EXTRAIT d'une Lettre de Marseille du
24 Juillet ,fur une Machinefinguliere
& utile .
a ici une Eglife affez jolie , où s'affem-
I blent les Pénitens de la Rédemption des Efclaves
;
teur ,
>
cette Eglife a 17 toifes de longueur , & 4
toifes & demi de largeur dans oeuvre La voute
eft foutenue par deux murailles , l'une de 8 toifes
& demi , & l'autre de 7 toifes & demi de haucette
inégalité vient de l'inégalité du terrain.
La pouffée de la voute demandoit toute
l'épaiffeur du mur mais on n'avoit pas donné
à la terre toute la pouffée qui lui étoit neceffaire
pour l'empêcher de s'étendre ; cette inégalité de
terrain , & ce défaut de pouffée avoit caufé un
élargiffement de dix - huit pouces par le haut
& la voute s'étoit abaiffée de huit ou dix pieds
elle s'étoit même fendue par le milieu dans toute
fa longueur , tout l'édifice menaçoit ruine , on
craignoit qu'il ne vint à crouler tout à coup , on
fe difpofoit à le démolir entierement pour le reprendre
dès les fondemens. Un Machiniſte nommé
Pierre Veran de Vaux , s'offrit au commencement
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18 30 MERCURE DE FRANCE
cement de cette année , de remettre l'Eglife en
fon premier état , de rapprocher les murailles, &
de relever la voute , on lui promit quinze cent
livres , s'il venoit à bout de fon deffein , il entreprit
ce grand ouvrage quinze jours avant Pâques
, il ne fe fervit que de fimples Leviers de
bois , de plufieurs cordages , & d'un Cabeſtan
la voute à été relevée , les murailles fe font approchées
, les fentes ont difparu , l'Eglife eft en
meilleur état qu'auparavant , & à préſent on y
fait l'Office Divin , au grand étonnement de
tous ceux qui avoient vû il y a quelques mois en
quel état étoit pour lors cette Eglife.