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p. 93-135
MEMOIRE DU SIEUR DE VILLARS Concernant une EAU de sa composition, qu'il qualifie REMEDE UNIVERSEL.
Début :
Nous avons annoncé avec éloge dans quelques Mercures, la vertu / J'ai fait annoncer dans les Journaux de France, de Hollande, de Trévoux, [...]
Mots clefs :
Maladies, Liqueur, Remèdes, Eau, Fluides, Guérison, Brûlure, Tumeurs, Peste, Saignée, Médecine, Régime, Douleurs, Convalescence, Veines et artères, Fièvres, Rhumatismes, Apoplexie, Paralysie, Démence
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE DU SIEUR DE VILLARS Concernant une EAU de sa composition, qu'il qualifie REMEDE UNIVERSEL.
Ous avons annoncé avec
éloge dans quelques
Mercures , la vertu des Eaux
de M. de Villars contre toute
forte de Maladies: Comme nous
n'en avonsppaarrlléé qquuee fort légerement
, c'est avec plaifir que
nous communiquons au Public
un Mémoire Phifique , raifonné
détaillé fur leurs qualités.
Nous le faifons d'autant plus
volontiers , que M. de Villars
nous l'a prefenté de trop
grace , & qu'il y exprime
d'une maniere trop fenfee , pour
qu'on foit tenté de le foupçonner
d'aucun Charlatanifm ?.
bonne
Hij
94 LE MERCURE
MEMOIRE
DU SIEUR DE VILLARS
Concernant une EAU de fa
compofition , qu'il qualifie
REME'DE UNIVERSEL.
J
A v fait annoncer dans
les Journaux de France ,
de Hollande , de Trévoux ,
& dans la clef du Cabinet
des Princes , une Eau falutaire
, que j'ai qualifiée Reméde
univerfel ; fur la foy
des expériences multipliées
que j'en ai faites , fur toutes
efpéces de Maladies indiftinctement
.
Elle eft claire , tranfpaDE
DECEMBRE.
95
Ires
ARS
SELE
Fice,
OUN
rente , légere , ſans dégoût ,
fans faveur qui puiffe accufer
la moindre compofition
,
& la faire diftinguer de
l'Eau de Fontaine, la plus pure
& la meilleure.
Toutes les maladies tant
externes qu'internes , de
quelque caufe qu'elles procédent
, cédent à l'efficacité
de cette Eau : On en boit
pour les unes & pour les autres
; & outre cela , on en
lave les Playes , les Meurtriffûres
, les Brulûres , les
Dartres , les Tumeurs , les
Loupes , & généralement ,
toutes les excrefcences & inflammations
, dans quelque
partie du corps qu'elles
96 LEMERCURE
fe trouvent & quelque
corruption qu'il y ait , foit
Gangrenne , foit Cancer ,
foit Ecroüelle , foit Vérole
, fut- ce la Pefte même :
Elle en arrête le progrés ,
& diffout infenfiblement
tous les venins qui les caufent
, ou qui les nouriffent :
Il n'y faut point d'autre façon
que d'en boire , & d'en
baffiner les parties offenfées,
en renouvellant les compreffes
, 3 ou 4 fois par jour.
Dans les Maladies aiguës ,il .
en faut boire fans difcōtinuation,
& ne point craindre que
l'excés en foit préjudiciable.
Pour les Maladies , dont
les fuites ne font , ni ſi précipitées
DE DECEMBRE. 97
cipitées ny fi dangéreuſes, il
fuffit d'en boire à trois tems
par jour ; le matin en fe levant
, aprés dîné , & avant
de fe coucher , environ chopine
à chaque fois .
On
peut la boire froide ;
il eft pourtant mieux de la
faire un peu tiédir,fur tout ,
lorfqu'on s'en fert , comme
Topique. La feignée , les
purgations, & les autres préparatifs
, qui font ordinairement
cortège aux fpécifiques
les plus accrédites de la
Medecine ordinaire , nonfeulement
font inutiles à
mon remede , mais ils y font
préjudiciables : J'ai remarqué
, que quand ce cérémo-
Décembre 1717. I
58 LE MERCURE
nial avoit précedé , la guerifon
n'en étoit que plus lente
& plus difficile.
Il fuffit d'un régime réglé
par la raifon , & non ,
par le fcrupule : On peut
boire & manger , comme à
fon ordinaire , fans fe gêner.
Il n'y a aucun fruit à tirer
de ces attentions fuperftitieufes
, fur le choix des alimens
, de ces retranchemens
fur leur quantité , de ces réformes
en un mot , qui ont
donné lieu au proverbe :
Vivere médicé , vivere miferé ,
S'il eft effentiel de boire
de mon Eau , dés le commencement
de la Maladie ;
il ne l'eſt pas moins de´n'en
DE DECEMBRE. 99
pas difcontinuer l'ufage ,
tant qu'on peut préfumer
que le levain du mal féjourne
encore dans le corps . 11
y a des gens qui fe croyent
parfaittement gueris , dés.
qu'on les a foulagés : Ils ne
reffentent plus de douleur ,
cela leur fuffit : Ils interrompent
le remede ; & de là ,
il arrive , je ne dis pas
toûjours,
mais, quelquefois, que
le Malade retombe . Alors, il
faut recommencer fur nouveaux
frais ; & l'on multiplie
une dépense qu'on fe
feroit épargnée , fi l'on eut
paffé d'abord par tous les
degrés de convalefcence.
J'ai fouvent éprouvé que les
I ij
335100
100 LE MERCURE
1
Malades refufoient à mon
Eau , l'honneur des guerifons
les plus inefperées. Ces
Malades accutumés aux remüements
violents des remédes
ordinaires ; aiment
mieux attribuer leur guerifon
à la feule nature , qu'à
une liqueur dont l'opération
eft pour l'ordinaire infenfible
, & qui ne produit
aucun de ces effets violents
& douloureux , auxquels
leur imagination eſt accoutumée
d'attacher la guerifon
.
Lorfque les Malades feront
dans le cas d'une Nature
affaiſée fous les ans , accablée
du poids des autres
੧ .
DE DECEMBRE. ION
ge
remédes , ruinée par des débauches
d'habitude, & prefque
éteinte , ou par l'invetération
du mal , ou par l'alteration
des Parties nobles ;
ils feront foulagés par l'uſade
mon Eau : Elle émouf
fera les douleurs dont elle
ne poura enlever la cauſe.
Voilà à quoi je borne la vertu
de mon reméde , dans ces
cas , pour ainfi dire , défefperés:
Quoique , j'en aye éprouvé
quelquefois dans ces
cas mêmes , des guerifons
prefque furnaturelles .
L'étalage de tant de miracles
, n'eſt affûrément pas
un moyen fort fûr de me faire
des Profélites ; c'eft en-
I iij.
102 LE MERCURE
tendre mal mes interrêts ,
que d'annoncer mon Eau ,
d'une maniére fi peu mefurée
à la croyance commune .
J'aurois dû reſtraindre fes
proprietez , à la guérifon de
certaines Maladies privilegiées
, & quin'attaquent ordinairement
que les Grands
& les Riches : La vente m'au
roit rendu davantage fous
cette couleur ; & par ces titres
, je fçay tout cela : Mais
je haïs tout artifice , & je
rend compte de la verité ,
fans m'embaraffer, s'il m'auroit
êté plus utile de la déguifer
.
Je crois qu'il eft à propos
d'éxaminer ici , s'il y a
DE DECEMBRE. 103
de l'abfurdité à croire, qu'un
feul & unique reméde puiffe
guerir indiftinctement
toutes fortes de Maladies.
On croit communément que
nos Maladies , qui fe produifent
par des fignes variés
& fouvent contraires ; . qui
nous caufent des douleurs
de differentes efpéces ; qui
attaquent differentes parties
denôtre Machine ; on croit ,
dis-je , que chacune de ces
Maladies a fa cauſe & fon
principe particulier : D'où
l'on conclut , que la Médecine
a raifon d'employer des
remédes de differens genres ,
dont chacun ait pour objet ,
fon opération particuliere.
I iiij
104
LE MERCURE
Ce
raifonnement paroît
invincible , à quiconque n'a
jamais foupçonné , que toutes
nos maladies ou infirmiquelques
differentes tés
qu'elles nous paroiffent,foyent
une feule & même maladie
, enviſagées dans leur
principe .
Mais , j'efpere de prouver
avec évidence , qu'il n'y
a qu'une feule & unique
caufe , principe commun de
toutes nos differentes maladies
: Aprés quoi , l'on concevra
, que fi j'ai trouvé un
Reméde, qui agiffe efficacement
fur cette caufe com
mune , ce Reméde doit être
univerfel. Je m'expliquerai
DE DECEMBRE.
IOS
le plus fuccinctement & le
plus clairement qu'il me fera
poffible.
La ftructure du Corps humain
eſt un tiffu de canaux
de differentes grandeurs ,
qui font remplis de fang &
d'autres liqueurs qui y circulent
avec continuité .
De toutes les liqueurs qui
parcourent la Machine humaine
, nous diſtinguerons
le fang qui coule dans les
Arteres & dans les Veines ;
& le Suc nerveux c'eſt-àdire
, la liqueur qui coule
dans les tuyaux des Nerfs.
Nous ne dirons rien en particulier,
de la Lymphe , de
la falive , de la Bile & au105
LE MERCURE
tres fucs , qui font , pour
ainfi dire , des excrémens
du fang ; excrément qu'il
dépofe dans des glandes , où
ils récoivent une filtration ;
aprés laquelle , ils circulent
eux mêmes dans les canaux
qui leur font deſtinés .
Tous les mouvemens du
Corps humain , ſa ſanté , fa .
vie , dépendent du mouvement
circulaire du ſang , &
de celui des autres liqueurs.
Le cours du fang eft le mobile
de celui des autres liqueurs.
A mefure que le fang &
les autres liqueurs circulent,
une certaine portion de leur
maffe fe diffipe par la tranfDE
DECEMBRE. 107
I
25
piration ; & cette perte ,
comme celle qui s'eft faite
par les déjections fenfibles ,
fe répare proportionellement
par les fucs alimentaires.
-
Si un homme , joüiffant
d'une fanté parfaite , s'avifoit
de s'interdire tous alimens
, durant deux jours ou
plus ; fon Corps tomberoit
dans la langueur , à mefure
que le befoin de réparer
la perte de la tranſpiration
& de l'évacuation fenfible
, croîtroit. Le cours des
liqueurs eft alors extrémément
rallenti ; la maffe du
fang s'épaiffit à melure
qu'elle a perdu par la tranf
>
f
108 LE MERCURE
piration , fes parties les plus
fluides , qui n'ont point êté
remplacées par les alimens ;
le fuc nerveux s'eſt épaiffi
de même ; en forte que n'ayant
plus cette fluidité , qui
donne l'action aux Nerfs J
la Machine tombe à la fin ,
dans une impuifface prefque
rotale d'agir fi l'on tarde
à fécourir nôtre homme >
dans l'êtat où nous le fuppofons
: Bientôt le cours des
fiqueurs ceffera entierement ;
& ce qui veut dire la même
chofe , bientôt nôtre
homme mourra .
La fanté de l'homme que
nous venons de propofer
pour exemple , confiftoit
DE DECEMBRE. 100
dans la circulation parfaite
de fes liqueurs.
Sa
Maladie avoit pour
caufe , le rallentiſſement
de
cette circulation
.
Sa mort enfin , ne fera
caufée que par la ceffation
totale du cours de ces mêmes
liqueurs.
Nous avons donné pour
caufe du rallentiffement du
cours circulaire des liqueurs,
l'épaififfement & la coagulation
de leur maffe.
lon-
L'épaifiſſement & la coagulation
des liqueurs , peut
donc venir d'une trop
gue abftinence comme
dans l'exemple propofé
Mais , elle peut venir auſſi
›
:
110 LE MERCURE
d'une exceffive
intemperance
: C'est ce que nous allons
prouver par un nouvel
exemple .
Un homme joüiffant d'une
fanté parfaite , fe rend ſubitement
& volontairement
malade , en buvant des liqueurs
enyvrantes. Examinons
avec attention , ce qui ·
lui arrive dans les différents
degrés de l'yvreffe.
Dans le premier degré ,
il éprouve un fentiment joyeux
; il penſe avec liberté
& s'exprime avec grace :
Dans le fecond degré , fa
joye fe rallentit ; il penfe
confufément & s'exprime
difficillement : Dans le troiDE
DECEMBRE. III
a
fiéme enfin , il balbutie , au
point qu'on peut à peine
l'entendre . Il à la tête fi peſante,
qu'il ne peut la foûtenir
: Effaye - t - il de fe tenir
deboût , le voilà qui tombe
par terre , & qui y demeure
plongé dans un fommeil
apoplectique ?
Le Vin a produit fucceffivément
tous ces effets ; en
augmentant d'abord , & rallentiffant
enfuite , la circulation
du fang & du fuc nerveux
; ou ce qui veut dire
la même chofe , en augmentant
d'abord la fluidité , &
caufant aprés , l'épaififfement
de la maffe des liqueurs
.
112 LE MERCURE
Mais , comment le Vin
a-t-il pu caufer deux effets
auffi contraires : Le voici.
Il y a dans le Vin , dans
l'Eau-de-Vie , & autres liqueurs
enyvrantes ,des particules
extremément fluides ,
1
actives & pénétrantes ; mais,
ces parties extremément fluides
, y font mêlées avec une
huile glutineufe & un ſoufre
, qui ont , comme l'on
voit , une qualité contraire .
Lorſque le Vin eſt arrivé
dans l'eſtomac , les parties
les plus fluides de ce
mixte , fe féparent des parties
huileufes & fulphureufes
; & fe communiquent
promtement au ſang , & au
fuc
DE DECEMBRE 137
fuc nerveux , dont elles
augmentent
la fluidité , & hatent
le cours circulaire . Voilà
la raison de cette joye
que l'on éprouve dans le premier
degré de l'yvreffe.
Laiffons féjourner quelque
tems dans l'eftomac , les'
parties huileufes & fulphureufes
du Vin ; nous reviendrons
à elles , aprés avoir
examiné l'action des parties
fluides & pénétrantes
, qui
s'en font féparées , & qui
circulent dans la malle du
fang & du fuc nerveux.
Les parties les plus fluides
& les plus pénétrantes du
Vin, ne peuvent refter longtems
dans le corps : Non
K
114 LE MERCURE
feulement , elles s'échapent
abondamment par la tranfpiration
; mais en circulant
rapidement avec la maſſe du
fang, elles entraînent & diffipent
par la même voye, celles
du même caractére , qui
êtoient déja dans le fang &
dans le fuc nerveux ; aprés
quoi , il arrive néceffairement
, que la maffe de l'une
& de l'autre liqueur s'êpaiffit
, & que leur circulation
fe ralentit.
Revenons aux parties huileufes
& fulphureufes du
Vin , que nous avons laiffées
quelque tems dans l'eftomach
; elles en fortent enfin
mêlées avec le Chile , &
DE DECEMBRE.
ITS
fe comuniquét à leur tour, au
fang & au fuc nerveux : C'eft
alors,
que
la maffe
de l'une
& de l'autre
liqueur
s'épaiffit
, & fe
coagule
au point
,
qu'elles
ne peuvent
circuler
que
trés
lentement
. Or, c'eſt
la lenteur
de la
circulation
,
caufée
par
l'épaififfement
&
la coagulation
des
liqueurs
,
qui
eft la caufe
& le principe
de tous
les accidents
, du
fecond
& du
troifiéme
degré
de
l'yvreffe
.
Un homme peut donc fe
procurer la mort , foit par
l'excés d'abſtinence, foit par
celui d'intépérance ; & dans
ces deux cas qui paroiffent .
fi contraires , la mort & les
Kij
116 LE MERCURE
n'auront
différens accidens qui l'auront
précédée
qu'une feule & unique cau
fe ; à fçavoir , l'épaififfement
, & la coagulation des
liqueurs , le rallentiffement ,
& la ceffation totale de leur
cours circulaire dans la Machine
.
Il faut porter le même jugement
de toutes les Maladies
variées qui nous affiégent
.
Fiévres , Apoplexies , Paralyfies,
Rhumatifmes, Goutes
, Diffenteries , Afthmes ,
Pulmonies , Humeurs froides
, Epilepfies , & autres
Maladies quelconques , ne
font que des accidens vaDE
DECEMBRE.
17
Off
riés,qui procedent tous d'un
principe comun ; jeveuxdire ,
de l'épaififfemet de nos fucs,
& du ralentiffement de leur
circulation dans laMachine.
Un Reméde univerfel fera
donc celui , qui aura la
vertu de reftituer aufang &
aux autres liqueurs , la flui
dité qui leur eft néceffaire ;
pour fournir leur cours circulaire
, felon les vûës de la
Nature . Or , voila la vertu
que j'attribue à mon Eau :
Elle eft active , fluide & pénétrante
dans toutes fes parties.
Lorfqu'elle eft dans l'eftomac
, elle en perfectionne
les fucs , & les attenûë par
fon activité : Elle paffe enIIS
LE
MERCURE
fuite dans les
tuyaux des liqueurs
; elle y
communique
fa
fluidité , en
attenuant les
parties
coagulées
de leur
maffe : Elle
diffout les obftructions
qui
interceptoient
le paffage des fucs dans leurs.
tuyaux
, s'il y a érofion
dans
les
tuyaux : Elle a une vertu
balzamique qui
répare
cette
érofion . En un mot , .
je
prétend
que mon Eau eft
également
fouveraine
pour
toutes
fortes de
Maladies ;
& je le prétend , fur le fondement
des
expériences que
j'en ai
faittes ;
expériences
multipliées au
point de pe
pouvoir me
laiffer
aucun
doute :
Mais ,
tout ce que
DE DECEMBRE. 119
j'ai éprouvé de la vertu de
mon Reméde, ne prouve que
pour moi ; & le public ne
peut raifonnablement partager
ma confiance , qu'autant
qu'il aura êté témoin luimême
de fon efficacité . Or ,
je déclare qu'il ne tiendra
pas à moi, qu'il n'en ſoit fait
fous les yeux , des épreuves
folennelles
. J'ofe donc prendre
la liberté de dire aux
PRINCES & aux SoUVERAINS
, que rien n'eſt peutêtre
plus digne de leur attention
, que ce que je leur
propofe ; & que je m'engage
à guerir , à mes dépens ,
tous les malades qu'ils voudront
bien me confier : Bien
120 LE MERCURE
entendu , qu'on ne m'en livrera
qu'un feul à la fois , &
qu'on m'en laiffera abfolument
le Maître : Bien entendu
auffi , que ces Malades
ne feront dans aucun des
cas defefperés , pour lefquels
j'ai fait une exception expreffe
dans ce Mémoire . Je
ne ferar autre choſe , que de
leur faire boire de mon Eau ,
& d'en laver leurs playes :
J'en boirai moi - même autant
qu'eux , pour leur ôter
la crainte , qu'on voulût tenter
fur eux une experience
dangéreuſe. Je rendrai témoins
de ma conduite , toutes
les perfonnes intelligentes
qui me témoigneront en
avoir
:
DE DECEMBRE. 121
avoir la curiofité . On me
donnera un Certificat , atteſtant
l'êtat du Malade au
moment qu'il aura êté mis
entre mes mains ; & lorſqu'il
en fortira , on m'en donnera
un autre , qui fera foy du
changement que mon Reméde
aura fait en lui. Je ne
parle affûrément pas ici le
langage d'un Impofteur : On
fent bien que, fi je n'êtois vivement
perfuadé de ce que
j'avance , je ne m'aviſerois
pas de propofer à mes dépens
, une épreuve , dont le
mauvais fuccés ne pouroit
que détromper le Public fur
mon compte.Il ne reſte donc .
plus contre moi , que le
Décembre 1717. L
22 LE MERCURE
foupçon d'extravagance &
de fanatifme : Or , je protefte
que je pardonne fincerement
à ceux , qui fe feront
hâtés de me croire un Vifionnaire
; pourvû que , par
un orgueil mal -entendu , ils
ne refuſent pas de foûmettre
leur jugement aux experiences
que je propoſe.
Au refte, j'avertis que, je
ne vais chés aucun malade ,
& que je n'ai point l'honneur
d'être Médecin . Ceux
qui voudront effayer de mon
Eau , fe pafferont , s'il leur
plaît de moi Elle n'a pas
befoin , pour agir avec efficacité
, que je la fomme de
fon devoir, à la vue du MaDE
DECEMBRE. 123
lade : Elle agit à cent lieuës
de moi , comme fous mes
yeux . Je l'envoye hors du
Royaume ; elle ne fe corrompt
point ; & pourvû
qu'elle foit transferée dans
des bouteilles bien bouchées ,
elle portera toute la vertu au
bout du Monde .
Il eft bon de donner ici un
Mémoire abbregé , fur la maniére
dont il faut ufer de cette
Eau dans tous les cas.Nous commencerons
par les cas les plus
finguliers & les plus graves.
Pour l'Apoplexie. Il faut
chauffer l'Eau d'une chaleur
temperée , & en faire boire
coup fur coup au Malade ;
c'eſt - à - dire de moment à
Lij
124 LE MERCURE
autre , jufqu'à ce qu'il révienne
à fon bon fens : Ce
qui arrivera promptement ,
pourvû qu'on ne tente fur
lui aucun autre Reméde. Au
cas que le Malade foit hors
d'êtat d'avaler la liqueur , &
même, d'ouvrir la bouche ;
il faut la lui ouvrir avec une
cuilliere , lui en verfer doucement
avec un buberon , &
continuer de même, juſqu'à
ce qu'il foit en êtat d'en boire
en plus grande quantité ;
c'eft - à - dire 4 ou 5 bouteilles
, durant les deux ou trois
premiers jours , s'il eft poffible
; parce que la quantité
ne fauroit nuire.
Il eſt bon
d'obſerver que ,
DE DECEMBRE. 125
quoique le Malade faffe des
évacuations
fenfibles
en
prenant ce Reméde , il ne
doit pas pour cela diſcontinuer
d'en boire : Il faut prévenir
les impreffions
, que
cette Maladie fait d'ordinaire
dans le cerveau : Un
ufage continu de cette Eau
les empêchera
, auſſi bien
que tous les accidents de Paralyfie,
Ainfi , aprés avoir
fauvé les prémiers perils de
Apoplexie, par le moyen de
cette Eau , il faut continuer
en boire une bouteille
ou
deux , chaque jour , juſqu'à
parfaite guérifon
Les perfonnes qui font menacées
d'Apoplexie
, & qui
Liij
126 LE MERCURE
en éprouvent les fignes
avant- coureurs , comme , é
tourdiffemens , douleurs de tête
, laffitudes aux jambes , fe
garentiront de tous accidens
; en buvant de cette
Eau , une bouteille ou deux
par jour , jufqu'à parfaite .
guérifon.
Les perfonnes attaquées
de la Pefte , de la Fiévre maligne
, de la Pleuréfie , de la
Paralyfie fubite , uferont de
cette Eau , comme il a êté
expliqué pour l'Apoplexie.
Cette Eau guérit la Go
re ; pourvû qu'elle ne foit
pas podagre , & qu'elle n'ait
point formé de Nodus dans
les jointures des membres :
DE DECEMBRE. 127
car en ce cas , elle ne feroit
que foulager ; à moins qu'on
ne continuât d'en boire trés
long-tems . Mais , fi la Goute
n'eſt pas invetérée , elle
guérira en peu de jours : Il ne
faut pas omettre d'avertir ,
que la Goute remontée le guérit
en vingt - quatre heures ;
pourvû qu'on boive de mon
Eau abondament
& avec
continuité
. les Rhumatismes
& les Sciariques cédent à l'efficacité
de mon Eau, comme
la Goute.
On s'en fervira de même
pour la Démence, de quelqu'-
accidentqu'elle procéde, foit
Maladie,foit Chagrin, ſoit Accouchement.
Si le mal êtoit in-
L iiij
128 LE MERCURE
véteré , il en faudroit boire
durant quelque tems , environ
deux
Bouteilles par
jour.
On guérira auffi l'Hydropifie
, foit de poitrine , foit
de
quelqu'autre partie du
corps ; en buvant par jour ,
environ deux bouteilles de
cette Eau , juſqu'à parfaite
guérifon . Il en fera de même
des Exflures , qui auront
percé par quelqu'accident r
mais en ce cas , il faut faire
chauffer de cette Eau , en
baffiner la playe , & y mettre
des compreffes 4 fois en
heures . On ne
manquera
donc aucune Hydropifie ,
excepté celle qui fera caufée
24
DE DECEMBRE. 129
;
par un Squire pourvû encore
, que le foye ne ſoit point
ulceré car en ce cas , je ne
promets au Malade que du
foulagement, & non pas une
parfaite guérifon .
9
Pour l'Epilepfie , cette Eau
eft fouveraine. Il en faut boire
deux pintes ou plus par
jour , jufqu'à parfaite guérifon
: Pour les Enfans , on
leur en fera boire plus ou
moins , à proportion de leur
âge ; mais , il feroit bon que
tous les Epileptiques , fans diftinction
d'âge , en fiffent
leur boiffon ordinaire . Elle
guérira auffi les perfonnes
detout âge , attaquées de la
petite verole ; & les préferve130
LE MERCURE
.
ra de tous les accidens que
cette maladie traîne fouvent
à fa fuite : Il faut que le Malade
faffe de mon Eau , fa
boiffon ordinaire , juſqu'à
parfaite guérifon.
Toutes Coliques nefretiques
feront foulagées
ou autres ,
en deux ou trois heures de
tems , & entiérement gueries
en peu de jours ; à moins
que la Colique ne fut cauſée
par la Pierre.
Toutes les Diffenteries ou
Cours de ventre, guériront de
même : Si le Malade fouffre
des douleurs dans le ventre ,
il ne faut pas oublier de faire
tiédir l'Eau .
Les Pertes defang de filles,
DE DECEMBRE I31
ou de femmes , de quelque
caufe qu'elles puiffent venir;
la ceffation des Regles , dans
une âge où elles ne doivent
pas ceffer ; les fleurs blanches ,
de quelque caufe qu'elles
proviennent; la jauniffe, non
feulement des femmes, mais
des hommes ; les Fiévres , de
quelque nature qu'elles foyent;
les maux de Téte , Vapeurs
, ou Etourdiffemens ; les
Indigeftions, & Douleurs d'eftofoit
avant , foit aprés
le repas ; toutes les Maladies
veneriennes , de quelque nature
qu'elles foyent , guériront
par l'ufage de mon Eau.
Il en faudra ufer , comme il
a êté expliqué , & en contimac
132
LE MERCURE
nuer l'ufage plus ou moins
long- tems , fuivant le degré
ou la durée de la Maladie .
Cette Eau eft immanquable
pour la Surdité :
la Surdité : Il faut
pour cela la faire chauffer ,
en baffiner l'oreille dedans
& déhors , & mettre dans
l'oreille affligée , du coton
ou du linge trempé dans cette
Eau: Il faut en même tems,
que le Malade en boive une
bouteille ou plus par jour ,
& il guérira en affés peu de
tems , fi la violence de quelqu'autre
Reméde n'a point
offenfé ou brulé l'organe.
Elle eft un Reméde fouverain
pour les Ulceres , les
Chanchres , les Fiftules & HéDE
DECEMBRE. 133
morhoides : Elle guérira même
la Gangreine. Il faut non
feulement boire de mon
Eau , comme il a êté dit, pour
remédier à la caufe interne
de ces differens maux exterieurs
; mais il faut encore
en laver les parties offenſées ,
& les couvrir d'une compreffe
trempée , comme il à
déja êté expliqué.
Les Contufions , Meurtrifûres
& Brulûres , qui ne fuppofent
point une cauſe interne
, feront guéries , en lavant
feulement, & couvrant
d'une compreffe imbibée, la
partie malade.
Je voudrois pouvoir prévenir
par un détail plus êten134
LE MERCURE
du , toutes les queſtions que
les uns & les autres feront
tentés de me faire, aprés l'éclairciffement
général que
je donne ici ; mais ce Mémoire
n'eft déja que trop
long ; & d'ailleurs , les perfonnes
qui auront quelques
doutes , ou incertitudes àme
propofer , peuvent s'adreffer ·
directement à moi , j'aurai
l'honneur de les fatisfaire.Si
ces perfonnes ne demeurent
pas à Paris , elles
pouront
m'êcrire , en affranchiffant
leurs Lettres ; je répondrai
avec exactitude : Il faudra
adreffer les Lettres ..
A Monfieur de Villars ruë
Poiffonniere , quartier de NôtreDE
DECEMBRE. 135
Dame de Bonnes - Nouvelles.
A Paris.
éloge dans quelques
Mercures , la vertu des Eaux
de M. de Villars contre toute
forte de Maladies: Comme nous
n'en avonsppaarrlléé qquuee fort légerement
, c'est avec plaifir que
nous communiquons au Public
un Mémoire Phifique , raifonné
détaillé fur leurs qualités.
Nous le faifons d'autant plus
volontiers , que M. de Villars
nous l'a prefenté de trop
grace , & qu'il y exprime
d'une maniere trop fenfee , pour
qu'on foit tenté de le foupçonner
d'aucun Charlatanifm ?.
bonne
Hij
94 LE MERCURE
MEMOIRE
DU SIEUR DE VILLARS
Concernant une EAU de fa
compofition , qu'il qualifie
REME'DE UNIVERSEL.
J
A v fait annoncer dans
les Journaux de France ,
de Hollande , de Trévoux ,
& dans la clef du Cabinet
des Princes , une Eau falutaire
, que j'ai qualifiée Reméde
univerfel ; fur la foy
des expériences multipliées
que j'en ai faites , fur toutes
efpéces de Maladies indiftinctement
.
Elle eft claire , tranfpaDE
DECEMBRE.
95
Ires
ARS
SELE
Fice,
OUN
rente , légere , ſans dégoût ,
fans faveur qui puiffe accufer
la moindre compofition
,
& la faire diftinguer de
l'Eau de Fontaine, la plus pure
& la meilleure.
Toutes les maladies tant
externes qu'internes , de
quelque caufe qu'elles procédent
, cédent à l'efficacité
de cette Eau : On en boit
pour les unes & pour les autres
; & outre cela , on en
lave les Playes , les Meurtriffûres
, les Brulûres , les
Dartres , les Tumeurs , les
Loupes , & généralement ,
toutes les excrefcences & inflammations
, dans quelque
partie du corps qu'elles
96 LEMERCURE
fe trouvent & quelque
corruption qu'il y ait , foit
Gangrenne , foit Cancer ,
foit Ecroüelle , foit Vérole
, fut- ce la Pefte même :
Elle en arrête le progrés ,
& diffout infenfiblement
tous les venins qui les caufent
, ou qui les nouriffent :
Il n'y faut point d'autre façon
que d'en boire , & d'en
baffiner les parties offenfées,
en renouvellant les compreffes
, 3 ou 4 fois par jour.
Dans les Maladies aiguës ,il .
en faut boire fans difcōtinuation,
& ne point craindre que
l'excés en foit préjudiciable.
Pour les Maladies , dont
les fuites ne font , ni ſi précipitées
DE DECEMBRE. 97
cipitées ny fi dangéreuſes, il
fuffit d'en boire à trois tems
par jour ; le matin en fe levant
, aprés dîné , & avant
de fe coucher , environ chopine
à chaque fois .
On
peut la boire froide ;
il eft pourtant mieux de la
faire un peu tiédir,fur tout ,
lorfqu'on s'en fert , comme
Topique. La feignée , les
purgations, & les autres préparatifs
, qui font ordinairement
cortège aux fpécifiques
les plus accrédites de la
Medecine ordinaire , nonfeulement
font inutiles à
mon remede , mais ils y font
préjudiciables : J'ai remarqué
, que quand ce cérémo-
Décembre 1717. I
58 LE MERCURE
nial avoit précedé , la guerifon
n'en étoit que plus lente
& plus difficile.
Il fuffit d'un régime réglé
par la raifon , & non ,
par le fcrupule : On peut
boire & manger , comme à
fon ordinaire , fans fe gêner.
Il n'y a aucun fruit à tirer
de ces attentions fuperftitieufes
, fur le choix des alimens
, de ces retranchemens
fur leur quantité , de ces réformes
en un mot , qui ont
donné lieu au proverbe :
Vivere médicé , vivere miferé ,
S'il eft effentiel de boire
de mon Eau , dés le commencement
de la Maladie ;
il ne l'eſt pas moins de´n'en
DE DECEMBRE. 99
pas difcontinuer l'ufage ,
tant qu'on peut préfumer
que le levain du mal féjourne
encore dans le corps . 11
y a des gens qui fe croyent
parfaittement gueris , dés.
qu'on les a foulagés : Ils ne
reffentent plus de douleur ,
cela leur fuffit : Ils interrompent
le remede ; & de là ,
il arrive , je ne dis pas
toûjours,
mais, quelquefois, que
le Malade retombe . Alors, il
faut recommencer fur nouveaux
frais ; & l'on multiplie
une dépense qu'on fe
feroit épargnée , fi l'on eut
paffé d'abord par tous les
degrés de convalefcence.
J'ai fouvent éprouvé que les
I ij
335100
100 LE MERCURE
1
Malades refufoient à mon
Eau , l'honneur des guerifons
les plus inefperées. Ces
Malades accutumés aux remüements
violents des remédes
ordinaires ; aiment
mieux attribuer leur guerifon
à la feule nature , qu'à
une liqueur dont l'opération
eft pour l'ordinaire infenfible
, & qui ne produit
aucun de ces effets violents
& douloureux , auxquels
leur imagination eſt accoutumée
d'attacher la guerifon
.
Lorfque les Malades feront
dans le cas d'une Nature
affaiſée fous les ans , accablée
du poids des autres
੧ .
DE DECEMBRE. ION
ge
remédes , ruinée par des débauches
d'habitude, & prefque
éteinte , ou par l'invetération
du mal , ou par l'alteration
des Parties nobles ;
ils feront foulagés par l'uſade
mon Eau : Elle émouf
fera les douleurs dont elle
ne poura enlever la cauſe.
Voilà à quoi je borne la vertu
de mon reméde , dans ces
cas , pour ainfi dire , défefperés:
Quoique , j'en aye éprouvé
quelquefois dans ces
cas mêmes , des guerifons
prefque furnaturelles .
L'étalage de tant de miracles
, n'eſt affûrément pas
un moyen fort fûr de me faire
des Profélites ; c'eft en-
I iij.
102 LE MERCURE
tendre mal mes interrêts ,
que d'annoncer mon Eau ,
d'une maniére fi peu mefurée
à la croyance commune .
J'aurois dû reſtraindre fes
proprietez , à la guérifon de
certaines Maladies privilegiées
, & quin'attaquent ordinairement
que les Grands
& les Riches : La vente m'au
roit rendu davantage fous
cette couleur ; & par ces titres
, je fçay tout cela : Mais
je haïs tout artifice , & je
rend compte de la verité ,
fans m'embaraffer, s'il m'auroit
êté plus utile de la déguifer
.
Je crois qu'il eft à propos
d'éxaminer ici , s'il y a
DE DECEMBRE. 103
de l'abfurdité à croire, qu'un
feul & unique reméde puiffe
guerir indiftinctement
toutes fortes de Maladies.
On croit communément que
nos Maladies , qui fe produifent
par des fignes variés
& fouvent contraires ; . qui
nous caufent des douleurs
de differentes efpéces ; qui
attaquent differentes parties
denôtre Machine ; on croit ,
dis-je , que chacune de ces
Maladies a fa cauſe & fon
principe particulier : D'où
l'on conclut , que la Médecine
a raifon d'employer des
remédes de differens genres ,
dont chacun ait pour objet ,
fon opération particuliere.
I iiij
104
LE MERCURE
Ce
raifonnement paroît
invincible , à quiconque n'a
jamais foupçonné , que toutes
nos maladies ou infirmiquelques
differentes tés
qu'elles nous paroiffent,foyent
une feule & même maladie
, enviſagées dans leur
principe .
Mais , j'efpere de prouver
avec évidence , qu'il n'y
a qu'une feule & unique
caufe , principe commun de
toutes nos differentes maladies
: Aprés quoi , l'on concevra
, que fi j'ai trouvé un
Reméde, qui agiffe efficacement
fur cette caufe com
mune , ce Reméde doit être
univerfel. Je m'expliquerai
DE DECEMBRE.
IOS
le plus fuccinctement & le
plus clairement qu'il me fera
poffible.
La ftructure du Corps humain
eſt un tiffu de canaux
de differentes grandeurs ,
qui font remplis de fang &
d'autres liqueurs qui y circulent
avec continuité .
De toutes les liqueurs qui
parcourent la Machine humaine
, nous diſtinguerons
le fang qui coule dans les
Arteres & dans les Veines ;
& le Suc nerveux c'eſt-àdire
, la liqueur qui coule
dans les tuyaux des Nerfs.
Nous ne dirons rien en particulier,
de la Lymphe , de
la falive , de la Bile & au105
LE MERCURE
tres fucs , qui font , pour
ainfi dire , des excrémens
du fang ; excrément qu'il
dépofe dans des glandes , où
ils récoivent une filtration ;
aprés laquelle , ils circulent
eux mêmes dans les canaux
qui leur font deſtinés .
Tous les mouvemens du
Corps humain , ſa ſanté , fa .
vie , dépendent du mouvement
circulaire du ſang , &
de celui des autres liqueurs.
Le cours du fang eft le mobile
de celui des autres liqueurs.
A mefure que le fang &
les autres liqueurs circulent,
une certaine portion de leur
maffe fe diffipe par la tranfDE
DECEMBRE. 107
I
25
piration ; & cette perte ,
comme celle qui s'eft faite
par les déjections fenfibles ,
fe répare proportionellement
par les fucs alimentaires.
-
Si un homme , joüiffant
d'une fanté parfaite , s'avifoit
de s'interdire tous alimens
, durant deux jours ou
plus ; fon Corps tomberoit
dans la langueur , à mefure
que le befoin de réparer
la perte de la tranſpiration
& de l'évacuation fenfible
, croîtroit. Le cours des
liqueurs eft alors extrémément
rallenti ; la maffe du
fang s'épaiffit à melure
qu'elle a perdu par la tranf
>
f
108 LE MERCURE
piration , fes parties les plus
fluides , qui n'ont point êté
remplacées par les alimens ;
le fuc nerveux s'eſt épaiffi
de même ; en forte que n'ayant
plus cette fluidité , qui
donne l'action aux Nerfs J
la Machine tombe à la fin ,
dans une impuifface prefque
rotale d'agir fi l'on tarde
à fécourir nôtre homme >
dans l'êtat où nous le fuppofons
: Bientôt le cours des
fiqueurs ceffera entierement ;
& ce qui veut dire la même
chofe , bientôt nôtre
homme mourra .
La fanté de l'homme que
nous venons de propofer
pour exemple , confiftoit
DE DECEMBRE. 100
dans la circulation parfaite
de fes liqueurs.
Sa
Maladie avoit pour
caufe , le rallentiſſement
de
cette circulation
.
Sa mort enfin , ne fera
caufée que par la ceffation
totale du cours de ces mêmes
liqueurs.
Nous avons donné pour
caufe du rallentiffement du
cours circulaire des liqueurs,
l'épaififfement & la coagulation
de leur maffe.
lon-
L'épaifiſſement & la coagulation
des liqueurs , peut
donc venir d'une trop
gue abftinence comme
dans l'exemple propofé
Mais , elle peut venir auſſi
›
:
110 LE MERCURE
d'une exceffive
intemperance
: C'est ce que nous allons
prouver par un nouvel
exemple .
Un homme joüiffant d'une
fanté parfaite , fe rend ſubitement
& volontairement
malade , en buvant des liqueurs
enyvrantes. Examinons
avec attention , ce qui ·
lui arrive dans les différents
degrés de l'yvreffe.
Dans le premier degré ,
il éprouve un fentiment joyeux
; il penſe avec liberté
& s'exprime avec grace :
Dans le fecond degré , fa
joye fe rallentit ; il penfe
confufément & s'exprime
difficillement : Dans le troiDE
DECEMBRE. III
a
fiéme enfin , il balbutie , au
point qu'on peut à peine
l'entendre . Il à la tête fi peſante,
qu'il ne peut la foûtenir
: Effaye - t - il de fe tenir
deboût , le voilà qui tombe
par terre , & qui y demeure
plongé dans un fommeil
apoplectique ?
Le Vin a produit fucceffivément
tous ces effets ; en
augmentant d'abord , & rallentiffant
enfuite , la circulation
du fang & du fuc nerveux
; ou ce qui veut dire
la même chofe , en augmentant
d'abord la fluidité , &
caufant aprés , l'épaififfement
de la maffe des liqueurs
.
112 LE MERCURE
Mais , comment le Vin
a-t-il pu caufer deux effets
auffi contraires : Le voici.
Il y a dans le Vin , dans
l'Eau-de-Vie , & autres liqueurs
enyvrantes ,des particules
extremément fluides ,
1
actives & pénétrantes ; mais,
ces parties extremément fluides
, y font mêlées avec une
huile glutineufe & un ſoufre
, qui ont , comme l'on
voit , une qualité contraire .
Lorſque le Vin eſt arrivé
dans l'eſtomac , les parties
les plus fluides de ce
mixte , fe féparent des parties
huileufes & fulphureufes
; & fe communiquent
promtement au ſang , & au
fuc
DE DECEMBRE 137
fuc nerveux , dont elles
augmentent
la fluidité , & hatent
le cours circulaire . Voilà
la raison de cette joye
que l'on éprouve dans le premier
degré de l'yvreffe.
Laiffons féjourner quelque
tems dans l'eftomac , les'
parties huileufes & fulphureufes
du Vin ; nous reviendrons
à elles , aprés avoir
examiné l'action des parties
fluides & pénétrantes
, qui
s'en font féparées , & qui
circulent dans la malle du
fang & du fuc nerveux.
Les parties les plus fluides
& les plus pénétrantes du
Vin, ne peuvent refter longtems
dans le corps : Non
K
114 LE MERCURE
feulement , elles s'échapent
abondamment par la tranfpiration
; mais en circulant
rapidement avec la maſſe du
fang, elles entraînent & diffipent
par la même voye, celles
du même caractére , qui
êtoient déja dans le fang &
dans le fuc nerveux ; aprés
quoi , il arrive néceffairement
, que la maffe de l'une
& de l'autre liqueur s'êpaiffit
, & que leur circulation
fe ralentit.
Revenons aux parties huileufes
& fulphureufes du
Vin , que nous avons laiffées
quelque tems dans l'eftomach
; elles en fortent enfin
mêlées avec le Chile , &
DE DECEMBRE.
ITS
fe comuniquét à leur tour, au
fang & au fuc nerveux : C'eft
alors,
que
la maffe
de l'une
& de l'autre
liqueur
s'épaiffit
, & fe
coagule
au point
,
qu'elles
ne peuvent
circuler
que
trés
lentement
. Or, c'eſt
la lenteur
de la
circulation
,
caufée
par
l'épaififfement
&
la coagulation
des
liqueurs
,
qui
eft la caufe
& le principe
de tous
les accidents
, du
fecond
& du
troifiéme
degré
de
l'yvreffe
.
Un homme peut donc fe
procurer la mort , foit par
l'excés d'abſtinence, foit par
celui d'intépérance ; & dans
ces deux cas qui paroiffent .
fi contraires , la mort & les
Kij
116 LE MERCURE
n'auront
différens accidens qui l'auront
précédée
qu'une feule & unique cau
fe ; à fçavoir , l'épaififfement
, & la coagulation des
liqueurs , le rallentiffement ,
& la ceffation totale de leur
cours circulaire dans la Machine
.
Il faut porter le même jugement
de toutes les Maladies
variées qui nous affiégent
.
Fiévres , Apoplexies , Paralyfies,
Rhumatifmes, Goutes
, Diffenteries , Afthmes ,
Pulmonies , Humeurs froides
, Epilepfies , & autres
Maladies quelconques , ne
font que des accidens vaDE
DECEMBRE.
17
Off
riés,qui procedent tous d'un
principe comun ; jeveuxdire ,
de l'épaififfemet de nos fucs,
& du ralentiffement de leur
circulation dans laMachine.
Un Reméde univerfel fera
donc celui , qui aura la
vertu de reftituer aufang &
aux autres liqueurs , la flui
dité qui leur eft néceffaire ;
pour fournir leur cours circulaire
, felon les vûës de la
Nature . Or , voila la vertu
que j'attribue à mon Eau :
Elle eft active , fluide & pénétrante
dans toutes fes parties.
Lorfqu'elle eft dans l'eftomac
, elle en perfectionne
les fucs , & les attenûë par
fon activité : Elle paffe enIIS
LE
MERCURE
fuite dans les
tuyaux des liqueurs
; elle y
communique
fa
fluidité , en
attenuant les
parties
coagulées
de leur
maffe : Elle
diffout les obftructions
qui
interceptoient
le paffage des fucs dans leurs.
tuyaux
, s'il y a érofion
dans
les
tuyaux : Elle a une vertu
balzamique qui
répare
cette
érofion . En un mot , .
je
prétend
que mon Eau eft
également
fouveraine
pour
toutes
fortes de
Maladies ;
& je le prétend , fur le fondement
des
expériences que
j'en ai
faittes ;
expériences
multipliées au
point de pe
pouvoir me
laiffer
aucun
doute :
Mais ,
tout ce que
DE DECEMBRE. 119
j'ai éprouvé de la vertu de
mon Reméde, ne prouve que
pour moi ; & le public ne
peut raifonnablement partager
ma confiance , qu'autant
qu'il aura êté témoin luimême
de fon efficacité . Or ,
je déclare qu'il ne tiendra
pas à moi, qu'il n'en ſoit fait
fous les yeux , des épreuves
folennelles
. J'ofe donc prendre
la liberté de dire aux
PRINCES & aux SoUVERAINS
, que rien n'eſt peutêtre
plus digne de leur attention
, que ce que je leur
propofe ; & que je m'engage
à guerir , à mes dépens ,
tous les malades qu'ils voudront
bien me confier : Bien
120 LE MERCURE
entendu , qu'on ne m'en livrera
qu'un feul à la fois , &
qu'on m'en laiffera abfolument
le Maître : Bien entendu
auffi , que ces Malades
ne feront dans aucun des
cas defefperés , pour lefquels
j'ai fait une exception expreffe
dans ce Mémoire . Je
ne ferar autre choſe , que de
leur faire boire de mon Eau ,
& d'en laver leurs playes :
J'en boirai moi - même autant
qu'eux , pour leur ôter
la crainte , qu'on voulût tenter
fur eux une experience
dangéreuſe. Je rendrai témoins
de ma conduite , toutes
les perfonnes intelligentes
qui me témoigneront en
avoir
:
DE DECEMBRE. 121
avoir la curiofité . On me
donnera un Certificat , atteſtant
l'êtat du Malade au
moment qu'il aura êté mis
entre mes mains ; & lorſqu'il
en fortira , on m'en donnera
un autre , qui fera foy du
changement que mon Reméde
aura fait en lui. Je ne
parle affûrément pas ici le
langage d'un Impofteur : On
fent bien que, fi je n'êtois vivement
perfuadé de ce que
j'avance , je ne m'aviſerois
pas de propofer à mes dépens
, une épreuve , dont le
mauvais fuccés ne pouroit
que détromper le Public fur
mon compte.Il ne reſte donc .
plus contre moi , que le
Décembre 1717. L
22 LE MERCURE
foupçon d'extravagance &
de fanatifme : Or , je protefte
que je pardonne fincerement
à ceux , qui fe feront
hâtés de me croire un Vifionnaire
; pourvû que , par
un orgueil mal -entendu , ils
ne refuſent pas de foûmettre
leur jugement aux experiences
que je propoſe.
Au refte, j'avertis que, je
ne vais chés aucun malade ,
& que je n'ai point l'honneur
d'être Médecin . Ceux
qui voudront effayer de mon
Eau , fe pafferont , s'il leur
plaît de moi Elle n'a pas
befoin , pour agir avec efficacité
, que je la fomme de
fon devoir, à la vue du MaDE
DECEMBRE. 123
lade : Elle agit à cent lieuës
de moi , comme fous mes
yeux . Je l'envoye hors du
Royaume ; elle ne fe corrompt
point ; & pourvû
qu'elle foit transferée dans
des bouteilles bien bouchées ,
elle portera toute la vertu au
bout du Monde .
Il eft bon de donner ici un
Mémoire abbregé , fur la maniére
dont il faut ufer de cette
Eau dans tous les cas.Nous commencerons
par les cas les plus
finguliers & les plus graves.
Pour l'Apoplexie. Il faut
chauffer l'Eau d'une chaleur
temperée , & en faire boire
coup fur coup au Malade ;
c'eſt - à - dire de moment à
Lij
124 LE MERCURE
autre , jufqu'à ce qu'il révienne
à fon bon fens : Ce
qui arrivera promptement ,
pourvû qu'on ne tente fur
lui aucun autre Reméde. Au
cas que le Malade foit hors
d'êtat d'avaler la liqueur , &
même, d'ouvrir la bouche ;
il faut la lui ouvrir avec une
cuilliere , lui en verfer doucement
avec un buberon , &
continuer de même, juſqu'à
ce qu'il foit en êtat d'en boire
en plus grande quantité ;
c'eft - à - dire 4 ou 5 bouteilles
, durant les deux ou trois
premiers jours , s'il eft poffible
; parce que la quantité
ne fauroit nuire.
Il eſt bon
d'obſerver que ,
DE DECEMBRE. 125
quoique le Malade faffe des
évacuations
fenfibles
en
prenant ce Reméde , il ne
doit pas pour cela diſcontinuer
d'en boire : Il faut prévenir
les impreffions
, que
cette Maladie fait d'ordinaire
dans le cerveau : Un
ufage continu de cette Eau
les empêchera
, auſſi bien
que tous les accidents de Paralyfie,
Ainfi , aprés avoir
fauvé les prémiers perils de
Apoplexie, par le moyen de
cette Eau , il faut continuer
en boire une bouteille
ou
deux , chaque jour , juſqu'à
parfaite guérifon
Les perfonnes qui font menacées
d'Apoplexie
, & qui
Liij
126 LE MERCURE
en éprouvent les fignes
avant- coureurs , comme , é
tourdiffemens , douleurs de tête
, laffitudes aux jambes , fe
garentiront de tous accidens
; en buvant de cette
Eau , une bouteille ou deux
par jour , jufqu'à parfaite .
guérifon.
Les perfonnes attaquées
de la Pefte , de la Fiévre maligne
, de la Pleuréfie , de la
Paralyfie fubite , uferont de
cette Eau , comme il a êté
expliqué pour l'Apoplexie.
Cette Eau guérit la Go
re ; pourvû qu'elle ne foit
pas podagre , & qu'elle n'ait
point formé de Nodus dans
les jointures des membres :
DE DECEMBRE. 127
car en ce cas , elle ne feroit
que foulager ; à moins qu'on
ne continuât d'en boire trés
long-tems . Mais , fi la Goute
n'eſt pas invetérée , elle
guérira en peu de jours : Il ne
faut pas omettre d'avertir ,
que la Goute remontée le guérit
en vingt - quatre heures ;
pourvû qu'on boive de mon
Eau abondament
& avec
continuité
. les Rhumatismes
& les Sciariques cédent à l'efficacité
de mon Eau, comme
la Goute.
On s'en fervira de même
pour la Démence, de quelqu'-
accidentqu'elle procéde, foit
Maladie,foit Chagrin, ſoit Accouchement.
Si le mal êtoit in-
L iiij
128 LE MERCURE
véteré , il en faudroit boire
durant quelque tems , environ
deux
Bouteilles par
jour.
On guérira auffi l'Hydropifie
, foit de poitrine , foit
de
quelqu'autre partie du
corps ; en buvant par jour ,
environ deux bouteilles de
cette Eau , juſqu'à parfaite
guérifon . Il en fera de même
des Exflures , qui auront
percé par quelqu'accident r
mais en ce cas , il faut faire
chauffer de cette Eau , en
baffiner la playe , & y mettre
des compreffes 4 fois en
heures . On ne
manquera
donc aucune Hydropifie ,
excepté celle qui fera caufée
24
DE DECEMBRE. 129
;
par un Squire pourvû encore
, que le foye ne ſoit point
ulceré car en ce cas , je ne
promets au Malade que du
foulagement, & non pas une
parfaite guérifon .
9
Pour l'Epilepfie , cette Eau
eft fouveraine. Il en faut boire
deux pintes ou plus par
jour , jufqu'à parfaite guérifon
: Pour les Enfans , on
leur en fera boire plus ou
moins , à proportion de leur
âge ; mais , il feroit bon que
tous les Epileptiques , fans diftinction
d'âge , en fiffent
leur boiffon ordinaire . Elle
guérira auffi les perfonnes
detout âge , attaquées de la
petite verole ; & les préferve130
LE MERCURE
.
ra de tous les accidens que
cette maladie traîne fouvent
à fa fuite : Il faut que le Malade
faffe de mon Eau , fa
boiffon ordinaire , juſqu'à
parfaite guérifon.
Toutes Coliques nefretiques
feront foulagées
ou autres ,
en deux ou trois heures de
tems , & entiérement gueries
en peu de jours ; à moins
que la Colique ne fut cauſée
par la Pierre.
Toutes les Diffenteries ou
Cours de ventre, guériront de
même : Si le Malade fouffre
des douleurs dans le ventre ,
il ne faut pas oublier de faire
tiédir l'Eau .
Les Pertes defang de filles,
DE DECEMBRE I31
ou de femmes , de quelque
caufe qu'elles puiffent venir;
la ceffation des Regles , dans
une âge où elles ne doivent
pas ceffer ; les fleurs blanches ,
de quelque caufe qu'elles
proviennent; la jauniffe, non
feulement des femmes, mais
des hommes ; les Fiévres , de
quelque nature qu'elles foyent;
les maux de Téte , Vapeurs
, ou Etourdiffemens ; les
Indigeftions, & Douleurs d'eftofoit
avant , foit aprés
le repas ; toutes les Maladies
veneriennes , de quelque nature
qu'elles foyent , guériront
par l'ufage de mon Eau.
Il en faudra ufer , comme il
a êté expliqué , & en contimac
132
LE MERCURE
nuer l'ufage plus ou moins
long- tems , fuivant le degré
ou la durée de la Maladie .
Cette Eau eft immanquable
pour la Surdité :
la Surdité : Il faut
pour cela la faire chauffer ,
en baffiner l'oreille dedans
& déhors , & mettre dans
l'oreille affligée , du coton
ou du linge trempé dans cette
Eau: Il faut en même tems,
que le Malade en boive une
bouteille ou plus par jour ,
& il guérira en affés peu de
tems , fi la violence de quelqu'autre
Reméde n'a point
offenfé ou brulé l'organe.
Elle eft un Reméde fouverain
pour les Ulceres , les
Chanchres , les Fiftules & HéDE
DECEMBRE. 133
morhoides : Elle guérira même
la Gangreine. Il faut non
feulement boire de mon
Eau , comme il a êté dit, pour
remédier à la caufe interne
de ces differens maux exterieurs
; mais il faut encore
en laver les parties offenſées ,
& les couvrir d'une compreffe
trempée , comme il à
déja êté expliqué.
Les Contufions , Meurtrifûres
& Brulûres , qui ne fuppofent
point une cauſe interne
, feront guéries , en lavant
feulement, & couvrant
d'une compreffe imbibée, la
partie malade.
Je voudrois pouvoir prévenir
par un détail plus êten134
LE MERCURE
du , toutes les queſtions que
les uns & les autres feront
tentés de me faire, aprés l'éclairciffement
général que
je donne ici ; mais ce Mémoire
n'eft déja que trop
long ; & d'ailleurs , les perfonnes
qui auront quelques
doutes , ou incertitudes àme
propofer , peuvent s'adreffer ·
directement à moi , j'aurai
l'honneur de les fatisfaire.Si
ces perfonnes ne demeurent
pas à Paris , elles
pouront
m'êcrire , en affranchiffant
leurs Lettres ; je répondrai
avec exactitude : Il faudra
adreffer les Lettres ..
A Monfieur de Villars ruë
Poiffonniere , quartier de NôtreDE
DECEMBRE. 135
Dame de Bonnes - Nouvelles.
A Paris.
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