Auteur du texte (16)
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Détail
Liste
Résultats : 16 texte(s)
1
p. 77-78
AUTRE.
Début :
Depuis longtems tu m'abandonnes, [...]
Mots clefs :
Alphabet
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
DEPU EPUIS longtems tu m'abandonnes ,
Cher Lecteur ! quoique , tous les jours ,
Ayec agrément tu moiffonnes
Les fruits de mon ancien fecours.
Piqué de cette létargie ,
Je cherche encor à fixer tes regards.
Prends donc mes huit membres épars
Range-les à ta fantaiſie,
Ils t'offriront un de ces jeux ,
Où le coup d'oeil & la jufteffe ,
*
Ont peut- être , au gré de tes voeux ,
Plus d'une fois couronne ton adreffe.
Tantôt , couru par la jeuneſſe .
De mes plaiſirs tumultueux ,
Je fçais lui prodiguer l'ivreſſe.
Tantôt , à peine fuis - je né ,
Que de ma voix , l'indifcrette indécence,,
Fait foudain , fuivant l'occurrence ,
Rire ou rougir tout un cercle étonné.
Ici , victime de l'Envie ,
Je fus , hélas ! affaffiné:
Là, jadis , à mon culte impie,
Je vis maint autel deſtiné .
Je tiens mon rang dans la Mufique.
Je me fuis aufi , fans façon ,
Dij
78. MERCURE DE FRANCE.
Faufilé dans l'art Héraldique.
Tantôt , je fuis petit Poiffon ;
Tantôt , je deviens grande Ville.
Je puis encor , d'un meuble utile ,
Offrir les commodes douceurs .
Enfin , tout voyageur habile
Doit , à propos , ufer de mes faveurs .
C'eft te fournir affez ample carrière ,
Pour t'amufer , ou te mettre en ſouci.
Reftons- en là , pour aujourd'hui :
Car mon but n'eft que de te plaire ;
Et je pourrois te caufer de l'ennui.
DESMARA I Ș.
DEPU EPUIS longtems tu m'abandonnes ,
Cher Lecteur ! quoique , tous les jours ,
Ayec agrément tu moiffonnes
Les fruits de mon ancien fecours.
Piqué de cette létargie ,
Je cherche encor à fixer tes regards.
Prends donc mes huit membres épars
Range-les à ta fantaiſie,
Ils t'offriront un de ces jeux ,
Où le coup d'oeil & la jufteffe ,
*
Ont peut- être , au gré de tes voeux ,
Plus d'une fois couronne ton adreffe.
Tantôt , couru par la jeuneſſe .
De mes plaiſirs tumultueux ,
Je fçais lui prodiguer l'ivreſſe.
Tantôt , à peine fuis - je né ,
Que de ma voix , l'indifcrette indécence,,
Fait foudain , fuivant l'occurrence ,
Rire ou rougir tout un cercle étonné.
Ici , victime de l'Envie ,
Je fus , hélas ! affaffiné:
Là, jadis , à mon culte impie,
Je vis maint autel deſtiné .
Je tiens mon rang dans la Mufique.
Je me fuis aufi , fans façon ,
Dij
78. MERCURE DE FRANCE.
Faufilé dans l'art Héraldique.
Tantôt , je fuis petit Poiffon ;
Tantôt , je deviens grande Ville.
Je puis encor , d'un meuble utile ,
Offrir les commodes douceurs .
Enfin , tout voyageur habile
Doit , à propos , ufer de mes faveurs .
C'eft te fournir affez ample carrière ,
Pour t'amufer , ou te mettre en ſouci.
Reftons- en là , pour aujourd'hui :
Car mon but n'eft que de te plaire ;
Et je pourrois te caufer de l'ennui.
DESMARA I Ș.
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2
p. 79-80
LOGOGRYPHE.
Début :
Ce n'est qu'avec effroi, Lecteur, qu'on me voit naître. [...]
Mots clefs :
Orage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
CEn'eft E n'eft qu'avec effroi , Lecteur , qu'on me
voit naître.
Mes cinq pieds réunis , caufent bien du fracas ;
Mais étant divifés , il te plairont peut- être.
Les deux premiers , ont de puiffans appas :
Garde- toi , néanmoins , d'en faire trop de cas ;
Sans quoi,de bon valet, je deviens mauvais maître .
Des trois derniers , le ſort eſt varić :
Leur printemps en plaiſirs fertile ,
Aux ris , aux jeux fe voit afſocié ;
Mais leur hyver fombre & débile ,
Aux rebuts , aux ennuis , paroît facrifié .
Sous une image , encore plas frappante ,
Je vais tâcher de m'offrir à tes yeux.
Ote ma tête... alors na fureur dévorante ,
Seme la terreur en tous lieux .
Ote mon ventre, en me rendant la tête ,
Je m'offre à tes befoins de plus d'une façon .
De moi l'on fait du pain ... & certaine boiſſon ,
Entr'autres , avec moi fe compofe & s'apprête.
Lecteur , tant je me vois en train ,
Je pourrois bien m'étendre davantage.
Mais dois-je être l'objet d'un plus long badinage ,
Div
to MERCURE DE FRANCE.
Moi , qui jamais n'annonce au genre humain,
Que débris , horreurs , & ravage ?
Par M. DESMARAIS DU CHAMBON.
CEn'eft E n'eft qu'avec effroi , Lecteur , qu'on me
voit naître.
Mes cinq pieds réunis , caufent bien du fracas ;
Mais étant divifés , il te plairont peut- être.
Les deux premiers , ont de puiffans appas :
Garde- toi , néanmoins , d'en faire trop de cas ;
Sans quoi,de bon valet, je deviens mauvais maître .
Des trois derniers , le ſort eſt varić :
Leur printemps en plaiſirs fertile ,
Aux ris , aux jeux fe voit afſocié ;
Mais leur hyver fombre & débile ,
Aux rebuts , aux ennuis , paroît facrifié .
Sous une image , encore plas frappante ,
Je vais tâcher de m'offrir à tes yeux.
Ote ma tête... alors na fureur dévorante ,
Seme la terreur en tous lieux .
Ote mon ventre, en me rendant la tête ,
Je m'offre à tes befoins de plus d'une façon .
De moi l'on fait du pain ... & certaine boiſſon ,
Entr'autres , avec moi fe compofe & s'apprête.
Lecteur , tant je me vois en train ,
Je pourrois bien m'étendre davantage.
Mais dois-je être l'objet d'un plus long badinage ,
Div
to MERCURE DE FRANCE.
Moi , qui jamais n'annonce au genre humain,
Que débris , horreurs , & ravage ?
Par M. DESMARAIS DU CHAMBON.
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4
p. 77-78
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis petit ; mais Alexandre [...]
Mots clefs :
Grain
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Je fuis petit ; mais Alexandre
L'étoit , & n'en fut pas moins grand.
Lecteur , cet exemple t'apprend
Qu'à ma taille on pourroit , fur mon prix , ſe méprendre.
Fais jouer les refforts de mon individu ,
Combine , tu feras aifément convaincu
Quej'ai , pour faire agir , un moyenfans repliques
Que mon rang eſt un rang étique ,
Dont je ne tire pas le fou ;
Qu'il faut qu'on me coupe le cou ,
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
Avant que mon gain ſe déclare ;
Que par un fort affez bizarre ,
Sans avoir jamais rien , je fuis toujours garni ;
Que toujours gai , j'ai tours ri ;
Qu'enfin .. Mais à cetrait il faut que je m'arrête §
Rire , être gai ! c'eſt unifort trop heureux !
Puiffions-nous , dans trente ans , nous trouver tous
les deux ,
Cher Lecteur , à pareille fête !
ParM. DESMARAIS DU CHAMBON,
Je fuis petit ; mais Alexandre
L'étoit , & n'en fut pas moins grand.
Lecteur , cet exemple t'apprend
Qu'à ma taille on pourroit , fur mon prix , ſe méprendre.
Fais jouer les refforts de mon individu ,
Combine , tu feras aifément convaincu
Quej'ai , pour faire agir , un moyenfans repliques
Que mon rang eſt un rang étique ,
Dont je ne tire pas le fou ;
Qu'il faut qu'on me coupe le cou ,
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
Avant que mon gain ſe déclare ;
Que par un fort affez bizarre ,
Sans avoir jamais rien , je fuis toujours garni ;
Que toujours gai , j'ai tours ri ;
Qu'enfin .. Mais à cetrait il faut que je m'arrête §
Rire , être gai ! c'eſt unifort trop heureux !
Puiffions-nous , dans trente ans , nous trouver tous
les deux ,
Cher Lecteur , à pareille fête !
ParM. DESMARAIS DU CHAMBON,
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5
p. 45-46
AUTRE.
Début :
Comment puis-je me définir ? [...]
Mots clefs :
Embryon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
OMMENT puis-je me définir ?
J'exifte fans voir la lumière ;
Et le préfent autant que l'avenir
46 MERCURE DE FRANCE.
... Eft pour moi cahos & myſtère.
A
Que fuis-je donc ? Lecteur , c'eſt ton affaire :
peu de frais tu peux me deviner ;
Et fi tu prends plaifir à combiner,
Mes fept pieds vont te fatisfaire.
Je deviens Roi , Moine , Robin ;
Partout où je fuis je fais boire ;
Et par un bizare deftin ,
Je porte toujours robe noire ;
A qui le veut j'offre mon bien ;
Mais c'est toujours fans conféquence ,
Car on peut me réduire à rien
Sans me réduire à l'indigence.
Par M. DESMARAIS DU CHAMBON.
OMMENT puis-je me définir ?
J'exifte fans voir la lumière ;
Et le préfent autant que l'avenir
46 MERCURE DE FRANCE.
... Eft pour moi cahos & myſtère.
A
Que fuis-je donc ? Lecteur , c'eſt ton affaire :
peu de frais tu peux me deviner ;
Et fi tu prends plaifir à combiner,
Mes fept pieds vont te fatisfaire.
Je deviens Roi , Moine , Robin ;
Partout où je fuis je fais boire ;
Et par un bizare deftin ,
Je porte toujours robe noire ;
A qui le veut j'offre mon bien ;
Mais c'est toujours fans conféquence ,
Car on peut me réduire à rien
Sans me réduire à l'indigence.
Par M. DESMARAIS DU CHAMBON.
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6
p. 66-67
AUTRE. à Mlle D***, à Paris.
Début :
Vif, languissant, tendre, doux ou sévere, [...]
Mots clefs :
Regard
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE. à Mlle D***, à Paris.
AUTR E.
à Mlle D✶✶✶ à Paris.
VIF , languiffant , tendre , doux ou févere ;
Ꮩ
Charmant en vous , en d'autres éffronté ,
J'ufe de mes droits fans myſtère.
Cependant il en fait quelquefois la beauté ;
Mais belle Iris , je hais l'obſcurité,
Et ces droits ne font beaux qu'au jour , qu'à la
lumiere.
De mes fix pieds , avec facilité ,
On pourra , fi l'on veut , extraire
Pour les Vaiffeaux un lieu de fureté ;
Un cri quelquefois falutaire
A l'homme ivre , au Badaut dans la rue arrêté ;
Contre toute furpriſe un poſte néceſſaire ;
Cet espace de Temps qui , dans la primauté ,
Des plaifirs , des amours , des jeux eft le repaire ,
Et qui dans fon hyver , languiffant , rebuté ,
De bien des maux devient le tributaire ;
Le premier Fondateur d'an Ordre refpecté
Religieux & Militaire ;
Du Languedoc une Cité ;
Un autre de Bohême ; un excès de colere ,
Ou ce mal furieux , terrible & fanguinaire
Partout justement redouté.
Iris , après ce trait il eft temps de me taire;
Je ne me fuis que trop manifefté.
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
2
Dieux ! Thémire est plus belle Au
jourd'hui
que ja mais! Le titre d'infi...
- delle Prete donc des at traits ? A
mour si de son
+
•
crime Tu ne les point
van
-ge; Dois -je être ta victi me Moi
qui suis outrage. ?
Grave
par Me Charpentie.
Imprimé par Tournelle .
SEPTEMBRE . 1761 .
67
ENVÓ I.
A Imable Iris , je n'en fais pas myſtere :
Animé par l'efprit , les graces , la beauté ,
Ce mot a tant d'attraits & tant d'autorité ,
Qu'un feul de votre part eft tout ce que j'eſpére
Je l'attens de votre bonté ;
Jugez s'il doit me fatisfaire !
Par lui l'Auteur fera flatté' ,
Et l'Ouvrage , affuré de plaire.
Par M. DES MARAIS du CHAMBON, en Limousin
à Mlle D✶✶✶ à Paris.
VIF , languiffant , tendre , doux ou févere ;
Ꮩ
Charmant en vous , en d'autres éffronté ,
J'ufe de mes droits fans myſtère.
Cependant il en fait quelquefois la beauté ;
Mais belle Iris , je hais l'obſcurité,
Et ces droits ne font beaux qu'au jour , qu'à la
lumiere.
De mes fix pieds , avec facilité ,
On pourra , fi l'on veut , extraire
Pour les Vaiffeaux un lieu de fureté ;
Un cri quelquefois falutaire
A l'homme ivre , au Badaut dans la rue arrêté ;
Contre toute furpriſe un poſte néceſſaire ;
Cet espace de Temps qui , dans la primauté ,
Des plaifirs , des amours , des jeux eft le repaire ,
Et qui dans fon hyver , languiffant , rebuté ,
De bien des maux devient le tributaire ;
Le premier Fondateur d'an Ordre refpecté
Religieux & Militaire ;
Du Languedoc une Cité ;
Un autre de Bohême ; un excès de colere ,
Ou ce mal furieux , terrible & fanguinaire
Partout justement redouté.
Iris , après ce trait il eft temps de me taire;
Je ne me fuis que trop manifefté.
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
2
Dieux ! Thémire est plus belle Au
jourd'hui
que ja mais! Le titre d'infi...
- delle Prete donc des at traits ? A
mour si de son
+
•
crime Tu ne les point
van
-ge; Dois -je être ta victi me Moi
qui suis outrage. ?
Grave
par Me Charpentie.
Imprimé par Tournelle .
SEPTEMBRE . 1761 .
67
ENVÓ I.
A Imable Iris , je n'en fais pas myſtere :
Animé par l'efprit , les graces , la beauté ,
Ce mot a tant d'attraits & tant d'autorité ,
Qu'un feul de votre part eft tout ce que j'eſpére
Je l'attens de votre bonté ;
Jugez s'il doit me fatisfaire !
Par lui l'Auteur fera flatté' ,
Et l'Ouvrage , affuré de plaire.
Par M. DES MARAIS du CHAMBON, en Limousin
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7
p. 61-62
AUTRE.
Début :
Il faut en convenir, je suis une rusée [...]
Mots clefs :
Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
L faut en convenir , je fuis une ruſée
Qui quelquefois fais voir bien du Pays ;
Tel qui fe frotte à moi ne fçait pas qui je fuis ,
Et pour tout dire enfin , je ne fuis point aifée.
Que ce début ne te rebute pas ,
Lecteur , fi tu veux me connoître ,
Ma diffection va peut-être
T'aider à fortir d'embarras.
Chez moi tu pourras voir , en uſant d'induſtrie ,
Cette beauté de Baotie
Qu'environné d'une flâme de feux .
Alla voir autrefois un Dieu
Un Météore ; une petite Ville ,
Dont la Loire arrofe les bords ;
Des métaux la ſource foffile ;
Ce rare , ce beau feu dont les brillans efforts
Malgré les affauts de l'Envie
=
Conduisent un Auteur à l'Immortalité ;
62 MERCURE DE FRANCE.
Une Riviere en Franconie ;
Le poifon de là Liberté ;
La partie molle & légère
Du plus néceſſaire aliment }
Ce que fait ordinairement
Devant un Magiftrat févère
Le Criminel qu'un aveu poſitif
Pourroit conduire à quelque fin tragique ;
Certaine Note de Muſique ;
Enfin un Pronom poffeffif.
Mais j'aurois dû plutôt me taire ,
Surtout après mon prélude orgueilleux :
Tout ce détail me dévoile à tes yeux ,
Et mon babil aura découvert le mystère.
Par M. DESMARAIS DU CHAMBON
en Limoufin , ces Mai 1762.
L faut en convenir , je fuis une ruſée
Qui quelquefois fais voir bien du Pays ;
Tel qui fe frotte à moi ne fçait pas qui je fuis ,
Et pour tout dire enfin , je ne fuis point aifée.
Que ce début ne te rebute pas ,
Lecteur , fi tu veux me connoître ,
Ma diffection va peut-être
T'aider à fortir d'embarras.
Chez moi tu pourras voir , en uſant d'induſtrie ,
Cette beauté de Baotie
Qu'environné d'une flâme de feux .
Alla voir autrefois un Dieu
Un Météore ; une petite Ville ,
Dont la Loire arrofe les bords ;
Des métaux la ſource foffile ;
Ce rare , ce beau feu dont les brillans efforts
Malgré les affauts de l'Envie
=
Conduisent un Auteur à l'Immortalité ;
62 MERCURE DE FRANCE.
Une Riviere en Franconie ;
Le poifon de là Liberté ;
La partie molle & légère
Du plus néceſſaire aliment }
Ce que fait ordinairement
Devant un Magiftrat févère
Le Criminel qu'un aveu poſitif
Pourroit conduire à quelque fin tragique ;
Certaine Note de Muſique ;
Enfin un Pronom poffeffif.
Mais j'aurois dû plutôt me taire ,
Surtout après mon prélude orgueilleux :
Tout ce détail me dévoile à tes yeux ,
Et mon babil aura découvert le mystère.
Par M. DESMARAIS DU CHAMBON
en Limoufin , ces Mai 1762.
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8
p. 71-72
AUTRE.
Début :
Bourreau de ceux chez qui j'habite, [...]
Mots clefs :
Soif
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
BOURREAU de ceux chez qui j'habite ,
J'agis comme un enfant gâté
Qui preffe , crie & follicite
Jufqu'à ce qu'on l'ait contenté :
"
Mais fi je fuis comme lui volontaire ,
Avec la même aifance on ne m'appaiſe pas ;
Et les bonbons , quand je fais du fracas ,
Certainement ne me feroient pas taire.
Ceci pofé , Lecteur ; fi de mon petit corps
Tu fçais faire mouvoir les différens refforts ,
Je pourrai fans vertu magique
Te préfenter l'objet des foins d'Argus ;
Certaine Note de Mufique ;
Un Arbriffeau des plus touffus
Une Vertu Théologale ;
Ce dont un chien , quand il peut , fe régale ;
Un terme enfin de dédain , de mépris ;
Souffre , Lecteur , qu'à ce trait je m'arrête ;
72 MERCURE DE FRANCE .
Mon procédé doit te paroître honnête ,
Puifque tout bien compté , quatre t'ont rendu fix.
Par M. DESMARAIS DU CHAMBON
en Limousin.
BOURREAU de ceux chez qui j'habite ,
J'agis comme un enfant gâté
Qui preffe , crie & follicite
Jufqu'à ce qu'on l'ait contenté :
"
Mais fi je fuis comme lui volontaire ,
Avec la même aifance on ne m'appaiſe pas ;
Et les bonbons , quand je fais du fracas ,
Certainement ne me feroient pas taire.
Ceci pofé , Lecteur ; fi de mon petit corps
Tu fçais faire mouvoir les différens refforts ,
Je pourrai fans vertu magique
Te préfenter l'objet des foins d'Argus ;
Certaine Note de Mufique ;
Un Arbriffeau des plus touffus
Une Vertu Théologale ;
Ce dont un chien , quand il peut , fe régale ;
Un terme enfin de dédain , de mépris ;
Souffre , Lecteur , qu'à ce trait je m'arrête ;
72 MERCURE DE FRANCE .
Mon procédé doit te paroître honnête ,
Puifque tout bien compté , quatre t'ont rendu fix.
Par M. DESMARAIS DU CHAMBON
en Limousin.
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9
p. 88-89
ENVOI.
Début :
Pensant à vous à tout moment [...]
Mots clefs :
Agrément, Souvenir, Asile
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOI.
ENVO 1.
Penfant à vous à tout moment
Dans mon afyle folitaire,
Du mot dont je vous fais myſtère
Je me rera e l'agrément.
Si je n'ai point aujourd'hui l'avantage
D'en partager près de vous le plaifir ,
Souffrez au mo s que je m'en dédommage
Par le charme du fouvenir...
Par M DESMARAIS DU CHAMBON,
Ce 22 Mars 1763.
Penfant à vous à tout moment
Dans mon afyle folitaire,
Du mot dont je vous fais myſtère
Je me rera e l'agrément.
Si je n'ai point aujourd'hui l'avantage
D'en partager près de vous le plaifir ,
Souffrez au mo s que je m'en dédommage
Par le charme du fouvenir...
Par M DESMARAIS DU CHAMBON,
Ce 22 Mars 1763.
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10
p. 67-68
AUTRE.
Début :
Presque toujours fêtée, & souvent ridîcule, [...]
Mots clefs :
Singularité
11
p. 101-104
AUTRE. A Madame de la F*** aux Mounéroux en Auvergne.
Début :
Un seul desir quelquefois me fait naître, [...]
Mots clefs :
Reconnaissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. A Madame de la F*** aux Mounéroux en Auvergne.
AUTR E.
A Madame de la F *** aux Mounéroux
en Auvergne.
UN feul defir quelquefois me fait naître ,
Un feul defir peut me manifeſter ;
Et fije puis exifter fans paroître ,
Je puis paroître auffi fans exifter.
Ce dernier trait pourroit peut-être ,
Belle Eglé , vous dépayser
Il faut donc pour vous amuſer
Dans mes quatorze pieds me donner à connoître.
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
Vous y verrez le fils de trois Dieux à la fois ,
Qui de la Déeffe des Bois
Devint juftement la victime ;
Le premier malheureux dont le funefte crime ;
De l'envie en fureur fut le coupable fruit ;
L'Objet des fons galans de la Mufe d'Ovide ;
Ce héros vaillant , intrépide ,
Qui dans Colchos par la gloire conduit ,
D'une riche Toifon fit l'illuftre conquête ;
Un fils de Jacob ; un Prophéte ;
Un grand Pontife des Hébreux ;
Une fameufe Magicienne ;
Celui que le Criftal d'une claire Fontaine
Rendit de foi- même amoureux ;
Cet autre qui des airs fendoit l'immenfe plaine ,
Mais qui s'approchant trop de l'aftre radieux ,
Par fa chûte , porta la peine
De fon éffor audacieux ;
Un Général défait par Judas Machabée ;
Le premier que le Vin trompa par la douceur ;
Un Poëte tragique ; un habile Orateur ;
Le beau Berger qu'aimoit la Nymphe Gala
thée ;
Ce Roi qui renfermant fa fille en une tour ,
Crut eviter par là , fa trifte deſtinée ,
Mais vit à fes dépens que l'Or joint à l'amour ;
Malgré murs & verrouils en tous lieux trouve
entrée ;
OCTOBRE. 1764. 103
Le Nautonnier des fombres ods ;
Une Impératrice inhumaine
Qui de l'ambition écoutant les tranſports ,
Fit aveugler fon fib , pour refter Souveraine }
Le Miniftre chéri du célébre Pyrrhus ;
Ce Romain qui reçut le pardon de ſon crime i
Et qu'Augufte força par ce trait magnanime
D'admirer fa clémence , & chérir fes vertus ;
J'aurois à vous offrir maint autre Perfonnage ,
Mais un peu de variété
Porte ordinairement avec foi l'avantage
De plaire & de piquer la curiofité ;
Voyez donc maintenant deux Cités en Affrique ;
Un Signe du Zodiaque ; une Iſle en Amérique s
Un Poids ; un Elément ; une fleur ; un Poifon ;
Un fruit; deux Purgatifs ; un légume ; une Fête ;
Une plante épineufe ; une petite bête ,
Qui caufe fur la peau grande demangeaison ;
Trois rivières ; un fleuve & deux Villes de France;
Une Ifle où la révolte aujourd'hui fait fracas
Enfin ( car il eft temps de finir la féance )
De l'Etude un fruit plein d'appas.
ENVO I.
Si j'ai tort de faire un mystère
D'un mot dont je me fais honneur ,
Au moins n'irai - je pas vous taire
E iv
104 MERCURE DE FRANCE ,
Que-très fouvent il eft trompeur.
Sous plus d'une fauſſe couleur
Il en impofe , & peut furprendre ;
Mais pour ne pas vous y méprendre
Aimable Eglé , cherchez-le dans mon coeur.
DESMARAIS du Chambon en Limousin
A Madame de la F *** aux Mounéroux
en Auvergne.
UN feul defir quelquefois me fait naître ,
Un feul defir peut me manifeſter ;
Et fije puis exifter fans paroître ,
Je puis paroître auffi fans exifter.
Ce dernier trait pourroit peut-être ,
Belle Eglé , vous dépayser
Il faut donc pour vous amuſer
Dans mes quatorze pieds me donner à connoître.
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
Vous y verrez le fils de trois Dieux à la fois ,
Qui de la Déeffe des Bois
Devint juftement la victime ;
Le premier malheureux dont le funefte crime ;
De l'envie en fureur fut le coupable fruit ;
L'Objet des fons galans de la Mufe d'Ovide ;
Ce héros vaillant , intrépide ,
Qui dans Colchos par la gloire conduit ,
D'une riche Toifon fit l'illuftre conquête ;
Un fils de Jacob ; un Prophéte ;
Un grand Pontife des Hébreux ;
Une fameufe Magicienne ;
Celui que le Criftal d'une claire Fontaine
Rendit de foi- même amoureux ;
Cet autre qui des airs fendoit l'immenfe plaine ,
Mais qui s'approchant trop de l'aftre radieux ,
Par fa chûte , porta la peine
De fon éffor audacieux ;
Un Général défait par Judas Machabée ;
Le premier que le Vin trompa par la douceur ;
Un Poëte tragique ; un habile Orateur ;
Le beau Berger qu'aimoit la Nymphe Gala
thée ;
Ce Roi qui renfermant fa fille en une tour ,
Crut eviter par là , fa trifte deſtinée ,
Mais vit à fes dépens que l'Or joint à l'amour ;
Malgré murs & verrouils en tous lieux trouve
entrée ;
OCTOBRE. 1764. 103
Le Nautonnier des fombres ods ;
Une Impératrice inhumaine
Qui de l'ambition écoutant les tranſports ,
Fit aveugler fon fib , pour refter Souveraine }
Le Miniftre chéri du célébre Pyrrhus ;
Ce Romain qui reçut le pardon de ſon crime i
Et qu'Augufte força par ce trait magnanime
D'admirer fa clémence , & chérir fes vertus ;
J'aurois à vous offrir maint autre Perfonnage ,
Mais un peu de variété
Porte ordinairement avec foi l'avantage
De plaire & de piquer la curiofité ;
Voyez donc maintenant deux Cités en Affrique ;
Un Signe du Zodiaque ; une Iſle en Amérique s
Un Poids ; un Elément ; une fleur ; un Poifon ;
Un fruit; deux Purgatifs ; un légume ; une Fête ;
Une plante épineufe ; une petite bête ,
Qui caufe fur la peau grande demangeaison ;
Trois rivières ; un fleuve & deux Villes de France;
Une Ifle où la révolte aujourd'hui fait fracas
Enfin ( car il eft temps de finir la féance )
De l'Etude un fruit plein d'appas.
ENVO I.
Si j'ai tort de faire un mystère
D'un mot dont je me fais honneur ,
Au moins n'irai - je pas vous taire
E iv
104 MERCURE DE FRANCE ,
Que-très fouvent il eft trompeur.
Sous plus d'une fauſſe couleur
Il en impofe , & peut furprendre ;
Mais pour ne pas vous y méprendre
Aimable Eglé , cherchez-le dans mon coeur.
DESMARAIS du Chambon en Limousin
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12
p. 72-74
LOGOGRYPHE. A Madame DE LA F..... aux Mouneroux en Auvergne.
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Aimable Eglé, tout céde à ma beauté, [...]
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Esprit
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE. A Madame DE LA F..... aux Mouneroux en Auvergne.
LOGOGRYPΗ Ε.
AMadame DE LA F... aux Mouneroux
en Auvergne.
AIMABLE Egle , tour céde à ma beauté ,
Tout ici bas lui rend les armes ,
Et mon éclat , ſans vanité ,
A vos attraits ajoute bien des charmes.
Ne me traitez pas d'indifcret ,
Si j'oſe me vanter de vous avoir ſçu plaire :
De notre intelligence on ne fait plus myſtère ;
Mais ,
AVRIL 1765. 73
Mais , Eglé , convenez du fait ,
Vous même avez éventé le ſecret ;
Pour le garder , il eût fallu vous taire.
1
Deux pieds fix doigts forment mon corps.
Par le jeu combiné de mes divers refforts
Je tends au débiteur une main ſecourable ,
Et du créancier intraitable
Je fais ſuſpendre la rigueur ;
Mais aux amans moins favorable
J'ai , d'un tête à tête agréable ,
Souvent altéré la douceur ;
Fruit des travaux du laboureur ,
Je fais naître chez lui la joie & l'abondance ;
De la bête que ſuit l'intrépide chaſſeur ,
Je trahis les détours & donne connoiſſance :
Dans un cercle par fois le bruit de ma naiſſance
De mon père confus fait rougir la pudeur.
Tantôt je ſuis un titre de grandeur
Qu'en faveur du Roi ſeul exige la décence;
Ici je ſuis un jeu ; là je ſuis un péché ;
Tantôt je ſuis oiſeau ; tantôt j'aide à les prendre ;
A tout ce que j'ai pu je me ſuis accroché
Pour vous dépayſer & pouvoir vous ſurprendre ;
Mais à ce but en vain je me ſuis attaché ....
Par moi- même , bientôt vous allez me comprendre.
Vol. I. D
74 MERCURE DE FRANCE.
ENVΟΙ.
Du mot que j'ai voilé je n'ai point le pincean
Pour colorer à vos yeux mon hommage ;
Mais au moins , belle Eglé , dans cet eſſai nouveau
Du coeur reconnoiſſez l'ouvrage.
DES MARAIS , du Chambon , en Limousin.
AMadame DE LA F... aux Mouneroux
en Auvergne.
AIMABLE Egle , tour céde à ma beauté ,
Tout ici bas lui rend les armes ,
Et mon éclat , ſans vanité ,
A vos attraits ajoute bien des charmes.
Ne me traitez pas d'indifcret ,
Si j'oſe me vanter de vous avoir ſçu plaire :
De notre intelligence on ne fait plus myſtère ;
Mais ,
AVRIL 1765. 73
Mais , Eglé , convenez du fait ,
Vous même avez éventé le ſecret ;
Pour le garder , il eût fallu vous taire.
1
Deux pieds fix doigts forment mon corps.
Par le jeu combiné de mes divers refforts
Je tends au débiteur une main ſecourable ,
Et du créancier intraitable
Je fais ſuſpendre la rigueur ;
Mais aux amans moins favorable
J'ai , d'un tête à tête agréable ,
Souvent altéré la douceur ;
Fruit des travaux du laboureur ,
Je fais naître chez lui la joie & l'abondance ;
De la bête que ſuit l'intrépide chaſſeur ,
Je trahis les détours & donne connoiſſance :
Dans un cercle par fois le bruit de ma naiſſance
De mon père confus fait rougir la pudeur.
Tantôt je ſuis un titre de grandeur
Qu'en faveur du Roi ſeul exige la décence;
Ici je ſuis un jeu ; là je ſuis un péché ;
Tantôt je ſuis oiſeau ; tantôt j'aide à les prendre ;
A tout ce que j'ai pu je me ſuis accroché
Pour vous dépayſer & pouvoir vous ſurprendre ;
Mais à ce but en vain je me ſuis attaché ....
Par moi- même , bientôt vous allez me comprendre.
Vol. I. D
74 MERCURE DE FRANCE.
ENVΟΙ.
Du mot que j'ai voilé je n'ai point le pincean
Pour colorer à vos yeux mon hommage ;
Mais au moins , belle Eglé , dans cet eſſai nouveau
Du coeur reconnoiſſez l'ouvrage.
DES MARAIS , du Chambon , en Limousin.
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15
p. 50
LOGOGRYPHE.
Début :
Integer, erro humilis ; tollas caput, exto superbus [...]
Mots clefs :
Grex
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