Le Lundy 2. de ce mois ,
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Sa Majesté fit l'honneur à
M. de Louvois d'aller à fa
Maiſon de Meudon avec
Monſeigneur le Dauphin ,
Madame la Dauphine,Monfieur
& Madame
,
accompagnez
de la plus grande partie
des Princes & des Seigneurs
de la Cour. Ce Miniftre fut
averty fi peu de temps auparavant,
de la grace que le
Roy vouloit luy faire , qu'il
n'en eut pas affez pour le recevoir
d'une maniere qui
puft répondre à la grandeur
de fon zele. Auffi Sa Majefté
y cut- t - Elle égard ; & c'eſt
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ce qui luy fit dire qu'Elle ne
vouloit qu'une Collation .
M. de Louvois avoit fait preparer
un grand nombre de
Chaifes pour fe promener
dans les Jardins , dont un
grand nombre de fort beaux
Jets d'eau fait un des principaux
ornemens ; mais le
temps ne s'eftant pas trouvé
commode pour laiſſer joüir
du plaifir de la promenade ,
on alla voir les appartemens
, où des Concerts admirables
divertirent toute
la Cour. On fervit enfuite
un Ambigu , mais fià propos
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qu'on en fut furpris. Ceux
qui l'avoient preparé ayant
eu beaucoup moins de tems
qu'ils n'avoient crû , parce
qu'on en avoit peu employé
à la promenade , ne laifferent
pas de fe trouver prefts,
tant les ordres avoient efté
bien donnez , & tant l'execution
en fut jufte . On fervit
en meſme temps cinq
tables , la premiere pour le
Roy , la feconde pour les
Princes , la troifiéme pour
les Seigneurs , la quatriéme
pour les Officiers , & la cinquiéme
pour les Pages , &
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¿
plufieurs autres perfonnes.
de la fuite de la Cour. Tous
les Gardes , les Suiffes, & generalement
tous les Valets,
furent regalez. CerAmbigu
fut fi beau , qu'il auroit elté
difficile l'on cuft pû y
que
rien ajoûter, foit pour le plaifir
du gouft , foit pour celuy
de la veuë. La propreté , la
galanterie & l'abondance y
avoient part ; & il fembloit
qu'on euft forcé lá Nature
a fe hafter de produire les
fruits qu'elle donne en cha
quefaifon , pour fatisfaire au
defir ardent qu'avoit M. de
Louvois
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Louvois, de faire connoiftre
au Roy la joye qu'il reffentoit
de l'honneur que luy
faifoit ce Monarque. Il ne
faut que faire reflexion fur la
maniere dont il vient à bout
d'executer les ordres de Sa
Majefté dans les chofes les
plus difficiles, pour eftre perfuadé
de ce qu'il a fait dans
une occafion de cette nature.