LETTRE de M. l'Abbé AUBERT , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.