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1
p. 13-16
Digression sur les Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Continuons à examiner ce que j'ay sur mon bureau [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Politique, Journaux
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texteReconnaissance textuelle : Digression sur les Nouvelles. [titre d'après la table]
Continuons à examiner
ce que j'ay sur mon
Bureau. Encre les Mémoires
qu'on m'a donnez,
choisissons ceux
qui conviennent à mon
dessein.
Qifell: cecy ? c'est un
gros paquet de Relations
,
de Journaux, de
Nouvelles à la. main.
Voila des Lettres toutes
pleines d'érudition politique.
Ceux qui m'écrivent
assistent apparemment
incognito à tous
les Conseilsde l'Europe.
A les voiraffirmertrancher,
décider, leurs dé.
cisions sont des Maximes
d'Etat. L'un veut m'apprendre
les Interests des
Princes ; l'autre me jure
qu'il a le secret des Mi
nistres, & que ses avis
feront des Tresors pour
moy.
, Que derichesses dont
je n'ay pas besoin ! Je
vous remercie ,
Messieurs;
je vous rends grâces
de vos avis,&je vous
déclare que je ne me mêle
point de Politique. J'ai.
me à raisonner sur des
principes clairs, car Couvent
on se trompequand
on ne juge des causes
que par les évenemens.
Je me contenteray
doncd'exposersimplement
les faits publics U
averez sans m'amuser à
copierla Gazette. Je tâcheray
de récapituler en
peu demots, l'action,le
lieu, les noms, & sur tout
les dates des évenemens
afin que mon Mercure
puisse servir de Mémorial
pour en aller chercher
les détails dans les
Journaux.
Voicy par exemple la
forme que je donneray
à l'Article du Siege de
Douay.
ce que j'ay sur mon
Bureau. Encre les Mémoires
qu'on m'a donnez,
choisissons ceux
qui conviennent à mon
dessein.
Qifell: cecy ? c'est un
gros paquet de Relations
,
de Journaux, de
Nouvelles à la. main.
Voila des Lettres toutes
pleines d'érudition politique.
Ceux qui m'écrivent
assistent apparemment
incognito à tous
les Conseilsde l'Europe.
A les voiraffirmertrancher,
décider, leurs dé.
cisions sont des Maximes
d'Etat. L'un veut m'apprendre
les Interests des
Princes ; l'autre me jure
qu'il a le secret des Mi
nistres, & que ses avis
feront des Tresors pour
moy.
, Que derichesses dont
je n'ay pas besoin ! Je
vous remercie ,
Messieurs;
je vous rends grâces
de vos avis,&je vous
déclare que je ne me mêle
point de Politique. J'ai.
me à raisonner sur des
principes clairs, car Couvent
on se trompequand
on ne juge des causes
que par les évenemens.
Je me contenteray
doncd'exposersimplement
les faits publics U
averez sans m'amuser à
copierla Gazette. Je tâcheray
de récapituler en
peu demots, l'action,le
lieu, les noms, & sur tout
les dates des évenemens
afin que mon Mercure
puisse servir de Mémorial
pour en aller chercher
les détails dans les
Journaux.
Voicy par exemple la
forme que je donneray
à l'Article du Siege de
Douay.
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Résumé : Digression sur les Nouvelles. [titre d'après la table]
Le texte traite de la sélection de mémoires et de documents pour un projet spécifique. L'auteur examine divers documents, tels que des relations, des journaux et des lettres de correspondants bien informés sur la politique européenne. Ces lettres prétendent divulguer des secrets d'État et des intérêts des princes, mais l'auteur refuse poliment cette information, affirmant ne pas se mêler de politique. Il préfère se baser sur des principes clairs et éviter les erreurs de jugement fondées uniquement sur les événements. L'auteur choisit d'exposer les faits publics de manière concise, en récapitulant l'action, le lieu, les noms et surtout les dates des événements. Il illustre cette approche avec un exemple de la forme qu'il donnera à l'article sur le siège de Douai.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
s. p.
AVANT-PROPOS.
Début :
Le Lecteur doit être un peu surpris de trouver des [...]
Mots clefs :
Caractères, Impression, Lecteurs, Journaux, Recueil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANT-PROPOS.
AVANT - PROPOS .
E Lecteur doit être un peufur
pris de trouver des caractères fi
differents de ceux , dont on s'étoit
fervi jufqu'à préfent , pour imprimer
le Mercure. J'espere cependant de
fon indulgence , qu'il entrera aves
bonté , dans les raisons qui m'ont
déterminé à ce changement . Je dois
donc dire pour ma juſtification envers
le Public , que c'est le cri public même
qui m'y a engagé. Auffitôt que mon
premier Recueil parut , je reçû des
Avis de toutes parts , tant de Paris,
que des Provinces ; que l'on s'étoit
attendu que je diminuerois le prix
de ce Livre , en le réduisant à la
moitié que pour cela , je ne devois
pas être plus délicat que les Auteurs
des Journaux de Trevoux , de Hollande
, &c. qui , pour donner un cours
plus aife à leur Ouvrage , avoient
choifis la forme des caracteres , dont
A ij
AVANT- PROPOS.
jufe aujourd' buy. Que perfonne ne
s'en plaignoit ; Que d'ailleurs d'étoit
trop préfumer du mérite de mon
travail , que d'exiger le double du
prix d'un Livre qui ne contenoit pas
plus de matieres que ces fortes d'Ouvrages.
Favoue que ces raisons
m'ont parû fi fenfées , qu'elles m'ont
abfolument emporté ; puifque necesfairement
il doit en résulter plufieurs
avantages. Le premier , la médiocrité
du prix , qui eftant à quinzefols , fera
un puiffant attrait pour l'acheter.
Le fecond eft , que les débitant brochés
, on pourra à la fin de chaque
année , les faire relier en quatre volumes
, qui feront très portatifs. Le
troisième , qu'il paſſera plus aisément
dans les Provinces , & dans les Païs
Etrangers , à cause que le port enfera
moins confiderable , & c. Que l'on ne
croye pas cependant , qu'ils contiendront
moins de matieres que les
precedens au contraire , ils feront
beaucoup plus remplis , & par là , il
ichapera fort peu de Pièces volantes
qui n'y trouvent leur place. Enfin ,
je tacherai de former un Recueil qui
AVANT-PROPOS.
puiffe tenir lieu de quantité d'autres
Ouvrages périodiques , dont le Public
eft furchargé depuis quelque temps ;
eeft là l'inftitution du Mercure ;
les autres ouvrages de cette espéce
n'ayant pas le droit d'embraßer la
varieté des matieres qui fingularifeno
celui- ci. Je declare néantmoins que je
m'abstiendrai d'entrer dans le Secret
du Cabinet des Princes.
Je renvois les eurieux de Reflexions
Politiques au Journal Historique de
Verdun ; il en a trouvé la clef, ainfi
cette partie lui eft reſervée , je la lui
abandonne fans rancune .
E Lecteur doit être un peufur
pris de trouver des caractères fi
differents de ceux , dont on s'étoit
fervi jufqu'à préfent , pour imprimer
le Mercure. J'espere cependant de
fon indulgence , qu'il entrera aves
bonté , dans les raisons qui m'ont
déterminé à ce changement . Je dois
donc dire pour ma juſtification envers
le Public , que c'est le cri public même
qui m'y a engagé. Auffitôt que mon
premier Recueil parut , je reçû des
Avis de toutes parts , tant de Paris,
que des Provinces ; que l'on s'étoit
attendu que je diminuerois le prix
de ce Livre , en le réduisant à la
moitié que pour cela , je ne devois
pas être plus délicat que les Auteurs
des Journaux de Trevoux , de Hollande
, &c. qui , pour donner un cours
plus aife à leur Ouvrage , avoient
choifis la forme des caracteres , dont
A ij
AVANT- PROPOS.
jufe aujourd' buy. Que perfonne ne
s'en plaignoit ; Que d'ailleurs d'étoit
trop préfumer du mérite de mon
travail , que d'exiger le double du
prix d'un Livre qui ne contenoit pas
plus de matieres que ces fortes d'Ouvrages.
Favoue que ces raisons
m'ont parû fi fenfées , qu'elles m'ont
abfolument emporté ; puifque necesfairement
il doit en résulter plufieurs
avantages. Le premier , la médiocrité
du prix , qui eftant à quinzefols , fera
un puiffant attrait pour l'acheter.
Le fecond eft , que les débitant brochés
, on pourra à la fin de chaque
année , les faire relier en quatre volumes
, qui feront très portatifs. Le
troisième , qu'il paſſera plus aisément
dans les Provinces , & dans les Païs
Etrangers , à cause que le port enfera
moins confiderable , & c. Que l'on ne
croye pas cependant , qu'ils contiendront
moins de matieres que les
precedens au contraire , ils feront
beaucoup plus remplis , & par là , il
ichapera fort peu de Pièces volantes
qui n'y trouvent leur place. Enfin ,
je tacherai de former un Recueil qui
AVANT-PROPOS.
puiffe tenir lieu de quantité d'autres
Ouvrages périodiques , dont le Public
eft furchargé depuis quelque temps ;
eeft là l'inftitution du Mercure ;
les autres ouvrages de cette espéce
n'ayant pas le droit d'embraßer la
varieté des matieres qui fingularifeno
celui- ci. Je declare néantmoins que je
m'abstiendrai d'entrer dans le Secret
du Cabinet des Princes.
Je renvois les eurieux de Reflexions
Politiques au Journal Historique de
Verdun ; il en a trouvé la clef, ainfi
cette partie lui eft reſervée , je la lui
abandonne fans rancune .
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3
p. 102-104
Journal des Sçavans. [titre d'après la table]
Début :
Le nouveau Journal des Sçavans que nous avons annoncé, a paru au commencement [...]
Mots clefs :
Journaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal des Sçavans. [titre d'après la table]
Le nouveau Journal des Sçavans que
lìous avons annoncé , a paru au commen
cement de l'année , après une interrup
tion de sept mois , fous la forme in 1 2 *
f A N V I 1 R 1714: roi
& îrt 40 l'un & l'autre en caracteres de
Cicero. L'in.quarto est à deux colonnes.,
& contient 65. pages fans l'avertisse-
Hient, & la Table. Cet ouvrage qui doit
paroître regulierement tous les mois fous
cette double forme , se vend jo. ícls^,
chez N. Pissot, Libraire, Quay des Au
gustins , lequel n'a rien ép argné pour la
beauté du papier & des caracteres. L'emprelîèment
avec lequel le tublic com/>
mence à rechercher cet ouvrage periodi
que , fait astèz sentir que la beauté de
l'impreísion n'en est pas le seul merite y
ion succès est dû en effet à un autre chan?
gement , que celui de la forme exte
rieure.
On apprend dans l'avertissement que
les Journalistes renoncent déformais aux
Vacances , & qu'on donnera toujours fans
interruption 12. Journaux par an.
Nous nous éloignerons également , «*
& de la basse flaterie , & de la censure «
atnere ( nous dit.on dans cet avertisse- «
ment ) nous voudrions pouvoir toujours «"
loiier , mais l'équité s'y oppoíe. Le bon «
goût & le progrès des sciences font in. «
fererîêz au discernement des ouvrages. «
Ainsi nous louerons , & nous censure. -
ions aussi quelquefois ; mais quand nous «
ne pourrons donner des éloges ., on s'ap. «
percevra du moins que nous ne préten- "
. dons
Rr* MERCURE DE FRANCE. .
» dons pas rendre des Arrests. A propres
» ment parler nous ne jugerons point >
» nous ne voulons être que les échos des
* íçivans , Ôc dresser touc au plus le dií^
» positif des jugemens qu'ils auront ren-
» dus avant nous , &c.
» Nous dirons à. la louange des Jour-
» naux Litteraires. en generai , que tous
» les Païs où les Lettres fleuriíïent , pro
duisent aujourd'hui de ces ouvrages*
» Comme leur nature est de ne pouvoir
» naître que parmi les nations íça vantes ,
» ils interessent en quelque forte la ré-
»' putation des Etats &c lagloire du Prin-
» ce. On peut dire même que tous les
.» Journaux , de quelque pays qu'ils^nous
»' viennent , font un honneur particulier
» à nôtre nation , parce qu'ils font tous
«► en quelque façon originaires de Fran-
» ce. C'est à Paris que le premier Jour-
» nal est né , &' ce premier Journal a
» dans la fuite servis de modele à tous
» les autres, auífrbien qu'à tous les Mei
» moires des Acadimies de l'Europe. Le
» nôtre est donc comme le pere de tous
» les. Journaux. On' ne fçauroitau moins
» lui contester le droit d'aînesse. Puistè.
» t'il avoir encore la' préeminence du
» merite, qui n'est cependant pas tou*
» jours le partage des aîner.
lìous avons annoncé , a paru au commen
cement de l'année , après une interrup
tion de sept mois , fous la forme in 1 2 *
f A N V I 1 R 1714: roi
& îrt 40 l'un & l'autre en caracteres de
Cicero. L'in.quarto est à deux colonnes.,
& contient 65. pages fans l'avertisse-
Hient, & la Table. Cet ouvrage qui doit
paroître regulierement tous les mois fous
cette double forme , se vend jo. ícls^,
chez N. Pissot, Libraire, Quay des Au
gustins , lequel n'a rien ép argné pour la
beauté du papier & des caracteres. L'emprelîèment
avec lequel le tublic com/>
mence à rechercher cet ouvrage periodi
que , fait astèz sentir que la beauté de
l'impreísion n'en est pas le seul merite y
ion succès est dû en effet à un autre chan?
gement , que celui de la forme exte
rieure.
On apprend dans l'avertissement que
les Journalistes renoncent déformais aux
Vacances , & qu'on donnera toujours fans
interruption 12. Journaux par an.
Nous nous éloignerons également , «*
& de la basse flaterie , & de la censure «
atnere ( nous dit.on dans cet avertisse- «
ment ) nous voudrions pouvoir toujours «"
loiier , mais l'équité s'y oppoíe. Le bon «
goût & le progrès des sciences font in. «
fererîêz au discernement des ouvrages. «
Ainsi nous louerons , & nous censure. -
ions aussi quelquefois ; mais quand nous «
ne pourrons donner des éloges ., on s'ap. «
percevra du moins que nous ne préten- "
. dons
Rr* MERCURE DE FRANCE. .
» dons pas rendre des Arrests. A propres
» ment parler nous ne jugerons point >
» nous ne voulons être que les échos des
* íçivans , Ôc dresser touc au plus le dií^
» positif des jugemens qu'ils auront ren-
» dus avant nous , &c.
» Nous dirons à. la louange des Jour-
» naux Litteraires. en generai , que tous
» les Païs où les Lettres fleuriíïent , pro
duisent aujourd'hui de ces ouvrages*
» Comme leur nature est de ne pouvoir
» naître que parmi les nations íça vantes ,
» ils interessent en quelque forte la ré-
»' putation des Etats &c lagloire du Prin-
» ce. On peut dire même que tous les
.» Journaux , de quelque pays qu'ils^nous
»' viennent , font un honneur particulier
» à nôtre nation , parce qu'ils font tous
«► en quelque façon originaires de Fran-
» ce. C'est à Paris que le premier Jour-
» nal est né , &' ce premier Journal a
» dans la fuite servis de modele à tous
» les autres, auífrbien qu'à tous les Mei
» moires des Acadimies de l'Europe. Le
» nôtre est donc comme le pere de tous
» les. Journaux. On' ne fçauroitau moins
» lui contester le droit d'aînesse. Puistè.
» t'il avoir encore la' préeminence du
» merite, qui n'est cependant pas tou*
» jours le partage des aîner.
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Résumé : Journal des Sçavans. [titre d'après la table]
Le 'Journal des Sçavans' a repris sa publication en janvier 1714 après une interruption de sept mois. Il est désormais disponible en deux formats : in-folio et in-quarto, chacun en caractères de Cicero. Le format in-quarto, à deux colonnes, contient 65 pages, sans compter l'avertissement et la table des matières. Le journal est vendu chez N. Pissot, libraire au Quai des Augustins, qui n'a pas investi dans la qualité du papier ou des caractères. Le succès du journal repose sur une nouvelle politique éditoriale : les journalistes promettent 12 publications par an sans interruption, évitent la flatterie et la censure excessive, tout en reconnaissant parfois la nécessité de critiquer. Ils se présentent comme des échos des savants, dressant un état positif des jugements rendus avant eux. Le texte souligne l'importance des journaux littéraires dans les pays où les lettres fleurissent, soulignant que ces publications intéressent la réputation des États et la gloire des princes. Les journaux littéraires, quel que soit leur pays d'origine, font honneur à la nation française, car le premier journal a été créé à Paris et a servi de modèle à tous les autres. Le 'Journal des Sçavans' est ainsi considéré comme le père de tous les journaux et des mémoires des académies européennes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 3-4
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Mots clefs :
Greffier, Commis, Libraires des provinces ou des pays étrangers, Format, Poste, Volume, Table générale, Journaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
,
E Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'eft à lui que l'on prie d'adreffer
francs de port , les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piece.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir , ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum. c'est- à- dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideſſus.
On fupplie les perfonnes des provin
ces d'envoyer par la pofte , en payant
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affran
chis , resteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à and'en
marquer le prix, noncer ,
Le Nouveau Choix de Pièces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure . Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a juf,
qu'à préfent quatre- vingt-quinze volumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante - douziéme
,
E Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'eft à lui que l'on prie d'adreffer
francs de port , les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piece.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir , ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum. c'est- à- dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideſſus.
On fupplie les perfonnes des provin
ces d'envoyer par la pofte , en payant
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affran
chis , resteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à and'en
marquer le prix, noncer ,
Le Nouveau Choix de Pièces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure . Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a juf,
qu'à préfent quatre- vingt-quinze volumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante - douziéme
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5
p. 9-11
LETTRE de M. D. R. à M. DE GENONVILLE.
Début :
EN quittant l'heureuse Cité [...]
Mots clefs :
Plaisirs, Volupté, Regret, Liberté, Malignité, Lecteurs, Journaux, Jeux floraux, Espoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. D. R. à M. DE GENONVILLE.
LETTRE de M. D. R. à M. DE -
GENONVILLE,
En quittant l'heureuſe Cité
Où ſous un ciel doux & tranquille
Les Plaiſirs & la Volupté
Ont établi leur domicile ,
Noir ſouci , chagrin indompté ,
Regret amer , mais inutile
D'avoir perdu la liberté ,
Ont verſé leur malignité
Sur cette humeur libre & facile
i
Dont tu vantes tant la gaîté ,
Etjuſqu'au réduit écarté
Où le deſtin cruel m'exile ,
Sans relâche m'ont tourmenté.
Dans ce réduit, ſimple chaumière
Qu'on me force à nommer château ,
La fortune toujours contraire
Me préſente un malheur nouveau.
J'y trouve , & parmi tant de maux ,
C'eſt le ſeul qui me déſeſpére ,
J'y trouve ma famille entière ,
Et juſques aux collatéraux ,
Tantes au front ſéxagénaire ,
Niéces , neveux , vieille grand'mère ,
Surtout deux couſins Provençaux
A
३
1
10 MERCURE DE FRANCE.
Moitié Paſteurs , moitié Héros ,
Toujours prêts à mettre en lumière
Quatrains , énigmes & rondeaux ;
Lecteurs alidus des Journaux ,
Ayant eſtime fingulière
Pour tout Auteur des Jeux floraux
Et pour les vers de Longepierre.
A mon aſpect . la troupe entière
A fait un cri vif & perçant
Pour mieux marquer l'empreſſement
Aux Provinciaux ordinaire ;
Puis d'un convulfif mouvement ,
Nommé par eux embraſſement ,
M'a fait éprouver la furie.
Peins-toi le triſte Pourceaugnac
Pourſuivi par la Pharmacie ;
Tel je ſuis dans mon Crupignac
De déſeſpoir l'âme ſaiſie ;
Mais ne crois pas qu'en mes malheurs
Affectant les ſombres vapeurs
Et la noire mélancolie
Que de Zénon les Sectateurs
Oſent nommer Philoſophie ,
J'aille , mon Sénéque à la main ,
M'écrier que toujours le Sage
Doit ſouhaiter que le deſtin
Des plus ſenſibles coups l'outrage ;
Pour faire voir que fon courage
NOVEMBRE. 1763 .
Plus grand que le fort inhumain
Le met au-deſſus de l'orage.
Non , non , je ne ſuis point tenté
De mettrejamais en uſage
Une ſi ſotte vanité .
Non , par l'inſenſibilité
Je n'ai point bleſſé la Nature ,
Ni par la honteuſe impoſture
D'une farouche auſtérité
Fait rougir mon Maître Epicure.
Je connois mon malheur ſans en être accablé.
Quelquefois à l'aſpect d'une ennuyeuſe race,
Il est vrai , mon coeur ébranlé
Craint de céder à ma diſgrace :
Mais bientôt un charme flatteur
De ces triſtes objets efface la noirceur.
Pour calmer l'ennui qui me ronge ;
Je me livre tout à l'eſpoir.
La triſteſſe s'enfuit , ami , dès queje fonge
Que je dois un jour te revoir.
GENONVILLE,
En quittant l'heureuſe Cité
Où ſous un ciel doux & tranquille
Les Plaiſirs & la Volupté
Ont établi leur domicile ,
Noir ſouci , chagrin indompté ,
Regret amer , mais inutile
D'avoir perdu la liberté ,
Ont verſé leur malignité
Sur cette humeur libre & facile
i
Dont tu vantes tant la gaîté ,
Etjuſqu'au réduit écarté
Où le deſtin cruel m'exile ,
Sans relâche m'ont tourmenté.
Dans ce réduit, ſimple chaumière
Qu'on me force à nommer château ,
La fortune toujours contraire
Me préſente un malheur nouveau.
J'y trouve , & parmi tant de maux ,
C'eſt le ſeul qui me déſeſpére ,
J'y trouve ma famille entière ,
Et juſques aux collatéraux ,
Tantes au front ſéxagénaire ,
Niéces , neveux , vieille grand'mère ,
Surtout deux couſins Provençaux
A
३
1
10 MERCURE DE FRANCE.
Moitié Paſteurs , moitié Héros ,
Toujours prêts à mettre en lumière
Quatrains , énigmes & rondeaux ;
Lecteurs alidus des Journaux ,
Ayant eſtime fingulière
Pour tout Auteur des Jeux floraux
Et pour les vers de Longepierre.
A mon aſpect . la troupe entière
A fait un cri vif & perçant
Pour mieux marquer l'empreſſement
Aux Provinciaux ordinaire ;
Puis d'un convulfif mouvement ,
Nommé par eux embraſſement ,
M'a fait éprouver la furie.
Peins-toi le triſte Pourceaugnac
Pourſuivi par la Pharmacie ;
Tel je ſuis dans mon Crupignac
De déſeſpoir l'âme ſaiſie ;
Mais ne crois pas qu'en mes malheurs
Affectant les ſombres vapeurs
Et la noire mélancolie
Que de Zénon les Sectateurs
Oſent nommer Philoſophie ,
J'aille , mon Sénéque à la main ,
M'écrier que toujours le Sage
Doit ſouhaiter que le deſtin
Des plus ſenſibles coups l'outrage ;
Pour faire voir que fon courage
NOVEMBRE. 1763 .
Plus grand que le fort inhumain
Le met au-deſſus de l'orage.
Non , non , je ne ſuis point tenté
De mettrejamais en uſage
Une ſi ſotte vanité .
Non , par l'inſenſibilité
Je n'ai point bleſſé la Nature ,
Ni par la honteuſe impoſture
D'une farouche auſtérité
Fait rougir mon Maître Epicure.
Je connois mon malheur ſans en être accablé.
Quelquefois à l'aſpect d'une ennuyeuſe race,
Il est vrai , mon coeur ébranlé
Craint de céder à ma diſgrace :
Mais bientôt un charme flatteur
De ces triſtes objets efface la noirceur.
Pour calmer l'ennui qui me ronge ;
Je me livre tout à l'eſpoir.
La triſteſſe s'enfuit , ami , dès queje fonge
Que je dois un jour te revoir.
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6
p. 142-151
LETTRE de M. DE PARCIEUX, de l'Académie Royale des Sciences, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
Début :
J'AI vu avec plaisir, Monsieur la Societé des Conciliateurs s'occuper du [...]
Mots clefs :
Lettre, Conciliateurs, Académie, Projet, Rivière, Journaux, Eau, Particuliers, Médecin anglais, Amphithéâtre anatomique
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DE PARCIEUX, de l'Académie Royale des Sciences, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
LETTRE de M. DE PARCIEUX, de
l'Académie Royale des Sciences , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
,
J'AAII vu avecplaifir ,Monfieur la Societé
des Conciliateurs s'occuper du
projet que j'ai indiqué , pour procurer
un volume conſidérable d'eau dans tous
les quartiers de Paris , & prendre la
défenſe de labonne qualité de celle que
je propoſe d'y amener. Sa faveur marécageuſe
n'a pu rebuter que peu de perſonnes
, après avoir vû ce que diſent à
ce ſuet MM. Hellot & Macquer dans
l'Analyſe qu'ils ont faite de cette eau :
Il eſt néanmoins très-bon , pour ramener
ce petit nombre , de faire connoître
plus expreffément que je n'ai fait , les
NOVEMBRE. 1763. 143
cauſes de ce goûtde marais , &fu-r tout
de faire voir qu'il eſt communaux eaux
de toutes les petites rivières qui ont leur
embouchure dans la Seine ; & qu'il
n'eſt pas particulier à l'eau de l'Yvette ,
comme quelques perſonnes , ſans doute
faciles à perfuader ,ſe l'étoient mis dans
la tête. مت 小
Les Journaux& autres Ecrits publics
ont parlé fi avantageuſement du projet
d'amener l'eau de l'Yvette à Paris , il a
été fi bien accueilli ,que je me perfuade
que vos Lecteurs verront avec plaifir oe
qui y a rapport ,& ce qui peut enmontrer
tout le beau & toute l'utilité. Il
m'eſt permis fans doute de plaider cette
cauſe , & d'ajouter à ce qu'ont dit MM.
les Conciliateurs. Onm'excuseroit quand
même j'y mettrois quelques vues d'intérêt
particulier , pourvu que je ne diſe
rien que de vrai ; à plus forte raifon doisje
être excufé , ſi je ne parle que pour
l'intérêt public. Je ne prétends ni à être
l'Architecte ni l'Entrepreneur de ce
grand ouvrage ; je ne veux ni former
de Compagnie , ni être aſſocié en manière
quelconque à l'entrepriſe qu'on en
pourroit faire , Mais j'aurois la plus
grande des fatisfactions ſi je le voyais
commencer ; & j'employerois avec le
2
Σ
144 MERCURE DE FRANCE.
plus grand plaifir tous les ſoins dont je
puis être capable , à marquer par des
repaires immuables la route &les pentes
de ce Canal ou Aqueduc , fi on devoit
le commencer bien-tôt.
J'ai bien dit quelque choſe dans mon
Mémoire , page 21 , du goût de marais
qu'ont les eaux de toutes les petites
rivières ; mais je ſens que cela ne ſuffit
pas pour tout le monde , & je ne m'imaginois
pas qu'il pût reſter des doutes
après la lecture de l'examen chimique
de MM. Hellot & Macquer , que pour
cette raiſon j'ai inféré en entier dans
mon ouvrage. Il auroit du prevénir
tous les mauvais propos tenus dans les
Sociétés particulieres , par des gens qui
ne ſçavent que lever des doutes , ſans
égard aux ſolutions qu'on en a données.
Des perſonnes qui n'ont jamais bû que
de l'eau de la Seine , fans réfléxion , ne
ſçavent pas qu'elle a eu originairement
cette faveur marécageuſe , qu'elles
croient particulière à l'eau de l'Yvette ;
&en lifant la conclufion du rapport des
deux Sçavans Chimiſtes , que je viens
de citer , on ſe ſeroit épargné les difcours
inconfidérés qu'on a tenus contre le
projet ; puiſqu'il eſt prouvé par le témoignage
le plus authentique , que cette
faveur
NOVEMBRE. 1763. 145
faveur marécageuſe n'eſt nullement
inhérente à l'eau de l'Yvette; qu'elle lui eft
étrangère & accidentelle ; qu'elle eft
commune aux eaux de toutes les petites
rivieres ; qu'ellese diſſipe par la fimple
expofition à l'Air , & enfin que l'eau
de l'Yvette doit être miſe dans la Claſſe
des eaux courantes de rivière , très -faines
& très-bonnes à boire.
د
LesMagiftrats accoutumés à juger de
tout avec une mûre réfléxion s'en
rapporteront plus au rapport des gens
de l'Art , qu'à des objections qu'on
peut dire dénuées de fens ; & il n'eſt
pas poffible que l'avis dicté par des recherches
auffi certaines ne prévale fur
des remarques frivoles qui ne peuvent
être d'aucun poids , pour retarder jamais
l'exécutionduprojet.
Si à la fin de l'été ou dans l'Automne ,
quand les rivières font fort baſſes , ces
perſonnes mal intentionnées ou prévenuës
vouloient prendre la peine de
goûter l'eau de la Seine lorſqu'on l'apporte
de la rivière, ou à la rivière même,
comme nous le faiſons pour celle de
l'Yvette , fans attendre que cette eau
ait été repoſée ou filtrée ou évaporée ;
ellesytrouveroient une faveur de marais
guères moins forte felon les temps , que
G
146 MERCURE DE FRANCE .
celle qu'on trouve à l'eau de l'Yvette.
Elle l'avoit fi forte en 1731 , que M.
Antoine De Juffieu , de l'Académie des
Sciences,crut devoirdonner un Mémoire
à ce ſujet pour en faire connoître la
cauſe , afin qu'on pût y remédier à
l'avenir, quand la même choſe arriveroit.
Voyez les Memoires de l'Académie
Année 1733. page 351. On peut encore
s'en rapporter fur cet Article , à l'expérience
des Porteurs d'eau qui ont alors
ſoin de laiſſer les fontaines découvertes
entoutou en partie , pour laiſſer diffiper
ce qui donne ce goût à l'eau.
J'invite les perſonnes qui prennent
quelque intérêt au bien public , qui
aiment à bien connoître ce dont elles
veulent parler , & qui se trouvent à
portée d'avoir aisément de l'eau de
İ'Yvette , d'en expoſer à l'air libre , &
non dans des appartemens , & de voir
elles - mêmes en combien de jours elle
perd fon goût , afin de pouvoir enſuite
en parler pertinemment , & détromper
ceux qui n'en parlent que par préjugé.
Entre pluſieurs perſonnes qui ont fait
cette épreuve , je me contenterai de
citer M. Haudry , Fermier - Général ,
qui allant à ſa terre de Soucy près d'Arpajon,
fit remplir en ſa préſence pluſieurs
NOVEMBRE. 1763. 147
bouteilles de l'eau de l'Yvette au moulin
de Longjumeau. Arrivé à Soucy , il la
goûta ; elle avoit le goût de marais. Il
en expoſa au grand air , dans des verres ;
& au bout de trois jours elle n'avoit plus
aucune faveur , au point qu'on n'y
trouvoit aucune différence avec l'eau
de la ſource de Soucy , qui eſt des meilleures
qu'on connoiffe.
J'ai la confiance de croire malgré les
doutes qu'on a voulu faire naître ſur la
qualitéde l'eau de l'Yvette, que le projet
de l'amener à Paris ſera exécuté un jour,
& peut - être même beaucoup plutôt
que nous n'oferions l'éſperer. Je fonde
cette confiance ſur les raiſons ſuivantes .
1º. Sur ce que la Ville ne s'en rapportera
pas pour ſe décider ſur l'utilité du
projet , aux propos qui n'ontaucun fondement
, mais à des Juges compétens ,
tels que la faculté de Médécine , l'Académie
des Sciences , ou le corps des
Apoticaires , fi elle croit devoir faire
confirmer le jugement de MM. Hellot
& Macquer.
2º. Sur la nécéſſité indiſpenſable de
donner de l'eau à Paris qui s'agrandit
de toute part , pendant que le peu d'eau
qu'ila , diminue de jour en jour.
3°. Sur la connoiſſance ſuffifante que
Gij
143 MERCURE DE FRANCE.
j'ai de Paris & de ſes environs , pour
pouvoir affurer & prouver s'il le falloit ,
qu'il n'y a que l'Yvette qui puiffe donner
à Paris une affez grande quantité de
bonne eau , à une hauteur commode ,
pour la diſtribuer dans tous les quartiers .
4°. Sur la facilité qu'il y aura d'amener
cette eau à la Porte S. Michel , les côtes
par leſquelles le Canal paffera , étant
pour ainſi dire toutes droites , ainfi
que la route totale.
,
5°. Sur le defir que tous les Prévôts
des Marchands & Echevins ont &
doivent avoir d'embellir Paris de
pourvoir à la commodité & aux avanrages
des Citoyens , & de trouver dans
des motifs fi nobles , celui d'immortaliſer
Leurs noms.
6°. Sur l'exemple que donnent à ce
ſujet pluſieurs Villes de Province.
7. Sur ce que la machine du pont
Notre Dame eſt fort vieille , qu'elle peut
manquer d'un moment à l'autre , &
qu'il eſt très eſſentiel par toutes les
raiſons rapportées dans monmémoire, de
débaraffer les arches des ponts.
,
8°. Enfin ſur ce que la dépenſe ne ſera
pas auffi énorme que bien des gens l'ont
crû, & ont peut- être cherché à l'infinuer,
On en verra la preuve dans le volume de
NOVEMBRE. 1763. 149
l'Académie où mon Mémoire fera inféré;
&par la comparaiſon de travaux à peuprès
ſemblables , faits à Versailles il y a
23 à 24 ans ; & d'après les Mémoires
non fufpects , reglés & payés , que je
tiens de M. Gabriel , de l'Académie
Royale d'Architecture & premier Architecte
du Roi , il ne doit pas en coûter
fix millions , toutes dépenses & indemnités
payées , pour rendre l'eau de l'Yvette
à la Porte S. Michel .
Mais diront ceux qui doutent de tout ,
où la Ville prendra-t-elle ces cinq à fix
millions , & ce qu'il faudra de plus pour
porter l'eau dans chaque quartier,
avec les dépenfes ordinaires qu'elle eft
obligée de faire ? Je dirai ici ce que
j'ai dit ailleurs , que les Grands Hommes
trouvent les moyens néceſſaires pour
venir à bout des plus grandes choſes.
Quand unPrévôt des Marchands n'e feroit
que commencer l'Aqueduc de l'Yvette ,
que je voudrois nommer de LOUIS XV.
ou de LOUIS LE BIEN -AIMÉ ; c'en
feroit affez pour qu'il fût bientôt mené
à ſa fin. La Ville laiſſe rarement ſes
entrepriſes imparfaites , & celle-ci eft
de nature à l'être moins que toute autre.
Il peut d'ailleurs ſe trouver quelque
Gérard de Poiffi , quelque Godinot ,
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
quelque La Peyronie , qui penſent affez
noblement pour vouloir laiſſer à la Capitale
du Royaume, un Monument éternel
de la bienfaiſance ; & à leur poſtérité un
nom refpectable & révéré. Connoit- on
ou imagine - t - on quelque Titre auſſi
flatteur , auffi grand & auſſi ſatisfaiſant
que le ſeroit celui de bienfaiteur d'un
monde entier. Je ne puis m'empêcher
de dire que je ne conçois pas , qu'avec
le pouvoir de faire un auſſi grand bien ,
on n'en ait pas la volonté. Quelquesuns
, ( & ce ne feront pas les plus généreux
) ne manqueront pas de nommer
ceci de l'enthouſiaſme , & cela peut
être ; mais du moins n'est - ce pas un
enthouſiaſme blamable ; & tel qu'il eſt ,
puiſſe-t-il pour le bien de Paris paffer
dans le coeur de quelqu'un de nos plus
riches Citoyens !
,
Une pareille générofité ſeroit grande ,
fans doute , & bien digne de louanges ,
mais elle ne feroit pas inouie. Je pourrois
citer un très-grand nombrede perſonnes
qui ont fait plus que cela, eu égard à leurs
facultés. Le quartier de l'Univerſité eft
couvert de Monumens fondés par
l'amour patriotique de différens Particuliers
. Il faut entendre les habitans de
Reims , fur ce que M. Godinot , Cha
NOVEMBRE. 1763. 151
noine de cette Ville , a fait pour ſes
concitoyens. Les Ecoles de Chirurgie
de Paris & de Montpellier , fur ce qu'a
fait pour elles & pour le bien de l'Humanité
, M. De La Peyronie , premier
Chirurgien du Roi. Tout le monde a
pu remarquer dans la Gazette de France
du 28 Janvier dernier , & dans celle
d'Utrecht du 8 Février , qu'un célébre
Médecin Anglois donne plus de deux
eens mille livres sterlings , devant faire
aux environs de cinq millions de notre
monnoie , pour faire bâtir un Amphithéatre
Anatomique à Londres , & fonder
les Profeſſeurs néceſſaires en Médecine
& en Chirurgie , avec tous les
acceſſoires ; & c'eſt un Médecin ,
Particulier , qui fait cela. Ce font de
ces Hommes dont on parlera éternellement
avec reſpect & vénération .
J'ai l'honneur d'être , &c .
l'Académie Royale des Sciences , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
,
J'AAII vu avecplaifir ,Monfieur la Societé
des Conciliateurs s'occuper du
projet que j'ai indiqué , pour procurer
un volume conſidérable d'eau dans tous
les quartiers de Paris , & prendre la
défenſe de labonne qualité de celle que
je propoſe d'y amener. Sa faveur marécageuſe
n'a pu rebuter que peu de perſonnes
, après avoir vû ce que diſent à
ce ſuet MM. Hellot & Macquer dans
l'Analyſe qu'ils ont faite de cette eau :
Il eſt néanmoins très-bon , pour ramener
ce petit nombre , de faire connoître
plus expreffément que je n'ai fait , les
NOVEMBRE. 1763. 143
cauſes de ce goûtde marais , &fu-r tout
de faire voir qu'il eſt communaux eaux
de toutes les petites rivières qui ont leur
embouchure dans la Seine ; & qu'il
n'eſt pas particulier à l'eau de l'Yvette ,
comme quelques perſonnes , ſans doute
faciles à perfuader ,ſe l'étoient mis dans
la tête. مت 小
Les Journaux& autres Ecrits publics
ont parlé fi avantageuſement du projet
d'amener l'eau de l'Yvette à Paris , il a
été fi bien accueilli ,que je me perfuade
que vos Lecteurs verront avec plaifir oe
qui y a rapport ,& ce qui peut enmontrer
tout le beau & toute l'utilité. Il
m'eſt permis fans doute de plaider cette
cauſe , & d'ajouter à ce qu'ont dit MM.
les Conciliateurs. Onm'excuseroit quand
même j'y mettrois quelques vues d'intérêt
particulier , pourvu que je ne diſe
rien que de vrai ; à plus forte raifon doisje
être excufé , ſi je ne parle que pour
l'intérêt public. Je ne prétends ni à être
l'Architecte ni l'Entrepreneur de ce
grand ouvrage ; je ne veux ni former
de Compagnie , ni être aſſocié en manière
quelconque à l'entrepriſe qu'on en
pourroit faire , Mais j'aurois la plus
grande des fatisfactions ſi je le voyais
commencer ; & j'employerois avec le
2
Σ
144 MERCURE DE FRANCE.
plus grand plaifir tous les ſoins dont je
puis être capable , à marquer par des
repaires immuables la route &les pentes
de ce Canal ou Aqueduc , fi on devoit
le commencer bien-tôt.
J'ai bien dit quelque choſe dans mon
Mémoire , page 21 , du goût de marais
qu'ont les eaux de toutes les petites
rivières ; mais je ſens que cela ne ſuffit
pas pour tout le monde , & je ne m'imaginois
pas qu'il pût reſter des doutes
après la lecture de l'examen chimique
de MM. Hellot & Macquer , que pour
cette raiſon j'ai inféré en entier dans
mon ouvrage. Il auroit du prevénir
tous les mauvais propos tenus dans les
Sociétés particulieres , par des gens qui
ne ſçavent que lever des doutes , ſans
égard aux ſolutions qu'on en a données.
Des perſonnes qui n'ont jamais bû que
de l'eau de la Seine , fans réfléxion , ne
ſçavent pas qu'elle a eu originairement
cette faveur marécageuſe , qu'elles
croient particulière à l'eau de l'Yvette ;
&en lifant la conclufion du rapport des
deux Sçavans Chimiſtes , que je viens
de citer , on ſe ſeroit épargné les difcours
inconfidérés qu'on a tenus contre le
projet ; puiſqu'il eſt prouvé par le témoignage
le plus authentique , que cette
faveur
NOVEMBRE. 1763. 145
faveur marécageuſe n'eſt nullement
inhérente à l'eau de l'Yvette; qu'elle lui eft
étrangère & accidentelle ; qu'elle eft
commune aux eaux de toutes les petites
rivieres ; qu'ellese diſſipe par la fimple
expofition à l'Air , & enfin que l'eau
de l'Yvette doit être miſe dans la Claſſe
des eaux courantes de rivière , très -faines
& très-bonnes à boire.
د
LesMagiftrats accoutumés à juger de
tout avec une mûre réfléxion s'en
rapporteront plus au rapport des gens
de l'Art , qu'à des objections qu'on
peut dire dénuées de fens ; & il n'eſt
pas poffible que l'avis dicté par des recherches
auffi certaines ne prévale fur
des remarques frivoles qui ne peuvent
être d'aucun poids , pour retarder jamais
l'exécutionduprojet.
Si à la fin de l'été ou dans l'Automne ,
quand les rivières font fort baſſes , ces
perſonnes mal intentionnées ou prévenuës
vouloient prendre la peine de
goûter l'eau de la Seine lorſqu'on l'apporte
de la rivière, ou à la rivière même,
comme nous le faiſons pour celle de
l'Yvette , fans attendre que cette eau
ait été repoſée ou filtrée ou évaporée ;
ellesytrouveroient une faveur de marais
guères moins forte felon les temps , que
G
146 MERCURE DE FRANCE .
celle qu'on trouve à l'eau de l'Yvette.
Elle l'avoit fi forte en 1731 , que M.
Antoine De Juffieu , de l'Académie des
Sciences,crut devoirdonner un Mémoire
à ce ſujet pour en faire connoître la
cauſe , afin qu'on pût y remédier à
l'avenir, quand la même choſe arriveroit.
Voyez les Memoires de l'Académie
Année 1733. page 351. On peut encore
s'en rapporter fur cet Article , à l'expérience
des Porteurs d'eau qui ont alors
ſoin de laiſſer les fontaines découvertes
entoutou en partie , pour laiſſer diffiper
ce qui donne ce goût à l'eau.
J'invite les perſonnes qui prennent
quelque intérêt au bien public , qui
aiment à bien connoître ce dont elles
veulent parler , & qui se trouvent à
portée d'avoir aisément de l'eau de
İ'Yvette , d'en expoſer à l'air libre , &
non dans des appartemens , & de voir
elles - mêmes en combien de jours elle
perd fon goût , afin de pouvoir enſuite
en parler pertinemment , & détromper
ceux qui n'en parlent que par préjugé.
Entre pluſieurs perſonnes qui ont fait
cette épreuve , je me contenterai de
citer M. Haudry , Fermier - Général ,
qui allant à ſa terre de Soucy près d'Arpajon,
fit remplir en ſa préſence pluſieurs
NOVEMBRE. 1763. 147
bouteilles de l'eau de l'Yvette au moulin
de Longjumeau. Arrivé à Soucy , il la
goûta ; elle avoit le goût de marais. Il
en expoſa au grand air , dans des verres ;
& au bout de trois jours elle n'avoit plus
aucune faveur , au point qu'on n'y
trouvoit aucune différence avec l'eau
de la ſource de Soucy , qui eſt des meilleures
qu'on connoiffe.
J'ai la confiance de croire malgré les
doutes qu'on a voulu faire naître ſur la
qualitéde l'eau de l'Yvette, que le projet
de l'amener à Paris ſera exécuté un jour,
& peut - être même beaucoup plutôt
que nous n'oferions l'éſperer. Je fonde
cette confiance ſur les raiſons ſuivantes .
1º. Sur ce que la Ville ne s'en rapportera
pas pour ſe décider ſur l'utilité du
projet , aux propos qui n'ontaucun fondement
, mais à des Juges compétens ,
tels que la faculté de Médécine , l'Académie
des Sciences , ou le corps des
Apoticaires , fi elle croit devoir faire
confirmer le jugement de MM. Hellot
& Macquer.
2º. Sur la nécéſſité indiſpenſable de
donner de l'eau à Paris qui s'agrandit
de toute part , pendant que le peu d'eau
qu'ila , diminue de jour en jour.
3°. Sur la connoiſſance ſuffifante que
Gij
143 MERCURE DE FRANCE.
j'ai de Paris & de ſes environs , pour
pouvoir affurer & prouver s'il le falloit ,
qu'il n'y a que l'Yvette qui puiffe donner
à Paris une affez grande quantité de
bonne eau , à une hauteur commode ,
pour la diſtribuer dans tous les quartiers .
4°. Sur la facilité qu'il y aura d'amener
cette eau à la Porte S. Michel , les côtes
par leſquelles le Canal paffera , étant
pour ainſi dire toutes droites , ainfi
que la route totale.
,
5°. Sur le defir que tous les Prévôts
des Marchands & Echevins ont &
doivent avoir d'embellir Paris de
pourvoir à la commodité & aux avanrages
des Citoyens , & de trouver dans
des motifs fi nobles , celui d'immortaliſer
Leurs noms.
6°. Sur l'exemple que donnent à ce
ſujet pluſieurs Villes de Province.
7. Sur ce que la machine du pont
Notre Dame eſt fort vieille , qu'elle peut
manquer d'un moment à l'autre , &
qu'il eſt très eſſentiel par toutes les
raiſons rapportées dans monmémoire, de
débaraffer les arches des ponts.
,
8°. Enfin ſur ce que la dépenſe ne ſera
pas auffi énorme que bien des gens l'ont
crû, & ont peut- être cherché à l'infinuer,
On en verra la preuve dans le volume de
NOVEMBRE. 1763. 149
l'Académie où mon Mémoire fera inféré;
&par la comparaiſon de travaux à peuprès
ſemblables , faits à Versailles il y a
23 à 24 ans ; & d'après les Mémoires
non fufpects , reglés & payés , que je
tiens de M. Gabriel , de l'Académie
Royale d'Architecture & premier Architecte
du Roi , il ne doit pas en coûter
fix millions , toutes dépenses & indemnités
payées , pour rendre l'eau de l'Yvette
à la Porte S. Michel .
Mais diront ceux qui doutent de tout ,
où la Ville prendra-t-elle ces cinq à fix
millions , & ce qu'il faudra de plus pour
porter l'eau dans chaque quartier,
avec les dépenfes ordinaires qu'elle eft
obligée de faire ? Je dirai ici ce que
j'ai dit ailleurs , que les Grands Hommes
trouvent les moyens néceſſaires pour
venir à bout des plus grandes choſes.
Quand unPrévôt des Marchands n'e feroit
que commencer l'Aqueduc de l'Yvette ,
que je voudrois nommer de LOUIS XV.
ou de LOUIS LE BIEN -AIMÉ ; c'en
feroit affez pour qu'il fût bientôt mené
à ſa fin. La Ville laiſſe rarement ſes
entrepriſes imparfaites , & celle-ci eft
de nature à l'être moins que toute autre.
Il peut d'ailleurs ſe trouver quelque
Gérard de Poiffi , quelque Godinot ,
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
quelque La Peyronie , qui penſent affez
noblement pour vouloir laiſſer à la Capitale
du Royaume, un Monument éternel
de la bienfaiſance ; & à leur poſtérité un
nom refpectable & révéré. Connoit- on
ou imagine - t - on quelque Titre auſſi
flatteur , auffi grand & auſſi ſatisfaiſant
que le ſeroit celui de bienfaiteur d'un
monde entier. Je ne puis m'empêcher
de dire que je ne conçois pas , qu'avec
le pouvoir de faire un auſſi grand bien ,
on n'en ait pas la volonté. Quelquesuns
, ( & ce ne feront pas les plus généreux
) ne manqueront pas de nommer
ceci de l'enthouſiaſme , & cela peut
être ; mais du moins n'est - ce pas un
enthouſiaſme blamable ; & tel qu'il eſt ,
puiſſe-t-il pour le bien de Paris paffer
dans le coeur de quelqu'un de nos plus
riches Citoyens !
,
Une pareille générofité ſeroit grande ,
fans doute , & bien digne de louanges ,
mais elle ne feroit pas inouie. Je pourrois
citer un très-grand nombrede perſonnes
qui ont fait plus que cela, eu égard à leurs
facultés. Le quartier de l'Univerſité eft
couvert de Monumens fondés par
l'amour patriotique de différens Particuliers
. Il faut entendre les habitans de
Reims , fur ce que M. Godinot , Cha
NOVEMBRE. 1763. 151
noine de cette Ville , a fait pour ſes
concitoyens. Les Ecoles de Chirurgie
de Paris & de Montpellier , fur ce qu'a
fait pour elles & pour le bien de l'Humanité
, M. De La Peyronie , premier
Chirurgien du Roi. Tout le monde a
pu remarquer dans la Gazette de France
du 28 Janvier dernier , & dans celle
d'Utrecht du 8 Février , qu'un célébre
Médecin Anglois donne plus de deux
eens mille livres sterlings , devant faire
aux environs de cinq millions de notre
monnoie , pour faire bâtir un Amphithéatre
Anatomique à Londres , & fonder
les Profeſſeurs néceſſaires en Médecine
& en Chirurgie , avec tous les
acceſſoires ; & c'eſt un Médecin ,
Particulier , qui fait cela. Ce font de
ces Hommes dont on parlera éternellement
avec reſpect & vénération .
J'ai l'honneur d'être , &c .
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