Jay dità peu prés le quart de
,
A
Zij
268 MERCURE
ce quej'ay ofé dire ſur ces trois
premieres Pieces ; mais le
grand Chrifoftome Mathanafius
, meritera-t- il tout l'accuëil
qu'on luy fait , ſans qu'on
ſçache en vertu de quoy on le
traite fi bien . Tout Paris retentit
du bruit de ſon nom ,
& bien des gens qui n'entendent
ny leGrec ny le Latin
& qui par confequent ne liſent
guere plus dela moitié de
ſon livre , s'imaginent que les
éloges qu'ils luy donnent
leur étab iffentune réputation
de ſçavants . Cen'eſt pas à force
de le loüer , Meſſicurs , que
,
>
GALANT. 269
,
Vous meriterez ce titre ; mais
à force de le critiquer. Trouvez
le diffus,Prolixe, embarafſé,
tel en un mot, que bien des
gens que je ne n'ay pas jugé à
propos de croire , m'ont fait
l'honneur de me le dire , écri
vez enfin , au moins comme
luy,pourdéſabuſer le public ,
alors on ne vous refuſera pas
ces noms faſtueux que voſtre
foumiſſion mandie. Je ne
ſuis point vindicatif; & quand
je le ſerois , contre quel écuëil
irois -je me brifer ? cependant
je ne peux pas m'imaginer en
vertu de quoy , Mathanafius
Z iij
270 MERCURE
traite le Mercure Galant
comme il fait. Il luy donne
une qualité qu'à trente ans ,
on ne merite pas encore ; &
enapoſtrophant le Mercure ,
dans le ſens le plus obcène que
ce nom puiſſe preſenter à
l'idée , il le definit d'une maniere
qui ne laiſſe rien à devi.
ner aux Lecteurs. Sçait il que
je ſuis l'Auteur de ce Livre-là ?
s'il le ſçait , il me fait cent fois
plus d'honneur que je n'en
merite.