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5001
p. 165-181
ALMANACH des Muses, 1783. A Paris, chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint-Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
Début :
ON sait que de tous les Recueils Poétiques qui paroissent annuellement, l'Almanach [...]
Mots clefs :
Almanach des Muses, Vers, Année, Poètes, Mérite, Paris, Nouveauté, Journal, Poésie, Recueils poétiques, Éditeur, Poètes du jour, Journal de Paris
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texteReconnaissance textuelle : ALMANACH des Muses, 1783. A Paris, chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint-Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
ALMAN AcH des Muſes , 1783. A Paris,
chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint
Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
-
- " " ,
ON ſait que de tous les Recueils Poétiques
qui paroiffent annuellement , l'Almanach
des Muſes eft le plus ancien & le plus ré
pandu. On le donne, on le reçoit en étren
nes , il eſt attendu, deſiré par les Amateurs,
par les jeunes Faiſeurs ſur-tout, qui brûlent
de ſavoir ſi leur nom eſt enregiſtré à ce greffe
poétique ; & l'on ſe demande comment on
trouve le nouvel.Almanach, avec le même
intérêt que met un Agriculteur à demander
ſi la récoltel de l'année eſt bonne ou mau
vaiſe. On n'eſt pas d'accord tous les ans †
ſon degré de mérite ; les opinions ſe parta
gent quelquefois , & plus d'un jugement
qu'on en porte dépend bien moins de la
1 66 M E R C U R E
bonté réelle des poéſies,que du genre de vers
qºi domine dans le Recueil, parce que telle
ou telle eſpèce de poëme a toujours plus ou
moins d'attraits pour les juges, même les
plus éclairés. Souvent auſſi le tribut d'une
année ſe trouve réellement inférieur à celui
des précédentes ; mais, tour-à-tour un peu
moins bien, un peu moins mal, l'Almansch
des Muſes a toujours pafſe pour être le meil
leur de nos Recueils poetiques. Le goût
exercé de l'Éditeur, la confiance méritée des ^
meilleurs Poëtes du jour, concourent à l'en
richir; & ſi depuis quelques années la mort
lui a enlevé ſes plus riches tributaires, une
nouvelle race de Poëtes ſemble ſortir de leur
cendre, & réclamer leur héritage. - .
Cependant, il faut en convenir, ce Re
cueil a perdu, ſinonde ſon mérite,au moins un
peu de ſa nouveauté. Preſque toutes les Pièces
qu'on y inſéroit autrefois n'avoient pas en
core vû le jour ; celles qui le compoſent
aujourd'hui ont paru en partie dans le Mer
cure ou dans 1e Journal de Paris; & la raiſon
de cette différence, c'eſt que le Journal de
Paris n'exiſtoit pas encore, & que les Poëtes
connus dédaignoient alors d'envoyer leurs
productions au Mercure, effrayés peut-être
par ces deux vers plaiſans & énergiques que
· M. Robé avoit appliqués à ce Journal :
· vaſte Clamart, où tant de trépaſſés . #
, Giſſent en paix l'un ſur l'autre entaſſés. -
Mais aujourd'hui que le Joutnal de Par -
•.
- *
D E F R A N C E. I 67
offre aux Poëtes du jour une grande &
prompte célebrité, & que le Mercure, plus
en credit, leur paroît un dépôt plus digne de
leurs Ouvrages , ces deux Journaux ſont de
venus une des mines les plus fécondes dé
l'Almanach des Muſes. En perdant ce degré
de-nouveauté, encore une fois, il n'a rien
perdu de ſon mérite; mais il devroit exciter
moins d'empreſſement , & puiſque ſon ſuccès
eſt toujours le même, c'eſt un nouveau motif
d'eloge pour l'Éditeur.Il eſt vrai qu'il s'y trou
ve encore tous les ans aſſez de vers nouveaux
pour plaire, même à ceux qui courent moins
après le mérite qu'après la nouveauté. -
' Au reſte, cette Collection, qui n'eſt guère
compoſée que de vers faits dans l'année ,
préſente un tableau utile à ceux qui veulent
obſerver les progrès ou la décadence de la
poéſie. On peut y voir les diverſes nuances ſe
prolonger ou diſparoître ſucceſſivemenr; on
peut y découvrir tous les ans quel genre de
poéſie vient de perdre ou de gagner ſous la
plume de nos Écrivains. Cette réflexion nous
inſpire l'idée de changer notre plan pour l'ex
trait que nous devons en faire. Nous parcour
rons les divers genres de poéſie dans leſquels
ſe ſont exercés les Auteurs qui ont contribué
au Volume de l'année; & par cette marche,
que nous ſuivrons dorénavant , nous met
trons nos Lecteurs à portée de voir par eux
imêmes, dans quels genres nos Muſes mo
dernes ont à déplorer leurs pertes, ou à s'éporgueillir
de leurs acquiſitions, . , .
*- -
168 M E R C U R E /
Commençons par la grande poéſſe, & -
mettons M. de Fontanes à la tête de ceux -
qui s'y ſont exercés. Nous aurions deſiré plas -=--
de jet, plus de liberté dans ſa Traduction de -----
l'Ode d'Horace , Sic te diva potezs cypri. *RP ----
-
- -- -z-- - 272
Après avoir dit : | # # r = 3R
Garde, & rends-moi mon cher Virgile, - *= rr --
-
-Asr" -PA"
-
- - --I cI
Il ne falloit pas finir la ſtrophe par ce vers s s **as 2--
qui ſuit immédiatement : | | 2ºº2xs a . -
| .. , , | | o dss, º < rs ;
Garde la moitié de mon coeur. i - T Pr c= F
, -S>5-5 CeS- --^T. - r
parce que l'idée de garde devient froide, Sss rs, º=v=s--
quand, dans le vers qui précède, on y ajoint ssr s#. *ezBAS,s
celle de rends moi , qui ajoute au ſens. Il y Ls s "ºs <is Es, º a auſſi une eſpèce d'irrégularité dans l'arran- | ** les e,s . 1 r .
gement des vers de la quatrième ſtrophe; C)rs t * Fr--
| -- * , ' . . - | * ces ; FS>i> t
L'homme oſe tout : de crime en crime , C ºx-c-; -
- • • - | e - -
Se précipite ſa fureur. vv º º , il §s et Q> sa s
-- • • · · · · l - - > w-ty
Quand ſon eſſor illégitime sºl a * J'sa Ao *age,
- · · · · · · r:
-Eut ravi le feu créateur , | #- c'* S º Ierse
- - «• • . L> La faim, la peſte, aux yeux livides, &e, les <2
. . rº " ux yeux #vide *º Pleins *#rres º#L>-
Le ſens qui finit après le ſecond vers, ne de- , co§ § bar, $ * Pre,
vroit finir qu'après le quatrième, parce que $ *éPc ou # #e- ,
le premier quatraind'une ſtrophe de dixvers si º au ſei *t vre
doit être ſéparé par le ſens des deux tercets 8ºnir ! ºn des nºs
qui la terminent. Cette eſpèce d'enjambe- En vain * éehe, *aits
| ment de phraſe n'eſt plus permiſe aujour- *pé fººPos º ſon
-d'hui. Rien n'eſt impoſſible aux humains, qui l] § #ºs vsii, ºt de r,
ſe trouveplus bas , n'eſt ni aſſez élégant, ni $ désuic "° atTiſz
/ - • " 1 ! ... , · ºu Dis ºstiiſ& G c ſi, aſſez poétique dans une ode # n *Yus l
Nous parlerons avec plus de plaiſir (parce ºteur Sosa - $e > à - e
" | $ ss.§
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· D E , F R A N C E. 169
eue nous avons plus de bien à en dire ) de
ka Chartreuſe de Paris, Pièce où nous avons
retrouvé l'énergie de peinture & de ſenti
ment qui caractériſe M. de Fontanes. Elle
reſpire & communique une mélancolie pro
fonde & attachante.
Ici, dans les détours de ces ſentiers couverts,
Je jouis du ſoleil, de l'ombre & du ſilence.
O doux calme ! ces chars où s'aſſied l'opulence,
Tous ces travat,x, ce peuple à grands flots agité,
Ces ſons confus qu'élève une vaſte cité,
Des enfans de Bruno ne troublent point l'aſyle :
Le bruit les environne, & leur âme eſt tranquille.
On y trouve nombre de vers comparables
à ces deux-ci :
CeTemple, où chaque aurore entend de ſaints concerts
Sortir d'un long ſilence & monter dans les airs.
Sortir d'un long ſilence, peint avec hardieſſe,
& les aurres expreſſions ſont poétiques &
pleines d'harmonie. Bornons-nous à citer en
core ſept ou huit vers de la même Pièce.
Souvent au ſein des nuits la plainte de l'Amour
Fit gémir les échos du ſombre Monaſtère.
En vain le repouſſant de ſon regard auſtère .
La pénitence veille aſſiſe ſur le ſeuil,
Il entre déguiſé ſous les voiles du deuil.
Au Dieu conſolateur en pleurant il ſe donne.
A Comminge, à Rancé, Dieu ſans doute pardonne ;
4Comminge, à Rancé,quine doit quelques pleurs?&c-
, Nº. 8, 22 Février 1733.
*
17o M E R C U R E ,
Le morceau que M. de Fontanes a imité des
· poéſies erſes , ne nous paroît pas inférieur à
ſa Chartreuſe. La manière en eſt large, har
monieuſe & lyrique.
M. Bérenger, qui a ſouvent enrichi ce
Reeueil de pluſieurs morceaux de poéſie lé
gère , s'eſt exercé plus d'une fois dans la
· grande poéſie. Quoique ſa Pièce ſur l'Hiver,
inſérée dans le Volume de cette année, ne
ſoit pas ſon meilleur Ouvrage, il y a des
détails très heureuſement exprimés, & qui
confirment la réputation qu'il s'eſt acquiſe.
On lit de lui, dans ce même Volume, deux
Pièces dans un autre genre : à mon Hermi
tage, & les deux Chiennes. Ce dernier Ou
vrage eſt plein de grâce & d'intérêt.
M. de Bonneville, qui s'étoit fait connoî
tre avantageuſement par un Dialogue inſéré
l'année dernière, a donné quatre morceaux
de grande poéſie. Ce ſont des imitations,
qui, en laiſſant deſirer quelquefois plus de
correétion & de ſoin , prouvent un talent
qu'on doit encourager. -
Nous ne quitterons pas l'article des grands
vers ſans faire mentiond'un talent plus récent
encore que celui dont nous venons de parler.
Le nom de M. le Chevalier de Rivarol
n'avoit jamais paru dans l'Almanach des Mu
ſes. On concevra une opinion avantageuſe
de ſon talent, d'après une Épître qu'il adre (ie
à M. le Baron de Salis - Marſcheins. En
voici quelques vers : - !
Mais ce globe embrâſé qui s'allume ſans ceſſe, -
D E F R A N C E. 17 r
Pourroit-il, comme nous, éprouver la vieilleſſe ?
O déſaſtre inoui! ſi le flambeau du jour ,
Conſumé par le temps s'éclipſoit ſans retour,
Les planètes en deuil, veuves abandonnées,
Rouleroient dans les cieux, d'ombres environnées;
La déſolation rempliroit l'Univers ;
Les plus ſombres vapeurs infecteroient les airs ;
Le chaos renaîtroit : dans cette nuit impure,
Bientôt un froid mortel glaceroit la Nature. -
L'homme & les animaux pêle-mêle égarés,
Pouſſeroient en mourant des cris déſeſpérés,
Et la mort, de ſon crêpe enveloppant l'abîme,
Se détruiroit enfin pour dernière victime.
M. l'Abbé Aub...., Mme de la Fer., M.
Drobecq , M. G**, & M. de Monvel, ont
traité le genre de la Fable. Celle de M. l'Abbé
Aub....., qui commence le Volume, & qui
eſt un peu moins propre, à être citée depuis
la nouvelle de la paix, eſt ingénieuſe & pi
quante. C'eſt un des meilleurs Ouvrages de
ſen Auteur. Nous ne citerons pas non plus
celle de M. de Monvel, parce qu'elle a déjà
paru dans ce Journal avec les louanges
qu'elle mérite. Nous avons déjà payé à Mme
la Marquiſe de la Fer.... un tribut d'eloges ;
mais chaque Pièce qu'on lit de cette Muſe
ſi intéreſſante, eſt une nouvelle dette que
l'on contracte. Tout ce qui échappe à ſa
plume porte l'empreinte d'un eſprit aimable
& d'un coeur ſenſible. Nous invitons nos
H j
/ ,
172 M E R C U R E
Lecteurs à lire les trois Fables dont elle a
enrichi l'Almanach des Muſes. Nous allons
en citer une plus courte , où l'on trouve de
l'eſprit ſans affectation , & de la préciſion
ſans ſéchereſſe. Celle-ci eſt anonyme.
Le Garde-Chaſſe & les Perdrix , Fable.
DANs une immenſe & riche plaine,
Sur les bords rians de la Seine,
Maintes Perdrix vivoient tranquillement.
Un Garde-Chaſſe vigilant
Les garantiiſoit de l'outrage
De la belette au nez pointu,
De l'émouchet au doigt crochu,
Et des matoux du voifinage.
Tranquilles dans cet hermitage ,
Leurs jours étoient des jours heureux ;
Et ſi Perdrix forment des voeux,
- Elles en ont formé, je gage,
Pour leur protecteur généreux.
Qu'il eſt attentif, diſoient-elles !
Combien nous éprouvons ſes ſoins & ſa bonté !
C'eſt un Dieu deſcendu des voûtes immortelles
Pour préſider à notre sûreté
Dans ces retraites.
Elles ſe trompoient les pauvrettes.
Le temps de la chaſſe arriva,
Et le plomb, plus léger que leurs rapides ailes,
En les attcignant leur prouva
Qu'on ne les gardoit pas pour elles,
D E F R A N C E. 173
Pour les épîtres, poéſies légères cu éroti
ques, nous avons pluſieurs perſonnes à citer
avec éloge. Mme de Bourdic, qui, jeune en -
core, a ſu dejà illuſtrer deux noms * par les
productions de ſon eſprit, eſt connue par
un bon goût de verſification, des penſees
gracieuſes, & un ſtyle piquant & vrai. On
lira d'elle avec plaiſir deux Pièces , l'une
adreſſée à M. Sabbatier , l'autre à Mme la
Vicomtefſe de **.
Une nouvelle rivale s'eſt montrée cette
année dans la carrière poétique ; c'eft Mlle
de Gaudin, dont on lira avec plaiſir un
petit Conte, intitulé : la Raiſon dupe d :
l'Amour. Le talent des jolis vers doit plaire
à un ſexe à qui la Nature a ſur-tout confié
le don de plaire. Le charme de la poéſie de
vient dans ſes mains un nouveau moyen de
ſéduction; il ſoumet à leur eſprit ceux qui
ont échappé à leurs charmes, même ceux
qui n'ont pu les connoître. Mais notre ſexe
re ſe plaindra jamais d'un nouveau danger
qui lui procure de nouvelles jouiſſances.
On trouve dans le mêrne Volume ſix Pièces
de M. de Choiſy, qui confirment les éloges
qu'on a donnés à ſa Muſe ingénieuſe & bril
lante; trois de M. Romans, pleines de vé
rité & de grâce ; deux de M. de la Loup
tière, connu & diſtingué depuis long temps
parmi nos Poëtes érotiques ; & une Épître
* On ſait que c'étoit auparavant Mme la Mar
quiſe d'Entremont.
H iij
174 M E R C U R E
fort gaie & fort piquante de M. le Comte
Raiecki, Polonois, adreſſée à M. Blanchard,
ſur ſon bateau volant. On lira auſſi avec
plaiſir une Épître de M. Mugnerot à M.
Robbé.
On ne doit pas craindre de nous voir ou
blier M. le Chevalier de Parny.Une pareille
diſtraction tiendroit de l'ingratitude. Quand
à un goût ſain, à un ſtyle plein de vérité,
on joint une manière ingénieuſe, & ce char
me indéfiniſſable qui manque plus d'une fois
aux eſprits les plus brillans, on ne doit pas
craindre de produire des impreſſions paſſa
gères, & l'on peut compter ſur un revenu
de gloire en retour du plaiſir qu'on a donné.
M. le C hevalier de Parny a contribué pour
trois Pièces , dignes toutes les trois de ſon
talent depuis long-temps apprécié. Nous al
lons citer la première, parce qu'elle eſt des
plus courtes.
A C H L o É.
SELoN vous, mon ſexe eſt léger ;
Le vôtre nous paroît volage ;
Ce procès qu'on ne peut juger,
Eſt renouvelé d'âge en âge.
Vous prononcez dans ce moment ;
Mais j'appelle de la ſentence.
Croyez-moi, c'eſt injuſtement
Que l'on s'accuſe d'inconſtance.
IL n'eſt point de longues amours,
D E F R A*N C E. 175
J'en conviens ; mais preſque toujours
Votre âme s'abuſe elle-même.
Dans ſa douce crédulité,
Souvent de ſa propre beauté
Elle embellit celui qu'elle aime.
Il a tout du moment qu'il plaît :
Grâce au deſir qu'il a fait naître,
Vous voyez ce qu'il devroit être,
Vous ne voyez plus ce qu'il eſt.
Oui, vous placez ſur ſon viſage
Un maſque façonné par vous;
Et, ſéduite par votre image,
Vous diviniſez votre ouvrage,
Et vous tombez à ſes genoux.
Mais le temps & l'expérience
Écartant ce maſque emprunté,
De l'idole que l'on encenſe,
Montre bientôt la nudité :
On ſe relève avec ſurpriſe ;
On doute encor de ſa mépriſe ;
On cherche d'un oeil affligé
Ce qu'on aimoit, ce que l'on aime ;
L'illuſion n'eſt plus la même,
Et l'on dit : vous avez changé.
Du reproche, ſuivant l'uſage,
On paſſe au refroidiſſement ;
Et tandis qu'on paroît volage,
On eſt détrompé ſeulement.
H iv
176 M E R C U R E
DE s Amantes voilà l hiſtoire,
Chloé; mais, vous pouvez m'en croire,
C'eſt auſſi celle des Amans.
En vain votre coeur en murmure ;
C'eſt la bonne vieille nature
Qui fit tous ces arrangemens.
Quant au remède, je l'ignore.
Sans doute il n'en exiſte aucun ;-
Car le vôtre n'en eſt pas un :
Ne point aimer, c'eſt pis encore.
Il y a cette année fort peu de Coates d'une
certaine étendue. Ceux qui ſe ſont exercés
dans ce genre, ou dans celui des bons mors
rimés qui rentreut dans la même claſſe, ſont
M. Collin , M. Duault, M. D. T. , M.
Guyétand, M. Maſſon de Morvilliers, M.
Pons de Verdun, & M. Pouteau. Le Devin
# n'eſ#pas Sorcier, Conſultation dialoguée,
outient la réputation de gaîté & d'origina
lité que M. Collin s'eſt déjà faite par ſes pre
miers eſſais; le dialogue en eſt fort naturel.
Le Père Laconique , par M. Duault, eſt une
boutade aſſez plaiſante , & il y a beaucoup
de gaîté dans le Préſent incomplet , de M.
Pons de Verdun. Le voici : -
A douze élus qui formoient un Chapitre,
Depuis trois mois, Paul devoit mille fra2cs ;
Mais ſa caſſette, en dépit du bon titre,
Pour les payer, lui demandoit trois ans.
Le verre en main, & les coudes ſur table,
-
D E F R A N C E. 177
Rêvant un jour à ſortir d'embarras,
Il ſe ſouvient qu'il a dans ſon étable
Douze gorets bien tendres & bien gras,
Que fraîchement ſa truye avoit mis bas.
En porter un à chaque vénérable
Pour l'attendrir en lui contant ſon cas,
Eſt un projet que Paul trouve admirable.
« C'eſt le bon Dieu qui m'inſpire ceci !
» Remarque bien, dit il à ſon épouſe,
» Remarque bien que nos gorets ſont douze,
» Et ces Meſſieurs tout juſte douze auſſi. »
Joyeux, Dieu ſait ! le Manant s'endimanche ;
Il va trouver nos Béats en ſecret ;
A chacun d'eux il préſente un goret,
Et chacun d'eux lui promet carte blanche,
Trois ans de plus, comme il le deſircit,
Le lendemain le Chapitre s'aſſemble :
Paul fait alors un grand ſigne de croix :
» Chacun à part m'ayant promis ſa voix,
» J'aurai, dit-il , les deuze voix enſemble ,
» Si qu'il chantoit d'avance alleluia ! »
Quand le Chapitre en ſortant lui ctia :
« Point de quartier , dès demain paye ou tremble. »
Pour le calmer, lors d'un ton papelard,
Chaque Béat le tirant à l'écart,
Lui dit : « mon cher, j'ai parlé fort & ferme
» En ta faveur, & j'ai vingt fois conclu
» Que l'on devcit t'accorder un lorg terme ;
· H v
178 . M E R C U R E. .
» Notre Chapitre ainſi ne l'a voulu. »
Paul, attiiité du refus qu'il eſſuye,
Songe aux gorets; & d'un air ingénu
S'écrie : hélas! que n'ai-je donc connu
Votre Chapitre, il auroit eû ma truye !
Le bon mot qu'a rimé M. Pouteau eſt plaiſant.
Parmi quelques épigrammes, on diſtin
guera celle intitulée : le Repentir , par M.
Maſſon de Morvilliers, connu par de jolis
vers dans plus d'un genre, mais ſur tout par
le tour vif & mordant qu'il ſait donner à
l'épigramme.
Mbs E, alte-là! j'abjure l'épigramme.
Ne peux-tu donc m'inſpirer d'autres chants ?
Comme un forçat, j'ai langui ſur ma rame ;
Qu'ai-je gagné : la haine des méchans.
SI d'un pédant je peins le lourd mérite,
Damon ſe croit déſigné dans mes vers.
Que je perſiffie un rimeur hypocrite,
Cléon me lance un regard de travers.
D'UN mot plaiſant, fi je force à ſe taire
Ces plats grimauds, toujours fi contens d'eux,
Qui vont traînant leur honte héréditaire,
" Damis ſoutient qu'un ſot & lui font deux.
CHANToNs plutôt la candeur, la ſcience,
La modeſtie avec tous ſes attraits;
Et ces Meſſieurs, du moins en conſcience,
Ne crciront plus qu'on faſſe leurs portraits.
D E F R A N C E. 179
Ces vers ſont plaiſans, mais ces Meſſieurs
trouveront que cette réparation eſt pire que
l'offenſe, & qu'un pareil repentir reſſemble
beaucoup à ce qu'on appelle impénitence
finale.
Il nous reſte à parler de la Chanſon. On
en voit très - peu dans le Recueil de cette
année. Il y a de la gaîté dans le Pareffèux,
de M. de Br..., & des détails agréables dans
la Romance & la Chanſon de M. Garnier.
La Romance de M. Grouvelle, intitulée : la
Vieille de ſeize ans , eſt ingenieuſe. Nous !
allons rapporter un couplet de M. L **, qui
nous a paru heureux.
Couplet à une Dame , qui prétendoit que
perdre la raiſon & perdre la memoire ,
étoient la même choſe.
EN dépit de votre argument,
Je prouve le cortraire.
Daignez m'accorder ſeulemen
Un baiſer pour ſalaire.
Si j'obtenois un pareil don
Pour prix de ma victoire,
Je pourrois perdre la raiſon,
Mais non pas la mémoire.
Les jolis couplets de M. A.... ſur un air
d'Albanège, avoient déjà couru manuſcrits,
& on les retrouve avec plaiſir dans ce Re
cueil, ainſi qu'une chanſon guerrière de
M. Berquin, ſi connu par ſes Romances
H vj
18o M E R C U R E
& ſes Idylles, avant de l'être par d'autres
Ouvrages.
Après avoir parcouru les divers genres de
poéſies, pour mettre nes Lecteurs à portee
d'apprécier nos richeſſes de cette année, nous
allons citer d'autres noms qui parent encore
pluſieurs pages de ce Volume. Deux Hom
mes de Lettres fort connus, M. Blin de Sain
mcre & M. de la Harpe, ſe ſont réunis (par
haſard ſans doute ) pour célébrer le Comte
du Nord. Le talent de ces deux Écrivains eſt
connu, & leurs Épîtres répondent à l'idee
qu'en a conçu depuis longtemps le Public.
Nous ne devrions peut-être pas parler de
Voltaire, n'ayant à louer de lui dans ce Re
cueil que quelques détails dans une Épître,
& une fort jolie épigramme. Un pareil éloge,
adreſſé à un auſſi grand nom, eſt trep peu de
choſe , mais il vaut encore mieux acquitter
une dette ſi modique, que de ſe rendre ſuſ
pect d'un oubli criminel.
On lira avec plaiſir , dans ce même Vo
lume, diverſes Pièces de M. le Chevalier de
Loeillard, de M. Doigny, de M. François de
Neufchâteau, de M. Flins, de M. Maréchal,
& de M. de Sauv.**, dont la réputation eſt
fondée ſur des Ouvrages plus importans,
& qui jouiſſent de l'eſtime du Public.
Nous aurions voulu parler auſſi de M. le
Marquis de Villette, de qui on lit tous les
ans quelques Pièces ingénieuſes, de M.
l'Abbé Dourneau, de M. Fallet, de M.
Fréron, de M. Marſ**, de M. de Piis, de
D E F R A N C E. 181
M. Salaur, de M. Vigée, de M. Royou, de
M. Rebel, & c. qui ont contribué avec ſuc
cès à l'Almanach de cette année , mais la
multiplicité des noms qui enrichiſſent ce
Recueil, nous met fort à l'étroit dans les
bornes qui nous ſont preſcrites, & nous
force d'abréger tout à la fois & la critique
& la louange. -
On s'appercevra peut-être auſſi qu'il y a
quelques Ouvrages dont nous n'avons point ,
parle, ceux qui ſont ſouſcrits de notre nom,
en gardant le ſilence ſur ces bagatelles, nous
n'avons pas la prétention de faire dire que
c'eſt par modeſte : Dieu veuille ſeulement
qu'on ne diſe point que c'eſt par juſtice !
( Cet Article eſt de M. Imbert. )
chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint
Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
-
- " " ,
ON ſait que de tous les Recueils Poétiques
qui paroiffent annuellement , l'Almanach
des Muſes eft le plus ancien & le plus ré
pandu. On le donne, on le reçoit en étren
nes , il eſt attendu, deſiré par les Amateurs,
par les jeunes Faiſeurs ſur-tout, qui brûlent
de ſavoir ſi leur nom eſt enregiſtré à ce greffe
poétique ; & l'on ſe demande comment on
trouve le nouvel.Almanach, avec le même
intérêt que met un Agriculteur à demander
ſi la récoltel de l'année eſt bonne ou mau
vaiſe. On n'eſt pas d'accord tous les ans †
ſon degré de mérite ; les opinions ſe parta
gent quelquefois , & plus d'un jugement
qu'on en porte dépend bien moins de la
1 66 M E R C U R E
bonté réelle des poéſies,que du genre de vers
qºi domine dans le Recueil, parce que telle
ou telle eſpèce de poëme a toujours plus ou
moins d'attraits pour les juges, même les
plus éclairés. Souvent auſſi le tribut d'une
année ſe trouve réellement inférieur à celui
des précédentes ; mais, tour-à-tour un peu
moins bien, un peu moins mal, l'Almansch
des Muſes a toujours pafſe pour être le meil
leur de nos Recueils poetiques. Le goût
exercé de l'Éditeur, la confiance méritée des ^
meilleurs Poëtes du jour, concourent à l'en
richir; & ſi depuis quelques années la mort
lui a enlevé ſes plus riches tributaires, une
nouvelle race de Poëtes ſemble ſortir de leur
cendre, & réclamer leur héritage. - .
Cependant, il faut en convenir, ce Re
cueil a perdu, ſinonde ſon mérite,au moins un
peu de ſa nouveauté. Preſque toutes les Pièces
qu'on y inſéroit autrefois n'avoient pas en
core vû le jour ; celles qui le compoſent
aujourd'hui ont paru en partie dans le Mer
cure ou dans 1e Journal de Paris; & la raiſon
de cette différence, c'eſt que le Journal de
Paris n'exiſtoit pas encore, & que les Poëtes
connus dédaignoient alors d'envoyer leurs
productions au Mercure, effrayés peut-être
par ces deux vers plaiſans & énergiques que
· M. Robé avoit appliqués à ce Journal :
· vaſte Clamart, où tant de trépaſſés . #
, Giſſent en paix l'un ſur l'autre entaſſés. -
Mais aujourd'hui que le Joutnal de Par -
•.
- *
D E F R A N C E. I 67
offre aux Poëtes du jour une grande &
prompte célebrité, & que le Mercure, plus
en credit, leur paroît un dépôt plus digne de
leurs Ouvrages , ces deux Journaux ſont de
venus une des mines les plus fécondes dé
l'Almanach des Muſes. En perdant ce degré
de-nouveauté, encore une fois, il n'a rien
perdu de ſon mérite; mais il devroit exciter
moins d'empreſſement , & puiſque ſon ſuccès
eſt toujours le même, c'eſt un nouveau motif
d'eloge pour l'Éditeur.Il eſt vrai qu'il s'y trou
ve encore tous les ans aſſez de vers nouveaux
pour plaire, même à ceux qui courent moins
après le mérite qu'après la nouveauté. -
' Au reſte, cette Collection, qui n'eſt guère
compoſée que de vers faits dans l'année ,
préſente un tableau utile à ceux qui veulent
obſerver les progrès ou la décadence de la
poéſie. On peut y voir les diverſes nuances ſe
prolonger ou diſparoître ſucceſſivemenr; on
peut y découvrir tous les ans quel genre de
poéſie vient de perdre ou de gagner ſous la
plume de nos Écrivains. Cette réflexion nous
inſpire l'idée de changer notre plan pour l'ex
trait que nous devons en faire. Nous parcour
rons les divers genres de poéſie dans leſquels
ſe ſont exercés les Auteurs qui ont contribué
au Volume de l'année; & par cette marche,
que nous ſuivrons dorénavant , nous met
trons nos Lecteurs à portée de voir par eux
imêmes, dans quels genres nos Muſes mo
dernes ont à déplorer leurs pertes, ou à s'éporgueillir
de leurs acquiſitions, . , .
*- -
168 M E R C U R E /
Commençons par la grande poéſſe, & -
mettons M. de Fontanes à la tête de ceux -
qui s'y ſont exercés. Nous aurions deſiré plas -=--
de jet, plus de liberté dans ſa Traduction de -----
l'Ode d'Horace , Sic te diva potezs cypri. *RP ----
-
- -- -z-- - 272
Après avoir dit : | # # r = 3R
Garde, & rends-moi mon cher Virgile, - *= rr --
-
-Asr" -PA"
-
- - --I cI
Il ne falloit pas finir la ſtrophe par ce vers s s **as 2--
qui ſuit immédiatement : | | 2ºº2xs a . -
| .. , , | | o dss, º < rs ;
Garde la moitié de mon coeur. i - T Pr c= F
, -S>5-5 CeS- --^T. - r
parce que l'idée de garde devient froide, Sss rs, º=v=s--
quand, dans le vers qui précède, on y ajoint ssr s#. *ezBAS,s
celle de rends moi , qui ajoute au ſens. Il y Ls s "ºs <is Es, º a auſſi une eſpèce d'irrégularité dans l'arran- | ** les e,s . 1 r .
gement des vers de la quatrième ſtrophe; C)rs t * Fr--
| -- * , ' . . - | * ces ; FS>i> t
L'homme oſe tout : de crime en crime , C ºx-c-; -
- • • - | e - -
Se précipite ſa fureur. vv º º , il §s et Q> sa s
-- • • · · · · l - - > w-ty
Quand ſon eſſor illégitime sºl a * J'sa Ao *age,
- · · · · · · r:
-Eut ravi le feu créateur , | #- c'* S º Ierse
- - «• • . L> La faim, la peſte, aux yeux livides, &e, les <2
. . rº " ux yeux #vide *º Pleins *#rres º#L>-
Le ſens qui finit après le ſecond vers, ne de- , co§ § bar, $ * Pre,
vroit finir qu'après le quatrième, parce que $ *éPc ou # #e- ,
le premier quatraind'une ſtrophe de dixvers si º au ſei *t vre
doit être ſéparé par le ſens des deux tercets 8ºnir ! ºn des nºs
qui la terminent. Cette eſpèce d'enjambe- En vain * éehe, *aits
| ment de phraſe n'eſt plus permiſe aujour- *pé fººPos º ſon
-d'hui. Rien n'eſt impoſſible aux humains, qui l] § #ºs vsii, ºt de r,
ſe trouveplus bas , n'eſt ni aſſez élégant, ni $ désuic "° atTiſz
/ - • " 1 ! ... , · ºu Dis ºstiiſ& G c ſi, aſſez poétique dans une ode # n *Yus l
Nous parlerons avec plus de plaiſir (parce ºteur Sosa - $e > à - e
" | $ ss.§
- 8 , s ^ ncé q *
| & E.2 :9ui ne
|
A Q.§
Su
C
Q.
ſ
U]
le
Y
Oi
· D E , F R A N C E. 169
eue nous avons plus de bien à en dire ) de
ka Chartreuſe de Paris, Pièce où nous avons
retrouvé l'énergie de peinture & de ſenti
ment qui caractériſe M. de Fontanes. Elle
reſpire & communique une mélancolie pro
fonde & attachante.
Ici, dans les détours de ces ſentiers couverts,
Je jouis du ſoleil, de l'ombre & du ſilence.
O doux calme ! ces chars où s'aſſied l'opulence,
Tous ces travat,x, ce peuple à grands flots agité,
Ces ſons confus qu'élève une vaſte cité,
Des enfans de Bruno ne troublent point l'aſyle :
Le bruit les environne, & leur âme eſt tranquille.
On y trouve nombre de vers comparables
à ces deux-ci :
CeTemple, où chaque aurore entend de ſaints concerts
Sortir d'un long ſilence & monter dans les airs.
Sortir d'un long ſilence, peint avec hardieſſe,
& les aurres expreſſions ſont poétiques &
pleines d'harmonie. Bornons-nous à citer en
core ſept ou huit vers de la même Pièce.
Souvent au ſein des nuits la plainte de l'Amour
Fit gémir les échos du ſombre Monaſtère.
En vain le repouſſant de ſon regard auſtère .
La pénitence veille aſſiſe ſur le ſeuil,
Il entre déguiſé ſous les voiles du deuil.
Au Dieu conſolateur en pleurant il ſe donne.
A Comminge, à Rancé, Dieu ſans doute pardonne ;
4Comminge, à Rancé,quine doit quelques pleurs?&c-
, Nº. 8, 22 Février 1733.
*
17o M E R C U R E ,
Le morceau que M. de Fontanes a imité des
· poéſies erſes , ne nous paroît pas inférieur à
ſa Chartreuſe. La manière en eſt large, har
monieuſe & lyrique.
M. Bérenger, qui a ſouvent enrichi ce
Reeueil de pluſieurs morceaux de poéſie lé
gère , s'eſt exercé plus d'une fois dans la
· grande poéſie. Quoique ſa Pièce ſur l'Hiver,
inſérée dans le Volume de cette année, ne
ſoit pas ſon meilleur Ouvrage, il y a des
détails très heureuſement exprimés, & qui
confirment la réputation qu'il s'eſt acquiſe.
On lit de lui, dans ce même Volume, deux
Pièces dans un autre genre : à mon Hermi
tage, & les deux Chiennes. Ce dernier Ou
vrage eſt plein de grâce & d'intérêt.
M. de Bonneville, qui s'étoit fait connoî
tre avantageuſement par un Dialogue inſéré
l'année dernière, a donné quatre morceaux
de grande poéſie. Ce ſont des imitations,
qui, en laiſſant deſirer quelquefois plus de
correétion & de ſoin , prouvent un talent
qu'on doit encourager. -
Nous ne quitterons pas l'article des grands
vers ſans faire mentiond'un talent plus récent
encore que celui dont nous venons de parler.
Le nom de M. le Chevalier de Rivarol
n'avoit jamais paru dans l'Almanach des Mu
ſes. On concevra une opinion avantageuſe
de ſon talent, d'après une Épître qu'il adre (ie
à M. le Baron de Salis - Marſcheins. En
voici quelques vers : - !
Mais ce globe embrâſé qui s'allume ſans ceſſe, -
D E F R A N C E. 17 r
Pourroit-il, comme nous, éprouver la vieilleſſe ?
O déſaſtre inoui! ſi le flambeau du jour ,
Conſumé par le temps s'éclipſoit ſans retour,
Les planètes en deuil, veuves abandonnées,
Rouleroient dans les cieux, d'ombres environnées;
La déſolation rempliroit l'Univers ;
Les plus ſombres vapeurs infecteroient les airs ;
Le chaos renaîtroit : dans cette nuit impure,
Bientôt un froid mortel glaceroit la Nature. -
L'homme & les animaux pêle-mêle égarés,
Pouſſeroient en mourant des cris déſeſpérés,
Et la mort, de ſon crêpe enveloppant l'abîme,
Se détruiroit enfin pour dernière victime.
M. l'Abbé Aub...., Mme de la Fer., M.
Drobecq , M. G**, & M. de Monvel, ont
traité le genre de la Fable. Celle de M. l'Abbé
Aub....., qui commence le Volume, & qui
eſt un peu moins propre, à être citée depuis
la nouvelle de la paix, eſt ingénieuſe & pi
quante. C'eſt un des meilleurs Ouvrages de
ſen Auteur. Nous ne citerons pas non plus
celle de M. de Monvel, parce qu'elle a déjà
paru dans ce Journal avec les louanges
qu'elle mérite. Nous avons déjà payé à Mme
la Marquiſe de la Fer.... un tribut d'eloges ;
mais chaque Pièce qu'on lit de cette Muſe
ſi intéreſſante, eſt une nouvelle dette que
l'on contracte. Tout ce qui échappe à ſa
plume porte l'empreinte d'un eſprit aimable
& d'un coeur ſenſible. Nous invitons nos
H j
/ ,
172 M E R C U R E
Lecteurs à lire les trois Fables dont elle a
enrichi l'Almanach des Muſes. Nous allons
en citer une plus courte , où l'on trouve de
l'eſprit ſans affectation , & de la préciſion
ſans ſéchereſſe. Celle-ci eſt anonyme.
Le Garde-Chaſſe & les Perdrix , Fable.
DANs une immenſe & riche plaine,
Sur les bords rians de la Seine,
Maintes Perdrix vivoient tranquillement.
Un Garde-Chaſſe vigilant
Les garantiiſoit de l'outrage
De la belette au nez pointu,
De l'émouchet au doigt crochu,
Et des matoux du voifinage.
Tranquilles dans cet hermitage ,
Leurs jours étoient des jours heureux ;
Et ſi Perdrix forment des voeux,
- Elles en ont formé, je gage,
Pour leur protecteur généreux.
Qu'il eſt attentif, diſoient-elles !
Combien nous éprouvons ſes ſoins & ſa bonté !
C'eſt un Dieu deſcendu des voûtes immortelles
Pour préſider à notre sûreté
Dans ces retraites.
Elles ſe trompoient les pauvrettes.
Le temps de la chaſſe arriva,
Et le plomb, plus léger que leurs rapides ailes,
En les attcignant leur prouva
Qu'on ne les gardoit pas pour elles,
D E F R A N C E. 173
Pour les épîtres, poéſies légères cu éroti
ques, nous avons pluſieurs perſonnes à citer
avec éloge. Mme de Bourdic, qui, jeune en -
core, a ſu dejà illuſtrer deux noms * par les
productions de ſon eſprit, eſt connue par
un bon goût de verſification, des penſees
gracieuſes, & un ſtyle piquant & vrai. On
lira d'elle avec plaiſir deux Pièces , l'une
adreſſée à M. Sabbatier , l'autre à Mme la
Vicomtefſe de **.
Une nouvelle rivale s'eſt montrée cette
année dans la carrière poétique ; c'eft Mlle
de Gaudin, dont on lira avec plaiſir un
petit Conte, intitulé : la Raiſon dupe d :
l'Amour. Le talent des jolis vers doit plaire
à un ſexe à qui la Nature a ſur-tout confié
le don de plaire. Le charme de la poéſie de
vient dans ſes mains un nouveau moyen de
ſéduction; il ſoumet à leur eſprit ceux qui
ont échappé à leurs charmes, même ceux
qui n'ont pu les connoître. Mais notre ſexe
re ſe plaindra jamais d'un nouveau danger
qui lui procure de nouvelles jouiſſances.
On trouve dans le mêrne Volume ſix Pièces
de M. de Choiſy, qui confirment les éloges
qu'on a donnés à ſa Muſe ingénieuſe & bril
lante; trois de M. Romans, pleines de vé
rité & de grâce ; deux de M. de la Loup
tière, connu & diſtingué depuis long temps
parmi nos Poëtes érotiques ; & une Épître
* On ſait que c'étoit auparavant Mme la Mar
quiſe d'Entremont.
H iij
174 M E R C U R E
fort gaie & fort piquante de M. le Comte
Raiecki, Polonois, adreſſée à M. Blanchard,
ſur ſon bateau volant. On lira auſſi avec
plaiſir une Épître de M. Mugnerot à M.
Robbé.
On ne doit pas craindre de nous voir ou
blier M. le Chevalier de Parny.Une pareille
diſtraction tiendroit de l'ingratitude. Quand
à un goût ſain, à un ſtyle plein de vérité,
on joint une manière ingénieuſe, & ce char
me indéfiniſſable qui manque plus d'une fois
aux eſprits les plus brillans, on ne doit pas
craindre de produire des impreſſions paſſa
gères, & l'on peut compter ſur un revenu
de gloire en retour du plaiſir qu'on a donné.
M. le C hevalier de Parny a contribué pour
trois Pièces , dignes toutes les trois de ſon
talent depuis long-temps apprécié. Nous al
lons citer la première, parce qu'elle eſt des
plus courtes.
A C H L o É.
SELoN vous, mon ſexe eſt léger ;
Le vôtre nous paroît volage ;
Ce procès qu'on ne peut juger,
Eſt renouvelé d'âge en âge.
Vous prononcez dans ce moment ;
Mais j'appelle de la ſentence.
Croyez-moi, c'eſt injuſtement
Que l'on s'accuſe d'inconſtance.
IL n'eſt point de longues amours,
D E F R A*N C E. 175
J'en conviens ; mais preſque toujours
Votre âme s'abuſe elle-même.
Dans ſa douce crédulité,
Souvent de ſa propre beauté
Elle embellit celui qu'elle aime.
Il a tout du moment qu'il plaît :
Grâce au deſir qu'il a fait naître,
Vous voyez ce qu'il devroit être,
Vous ne voyez plus ce qu'il eſt.
Oui, vous placez ſur ſon viſage
Un maſque façonné par vous;
Et, ſéduite par votre image,
Vous diviniſez votre ouvrage,
Et vous tombez à ſes genoux.
Mais le temps & l'expérience
Écartant ce maſque emprunté,
De l'idole que l'on encenſe,
Montre bientôt la nudité :
On ſe relève avec ſurpriſe ;
On doute encor de ſa mépriſe ;
On cherche d'un oeil affligé
Ce qu'on aimoit, ce que l'on aime ;
L'illuſion n'eſt plus la même,
Et l'on dit : vous avez changé.
Du reproche, ſuivant l'uſage,
On paſſe au refroidiſſement ;
Et tandis qu'on paroît volage,
On eſt détrompé ſeulement.
H iv
176 M E R C U R E
DE s Amantes voilà l hiſtoire,
Chloé; mais, vous pouvez m'en croire,
C'eſt auſſi celle des Amans.
En vain votre coeur en murmure ;
C'eſt la bonne vieille nature
Qui fit tous ces arrangemens.
Quant au remède, je l'ignore.
Sans doute il n'en exiſte aucun ;-
Car le vôtre n'en eſt pas un :
Ne point aimer, c'eſt pis encore.
Il y a cette année fort peu de Coates d'une
certaine étendue. Ceux qui ſe ſont exercés
dans ce genre, ou dans celui des bons mors
rimés qui rentreut dans la même claſſe, ſont
M. Collin , M. Duault, M. D. T. , M.
Guyétand, M. Maſſon de Morvilliers, M.
Pons de Verdun, & M. Pouteau. Le Devin
# n'eſ#pas Sorcier, Conſultation dialoguée,
outient la réputation de gaîté & d'origina
lité que M. Collin s'eſt déjà faite par ſes pre
miers eſſais; le dialogue en eſt fort naturel.
Le Père Laconique , par M. Duault, eſt une
boutade aſſez plaiſante , & il y a beaucoup
de gaîté dans le Préſent incomplet , de M.
Pons de Verdun. Le voici : -
A douze élus qui formoient un Chapitre,
Depuis trois mois, Paul devoit mille fra2cs ;
Mais ſa caſſette, en dépit du bon titre,
Pour les payer, lui demandoit trois ans.
Le verre en main, & les coudes ſur table,
-
D E F R A N C E. 177
Rêvant un jour à ſortir d'embarras,
Il ſe ſouvient qu'il a dans ſon étable
Douze gorets bien tendres & bien gras,
Que fraîchement ſa truye avoit mis bas.
En porter un à chaque vénérable
Pour l'attendrir en lui contant ſon cas,
Eſt un projet que Paul trouve admirable.
« C'eſt le bon Dieu qui m'inſpire ceci !
» Remarque bien, dit il à ſon épouſe,
» Remarque bien que nos gorets ſont douze,
» Et ces Meſſieurs tout juſte douze auſſi. »
Joyeux, Dieu ſait ! le Manant s'endimanche ;
Il va trouver nos Béats en ſecret ;
A chacun d'eux il préſente un goret,
Et chacun d'eux lui promet carte blanche,
Trois ans de plus, comme il le deſircit,
Le lendemain le Chapitre s'aſſemble :
Paul fait alors un grand ſigne de croix :
» Chacun à part m'ayant promis ſa voix,
» J'aurai, dit-il , les deuze voix enſemble ,
» Si qu'il chantoit d'avance alleluia ! »
Quand le Chapitre en ſortant lui ctia :
« Point de quartier , dès demain paye ou tremble. »
Pour le calmer, lors d'un ton papelard,
Chaque Béat le tirant à l'écart,
Lui dit : « mon cher, j'ai parlé fort & ferme
» En ta faveur, & j'ai vingt fois conclu
» Que l'on devcit t'accorder un lorg terme ;
· H v
178 . M E R C U R E. .
» Notre Chapitre ainſi ne l'a voulu. »
Paul, attiiité du refus qu'il eſſuye,
Songe aux gorets; & d'un air ingénu
S'écrie : hélas! que n'ai-je donc connu
Votre Chapitre, il auroit eû ma truye !
Le bon mot qu'a rimé M. Pouteau eſt plaiſant.
Parmi quelques épigrammes, on diſtin
guera celle intitulée : le Repentir , par M.
Maſſon de Morvilliers, connu par de jolis
vers dans plus d'un genre, mais ſur tout par
le tour vif & mordant qu'il ſait donner à
l'épigramme.
Mbs E, alte-là! j'abjure l'épigramme.
Ne peux-tu donc m'inſpirer d'autres chants ?
Comme un forçat, j'ai langui ſur ma rame ;
Qu'ai-je gagné : la haine des méchans.
SI d'un pédant je peins le lourd mérite,
Damon ſe croit déſigné dans mes vers.
Que je perſiffie un rimeur hypocrite,
Cléon me lance un regard de travers.
D'UN mot plaiſant, fi je force à ſe taire
Ces plats grimauds, toujours fi contens d'eux,
Qui vont traînant leur honte héréditaire,
" Damis ſoutient qu'un ſot & lui font deux.
CHANToNs plutôt la candeur, la ſcience,
La modeſtie avec tous ſes attraits;
Et ces Meſſieurs, du moins en conſcience,
Ne crciront plus qu'on faſſe leurs portraits.
D E F R A N C E. 179
Ces vers ſont plaiſans, mais ces Meſſieurs
trouveront que cette réparation eſt pire que
l'offenſe, & qu'un pareil repentir reſſemble
beaucoup à ce qu'on appelle impénitence
finale.
Il nous reſte à parler de la Chanſon. On
en voit très - peu dans le Recueil de cette
année. Il y a de la gaîté dans le Pareffèux,
de M. de Br..., & des détails agréables dans
la Romance & la Chanſon de M. Garnier.
La Romance de M. Grouvelle, intitulée : la
Vieille de ſeize ans , eſt ingenieuſe. Nous !
allons rapporter un couplet de M. L **, qui
nous a paru heureux.
Couplet à une Dame , qui prétendoit que
perdre la raiſon & perdre la memoire ,
étoient la même choſe.
EN dépit de votre argument,
Je prouve le cortraire.
Daignez m'accorder ſeulemen
Un baiſer pour ſalaire.
Si j'obtenois un pareil don
Pour prix de ma victoire,
Je pourrois perdre la raiſon,
Mais non pas la mémoire.
Les jolis couplets de M. A.... ſur un air
d'Albanège, avoient déjà couru manuſcrits,
& on les retrouve avec plaiſir dans ce Re
cueil, ainſi qu'une chanſon guerrière de
M. Berquin, ſi connu par ſes Romances
H vj
18o M E R C U R E
& ſes Idylles, avant de l'être par d'autres
Ouvrages.
Après avoir parcouru les divers genres de
poéſies, pour mettre nes Lecteurs à portee
d'apprécier nos richeſſes de cette année, nous
allons citer d'autres noms qui parent encore
pluſieurs pages de ce Volume. Deux Hom
mes de Lettres fort connus, M. Blin de Sain
mcre & M. de la Harpe, ſe ſont réunis (par
haſard ſans doute ) pour célébrer le Comte
du Nord. Le talent de ces deux Écrivains eſt
connu, & leurs Épîtres répondent à l'idee
qu'en a conçu depuis longtemps le Public.
Nous ne devrions peut-être pas parler de
Voltaire, n'ayant à louer de lui dans ce Re
cueil que quelques détails dans une Épître,
& une fort jolie épigramme. Un pareil éloge,
adreſſé à un auſſi grand nom, eſt trep peu de
choſe , mais il vaut encore mieux acquitter
une dette ſi modique, que de ſe rendre ſuſ
pect d'un oubli criminel.
On lira avec plaiſir , dans ce même Vo
lume, diverſes Pièces de M. le Chevalier de
Loeillard, de M. Doigny, de M. François de
Neufchâteau, de M. Flins, de M. Maréchal,
& de M. de Sauv.**, dont la réputation eſt
fondée ſur des Ouvrages plus importans,
& qui jouiſſent de l'eſtime du Public.
Nous aurions voulu parler auſſi de M. le
Marquis de Villette, de qui on lit tous les
ans quelques Pièces ingénieuſes, de M.
l'Abbé Dourneau, de M. Fallet, de M.
Fréron, de M. Marſ**, de M. de Piis, de
D E F R A N C E. 181
M. Salaur, de M. Vigée, de M. Royou, de
M. Rebel, & c. qui ont contribué avec ſuc
cès à l'Almanach de cette année , mais la
multiplicité des noms qui enrichiſſent ce
Recueil, nous met fort à l'étroit dans les
bornes qui nous ſont preſcrites, & nous
force d'abréger tout à la fois & la critique
& la louange. -
On s'appercevra peut-être auſſi qu'il y a
quelques Ouvrages dont nous n'avons point ,
parle, ceux qui ſont ſouſcrits de notre nom,
en gardant le ſilence ſur ces bagatelles, nous
n'avons pas la prétention de faire dire que
c'eſt par modeſte : Dieu veuille ſeulement
qu'on ne diſe point que c'eſt par juſtice !
( Cet Article eſt de M. Imbert. )
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Résumé : ALMANACH des Muses, 1783. A Paris, chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint-Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
L'Almanach des Muses, publié en 1783 à Paris par Delalain l'aîné, est le plus ancien et le plus répandu des recueils poétiques annuels. Il suscite un grand intérêt parmi les amateurs et les jeunes poètes, qui espèrent y voir leurs œuvres publiées. Les avis sur sa qualité varient chaque année, souvent en fonction du genre de poèmes dominants. Bien que certains contributeurs célèbres aient disparu, une nouvelle génération de poètes émerge. Cependant, l'Almanach a perdu une partie de sa nouveauté, car beaucoup des pièces qu'il contient ont déjà été publiées dans le Mercure ou le Journal de Paris. Ces journaux sont devenus des sources importantes pour l'Almanach, offrant aux poètes une célébrité rapide et un dépôt digne de leurs œuvres. Malgré cela, l'Almanach reste apprécié pour ses vers nouveaux et offre un tableau des progrès ou de la décadence de la poésie. Le texte critique la traduction d'une ode d'Horace par M. de Fontanes, notant des erreurs de style et de rythme, tout en louant la 'Chartreuse de Paris' de M. de Fontanes pour son énergie et sa mélancolie attachante. La critique littéraire porte également sur divers poèmes et auteurs, soulignant leurs talents respectifs en poésie. Parmi les œuvres mentionnées figurent celles de M. Bérenger, M. de Bonneville, et le Chevalier de Rivarol. Des fables de l'Abbé Aub..., Mme de la Fer..., M. Drobecq, et M. de Monvel sont également commentées, avec des éloges pour leur ingéniosité et leur sensibilité. Le texte se termine par des mentions de poésies légères et érotiques, notant les contributions de Mme de Bourdic et Mlle de Gaudin, appréciées pour leur charme et leur capacité à séduire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5002
p. 90-96
« NOUVEAU Traité d'Architecture-Pratique, concernant la manière de bâtir solidement, avec les [...] »
Début :
NOUVEAU Traité d'Architecture-Pratique, concernant la manière de bâtir solidement, avec les [...]
Mots clefs :
Paris, Prix, Tablettes de bouillon, Auteur, Libraire, Ouvrage, Femmes, Volumes, Broché, Clavecin, Architecture, Observations, Public, Succès, Avantages, Temps, Contes, Figures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOUVEAU Traité d'Architecture-Pratique, concernant la manière de bâtir solidement, avec les [...] »
Novv EAv Traité d'Architecture-Pratique , con>
cernant la manière de bâtir ſoiidement, avec les
Obſervations néceſſaires ſur le choix, la qualités
l'emploi & le prix des matériaux, ſur le ſalaire de
chaque eſpèce d'Ouvriers ; ſuivi d'un Traité de Géo
mé rie, par J. F. Mourcy, Appareilieut, Inſpecteur
& Toiſeur des Bâtimens du Roi. 1 Vol. in - S°.,
avec huit Planchès, Il contient la maçonnerie, char-,
pente, couverture , brique , carrelage , fouille de
terre glaiſe, vuidange, pavés de grès & blocage. .
Cet Ouvrage utile aux Gens de l'Art & aux Par
ticuliers qui ont à conſtruire à neuf ou en répara
tions a été imprimé & p blié au mois d'Avril der
nier; c'eſt à ce moment même que la vente s'en eſt
trouvée tout-à-coup arrêtée par la mort de l'Auteur.
La Perſonne qui eſt reſtée chargée d'en ſuivre le
débit, ayant moins d'égard au profit qu'à l'extrême
utilité dont cet Ouvrage eſt jugé devoir être aux
Élèves d'Architecture, & même aux Quvriers, a cru
devoir le fixer au prix ie plus bas. c'eſt pourquoi elle
prévient le Public que ce Livre continuera de ſe
débiter au prix de 4 liv. broché & ; liv. rclié. A
I, E , F R A N C E. 91
Paris, chez la Veuve de l'Auteur, rue S. Antoine,
au coin de celle de Jouy; chez M. Mareux, & chez
L. Cellot, Imprimeur- Libraire, rue des grands Au
guſtins ; Alexandre Jombert jeune, Libraire, rue
Dauphine, n°. 1 1 6 ; Prauit, quai de Gêvres.
PR é c 1 s de la Prononciation Angloiſe pour les
voyelles ſirples a, e, i, o, u, y, en proſe & en
vers, à l'uſage des Dames, par M. Drobecq, Mem
bre du Muſée de Paris, & Correſpondant du Cercfe
des Philadelphes du Cap François ; Brochure de
16 pages in-8°. A Paris, chez l'Auteur, rue Dau
phine, au Muſée de Paris. -
C'eſt le comrnentcment d'un Ouvrage dont l'Au
teur donnera la ſuite, ſi ce premier Eſſai plaît aux
Amateurs des Langues étrangères.
CoN Frss roN générale de l'année 178 ;, Bro
chure in-16 de 46 pages. A Iſpahan; & ſe trouve à
Paris, chez Buiſſon, Libraire, hôtel de Meſgrigny,
rue des Poitevins. - -
· Le but de cette bagatelle eſt de faire paſſer en
revue ſous la forme d'une Confeſſion faite pour l'an
née 1785, avant de mourir les principaux faits dont
elle a été le témoin. On y trouve des traits d'eſprit
& de gaîté. -
DE s Mºyens de conſerver la ſanté des Blancs &
des Nigres aux Antilles ou climats chauds & humides
de l Amérique.in-8°. A St-Domingue; & ſe trouve à
Paris, chez Méquignon l'aîné, Libraire, rue des
Cordelicrs. - # 1
Cet Ouvrage a été fait ſur les lieux mêmes ; ce
qui eſt un préjugé, pour les obſervations que
rapporte l'Auteur, & pour les méthodes curative1
qu'il indique. -
92 | | | M E R C U R E ,
- rAB L ETTEs de Bouillon, économiques, propres
aux uſages domeſtiques & pour la Marine. A Paris,
chez le ſieur de Lavoiepierre, rue Saint Honoré,
hôtel des Américains. Prix, 8 liv. la livre ou les
trente-deux Tablettes. - -
· On ſait que le ſieur de Lavoiepierre a toujours .
eu pour objet de procurer au Public les comeſtibles
qui peuvent lui être utiles ou agréables, & ſon zèle
induſtrieux a toujours obtenu la confiance du Public.
Ayant reconnu l'utilité des Tablettes de Bouillon, il
s'eſt appliqué à leur fabrication, & ſon ſuccès ne lui
A laiſſoit plus rien à deſirer quant à la qualité; mais le
prix exceſſif auquel il étoit obligé de les vendre, l'a
déterminé à rechercher un pays cu les viandes fuiſent
abondantes, à bas prix & d'une excellente qualité.
Ayant trouvé ces avantages dans le fond du Nord,
il y a formé avec un de ſes Correſpondaiis, à qui il
a ccmmuniqué ſes procédés, un établiſſement pour
-
: -
la compoſiion de ces Tablettes.
Avantages des Tablettes de Bouillon. On peut,
par leur moyen, ſeprocurer en un mom nt, partout
ou l'on ſe trouve, un Bouillon ou un Pota e auſſi
ſain & auſſi agréable que ie Bouillon le mieux fait.
Elles ſoutiennent le paſſage de l'Equat ur, & ſe con
ſervent pluſieurs années en les tenant renfermées &
au ſec dans les b ëtes avec leſquelles on les vend. .
La manière de les employer eſt ſimple & facile. Il
ne s'agit que de me tre une Tablette dc demi-once
pour chaque demi - ſeptier ( ou demie livre) d'eau
bouilante , y ajoutant une pincée de ſel ; on remue
avec la cuiller, & le Bouillon eſt fait. L'on en fait
une ſoupe ou un lºotage à ſa volonté. #
Outre les avantages ci d ſſus, les circonſtances
où ces Tablettes peuvent être utiles ſont à l'infini,
puiſqu'elles peuvent toujours remp'acer le Bouillon,
& † elies ſervent dans bien des cas où le Beuillon
n'eſt pas ſuffiſant.
D E F R A N C E. , 3.
Le Bouillon ordinaire eſt ſouvent foible & plat,
parce qu'on n'y a pas mis aſſez de viande; ou parce
qu'elle n'a pas été cuite aſſe g temps , on y fait
fondre une ou deux de ces Tablettes ; & le Bouillon
reprend du corps & du goût, & c. - -
" Les perſonnes qui en demanderont, voudront bien
joindie à leur lettre en mandat ſur quelque maiſon
à Paris, pour en recevoir le payement. |
TRAITÉ de la Pêche, ou l'Art de ſoumettre les
Poiſſons à l empire de l'homme, par M. Buc'hcz,
Auteur de diff rens Ouvrages économiques, Volume
, in-12. P1ir, 2 liv. broche. A Paris, chez Guillot,
Libraire, rue Saizt Jacques.
SIG e VARr, dédié aux Ames ſenſibles; Roman
traduit de l'Allemand, par M. de Lavaux. A Paris,
chez Volland, Libraire, quai des Auguſtins.
Sigevart, le plus jeune des fils d'un Bailli d'un
petit Vi lage de Souabe, deſtiné dès fa première jeu
neſſe par ſon gcût & la volonté de ſes parens, à la
Profeſſion Religieuſe chez les Capucins de leur Vil
lage, partit de chez lui pour aller faire ſes premières
études à Hambourg : de-là il paſſa dans l'Univerſité
d'Ingolſtad, où il ſe prit d'une vive paſſion pour la
filie d'un Conſeiller auquel il avoit été recommandé:
ce goût lui fit bisetôt oublier ſa première deſtina- .
tion ; il rechercha les moyers de vivre dans le
monde, & de s'unir avec l'objet qui avoit fait naître
& qui partageoit ſon amour. Les divers événemens
que Sigevart épreuva pendant le cours de ſes études,
& le maiheureux ſuccès de ſes amours, le contrai
gnirent de revenir à ſes anciens projets, & à prendre
i'habit de Capucin. On voit qu'il n'y a rien de mer
veilleux dans ce plan. Les divers événemens qui for
ment l'Cuvrage,excitent de temps en temps la cu
rioſité; mais on n'y remarque rien, pas même le
- M E R C U R. E -
: ſtyle, qui puiſſe faire mettre ce Roman au-deſſus de
la claſſe ſi nombreuſe de ceux qui ſe font lire avec
quelque plaiſir, & dont il ne reſte rien dans la mé
moire. • * .
, -
L E s Femmes comme il convient de les voir, ou
Appelgu de ce que les Femmes ont été, de ce qu'elles
ſont & de ce qu'elles pourroient être. A Londres , &
ſe trouve à Paris, paſſage des Jacobins, rue Saint
Jacques. - - -
Les Hommes & les Femmes ont, en ſortant des
mains de la Nature, les mêmes moyens & les mêmes
diſpoſitions, & la ſeule éducation occaſionne les dif
férences qu'il y a entre les deux ſexes : voilà ce que
l'Auteur vcudroit prouver dans la première Partie de
ſon Ouvrage. · · · · · - · s
La deuxième contient la nomenclature de toutes
les Femmes qui ſe ſont rendues célèbres chez les
divers Peuples. - - -
La troiſième préſente l'examen particulier de ce
que les Femmes ſont actuellement en France, & de
ce qu'elics pourroient y être ; er fin l'Auteur propoſe
un Etabliſiement au moyen duquel les Femmes
ſeroient aſſociées à la gloire de leurs maris, & pour
roieñt par conſéquent partager avec eux les Hon
neurs, les Grades, les Cordons, &c. On ſait com
bien on a déjà écrit, & combien on pourroit écrire
encore ſur cette matière, même après avoir lu cet
Ouvrage, qui nous a paru ne contenir aucune
vue nouvelle. Nous croyors d'ailleurs que quel
ques-uns des moyens qu'il propoſe en élevant un
ſexe, humilieroient bien l'autre Il ſeroit plaiſant
· en effet de voir une femme Maréchale de France,
, & décorée du Ccrdon Bleu, tandis que ſon mari
aurcit à peine la Croix de S. Louis. ' ' »
PARIs & la Province, çt, Choix des plus beaux
D E- F R A N C E.' 95
Monumens d'Architecture anciens & modernes ent
France, deſſiné par M. Teſtard, & gravé en cou
leur par J. A. Lecampion, quartier de la Cité, Prix,
6 liv. A Paris, chez l'Auteur , rue Saint Jacques,
n°. 8 , & Leſclapart, Libraire , rue du Rcule,
n°. I I. -
Cette première Livraiſon nous a paru bien exécu
tée, & l'on y lit des explications qui offrent des dé
tails curieux & des obſervations piquantes.
L E Cabinet des Fées, ou Colleciien choiſie dºs
Contes des Fées & autres Cortes merveilleux ornés
de Figures, treizième Livraiſºn, Tomes XXV &
XXVI , contenant les nouveaux Contes Orientaux
· par M le Comte de Caylus , les Contes de Mont
crif, la Reine fantaſque de J. J Rouſſeau, la Belle
& la Bête, & les Veilléesde Theſſalie.
- Cette Collection formera 3 1 Volumes in 8°.,
dont le prix eſt de 3 liv. 12 ſols le Volume broché
avec 3 Planches. -
Le ſuccès qu'elle a obtenu a engagé l'Editeur à
prendre des arrangemens pour une autre Edition en
3 1 Volumes in-12 avec les mêmes Figures de l'in
· 8°., dont le prix eſt de 2 liv. 8 ſols le Volume
broché, & pour une autre Edition en 3 1 Volumes
in 12 ſans Figures, dont le prix eſt de 1 liv. 1 5 ſols
· le Volume broché. Il en paroît actuellement 1 2 Vol.
On s'inſcrit pour les diverſes Editions à Paris,
chez Ci1chet, Libraire-Editeur des OEuvres de le
' Sage & Prévoſt; & à Genève, chez Barde , Mauget
& Compagnie , Imprimeurs-Libraires.
Nota. On prévient M M. les Souſcripteurs qu'il
y aura un Supplément de ſix Volumes qu'on aura
la liberté de prendre ou de laiſſer. Au moyen de ce
· Supplément , la Collectionentière aura 3 6 Volumes
tant in-8°. qu'in - 12, ſans y comprendre un ou
deux Volumes de Notices ſur la Vie des Auteurs.
96 M E R C U R E
: Nvx # Ros 28 à 33 des Feuilles de Terpſychore
pour la Harpe & pour le Clavecin , contenant la
Romance de Nina , &c. Prix, 1 liv. 4 ſols chaque
Cahier. Abonnement pour cinquante-deux Numéros
3o liv. pour chaque Inſtrument. A Paris, chez Cou
ſineau père & fils, Luthiers de la Reine, rue des
Poulies. - - - -
- _ - # # # # # # | | | | | | |
TRro concertant pour le Clavecin , F/ûte &
Alto, par M. A. Kuhn, OEuvre V. Prix, 3 liv.
12 ſols, faiſant le Numéro 3o du Journal-de Pièces
de Clavecin par différens Auteurs. — Trois Sonates
pour le Clavecin , Violon & Violonceile, par M.
Joſeph Hayden, OEuvre XLV, neuvième Livre de
Clavecin. Prix, 7 liv. 4 ſols. — Six Romances &
ſix Rondeaux pour le Piano ou la Harpe, deux
Violons ad libitum , par M. Julien Navoigille,
GEuvre IV. Prix, 7 liv. 4 ſols. A Paris, cbez M.
Boyer, Marchand de Muſique, rue de Richelieu,
ancien Café de Foy, & Mme Lemenu, rue du
Roule, à la Clef d'or.
cernant la manière de bâtir ſoiidement, avec les
Obſervations néceſſaires ſur le choix, la qualités
l'emploi & le prix des matériaux, ſur le ſalaire de
chaque eſpèce d'Ouvriers ; ſuivi d'un Traité de Géo
mé rie, par J. F. Mourcy, Appareilieut, Inſpecteur
& Toiſeur des Bâtimens du Roi. 1 Vol. in - S°.,
avec huit Planchès, Il contient la maçonnerie, char-,
pente, couverture , brique , carrelage , fouille de
terre glaiſe, vuidange, pavés de grès & blocage. .
Cet Ouvrage utile aux Gens de l'Art & aux Par
ticuliers qui ont à conſtruire à neuf ou en répara
tions a été imprimé & p blié au mois d'Avril der
nier; c'eſt à ce moment même que la vente s'en eſt
trouvée tout-à-coup arrêtée par la mort de l'Auteur.
La Perſonne qui eſt reſtée chargée d'en ſuivre le
débit, ayant moins d'égard au profit qu'à l'extrême
utilité dont cet Ouvrage eſt jugé devoir être aux
Élèves d'Architecture, & même aux Quvriers, a cru
devoir le fixer au prix ie plus bas. c'eſt pourquoi elle
prévient le Public que ce Livre continuera de ſe
débiter au prix de 4 liv. broché & ; liv. rclié. A
I, E , F R A N C E. 91
Paris, chez la Veuve de l'Auteur, rue S. Antoine,
au coin de celle de Jouy; chez M. Mareux, & chez
L. Cellot, Imprimeur- Libraire, rue des grands Au
guſtins ; Alexandre Jombert jeune, Libraire, rue
Dauphine, n°. 1 1 6 ; Prauit, quai de Gêvres.
PR é c 1 s de la Prononciation Angloiſe pour les
voyelles ſirples a, e, i, o, u, y, en proſe & en
vers, à l'uſage des Dames, par M. Drobecq, Mem
bre du Muſée de Paris, & Correſpondant du Cercfe
des Philadelphes du Cap François ; Brochure de
16 pages in-8°. A Paris, chez l'Auteur, rue Dau
phine, au Muſée de Paris. -
C'eſt le comrnentcment d'un Ouvrage dont l'Au
teur donnera la ſuite, ſi ce premier Eſſai plaît aux
Amateurs des Langues étrangères.
CoN Frss roN générale de l'année 178 ;, Bro
chure in-16 de 46 pages. A Iſpahan; & ſe trouve à
Paris, chez Buiſſon, Libraire, hôtel de Meſgrigny,
rue des Poitevins. - -
· Le but de cette bagatelle eſt de faire paſſer en
revue ſous la forme d'une Confeſſion faite pour l'an
née 1785, avant de mourir les principaux faits dont
elle a été le témoin. On y trouve des traits d'eſprit
& de gaîté. -
DE s Mºyens de conſerver la ſanté des Blancs &
des Nigres aux Antilles ou climats chauds & humides
de l Amérique.in-8°. A St-Domingue; & ſe trouve à
Paris, chez Méquignon l'aîné, Libraire, rue des
Cordelicrs. - # 1
Cet Ouvrage a été fait ſur les lieux mêmes ; ce
qui eſt un préjugé, pour les obſervations que
rapporte l'Auteur, & pour les méthodes curative1
qu'il indique. -
92 | | | M E R C U R E ,
- rAB L ETTEs de Bouillon, économiques, propres
aux uſages domeſtiques & pour la Marine. A Paris,
chez le ſieur de Lavoiepierre, rue Saint Honoré,
hôtel des Américains. Prix, 8 liv. la livre ou les
trente-deux Tablettes. - -
· On ſait que le ſieur de Lavoiepierre a toujours .
eu pour objet de procurer au Public les comeſtibles
qui peuvent lui être utiles ou agréables, & ſon zèle
induſtrieux a toujours obtenu la confiance du Public.
Ayant reconnu l'utilité des Tablettes de Bouillon, il
s'eſt appliqué à leur fabrication, & ſon ſuccès ne lui
A laiſſoit plus rien à deſirer quant à la qualité; mais le
prix exceſſif auquel il étoit obligé de les vendre, l'a
déterminé à rechercher un pays cu les viandes fuiſent
abondantes, à bas prix & d'une excellente qualité.
Ayant trouvé ces avantages dans le fond du Nord,
il y a formé avec un de ſes Correſpondaiis, à qui il
a ccmmuniqué ſes procédés, un établiſſement pour
-
: -
la compoſiion de ces Tablettes.
Avantages des Tablettes de Bouillon. On peut,
par leur moyen, ſeprocurer en un mom nt, partout
ou l'on ſe trouve, un Bouillon ou un Pota e auſſi
ſain & auſſi agréable que ie Bouillon le mieux fait.
Elles ſoutiennent le paſſage de l'Equat ur, & ſe con
ſervent pluſieurs années en les tenant renfermées &
au ſec dans les b ëtes avec leſquelles on les vend. .
La manière de les employer eſt ſimple & facile. Il
ne s'agit que de me tre une Tablette dc demi-once
pour chaque demi - ſeptier ( ou demie livre) d'eau
bouilante , y ajoutant une pincée de ſel ; on remue
avec la cuiller, & le Bouillon eſt fait. L'on en fait
une ſoupe ou un lºotage à ſa volonté. #
Outre les avantages ci d ſſus, les circonſtances
où ces Tablettes peuvent être utiles ſont à l'infini,
puiſqu'elles peuvent toujours remp'acer le Bouillon,
& † elies ſervent dans bien des cas où le Beuillon
n'eſt pas ſuffiſant.
D E F R A N C E. , 3.
Le Bouillon ordinaire eſt ſouvent foible & plat,
parce qu'on n'y a pas mis aſſez de viande; ou parce
qu'elle n'a pas été cuite aſſe g temps , on y fait
fondre une ou deux de ces Tablettes ; & le Bouillon
reprend du corps & du goût, & c. - -
" Les perſonnes qui en demanderont, voudront bien
joindie à leur lettre en mandat ſur quelque maiſon
à Paris, pour en recevoir le payement. |
TRAITÉ de la Pêche, ou l'Art de ſoumettre les
Poiſſons à l empire de l'homme, par M. Buc'hcz,
Auteur de diff rens Ouvrages économiques, Volume
, in-12. P1ir, 2 liv. broche. A Paris, chez Guillot,
Libraire, rue Saizt Jacques.
SIG e VARr, dédié aux Ames ſenſibles; Roman
traduit de l'Allemand, par M. de Lavaux. A Paris,
chez Volland, Libraire, quai des Auguſtins.
Sigevart, le plus jeune des fils d'un Bailli d'un
petit Vi lage de Souabe, deſtiné dès fa première jeu
neſſe par ſon gcût & la volonté de ſes parens, à la
Profeſſion Religieuſe chez les Capucins de leur Vil
lage, partit de chez lui pour aller faire ſes premières
études à Hambourg : de-là il paſſa dans l'Univerſité
d'Ingolſtad, où il ſe prit d'une vive paſſion pour la
filie d'un Conſeiller auquel il avoit été recommandé:
ce goût lui fit bisetôt oublier ſa première deſtina- .
tion ; il rechercha les moyers de vivre dans le
monde, & de s'unir avec l'objet qui avoit fait naître
& qui partageoit ſon amour. Les divers événemens
que Sigevart épreuva pendant le cours de ſes études,
& le maiheureux ſuccès de ſes amours, le contrai
gnirent de revenir à ſes anciens projets, & à prendre
i'habit de Capucin. On voit qu'il n'y a rien de mer
veilleux dans ce plan. Les divers événemens qui for
ment l'Cuvrage,excitent de temps en temps la cu
rioſité; mais on n'y remarque rien, pas même le
- M E R C U R. E -
: ſtyle, qui puiſſe faire mettre ce Roman au-deſſus de
la claſſe ſi nombreuſe de ceux qui ſe font lire avec
quelque plaiſir, & dont il ne reſte rien dans la mé
moire. • * .
, -
L E s Femmes comme il convient de les voir, ou
Appelgu de ce que les Femmes ont été, de ce qu'elles
ſont & de ce qu'elles pourroient être. A Londres , &
ſe trouve à Paris, paſſage des Jacobins, rue Saint
Jacques. - - -
Les Hommes & les Femmes ont, en ſortant des
mains de la Nature, les mêmes moyens & les mêmes
diſpoſitions, & la ſeule éducation occaſionne les dif
férences qu'il y a entre les deux ſexes : voilà ce que
l'Auteur vcudroit prouver dans la première Partie de
ſon Ouvrage. · · · · · - · s
La deuxième contient la nomenclature de toutes
les Femmes qui ſe ſont rendues célèbres chez les
divers Peuples. - - -
La troiſième préſente l'examen particulier de ce
que les Femmes ſont actuellement en France, & de
ce qu'elics pourroient y être ; er fin l'Auteur propoſe
un Etabliſiement au moyen duquel les Femmes
ſeroient aſſociées à la gloire de leurs maris, & pour
roieñt par conſéquent partager avec eux les Hon
neurs, les Grades, les Cordons, &c. On ſait com
bien on a déjà écrit, & combien on pourroit écrire
encore ſur cette matière, même après avoir lu cet
Ouvrage, qui nous a paru ne contenir aucune
vue nouvelle. Nous croyors d'ailleurs que quel
ques-uns des moyens qu'il propoſe en élevant un
ſexe, humilieroient bien l'autre Il ſeroit plaiſant
· en effet de voir une femme Maréchale de France,
, & décorée du Ccrdon Bleu, tandis que ſon mari
aurcit à peine la Croix de S. Louis. ' ' »
PARIs & la Province, çt, Choix des plus beaux
D E- F R A N C E.' 95
Monumens d'Architecture anciens & modernes ent
France, deſſiné par M. Teſtard, & gravé en cou
leur par J. A. Lecampion, quartier de la Cité, Prix,
6 liv. A Paris, chez l'Auteur , rue Saint Jacques,
n°. 8 , & Leſclapart, Libraire , rue du Rcule,
n°. I I. -
Cette première Livraiſon nous a paru bien exécu
tée, & l'on y lit des explications qui offrent des dé
tails curieux & des obſervations piquantes.
L E Cabinet des Fées, ou Colleciien choiſie dºs
Contes des Fées & autres Cortes merveilleux ornés
de Figures, treizième Livraiſºn, Tomes XXV &
XXVI , contenant les nouveaux Contes Orientaux
· par M le Comte de Caylus , les Contes de Mont
crif, la Reine fantaſque de J. J Rouſſeau, la Belle
& la Bête, & les Veilléesde Theſſalie.
- Cette Collection formera 3 1 Volumes in 8°.,
dont le prix eſt de 3 liv. 12 ſols le Volume broché
avec 3 Planches. -
Le ſuccès qu'elle a obtenu a engagé l'Editeur à
prendre des arrangemens pour une autre Edition en
3 1 Volumes in-12 avec les mêmes Figures de l'in
· 8°., dont le prix eſt de 2 liv. 8 ſols le Volume
broché, & pour une autre Edition en 3 1 Volumes
in 12 ſans Figures, dont le prix eſt de 1 liv. 1 5 ſols
· le Volume broché. Il en paroît actuellement 1 2 Vol.
On s'inſcrit pour les diverſes Editions à Paris,
chez Ci1chet, Libraire-Editeur des OEuvres de le
' Sage & Prévoſt; & à Genève, chez Barde , Mauget
& Compagnie , Imprimeurs-Libraires.
Nota. On prévient M M. les Souſcripteurs qu'il
y aura un Supplément de ſix Volumes qu'on aura
la liberté de prendre ou de laiſſer. Au moyen de ce
· Supplément , la Collectionentière aura 3 6 Volumes
tant in-8°. qu'in - 12, ſans y comprendre un ou
deux Volumes de Notices ſur la Vie des Auteurs.
96 M E R C U R E
: Nvx # Ros 28 à 33 des Feuilles de Terpſychore
pour la Harpe & pour le Clavecin , contenant la
Romance de Nina , &c. Prix, 1 liv. 4 ſols chaque
Cahier. Abonnement pour cinquante-deux Numéros
3o liv. pour chaque Inſtrument. A Paris, chez Cou
ſineau père & fils, Luthiers de la Reine, rue des
Poulies. - - - -
- _ - # # # # # # | | | | | | |
TRro concertant pour le Clavecin , F/ûte &
Alto, par M. A. Kuhn, OEuvre V. Prix, 3 liv.
12 ſols, faiſant le Numéro 3o du Journal-de Pièces
de Clavecin par différens Auteurs. — Trois Sonates
pour le Clavecin , Violon & Violonceile, par M.
Joſeph Hayden, OEuvre XLV, neuvième Livre de
Clavecin. Prix, 7 liv. 4 ſols. — Six Romances &
ſix Rondeaux pour le Piano ou la Harpe, deux
Violons ad libitum , par M. Julien Navoigille,
GEuvre IV. Prix, 7 liv. 4 ſols. A Paris, cbez M.
Boyer, Marchand de Muſique, rue de Richelieu,
ancien Café de Foy, & Mme Lemenu, rue du
Roule, à la Clef d'or.
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Résumé : « NOUVEAU Traité d'Architecture-Pratique, concernant la manière de bâtir solidement, avec les [...] »
Le document présente plusieurs ouvrages et publications variés. Le 'Traité d'Architecture-Pratique' de J. F. Mourcy, publié en avril, traite des techniques de construction, des matériaux utilisés et des salaires des ouvriers. La vente de cet ouvrage a été interrompue par le décès de l'auteur, mais il reste disponible à un prix réduit pour son utilité auprès des élèves et des ouvriers. Le 'Précis de la Prononciation Angloise' de M. Drobecq est un guide destiné aux dames pour maîtriser les voyelles simples en prose et en vers. La 'Confession générale de l'année 1785' est une brochure humoristique qui récapitule les événements marquants de cette année. L'ouvrage 'Des Moyens de conserver la santé des Blancs & des Nigres aux Antilles' repose sur des observations locales. Les 'Tablettes de Bouillon' de Lavoiepierre sont des produits économiques et pratiques pour préparer rapidement du bouillon, utiles en voyage ou en cuisine. Le 'Traité de la Pêche' de M. Buc'hcz explore l'art de capturer les poissons. Le roman 'Sigevart', traduit de l'allemand par M. de Lavaux, raconte l'histoire d'un jeune homme destiné à la vie religieuse mais qui tombe amoureux et choisit une autre voie, avant de revenir à ses intentions initiales pour devenir capucin. L'ouvrage 'Les Femmes comme il convient de les voir' examine les différences entre les sexes, attribuées à l'éducation, et propose une nomenclature des femmes célèbres ainsi qu'un établissement où les femmes partageraient les honneurs et les grades avec leurs maris, une idée jugée controversée. Le texte mentionne également des publications sur l'architecture française, une collection de contes des fées, et diverses partitions musicales pour harpe et clavecin, avec des détails sur les prix et les éditeurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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