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1
p. 165-168
LIVRE NOUVEAU.
Début :
On vend à Paris, chez A. Dezalliers, ruë Saint Jacques [...]
Mots clefs :
Livre nouveau, Traduction, Jacques Auguste de Thou, Histoire littéraire
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texteReconnaissance textuelle : LIVRE NOUVEAU.
LIVRE NOUVEAU.
On vend à Paris , chez
166 MERCURE
A. Dezalliers , rue Saint
Jacques à la Couronne d'or ,
un Livre nouveau , fous de
Titre de Memoires de la
vie de Jacques Augufte de
Thou , Confeiller d'Etat
Prefident à Mortier au
Parlement de Paris , & c.
traduits du Latin en François
à Amfterdam chez Renier
Léers 1711. Le nom feul
de l'illuftre Prefident de
Thou , fait ſon éloge , ainfi
fa vie qu'il a lui- mefme
écrite en tierce perfonne ,
& qu'on trouve au com
mencement ou à la fin de
GALANT. 167
de cette grande Hiftoire de
fon temps qu'il nous a
donnée , eft tres digne de
la curiofité des Sçavans,
D'ailleurs elle eft fort variée
& remplie d'une infinité
de chofes tres particulieres ,
& tres precieufes pour ceux
quis'appliquent à l'Hiftoire
generale , ou à l'Hiftoire
litteraire ; outre cela elle
eft enrichie de plufieurs
Poëfies que le Traducteur
a renduës en vers François ,
entr'autres d'une Apologia
de les Hiftoires tres longue,
& tres-circonftanciée fous1
1
J
·
1
168 MERGURE
le titre de Poëme à la poſterité . On y trouve encore
la traduction de l'excellente
Preface que Mr de Thou a
mife à la tefte de fa grande
Hiftoire , & par laquelle il
dedie fon ouvrage à Henry
IV. avec la traduction de
l'Ode intitulée la Verité , qui
dans les bonnes éditions de
cette Hiftoire fuit immediatement la Preface On
peut dire que cette traduc
tion n'eft pas indigne de
l'Original , & que la Profe
& les Vers s'y font lire
avec plaifir
On vend à Paris , chez
166 MERCURE
A. Dezalliers , rue Saint
Jacques à la Couronne d'or ,
un Livre nouveau , fous de
Titre de Memoires de la
vie de Jacques Augufte de
Thou , Confeiller d'Etat
Prefident à Mortier au
Parlement de Paris , & c.
traduits du Latin en François
à Amfterdam chez Renier
Léers 1711. Le nom feul
de l'illuftre Prefident de
Thou , fait ſon éloge , ainfi
fa vie qu'il a lui- mefme
écrite en tierce perfonne ,
& qu'on trouve au com
mencement ou à la fin de
GALANT. 167
de cette grande Hiftoire de
fon temps qu'il nous a
donnée , eft tres digne de
la curiofité des Sçavans,
D'ailleurs elle eft fort variée
& remplie d'une infinité
de chofes tres particulieres ,
& tres precieufes pour ceux
quis'appliquent à l'Hiftoire
generale , ou à l'Hiftoire
litteraire ; outre cela elle
eft enrichie de plufieurs
Poëfies que le Traducteur
a renduës en vers François ,
entr'autres d'une Apologia
de les Hiftoires tres longue,
& tres-circonftanciée fous1
1
J
·
1
168 MERGURE
le titre de Poëme à la poſterité . On y trouve encore
la traduction de l'excellente
Preface que Mr de Thou a
mife à la tefte de fa grande
Hiftoire , & par laquelle il
dedie fon ouvrage à Henry
IV. avec la traduction de
l'Ode intitulée la Verité , qui
dans les bonnes éditions de
cette Hiftoire fuit immediatement la Preface On
peut dire que cette traduc
tion n'eft pas indigne de
l'Original , & que la Profe
& les Vers s'y font lire
avec plaifir
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Résumé : LIVRE NOUVEAU.
Le livre 'Mémoires de la vie de Jacques Auguste de Thou' est en vente à Paris et à Amsterdam en 1711. Traduit du latin au français, il est disponible chez A. Dezalliers à Paris et chez Renier Leers à Amsterdam. Jacques Auguste de Thou, Conseiller d'État et Président à Mortier au Parlement de Paris, y relate sa propre biographie en tierce personne. L'ouvrage est apprécié pour sa richesse en informations variées et précieuses, tant pour l'histoire générale que pour l'histoire littéraire. Il inclut plusieurs poèmes traduits en français, notamment une longue 'Apologia' intitulée 'Poème à la postérité'. Le livre contient également la traduction de la préface dédiée à Henri IV et d'une ode intitulée 'La Vérité'. La traduction est jugée digne de l'original et les textes s'y lisent avec plaisir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2432-2441
LETTRE écrite à M. D. L. R. au sujet de l'Histoire Litteraire de Lyon, composée par le R. P. de Colonia, de la Compagnie de Jesus. Second Volume.
Début :
Ne vous impatientez plus, Monsieur, vous recevrez incessamment le second [...]
Mots clefs :
Histoire littéraire, Lyon, Église, Auteurs, Auteurs lyonnais, Historien, Abbaye, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D. L. R. au sujet de l'Histoire Litteraire de Lyon, composée par le R. P. de Colonia, de la Compagnie de Jesus. Second Volume.
LETTRE écrite à M. D. L. R. aufujet
de l'Hiftoire Litteraire de Lyon , composée
par le R. P. de Colonia , de la Compagnie
de Jefus. Second Volume.
N
E vous impatientez plus , Monfieur,
vous recevrez inceffamment le fecond
Volume de l'Hiftoire de Lyon
compofée par le R. P. de Colonia. Lorf
que vous verrez ce fecond Volume vous
ne vous plaindrez pas du temps que le
Libraire à employé à le faire paroître.
Vous ferez au contraire furpris de la diligence
avec laquelle il en a acceleré l'impreffion.
Il eft imprimé , comme le premier
, à Lyon , chez Fr. Rigolet . Il eſt
dédié pareillement à M" les Prévôt des
Marchands, Echevins de la Ville de Lyon ,
Préfidens , Juges , &c. au nombre defquels
on voit avec plaifir le celebre M. Broffette,
La fuite de l'Hiftoire de Lyon appartenoit
de droit au Corps de Ville , encore
plus que le commencement ; les deux
derniers fiecles de cette Hiftoire ont feuls
fourni à l'Auteur une moiffon plus abondante
que les quinze premiers ; & ce qui
doit intereffer plus directement ce Corps
de
NOVEMBRE. 1730. 2438
de Ville , c'eft , dit notre Hiftorien , que
parmi tous les celebres Lyonnois dont on
fait connoître les Ouvrages , il s'en trouve
un grand nombre qui ont avec cet ilfuftre
Corps des relations plus particufieres
& plus intimes que celles que donne
une même Patrie. Le P. de Colonia'
nous avertit que plufieurs d'entre eux
ont occupé dans leur temps les mêmes
places dans ce Corps , & qu'on voit leurs
Portraits dans le magnifique Hôtel de la'
Ville de Lyon , & que leurs noms font
écrits dans les Faftes Confulaires ; mais
ces Monumen's domeftiques & muets ,
ajoûte l'Auteur , qui ont perpetué leur
mémoire dans la Ville de Lyon , ne fuf
fifoient pas pour les illuftrer chez les Na
tions étrangères , cela étoit réfervé à l'é
legante plume du Pere de Colonia , &
c'est par cette Hiftoire Litteraire qu'on y
parviendra ..
On trouvé à la tête de ce Volume un
Avertiffement' , par lequel le R. P. de
Colonia nous apprend qu'il avoit d'abord
eu la pensée , en travaillant à ce fecond
Volume , d'y faire entrer un certain nom
bre de celebres Lyonnois , qui fe font le
plus diftingués dans les beaux Arts. Getté
Ville a produit dans ces derniers temps
des Sculpteurs , des Peintres , des Graveurs
& des Architectes , dont les pet-
Ev fonae
2434 MERCURE DE FRANCE
fonalitez , dit le P. de C. qu'on aime
fort aujourd'hui , auroient orné les deux
derniers fiecles de l'Hiftoire Litteraire de
Lyon ; en effet , Monfieur , les noms do
Stella , du petit Bernard , de Coylevox ,
des Couftous , auroient eu de quoi piquer
la curiofité des perfonnes qui ont
du gout pour les Arts Liberaux. Tous
ces hommes recommandables par leurs
divers talens , & aufquels il faut joindre
les Audran , Etienne , Defrochers , &c.
auroient pû figurer avec honneur dans
cet Ouvrage ; mais deux raifons qui ont
paru
folides à l'Auteur , l'ont empêché
de les y placer. La premiere , dit - il , eft
que ce qui concerne fimplement les beaux
Arts , lui a paru une matiere étrangere à
une Hiftoire Litteraire qui doit fe renfermer
dans les Sciences. La deuxième eft la
crainte qu'il a euë de groffir trop ce Volume
en cherchant à l'enrichir. Vous voyez ,
Monfieur , que le fçavant Jefuite penfe
bien differemment de vous fur l'objet
d'une Hiftoire Litteraire , vous êtes perfuadé
que les Sciences & les Arts ne doi
vent , pour ainfi dire , faire qu'un corps.
dans une Hiftoire Litteraire ; fi vous étiez
à portée de difcuter ce fentiment avec
Hiftorien de la Ville de Lyon , je vous
inviterois à le faire.
Ce fecond Volume a encore de commun
NOVEMBRE. 1730. 2435
mun avec le premier , qu'il eft divité par
fiecles , les fiecles font divifez par Chapitres
, & enfin les Chapitres par Paragraphes
: ordre qui ne peut manquer de répandre
de la clarté fur tout l'Ouvrage.
Le P. de Colonia reconnoît de bonne
foi que le nouveau fiecle où il entre
dans ce Volume , c'eft à -dire le feptiéme
& le huitième , n'eft gueres propre de
fon fonds à fervir de montre pour cette
feconde partie de l'Hiftoire Litteraire de
Lyon. La fterilité Litteraire , dit-il , a été
très grande. L'Auteur en tire les caufes
des fréquentes irruptions que les Sarrafins
d'Espagne & d'Afrique avec leurs
effroyables Armées , firent dans nos plus
belles Provinces, des ravages qu'y caufe
rent nos propres armées, alors prefqu'auffi
formidables que celles des ennemis , de
la foibleffe de la plupart de nos Rois , de
la Tyranie des Maires du Palais , & en
particulier de celle d'Ebroin ; des Guerres
Civiles , des inondations , des maladiescontagieufes
, &c. tout cela enfemble concourut
à étouffer generalement dans les
efprits l'amour de l'étude & le
gour des
bonnes Lettres ; de forte qu'on ne voit
paroître aucun Auteur Lyonnois fur la
Scene dans toute l'Hiftoire Litteraire du
feptiéme & du huitiéme fiecle. Mais on
ne fera pas furpris de cette ftérilité , fi on
E vj fale
2436 MERCURE DE FRANCE
fait reflexion , avec notre Hiftorien , que
la France elle- même , & la France toute
entiere , ne fournit à peine durant tout
ce temps-là que trois ou quatre Auteurs ,
dont les Ecrits & le nom même foient
venus jufqu'à nous .
C'eft pour remplir une partie de ce
vuide que le P. de Colonia fait l'Hiftoire
du Commerce Litteraire du Pape Grégoire
le Grand , avec Etherius , Archevêque
de Lyon ; ce qui donne lieu à l'Auteur de
publier plufieurs faits qui regardent ce
dernier , & de les éclaircir en relevant les
erreurs qu'on a débitées à ſon ſujet.
Deux Evenemens confiderables lui fourniffent
une ample matiere pour le fecond
Chapitre de ce fiecle. Le premier eft la
fondation ou plutôt le rétabliffement de
la celebre Abbaye d'Aifnay , dont la Reine
Brunehault voulut être la Reftauratrice ..
Le fecond Evenement eft la dépofition
de S. Didier. Le premier donne occafion
de faire l'Hiftoire abregée , mais claire ,
de la celebre Abbaye d'Aifnay , de faire
remarquer fon antiquité , l'étimologie des
fon nom , les Regles qu'on y a embraffées,
dont celle de S.. Martin eft la plus ancienne
, celle de S. Benoît , felon l'Auteur ,,
n'y ayant été adoptée que dans le douzié.
me & treiziéme fiecle.
Une chofe qui paroît finguliere dans
cette
7
NOVEMBRE. 1730. 2437
cette Abbaye , c'eft une antique Chapelle,
bâtie en l'honneur de l'Immaculée Conception
, d'où l'Auteur prend occafion d'é
claircir ce que l'ancienne Tradition nous
apprend fur ce fujet.
Les faits rapportez dans le refte de ce
fiecle regardent la Ville de Lyon en par
ticulier. On y traite de la fondation de
quelques Eglifes , entr'autres de celle de
S. Etienne , de Sainte Croix & l'Eglife
Métropolitaine de S. Jean - Baptifte. Jo
pafferai legerement fur ce que l'Auteur
dit de ces deux premieres ; mais il y a
dans la troifiéme des fingularitez qui mé
ritent de n'être pas obmifes dans cette
Lettre. Une des principales , ce font deux
Croix qu'on voit en tout temps aux deux
extrémitez de l'Autel , elles font , felon
le P. de Colonia , un Monument du treiziéme
fiecle , Monument qui nous a conférvé
la mémoire de la réunion de l'Eglife
Latine & de l'Eglife Grecque , quis
fe fit dans cette même Eglife en 1274 .
Les habits de pourpre dont font revêtues
quelques figures qu'on voit repréfentées
fur d'anciennes vitres de l'Eglifes
font connoître que c'étoit- là anciennement
l'habit ordinaire des Chanoines dè
cette Métropole , ce qui donne lieu au
P. de C. de remarquer que le Pape Inno
cent IV. qui réfida fix ou fept ans dans
Lyon
2438 MERCURE DE FRANCE
Lyon , adopta cet habit & le donna à fes
Cardinaux .
De l'Eglife Cathédrale , le P. de C. paffe
à celle de S. Jean , & une des fingularitez
de cette Eglife c'eft le Jubilé qu'on y
gagne toutes les fois que la Fête de faint
Jean- Baptifte fe rencontre le même jour
que la Fête du S. Sacrement , ce qui n'eſt
arrivé qu'une fois chaque fiecle depuis
l'établiffement de cette derniere Fête.
Le neuviéme fiecle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon , a été un peu plus fertile pour
les Lettres. Leydrade , quarante-fixiéme
Archevêque de Lyon , Bibliothecaire de
Charlemagne , & un de fes principaux
Favoris , fut également le Réparateur de la
plupart des Lieux Saints , le Reſtaurateur
des Sciences , & le Réformateur de l'Of
fice divin de l'Eglife de Lyon.
Les erreurs que Felix d'Urgel répandoit
de fon temps , donnerent occafion à
Leydrade de fignaler fon zele , auquel Ur
gel fit tant d'attention , qu'il fit abjuration
de fon Herefie ; mais il ne perfevera
pas long- temps dans fes bons fentimens.
S. Agobard , Florus , & S, Remi , tous
Archevêques de Lyon , fe fignalerent par
leurs Ecrits & par les Adverfaires qu'ils
eurent à combattre. Les erreurs que Felix
d'Urgel débitoit du temps de Leydrade ,
donnerent occafion à ce dernier de fignaler
fon
NOVEMBRE. 1730. 2439
fon zele , il écrivit , & S. Agobard après
lui , contre ces erreurs , lefquelles , pour
le temps , ne laifferent pas d'occafionner
plufieurs Ecrits , dont l'Hiſtorien fait le
dénombrement.
Jean Scot , furnommé Erigene , fut
l'objet du zele, ou plutôt de l'indignation
de Florus. Enfin S. Remy , Archevêque
de Lyon , fe fignala par divers emplois ,
par les avantages qu'il procura à fon Egli
Te & par le foin dont il fut chargé de
répondre à ce que trois Evêques avoient
écrit à Amolon , au fujet de Godercalque.
L'Hiftoire parte enfuite de la Lettre dogmatique
de cet Archevêque , & de fon
Traité contre les quatre fameux Articles
de Quiercy.
Le dixième fiecle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon retombé dans la ſtérilité , fait
voir la viciffitude des chofes humaines.
Cette ftérilité a engagé l'Hiftorien à net
parler de ce fiecle que conjointement avec
l'onzième , ainfi qu'il en a ufé à l'égard
du feptiéme & du huitiéme. Ce qui regarde
Halinard , foixante-cinquiéme Arvêque
de Lyon , & Humbert fon fucceffeur
, Hugues & S. Jubin ou Gebin , rempliffent
une bonne partie de ce fiecle
avec l'Hiftoire du féjour de S. Anfelme
de Cantorbery à Lyon. Ce qui donne occafion
au P.de Colonia de narrer des chofes
bien curieufes. Le
2440 MERCURE DE FRANCE
Le douzième fiecle ne prefente encore
rien fur les Lettres humaines ; mais la
celebre Lettre dogmatique que S. Bernard
écrivit à l'Eglife Metropolitaine de
Lyon , & les Relations oppofées des Auteurs
Lyonnois fur les Pauvres de Lyon ,
& fur leur fameux Chef Pierre Valdo
Bourgeois de cette Ville , le bien & le mal
qu'on en a dit , font les principaux ob
jets des recherches du P. de C. Il prend
de-là occafion de faire connoître le caractere
de S. Bernard & fes intimes liaifons
avec l'Eglife de Lyon , fans oublier
l'Hiftoire de la Fête de l'Immaculée Conception
; il rapporte d'après le P. Martene
, un fait curieux , arrivé à Dijon ,
lequel prouve , felon l'Hiftorien , que les
Dominicains celebroient anciennement là
Fête de l'Immaculée Conception.
Comme le treiziéme & le quitorziémé
fiecles ont encore été ftériles en Auteurs
qui puiffent illuftrer la Bibliotheque Lyonnoife,
c'eft ainfi que le P. de C. appelle
quelquefois fon Hiftoire Litteraire : l'HIL
torien a trouvé à propos de n'en parler
que conjointement l'un avec l'autre , &
de fe répandre fur ce qui peut intereffer
THiftoire generale : Ainfi le premier Concile
general tenu fous Innocent IV. fait
un des plus beaux objets & des plus confiderables
de cette Hiftoire , le P. de C.-
}
NOVEMBRE . 1730. 2441
en fait un Article curieux par les diverfes
circonftances qu'il rapporte. Il en agit de
même à l'égard d'un autre Concile qui
fut indiqué à Lyon par Théalde ou Thi
bauld , ancien Chanoine de l'Eglife Métropolitaine
de Lyon, & depuis Pape, connu
fous le nom de Grégoire X. Enfin trois
Auteurs , plus ou moins connus , comme
le dit le P. de C. achevent de remplir le
vuide de ces deux fiecles . Parmi ces Auteurs
il y a deux Cardinaux , Bernard Aygler
& Jean de la Grange , autrement dit
le Cardinal d'Amiens , & le troiſieme eft
une perfonne de l'autre fexe, diftinguée par
une éminente pieté. C'eft la vertueufe Marguerite
, Chartreufe . On ne connoît plus ,
dit le P. de C. ni leur perfonne , ni leurs
Ecrits, ce qui l'engage à les faire connoître
lui-même & à entrer dans un détail circonftancié
de ce qui regarde ces trois Sujets,
Nous donnerons la fuite de cette Lettre
dans le prochain Mercure.
de l'Hiftoire Litteraire de Lyon , composée
par le R. P. de Colonia , de la Compagnie
de Jefus. Second Volume.
N
E vous impatientez plus , Monfieur,
vous recevrez inceffamment le fecond
Volume de l'Hiftoire de Lyon
compofée par le R. P. de Colonia. Lorf
que vous verrez ce fecond Volume vous
ne vous plaindrez pas du temps que le
Libraire à employé à le faire paroître.
Vous ferez au contraire furpris de la diligence
avec laquelle il en a acceleré l'impreffion.
Il eft imprimé , comme le premier
, à Lyon , chez Fr. Rigolet . Il eſt
dédié pareillement à M" les Prévôt des
Marchands, Echevins de la Ville de Lyon ,
Préfidens , Juges , &c. au nombre defquels
on voit avec plaifir le celebre M. Broffette,
La fuite de l'Hiftoire de Lyon appartenoit
de droit au Corps de Ville , encore
plus que le commencement ; les deux
derniers fiecles de cette Hiftoire ont feuls
fourni à l'Auteur une moiffon plus abondante
que les quinze premiers ; & ce qui
doit intereffer plus directement ce Corps
de
NOVEMBRE. 1730. 2438
de Ville , c'eft , dit notre Hiftorien , que
parmi tous les celebres Lyonnois dont on
fait connoître les Ouvrages , il s'en trouve
un grand nombre qui ont avec cet ilfuftre
Corps des relations plus particufieres
& plus intimes que celles que donne
une même Patrie. Le P. de Colonia'
nous avertit que plufieurs d'entre eux
ont occupé dans leur temps les mêmes
places dans ce Corps , & qu'on voit leurs
Portraits dans le magnifique Hôtel de la'
Ville de Lyon , & que leurs noms font
écrits dans les Faftes Confulaires ; mais
ces Monumen's domeftiques & muets ,
ajoûte l'Auteur , qui ont perpetué leur
mémoire dans la Ville de Lyon , ne fuf
fifoient pas pour les illuftrer chez les Na
tions étrangères , cela étoit réfervé à l'é
legante plume du Pere de Colonia , &
c'est par cette Hiftoire Litteraire qu'on y
parviendra ..
On trouvé à la tête de ce Volume un
Avertiffement' , par lequel le R. P. de
Colonia nous apprend qu'il avoit d'abord
eu la pensée , en travaillant à ce fecond
Volume , d'y faire entrer un certain nom
bre de celebres Lyonnois , qui fe font le
plus diftingués dans les beaux Arts. Getté
Ville a produit dans ces derniers temps
des Sculpteurs , des Peintres , des Graveurs
& des Architectes , dont les pet-
Ev fonae
2434 MERCURE DE FRANCE
fonalitez , dit le P. de C. qu'on aime
fort aujourd'hui , auroient orné les deux
derniers fiecles de l'Hiftoire Litteraire de
Lyon ; en effet , Monfieur , les noms do
Stella , du petit Bernard , de Coylevox ,
des Couftous , auroient eu de quoi piquer
la curiofité des perfonnes qui ont
du gout pour les Arts Liberaux. Tous
ces hommes recommandables par leurs
divers talens , & aufquels il faut joindre
les Audran , Etienne , Defrochers , &c.
auroient pû figurer avec honneur dans
cet Ouvrage ; mais deux raifons qui ont
paru
folides à l'Auteur , l'ont empêché
de les y placer. La premiere , dit - il , eft
que ce qui concerne fimplement les beaux
Arts , lui a paru une matiere étrangere à
une Hiftoire Litteraire qui doit fe renfermer
dans les Sciences. La deuxième eft la
crainte qu'il a euë de groffir trop ce Volume
en cherchant à l'enrichir. Vous voyez ,
Monfieur , que le fçavant Jefuite penfe
bien differemment de vous fur l'objet
d'une Hiftoire Litteraire , vous êtes perfuadé
que les Sciences & les Arts ne doi
vent , pour ainfi dire , faire qu'un corps.
dans une Hiftoire Litteraire ; fi vous étiez
à portée de difcuter ce fentiment avec
Hiftorien de la Ville de Lyon , je vous
inviterois à le faire.
Ce fecond Volume a encore de commun
NOVEMBRE. 1730. 2435
mun avec le premier , qu'il eft divité par
fiecles , les fiecles font divifez par Chapitres
, & enfin les Chapitres par Paragraphes
: ordre qui ne peut manquer de répandre
de la clarté fur tout l'Ouvrage.
Le P. de Colonia reconnoît de bonne
foi que le nouveau fiecle où il entre
dans ce Volume , c'eft à -dire le feptiéme
& le huitième , n'eft gueres propre de
fon fonds à fervir de montre pour cette
feconde partie de l'Hiftoire Litteraire de
Lyon. La fterilité Litteraire , dit-il , a été
très grande. L'Auteur en tire les caufes
des fréquentes irruptions que les Sarrafins
d'Espagne & d'Afrique avec leurs
effroyables Armées , firent dans nos plus
belles Provinces, des ravages qu'y caufe
rent nos propres armées, alors prefqu'auffi
formidables que celles des ennemis , de
la foibleffe de la plupart de nos Rois , de
la Tyranie des Maires du Palais , & en
particulier de celle d'Ebroin ; des Guerres
Civiles , des inondations , des maladiescontagieufes
, &c. tout cela enfemble concourut
à étouffer generalement dans les
efprits l'amour de l'étude & le
gour des
bonnes Lettres ; de forte qu'on ne voit
paroître aucun Auteur Lyonnois fur la
Scene dans toute l'Hiftoire Litteraire du
feptiéme & du huitiéme fiecle. Mais on
ne fera pas furpris de cette ftérilité , fi on
E vj fale
2436 MERCURE DE FRANCE
fait reflexion , avec notre Hiftorien , que
la France elle- même , & la France toute
entiere , ne fournit à peine durant tout
ce temps-là que trois ou quatre Auteurs ,
dont les Ecrits & le nom même foient
venus jufqu'à nous .
C'eft pour remplir une partie de ce
vuide que le P. de Colonia fait l'Hiftoire
du Commerce Litteraire du Pape Grégoire
le Grand , avec Etherius , Archevêque
de Lyon ; ce qui donne lieu à l'Auteur de
publier plufieurs faits qui regardent ce
dernier , & de les éclaircir en relevant les
erreurs qu'on a débitées à ſon ſujet.
Deux Evenemens confiderables lui fourniffent
une ample matiere pour le fecond
Chapitre de ce fiecle. Le premier eft la
fondation ou plutôt le rétabliffement de
la celebre Abbaye d'Aifnay , dont la Reine
Brunehault voulut être la Reftauratrice ..
Le fecond Evenement eft la dépofition
de S. Didier. Le premier donne occafion
de faire l'Hiftoire abregée , mais claire ,
de la celebre Abbaye d'Aifnay , de faire
remarquer fon antiquité , l'étimologie des
fon nom , les Regles qu'on y a embraffées,
dont celle de S.. Martin eft la plus ancienne
, celle de S. Benoît , felon l'Auteur ,,
n'y ayant été adoptée que dans le douzié.
me & treiziéme fiecle.
Une chofe qui paroît finguliere dans
cette
7
NOVEMBRE. 1730. 2437
cette Abbaye , c'eft une antique Chapelle,
bâtie en l'honneur de l'Immaculée Conception
, d'où l'Auteur prend occafion d'é
claircir ce que l'ancienne Tradition nous
apprend fur ce fujet.
Les faits rapportez dans le refte de ce
fiecle regardent la Ville de Lyon en par
ticulier. On y traite de la fondation de
quelques Eglifes , entr'autres de celle de
S. Etienne , de Sainte Croix & l'Eglife
Métropolitaine de S. Jean - Baptifte. Jo
pafferai legerement fur ce que l'Auteur
dit de ces deux premieres ; mais il y a
dans la troifiéme des fingularitez qui mé
ritent de n'être pas obmifes dans cette
Lettre. Une des principales , ce font deux
Croix qu'on voit en tout temps aux deux
extrémitez de l'Autel , elles font , felon
le P. de Colonia , un Monument du treiziéme
fiecle , Monument qui nous a conférvé
la mémoire de la réunion de l'Eglife
Latine & de l'Eglife Grecque , quis
fe fit dans cette même Eglife en 1274 .
Les habits de pourpre dont font revêtues
quelques figures qu'on voit repréfentées
fur d'anciennes vitres de l'Eglifes
font connoître que c'étoit- là anciennement
l'habit ordinaire des Chanoines dè
cette Métropole , ce qui donne lieu au
P. de C. de remarquer que le Pape Inno
cent IV. qui réfida fix ou fept ans dans
Lyon
2438 MERCURE DE FRANCE
Lyon , adopta cet habit & le donna à fes
Cardinaux .
De l'Eglife Cathédrale , le P. de C. paffe
à celle de S. Jean , & une des fingularitez
de cette Eglife c'eft le Jubilé qu'on y
gagne toutes les fois que la Fête de faint
Jean- Baptifte fe rencontre le même jour
que la Fête du S. Sacrement , ce qui n'eſt
arrivé qu'une fois chaque fiecle depuis
l'établiffement de cette derniere Fête.
Le neuviéme fiecle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon , a été un peu plus fertile pour
les Lettres. Leydrade , quarante-fixiéme
Archevêque de Lyon , Bibliothecaire de
Charlemagne , & un de fes principaux
Favoris , fut également le Réparateur de la
plupart des Lieux Saints , le Reſtaurateur
des Sciences , & le Réformateur de l'Of
fice divin de l'Eglife de Lyon.
Les erreurs que Felix d'Urgel répandoit
de fon temps , donnerent occafion à
Leydrade de fignaler fon zele , auquel Ur
gel fit tant d'attention , qu'il fit abjuration
de fon Herefie ; mais il ne perfevera
pas long- temps dans fes bons fentimens.
S. Agobard , Florus , & S, Remi , tous
Archevêques de Lyon , fe fignalerent par
leurs Ecrits & par les Adverfaires qu'ils
eurent à combattre. Les erreurs que Felix
d'Urgel débitoit du temps de Leydrade ,
donnerent occafion à ce dernier de fignaler
fon
NOVEMBRE. 1730. 2439
fon zele , il écrivit , & S. Agobard après
lui , contre ces erreurs , lefquelles , pour
le temps , ne laifferent pas d'occafionner
plufieurs Ecrits , dont l'Hiſtorien fait le
dénombrement.
Jean Scot , furnommé Erigene , fut
l'objet du zele, ou plutôt de l'indignation
de Florus. Enfin S. Remy , Archevêque
de Lyon , fe fignala par divers emplois ,
par les avantages qu'il procura à fon Egli
Te & par le foin dont il fut chargé de
répondre à ce que trois Evêques avoient
écrit à Amolon , au fujet de Godercalque.
L'Hiftoire parte enfuite de la Lettre dogmatique
de cet Archevêque , & de fon
Traité contre les quatre fameux Articles
de Quiercy.
Le dixième fiecle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon retombé dans la ſtérilité , fait
voir la viciffitude des chofes humaines.
Cette ftérilité a engagé l'Hiftorien à net
parler de ce fiecle que conjointement avec
l'onzième , ainfi qu'il en a ufé à l'égard
du feptiéme & du huitiéme. Ce qui regarde
Halinard , foixante-cinquiéme Arvêque
de Lyon , & Humbert fon fucceffeur
, Hugues & S. Jubin ou Gebin , rempliffent
une bonne partie de ce fiecle
avec l'Hiftoire du féjour de S. Anfelme
de Cantorbery à Lyon. Ce qui donne occafion
au P.de Colonia de narrer des chofes
bien curieufes. Le
2440 MERCURE DE FRANCE
Le douzième fiecle ne prefente encore
rien fur les Lettres humaines ; mais la
celebre Lettre dogmatique que S. Bernard
écrivit à l'Eglife Metropolitaine de
Lyon , & les Relations oppofées des Auteurs
Lyonnois fur les Pauvres de Lyon ,
& fur leur fameux Chef Pierre Valdo
Bourgeois de cette Ville , le bien & le mal
qu'on en a dit , font les principaux ob
jets des recherches du P. de C. Il prend
de-là occafion de faire connoître le caractere
de S. Bernard & fes intimes liaifons
avec l'Eglife de Lyon , fans oublier
l'Hiftoire de la Fête de l'Immaculée Conception
; il rapporte d'après le P. Martene
, un fait curieux , arrivé à Dijon ,
lequel prouve , felon l'Hiftorien , que les
Dominicains celebroient anciennement là
Fête de l'Immaculée Conception.
Comme le treiziéme & le quitorziémé
fiecles ont encore été ftériles en Auteurs
qui puiffent illuftrer la Bibliotheque Lyonnoife,
c'eft ainfi que le P. de C. appelle
quelquefois fon Hiftoire Litteraire : l'HIL
torien a trouvé à propos de n'en parler
que conjointement l'un avec l'autre , &
de fe répandre fur ce qui peut intereffer
THiftoire generale : Ainfi le premier Concile
general tenu fous Innocent IV. fait
un des plus beaux objets & des plus confiderables
de cette Hiftoire , le P. de C.-
}
NOVEMBRE . 1730. 2441
en fait un Article curieux par les diverfes
circonftances qu'il rapporte. Il en agit de
même à l'égard d'un autre Concile qui
fut indiqué à Lyon par Théalde ou Thi
bauld , ancien Chanoine de l'Eglife Métropolitaine
de Lyon, & depuis Pape, connu
fous le nom de Grégoire X. Enfin trois
Auteurs , plus ou moins connus , comme
le dit le P. de C. achevent de remplir le
vuide de ces deux fiecles . Parmi ces Auteurs
il y a deux Cardinaux , Bernard Aygler
& Jean de la Grange , autrement dit
le Cardinal d'Amiens , & le troiſieme eft
une perfonne de l'autre fexe, diftinguée par
une éminente pieté. C'eft la vertueufe Marguerite
, Chartreufe . On ne connoît plus ,
dit le P. de C. ni leur perfonne , ni leurs
Ecrits, ce qui l'engage à les faire connoître
lui-même & à entrer dans un détail circonftancié
de ce qui regarde ces trois Sujets,
Nous donnerons la fuite de cette Lettre
dans le prochain Mercure.
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Résumé : LETTRE écrite à M. D. L. R. au sujet de l'Histoire Litteraire de Lyon, composée par le R. P. de Colonia, de la Compagnie de Jesus. Second Volume.
La lettre annonce la publication imminente du second volume de l'Histoire Littéraire de Lyon, rédigée par le R. P. de Colonia de la Compagnie de Jésus. Ce volume, imprimé à Lyon chez Fr. Rigolet, est dédié aux Prévôt des Marchands et aux Echevins de la Ville de Lyon, et mentionne notamment M. Broffette. L'auteur observe que les deux derniers siècles de l'histoire lyonnaise ont fourni plus de matière que les quinze premiers, en raison de la présence de nombreux Lyonnois célèbres ayant des relations avec le Corps de Ville. Initialement, le Père de Colonia avait prévu d'inclure des artistes lyonnais distingués dans les beaux-arts, mais il a choisi de se concentrer uniquement sur les sciences pour cette histoire littéraire. Le volume est structuré par siècles, chapitres et paragraphes pour faciliter la compréhension. Les septième et huitième siècles sont marqués par une stérilité littéraire due à diverses perturbations, telles que les invasions, les guerres civiles et les épidémies. L'auteur traite également de la fondation de l'abbaye d'Ainay et de la déposition de Saint Didier. Le neuvième siècle voit une reprise littéraire avec des figures comme Leydrade, S. Agobard, Florus et S. Remi. Les dixième et onzième siècles retombent dans la stérilité, bien que des personnages comme Halinard et Humbert soient mentionnés. Le douzième siècle est marqué par la lettre dogmatique de Saint Bernard et les relations concernant Pierre Valdo. Enfin, les treizième et quatorzième siècles sont également stériles en auteurs, mais l'auteur discute des conciles généraux et de quelques auteurs mineurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2662-2667
SUITE de l'Extrait de l'Histoire Litteraire de la Ville de Lyon du Pere de Colonia.
Début :
Le quinziéme siécle commence à être assez varié. Guy, Pape, & Mathieu [...]
Mots clefs :
Histoire littéraire, Lyon, Cardinal, Lettres, Imprimerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Extrait de l'Histoire Litteraire de la Ville de Lyon du Pere de Colonia.
SUITE de PExtrait de l'Hiftoire Litte
raire de la Ville de Lyon du Pere -
de Colonia:
L
nego-
E quinziéme fiécle commence à être
affez varié. Guy , Pape , & Mathieu
Thomaffin,fçavans Lyonnois, en occupent
le commencement. Le premiar étoit Jurifconfulte
, & Mathieu Thomaffin ſe diftingua
furtout dans une fameufe
ciation dont Louis XI. le chargea. Cette
negociation , fuivant le P. de Colonia
a produit un rare Manufcrit dont il a
jugé à propos de donner une notice. On
en conferve l'Original dans les Archives
de la Chambre des Comptes de Grenoble
, dont Thomaffin fut Preſident. Ce
rare Manufcrit porte pour titre : Regiftre
Delphinal , fait par le commandement du
Prince Louis Dauphin , par Mathieu Thomaffin
de Lyon , Confeiller Delphinal , &çi
Le venerable Gerfon n'eft'
pas Lyonnois
de naiffance ; mais comme il avoit
choifi la Ville de Lyon pour le lieu de fa
retraite , & qu'il y a paffe les dix dernie
res années de la vie , le P. de Colonia en
parle fort au long , en fe bornant cependant
à ce qui eft de fon ſujet , c'eſt-à-dire ,
à ce qui eft de particulier pour l'Hiftoire
de Lyon dans la vie de cet illuftre Chan-
I. Vol. cclier
DECEMBRE. 1730. 2663
celier de l'Univerfité de Paris , l'Hiftoire
du Cardinal Louis Allemand , connu fous
le nom du Cardinal d'Arles , & furtout
par la grande entrepriſe qu'il fit pour être
Pape , occupe une bonne partie du quinziéme
fiécle , lequel eft terminé par un
détail affez circonftancié du rétabliſſement
des Sciences dans cette grande Ville . Les
circonftances en font curieufes , & meri
tent toute votre attention .
Nous voici enfin arrivez au feize &
dix- feptiéme fiécle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon , c'est - à- dire , à l'âge d'or de
la Litterature dans Lyon . L'Hiſtorien
donne d'abord une idée de la Litte
rature en general du feiziéme fiécle , &
il entre dans le détail des caufes qui l'ont
fait fleurir dans Lyons ce qui lui donne'
lieu de parler des Pienfes Comedies que les
Religieux jouerent , en préfence de Louis
XII. & de la Reine Anne de Bretagne.
A ces pieufes Comedies , dit notre Hiftotien
, fuccéda l'avanture finguliere du
nouveau Mercure ou du nouvel Apollonius
, qui parut à Lyon l'an 1501. & qui
par fa fcience univerfelle , & par fes rares
fecrets , étonna très fort Louis XII. &
toute fa Cour. » C'étoit un Italien nommé
Jean , qui fe faifoit annoncer fous
» le nom de nouvel Apollonius , ou de
nouveau Mercure , & qui fe vantoit de
I.Vols réunig
£664 MERCURE DE FRANCE
» réünir dans fa feule perfonne toute la
» fcience qu'avoient jamais eue les plus fçavans
Auteurs Hebreux, Grecs , & Latins.
» Le nouveau Mercure prétendoit fçavoir
toutes les profondeurs & les fineffes de
l'Art , tant vanté de la tranfmutation
» des Métaux ; il poffedoit parfaitement
» la Magie naturelle , & c. Il fit deux préfens
au Roi , fçavoir , une épée d'une fabrique
toute finguliere & remplie de cent
quatre- vingt couteaux ; & un bouclier ,
au milieu duquel on voyoit un miroir
magique , fabriqué comme l'épée , fous
certaines conftellations , & c. Le détail de
cette avanture , qui étonna fort la Cour
de Louis XII. merite que vous la lifież
en entier dans cette Hiftoire.
Le P. de Colonia paffe enfuite à l'Aca
démie Litteraire de Fourviere , ou de l'An
gelique ; il indique les Auteurs qui en ont
fait mention , les Membres qui la compo
foient , les études qu'on y faifoit , & termine
cet article par quelques Remarquès
fur le Prefident de l'Ange , qui a donné
fon nom à la maiſon , où cette Academie
s'affembloit. Il n'eft pas poffible , Monfieur
, d'entrer dans le détail de tout ce
qui s'eft paffé de curieux & d'intereffan't
pour l'Hiftoire Litteraire de Lyon dan's
ces deux derniers fiécles , fans exceder de
beaucoup les bornes d'une Lettre .
I.Vol.
Vouts
DECEMBRE . 1730. 2665
Vous avez vû que l'Hiftorien ne fe
borne pas à faire mention dans fon Ou
vrage des Sçavans nés à Lyon , le Chancelier
Gerfon , quoi qu'étranger à cette
Ville , comme je l'ai déja dit , ne laiffe pas
de figurer dans fon Hiftoire par le long
fejour qu'il y a fait , & par les fçavans
Ouvrages qu'il y a compofez ; il en eft
de même de Clement Marot. Le P. de
Colonia remarque que ce Poëte , pendant
un féjour affez long qu'il fit dans Lyon
mit la Jeuneffe de cette Ville dans le
gout
de la Poëfie Françoife , & qu'elle alloit
en prendre des leçons dans fa maiſon .
Marot ne fe borna pas à marquer fon inclination
pour la Ville de Lyon pendant
qu'il y demeura , il voulut que la pofterité
eut connoiffance du féjour qu'il y
avoit fait , & il ne quitta cette fameufe
Ville qu'en lui faifant un folennel adieu
& en compofant des Vers à fon honneur
celui de fes habitans confervant
encore après fon départ des relations particulieres
avec les gens de Lettres qu'il
avoit laiffez . C'eft ce que le P. de Colonia
fait fentir avec fon attention ordinaire.
Le P. de Colonia fait enfuite paffer
comme en revue les Sçavans de l'un & de
l'autre fexe qui ont pris naiffance dans
Lyon , & qui font en grand nombre
I. Vol.
on
2666 MERCURE DE FRANCE
on voit ici avec plaifir parmi les femmes ,
Claudine & Sybille Seve , Jeanne Gaildarde
, Louife Labbé , Clemence de Bourges
, les Vouté , les Du Perrat , les Duchoul
, & c . L'Hiſtolre de l'Imprimerie de
Lyon vient enfuite , ce qui donne occafion
de parler de Jean Trerchel , premier
modele & pere de l'Imprimerie
Lyonoife , & des premiers Ouvrages qui
fortirent de fa preffe ; on n'oublie pas
Joffe Bade , qui après avoir exercé longtems
l'Art de l'Imprimerie à Lyon , alla
le pratiquer à Paris , où il établit le celebre
Pralum Afcenfianum. Sebaftien Gri
phius , &c.
On voit avec plaifir l'éloge , ou plutôt
Hiftoire entiere du College de la Trinité
de Lyon , tant de l'ancien que du nouveau
, occupé par les R R. PP. Jefuites,
& dont le P. de Colonia fait un détail curieux
, en rapportant beaucoup de particularitez
concernant les gens de Lettres
qui l'ont habité , ou qui en font fortis
tant pour ce qui regarde la Poëfie , l'Hiftoire
, la Grammaire , que les Humanitez
, &c. L'Hiftorien termine enfin fon
fçavant Ouvrage par une Notice ample
& curieufe de la Bibliotheque de ce fameux
College dans laquelle on voir
beaucoup d'éditions des plus rares & des
plus anciennes telles font un Tite-
,
I. Vol.
Live
O
DECEMBRE
. 1730. 2667
"
Live en deux volumes in folio , fur un
beau vélin hiftorié , & d'une parfaite confervation
, imprimé en 1470. à Venife par
Vincent de Spire . La Bible de Gryphius
& les Commentaires de Dolet. Le Talmud
mis au jour à Veniſe par Daniel Bombergue
, & un nombre infini d'autres éditions
de très - grande conféquence . Elles
peuvent , à la verité , le trouver dans les
autres Bibliotheques : mais en voici une
que l'Hiftorien croit pouvoir appeller
unique en Europe , du moins en France
où elle n'a paruë que cette année 1730,
c'eft une Hiftoire generale de la Chine en
30. volumes imprimez à Pe- kin,en beau
papier & en beaux caracteres Chinois.
Chaque volume a quatorze pouces de long
fur fept de large , &c. On y voit aufli les
Lettres originales de Sixte V. écrites par le
Cardinal Sadolet , que le P.de Colonia fe
prépare de donner au Public. A la Notice
de la Bibliotheque qui paroît très curieuſe ,
le P. de Colonia en joint une du curieux
Cabinet du même College , qui ne merite
pas moins l'attention des Antiquaires
mais ce feroit ôter à la defcription de
l'Auteur beaucoup de fon merite, que de
la donner en abregé ; c'eft pourquoi je
ne crois pouvoir faire mieux. que de
Vou
renvoyer à l'Ouvrage même.
Je fuis , &c.
raire de la Ville de Lyon du Pere -
de Colonia:
L
nego-
E quinziéme fiécle commence à être
affez varié. Guy , Pape , & Mathieu
Thomaffin,fçavans Lyonnois, en occupent
le commencement. Le premiar étoit Jurifconfulte
, & Mathieu Thomaffin ſe diftingua
furtout dans une fameufe
ciation dont Louis XI. le chargea. Cette
negociation , fuivant le P. de Colonia
a produit un rare Manufcrit dont il a
jugé à propos de donner une notice. On
en conferve l'Original dans les Archives
de la Chambre des Comptes de Grenoble
, dont Thomaffin fut Preſident. Ce
rare Manufcrit porte pour titre : Regiftre
Delphinal , fait par le commandement du
Prince Louis Dauphin , par Mathieu Thomaffin
de Lyon , Confeiller Delphinal , &çi
Le venerable Gerfon n'eft'
pas Lyonnois
de naiffance ; mais comme il avoit
choifi la Ville de Lyon pour le lieu de fa
retraite , & qu'il y a paffe les dix dernie
res années de la vie , le P. de Colonia en
parle fort au long , en fe bornant cependant
à ce qui eft de fon ſujet , c'eſt-à-dire ,
à ce qui eft de particulier pour l'Hiftoire
de Lyon dans la vie de cet illuftre Chan-
I. Vol. cclier
DECEMBRE. 1730. 2663
celier de l'Univerfité de Paris , l'Hiftoire
du Cardinal Louis Allemand , connu fous
le nom du Cardinal d'Arles , & furtout
par la grande entrepriſe qu'il fit pour être
Pape , occupe une bonne partie du quinziéme
fiécle , lequel eft terminé par un
détail affez circonftancié du rétabliſſement
des Sciences dans cette grande Ville . Les
circonftances en font curieufes , & meri
tent toute votre attention .
Nous voici enfin arrivez au feize &
dix- feptiéme fiécle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon , c'est - à- dire , à l'âge d'or de
la Litterature dans Lyon . L'Hiſtorien
donne d'abord une idée de la Litte
rature en general du feiziéme fiécle , &
il entre dans le détail des caufes qui l'ont
fait fleurir dans Lyons ce qui lui donne'
lieu de parler des Pienfes Comedies que les
Religieux jouerent , en préfence de Louis
XII. & de la Reine Anne de Bretagne.
A ces pieufes Comedies , dit notre Hiftotien
, fuccéda l'avanture finguliere du
nouveau Mercure ou du nouvel Apollonius
, qui parut à Lyon l'an 1501. & qui
par fa fcience univerfelle , & par fes rares
fecrets , étonna très fort Louis XII. &
toute fa Cour. » C'étoit un Italien nommé
Jean , qui fe faifoit annoncer fous
» le nom de nouvel Apollonius , ou de
nouveau Mercure , & qui fe vantoit de
I.Vols réunig
£664 MERCURE DE FRANCE
» réünir dans fa feule perfonne toute la
» fcience qu'avoient jamais eue les plus fçavans
Auteurs Hebreux, Grecs , & Latins.
» Le nouveau Mercure prétendoit fçavoir
toutes les profondeurs & les fineffes de
l'Art , tant vanté de la tranfmutation
» des Métaux ; il poffedoit parfaitement
» la Magie naturelle , & c. Il fit deux préfens
au Roi , fçavoir , une épée d'une fabrique
toute finguliere & remplie de cent
quatre- vingt couteaux ; & un bouclier ,
au milieu duquel on voyoit un miroir
magique , fabriqué comme l'épée , fous
certaines conftellations , & c. Le détail de
cette avanture , qui étonna fort la Cour
de Louis XII. merite que vous la lifież
en entier dans cette Hiftoire.
Le P. de Colonia paffe enfuite à l'Aca
démie Litteraire de Fourviere , ou de l'An
gelique ; il indique les Auteurs qui en ont
fait mention , les Membres qui la compo
foient , les études qu'on y faifoit , & termine
cet article par quelques Remarquès
fur le Prefident de l'Ange , qui a donné
fon nom à la maiſon , où cette Academie
s'affembloit. Il n'eft pas poffible , Monfieur
, d'entrer dans le détail de tout ce
qui s'eft paffé de curieux & d'intereffan't
pour l'Hiftoire Litteraire de Lyon dan's
ces deux derniers fiécles , fans exceder de
beaucoup les bornes d'une Lettre .
I.Vol.
Vouts
DECEMBRE . 1730. 2665
Vous avez vû que l'Hiftorien ne fe
borne pas à faire mention dans fon Ou
vrage des Sçavans nés à Lyon , le Chancelier
Gerfon , quoi qu'étranger à cette
Ville , comme je l'ai déja dit , ne laiffe pas
de figurer dans fon Hiftoire par le long
fejour qu'il y a fait , & par les fçavans
Ouvrages qu'il y a compofez ; il en eft
de même de Clement Marot. Le P. de
Colonia remarque que ce Poëte , pendant
un féjour affez long qu'il fit dans Lyon
mit la Jeuneffe de cette Ville dans le
gout
de la Poëfie Françoife , & qu'elle alloit
en prendre des leçons dans fa maiſon .
Marot ne fe borna pas à marquer fon inclination
pour la Ville de Lyon pendant
qu'il y demeura , il voulut que la pofterité
eut connoiffance du féjour qu'il y
avoit fait , & il ne quitta cette fameufe
Ville qu'en lui faifant un folennel adieu
& en compofant des Vers à fon honneur
celui de fes habitans confervant
encore après fon départ des relations particulieres
avec les gens de Lettres qu'il
avoit laiffez . C'eft ce que le P. de Colonia
fait fentir avec fon attention ordinaire.
Le P. de Colonia fait enfuite paffer
comme en revue les Sçavans de l'un & de
l'autre fexe qui ont pris naiffance dans
Lyon , & qui font en grand nombre
I. Vol.
on
2666 MERCURE DE FRANCE
on voit ici avec plaifir parmi les femmes ,
Claudine & Sybille Seve , Jeanne Gaildarde
, Louife Labbé , Clemence de Bourges
, les Vouté , les Du Perrat , les Duchoul
, & c . L'Hiſtolre de l'Imprimerie de
Lyon vient enfuite , ce qui donne occafion
de parler de Jean Trerchel , premier
modele & pere de l'Imprimerie
Lyonoife , & des premiers Ouvrages qui
fortirent de fa preffe ; on n'oublie pas
Joffe Bade , qui après avoir exercé longtems
l'Art de l'Imprimerie à Lyon , alla
le pratiquer à Paris , où il établit le celebre
Pralum Afcenfianum. Sebaftien Gri
phius , &c.
On voit avec plaifir l'éloge , ou plutôt
Hiftoire entiere du College de la Trinité
de Lyon , tant de l'ancien que du nouveau
, occupé par les R R. PP. Jefuites,
& dont le P. de Colonia fait un détail curieux
, en rapportant beaucoup de particularitez
concernant les gens de Lettres
qui l'ont habité , ou qui en font fortis
tant pour ce qui regarde la Poëfie , l'Hiftoire
, la Grammaire , que les Humanitez
, &c. L'Hiftorien termine enfin fon
fçavant Ouvrage par une Notice ample
& curieufe de la Bibliotheque de ce fameux
College dans laquelle on voir
beaucoup d'éditions des plus rares & des
plus anciennes telles font un Tite-
,
I. Vol.
Live
O
DECEMBRE
. 1730. 2667
"
Live en deux volumes in folio , fur un
beau vélin hiftorié , & d'une parfaite confervation
, imprimé en 1470. à Venife par
Vincent de Spire . La Bible de Gryphius
& les Commentaires de Dolet. Le Talmud
mis au jour à Veniſe par Daniel Bombergue
, & un nombre infini d'autres éditions
de très - grande conféquence . Elles
peuvent , à la verité , le trouver dans les
autres Bibliotheques : mais en voici une
que l'Hiftorien croit pouvoir appeller
unique en Europe , du moins en France
où elle n'a paruë que cette année 1730,
c'eft une Hiftoire generale de la Chine en
30. volumes imprimez à Pe- kin,en beau
papier & en beaux caracteres Chinois.
Chaque volume a quatorze pouces de long
fur fept de large , &c. On y voit aufli les
Lettres originales de Sixte V. écrites par le
Cardinal Sadolet , que le P.de Colonia fe
prépare de donner au Public. A la Notice
de la Bibliotheque qui paroît très curieuſe ,
le P. de Colonia en joint une du curieux
Cabinet du même College , qui ne merite
pas moins l'attention des Antiquaires
mais ce feroit ôter à la defcription de
l'Auteur beaucoup de fon merite, que de
la donner en abregé ; c'eft pourquoi je
ne crois pouvoir faire mieux. que de
Vou
renvoyer à l'Ouvrage même.
Je fuis , &c.
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Résumé : SUITE de l'Extrait de l'Histoire Litteraire de la Ville de Lyon du Pere de Colonia.
Le texte présente un aperçu de l'histoire littéraire de Lyon aux quinzième et seizième siècles. Au quinzième siècle, plusieurs figures notables se distinguent, notamment Guy, Pape, et Mathieu Thomassin, un savant lyonnais. Thomassin est particulièrement connu pour une négociation importante menée pour Louis XI, dont un manuscrit rare est conservé aux Archives de la Chambre des Comptes de Grenoble. Le chanoine Gerfom, bien que étranger à Lyon, y a passé les dix dernières années de sa vie et est mentionné pour ses contributions. L'histoire du Cardinal Louis Allemand, connu sous le nom de Cardinal d'Arles, est également notable. Le seizième siècle est décrit comme l'âge d'or de la littérature lyonnaise. Des pièces de théâtre étaient jouées par des religieux devant Louis XII et la reine Anne de Bretagne. En 1501, un Italien nommé Jean, se faisant appeler le nouveau Mercure ou Apollonius, a impressionné la cour de Louis XII par ses connaissances universelles et ses secrets rares. Jean prétendait maîtriser la transmutation des métaux et la magie naturelle, et il a offert au roi une épée et un bouclier aux propriétés magiques. Le texte évoque également l'Académie littéraire de Fourvière, ou de l'Ange, et ses membres, ainsi que l'imprimerie lyonnaise, avec des figures comme Jean Trerchel et Josse Bade. L'histoire du Collège de la Trinité de Lyon, occupé par les Jésuites, est détaillée, ainsi que sa bibliothèque contenant des éditions rares et anciennes. Parmi les ouvrages notables, on trouve un exemplaire du Tite-Live imprimé en 1470 à Venise, la Bible de Gryphius, et une histoire générale de la Chine en 30 volumes imprimée à Pékin. Le texte se termine par une mention des lettres originales de Sixte V écrites par le Cardinal Sadolet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 116-130
Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTEQUE ITALIQUE, ou Histoire Litteraire de l'Italie. May, Juin, [...]
Mots clefs :
Italie, Histoire littéraire, Journal de Venise, Académies d'Italie, Venise, Sciences, Journal des savants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTEQUE ITALIQUE оц
Histoire Litteraire de l'Italie. May , Juin,
Juillet , Août 1728. Tome II. AGeneve ,
chezMM.Bousquet et Compagnie in 12, de
335. pages , et se trouve à Paris , ruë S.
Jacques chezGuerin. Le
JANVIER 1732 HT
Le premier article de ce second volume.
de la Bibliotheque Italique presente un
ouvrage considerable du Docteur Hiacinthe Gimma , Napolitain , sous le titre de
IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA ,
&c. ou Idée de l'Histoire Litteraire de l'Italie , &c. Par Don Hiacinte Gimma , &c.
en deux Tomes in 4. contenant 913. pages
sans l'Epitre Dedicatoire et la Preface. A
Naples , chez Felix Mosca 1723,
Avant que d'entrer en matiere sur cette
Histoire, les Auteurs du nouveau Journal,
ont cru devoir en porter le jugement que
voici. » Si Don H. Gimma avoit fait une
»Histoire methodique de l'étatdes Sciences
»et des Arts en Italie depuis le quinziéme
»siecle , il auroit mieux satisfait les vrais
» Sçavans , et auroit fait beaucoup plus
» d'honneur à sa Patrie , qu'en publiant
» un ouvrage indigeste. et trop, chargé,
» d'une infinité de choses qui paroissent
»peu necessaires pour un tel dessein. Il
» semble que ce Sçavant Homme ait voulu
» faire un pompeux étalage de ses lectures,
>> et montrer qu'il n'ignore aucun des sujets
»sur lesquels les Anciens et les Modernes.
»ont écrit. Il s'étoit déja fait connoître.
»sur le même pied par quelques autres ou
vrages , qui lui ont acquis beaucoup de
»réputation en Italie et dans les Pays ouses
13 MERCURE DE FRANCE
ses Livres ont passé. Il auroit pû , s'il
navoit voulu, imiter quelques Sçavans Ita-
»liens du premier ordre , dont la plûpart
»sont de ses amis , et dont les ouvrages
» dépouillés d'inutilités , ne laissent pas
» d'être très- curieux et très - instructifs, &c.
Cette critique , poussée encore plus loin.
par nos Journalistes,neles empêche pas de.
convenir que l'ouvrage de M. Gimma
merite toute l'attention des gens de Lettres , sur tout de ceux qui vivent en deçà
des Monts , et qui sont peu au fait de ce
qui se passe en Italie à l'égard desSciences
et des beaux Arts. Il contient quantité de
choses que l'on chercheroit envain ailleurs. En voici le plan et une idée , telle
que nous pouvons la donner , sans exceder les bornes qui nous conviennent.
*
L'ouvrage est divisé en 50. Chapitres
dont 34. forment le premier Tome , qui
comprend l'Histoire des Sciences et des
Arts depuis Adam jusqu'au quatorziéme
siecle inclusivement. Le second Tome
commence au quinziéme siecle et finit à
P'année 1723. Dom Gaspar Campanile ,
ami de l'Auteur , et Membre de l'Acadé
mie de Rossano a fait la Préface. Il y explique le dessein du Docteur Gimma qui est
demontrer que l'Italie a toujours été laMere
et la Maitresse du sçavoir. L'Auteur s'explique
JANVIER. 1732. 119
plique ensuite lui même dans l'introduction,sur le but qu'il s'est proposé. Il a voulu justifier ses Compatriotes et faire voir
que c'est à tort qu'on accuse les Italiens
d'ignorance , et que l'on debite chez les
Etrangers qu'on ne fait en Italie que copier des ouvrages déja imprimés , &c. Il
oppose à cette accusation entre autres
moyens de défense , le Journal Litteraire
de Venise , qui est en effet une preuve recente et authentique que l'Italie cultive
les Sciences et qu'elle enrichit la Republique des Lettres de son propre fond.
Le premier Tome , qui contient un
grand détail, finit par l'histoire dela Peinture , de la Sculpture , de l'Architecture,.
et de l'Art de Graver en bois et en cuivre;
par les noms et les ouvrages des Sçavans du
14. siecle , et par l'étude de la Langue , et
de l'éloquence Grecque et Latine , renou .
vellée par les Italiens de ce tems- là.
Dans le second Tome , encore plus ample que le premier , on trouve l'histoire -
des trois derniers siecles , et de la pa tie
qui s'est écoulée de celui dans lequel nous
vivons. On y parle des Académies d'Italie , de la Philoso hie moderne, de la Geographie , des Mathematiques , de la Medecine , et de toutes ses parties , de l'Histoire Naturelle , de la Phisique experi
mentale;
120 MERCURE DE FRANCE
mentale , et de quantité d'inventions , et
de découvertes , qui ont été faites premierement en Italie , d'où elles ont passé
ensuite chez les autres Nations. Quoique
nos journalistes abrégent assez tout ce
détail dans leur Extrait , nous ne sçaurions les suivre sans tomber dans une longueur excessive Disons cependant , d'après nos Auteurs , un mot des Académies
d'Italie.
On a vû près de 500 Académies , sous
des noms fort bizarres , commencer et finir en Italie , depuis le renouvellement
des Sciences. La plupart n'ont eu pour
objet que la Poësie ; principalement la
Poësie Toscane. D'autres , en plus petit
nombre , se sont attachées aux Belles Lettres en général ; et quelques - unes enfin
onttravaillé pour l'avancementdes Sciences. Il y en eut de cet Ordre au seizième
siécle , dont le but et l'institution ont été
suivis par toutes les Académies des Sciences , qui fleurissent aujourd'hui en divers endroits de l'Europe.
Entre les Académies nouvelles , on doit
donner le premier rang , après l'Institut
de Bologne , à celle de Mad. la Comtesse
Dona CLELIE GRILLO- BORROME'E , l'une
dés plus sçavantes Dames de ce siècle , et
grandé Protectrice des Gens de Lettres ,
tant
JANVIER 1737.
127
rant en Italie , qu'ailleurs. C'est à cetto
Dame que notre Auteur a dédié son Histoire Litteraire d'Italie. Elle avoit établi
depuis peu une Académie de Philosophie
experimentable dans son Palais à Milan.
M. Antoine Vallisnieri , premier Professeur en Médecine Théoretique , dans l'Université de Padoue , en étoit désigné
Président. Il en avoit même déja dressé
les Réglemens ; mais on vient d'apprendre que cet Etablissement n'a pu encore
avoir lieu, pour des raisons que nous
ignorons.
Nous n'obmettrons pas icy de dire pour
la gloire du beau sexe Italien, que la Prin
cesse Therese Grillo-Pamfili , sœur de la
Comtesse Borromée , dont on vient de
parler , brille aussi par de grandes qualitez, sur tout du côté des Letttes. Elle parle sept Langues , entre lesquelles sont la
Latin , Anglois , le François , l'Allemand
et l'Espagnol; elle a aussi étudié , avec
beaucoup de soin , l'Histoire naturelle, la
Philosophie experimentale , la Théologie,
l'Histoire ancienne et moderne , et les
Mathématiques ; son érudition est vaste
sa mémoire prodigieuse , et ses raisonne
mens solides et profonds. Dona Therese ,
outre une infinité de connoissances , peu
communes aux7 personnes de son sexe,,
>
écrit:
T22 MERCURE DE FRANCE
écrit sçavamment et élégamment en Prose
et en Vers. Elle est nommée Irene Pamisie
entre les Arcadi , et elle fait un des plus
beaux ornemens de cette célebre Académie de Poësie, qui embrasse presque toute
Italie , par ses diverses Colonies. Cette:
sçavante Dame a une autre sœur , sçavoir
la Comtesse Dona Genevra , qui sçait la
Philosophie, et qui écrit fort élegamment
en latin. On peut joindre à ces trois illus
tres Personnes Mademoiselle Marie Selvagia Borghini , de Pise , dont les Poësies
sont d'une élégance et d'un gout si fin ,
que Redi , bon connoisseur , ne fait pas
difficulté de la comparer au fameux Pétrarque. Cette Sçavante a fait une belle
Traduction de Tertullien en langue Toscane. A l'occasion de cette Demoiselle, les
Auteurs de cette Bibliotheque nous ap
prennent qu'il y a à Sienne une Acadé
mie de Dames , qui ont pris le nom d'As--
sicurate , ce qui n'est pas un petit surcroit
de gloire pour l'Italie.
Au reste, il y a lieu d'être surpris que
Auteur d'un Ouvrage aussi étendu que
celui qui donne lieu à cet Extrait , ne
rapporte pas du moins les noms de toutes les Académies établies en Italie depuis
le rétablissement des Sciences , dont le
nombre , selon M. Gimma , se monte à
près
JANVIER. 1731. 1233
prèsde cinq cent. Nous n'entreprendrons
pas de suppléer entierement à ce deffaut ,.
mais le Public nous sçaura peut-êtee quelque gré si nous donnons icy un dénombrement des établissemens Académiques.
qui sont venus notre connoissance ; sur
tout de ces Académies qui ont pris des
noms qui paroissent bizares.
Ce dénombrement sera fait non pas selon l'ordre des temps , ni selon le rang
des Villes Académiques , mais suivant
que les noms se presentent dans nos Mémoires , en attendant l'arrangement que
nous pourrons leur donner un jour dans
un Ouvrage plus médité.
NOMS de quelques. Academies
d'Italie.
Les Endormis , Addormentati , de Genes..
Les Ardens , Ardenti , de Naples.
Les Immobiles , Immobili , d'Alexandrie.
Les Fantasques , Fantastici , et Humoristi,
de Rome.
Les Opiniatres , Ostinaii , de Viterbe.
Les Etourdis , ou les Lourdauts , Intronati', de Sienne.
Les Insensez , Insensati , de Pérouse.
Les Oisifs Otiosi , de Boulogne et de
Naples.
Les:
124 MERCURE DE FRANCE
Les Cachez , Nascostt, de Milan.
Les Obscurcis ou Embroüillez , Caligi
nati , d'Ancone.
Les Amoureux , Invaghiti , de Mantouë,
Les Faciles ,,ou Accommodans , Adagia
ti , de Rimini.
Les Enchaînez , Catenati , de Macerata.
Les Humides, Humidi , de Florence, dont
les premiers Membres furent appellez
Humecté,le Gelé, le Froid, le Trempé , le
Transi, le Trouble, le Brochet,le Bouueux
le Rocher, l'Ecumeux , le Cygne.
Les Steriles , Infecondi , de Rome.
Les Etrangers , Pellegrini , de Rome.
Les Offusquez , Offuscati , de Cesene.
Les Désunis , Disuniti , de Fabriano.
Les Absurdes , Assorditi, de Citta di Cas
tello.
Les Cachez , Occulti , de Bresse.
Les Perseverans , Perseveranti , de Trévire.
Les Fantasques , Humorosi, de Cortonne.
Les Obscurs , Oscuri , de Lucques.
Les Agitez , Aggirati , de
Les Assurez , Affidati , de Pavie.
Les Attaquez , Affrontati , de Ferme.›
Les Sanssouci , Spensierati , de Rossano.:
Les Tracez , Orditi , de Padoüe.
Les Harmonieux ou Amateurs de l'Har
monie , Filarmonici , de Veronne..
Less
JANVIER 1732. 125
Les Lincées , Lincei , de Rome.
On peut ajoûter à ces Académies , dont
les Noms paroissent extraordinaires, celles
de Faticosi , de Milan ; Della Fuschina,
de Messine , des Appatisti , de Florence
des Olympici , de Vicence , des Dodonei ,
de Venise , et des Infuriati , de Naples
sans compter Los Desconfiados , de Barcelone ; et si l'on veut , nos Lanternistes, de
Toulouse, qui semblent avoir voulu s'impatiser avec l'Italie à cet égard-là.
›
Cependant comme il ne faut jamais rien
censurer sur de simples apparences , et
comme on doit présumer que des Italiens,
naturellement spirituels , et des Italiens
Gens de Lettres , n'auront pas donné au
hazard des Noms pareils à leurs établisse
mens Académiques ; il est bon de suspendre notre jugement iusqu'à ce qu'il vienne là- dessus quelque bonne instruction .
En attendant , voicy l'Extrait d'une Lettre qui nous a été écrite par un ( a ) Italien , Homme d'esprit de mérite et fort connu à Paris.
» J'aurai l'honneur de vous dire , Mon-
>> sieur , que les Noms dont vous m'avez
(a)Le fieur Riccoboni , dit Lélio, premier Ac- teur de la Comédie Italienne de Paris, Auteur d'une
Histoire du Théatre Italien , &c. imprimée depuis
peu à Paris.
-parlé
126 MERCURE DE FRANCE S
parlé qui vous semblent bizares , et në
>> gueres convenir à des Académies, ne sont
>> pas tels dans le fonds : pour se convain-
>>>c re de cette verité il faudroit sçavoir tous
» les Emblêmes et toutes les devises que
» nos Académies ont inventées , et qu'el-
»les se sont appropriées pour se caracte-
» riser particulierement et pour se distin-
>> guer les unes des autres. Je n'ai pointici
les Livres où ces éclaircissemens pour-
»roient se trouver, mais je puis vous fournir un exemple qui servira peut être à
nous faire rendre justice sur cette ma-
» tiere.
»Nous avons à Boulogne l'Académie de
»I. Diffetuosi , les Deffectueux , dont mon
» Epouse à l'honneur d'être , lesquels s'ap-
» pliquent particulierement à la Poesie : si
>> ces Messieurs, dira- t'on, sont deffectueux,
>ils doivent être fort mauvais Poëtes. Co
«jugementseroit precipité, mais on en re-
» vient quand on sçait que cette Académie
» apris pourEmbleme dans un tableau une
>> Ourse qui leche son petit , et qui d'une
» masse de chair informe , fait voir enfin
» un animal proportionné et parfait. On
» lit au dessus Sic format lingua , et au bas
>> le nom de l'Académie ou des Académiciens , J.. Diffetuosi. Vous devez conve
nir qu'il ni a rien de si joli et de si expressif
JANVIER. 1732. 127
prersifpour une Societé de de Let- gens
» tres et de Poëtes. Si nous avions les De-
» vises de toutes les autres Académies d'I-
» talie , vous trouveriez de même que ces
» noms ne sont point si bizares ni si ab-
»surdes ; javoue qu'ils paroissent tels , ri-
» dicules même , et qu'un Ecrivain Fran-
» çois n'a pas eu tout à fait tort de dire que
la plupart de ces noms conviendroient
» fort bien à des chevaux de Manege dans
>> une Académie d'exercice. En attendant donc qu'il vienne la dessus de l'Italie
même une instruction plus détaillée et qui
satisfasse , le public éclairé ; Risum teneatis Amici.
Cet article des Académies Italiennes s'é
tant un peu allongé , nous finirons ce qui
nous reste à dire ici de l'ouvrage de M.
Gimma , qui y a donné lieu , par exposer en peu de mots d'après les Auteurs de
la Bibliotheque Italique , ce qu'il dit des
differens Journaux d'Italie.
Nousavons toujours pensé que la gloire de l'invention des Journaux Litteraires étoit dûe à la France , et en particulier
à M. Sallo Conseiller au Parlement de Paris , lequel en l'année 1665. commença
dans cette Ville le premier de tous les
Journeaux sous le titre deJournal des Scavans , et sous le nom du Sieur d'Hedouville
128 MERCURE DE FRANCEville son Domestique. M. Gimma semble
nous envier cette primauté , en soutenant
que c'est en Italic que l'on a connu la
miere idée d'une invention si utile aux
gens de Lettres.
preCe fut à Venise , dit-il , où l'on commença de publier les Nouvelles Litteraires , en feuilles volantes , qu'on nomma
Gazettes , du nom d'une petite Piece de
Monnoye de Venise ; qui en étoit le prix.
Le Sçavant Magliabechi Bibliotequaire du
G. Duc de Toscane , conservoit quelques
volumes de ces Gazettes qui étoient toutes
du XVI. siecle. Notre Historien ajoute que
ces feuilles volantes ne se distribuoient
que Manuscrites, & que cet usage subsiste
encore à Venise. Ce sont des particuliers
qui -les dictent à 30. ou 40. Copistes à la
la fois. Une seule reflexion suffit pour concilier les choses à cet égard , et pour constater la verité.Quelle difference en effet ne
doit-on pas faire entre ces Nouvelles Litteraires manuscrites et un veritable Journal des Sçavans , tel que celui de M. Sallo,
reconnu à bon droit le premier de tous
par toute l'Europe sçavante.
M. Gimma lui- même semble reconnoitre cette verité, en disant tout de suite, que
les Sçavans d'Italie suivirent bientôt l'exemple de ceux qui les premiers donne-
JANVIER. 1732. 129
rent un Journal des Sçavans au Public
Voici ce qu'il dit ensuite de ces Journaux
Italiens , et qui servira à rectifier ce qui
pourroit se trouver de deffectueux dans ce
qu'on a écrit ailleurs sur cet article.
Il parut un Journal à Rome l'an 1668.
lequel fut continué jusqu'en 1679 sous le
titre de Giornale de Letterati. L'Abbé François Nazari de Bergame le composoit sous
le direction de l'Abbé Ricci , qui fut ensuite Cardinal. Il s'en fit un second à Ro
me sous la direction de M. Ciampini , lequel fut une continuation du précedent
jusques à l'an 1681.
- Le P. B. Bacchini , Abbé des Benedic
tins , à Parme , publia un autre Journal
dans cette Ville-là , depuis l'an 1686. jus
ques en 1690. Il le continua ensuite à Mo
déne dès l'an 1692. jusques en 1697.
Le P. Manzani,Provincial duTiers- Or
dre de S. François , fit aussi à Parme l'an
1682. un Journal en Latin , sous le titre
de Synopsis Biblica.
Le Giornale Veneto , d'un stile extraor
dinaire , dura à Venise depuis 1671. jusqu'en 1589. Le Giornale di Ferrara in 4.
dura seulement pendant 1688, et 1689..
On y publia un autre Journal in 8. dès
1671. Albrizzi , Imprimeur et Libraite
publia à Venise dès l'an 1696. un JourG nál
130 MERCURE DE FRANCE
nal in fol. sous le titre de Galleria di Minerva. Il y en a sept volumes. On y trou
ve quantité de Pieces sçavantes, outre l'Extrait de divers Livres.
Mais tous ces Journaux ayant discontinué , ou manquant des qualitez requises,M.Apostolo Zeno se joignit à quelques
Sçavans de ses amis pourdonner un Journal qui pût suppléer au défaut des autres.
Cet ouvrage,commencé en 17 10. a été continuédepuis avec un applaudissement general. Il a été publié depuis environ 1719.
sous la direction du P. Dom Pierre Catterino Zeno,Clerc Regulier de la Congregation de Somasque , Frere d'Apostolo
zeno qui fut appellé à Vienne pour y remplir la place d'Historien et de Poëte de
l'Empereur.
L'Abbé Jerôme Leone publie depuis
quelques années un Supplement au Journal de Venise, dont il a déja paru 3. ou
Volumes. Il l'a formé de plusieurs Dissertations et autres Pieces curieuses , qui ne
pouvoient pas entrer facilement dans le
Journal.
Nous renvoyons à un autre Mercure ce qui
nous reste à dire de ce second Tome de la Bibliotheque Italique
Histoire Litteraire de l'Italie. May , Juin,
Juillet , Août 1728. Tome II. AGeneve ,
chezMM.Bousquet et Compagnie in 12, de
335. pages , et se trouve à Paris , ruë S.
Jacques chezGuerin. Le
JANVIER 1732 HT
Le premier article de ce second volume.
de la Bibliotheque Italique presente un
ouvrage considerable du Docteur Hiacinthe Gimma , Napolitain , sous le titre de
IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA ,
&c. ou Idée de l'Histoire Litteraire de l'Italie , &c. Par Don Hiacinte Gimma , &c.
en deux Tomes in 4. contenant 913. pages
sans l'Epitre Dedicatoire et la Preface. A
Naples , chez Felix Mosca 1723,
Avant que d'entrer en matiere sur cette
Histoire, les Auteurs du nouveau Journal,
ont cru devoir en porter le jugement que
voici. » Si Don H. Gimma avoit fait une
»Histoire methodique de l'étatdes Sciences
»et des Arts en Italie depuis le quinziéme
»siecle , il auroit mieux satisfait les vrais
» Sçavans , et auroit fait beaucoup plus
» d'honneur à sa Patrie , qu'en publiant
» un ouvrage indigeste. et trop, chargé,
» d'une infinité de choses qui paroissent
»peu necessaires pour un tel dessein. Il
» semble que ce Sçavant Homme ait voulu
» faire un pompeux étalage de ses lectures,
>> et montrer qu'il n'ignore aucun des sujets
»sur lesquels les Anciens et les Modernes.
»ont écrit. Il s'étoit déja fait connoître.
»sur le même pied par quelques autres ou
vrages , qui lui ont acquis beaucoup de
»réputation en Italie et dans les Pays ouses
13 MERCURE DE FRANCE
ses Livres ont passé. Il auroit pû , s'il
navoit voulu, imiter quelques Sçavans Ita-
»liens du premier ordre , dont la plûpart
»sont de ses amis , et dont les ouvrages
» dépouillés d'inutilités , ne laissent pas
» d'être très- curieux et très - instructifs, &c.
Cette critique , poussée encore plus loin.
par nos Journalistes,neles empêche pas de.
convenir que l'ouvrage de M. Gimma
merite toute l'attention des gens de Lettres , sur tout de ceux qui vivent en deçà
des Monts , et qui sont peu au fait de ce
qui se passe en Italie à l'égard desSciences
et des beaux Arts. Il contient quantité de
choses que l'on chercheroit envain ailleurs. En voici le plan et une idée , telle
que nous pouvons la donner , sans exceder les bornes qui nous conviennent.
*
L'ouvrage est divisé en 50. Chapitres
dont 34. forment le premier Tome , qui
comprend l'Histoire des Sciences et des
Arts depuis Adam jusqu'au quatorziéme
siecle inclusivement. Le second Tome
commence au quinziéme siecle et finit à
P'année 1723. Dom Gaspar Campanile ,
ami de l'Auteur , et Membre de l'Acadé
mie de Rossano a fait la Préface. Il y explique le dessein du Docteur Gimma qui est
demontrer que l'Italie a toujours été laMere
et la Maitresse du sçavoir. L'Auteur s'explique
JANVIER. 1732. 119
plique ensuite lui même dans l'introduction,sur le but qu'il s'est proposé. Il a voulu justifier ses Compatriotes et faire voir
que c'est à tort qu'on accuse les Italiens
d'ignorance , et que l'on debite chez les
Etrangers qu'on ne fait en Italie que copier des ouvrages déja imprimés , &c. Il
oppose à cette accusation entre autres
moyens de défense , le Journal Litteraire
de Venise , qui est en effet une preuve recente et authentique que l'Italie cultive
les Sciences et qu'elle enrichit la Republique des Lettres de son propre fond.
Le premier Tome , qui contient un
grand détail, finit par l'histoire dela Peinture , de la Sculpture , de l'Architecture,.
et de l'Art de Graver en bois et en cuivre;
par les noms et les ouvrages des Sçavans du
14. siecle , et par l'étude de la Langue , et
de l'éloquence Grecque et Latine , renou .
vellée par les Italiens de ce tems- là.
Dans le second Tome , encore plus ample que le premier , on trouve l'histoire -
des trois derniers siecles , et de la pa tie
qui s'est écoulée de celui dans lequel nous
vivons. On y parle des Académies d'Italie , de la Philoso hie moderne, de la Geographie , des Mathematiques , de la Medecine , et de toutes ses parties , de l'Histoire Naturelle , de la Phisique experi
mentale;
120 MERCURE DE FRANCE
mentale , et de quantité d'inventions , et
de découvertes , qui ont été faites premierement en Italie , d'où elles ont passé
ensuite chez les autres Nations. Quoique
nos journalistes abrégent assez tout ce
détail dans leur Extrait , nous ne sçaurions les suivre sans tomber dans une longueur excessive Disons cependant , d'après nos Auteurs , un mot des Académies
d'Italie.
On a vû près de 500 Académies , sous
des noms fort bizarres , commencer et finir en Italie , depuis le renouvellement
des Sciences. La plupart n'ont eu pour
objet que la Poësie ; principalement la
Poësie Toscane. D'autres , en plus petit
nombre , se sont attachées aux Belles Lettres en général ; et quelques - unes enfin
onttravaillé pour l'avancementdes Sciences. Il y en eut de cet Ordre au seizième
siécle , dont le but et l'institution ont été
suivis par toutes les Académies des Sciences , qui fleurissent aujourd'hui en divers endroits de l'Europe.
Entre les Académies nouvelles , on doit
donner le premier rang , après l'Institut
de Bologne , à celle de Mad. la Comtesse
Dona CLELIE GRILLO- BORROME'E , l'une
dés plus sçavantes Dames de ce siècle , et
grandé Protectrice des Gens de Lettres ,
tant
JANVIER 1737.
127
rant en Italie , qu'ailleurs. C'est à cetto
Dame que notre Auteur a dédié son Histoire Litteraire d'Italie. Elle avoit établi
depuis peu une Académie de Philosophie
experimentable dans son Palais à Milan.
M. Antoine Vallisnieri , premier Professeur en Médecine Théoretique , dans l'Université de Padoue , en étoit désigné
Président. Il en avoit même déja dressé
les Réglemens ; mais on vient d'apprendre que cet Etablissement n'a pu encore
avoir lieu, pour des raisons que nous
ignorons.
Nous n'obmettrons pas icy de dire pour
la gloire du beau sexe Italien, que la Prin
cesse Therese Grillo-Pamfili , sœur de la
Comtesse Borromée , dont on vient de
parler , brille aussi par de grandes qualitez, sur tout du côté des Letttes. Elle parle sept Langues , entre lesquelles sont la
Latin , Anglois , le François , l'Allemand
et l'Espagnol; elle a aussi étudié , avec
beaucoup de soin , l'Histoire naturelle, la
Philosophie experimentale , la Théologie,
l'Histoire ancienne et moderne , et les
Mathématiques ; son érudition est vaste
sa mémoire prodigieuse , et ses raisonne
mens solides et profonds. Dona Therese ,
outre une infinité de connoissances , peu
communes aux7 personnes de son sexe,,
>
écrit:
T22 MERCURE DE FRANCE
écrit sçavamment et élégamment en Prose
et en Vers. Elle est nommée Irene Pamisie
entre les Arcadi , et elle fait un des plus
beaux ornemens de cette célebre Académie de Poësie, qui embrasse presque toute
Italie , par ses diverses Colonies. Cette:
sçavante Dame a une autre sœur , sçavoir
la Comtesse Dona Genevra , qui sçait la
Philosophie, et qui écrit fort élegamment
en latin. On peut joindre à ces trois illus
tres Personnes Mademoiselle Marie Selvagia Borghini , de Pise , dont les Poësies
sont d'une élégance et d'un gout si fin ,
que Redi , bon connoisseur , ne fait pas
difficulté de la comparer au fameux Pétrarque. Cette Sçavante a fait une belle
Traduction de Tertullien en langue Toscane. A l'occasion de cette Demoiselle, les
Auteurs de cette Bibliotheque nous ap
prennent qu'il y a à Sienne une Acadé
mie de Dames , qui ont pris le nom d'As--
sicurate , ce qui n'est pas un petit surcroit
de gloire pour l'Italie.
Au reste, il y a lieu d'être surpris que
Auteur d'un Ouvrage aussi étendu que
celui qui donne lieu à cet Extrait , ne
rapporte pas du moins les noms de toutes les Académies établies en Italie depuis
le rétablissement des Sciences , dont le
nombre , selon M. Gimma , se monte à
près
JANVIER. 1731. 1233
prèsde cinq cent. Nous n'entreprendrons
pas de suppléer entierement à ce deffaut ,.
mais le Public nous sçaura peut-êtee quelque gré si nous donnons icy un dénombrement des établissemens Académiques.
qui sont venus notre connoissance ; sur
tout de ces Académies qui ont pris des
noms qui paroissent bizares.
Ce dénombrement sera fait non pas selon l'ordre des temps , ni selon le rang
des Villes Académiques , mais suivant
que les noms se presentent dans nos Mémoires , en attendant l'arrangement que
nous pourrons leur donner un jour dans
un Ouvrage plus médité.
NOMS de quelques. Academies
d'Italie.
Les Endormis , Addormentati , de Genes..
Les Ardens , Ardenti , de Naples.
Les Immobiles , Immobili , d'Alexandrie.
Les Fantasques , Fantastici , et Humoristi,
de Rome.
Les Opiniatres , Ostinaii , de Viterbe.
Les Etourdis , ou les Lourdauts , Intronati', de Sienne.
Les Insensez , Insensati , de Pérouse.
Les Oisifs Otiosi , de Boulogne et de
Naples.
Les:
124 MERCURE DE FRANCE
Les Cachez , Nascostt, de Milan.
Les Obscurcis ou Embroüillez , Caligi
nati , d'Ancone.
Les Amoureux , Invaghiti , de Mantouë,
Les Faciles ,,ou Accommodans , Adagia
ti , de Rimini.
Les Enchaînez , Catenati , de Macerata.
Les Humides, Humidi , de Florence, dont
les premiers Membres furent appellez
Humecté,le Gelé, le Froid, le Trempé , le
Transi, le Trouble, le Brochet,le Bouueux
le Rocher, l'Ecumeux , le Cygne.
Les Steriles , Infecondi , de Rome.
Les Etrangers , Pellegrini , de Rome.
Les Offusquez , Offuscati , de Cesene.
Les Désunis , Disuniti , de Fabriano.
Les Absurdes , Assorditi, de Citta di Cas
tello.
Les Cachez , Occulti , de Bresse.
Les Perseverans , Perseveranti , de Trévire.
Les Fantasques , Humorosi, de Cortonne.
Les Obscurs , Oscuri , de Lucques.
Les Agitez , Aggirati , de
Les Assurez , Affidati , de Pavie.
Les Attaquez , Affrontati , de Ferme.›
Les Sanssouci , Spensierati , de Rossano.:
Les Tracez , Orditi , de Padoüe.
Les Harmonieux ou Amateurs de l'Har
monie , Filarmonici , de Veronne..
Less
JANVIER 1732. 125
Les Lincées , Lincei , de Rome.
On peut ajoûter à ces Académies , dont
les Noms paroissent extraordinaires, celles
de Faticosi , de Milan ; Della Fuschina,
de Messine , des Appatisti , de Florence
des Olympici , de Vicence , des Dodonei ,
de Venise , et des Infuriati , de Naples
sans compter Los Desconfiados , de Barcelone ; et si l'on veut , nos Lanternistes, de
Toulouse, qui semblent avoir voulu s'impatiser avec l'Italie à cet égard-là.
›
Cependant comme il ne faut jamais rien
censurer sur de simples apparences , et
comme on doit présumer que des Italiens,
naturellement spirituels , et des Italiens
Gens de Lettres , n'auront pas donné au
hazard des Noms pareils à leurs établisse
mens Académiques ; il est bon de suspendre notre jugement iusqu'à ce qu'il vienne là- dessus quelque bonne instruction .
En attendant , voicy l'Extrait d'une Lettre qui nous a été écrite par un ( a ) Italien , Homme d'esprit de mérite et fort connu à Paris.
» J'aurai l'honneur de vous dire , Mon-
>> sieur , que les Noms dont vous m'avez
(a)Le fieur Riccoboni , dit Lélio, premier Ac- teur de la Comédie Italienne de Paris, Auteur d'une
Histoire du Théatre Italien , &c. imprimée depuis
peu à Paris.
-parlé
126 MERCURE DE FRANCE S
parlé qui vous semblent bizares , et në
>> gueres convenir à des Académies, ne sont
>> pas tels dans le fonds : pour se convain-
>>>c re de cette verité il faudroit sçavoir tous
» les Emblêmes et toutes les devises que
» nos Académies ont inventées , et qu'el-
»les se sont appropriées pour se caracte-
» riser particulierement et pour se distin-
>> guer les unes des autres. Je n'ai pointici
les Livres où ces éclaircissemens pour-
»roient se trouver, mais je puis vous fournir un exemple qui servira peut être à
nous faire rendre justice sur cette ma-
» tiere.
»Nous avons à Boulogne l'Académie de
»I. Diffetuosi , les Deffectueux , dont mon
» Epouse à l'honneur d'être , lesquels s'ap-
» pliquent particulierement à la Poesie : si
>> ces Messieurs, dira- t'on, sont deffectueux,
>ils doivent être fort mauvais Poëtes. Co
«jugementseroit precipité, mais on en re-
» vient quand on sçait que cette Académie
» apris pourEmbleme dans un tableau une
>> Ourse qui leche son petit , et qui d'une
» masse de chair informe , fait voir enfin
» un animal proportionné et parfait. On
» lit au dessus Sic format lingua , et au bas
>> le nom de l'Académie ou des Académiciens , J.. Diffetuosi. Vous devez conve
nir qu'il ni a rien de si joli et de si expressif
JANVIER. 1732. 127
prersifpour une Societé de de Let- gens
» tres et de Poëtes. Si nous avions les De-
» vises de toutes les autres Académies d'I-
» talie , vous trouveriez de même que ces
» noms ne sont point si bizares ni si ab-
»surdes ; javoue qu'ils paroissent tels , ri-
» dicules même , et qu'un Ecrivain Fran-
» çois n'a pas eu tout à fait tort de dire que
la plupart de ces noms conviendroient
» fort bien à des chevaux de Manege dans
>> une Académie d'exercice. En attendant donc qu'il vienne la dessus de l'Italie
même une instruction plus détaillée et qui
satisfasse , le public éclairé ; Risum teneatis Amici.
Cet article des Académies Italiennes s'é
tant un peu allongé , nous finirons ce qui
nous reste à dire ici de l'ouvrage de M.
Gimma , qui y a donné lieu , par exposer en peu de mots d'après les Auteurs de
la Bibliotheque Italique , ce qu'il dit des
differens Journaux d'Italie.
Nousavons toujours pensé que la gloire de l'invention des Journaux Litteraires étoit dûe à la France , et en particulier
à M. Sallo Conseiller au Parlement de Paris , lequel en l'année 1665. commença
dans cette Ville le premier de tous les
Journeaux sous le titre deJournal des Scavans , et sous le nom du Sieur d'Hedouville
128 MERCURE DE FRANCEville son Domestique. M. Gimma semble
nous envier cette primauté , en soutenant
que c'est en Italic que l'on a connu la
miere idée d'une invention si utile aux
gens de Lettres.
preCe fut à Venise , dit-il , où l'on commença de publier les Nouvelles Litteraires , en feuilles volantes , qu'on nomma
Gazettes , du nom d'une petite Piece de
Monnoye de Venise ; qui en étoit le prix.
Le Sçavant Magliabechi Bibliotequaire du
G. Duc de Toscane , conservoit quelques
volumes de ces Gazettes qui étoient toutes
du XVI. siecle. Notre Historien ajoute que
ces feuilles volantes ne se distribuoient
que Manuscrites, & que cet usage subsiste
encore à Venise. Ce sont des particuliers
qui -les dictent à 30. ou 40. Copistes à la
la fois. Une seule reflexion suffit pour concilier les choses à cet égard , et pour constater la verité.Quelle difference en effet ne
doit-on pas faire entre ces Nouvelles Litteraires manuscrites et un veritable Journal des Sçavans , tel que celui de M. Sallo,
reconnu à bon droit le premier de tous
par toute l'Europe sçavante.
M. Gimma lui- même semble reconnoitre cette verité, en disant tout de suite, que
les Sçavans d'Italie suivirent bientôt l'exemple de ceux qui les premiers donne-
JANVIER. 1732. 129
rent un Journal des Sçavans au Public
Voici ce qu'il dit ensuite de ces Journaux
Italiens , et qui servira à rectifier ce qui
pourroit se trouver de deffectueux dans ce
qu'on a écrit ailleurs sur cet article.
Il parut un Journal à Rome l'an 1668.
lequel fut continué jusqu'en 1679 sous le
titre de Giornale de Letterati. L'Abbé François Nazari de Bergame le composoit sous
le direction de l'Abbé Ricci , qui fut ensuite Cardinal. Il s'en fit un second à Ro
me sous la direction de M. Ciampini , lequel fut une continuation du précedent
jusques à l'an 1681.
- Le P. B. Bacchini , Abbé des Benedic
tins , à Parme , publia un autre Journal
dans cette Ville-là , depuis l'an 1686. jus
ques en 1690. Il le continua ensuite à Mo
déne dès l'an 1692. jusques en 1697.
Le P. Manzani,Provincial duTiers- Or
dre de S. François , fit aussi à Parme l'an
1682. un Journal en Latin , sous le titre
de Synopsis Biblica.
Le Giornale Veneto , d'un stile extraor
dinaire , dura à Venise depuis 1671. jusqu'en 1589. Le Giornale di Ferrara in 4.
dura seulement pendant 1688, et 1689..
On y publia un autre Journal in 8. dès
1671. Albrizzi , Imprimeur et Libraite
publia à Venise dès l'an 1696. un JourG nál
130 MERCURE DE FRANCE
nal in fol. sous le titre de Galleria di Minerva. Il y en a sept volumes. On y trou
ve quantité de Pieces sçavantes, outre l'Extrait de divers Livres.
Mais tous ces Journaux ayant discontinué , ou manquant des qualitez requises,M.Apostolo Zeno se joignit à quelques
Sçavans de ses amis pourdonner un Journal qui pût suppléer au défaut des autres.
Cet ouvrage,commencé en 17 10. a été continuédepuis avec un applaudissement general. Il a été publié depuis environ 1719.
sous la direction du P. Dom Pierre Catterino Zeno,Clerc Regulier de la Congregation de Somasque , Frere d'Apostolo
zeno qui fut appellé à Vienne pour y remplir la place d'Historien et de Poëte de
l'Empereur.
L'Abbé Jerôme Leone publie depuis
quelques années un Supplement au Journal de Venise, dont il a déja paru 3. ou
Volumes. Il l'a formé de plusieurs Dissertations et autres Pieces curieuses , qui ne
pouvoient pas entrer facilement dans le
Journal.
Nous renvoyons à un autre Mercure ce qui
nous reste à dire de ce second Tome de la Bibliotheque Italique
Fermer
Résumé : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une critique de l'ouvrage 'IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA' du Docteur Hiacinthe Gimma, publié en 1723 à Naples. Cet ouvrage, en deux tomes et 913 pages, couvre l'histoire littéraire de l'Italie depuis Adam jusqu'en 1723. Les critiques estiment que Gimma aurait mieux satisfait les savants en se concentrant sur une histoire méthodique des sciences et des arts en Italie depuis le quinzième siècle, plutôt que de publier un ouvrage trop chargé de détails inutiles. Cependant, ils reconnaissent la valeur de l'ouvrage pour ceux qui souhaitent connaître les avancées scientifiques et artistiques en Italie. L'ouvrage est divisé en 50 chapitres. Les 34 premiers forment le premier tome, qui traite des sciences et des arts jusqu'au quatorzième siècle. Le second tome couvre les trois derniers siècles, incluant les académies d'Italie, la philosophie moderne, la géographie, les mathématiques, la médecine, l'histoire naturelle, et les inventions italiennes. Les critiques mentionnent également l'existence de près de 500 académies en Italie, souvent dédiées à la poésie ou aux belles-lettres, et soulignent le rôle des femmes savantes comme la Comtesse Clelia Grillo-Borromée et la Princesse Therese Grillo-Pamfili. Le texte discute également de l'origine des journaux littéraires, soulignant une controverse entre la France et l'Italie. Traditionnellement, la France est créditée de l'invention des journaux littéraires avec le 'Journal des Sçavans' en 1665. Cependant, M. Gimma affirme que l'idée des journaux littéraires est apparue en Italie, à Venise, où des 'Nouvelles Littéraires' étaient distribuées sous forme de feuilles volantes appelées 'Gazettes' dès le XVIe siècle. Ces feuilles étaient manuscrites et dictées à plusieurs copistes. Le texte liste plusieurs journaux italiens publiés entre le XVIIe et le début du XVIIIe siècle. À Rome, le 'Giornale de Letterati' fut publié de 1668 à 1679, suivi d'une continuation jusqu'en 1681. À Parme, le P. B. Bacchini publia un journal de 1686 à 1690, puis à Modène de 1692 à 1697. Le P. Manzani publia un journal en latin à Parme en 1682. À Venise, le 'Giornale Veneto' dura de 1671 à 1689, et plusieurs autres journaux furent publiés, comme le 'Galleria di Minerva' à partir de 1696. En raison de la discontinuité ou des défauts de ces journaux, Apostolo Zeno et quelques savants créèrent un nouveau journal en 1710, qui fut continué avec succès. Ce journal fut ensuite dirigé par le P. Dom Pierre Catérino Zeno. L'Abbé Jérôme Leone publia également un supplément au journal de Venise, contenant des dissertations et autres pièces curieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 2627-2634
Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE GERMANIQUE, ou Histoire Litteraire d'Allemagne, de Suisse et [...]
Mots clefs :
Bibliothèque germanique, Histoire littéraire, Article, Société royale des sciences de Berlin, Inondation
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE GERMANIQUE , ou Histoire Litteraire d'Allemagne , de Suisse et
I- Vol, des
2628 MERCURE DE FRANCE
des Pays du Nord , année 1730. Tome
19 et 20. A Amsterdam , chez P. Humbert , 1730. in- 12 de plus de 550 pages
sans les Tables.
Le deuxième article de ce Volume regarde les Mémoires de la Societé Royale des
Sciences de Berlin. Troisiéme vol. in-4.
1727. avec fig.
Page 38. Il n'y a point de Ville en Allemagne , ni guére ailleurs , où l'on puis
se faire plus d'Observations Anatomiques
que dans le Théatre de l'Académie de
Berlin. Chaque année on y disséque jusqu'à soixante cadavres humains , sous la
démonstration de M. Buddéus , Docteur
en Médecine , Professeur en Anatomie
et Directeur de la Classe de Physique et
de Médecine.
ans ,
Pag. 39. Une femme âgée d'environ 20
étant devenuë furieuse , fut enfermée dans une prison , où elle mourut l'an
1726 ; étant ouverte , on remarqua dans
le cerveau quelques singularitez qu'on
ne jugea pas avoir causé la manie , non
plus que celles de la poitrine : mais l'ouverture du bas- ventre étonna. Outre que
les intestins pliés et entortillés , n'étoient
point dans leur place naturelle , l'ovaire
droit étoit aussi gros qu'un œufde poule pesoit un once , et au-dedans étoit
1. Vol.
plein
DECEMBRE. 1732. 2619
plein d'une touffe de poils , long de deux
pouces , crépus vers le milieu , et environnés d'une matiere semblable à du suif
mais séparée en petits grains. Ces poils ,
brulés à la chandelle, rendoient une mauvaise odeur comme les autres poils , ou
les ongles.
Page 40. M. Trisch , fait partau Public
d'un secret qu'il a appris de M. de HuneKen , Seigneur de Carpzow , et dont il a
lui- même vû les épreuves. Lorsque le
tronc des arbres a quelque chose qui choque les yeux , ou fait soupçonner quelque maladie , lorsque l'écorce d'un pomier ou d'un poirier est trop raboteuse ;
lorsque la résine coule d'un cerisier , ou
qu'il s'y forme de gros boutons , &c. pour
les rendre plus beaux , et en même tems
plus fertiles , il faut leur ôter entierement
toute l'écorce , depuis l'espece de couronne que forment les premieres branches
jusqu'à terre : ensorte que le bois blanc
de l'arbre soit égal et bien uni. Le tems
le plus propre est le Solstice d'Eté , ou
quand le suc de l'arbre coule plus abondamment , et il est aisé de le rendre égal
par tout , avec une plume d'oye. Mais
autant qu'on le peut, il faut le deffendre
contre la trop grande ardeur des rayons du Soleil , ou contre le sable que le vent
I. Vol.
Y
2630 MERCURE DE FRANCE
y peut pousser : soit en étendant des linges , ou en plantant des roseaux , ou de
quelqu'autre maniere.
Page 46. Mémoire de M. Scheuchzer
Docteur en Médecine , et Professeur en
Mathématique à Zurich , &c. L'hyver le
plus doux qu'on eut vû en Suisse depuis
long- tems , fut suivi d'une Eclipse totale
du Soleil , qui arriva le 22 Mai au soir
1724. et d'une inondation furieuse qui
survint deux jours après , avec des Tonneres extraordinaires. Pendant le fort de
l'Eclipse , on vit autour du Soleil un anneau , ou une couronne lumineuse , deux
fois plus large et plus claire que celle
qu'on remarqua durant l'Eclipse totale de
l'an 1706. et que les Astronomes attribuerent à l'Atmosphere de la Lune. M.
Scheuchzer étoit alors à Kusnac , où le
Soleil se coucha entierement éclipsé : mais
quand il fut sous l'horizon la clarté
revint , et les ténébres furent dissipées.
>
L'inondation fit de grands ravages à
l'Eglise et aux environs. Durant la tempête, le Tonnerre brûla le drap d'un Tailleur qui travailloit dans son poele , déchira l'habit qui lui couvroit la poitrine ;
lui arracha un soulier et le blessa en plusieurs endroits : les fenêtres furent détruiI. Vol.
tes
DECEMBR E. 1732. 263r
tes , sans que le plomb fut endommagé ;
ailleurs le plomb fut fondu , le verre demeurant entier en d'autres , les seules
verges de fer furent fsappées : il y eut un
Poele , dont toutes les fenêtres furent jettées sur le pavé , &c.
:
Page 48. Au mois d'Octobre mourut
un homme , qui un an auparavant avoit
perdu tout d'un coup les cheveux et la
barbe. Au bout d'un tems les cheveux
étoient revenus blancs , déliés comme de
la soye , et crépus comme la laine de
brebis: mais trois semaines avant sa mort,
ils reprirent leur couleur naturelle. En ce
tems là vivoit un autre homme à qui la
moitié de la barbe devint blanche après
avoir été touchée par une femme , qui à
cause de cela fut cruë sorciere : mais appliquée à la question , elle ne confessa
rien.
On trouve à la page 18 3. à l'article des
nouvelles de Schwabach , l'extrait d'une
Lettre de M. Baratier , au sujet des progrès de son fils, cet Enfant précoce, dont
il a été parlé dans le 17. de cette Bibliotheque , et dont nous avons aussi déja
parlé plusieurs fois nous mêmes. Voici
I'Extrait de cette Lettre.
Par la Grace de Dieu , la santé de mon
fils s'est bien fortifiée depuis deux ans ,
I.Vol. ct
2632 MERCURE DE FRANCE
•
et il continue à faire des progrès dans ses
Etudes , proportionnés à ceux qu'il a fait
ci- devant. Je n'entreprendrai pas de vous
en faire le récit , le tems ne me le permettant pas. Je dirai seulement en gros
que sa principale étude jusqu'à présent , a
été la Langue Hébraïque , dans laquelle
il a fait de tels progrès , qu'on peut dire
qu'il l'a presque épuisée ; je veux dire
qu'il se trouvera très-s - peu de mots ou de
passages , si rares ou si obscurs et énigmatiques qu'ils soyent , dont il ne puisse
rendre raison , dans tout le Canon Hebreu ou Chaldaïque de l'Ecriture Sainte.
Il sçait par cœur en Hebreu tous les Pseaumes, les Proverbes et le Livre de Job ,
outre le Recueil des Passages des autres
Livres de l'Ecriture - Sainte , tant Chaldaïques qu'Hebreux , dans les Biblia parva Henr. Optii. Il a écrit pour la seconde
fois un Dictionnaire Hebreu , où il a recüeilli tous les mots , ou rares , ou difficiles ou équivoques , qui se trouvent
dans l'Original de la Bible , où il allégue
en même-tems les Passages où ils se trouvent , sur lesquels il exerce sa petite critique. Il a copié le Livre dont je viens de
faire mention , en Hebreu , avec une Version de sa façon des Biblia parva. La
Critique et la Philologie Sacrée ont fait
,
I. Vol.
pen-
DECEMBRE. 1732. 2633
1
pendant quelque-tems ses délices. Outre
la Synopse de Polus qu'il consulte souvent , il a parcouru divers bons Auteurs
en ce genre d'Etude , tels que Buxtorfii
Synagoga , Hottingeri Thesaurus Phylologicus, Carpzovii critica Sacra , Leusden
Glassius , Bochart , Lightfoot , &c. qu'il n'a pas lûs à la verité tout entiers , surtout ces trois derniers , mais dont il a parcouru les Ouvrages à ses heures de ré-
· création , en s'arrêtant aux endroits qui
lui plaisoient. Présentement il se divertit
à l'Histoire et à la Géographie , tant ancienne que moderne : la lecture de la Geographie de Bochart lui a fait naître le
goût de cette Science , que je lui laisse
cultiver tout seul , comme il pourra , sans
m'en mêler. Il est d'une avidité extrême
et d'une curiosité insatiable pour toutes
sortes de Langues et de Sciences. Les idées
qu'il en puise dans les diverses lectures
qu'il fait , irritent de telle sorte sa curiosité , qu'il voudroit tout d'un coup embrasser l'Encyclopedie des Sciences. Mais
comme cela le distrait trop des Etudes
qui conviennent à son âge , et l'occuperoit trop prématurement , je suis obligé
de reprimer cette avidité , et de lui défendre sous peine des verges , de lire aucun Livre sans ma permission. Châtiment
I. Vol. qu'il
2634 MERCURE DE FRANCE
qu'il n'a pourtant encorejamais éprouvé ,
depuis cette fois , dont j'ai fait mention
dans mon Traité. Il possede de telle sorte les Racines Hebraïques , ou Chaldaïques , de l'Ecriture Sainte , qu'il peut dire ce que telle Racine signifie , en Arabe ,
en Ethiopien , en Syriaque , ou faire l'application de ces diverses significations
dans les passages où ces mots se rencontrent , pour leur donner diverses interprétations , ou pour juger des differentes
Versions ; en quoi il fait paroître un jugement et une étudition qui le feroient
souffrir dans une Conference , ou dans
une conversation de Sçavans avec lesquels aussi il prend beaucoup de plaisir de converser.
Page 186. M. J. Seb. Stedler , Professeur de Mathématique , &c. a observé
sur le grand hyver qu'il y a eu à la fin de 1728. et au commencement de 1729.
que près des maisons , et même dans des
endroits sabloneux , la terre a été gelée
jusqu'à quinze pouces de profondeur , et
que le froid a été dde trois degrez plus violent qu'en 1709.
I- Vol, des
2628 MERCURE DE FRANCE
des Pays du Nord , année 1730. Tome
19 et 20. A Amsterdam , chez P. Humbert , 1730. in- 12 de plus de 550 pages
sans les Tables.
Le deuxième article de ce Volume regarde les Mémoires de la Societé Royale des
Sciences de Berlin. Troisiéme vol. in-4.
1727. avec fig.
Page 38. Il n'y a point de Ville en Allemagne , ni guére ailleurs , où l'on puis
se faire plus d'Observations Anatomiques
que dans le Théatre de l'Académie de
Berlin. Chaque année on y disséque jusqu'à soixante cadavres humains , sous la
démonstration de M. Buddéus , Docteur
en Médecine , Professeur en Anatomie
et Directeur de la Classe de Physique et
de Médecine.
ans ,
Pag. 39. Une femme âgée d'environ 20
étant devenuë furieuse , fut enfermée dans une prison , où elle mourut l'an
1726 ; étant ouverte , on remarqua dans
le cerveau quelques singularitez qu'on
ne jugea pas avoir causé la manie , non
plus que celles de la poitrine : mais l'ouverture du bas- ventre étonna. Outre que
les intestins pliés et entortillés , n'étoient
point dans leur place naturelle , l'ovaire
droit étoit aussi gros qu'un œufde poule pesoit un once , et au-dedans étoit
1. Vol.
plein
DECEMBRE. 1732. 2619
plein d'une touffe de poils , long de deux
pouces , crépus vers le milieu , et environnés d'une matiere semblable à du suif
mais séparée en petits grains. Ces poils ,
brulés à la chandelle, rendoient une mauvaise odeur comme les autres poils , ou
les ongles.
Page 40. M. Trisch , fait partau Public
d'un secret qu'il a appris de M. de HuneKen , Seigneur de Carpzow , et dont il a
lui- même vû les épreuves. Lorsque le
tronc des arbres a quelque chose qui choque les yeux , ou fait soupçonner quelque maladie , lorsque l'écorce d'un pomier ou d'un poirier est trop raboteuse ;
lorsque la résine coule d'un cerisier , ou
qu'il s'y forme de gros boutons , &c. pour
les rendre plus beaux , et en même tems
plus fertiles , il faut leur ôter entierement
toute l'écorce , depuis l'espece de couronne que forment les premieres branches
jusqu'à terre : ensorte que le bois blanc
de l'arbre soit égal et bien uni. Le tems
le plus propre est le Solstice d'Eté , ou
quand le suc de l'arbre coule plus abondamment , et il est aisé de le rendre égal
par tout , avec une plume d'oye. Mais
autant qu'on le peut, il faut le deffendre
contre la trop grande ardeur des rayons du Soleil , ou contre le sable que le vent
I. Vol.
Y
2630 MERCURE DE FRANCE
y peut pousser : soit en étendant des linges , ou en plantant des roseaux , ou de
quelqu'autre maniere.
Page 46. Mémoire de M. Scheuchzer
Docteur en Médecine , et Professeur en
Mathématique à Zurich , &c. L'hyver le
plus doux qu'on eut vû en Suisse depuis
long- tems , fut suivi d'une Eclipse totale
du Soleil , qui arriva le 22 Mai au soir
1724. et d'une inondation furieuse qui
survint deux jours après , avec des Tonneres extraordinaires. Pendant le fort de
l'Eclipse , on vit autour du Soleil un anneau , ou une couronne lumineuse , deux
fois plus large et plus claire que celle
qu'on remarqua durant l'Eclipse totale de
l'an 1706. et que les Astronomes attribuerent à l'Atmosphere de la Lune. M.
Scheuchzer étoit alors à Kusnac , où le
Soleil se coucha entierement éclipsé : mais
quand il fut sous l'horizon la clarté
revint , et les ténébres furent dissipées.
>
L'inondation fit de grands ravages à
l'Eglise et aux environs. Durant la tempête, le Tonnerre brûla le drap d'un Tailleur qui travailloit dans son poele , déchira l'habit qui lui couvroit la poitrine ;
lui arracha un soulier et le blessa en plusieurs endroits : les fenêtres furent détruiI. Vol.
tes
DECEMBR E. 1732. 263r
tes , sans que le plomb fut endommagé ;
ailleurs le plomb fut fondu , le verre demeurant entier en d'autres , les seules
verges de fer furent fsappées : il y eut un
Poele , dont toutes les fenêtres furent jettées sur le pavé , &c.
:
Page 48. Au mois d'Octobre mourut
un homme , qui un an auparavant avoit
perdu tout d'un coup les cheveux et la
barbe. Au bout d'un tems les cheveux
étoient revenus blancs , déliés comme de
la soye , et crépus comme la laine de
brebis: mais trois semaines avant sa mort,
ils reprirent leur couleur naturelle. En ce
tems là vivoit un autre homme à qui la
moitié de la barbe devint blanche après
avoir été touchée par une femme , qui à
cause de cela fut cruë sorciere : mais appliquée à la question , elle ne confessa
rien.
On trouve à la page 18 3. à l'article des
nouvelles de Schwabach , l'extrait d'une
Lettre de M. Baratier , au sujet des progrès de son fils, cet Enfant précoce, dont
il a été parlé dans le 17. de cette Bibliotheque , et dont nous avons aussi déja
parlé plusieurs fois nous mêmes. Voici
I'Extrait de cette Lettre.
Par la Grace de Dieu , la santé de mon
fils s'est bien fortifiée depuis deux ans ,
I.Vol. ct
2632 MERCURE DE FRANCE
•
et il continue à faire des progrès dans ses
Etudes , proportionnés à ceux qu'il a fait
ci- devant. Je n'entreprendrai pas de vous
en faire le récit , le tems ne me le permettant pas. Je dirai seulement en gros
que sa principale étude jusqu'à présent , a
été la Langue Hébraïque , dans laquelle
il a fait de tels progrès , qu'on peut dire
qu'il l'a presque épuisée ; je veux dire
qu'il se trouvera très-s - peu de mots ou de
passages , si rares ou si obscurs et énigmatiques qu'ils soyent , dont il ne puisse
rendre raison , dans tout le Canon Hebreu ou Chaldaïque de l'Ecriture Sainte.
Il sçait par cœur en Hebreu tous les Pseaumes, les Proverbes et le Livre de Job ,
outre le Recueil des Passages des autres
Livres de l'Ecriture - Sainte , tant Chaldaïques qu'Hebreux , dans les Biblia parva Henr. Optii. Il a écrit pour la seconde
fois un Dictionnaire Hebreu , où il a recüeilli tous les mots , ou rares , ou difficiles ou équivoques , qui se trouvent
dans l'Original de la Bible , où il allégue
en même-tems les Passages où ils se trouvent , sur lesquels il exerce sa petite critique. Il a copié le Livre dont je viens de
faire mention , en Hebreu , avec une Version de sa façon des Biblia parva. La
Critique et la Philologie Sacrée ont fait
,
I. Vol.
pen-
DECEMBRE. 1732. 2633
1
pendant quelque-tems ses délices. Outre
la Synopse de Polus qu'il consulte souvent , il a parcouru divers bons Auteurs
en ce genre d'Etude , tels que Buxtorfii
Synagoga , Hottingeri Thesaurus Phylologicus, Carpzovii critica Sacra , Leusden
Glassius , Bochart , Lightfoot , &c. qu'il n'a pas lûs à la verité tout entiers , surtout ces trois derniers , mais dont il a parcouru les Ouvrages à ses heures de ré-
· création , en s'arrêtant aux endroits qui
lui plaisoient. Présentement il se divertit
à l'Histoire et à la Géographie , tant ancienne que moderne : la lecture de la Geographie de Bochart lui a fait naître le
goût de cette Science , que je lui laisse
cultiver tout seul , comme il pourra , sans
m'en mêler. Il est d'une avidité extrême
et d'une curiosité insatiable pour toutes
sortes de Langues et de Sciences. Les idées
qu'il en puise dans les diverses lectures
qu'il fait , irritent de telle sorte sa curiosité , qu'il voudroit tout d'un coup embrasser l'Encyclopedie des Sciences. Mais
comme cela le distrait trop des Etudes
qui conviennent à son âge , et l'occuperoit trop prématurement , je suis obligé
de reprimer cette avidité , et de lui défendre sous peine des verges , de lire aucun Livre sans ma permission. Châtiment
I. Vol. qu'il
2634 MERCURE DE FRANCE
qu'il n'a pourtant encorejamais éprouvé ,
depuis cette fois , dont j'ai fait mention
dans mon Traité. Il possede de telle sorte les Racines Hebraïques , ou Chaldaïques , de l'Ecriture Sainte , qu'il peut dire ce que telle Racine signifie , en Arabe ,
en Ethiopien , en Syriaque , ou faire l'application de ces diverses significations
dans les passages où ces mots se rencontrent , pour leur donner diverses interprétations , ou pour juger des differentes
Versions ; en quoi il fait paroître un jugement et une étudition qui le feroient
souffrir dans une Conference , ou dans
une conversation de Sçavans avec lesquels aussi il prend beaucoup de plaisir de converser.
Page 186. M. J. Seb. Stedler , Professeur de Mathématique , &c. a observé
sur le grand hyver qu'il y a eu à la fin de 1728. et au commencement de 1729.
que près des maisons , et même dans des
endroits sabloneux , la terre a été gelée
jusqu'à quinze pouces de profondeur , et
que le froid a été dde trois degrez plus violent qu'en 1709.
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Résumé : Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
Le texte est un extrait de la 'Bibliothèque Germanique' ou 'Histoire Littéraire d'Allemagne, de Suisse et des Pays du Nord' pour l'année 1730, publié à Amsterdam. Il présente divers articles et observations scientifiques et littéraires. Un article notable provient des Mémoires de la Société Royale des Sciences de Berlin, où des dissections anatomiques sont régulièrement effectuées. Par exemple, une femme de 20 ans, devenue furieuse et décédée en 1726, a révélé des anomalies dans ses organes internes, notamment des poils anormaux dans son ovaire droit. Un autre article, rédigé par M. Trisch, décrit une méthode pour soigner les arbres malades en enlevant leur écorce et en protégeant le bois exposé. M. Scheuchzer, professeur à Zurich, rapporte une éclipse totale du Soleil en 1724, suivie d'une inondation et de phénomènes météorologiques extrêmes. Il décrit également divers dommages causés par la foudre. Le texte mentionne également des cas médicaux inhabituels, comme un homme ayant perdu et récupéré ses cheveux, et une femme accusée de sorcellerie après avoir touché la barbe d'un homme. Enfin, une lettre de M. Baratier parle des progrès exceptionnels de son fils dans l'étude de la langue hébraïque et d'autres disciplines académiques. L'enfant maîtrise déjà de nombreux textes sacrés et montre une curiosité insatiable pour diverses sciences.
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