O DE SACRE' E,
Tirée du Premier Pseaume , Beatus vir
qui non abiit , &c.
Heureux celui , qui dans sa vie ;
Ne risqua jamais d'écouter
Les traitres conseils dont l'Impie ,
'A voulu cent fois le flater !
Qui toûjours ennemi du vice ,
Sçut découvrir le précipice ,
Caché sous ses trompeurs appas !
Et qui refusa sa présence ,
A la Chaire de Pestilence ,
Od le Pecheur guidoit ses pase
C'est
JUILLET. 17320 1553
Cest ta Loy , Sagesse éternelle ,
Qui regla ses chastes plaisirs ;
Il ne connut et ne vit qu'elle
Digne de remplir ses désirs :
En renouvellant sa carriere ,
Le jour lui préta sa lumiere ,
Pour la méditer avec fruit ;
Il se fit même une habitude ,
De continuer cette étude ,
Jusques dans l'ombre de la nuit.
〃
Tel est dans un Verger champêtre,
L'arbre planté près d'un Ruisseau ,
Il est les délices du Maître ,
Dont il embellit le Hameau ;
Malgré l'ordre de la Nature >,
L'éclat naissant de sa verdure ,
Ne l'abandonnera jamais ;
Et les beaux fruits qu'il fait éclore,
Un jour surpasseront encore ,
Son esperance et ses souhaits.
Ce n'est point ainsi que l'Impie ,
Réüssira dans ses projets ;
Non, non, qu'il n'ait point la folic ,
De se flatter de tels succès ;
Battu , frappé de la tempête,
Il ne peut soustraire sa tête ,
1554 MERCURE DE FRANCE
Au coup qui doit le renverser
Mais que dis-je ? foible matiere,
Un souffle le met en poussiere,
Et suffit pour le disperser.
Confus il n'osera paroître ,
Au jugement de l'Univers ;
Nous ne le verrons point renaître
Pour entrer dans nos saints Concerts.
Dieu qui connoît la difference ,
Et du crime de l'innocence ,
De tous temps a fixé leur sort ;
Pendant que l'un fera nauffrage ,
L'autre n'aura senti l'orage >
Que pour mieux arriver au Por