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1
p. 269-272
Les Ambassadeurs vont au Diner du Roy ; & ce qui s'y passe, [titre d'après la table]
Début :
On les mena le lendemain au Dîner du Roy, où ils eurent [...]
Mots clefs :
Dîner du roi, Roi, Dîner, Bonté, Hardiesse, Compliment
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texteReconnaissance textuelle : Les Ambassadeurs vont au Diner du Roy ; & ce qui s'y passe, [titre d'après la table]
On les mena le lendemain
au Diner du Roy, où ils curent
toûjours les mains jointes
& élevées. Comme il leur
fut permis de le voir pendant
tour leRepas, ce qu'ils tinrent
à grande faveur , ils le regarderent
avec une attention
curicufe,mais toûjours rem
plie du plus profond reſpect.
Les mapieres deace. Monar
que ueles les charmerenttellement,
qu'un des Mandarins nomdes
Amb. de siam .
259
mé Racan , ſe ſentant tout
@remply de ce grand Prince ,
& tout penetré d'amour &
d'admiration , dit à Me l'Abbé
de Lionne : Si je sçavois
parler François, je luy parlerois ;
carsa bonté me paroist fi grande ,
que je croy qu'elle le feroit encore
plus que ma bardieffe. Le
grand nombre des Inſtru
mens qui joüoient pendant
ce repas , obligeal le Roy à leur
faire dire que ce bruit eſtoit
ecauſe qu'il ne leur parleroit
qu'aprés le Dîner : ce que Sa
Majefté fit auffi-tôt qu'Elle
fut fortie de table. L'Ambaſſadeur
ſe ſervit de cette
10
260 Suite du Voyage
occaſion pour donner au Roy
une Lettre de Me Conſtance.
Il dit : Que ce Ministre avoit
eu la bardieffe de faire de petits
Preſens à Sa Majesté , mais qu'il
efperoit que sa bonté seroit affez
grande pour la luy pardonner.
Le Roy reçût ce Compliment
d'une maniere ſi agreable ,
& l'air dont il leur parla les
charma fi fort , qu'auffi- tôt
qu'ils farent hors de la prefence
de ce Prince , l'Ambaffadeur
dit , Que c'estoit à pre-
Sent qu'ils connoiſſoient qu'ils
avoient beaucoup plus de force
4
qu'ils n'avoient crû , puisqu'ils
avoient efté capables de foûtenir
les
7
des Amb. de Siam. 261
M
les grandes bontez du Roy.
au Diner du Roy, où ils curent
toûjours les mains jointes
& élevées. Comme il leur
fut permis de le voir pendant
tour leRepas, ce qu'ils tinrent
à grande faveur , ils le regarderent
avec une attention
curicufe,mais toûjours rem
plie du plus profond reſpect.
Les mapieres deace. Monar
que ueles les charmerenttellement,
qu'un des Mandarins nomdes
Amb. de siam .
259
mé Racan , ſe ſentant tout
@remply de ce grand Prince ,
& tout penetré d'amour &
d'admiration , dit à Me l'Abbé
de Lionne : Si je sçavois
parler François, je luy parlerois ;
carsa bonté me paroist fi grande ,
que je croy qu'elle le feroit encore
plus que ma bardieffe. Le
grand nombre des Inſtru
mens qui joüoient pendant
ce repas , obligeal le Roy à leur
faire dire que ce bruit eſtoit
ecauſe qu'il ne leur parleroit
qu'aprés le Dîner : ce que Sa
Majefté fit auffi-tôt qu'Elle
fut fortie de table. L'Ambaſſadeur
ſe ſervit de cette
10
260 Suite du Voyage
occaſion pour donner au Roy
une Lettre de Me Conſtance.
Il dit : Que ce Ministre avoit
eu la bardieffe de faire de petits
Preſens à Sa Majesté , mais qu'il
efperoit que sa bonté seroit affez
grande pour la luy pardonner.
Le Roy reçût ce Compliment
d'une maniere ſi agreable ,
& l'air dont il leur parla les
charma fi fort , qu'auffi- tôt
qu'ils farent hors de la prefence
de ce Prince , l'Ambaffadeur
dit , Que c'estoit à pre-
Sent qu'ils connoiſſoient qu'ils
avoient beaucoup plus de force
4
qu'ils n'avoient crû , puisqu'ils
avoient efté capables de foûtenir
les
7
des Amb. de Siam. 261
M
les grandes bontez du Roy.
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Résumé : Les Ambassadeurs vont au Diner du Roy ; & ce qui s'y passe, [titre d'après la table]
Lors d'un dîner royal, des ambassadeurs de Siam furent présents, les mains jointes et élevées en signe de respect. Ils observèrent attentivement et avec admiration le roi tout au long du repas, accompagné par des musiciens. Le roi annonça qu'il s'adresserait aux ambassadeurs après le dîner. À la fin du repas, l'ambassadeur de Siam remit une lettre du ministre Constance au roi, mentionnant que ce ministre avait offert de petits présents et espérait que le roi les pardonnerait. Le roi accepta ce compliment avec agrément, charmant ainsi les ambassadeurs. Une fois sortis de la présence royale, l'ambassadeur exprima leur satisfaction d'avoir soutenu le regard du roi et d'avoir apprécié ses grandes bontés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 12-19
LE TÉLÉMAQUE, POÉME.
Début :
CHANT PREMIER. I. JE chante les glorieuses avantures du fils [...]
Mots clefs :
Divin, Gloire, Aventures, Conseils, Génie, Ouvrage, Hardiesse, Dames, Renommée, Hardiesse
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texteReconnaissance textuelle : LE TÉLÉMAQUE, POÉME.
LE TÉLÉMAQUE , POÉME.
CHANT PREMIER.
1.
JE chante les glorieufes avantures du
fils d'Ulyffe . On verra dans mon Poëme
comme il erra longtemps fur la tèrre
& fur la mer ; comme il paffa le noir
Achéron pour aller chercher fon père
aux Enfers. Je raconterai les plaifirs &
les peines de fes jeunes amours , fes
guerres fameufes & fes éclatantes victoires
qui porterent la réputation de fa
fageffe & de fa valeur jufques dans les
climats les plus éloignés .
I I.
Je ferai connoître les fages confeils
& les tendres foins de Minerve qui defcendit
des Cieux pour accompagner
Télémaque fous la figure de Mentor. Je
dirai comme elle fut fon guide au milieu
des périls où l'expofoit la jeuneffe,
fon foutien dans les grandes chofes qu'il
entreprit ; & comme elle forma fon efprit
& fon coeur au grand art de régner.
III.
Sublime & beau génie * qui le premier
entras dans la carrière où j'ofe
marcher fur tes traces , & qui , fi j'en
* M. de Fenelon , Archevêque de Cambrai .
SEPTEMBRE. 1763. 13
IL TELEMACO.
CANTO PRIMO.
I.
CANTO l'alte vicende , ei lunghi errori
Del Figluolo d'Uliffe in terra , e in mare ,
Comefin d'Acheronte i trifti umori
Ardi , cercando il Genitor , varcare .
Dirò gli sdegni , e i giovanili amori ,
Le illuftri guerre , e le felici , e rare
Vittorie , ond' ei per ogni eſtranio lide
Portò di fenno , e di valore il grido.
II.
Eil bel configlio , e la pietoſa cura
De la fagace dea farò paleſe ,
Che di Mentore preſa la figura
Al fianco di Telemaco difcefe ;
Etra i perigli de l'età immatura
Gli fù guida , e foftegno à l'ardue impreſſe,
El' docil cuore, & il fecondo ingegno
Ne la grand arte ammaeſtrò del Regno,
III.
Spirto altero e gentil , che l'orme prime
Segnafti in terra del cammin che'i' prendo ,
Ed or fovra del Ciel doggi fublime ,
14 MERCURE DE FRANCE.
re- crois mon espérance & tes vertus
poſes maintenant au plus haut des cieux;
pendant que je mets en vers ton Ouvrage
, & que par là je te prouve & à ta
Nation mon admiration & mon amour,
pardonne ma hardieffe , accorde- moi ta
faveur , & obtiens- moi celle des autres .
IV.
Tu es mon guide , mon appui , & la
Mufe que j'invoque . Le travail eft immenfe;
mes forces font foibles , & mes
talens ne répondent pas à mon zéle.
Seconde donc mes voeux , conduis- moi ,
fortifie-moi. Que ton feu divin m'éclaire
& m'enflamme. Ta gloire y eft inréreffée
auffi bien que la mienne.
V.
Si quelqu'un me blâme de ne travailler
que d'après autrui , qu'il penfe
qu'on loue le fculpteur , foit qu'il imite
, foit qu'il invente . Mais comme ce
n'eft pas l'amour feul de la gloire qui
m'anime , la crainte du blâme ne m'arrêtera
pas non plus. Et au refte qui eft
le maître de ma volonté ? Ne fuis- je pas
né libre ? Je ferai affez content , fi j'ai
le bonheur de plaire au GRAND
LOUIS.
V I.
J'aime l'Italie , fes belles Dames , fes
SEPTEMBRE. 1763. IS
Se ben mia fpeme è tua virtude intendo .
Mentr'io ritraggo i tuoi diſegni in rime ,
Eà te qual pollo , e à la tua Gente rendo
Studio ed amor , ah tu l'ardir perdona !
L'altru m'impetra , e ' l tuo favor mi dona.
IV.
Tu'l duca mio , tu la fedel mia ſcorta ,
Tu la mia Mula , che pregando invoco.
Lunga fatica , & pazientia corta ,
Molta la voglia , ed il potere è poco,
Deh ſeconda i miei voti , e mi conforta
A l'uopo , ereggi e col divin tuo fuoco
L'intelletto riſchiara , infiamma il core
Siccome in opra di comune onore.
V.
Che s ' altri mi dileggia , o mi riprende
Perche lavor non mio ricompor tenti ,
Penti che lode a lo fcultor fi rende ,
Ofe le forme imiti o fe le inventi..
Ne amor i gloria , ne timor m'offende
Di biafmo altrui . Checerco altri argomenti ?
Chi può ful voler mio ? Libero nacqui.
Epiacqui affai fe al GRAN LUIGI piacqui.
$
Amo l'Italia , e ftimo i dotti amici
Le ornate done , i Cavalieri egregis
16 MERCURE DE FRANCE.
aimables Cavaliers , & les hommes de
mérite que j'y ai pour amis. Mais le
plus grand prix de mes foibles vers leur
viendra de l'augufte Nom de LOUIS .
Heureux habitans des bords de la Seine,
à qui il eft permis de voir de près
un , Roi dont la Renommée remplit l'Univers
!
VIL
Sage & invincible Monarque , mes
yeux ne peuvent foutenir l'éclat de ta
grandeur & de ta gloire. Tous ceux qui
admirent ton courage dans la guerre &
ta fageffe dans la Paix , diront que Pallas
t'a donné la valeur & la prudence
du fils d'Ulyſſe.
VIII.
Ils diront que tu as recueilli le fruit
de ce Livre divin ; que les femences de
toutes les vertus qui y font répandues ,
ont germé dans ton fein ; que fi un
deftin cruel & prématuré enleva ton
augufte père & couvrit la France de
deuil , toutes fes fublimes qualités ont
paffé en toi avec fon fang & fes droits,
& que tu réunis tout ce que fon illuftre
Précepteur voulut mettre dans fon âme
tout ce qui peut faire un Roi puiffant
& heureux,
SEPTEMBRE.
17
1763. 1763.
Mà vien dal facro nome agl' infelici
Carmi , il tefor più grato , ond'io mifregi
Ed oh di fenna Abitator felici !
Che fia mirar da preſſo i fommi pregi
Se in ogni parte lo fplendor ne giunge ,
Che l'ampia terra o l'ampio mar diſgiunge !
VIN
Certo il mio faguardo infermo il huro raggio
Softener non poria di tua grandezza ;
Che non fu mai , Monarca invitto e faggio ,
Debil pupilla à tanto lume avvezza .
Mà chi la fapienza & il coraggio
Ammira in pace , & ne la guerra apprezza ,
Dirà che Palla à te diede il configlio ,
E'l militar valor d'Uliſſe il Figlio.
VIII.
Eche de l'aureo feme , onde il divino
Libro fù fparfo , in te s'accoglie il frutto 3
Efe tolle immaturo , e fier deftino
L'auguſto Padre , e pofe Francia in lutto ,
La fua virtu col fangue e col domino
In te difcefe , e in te fi compien tutto
Quell' eccelfo penfier , che à far poſſente
E Lieto un Ré , volle il Maeſtro in mente.
18 MERCURE DE FRANCE.
IX.
Tels font les motifs , GRAND Ror
qui m'ont infpiré la hardieffe de te préfenter
mes vers , & qui me font eſpérer
qu'ils ne feront pas indignes de trouver
grace devant tes yeux. Je fçais d'ailleurs
que les Mufes Italiennes ne font pas
un objet défagréable pour les Efprits
François . L'Ouvrage immortel d'après
lequel je travaille , m'attirera peut - être
tes regards. Si la ftatue que j'ofe t'offrir
eft nouvelle , le marbre eft antique.
SEPTEMBRE. 1763. 19
IX .
Qaefta è la fpeme , che nel tuo cofpetto
Move i miei verfi , e d'apparir ſa degni,
Ed il faper , che non ingrate obietto
Son l'Italiche Mufe ai Franchi ingeg i .
Forfe in mercè dell' immortal foggetto
Verrà che di tua grazia anco le degni.
Antico è il marmo e novo il fimolacro , >
SIGNOR , che al Real trono offro e confacro.
* L'Auteur de cette traduction en a vu une manufcrite
en vers latins, des premiers livres du Télémaque
François , qui com mençoit ainfi .
Telemaci errores varios , variofque labores
Etfidam errantis comitem cantare Minervam.
Aggredior.
Ce début eft d'une heureufe fimplicité.
CHANT PREMIER.
1.
JE chante les glorieufes avantures du
fils d'Ulyffe . On verra dans mon Poëme
comme il erra longtemps fur la tèrre
& fur la mer ; comme il paffa le noir
Achéron pour aller chercher fon père
aux Enfers. Je raconterai les plaifirs &
les peines de fes jeunes amours , fes
guerres fameufes & fes éclatantes victoires
qui porterent la réputation de fa
fageffe & de fa valeur jufques dans les
climats les plus éloignés .
I I.
Je ferai connoître les fages confeils
& les tendres foins de Minerve qui defcendit
des Cieux pour accompagner
Télémaque fous la figure de Mentor. Je
dirai comme elle fut fon guide au milieu
des périls où l'expofoit la jeuneffe,
fon foutien dans les grandes chofes qu'il
entreprit ; & comme elle forma fon efprit
& fon coeur au grand art de régner.
III.
Sublime & beau génie * qui le premier
entras dans la carrière où j'ofe
marcher fur tes traces , & qui , fi j'en
* M. de Fenelon , Archevêque de Cambrai .
SEPTEMBRE. 1763. 13
IL TELEMACO.
CANTO PRIMO.
I.
CANTO l'alte vicende , ei lunghi errori
Del Figluolo d'Uliffe in terra , e in mare ,
Comefin d'Acheronte i trifti umori
Ardi , cercando il Genitor , varcare .
Dirò gli sdegni , e i giovanili amori ,
Le illuftri guerre , e le felici , e rare
Vittorie , ond' ei per ogni eſtranio lide
Portò di fenno , e di valore il grido.
II.
Eil bel configlio , e la pietoſa cura
De la fagace dea farò paleſe ,
Che di Mentore preſa la figura
Al fianco di Telemaco difcefe ;
Etra i perigli de l'età immatura
Gli fù guida , e foftegno à l'ardue impreſſe,
El' docil cuore, & il fecondo ingegno
Ne la grand arte ammaeſtrò del Regno,
III.
Spirto altero e gentil , che l'orme prime
Segnafti in terra del cammin che'i' prendo ,
Ed or fovra del Ciel doggi fublime ,
14 MERCURE DE FRANCE.
re- crois mon espérance & tes vertus
poſes maintenant au plus haut des cieux;
pendant que je mets en vers ton Ouvrage
, & que par là je te prouve & à ta
Nation mon admiration & mon amour,
pardonne ma hardieffe , accorde- moi ta
faveur , & obtiens- moi celle des autres .
IV.
Tu es mon guide , mon appui , & la
Mufe que j'invoque . Le travail eft immenfe;
mes forces font foibles , & mes
talens ne répondent pas à mon zéle.
Seconde donc mes voeux , conduis- moi ,
fortifie-moi. Que ton feu divin m'éclaire
& m'enflamme. Ta gloire y eft inréreffée
auffi bien que la mienne.
V.
Si quelqu'un me blâme de ne travailler
que d'après autrui , qu'il penfe
qu'on loue le fculpteur , foit qu'il imite
, foit qu'il invente . Mais comme ce
n'eft pas l'amour feul de la gloire qui
m'anime , la crainte du blâme ne m'arrêtera
pas non plus. Et au refte qui eft
le maître de ma volonté ? Ne fuis- je pas
né libre ? Je ferai affez content , fi j'ai
le bonheur de plaire au GRAND
LOUIS.
V I.
J'aime l'Italie , fes belles Dames , fes
SEPTEMBRE. 1763. IS
Se ben mia fpeme è tua virtude intendo .
Mentr'io ritraggo i tuoi diſegni in rime ,
Eà te qual pollo , e à la tua Gente rendo
Studio ed amor , ah tu l'ardir perdona !
L'altru m'impetra , e ' l tuo favor mi dona.
IV.
Tu'l duca mio , tu la fedel mia ſcorta ,
Tu la mia Mula , che pregando invoco.
Lunga fatica , & pazientia corta ,
Molta la voglia , ed il potere è poco,
Deh ſeconda i miei voti , e mi conforta
A l'uopo , ereggi e col divin tuo fuoco
L'intelletto riſchiara , infiamma il core
Siccome in opra di comune onore.
V.
Che s ' altri mi dileggia , o mi riprende
Perche lavor non mio ricompor tenti ,
Penti che lode a lo fcultor fi rende ,
Ofe le forme imiti o fe le inventi..
Ne amor i gloria , ne timor m'offende
Di biafmo altrui . Checerco altri argomenti ?
Chi può ful voler mio ? Libero nacqui.
Epiacqui affai fe al GRAN LUIGI piacqui.
$
Amo l'Italia , e ftimo i dotti amici
Le ornate done , i Cavalieri egregis
16 MERCURE DE FRANCE.
aimables Cavaliers , & les hommes de
mérite que j'y ai pour amis. Mais le
plus grand prix de mes foibles vers leur
viendra de l'augufte Nom de LOUIS .
Heureux habitans des bords de la Seine,
à qui il eft permis de voir de près
un , Roi dont la Renommée remplit l'Univers
!
VIL
Sage & invincible Monarque , mes
yeux ne peuvent foutenir l'éclat de ta
grandeur & de ta gloire. Tous ceux qui
admirent ton courage dans la guerre &
ta fageffe dans la Paix , diront que Pallas
t'a donné la valeur & la prudence
du fils d'Ulyſſe.
VIII.
Ils diront que tu as recueilli le fruit
de ce Livre divin ; que les femences de
toutes les vertus qui y font répandues ,
ont germé dans ton fein ; que fi un
deftin cruel & prématuré enleva ton
augufte père & couvrit la France de
deuil , toutes fes fublimes qualités ont
paffé en toi avec fon fang & fes droits,
& que tu réunis tout ce que fon illuftre
Précepteur voulut mettre dans fon âme
tout ce qui peut faire un Roi puiffant
& heureux,
SEPTEMBRE.
17
1763. 1763.
Mà vien dal facro nome agl' infelici
Carmi , il tefor più grato , ond'io mifregi
Ed oh di fenna Abitator felici !
Che fia mirar da preſſo i fommi pregi
Se in ogni parte lo fplendor ne giunge ,
Che l'ampia terra o l'ampio mar diſgiunge !
VIN
Certo il mio faguardo infermo il huro raggio
Softener non poria di tua grandezza ;
Che non fu mai , Monarca invitto e faggio ,
Debil pupilla à tanto lume avvezza .
Mà chi la fapienza & il coraggio
Ammira in pace , & ne la guerra apprezza ,
Dirà che Palla à te diede il configlio ,
E'l militar valor d'Uliſſe il Figlio.
VIII.
Eche de l'aureo feme , onde il divino
Libro fù fparfo , in te s'accoglie il frutto 3
Efe tolle immaturo , e fier deftino
L'auguſto Padre , e pofe Francia in lutto ,
La fua virtu col fangue e col domino
In te difcefe , e in te fi compien tutto
Quell' eccelfo penfier , che à far poſſente
E Lieto un Ré , volle il Maeſtro in mente.
18 MERCURE DE FRANCE.
IX.
Tels font les motifs , GRAND Ror
qui m'ont infpiré la hardieffe de te préfenter
mes vers , & qui me font eſpérer
qu'ils ne feront pas indignes de trouver
grace devant tes yeux. Je fçais d'ailleurs
que les Mufes Italiennes ne font pas
un objet défagréable pour les Efprits
François . L'Ouvrage immortel d'après
lequel je travaille , m'attirera peut - être
tes regards. Si la ftatue que j'ofe t'offrir
eft nouvelle , le marbre eft antique.
SEPTEMBRE. 1763. 19
IX .
Qaefta è la fpeme , che nel tuo cofpetto
Move i miei verfi , e d'apparir ſa degni,
Ed il faper , che non ingrate obietto
Son l'Italiche Mufe ai Franchi ingeg i .
Forfe in mercè dell' immortal foggetto
Verrà che di tua grazia anco le degni.
Antico è il marmo e novo il fimolacro , >
SIGNOR , che al Real trono offro e confacro.
* L'Auteur de cette traduction en a vu une manufcrite
en vers latins, des premiers livres du Télémaque
François , qui com mençoit ainfi .
Telemaci errores varios , variofque labores
Etfidam errantis comitem cantare Minervam.
Aggredior.
Ce début eft d'une heureufe fimplicité.
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