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1
p. 12-13
VI. SUR UN POETE SATYRIQUE & libertin.
Début :
Otoy, de qui la Plume odieuse omnibus, [...]
Mots clefs :
Plume, Amour, Vers, Éternel, Douleur
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texteReconnaissance textuelle : VI. SUR UN POETE SATYRIQUE & libertin.
V I.
SUR UN POETE SATYRIQUE
& libertin .
Toy, de qui la Plume odieufe
omnibus ,
Par des traits impofteurs noircit ceux
qu'elle fâche ,
Les Vers, le Ieu, l'Amour t'occupent
fans relâche ,
Et tes jours libertins font confacrez
tribus.
22
Laiffe toy confumer , ame infidelle &
lâche ,
Aux rayons devorans de l'Eternel
Phoebus;
Rachete tes pechez à force de quibus;
du Mercure Galant.
13
Que par ton prompt Secours le Pauvre
affamé mâche
SS
Pénetré de douleur , ſoûpire , pleure;
Item .
Parun Confiteor ou par un Tu autem
,
De ton Maistre offenfé tâche à defarmer
l'ire.
SS
Dis- luy d'un caurfincére en l'adorant
amo,
David a célébréfes regrets parfa
Lire,
Rens les tiens immortels humili ca
lamo.
SUR UN POETE SATYRIQUE
& libertin .
Toy, de qui la Plume odieufe
omnibus ,
Par des traits impofteurs noircit ceux
qu'elle fâche ,
Les Vers, le Ieu, l'Amour t'occupent
fans relâche ,
Et tes jours libertins font confacrez
tribus.
22
Laiffe toy confumer , ame infidelle &
lâche ,
Aux rayons devorans de l'Eternel
Phoebus;
Rachete tes pechez à force de quibus;
du Mercure Galant.
13
Que par ton prompt Secours le Pauvre
affamé mâche
SS
Pénetré de douleur , ſoûpire , pleure;
Item .
Parun Confiteor ou par un Tu autem
,
De ton Maistre offenfé tâche à defarmer
l'ire.
SS
Dis- luy d'un caurfincére en l'adorant
amo,
David a célébréfes regrets parfa
Lire,
Rens les tiens immortels humili ca
lamo.
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Résumé : VI. SUR UN POETE SATYRIQUE & libertin.
Un poème satirique critique un poète libertin dont la plume noircit ses adversaires. L'auteur lui conseille de se repentir, d'aider les pauvres et de soulager les souffrants. Il l'invite à réciter un Confiteor pour apaiser la colère divine et à rendre ses regrets immortels comme David.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 116-121
Description d'un Tableau de l'Albane, [titre d'après la table]
Début :
Comme vous aimez la diversité des matieres, & que [...]
Mots clefs :
Paix, Vérité, Éternel, Tableau de l'Albane
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texteReconnaissance textuelle : Description d'un Tableau de l'Albane, [titre d'après la table]
Comme vous aimez la diversité des matieres, & que
vous avez oüyJ ditesvous,
parler il y a
long-temps d'un
Tableau de l'Albane, qui cft
dans le Cabinet du Roy, &
que vous souhaitez d'en avoirs
une Description qui est fort
curicuse, & que les plus grands
Peintres & les Curieux ont pris
foin de rechercher, je vous en
envoye une dont la tecturc
vous fera sans doute beaucoup
de plaisir.
j
Le conseil éternel de Dieuayant
resolu le Mystere de l'Incarnation du Verbe, les Personnes de
la Sainte Trinité l'accomplirent
dans la plenitude des temps. Le
Pere Eternel envoyal'Ange Gabriel à
la Vierge Marie pour luyN
en porter la nouvelle. C'est le moJ*
ment où illuy donne cet ordre que-..-
FrançoisAlbano l'un des plus
sçavans & des plus agreables
Peintres d'Italie, e grand oncle
duPape, a
voulu exprimer dans
l'excellent Tableau connu par la
gloire de l'Albane, çy* qui estdans
le Cabinrt du Roy.
Il est dans un ovale couchée,
au haut de laquelle se voit le Ciel
ouvert
,
brillant d'une lumiere
douce,répanduësurles Chœurs des
Anges, qui paroissent dans le respect & l'admiration de ce quise
pass. C'est ce qui a
donné au
Tableau le nom de la Gloire.
Le Pere Eternely efl representéau milieu avec toute sa Majesté ajjtisur les Cherubins, CM
sur les Trônes
3
tenant sous pt
droite un globed'azur
,
symbole
du Monde, dont il veut la reparation, étendant la gauche pour
donnerses ordres à l'Archange,
qui paroît au dessous dans le milieu des airs avec une grace &
une legeretéadmirable. Plus bas
est un Ange d'un Ordre inférieur,
qui tient une branche de lis pour
marquer la pureté de la personne
qui doit avoir part au mystere,
(7 qui estdel'invention du Peintre.
Elle est admirable dans les quatre figures de Femmes, dont il a
placé deux de chaque côté du
Tableau , & qui font posées fûtdes nuages. Les deuxdu cote droit
représentent laJustice & la Paix,
&* celles du cotégauchela Nhfericorde e la Vérité, felon le paf
sage de David au Pfaumc84:
y. 11.qui ditque la misericorde & la verité se sont rencontrées
,
& que ln Justice & la
Paix se font embrassées. On
sçait que le Prophete parloit alors
de l'Incarnation,Cque c.efi dans
ce grandMystere que ces
attributs
divins
,
qui sembloient oppose
sefont réünis pour le salut des
hommes, dont la Justice (;f la
Vérité demandaient la punition,
pendant
pendant que la misericorde & la
paix sollicitoient leur reconciliation.
Rien riefl plus heureusement
represente
3
puisque c'estl'accomplissement du Conseil éternel, que
toutes les parties de
ce
belouvrage concourent a exprimer; aussi le
Peintre qui en connoissoit bien le
merite, disoit quil devoit estre à
une teste couronnée. E per una
testa coronata.
L'Original de
ce
Tableaufut
apporté de Boulogne.
vous avez oüyJ ditesvous,
parler il y a
long-temps d'un
Tableau de l'Albane, qui cft
dans le Cabinet du Roy, &
que vous souhaitez d'en avoirs
une Description qui est fort
curicuse, & que les plus grands
Peintres & les Curieux ont pris
foin de rechercher, je vous en
envoye une dont la tecturc
vous fera sans doute beaucoup
de plaisir.
j
Le conseil éternel de Dieuayant
resolu le Mystere de l'Incarnation du Verbe, les Personnes de
la Sainte Trinité l'accomplirent
dans la plenitude des temps. Le
Pere Eternel envoyal'Ange Gabriel à
la Vierge Marie pour luyN
en porter la nouvelle. C'est le moJ*
ment où illuy donne cet ordre que-..-
FrançoisAlbano l'un des plus
sçavans & des plus agreables
Peintres d'Italie, e grand oncle
duPape, a
voulu exprimer dans
l'excellent Tableau connu par la
gloire de l'Albane, çy* qui estdans
le Cabinrt du Roy.
Il est dans un ovale couchée,
au haut de laquelle se voit le Ciel
ouvert
,
brillant d'une lumiere
douce,répanduësurles Chœurs des
Anges, qui paroissent dans le respect & l'admiration de ce quise
pass. C'est ce qui a
donné au
Tableau le nom de la Gloire.
Le Pere Eternely efl representéau milieu avec toute sa Majesté ajjtisur les Cherubins, CM
sur les Trônes
3
tenant sous pt
droite un globed'azur
,
symbole
du Monde, dont il veut la reparation, étendant la gauche pour
donnerses ordres à l'Archange,
qui paroît au dessous dans le milieu des airs avec une grace &
une legeretéadmirable. Plus bas
est un Ange d'un Ordre inférieur,
qui tient une branche de lis pour
marquer la pureté de la personne
qui doit avoir part au mystere,
(7 qui estdel'invention du Peintre.
Elle est admirable dans les quatre figures de Femmes, dont il a
placé deux de chaque côté du
Tableau , & qui font posées fûtdes nuages. Les deuxdu cote droit
représentent laJustice & la Paix,
&* celles du cotégauchela Nhfericorde e la Vérité, felon le paf
sage de David au Pfaumc84:
y. 11.qui ditque la misericorde & la verité se sont rencontrées
,
& que ln Justice & la
Paix se font embrassées. On
sçait que le Prophete parloit alors
de l'Incarnation,Cque c.efi dans
ce grandMystere que ces
attributs
divins
,
qui sembloient oppose
sefont réünis pour le salut des
hommes, dont la Justice (;f la
Vérité demandaient la punition,
pendant
pendant que la misericorde & la
paix sollicitoient leur reconciliation.
Rien riefl plus heureusement
represente
3
puisque c'estl'accomplissement du Conseil éternel, que
toutes les parties de
ce
belouvrage concourent a exprimer; aussi le
Peintre qui en connoissoit bien le
merite, disoit quil devoit estre à
une teste couronnée. E per una
testa coronata.
L'Original de
ce
Tableaufut
apporté de Boulogne.
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Résumé : Description d'un Tableau de l'Albane, [titre d'après la table]
Le tableau 'La Gloire' de François Albano, peintre italien, illustre le mystère de l'Incarnation du Verbe. Conservé dans le Cabinet du Roi, il montre le moment où le Père Éternel envoie l'Ange Gabriel annoncer à la Vierge Marie l'Incarnation. La composition est structurée en plusieurs niveaux : en haut, le ciel est ouvert et illuminé, entouré de chœurs d'anges. Le Père Éternel, au centre, tient un globe azur symbolisant le monde et donne des ordres à l'Archange Gabriel. Un ange inférieur tient une branche de lis, symbolisant la pureté. De chaque côté du tableau, sur des nuages, se trouvent quatre figures féminines : à droite, la Justice et la Paix, et à gauche, la Miséricorde et la Vérité, en référence au Psaume 84. Ces attributs divins, souvent opposés, se réunissent pour le salut des hommes, soulignant l'accomplissement du conseil éternel de Dieu. Le peintre considérait cette œuvre digne d'une tête couronnée. L'original de ce tableau a été apporté de Boulogne.
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3
p. 81-88
ODE SACRÉE, Tirée du Cantique chanté par Moyse. Exode, Chapitre XV.
Début :
Préparons nos chants de victoire, [...]
Mots clefs :
Cantique, Moïse, Éternel, Seigneur, Terre, Hébreux, Pharaon, Peuple
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Cantique chanté par Moyse. Exode, Chapitre XV.
ODE SA CRE' E ,
Tirée du Cantique chanté par Moyse.
Exode , Chapitre XV.
PRéparons nos chants de victoire
Hébreux , accourez à ma voix ,
Celebrons à l'envi la gloire ,
Et la bonté du Roi des Roist
Quel triomphe plus magnifique ;
C'est contre un Peuple pacifique ,
Que l'Egypte arme ses Guerriers ;
Mais Dieu , que l'injustice irrite ,
Dans le fond des Mers précipite ,
Et les Soldats et leurs Coursiers,
Daigne agréer le pur hommage;
Seigneur, que j'aime à te vouer ,
Comme má force est ton ouvrage,
Mon bonheur est de te loüer:
Entourez d'un péril funeste ,
Nous avons vu ton bras celeste ,
Sur notre ennemi s'abaisser ;
Et par ce secours invincible ,
Il a subi le sort terrible ,
Dont il osoit nous menacer,
E Au
2 MERCURE DE FRANCE
Au milieu de ce grand Spectacle,
Qui m'annonce un Liberateur ,
Plus je suis frappé du Miracle ,
Et moins je doute de l'Auteur :
C'est l'Estre Eternel , l'Estre Immense,
Qui de sa suprême vengeance ,
Signale aujourd'hui les effets ,
C'est l'Estre qu'adore mon Pere,
Et dont ma gratitude espere ,
Sans cesse exalter les bienfaits.
Tel qu'est un Guerrier intrépide ,
Dont tout craint le fer menaçant ,
Tel est le Seigneur qui nous guide,
Et son nom est le Tout- Puissant
Dès qu'il voit le destin barbare ,
Qu'un Tyran endurci prépare ,
Au Peuple instruit de ce saint nom ,
La Mer par son ordre animée ,
Engloutit les Chars et l'Armée ,
De l'implacable Pharaon.
Où sont les Princes dont la foule ,
De ce Monarque enfloit l'orgueil ?
N'est-ce point sous l'Onde qui coule ,
Qu'ils ont rencontré leur Cercueil ?
Qui , Seigneur, nous t'en rendons graces,
L'ar
JANVIER.
'
17320 L'ardeur de marcher sur nos traces ,
Les livre à la merci des flots ,
Ils sont tombez comme la pierre ,
Qui semble implorer de la Terre ,
L'heureux instant de son repos.
En vain nous cherchons leurs vestiges ;
Vangeur d'un projet inhumain ,
Dieu triomphant , dans tes prodiges ,
Permets-nous d'adorer ta main ;
Main auguste , main redoutable ,
Dont le pouvoir insurmontable ,
A nos yeux s'est manifesté,
Tu veux , ô Seigneur , qu'elle expic
Dans l'effort de ton ennemie ,
Le crime d'en avoir douté.
Comme en un instant le feu monte,
Au faîte du chaume embrasé ,
6
Ta colere est encor plus prompte ,
Et ton triomphe p'us aisé ;
Ainsi quand les Hébreux timides,
Entre deux Montagnes liquides ,
Suivoient ton celeste flambeau ,
Dans cette route salutaire ,
A notre perfide Adversaire ,
Ta fureur creusoit un Tombeau.
"
E ij L'ea
*
MERCURE DE FRANCE
;
L'eau coulante s'est arrêtée ,
Dieu commandoit , et c'est assez
Au milieu de la Mer domptée ,
Les abîmes se sont pressez.
Fier de ses Troupes florissantes,
Déja pour nos mains innocentes ,
Pharaon apprêtoit des fers ;
Je dois , disoit ce Roy parjure ,
La perte des Juifs à l'injure ,
Qu'ils ont faite aux Dieux que je sers,
Quel plaisir de voir ces Victimes ,
Tomber sous mes premiers efforts !
Et leurs dépouilles légitimes ,
Grossir l'amas de mes trésors !
Mon glaive est prêt , dès que l'Aurore ,
Des vils Esclaves que j'abhorre ,
Eclairera les Pavillons ,
De ce sang qu'ils n'osent deffendre ,
Et que je brule de répandre ,
Je cours inonder nos Sillons,
Mais , ô mon Dieu , tout sert d'azile ,
A ceux que tu veux proteger ;
Plus ton couroux paroît tranquile Moins il differe à se vanger.
Ton souffle du plus haut des Nues,
Aux
JANVIER 1732.
Aux Ondes long- temps retenues ,
A rendu leur activité ;
D'abord leur course impétueuse
De l'Egypte présomptueuse ,
A puni la témerité.
Qui d'entre les Forts est semblable
A ce Dieu que sert Israël !
Est-il quelque bras comparable ,
Seigneur , à ton bras immortel &
L'éclat de ta Majesté sainte ,
Imprime l'amour et la crainte ,
Heureux les cœurs où tu descends ,
Tes desseins sont toûjours augustes ,
Tes louanges sont toûjours justes ,
Et tes Miracles toûjours grands.
Tout conspiroit à notre perte,
Quand la Providence a permis ,
Qu'à nos yeux la Terre entr'ouverte
Ensevelit nos ennemis ;
Nous jouissons de ta présence ,
Et par un excès de clémence ,
Tu devins notre Conducteur ;
Non- content de briser nos chaînes ,
Tu nous transportes dans les Plaines ,
Où doit triompher ta grandeur.
E iij Ce
86 MERCURE DE FRANCE
Cependant les faveurs divines ,
Que le Ciel prodigue pour nous ,,
Parmi les Nations voisines ,
Sement des sentimens jaloux.
On craint le succès de nos armes ,
La Palestine est en allarmes ,
Les Princes d'Edon sont tremblans ,
Une terreur vive et subite ;
Enleve au cruel Moabite ,
Ses Deffenseurs les plus vaillants.,
Chanaan frémit par avance "
Et ses Habitans consternez ,
Semblent présenter l'abondance ,
Des biens qui nous sont destinez ;
Poursuis , Dieu , toujours redoutable ,
Acheve , et que ton bras accable
Les ennemis de tes Decrets ;
Qu'ils soient dans leur fureur sterile ,
Ainsi qu'un Rocher immobile ,
Témoins de nos heureux progrès.
Répands sur leurs yeux un nuage,
Qui leur dérobe nos Exploits ,
Que rien ne s'oppose au passage
Du Peuple soumis à tes Loix ;
Déja nous découvrons l'entrée
De
JANVIER. 1732. $7
De cette fertile Contrée ,
Promise aux Enfans d'Abraham
Bien-tôt sous tes sages auspices ,
Nos cœurs jouiront des délices ,
Dont tu veux priver Chanaam,
A
Là nous celebrerons des Fêtes
Que dis-je le Seigneur m'instruit ,
Que s'il préside à nos conquêtes ,
C'est pour en partager le fruit.
Sur une Montagne élevée ,
Qu'à son culte il a réservée ,
Aux Hébreux il viendra s'unir ,.-
Quel bonheur de faire alliance
Avec un Dieu dont la puissance ,
Ne peut ni changer ni finir !.
3.3
Puissent les Annales du Monde ,
Transmettre à nos derniers neveux , ›
Que Pharaon entrà dans l'Onde ,
Montant un Coursier belliqueux ,
Qu'autour de ce Prince coupable ,,
On vit un amas effroyable ,
D'hommes , de Cavaliers , de Chars
Et que Dieu châtiant leurs crimes ,
Les plongea tous dans les abîmes ,
Que la Mer cache à nos regards,
E iiij Mais
MERCURE DE FRANCE
Mais aussi que ces coups terribles ,
Partis de la main du Seigneur ,
Rendent nos esprits plus sensibles ,
Al'excès de notre bonheur.
Pleins d'une foi victorieuse,
De cette Mer imperieuseNous bravons l'instabilité ;
Et tandis que ses flots reposent 2,
Sous nos pas le lit qu'ils arrosent...
Perd jusqu'à son humidité..
Tirée du Cantique chanté par Moyse.
Exode , Chapitre XV.
PRéparons nos chants de victoire
Hébreux , accourez à ma voix ,
Celebrons à l'envi la gloire ,
Et la bonté du Roi des Roist
Quel triomphe plus magnifique ;
C'est contre un Peuple pacifique ,
Que l'Egypte arme ses Guerriers ;
Mais Dieu , que l'injustice irrite ,
Dans le fond des Mers précipite ,
Et les Soldats et leurs Coursiers,
Daigne agréer le pur hommage;
Seigneur, que j'aime à te vouer ,
Comme má force est ton ouvrage,
Mon bonheur est de te loüer:
Entourez d'un péril funeste ,
Nous avons vu ton bras celeste ,
Sur notre ennemi s'abaisser ;
Et par ce secours invincible ,
Il a subi le sort terrible ,
Dont il osoit nous menacer,
E Au
2 MERCURE DE FRANCE
Au milieu de ce grand Spectacle,
Qui m'annonce un Liberateur ,
Plus je suis frappé du Miracle ,
Et moins je doute de l'Auteur :
C'est l'Estre Eternel , l'Estre Immense,
Qui de sa suprême vengeance ,
Signale aujourd'hui les effets ,
C'est l'Estre qu'adore mon Pere,
Et dont ma gratitude espere ,
Sans cesse exalter les bienfaits.
Tel qu'est un Guerrier intrépide ,
Dont tout craint le fer menaçant ,
Tel est le Seigneur qui nous guide,
Et son nom est le Tout- Puissant
Dès qu'il voit le destin barbare ,
Qu'un Tyran endurci prépare ,
Au Peuple instruit de ce saint nom ,
La Mer par son ordre animée ,
Engloutit les Chars et l'Armée ,
De l'implacable Pharaon.
Où sont les Princes dont la foule ,
De ce Monarque enfloit l'orgueil ?
N'est-ce point sous l'Onde qui coule ,
Qu'ils ont rencontré leur Cercueil ?
Qui , Seigneur, nous t'en rendons graces,
L'ar
JANVIER.
'
17320 L'ardeur de marcher sur nos traces ,
Les livre à la merci des flots ,
Ils sont tombez comme la pierre ,
Qui semble implorer de la Terre ,
L'heureux instant de son repos.
En vain nous cherchons leurs vestiges ;
Vangeur d'un projet inhumain ,
Dieu triomphant , dans tes prodiges ,
Permets-nous d'adorer ta main ;
Main auguste , main redoutable ,
Dont le pouvoir insurmontable ,
A nos yeux s'est manifesté,
Tu veux , ô Seigneur , qu'elle expic
Dans l'effort de ton ennemie ,
Le crime d'en avoir douté.
Comme en un instant le feu monte,
Au faîte du chaume embrasé ,
6
Ta colere est encor plus prompte ,
Et ton triomphe p'us aisé ;
Ainsi quand les Hébreux timides,
Entre deux Montagnes liquides ,
Suivoient ton celeste flambeau ,
Dans cette route salutaire ,
A notre perfide Adversaire ,
Ta fureur creusoit un Tombeau.
"
E ij L'ea
*
MERCURE DE FRANCE
;
L'eau coulante s'est arrêtée ,
Dieu commandoit , et c'est assez
Au milieu de la Mer domptée ,
Les abîmes se sont pressez.
Fier de ses Troupes florissantes,
Déja pour nos mains innocentes ,
Pharaon apprêtoit des fers ;
Je dois , disoit ce Roy parjure ,
La perte des Juifs à l'injure ,
Qu'ils ont faite aux Dieux que je sers,
Quel plaisir de voir ces Victimes ,
Tomber sous mes premiers efforts !
Et leurs dépouilles légitimes ,
Grossir l'amas de mes trésors !
Mon glaive est prêt , dès que l'Aurore ,
Des vils Esclaves que j'abhorre ,
Eclairera les Pavillons ,
De ce sang qu'ils n'osent deffendre ,
Et que je brule de répandre ,
Je cours inonder nos Sillons,
Mais , ô mon Dieu , tout sert d'azile ,
A ceux que tu veux proteger ;
Plus ton couroux paroît tranquile Moins il differe à se vanger.
Ton souffle du plus haut des Nues,
Aux
JANVIER 1732.
Aux Ondes long- temps retenues ,
A rendu leur activité ;
D'abord leur course impétueuse
De l'Egypte présomptueuse ,
A puni la témerité.
Qui d'entre les Forts est semblable
A ce Dieu que sert Israël !
Est-il quelque bras comparable ,
Seigneur , à ton bras immortel &
L'éclat de ta Majesté sainte ,
Imprime l'amour et la crainte ,
Heureux les cœurs où tu descends ,
Tes desseins sont toûjours augustes ,
Tes louanges sont toûjours justes ,
Et tes Miracles toûjours grands.
Tout conspiroit à notre perte,
Quand la Providence a permis ,
Qu'à nos yeux la Terre entr'ouverte
Ensevelit nos ennemis ;
Nous jouissons de ta présence ,
Et par un excès de clémence ,
Tu devins notre Conducteur ;
Non- content de briser nos chaînes ,
Tu nous transportes dans les Plaines ,
Où doit triompher ta grandeur.
E iij Ce
86 MERCURE DE FRANCE
Cependant les faveurs divines ,
Que le Ciel prodigue pour nous ,,
Parmi les Nations voisines ,
Sement des sentimens jaloux.
On craint le succès de nos armes ,
La Palestine est en allarmes ,
Les Princes d'Edon sont tremblans ,
Une terreur vive et subite ;
Enleve au cruel Moabite ,
Ses Deffenseurs les plus vaillants.,
Chanaan frémit par avance "
Et ses Habitans consternez ,
Semblent présenter l'abondance ,
Des biens qui nous sont destinez ;
Poursuis , Dieu , toujours redoutable ,
Acheve , et que ton bras accable
Les ennemis de tes Decrets ;
Qu'ils soient dans leur fureur sterile ,
Ainsi qu'un Rocher immobile ,
Témoins de nos heureux progrès.
Répands sur leurs yeux un nuage,
Qui leur dérobe nos Exploits ,
Que rien ne s'oppose au passage
Du Peuple soumis à tes Loix ;
Déja nous découvrons l'entrée
De
JANVIER. 1732. $7
De cette fertile Contrée ,
Promise aux Enfans d'Abraham
Bien-tôt sous tes sages auspices ,
Nos cœurs jouiront des délices ,
Dont tu veux priver Chanaam,
A
Là nous celebrerons des Fêtes
Que dis-je le Seigneur m'instruit ,
Que s'il préside à nos conquêtes ,
C'est pour en partager le fruit.
Sur une Montagne élevée ,
Qu'à son culte il a réservée ,
Aux Hébreux il viendra s'unir ,.-
Quel bonheur de faire alliance
Avec un Dieu dont la puissance ,
Ne peut ni changer ni finir !.
3.3
Puissent les Annales du Monde ,
Transmettre à nos derniers neveux , ›
Que Pharaon entrà dans l'Onde ,
Montant un Coursier belliqueux ,
Qu'autour de ce Prince coupable ,,
On vit un amas effroyable ,
D'hommes , de Cavaliers , de Chars
Et que Dieu châtiant leurs crimes ,
Les plongea tous dans les abîmes ,
Que la Mer cache à nos regards,
E iiij Mais
MERCURE DE FRANCE
Mais aussi que ces coups terribles ,
Partis de la main du Seigneur ,
Rendent nos esprits plus sensibles ,
Al'excès de notre bonheur.
Pleins d'une foi victorieuse,
De cette Mer imperieuseNous bravons l'instabilité ;
Et tandis que ses flots reposent 2,
Sous nos pas le lit qu'ils arrosent...
Perd jusqu'à son humidité..
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Cantique chanté par Moyse. Exode, Chapitre XV.
Le poème s'inspire du Cantique de Moïse dans l'Exode, Chapitre XV, et célèbre la victoire des Hébreux sur l'Égypte. Il met en avant la bonté et la puissance de Dieu, le 'Roi des Rois', qui a sauvé son peuple en noyant les soldats égyptiens dans la mer. Le texte décrit le miracle de la mer Rouge qui s'est ouverte pour laisser passer les Hébreux et s'est refermée sur les Égyptiens. Dieu est loué pour sa puissance et sa vengeance contre les injustices commises par les Égyptiens. Le poème mentionne également la terreur des nations voisines face aux succès des Hébreux et leur crainte des faveurs divines accordées à Israël. Les Hébreux expriment leur gratitude et leur foi en Dieu, qui les guide et les protège. Ils anticipent leur entrée en Terre Promise et les fêtes qu'ils célébreront en l'honneur de Dieu. Le texte se termine par une réflexion sur la puissance de Dieu et les leçons tirées de la défaite de Pharaon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 2391-2393
LE PASSAGE DE LA MER ROUGE. CANTATE.
Début :
Seigneur, le Peuple qui t'adore, [...]
Mots clefs :
Mer, Force, Passage de la mer Rouge, Onde, Éternel, Vengeur, Israël, Pharaon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE PASSAGE DE LA MER ROUGE. CANTATE.
LE PASSAGE DE LA MER ROUGE.
CANTATE. *
Seigneur , le Peuple qui t'adore ,
Sous le joug de l'Egypte a trop long- tems gémi
Tonne , frappe , poursuis .... une autre playe
encore ,
A presser son départ force son ennemi,
Mais bien- tôt Pharaon sent renaître sa rage ,
Et pour le rendre à l'esclavage ,
* On a composé cette Cantate , pour faire naître
ceux qui peuvent mieux travailler en ce genre ,
l'idée de renoncer enfin à ces sujets frivoles ou dangereux
sur lesquels ils s'exercent, et de choisir parmi
tant de grands sujets qu'offrent les Livres Sacrez ;
le génie et les moeurs y trouveroient également leur
avantage.
I
2392 MERCURE DE FRANCE
Il marche , il passeroit et les Monts et les Mers
Israël poursuivi , ne voit point de retraite ;
Il redouble ses pas , l'Onde s'offre et l'arrête . . .
Ciel , sans ton prompt secours il rentre dans
les fers.
O force puissante
Qui soumet les eaux !
La Mer mugissante ,
Arrête ses flots.
Dans la Plaine humide ,
L'immortelle main ,
A l'Hébreu timide ,
Ouvre un sûr chemin.
O force puissante , &c.
Pharaon le voit trop , et même encore en douto.
Sont- ils donc sans retour sortis de mes liens ?
Ah ! je les poursuivrai par cette même route ;
Il dit , et sur leurs pas il marche avec les siens.
Signale , Ange vengeur , ta droite meurtriere ;
Nuages , cachez la lumiere ;
Brillez , Eclairs ; gronde , Tonnere affreux;
Aquilons , déployez vos fureurs vagabondes ,
Mer , souleve tes Ondes ;
Périssez , Tyrans des Hébreux ....
Quel désespoir ! quel bruit épouventable
De vagues en courroux , de perçantes clameurs ↑
1
NOVEMBRE. 1733 2393
Ils sont tous engloutis dans l'abyme effroyable;
Israël est vengé de ses fiers oppresseurs.
Louons l'Eternel ,
Chantons sa victoire ;
Quel Vainqueur mortel ,
Egale sa gloire ?
Quel ami sensible ,
A rien de si doux ?
Quel vengeur terrible ;
Frappe de tels coups ?
L'Onde coule en vain ;
Son amour l'enchaîne :
Il parle , et soudain ,
Elle sert sa haîne.
Louons l'Eternel , & c.
Par M. l'Abbé S.
CANTATE. *
Seigneur , le Peuple qui t'adore ,
Sous le joug de l'Egypte a trop long- tems gémi
Tonne , frappe , poursuis .... une autre playe
encore ,
A presser son départ force son ennemi,
Mais bien- tôt Pharaon sent renaître sa rage ,
Et pour le rendre à l'esclavage ,
* On a composé cette Cantate , pour faire naître
ceux qui peuvent mieux travailler en ce genre ,
l'idée de renoncer enfin à ces sujets frivoles ou dangereux
sur lesquels ils s'exercent, et de choisir parmi
tant de grands sujets qu'offrent les Livres Sacrez ;
le génie et les moeurs y trouveroient également leur
avantage.
I
2392 MERCURE DE FRANCE
Il marche , il passeroit et les Monts et les Mers
Israël poursuivi , ne voit point de retraite ;
Il redouble ses pas , l'Onde s'offre et l'arrête . . .
Ciel , sans ton prompt secours il rentre dans
les fers.
O force puissante
Qui soumet les eaux !
La Mer mugissante ,
Arrête ses flots.
Dans la Plaine humide ,
L'immortelle main ,
A l'Hébreu timide ,
Ouvre un sûr chemin.
O force puissante , &c.
Pharaon le voit trop , et même encore en douto.
Sont- ils donc sans retour sortis de mes liens ?
Ah ! je les poursuivrai par cette même route ;
Il dit , et sur leurs pas il marche avec les siens.
Signale , Ange vengeur , ta droite meurtriere ;
Nuages , cachez la lumiere ;
Brillez , Eclairs ; gronde , Tonnere affreux;
Aquilons , déployez vos fureurs vagabondes ,
Mer , souleve tes Ondes ;
Périssez , Tyrans des Hébreux ....
Quel désespoir ! quel bruit épouventable
De vagues en courroux , de perçantes clameurs ↑
1
NOVEMBRE. 1733 2393
Ils sont tous engloutis dans l'abyme effroyable;
Israël est vengé de ses fiers oppresseurs.
Louons l'Eternel ,
Chantons sa victoire ;
Quel Vainqueur mortel ,
Egale sa gloire ?
Quel ami sensible ,
A rien de si doux ?
Quel vengeur terrible ;
Frappe de tels coups ?
L'Onde coule en vain ;
Son amour l'enchaîne :
Il parle , et soudain ,
Elle sert sa haîne.
Louons l'Eternel , & c.
Par M. l'Abbé S.
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Résumé : LE PASSAGE DE LA MER ROUGE. CANTATE.
La cantate 'Le Passage de la Mer Rouge' exhorte les artistes à privilégier des sujets tirés des Livres Sacrés plutôt que des thèmes frivoles ou dangereux. Elle narre l'exode des Israélites hors d'Égypte, poursuivis par Pharaon. Bloqués par la mer, Dieu ouvre un passage à travers les eaux, permettant aux Israélites de traverser. Pharaon, doutant de leur fuite, les poursuit mais est englouti avec son armée par les flots soulevés par Dieu. La cantate célèbre la puissance divine et la délivrance des Hébreux, invitant à louer l'Éternel pour sa victoire et son amour.
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