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p. 40-50
LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
Début :
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide [...]
Mots clefs :
Rois, Dieux, Dieu, Naissance du duc de Bourgogne, Terre, Enfant, Trône, Ange, Vertus
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texteReconnaissance textuelle : LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
ODE
A Sa Majesté, le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld,
Conseiller de Légation de Sa Majeste, &
Membre de l'Académie Royale des Sciences
& Belles-Lettres de Prusse.
......... Tu Lodoicus eris.
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide
Dépoje a o pies jes écrits
Daignez favoriser l'audace qui me guide,
Digires b.0O
JANVIER. 1752.
41
Et qu' un de vos regards de mes vers soit le prix!
Quand l'Ange des Francois plein d'une ardeur tro
juste
Pour le Fils des Bourbous un former wus les voela,
Un seal les réunit, qu'il soit un autre Auguste!
Et nous n' aurons plus rien à demander aux Dicur.
en.
Cet astre radieux qu'une clatté (*) premiere
Annonçoit par ses feux naissans
Tel qu'un Dieu qui domine en sa vaste carriere
Se leve & darde ensin ses rayons tout puissans;
La Terre à son aspect tressaille d'allégresse,
Le Démon de la nuit rentre dans les enfers:
Et des jeux caressans la troupe enchanteresse
Revient de sa présence embellir l'Univers.
Franco, ainsi cet Enfant, le présent du Ciel même
Qu'il accorde à tes longs désirs
Vient remplir tes climats de sa splendeur suprême,
Et fixer dans ton sein la paix & les plaisira
Sur son divin berceau la flateuse espérance
Déja laisse tomber ses regards amoureux
Le Destin lui sourit, & l'Ange de la France
Comblé des dons du Ciel, lui porte encor ses
vœux.
(*) Madame, sour de Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Disirad hi0
CE MERCURE DE FRANCE.
Ane du grand Rousseau, du sublime Empirée
Où te couronnent les Talens
Abandonnie pour moi la demeure sacrée,
Viens me préter ta flamme & tes nobles élans,
Dans des vers immortels que je puisse redire
Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu me révéler
Peuples, Rois, écoutez, c'est ce Dieu qui m'ins-
pire,
L'Ange même des lis par ma voix va patler.
»Grands Dieux (*) que jusqu'à vous l'humble &
„sainte priere
»Monte dans les flots de l'encens !
» Qe d'un Peuple enchanté, que de la France
„entiere
»S'élevent à vos pieds les cris reconnoissans !
»L'Héritier des Bourbons est votre auguste ou-
„vrage,
»Déja ses traits naissans décélent sa grandeur
»Mais ce n'est point asses, Dieux! qu'il soit votre
»image
(*) Personne ne doit ignorer que dans la hau-
te Poësie, Minerve ne veut signifier que la sagesse
qu'en un mot on entend par les Dieux & les im-
mortels, les anges & les esprits célestes. L'écriture
même en parlant de Dieu se sert de l'expression
de Dieu des Dieux.
JANVIER.
1752.
45
nSi vous ne l'échauffez d'une céleste ardeur.
wVenez, descendez tous dans l'azur d'un nuage,
»Sur ce berceau si glorieux,
»Qu'autour de cet Enfant votre cœur se partage,
»Qu'il confonde sur lui tous les rayons des Dieux!
» Quand vous voulez donner des Maîtres à la
terre
»Pout former cet ouvrage est-ce trop de vous
»tous?
»Suffit- il que leur bras soit armé du tonnerre,
»C'est la seule vertu qui les met près de vous
»Minerve, hâte toi; de ta divine Egide
» Viens couvrir cet auguste Enfant,
„ Que son premier regard s'attache sur le guide
»Qui doit le soutenir de son bras triomphant!
„ Ne t'écarte jamais de ses traces brillantes
Dans l'hotreur des combats cours, vole à son
»côté;
»Mais par d'autres chemins que les routes san-
„ glantes
» Qu'il s'éleve au sejour de l'immortalité !-
DEsprits même des Dieux, Enfans de la Déesse,
*Beaux arts, entourez son Berceau !
nA ses yeux que le jour offense encore & blesse,
44 MERCUREDEFRANCE.
»Faites déja briller votre immortel flambeau.
„Des vertus dans son sein r épandez les semences,
„ Vous êtes des vertus & l'oracle & l'appui,
»Réunissez vos dons, que vos trésois immenses
»Comme autant de torrens aillent se perdre en
» lui !
» Par vous il apprendra que ces Mastres du monde
»Ne sout dignes de leur éclat
» Que lorsque leur grandeur est la fource féconde
» D'où jaillisse la vie & le bien de l'Etat;
» Que ces Rois qui de sang & de combats avides,
»Font gémir & pleurer la tendre humanité,
»Verront leurs noms pareils à des vapeurs hu-
» mides
» Se dissiper au jour dunt luit la vérité.
Il sçaura pour le pauvre & l'orphelin timide,
» Pour les malheureux éplorés,
»Que les marches d'un trône où l'équité réside
»D'un salutaire autel sont autant de degrés;
„Il sçaura que sa main doit essuyer leurs larmes,
* Qu'un Roi n'est vraiment grand qu'autant qu'il
» est aimé;
„ Que de noms envolés avec le bruit des armes!
»Et du nom de Titus l'univers est charmé.
N
JANVIER.
1752.
45
„Il sçaura que la terre & lui-même ont un mai-
»tre,
„ Devant qui les Rois ne sont rien,
»Qu'il est un Dieu vengeur que tout doit recon,
»noitre,
„De cent mondes divers & l'ame & le soutien;
»Qu'à ce juge éternel tous les Rois sont comp-
ntables
»Des maux comme des biens de leur Trône
»émanés
»Qu'ensin si tous ses pas ne sont point équitables,
„Dans la nuit de la mort il seront entrainés.
» Sous vos ailes ainsi son Enfance chérie
»Comme un beau lys s'élevera,
»Et cette tendre fleur bien loin d'être flétrie
»En un fruit nourrissant par vous se changera.
„Tel un jeune Tilleul l'amour de la nature
„ Qu'un ruisseau bienfaisant abbreuve de ses eaux,
„ Voit tous les jours son front s'enrichir de ver-
„dure
nEt son tronc se répandre en d'utiles rameaux.
N
»Que de sa propre main, Beaux-Arts, il vous
»couronne
„ Près de lui qu'il vous fasse asseoir
»Comie les ornemens & la gloire du Trone,
46 MERCURE DE FRANCE.
» Le germe des vertus & le sceau du pouvoit !
„Louis du monde entier a mérité l'hommage
„En répandant sur vous ses généreux bienfaits,
»Et les vers de Corneille ont illustré son age
„Autant que la splendeur qu'il dut à ses hauts
» faits.
Ne viens point à ses piés, perside calomnie,
„ Soufflet tes feux & tes poisons
„ Dans sa naifsante aurore obscurcit le génie
„ Qui perce tôt ou tard, & darde ses rayons;
»Qu'assis au même rang de Virgile & d'Horace
»Ovide chante Auguste, & son régne immortel;
»La terre au Triumvir sans doute auroit fait
» grace,
„Si le Maître d'Ovide eut été moins cruel.
»Et vous, lâches flatteurs, vous corrupteurs in-
„fâmes
»La honte & l'opprobre des Rois,
»Vous qui portez l'orgueil & la mort dans leurs
»ames,
u Créateurs des Tytans, & destructeurs des loix,
„Fuyez, que le mensonge & la vile imposture
»N'exhalent point ici leur souffle empoisonneur
»Fuyez, n'infectez point une source aussi pure;
ed by G
1752.
JANVIER.
47
„Que l'univers entier y puise son bo iheus
Toi, sainte Vérité, ne crains point sa présence,
„ Et n'écarte pas ton flambeau,
» Toujours, pour qu'il mérite & régle sa puis-
»lance
» Des foiblesses des Rois offre lui le tableau;
»Quand il sçaura porter le sacré Diadême
»Pat un éloge libre ose l'encourager;
»S'il en pouvoit jamais ternir l'éclat suprême,
»Sans adoucir tes traits ose le corriger.
„ En lui faisant aimer cette fille céleste,
»L'immortelle Religion,
»Que sa raison démasque, & que son cœur dé-
po teste
»Le premier des Tyrans, la superstition;
„ Qu'il contemple les maux dont sa trace est
»suivie,
„ Les femmes, les vieillards, les enfaus immolés,
„Les Rois mêmes tombant sous son audace impie,
»Tous les crimes divers de son sein exhalés.
„Qu'il se souvienne enfin qu'étant ce que nous
» sommes,
„Comme nous soumis aux malheurs,
Mes
48 MERCURE DEFRANCE.
„ Autant humiliés que le dernier des hommes-
»Les Rois peuvent du sort épuiser les rigueurs
nMais le Monarque alors déployant sa grande
»ame
» Se met par sa constance au-dessus de l'humain
„ C'est alors qu'il, est Roi, que sa vertu s'enslam-
»me
n Maîttise la fortune & confond le destin.
25
nAinsi le Grand Louis trahi par la victoire,
»A vu le destin irrité
» Disputer à sou front le siège de la Gloire,
„ Ce laurier immortel qu'il avoit mérité.
nEn vain le sort jaloux vieut jusques sur le Trone,
wVient jusques dans ses bras lui ravir ses enfans,
„Aux fléaux conjurés dont l'horreur l'environne,
»Louis oppose encot les regards triomphans.
nOdivine amitié, flamme pure & sacrée
»Que ressentent si peu les Rois
»Transport de la belle ame aux vertus consa-
»crée
»Doux alimens des cours qui chérissent tes loix,
nAu nouveau Marcellus fais gouter tous tes
»charmes,
nA se remplir le cœeur de ses cheres allarmes
Qu'il
by Goo
JANVIER. 1752.
49
Qu'il connoisse en un mot la douceur de pleurer !
„Pour épuiser vos dons, sous les traits de sa
»mere,
„O! Dieux, puisse-t- il receler,
„La solide grandeur & l'ame de son pere;
»Petit fils de Lovis puisse- t- il l'égaler !
„ Mais conservez l'Ayeul votre image fidéle,
„Qu'il vive, s'il se peut, autant que ses bienfaits!
uQue cet enfant des Rois ait toujours un mo-
dele
»Digne du trône, ensin qu'il n'y monte jamais !
L'Ange dit, & soudain un sillon de lumiere
Entr'ouvre l'Olimpe éclairé
La Gloire qui des cieux traverse la carriere,
Couronne le berceau de son laurier sacté;
Sur ce front qui déja sourit à la déesse,
L'enfant reçoit l'éclat d'un immortel rayon.
Le Français s'applaudit transporté d'allégresse
Et plein d'un doux espoir, il attend un Bour-
bon.
N8
Digne fils de * Louis, à qui ta race antique
Doit ce rejetton, son appui,
Monseigneur le Dauphin.
C
II. Vol
Digistrss yL0
50 MERCURE DE FRANCE.
Lis ces vers ajoutés à l'offrande publique
Que la France à tes piés va porter aujourd'hui;:
Comme Français. ma voix a du se faire en-
tendre
Quand du sang des Bourbons le cours est aug.
menté
Comme sage encor plus, il ne peut trop s'éten,
dre
Pour le bien de la terre, & de l'humanité.
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
ODE
A Sa Majesté, le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld,
Conseiller de Légation de Sa Majeste, &
Membre de l'Académie Royale des Sciences
& Belles-Lettres de Prusse.
......... Tu Lodoicus eris.
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide
Dépoje a o pies jes écrits
Daignez favoriser l'audace qui me guide,
Digires b.0O
JANVIER. 1752.
41
Et qu' un de vos regards de mes vers soit le prix!
Quand l'Ange des Francois plein d'une ardeur tro
juste
Pour le Fils des Bourbous un former wus les voela,
Un seal les réunit, qu'il soit un autre Auguste!
Et nous n' aurons plus rien à demander aux Dicur.
en.
Cet astre radieux qu'une clatté (*) premiere
Annonçoit par ses feux naissans
Tel qu'un Dieu qui domine en sa vaste carriere
Se leve & darde ensin ses rayons tout puissans;
La Terre à son aspect tressaille d'allégresse,
Le Démon de la nuit rentre dans les enfers:
Et des jeux caressans la troupe enchanteresse
Revient de sa présence embellir l'Univers.
Franco, ainsi cet Enfant, le présent du Ciel même
Qu'il accorde à tes longs désirs
Vient remplir tes climats de sa splendeur suprême,
Et fixer dans ton sein la paix & les plaisira
Sur son divin berceau la flateuse espérance
Déja laisse tomber ses regards amoureux
Le Destin lui sourit, & l'Ange de la France
Comblé des dons du Ciel, lui porte encor ses
vœux.
(*) Madame, sour de Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Disirad hi0
CE MERCURE DE FRANCE.
Ane du grand Rousseau, du sublime Empirée
Où te couronnent les Talens
Abandonnie pour moi la demeure sacrée,
Viens me préter ta flamme & tes nobles élans,
Dans des vers immortels que je puisse redire
Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu me révéler
Peuples, Rois, écoutez, c'est ce Dieu qui m'ins-
pire,
L'Ange même des lis par ma voix va patler.
»Grands Dieux (*) que jusqu'à vous l'humble &
„sainte priere
»Monte dans les flots de l'encens !
» Qe d'un Peuple enchanté, que de la France
„entiere
»S'élevent à vos pieds les cris reconnoissans !
»L'Héritier des Bourbons est votre auguste ou-
„vrage,
»Déja ses traits naissans décélent sa grandeur
»Mais ce n'est point asses, Dieux! qu'il soit votre
»image
(*) Personne ne doit ignorer que dans la hau-
te Poësie, Minerve ne veut signifier que la sagesse
qu'en un mot on entend par les Dieux & les im-
mortels, les anges & les esprits célestes. L'écriture
même en parlant de Dieu se sert de l'expression
de Dieu des Dieux.
JANVIER.
1752.
45
nSi vous ne l'échauffez d'une céleste ardeur.
wVenez, descendez tous dans l'azur d'un nuage,
»Sur ce berceau si glorieux,
»Qu'autour de cet Enfant votre cœur se partage,
»Qu'il confonde sur lui tous les rayons des Dieux!
» Quand vous voulez donner des Maîtres à la
terre
»Pout former cet ouvrage est-ce trop de vous
»tous?
»Suffit- il que leur bras soit armé du tonnerre,
»C'est la seule vertu qui les met près de vous
»Minerve, hâte toi; de ta divine Egide
» Viens couvrir cet auguste Enfant,
„ Que son premier regard s'attache sur le guide
»Qui doit le soutenir de son bras triomphant!
„ Ne t'écarte jamais de ses traces brillantes
Dans l'hotreur des combats cours, vole à son
»côté;
»Mais par d'autres chemins que les routes san-
„ glantes
» Qu'il s'éleve au sejour de l'immortalité !-
DEsprits même des Dieux, Enfans de la Déesse,
*Beaux arts, entourez son Berceau !
nA ses yeux que le jour offense encore & blesse,
44 MERCUREDEFRANCE.
»Faites déja briller votre immortel flambeau.
„Des vertus dans son sein r épandez les semences,
„ Vous êtes des vertus & l'oracle & l'appui,
»Réunissez vos dons, que vos trésois immenses
»Comme autant de torrens aillent se perdre en
» lui !
» Par vous il apprendra que ces Mastres du monde
»Ne sout dignes de leur éclat
» Que lorsque leur grandeur est la fource féconde
» D'où jaillisse la vie & le bien de l'Etat;
» Que ces Rois qui de sang & de combats avides,
»Font gémir & pleurer la tendre humanité,
»Verront leurs noms pareils à des vapeurs hu-
» mides
» Se dissiper au jour dunt luit la vérité.
Il sçaura pour le pauvre & l'orphelin timide,
» Pour les malheureux éplorés,
»Que les marches d'un trône où l'équité réside
»D'un salutaire autel sont autant de degrés;
„Il sçaura que sa main doit essuyer leurs larmes,
* Qu'un Roi n'est vraiment grand qu'autant qu'il
» est aimé;
„ Que de noms envolés avec le bruit des armes!
»Et du nom de Titus l'univers est charmé.
N
JANVIER.
1752.
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„Il sçaura que la terre & lui-même ont un mai-
»tre,
„ Devant qui les Rois ne sont rien,
»Qu'il est un Dieu vengeur que tout doit recon,
»noitre,
„De cent mondes divers & l'ame & le soutien;
»Qu'à ce juge éternel tous les Rois sont comp-
ntables
»Des maux comme des biens de leur Trône
»émanés
»Qu'ensin si tous ses pas ne sont point équitables,
„Dans la nuit de la mort il seront entrainés.
» Sous vos ailes ainsi son Enfance chérie
»Comme un beau lys s'élevera,
»Et cette tendre fleur bien loin d'être flétrie
»En un fruit nourrissant par vous se changera.
„Tel un jeune Tilleul l'amour de la nature
„ Qu'un ruisseau bienfaisant abbreuve de ses eaux,
„ Voit tous les jours son front s'enrichir de ver-
„dure
nEt son tronc se répandre en d'utiles rameaux.
N
»Que de sa propre main, Beaux-Arts, il vous
»couronne
„ Près de lui qu'il vous fasse asseoir
»Comie les ornemens & la gloire du Trone,
46 MERCURE DE FRANCE.
» Le germe des vertus & le sceau du pouvoit !
„Louis du monde entier a mérité l'hommage
„En répandant sur vous ses généreux bienfaits,
»Et les vers de Corneille ont illustré son age
„Autant que la splendeur qu'il dut à ses hauts
» faits.
Ne viens point à ses piés, perside calomnie,
„ Soufflet tes feux & tes poisons
„ Dans sa naifsante aurore obscurcit le génie
„ Qui perce tôt ou tard, & darde ses rayons;
»Qu'assis au même rang de Virgile & d'Horace
»Ovide chante Auguste, & son régne immortel;
»La terre au Triumvir sans doute auroit fait
» grace,
„Si le Maître d'Ovide eut été moins cruel.
»Et vous, lâches flatteurs, vous corrupteurs in-
„fâmes
»La honte & l'opprobre des Rois,
»Vous qui portez l'orgueil & la mort dans leurs
»ames,
u Créateurs des Tytans, & destructeurs des loix,
„Fuyez, que le mensonge & la vile imposture
»N'exhalent point ici leur souffle empoisonneur
»Fuyez, n'infectez point une source aussi pure;
ed by G
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„Que l'univers entier y puise son bo iheus
Toi, sainte Vérité, ne crains point sa présence,
„ Et n'écarte pas ton flambeau,
» Toujours, pour qu'il mérite & régle sa puis-
»lance
» Des foiblesses des Rois offre lui le tableau;
»Quand il sçaura porter le sacré Diadême
»Pat un éloge libre ose l'encourager;
»S'il en pouvoit jamais ternir l'éclat suprême,
»Sans adoucir tes traits ose le corriger.
„ En lui faisant aimer cette fille céleste,
»L'immortelle Religion,
»Que sa raison démasque, & que son cœur dé-
po teste
»Le premier des Tyrans, la superstition;
„ Qu'il contemple les maux dont sa trace est
»suivie,
„ Les femmes, les vieillards, les enfaus immolés,
„Les Rois mêmes tombant sous son audace impie,
»Tous les crimes divers de son sein exhalés.
„Qu'il se souvienne enfin qu'étant ce que nous
» sommes,
„Comme nous soumis aux malheurs,
Mes
48 MERCURE DEFRANCE.
„ Autant humiliés que le dernier des hommes-
»Les Rois peuvent du sort épuiser les rigueurs
nMais le Monarque alors déployant sa grande
»ame
» Se met par sa constance au-dessus de l'humain
„ C'est alors qu'il, est Roi, que sa vertu s'enslam-
»me
n Maîttise la fortune & confond le destin.
25
nAinsi le Grand Louis trahi par la victoire,
»A vu le destin irrité
» Disputer à sou front le siège de la Gloire,
„ Ce laurier immortel qu'il avoit mérité.
nEn vain le sort jaloux vieut jusques sur le Trone,
wVient jusques dans ses bras lui ravir ses enfans,
„Aux fléaux conjurés dont l'horreur l'environne,
»Louis oppose encot les regards triomphans.
nOdivine amitié, flamme pure & sacrée
»Que ressentent si peu les Rois
»Transport de la belle ame aux vertus consa-
»crée
»Doux alimens des cours qui chérissent tes loix,
nAu nouveau Marcellus fais gouter tous tes
»charmes,
nA se remplir le cœeur de ses cheres allarmes
Qu'il
by Goo
JANVIER. 1752.
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Qu'il connoisse en un mot la douceur de pleurer !
„Pour épuiser vos dons, sous les traits de sa
»mere,
„O! Dieux, puisse-t- il receler,
„La solide grandeur & l'ame de son pere;
»Petit fils de Lovis puisse- t- il l'égaler !
„ Mais conservez l'Ayeul votre image fidéle,
„Qu'il vive, s'il se peut, autant que ses bienfaits!
uQue cet enfant des Rois ait toujours un mo-
dele
»Digne du trône, ensin qu'il n'y monte jamais !
L'Ange dit, & soudain un sillon de lumiere
Entr'ouvre l'Olimpe éclairé
La Gloire qui des cieux traverse la carriere,
Couronne le berceau de son laurier sacté;
Sur ce front qui déja sourit à la déesse,
L'enfant reçoit l'éclat d'un immortel rayon.
Le Français s'applaudit transporté d'allégresse
Et plein d'un doux espoir, il attend un Bour-
bon.
N8
Digne fils de * Louis, à qui ta race antique
Doit ce rejetton, son appui,
Monseigneur le Dauphin.
C
II. Vol
Digistrss yL0
50 MERCURE DE FRANCE.
Lis ces vers ajoutés à l'offrande publique
Que la France à tes piés va porter aujourd'hui;:
Comme Français. ma voix a du se faire en-
tendre
Quand du sang des Bourbons le cours est aug.
menté
Comme sage encor plus, il ne peut trop s'éten,
dre
Pour le bien de la terre, & de l'humanité.
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