois eft l'écueil ,
Auprés de fa douceur vient brifer fon orgueil.
Le triomphe des coeurs feul a pour lui des char*
mes ,
Et la feule bonté lui met en mains fes armes .
S'il permet à fa Cour les plaifirs & les jeux ,
Le feul Amour du Peuple y paroifavec eux :
Quoy qu'il faffe, il ne met l'honneur du Diadême
Qu'en l'art d'aimer fon Peuple & d'eftre aimé de -
même.
Mais de fon Regne heureux fi des voiſins ja--
loux ,
Par une injufte guerre irritoient fon courroux ;
Je vois à fes côtez un Prince de fa Race ,
Des Heros fes Ayeux le mener fur la trace ,
Et d'un Roy pacifique en faire un Conquerant.
Le nom feul deBourbon lui promet ce haut Rang
Cependant le Heros qui lui fervant de Pere, b
De fon pouvoir fuprême eft feul dépofitaire ,
Qui fait naiftre la paix du milieu des combats ,
Et calme l'Univers en calmant fes Eftats ::
M. le Duc.
b.M. le Regent ›
Dij Philippe
44.
LE MERCURE
Philippe de fon Roy fera mettre la gloire
A donner aux vaincus la Paix par la Victoire ,.
Et montrer à fon Peuple en lui fon Bifayeul ,
Qui feul contre l'Europe en fçut triompher feul s
Et malgré les lauriers qui couvrirent fa tefte ,
Fit du bonheur public fa plus belle conquefte .
Ainfi fur ces Confeils LOUIS reglant fes droits
Fera de fes bontez la regle de fes Loix.;.
Il n'aura de plaifir qu'en celui que j'infpire :
De fixer le féjour des Arts en fon Empire ,
De reformer les moeurs , confondre les abus ,
Et faire forhengdu regne des Vertus..
Pomceltrois fois heureux , qui né pour eftre:
Mailtre ,
Par l'amour des Sujets a commencé de l'eftre :.
Qui toûjours équitable ,, amateur de la paix ,
Regnera fur les cours conquis par fes bienfaits ::
Implacable ennemi de l'erreur & du vice ,
De la Religion fouftiendra l'édifice ,
Et dans tous fes projets fera feul le portrait
D'un Chreftien , d'un Heros , d'un Monarque:
parfait.
C'eft moy de mon amour qui lui donne ce gage ,.
C'est la Religion qui lui fait ce préfage,
Elle dit , puis fend l'air , s'élève vers les cieux,
Et reftant dans mon coeur , elle échappe à mes
yeux.
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