EXTRAIT DE LA LETTRE
de MrdgsuLandcs,Bourreaq,.
écrite de Siam, en datte du22.
Décembre 1682. MOnjieurl'Eiefqtie dHe-
.lifJpolÚ a préfente les Let-
L 1 y très qu'ilavait de Sa Majefle
Très- Cbreflienne pour le Roy de
Sidm, & elles ont cJlé nçetlé's de
la mesme maniéré vue les premierea
le furent. Cet Evejque
tut le lendemain audience de ce
Monarque, à laquelle M11Ahbe
deLyonne seul affilia.
- Ilyavoit déja que
le Barcatlon m'avoit dit.que le
Roy Jon Mtiflrc,, avant que
d'aller à Lavau, me donneroit
une marque de l'eslime qu'ilfaisoit
de nostre Nation, & de la
considération particuliere qu'il
avoit pour moy i
lors qu'onniavertit
de me trouver le 11. Octobre
au Palau du Roy. Les
jimbaffadeurs du Roy de Damby
devoient le mejme jour avoir
audience. Je m'y rendis dés le
matin3 & après avoir passé
pltifieurs Courts, dans l'une desquelles,
qui efloit vis-a-vis le
Trône du Roy, il y avait pluGALANT.
7*
fleurs Soldats fous les armes9
l'on me fit ajifeoir dans un endroit
tout couvert de Tentes, au milieu
de plus de six cens Mandarins.
Lon fitasseoir les Ambajifadeurs
de Dam»y douze à quinze pas
derriere moy 3
cesi à dire que
feflois plus près du Trône du Roy
dequinze pas.Aufilialdequel-
,qua Inftrtmens,plusieurs riches
Rideaux qui couvroientleTrone
de ce 'Prince, Je tinrenty 19 sa
Majerréy parut avecbeaucoup
<£éclat, tantpour la beauté du
Trône-; que pour la richeffi du
Pirrrerie$;, dontJa tesie efes
habits efioient couverts. Apres
plujîeursfanfares de Trompettes]
le Barcdllonprit laparole, dr luy
dit, que félon l'ordre de Sa Majessé,
je me prêfcntois asespieds
pour recevoirses faveurs. Ce
Prince me fit quelques quefiions
sur le Roy de France, esur le
grttnti nombre de ses Conquefles.
jipras que j'eus repondu a ce
qu'il me demandait, l'onmit devant
moy une 73andeige d'ttrgent,
dans laquelle ily avoit un Juftrau
-corpsfait d'un 'Brocard d'or&
d'argent, dont mus luy avions
flcfiité quelques Pieces en arri- ,vanticyyun$>nbre à la manicredes
Indes, garny, d'or,
[Ayant élevé trois fois le t&ut a
la hauteur de ma tesse, l'en me
rcvejlit du Jufte-at4-corps,&je
recommençay la revérence a la
mode du Pais.Apres cela, le
Roy dit quelque chose aux AmbassadeursdeDxmlyy
r chacun
d'eux fut revcfîu de la mcfme
jorte d'un Jufie-aucorps de peu
devaleur,d,t,,sOignaldesInftm-*
1 mens que l'on avoit entenhis
d'abord, les i'i?l(rncs Rideaux rc-
cCoOutvrurirrlerfnntl.tele TTrrêcnneeRROoyYatil!.:TTcouutt
le monde a eite étonné de cet
honneur, que je ne puis attribuer
qua la haute efiime que le Roy
de Siam a peur Sa AIajefléTresChrefficnne,
dontle*Ân'A'Sn Cles
Hollandois ne peuvent s'emp:
fcher de parler avec ad miration.
Le Roy a ordonne que l'on
batij} une E'jJife pour M¡' Ics
Evcj-fJiucs* ¡rroche du Seminaire J e s!e,,,~ï ; .,,i ~,~
1*re
qu'il leur avoit déjà jatt bliïïry
& une Adaifonpoury recevoir
les ;4mbafpideurs qu'il s'attend
quenojlre invincible Monarque
luy envoyera. Il faitfaire de la
Vaiffille d'argent pour leurfervice.
Le Barcallon ma fandonner
une grandeMaijon di bois,
que fay fait élever dans nOJqre
Enclos.