Reconnaissance textuelle : De Châlons. IMPROMPTU FORCÉ d'un Magistrat de cette ville, pour une Dame qui l'obligeoit à faire des vers sur sa laideur.
diantne magis.
De Châlons.
IMPROMPTU FORCE'
d'un Magistrat de cette ville,
pour une Dame qui l'obligeoit à
faire des vers sursa laideur.
QUand le Seigneur eut
fait éclore
Toutvôtre esprit,
Et ce bon air qu'en vous
j'adore,
Sans doute il dit:
Cette mortelleen verité
Se passera bien de beauté.
CetImpromptu se chante
sur le Vaudteville de M. de
Grimaudin.
Reconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons le 5. Septembre 1730.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons
le 5. Septembre 1730.
Mintendant , n'eut pas plutôt
appris
le Pelletier de Beaupré , notre
la nouvelle de la Naiffance de M. le Duc
d'Anjou , qu'il donna une Fête brillante
& magnifique à tout ce qu'il y a de per
fonnes de confideration dans cette Ville
cette Fête commença Lundi dernier à
8. heures du foir par 2. Fontaines de vin
qui coulerent toute la nuit , fon Hôtel fut
tout illuminé ; le Jardin étoit rempli d'un
infinité de Lampions , de Pots à feu, rangez
avec beaucoup d'art , ce qui faifoit un
très-bel effet ; il y eut Baf, qui fut interrompu
pour voir tirer une quantité
confiderable de Fufées ; on fervit enfuite
un Ambigu avec une profufion , une délicateffe
& une propteté qui fit admirer
Le bon gout de M. l'Intendant , qui pendant
ce Repas ne fe mit à aucune des ,
tables , fe portant par tout pour que rien
ne manquât , répondant à toutes les fantez
qui lui furent portées avec une attention
& une politeffe qui
accompagne
toutes les actions. M. le Pelletier ayant
porté la fanté de S. Majefté , une quantité
dé
SEPTEMBRE. 1730. 2111
de Boëtes & de petits Canons firent trois
décharges ; après le Repas , qui dura
très-long- temps , le Bal recommença jufqu'au
jour ; on fervit toutes fortes de ra
fraîchiffemens & des Glaces en abondance
; tous les Convives fe retirerent avec
une parfaite fatisfaction .
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons le 5. Septembre 1730.
Le 5 septembre 1730, à Châlons, l'intendant Pelletier de Beaupré organisa une fête somptueuse pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. Les festivités commencèrent le lundi précédent à 20 heures avec deux fontaines de vin. L'hôtel de l'intendant fut illuminé et le jardin décoré de lampions et pots à feu. Un bal fut interrompu pour le tir de fusées. Un repas fut ensuite servi avec profusion et délicatesse. L'intendant circula parmi les convives pour s'assurer du bon déroulement de la soirée. Après un toast à la santé du roi, des salves furent tirées. Le bal reprit jusqu'au matin, avec des rafraîchissements et des glaces servis en abondance. Les invités quittèrent la fête pleinement satisfaits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Châlons en Champagne, le 9. Decembre 1731. par M. A M. N.... au sujet de la Fille sauvage, trouvée aux environs de cette Ville.
LETTRE écrite de Châlons en Champagne
, le 9. Decembre 1731. par M.
AM. N.... au sujet de la Fille sauvage,
trouvée aux environs de cette Ville.
Ersuadé , Monsieur , que vous ne
P cherchez qu'à contribuer , par vos
Mémoires , à satisfaire la curiosité du Public
en tout ce qui peut l'interesser agréa
blement et utilement , j'aurai l'honneur
de répondre à votre Lettre du 2. de ce
mois , sur l'état de la Sauvage qui a été
trouvée aux environs de Châlons , tant
sur ce que j'en ai appris , que sur ce que
j'en ai connu moi-même , pour l'avoir
fait venir chez moi ; je vous dirai d'abord
, que pour le peu de fréquentation
qu'elle a eûe avec le monde , ne sçachant
encore que quelques mots françois malarticulez
, on ne peut presque pas conjecturer
dans quel pays elle est née ; mais
certainement
par les circonstances
dont
je vais vous entretenir , elle n'est point de
Norvege , ( comme on l'a dit , ) on croit
plutôt qu'elle est née dans les Isles Antilles
de l'Amerique , qui appartiennent
aux François , comme la Gadaloupe
, la
11. Vol. Mar
984 MERCURE DE FRANCE
44
,
Martinique , S. Christophe , S. Domin
gue , &c . parce qu'un Particulier de Châ
lons , qni a été à la Gadaloupe , lui ayant
montré de la Cassave Ou Manioque ,
qui est un Pain dont se nourrissent les
Sauvages des Antilles , elle s'écria de joye
sur ce Pain , et en ayant pris un morceau
elle le mangea avec grand appetit ; il lui
fit voir aussi d'autres curiositez du même
pays , à quoi elle prit un plaisir extraordinaire
, faisant connoître qu'elle avoit
vû de semblables choses ; de sorte qu'il
est à présumer qu'elle vient plutôt de ce
Pays là que de la Norvege.
A force de la faire parler , on a sçû
qu'elle a passé les Mers ; qu'ensuite une
Dame de qualité a pris soin de son éducation
, l'ayant fait habiller , car auparavant
elle n'avoit qu'une peau qui la
couvroit. Cette Dame la tenoit enfermée
dans sa maison , sans la laisser voir
à personne ; mais le Mary de la Dame
ne voulant plus la voir chez lui , pour
ne point laisser trop long- temps un objet
semblable devant les yeux de son Epouse,
cette Fille fut obligée de se sauver ; enfin
, à la faveur de la Lune , qu'elle appelle
la lumiere de la bonne Vierge , ne
marchant que la nuit , elle est parvenuë
au mois de Septembre dernier , jusqu'à
II. Vol.
Songy
DECEMBRE . 1731. 2985
Songy , Village à quatre lieues de Châlons
, lequel appartient à Mr. d'Epinoy ,
dont vous avez , depuis peu , annoncé le
mariage avec Mlle De Lannoy , Fille de
M. le Comte de Lannoy.
و
On sçait , d'ailleurs , qu'avant qu'elle
fut arrivée à Songy on l'avoit vûe audessus
de Vitry - le - François , accompagnée
d'une Negre , avec laquelle elle se
battit , parce que la Negre ne vouloit
pas qu'elle portât sur elle un Chapelet ,
qu'elle appelle un grand Chimes que la
Sauvage s'étant trouvée la plus forte , la
Negre la quitta , et depuis la Negre a été
vue auprès du Village de Cheppe , proche
Songy , d'où elle a ensuite disparu .
Pour notre Sauvage , le Berger de Songy
l'ayant apperçue dans les Vignes , écorchant
des Grenouilles et les mangeant
avec des Feuilles d'Arbres , elle fut amenée
par ce Berger au Château de M. d'Epinoy
, qui donna ordre au Berger de la
loger , ajoûtant qu'il auroit soin de sa
nourriture , & c. L'attention que ce Seigneur
a eue pour elle pendant près de
deux mois , la souffrant la plus grande
partie du jour à son Château , la laissant
pêcher dans ses Fossez , et chercher des
Racines dans ses Jardins , a attiré beaucoup
de monde chez lui . On remarquoit
11. Vol
,
D
que
2986 MERCURE DE FRANCE
>
que tout ce qu'elle mangeoit, elle le mangeoit
cru , ainsi que des Lapins qu'elle
dépouilloit avec ses doigts aussi habilement
qu'un Cuisinier , on la voyoit
grimper sur les Arbres plus facilement
que les plus agiles Bucherons ; et quand
elle étoit au haut elle contrefaisoit le
chant de differens Oiseaux de son Pays ;
je l'ai vûe moi même dans un Jardin de
Châlons , cherchant des Racines dans la
terre avec l'usage seul de son Pouce et
du doigt suivant , faisant ainsi des trous
comme des Terriers en un moment de
temps , aussi habilement que si on se fût
servi d'un Hoyau.
>
M. l'Evêque de Châlons et M. l'Intendant
l'ont vue dans ces sortes d'exercices ;
M. l'Evêque a pris soin depuis de la placer
dans l'Hôpital General de cette Ville ,
où l'on reçoit les Enfans des pauvres Habitans
, de l'un et de l'autre sexe, pour les
y nourrir jusqu'à l'âge de quinze à seize
ans , qu'on leur fait apprendre des Métiers.
C'est là qu'on tâche de l'humaniser
tout-à-fait , et de l'instruire. Elle mange
quelquefois du Pain ce qu'elle fait par
complaisance , car il lui fait mal au coeur ,
aussi bien que tout ce qui est sallé ; le
Biscuit et la Viande cuite la font vomir
elle ne peut enfin rien souffrir où il entre.
II. Vol.
و
de
DECEMBRE. 1731. 2987
de la Farine ; M. l'Intendant a voulu lui
faire manger des Bignets , elle n'a pû en
goûter par cette raison. Elle trouve le
Macaron bon et aime l'Eau- de Vie
>
>
l'appellant un Brûle ventre. Pour l'Eau , sa
boisson ordinaire , elle la boit dans un
seau , la tirant comme une Vache , et
étant à genoux . Elle ne veut point cou
cher sur des Matelats , le. Plancher lui
´suffit ; elle nage fort bien , et pêche dans
le fond des Rivieres ; elle appelle un Filet
Debily , dans le patois de son Pays ; pour
dire bon jour , Fille , on dit , selon elle
Yas yas , fioul , ajoûtant que quand on
l'appelloit , on disoit Riam riam , fioul s
c'est ce qui fait connoître qu'elle commence
à entendre la signification des ter
mes françois , les interprétant par ceux
de son Pays.
Au reste elle paroit âgée d'environ
18 ans , étant de moyenne taille , avec
le teint un peu bazanné ; cependant sa
peau au haut du bras paroît blanche ,
aussi- bien que la gorge ; elle a les yeux
vifs et bleus ; son parler est clair et brus
que ; elle paroît avoir de l'esprit , car elle
apprend aisément ce qu'on lui montre
cousant asses proprement ; elle fait connoître
qu'elle sçait travailler à la Tapis-.
serie au petit point , par la maniere dont
II Vol. Dij elle
2988 MERCURE DE FRANCE
elle indique qu'il s'y faut prendre , en
faisant passer l'aiguille de dessus en dessous
, et du dessous en dessus. La Supérieure
de l'Hôpital dit qu'elle sçait bien
broder , ce qu'elle a appris de la Dame
qui en avoit pris soin ; mais la Fille ne
peut dire dans quel Pays ce pouvoit être.
parce qu'elle ne parloit à personne , et ne
sortoit point. On l'instruit cependant
dans la Religion Chrétienne , elle dit
qu'elle veut être baptisée dans le Paradis
Terrestre , terme dont elle se sert pour
signifier nos Eglises les Curez du voisinage
de Songy lui ont fait comprendre
par des signes qu'il ne falloit point
grimper sur les Arbres , cela étant indécent
à une fille , aussi s'en abstient- t'elle
presentement. Le bruit a couru qu'il y
avoit des ordres pour la faire venir à la
Cour,on ne sçait comment elle l'a pu apprendre
; mais depuis, quand on vient la
voir à l'Hôpital, elle n'ose presque paroître
, pleure et s'afflige , craignant que ce
ne soit pour l'en faire sortir, parce qu'elle
s'y plaît fort , et qu'on a beaucoup d'attention
pour elle.
و
Voilà , Monsieur , tout ce que j'ai pû
sçavoir sur l'état de cette Fille. J'aurai
soin de vous apprendre ses progrès spirituels
, et la cérémonie de son Baptême ,
II. Vol
quand
DECEMBRE . 1731. 2939
quand il en sera temps . J'ay l'honneur
d'être &c.
Résumé : LETTRE écrite de Châlons en Champagne, le 9. Decembre 1731. par M. A M. N.... au sujet de la Fille sauvage, trouvée aux environs de cette Ville.
Le 9 décembre 1731, une lettre relate la découverte d'une 'fille sauvage' près de Châlons en Champagne. L'auteur décrit les circonstances de cette découverte et les origines présumées de la jeune fille. Bien que son origine exacte reste incertaine, des indices suggèrent qu'elle provienne des îles antillaises françaises, comme la Guadeloupe ou la Martinique, plutôt que de Norvège comme initialement pensé. Un particulier de Châlons, ayant vécu en Guadeloupe, a reconnu des objets antillais que la fille a identifiés avec joie. La fille a traversé les mers et a été prise en charge par une dame de qualité qui l'a habillée et éduquée. Cependant, elle s'est enfuie après que le mari de cette dame l'a chassée. Elle a été vue à plusieurs reprises, notamment accompagnée d'une négresse avec laquelle elle s'est battue. Elle a été finalement amenée au château de M. d'Epinoy à Songy, où elle a été nourrie et observée. Elle mangeait des aliments crus, grimpait aux arbres et imitait les chants d'oiseaux. L'évêque et l'intendant de Châlons ont pris en charge son éducation et son bien-être. Elle a été placée à l'hôpital général de la ville, où elle apprend des métiers et est instruite dans la religion chrétienne. Elle préfère l'eau et les aliments non cuits, et dort sur le plancher. Elle montre des signes d'intelligence et apprend rapidement. La rumeur de son transfert à la cour la trouble, car elle se plaît à l'hôpital. L'auteur promet de tenir informé le destinataire de ses progrès et de la cérémonie de son baptême.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : EPITHALAME, Sur le Mariage de Monsieur... avec Mademoiselle...
EPITHALAME ,
Sur le Mariage de Monsieur... avec Mademoiselle ...
Nul
Ans nos Cantons l'Hymen étoit en DA larmes ,
encens pour ce Dieu ne brûloit au Hameau ;
L'Amour lui refusant ses armes ,
Ii étoit prêt d'éteindre son Flambeau.
Il suspend enfin sa colere ,
* I.Vol J'aime
DECEMBRE. 1732.
2709
J'aime encor mieux , dit- il , en mon malheur,
Porter mes plaintes à ma mere ,
Il part. Venus sensible à sa juste douleur ,
Ordonne à Cupidon son frere ,
De lui prêter son Arc , ses Traits et son Carquois..
Mars sur tout , certains Traits dont usant avec
choix ,
Il sçaura triompher des cœurs les plus rebelles,
A l'instant le jeune Daphnis,
Et la charmante Amarillis ,
De vertus insignes modelles ,
Se sentent par ce Dieu percez d'un même Trait
Le Tendre Hymen glorieux , satisfait ,
S'applaudit en secret d'une telle victoire ,
Mais bientôt témoins de sa gloire ,
Les Nimphes , les Bergers , les Sylvains d'alentour ,
Dans les Jeux , les Festins , dans leurs Danses
legeres ,
Par les transports les plus sinceres
Font éclater leur joye en ce beau jour.
Idalie , Alidor , Iris , Cloé , Titire ,
Enfin tout le Hameau, sur de si nobles feux ,
N'a qu'une voix , forme les mêmes vœux ,
Mais des vœux que l'estime inspire ,
Une voix , que sans doute authorisent les Dieux
Fasse le Ciel , qu'à l'abri de l'envie ,
I- Vol.
te
2710 MERCURE DE FRANCE
Et dans les liens les plus doux ,
Soient unis pour jamais ces illustres Epoux,
Que durant vingt lustres de vie ,
Ils goutent la félicité ,
Le bonheur de jouir ensemble ,
D'une aimable posterité ,
Qui les imite et leur ressemble,
Par M. de Sommevesle , de Châlons
Résumé : EPITHALAME, Sur le Mariage de Monsieur... avec Mademoiselle...
Le texte est un épithalame célébrant le mariage de Monsieur et Mademoiselle. Initialement, l'Hymen pleurait car l'Amour refusait ses armes. L'Amour se plaint à Vénus, qui ordonne à Cupidon d'utiliser son arc et ses traits pour toucher les cœurs rebelles. Ainsi, Daphnis et Amarillis, modèles de vertus, sont touchés par le même trait divin. L'Hymen se réjouit et les nymphes, bergers et sylvains célèbrent la joie du jour par des jeux, des festins et des danses. Idalie, Alidor, Iris, Cloé, Titire et tout le hameau expriment leurs vœux sincères pour les jeunes mariés, souhaitant qu'ils soient unis pour toujours, protégés de l'envie, et qu'ils jouissent d'une vie heureuse et d'une aimable postérité pendant vingt lustres. Le poème est signé par M. de Sommevesle, de Châlons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.