Reconnaissance textuelle : LA FAUVETTE, A SAPHO, Arrivant à son petit Bois le 25. Avril, selon sa coûtume.
Ces
autres
Vers
,
pour
n'ê-
tre
pas adreffez
à Sa Majeſté
,
ne
laiffent
pas
de
loüer ce
Grand
Monarque
.
Ils
font
de
l'illuftre
Mademoiſelle
deScudéry
.
Vous
fçavez
qu'elle
a
immortalifé
les
Fauvetes
par
le
langage
qu'elle leur
a
fait
tenir
.
Elle
a continué
,
&
voicy ce
que
la
Fauvete
defon
Bois a
dit cette
année
.
Les louanges redoublent
beaucoup de
prix
,
quand
la
maniere de
les
donner
eft
ingénicufe.
GALANT
.
203
LA FAUVETE.
A SAPHO
,
Arrivant
à
fon
petit
Bois
le
25
Avril
,
felon
la
coûtume
.
Α
Pres
l'Hyver
rigoureux
,
le
reviensfous
cet
ombrage
,
Are
Le
cœur
toûjours
amoureux
,
Et
preft
à vous
rendre
hommage
,
Selon
mon
foible
ramage
.
S2
Mais dans ces aimables Bois,
Dont la verdure m'enchante,
Ce n'eft plus comme autrefois,
Car l'ingénieux Acante
Ne répondplus à ma voix.
S &
Malgréfon
cruelfilence
,
204
MERCURE
Puis
qu'il
chanta
mes
amours
,
T'ay de la
reconnoiffance
,
Le
l'admireray toûjours
.
S&
I'ayfçeu dans malongue course,
Qu'iln'aime plus qu'un Grand Roy,
Quidu Levantjufqu'à l'ourſe
Porte l'amour, on l'effroy,
Etfoûmet tout à fa Loy.
$2
Quand
il
partit
de
verfailles
,
Je
vis
ce
Roy
fans
pareil
,
Tel
que
le
Dieu
des
Batailles
,
Plus
brillant
que
le
Soleil
.
SS
Ie penfay cent fois lefuivre,
Au lieu de venir à vous,
Etj'euffe bien voulu vivre
Aupres d'un Héros fi doux.
$2
Mais ayant veu la Victoire
GALANT
.
205
Qui
veloit
autour
de luy
,
Ie
connus
bien
que
la Gloire
Nous
l'arrachoit
aujourd'huy
.
Sa
Ie
crus
ouir
le
Tonnerre
,
Je
vis
briller
des
Eclairs
,
Ie
fentis
trembler
la
Terre
,
Erje
craignis
que
la
Guerre
N'allaft troubler
l'Univers
.
Sa
N'ayantpas
l'aile
affez
forte
Pour
cerapide Guerrier
,
Dans
le
zele
qui m'emporte
,
Je reviens
fur
mon
Meurier
,
Et
ne
ceffe
de
prier
Que
bientoft il
nous
apporte
,
Ou
l'olive
,
ou
le
Laurier
.
Ces Vers me font fouvenir
de ceux que vous m'avez
demandez de Mademoiſelle
de Scudery. Le trop de matiere
m'empefcha de vous les
envoyer la derniere fois .
72 MERCURE
LA FAUVETE
A SAPHO
En arrivant à fon petit Bois felon
fa coûtume, le Avril 1685.
15
Pieviens avec les beaux jours,.
Lus vite qu'une Hyrondelle,
Comme Fauvete fidelle,
Avant le mois des Amours.
SS
Jay trouvé fur mon paffage
Un Spectaclefort nouveau ;
Pour m'expliquer davantage,
C'est le Doge & fon Troupeau..
$ 2
Quoy, luy dis-je , entrer en France,
Et vous montrer en ces lieux!
Ony, dit- il, par la clémence
Du plus grand des Demy -Dieux.
Son
GALANT 73
Sa
Son coeur toujours magnanime,
Ne pouvant fe démentir,
Feut oublier noftre crime,
Voyant noftre repentir.
$2
Ab ! m'écriay-je ravie,
Ce Heros par fon grand coeur
Pardonne à qui s'humilie) 200
Et de luy mefme eft vainqueur.
Sa
Dieux ! quel bon -hour eft le vostre
D'aller recevoirfa loy!
Ie n'en voudrois jamais d'autre,
Mais ce bien n'eft pas pour moy.
$2
C'eft affez que ma Maiftreffe,
Souffre que mafoible voix
Chante & rechantefans ceffe,
Qu'ileft le Phoenix des Rois.
Juin 1685.
G
74 MERCURE
Sa
Allez , Doge , allez fans peine
Luy rendre grace à genoux;
La République Romaine
En cuft fait autant que vous.
En avril et juin 1685, une correspondance poétique relate une rencontre avec le Doge de Venise et sa troupe en France. L'auteur compare son arrivée rapide à celle d'une hirondelle au printemps. Le Doge justifie sa présence par la clémence de 'Louis XIV', surnommé le 'plus grand des Demi-Dieux', dont la générosité pardonne aux repentants. L'auteur exprime son admiration pour ce souverain et la joie de recevoir sa loyauté, bien que ce bonheur ne lui soit pas destiné. Elle évoque également sa maîtresse, qualifiée de 'Phoenix des Rois', à qui elle doit constamment chanter. Enfin, l'auteur invite le Doge à remercier la République Romaine pour ses actions.
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