Oeuvre commentée (1)
[empty]
Détail
Liste
Résultats : 1 texte(s)
1
p. 2133-2135
LA Convalescence du ROI.
Début :
ILS sont passés ces jours de douleur & d'effroi, [...]
Mots clefs :
Temps, Dieu, Coeurs, France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA Convalescence du ROI.
LA Convalescence du Ro1.
ILs font paffés ces jours de douleur & d'effroi ,
Et l'empire François renaît avec fon Roi.
Avions- nous mérité que le courroux Céleste
Fit fubir à nos coeurs cette épreuve funeſte ?
Nous perdions pour jamais ce tréfor précieux ,
Au moment qu'il étoit le plus cher à nos yeux.
Nos coeurs tournés vers lui dès fa plus tendre enfance
,
S'étoient liés encor par la reconnoiffance ;
Nos befoins en tout tems remplis , ou prevenus ;
Le Commerce affermi , nos voifins foutenus ;
Nos Champs fertilifés par une paix profonde ;
Tout immortalifoit le bienfaiteur du monde .
Mais enfin l'Univers s'eſt laffé d'être heureux ;
La Diſcorde s'éveille ; elle exhale fes feux ;
La grandeur du Héros bien- tôt fe développe ;
Le danger l'encourage , il fait trembler l'Europe :
Des rives de l'Escaut , il vole aux bords du Rhin.
A la fureur impie il va donner un frein......
Ciel ! Quelle affreuſe ſcéne à nos regards offerte !
Là , le Char de Triomphe , ici , la Tombe ouverte
De funébres clameurs s'élèvent jufqu'aux Cieux.
Ceffez bruyans Concerts d'an camp victorieux ;
La foudre va tomber ; l'inftant fatal s'avance ','
Et le coup retentit aux deux bouts de la France .
Lévi2134
MERCURE DE FRANCE.
Lévites , Magiftrats , Citoyens confternés ,
Et tout fexe , & tout âge aux Autels profternés ,
Attendent le ſecours que leur ferveur implore :
Le jour meurt , & renaît ; ils gémiffent encore.
La vieilleffe s'épuiſe en foûpirs languiffans ;
L'enfance étouffe & perd ſes timides accens.
Un peuple qu'adopta la Sageffe éternelle ,
Heureux , favorisé , tant qu'il reſta fidéle ,
Dans fes Temples profcrits reclame les bontés
D'un Dieu , qui dès long-tems les a deshérités :
Il femble qu'à Louis ils s'empreffent de rendre
L'hommage , qu'autrefois reçut d'eux Alexandre
Des Mortels féparés , & de culte & de loix ,
Un intérêt fi cher a réuni les voix.
Des Remparts de Paris & Vierge tutélaire ,
De tes concitoyens n'es- tu donc plus la Mere ?
Et ce Roi dans les Cieux couronné de nos Lys ,
Ne reconnoît- il plus fes fujets & fon Fils ?
Quelle nouvelle horreur nous frape , & nous ac
cable !
L'objet le plus augufte & le plus déplorable
Une Epouſe ... Elle part... Quel ſpectacle l'attend ?
Et toi , digne foutien de ce Trône flotant ,
Tu la fuis... Faudra t'il craindre auffi pour ta vie
Ton défeſpoir , tes pleurs te l'ont presque ravie.
Volez , volez tous deux à fes embraffemens ;
Recevez-les... Hélas ! Peut- être il n'eſt plus tems.
La
SEPTEMBRE . 1744: 2135
La Nature s'éteint ; l'Art n'a plus de reffource ;
Nouvel Ezéchias , au milieu de fa courſe ,
Il tombe ; courageux fans fafte & ſans effort ,
Il nous plaint , & ne craint , ni ne brave la mort.
Grand Dieu , qui nous êtois toute ombre d'eſpé
rance ,
Tu voulois au miracle affûrer l'évidence ;
Tu te voiles fouvent fous les fecours humains ;
Ici tu fais briller l'Ouvrage de tes mains.
LOUIS refpire enfin , objet de tant d'allarmes ,
Une feconde fois racheté pat nos larmes.
Que fes premiers périls nous en firent verſer ,
Quand cer Aftre naiffant fut près de s'éclipfer !
Les plus ardens tranfports, les Fêtes les plus belles;
Signalerent la fin de nos frayeurs mortelles .
Plus fortunés encor , & plus reconnoiſſans ,
Allons offrir au Ciel nos voeux & notre encens :
Le Sénat a donné le fignal d'allegreffe ;
L'organe de nos Loix , l'eft de notre tendreffe.
France , adore la main , qui rend en ce grand
jour ,
Un Héros à ta gloire , un Pere à ton amour.
Par M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
Saint Michel.
ILs font paffés ces jours de douleur & d'effroi ,
Et l'empire François renaît avec fon Roi.
Avions- nous mérité que le courroux Céleste
Fit fubir à nos coeurs cette épreuve funeſte ?
Nous perdions pour jamais ce tréfor précieux ,
Au moment qu'il étoit le plus cher à nos yeux.
Nos coeurs tournés vers lui dès fa plus tendre enfance
,
S'étoient liés encor par la reconnoiffance ;
Nos befoins en tout tems remplis , ou prevenus ;
Le Commerce affermi , nos voifins foutenus ;
Nos Champs fertilifés par une paix profonde ;
Tout immortalifoit le bienfaiteur du monde .
Mais enfin l'Univers s'eſt laffé d'être heureux ;
La Diſcorde s'éveille ; elle exhale fes feux ;
La grandeur du Héros bien- tôt fe développe ;
Le danger l'encourage , il fait trembler l'Europe :
Des rives de l'Escaut , il vole aux bords du Rhin.
A la fureur impie il va donner un frein......
Ciel ! Quelle affreuſe ſcéne à nos regards offerte !
Là , le Char de Triomphe , ici , la Tombe ouverte
De funébres clameurs s'élèvent jufqu'aux Cieux.
Ceffez bruyans Concerts d'an camp victorieux ;
La foudre va tomber ; l'inftant fatal s'avance ','
Et le coup retentit aux deux bouts de la France .
Lévi2134
MERCURE DE FRANCE.
Lévites , Magiftrats , Citoyens confternés ,
Et tout fexe , & tout âge aux Autels profternés ,
Attendent le ſecours que leur ferveur implore :
Le jour meurt , & renaît ; ils gémiffent encore.
La vieilleffe s'épuiſe en foûpirs languiffans ;
L'enfance étouffe & perd ſes timides accens.
Un peuple qu'adopta la Sageffe éternelle ,
Heureux , favorisé , tant qu'il reſta fidéle ,
Dans fes Temples profcrits reclame les bontés
D'un Dieu , qui dès long-tems les a deshérités :
Il femble qu'à Louis ils s'empreffent de rendre
L'hommage , qu'autrefois reçut d'eux Alexandre
Des Mortels féparés , & de culte & de loix ,
Un intérêt fi cher a réuni les voix.
Des Remparts de Paris & Vierge tutélaire ,
De tes concitoyens n'es- tu donc plus la Mere ?
Et ce Roi dans les Cieux couronné de nos Lys ,
Ne reconnoît- il plus fes fujets & fon Fils ?
Quelle nouvelle horreur nous frape , & nous ac
cable !
L'objet le plus augufte & le plus déplorable
Une Epouſe ... Elle part... Quel ſpectacle l'attend ?
Et toi , digne foutien de ce Trône flotant ,
Tu la fuis... Faudra t'il craindre auffi pour ta vie
Ton défeſpoir , tes pleurs te l'ont presque ravie.
Volez , volez tous deux à fes embraffemens ;
Recevez-les... Hélas ! Peut- être il n'eſt plus tems.
La
SEPTEMBRE . 1744: 2135
La Nature s'éteint ; l'Art n'a plus de reffource ;
Nouvel Ezéchias , au milieu de fa courſe ,
Il tombe ; courageux fans fafte & ſans effort ,
Il nous plaint , & ne craint , ni ne brave la mort.
Grand Dieu , qui nous êtois toute ombre d'eſpé
rance ,
Tu voulois au miracle affûrer l'évidence ;
Tu te voiles fouvent fous les fecours humains ;
Ici tu fais briller l'Ouvrage de tes mains.
LOUIS refpire enfin , objet de tant d'allarmes ,
Une feconde fois racheté pat nos larmes.
Que fes premiers périls nous en firent verſer ,
Quand cer Aftre naiffant fut près de s'éclipfer !
Les plus ardens tranfports, les Fêtes les plus belles;
Signalerent la fin de nos frayeurs mortelles .
Plus fortunés encor , & plus reconnoiſſans ,
Allons offrir au Ciel nos voeux & notre encens :
Le Sénat a donné le fignal d'allegreffe ;
L'organe de nos Loix , l'eft de notre tendreffe.
France , adore la main , qui rend en ce grand
jour ,
Un Héros à ta gloire , un Pere à ton amour.
Par M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
Saint Michel.
Fermer