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p. 193-200
OPERA.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Musique a remis au Théâtre, le Mardi 7 Août, [...]
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texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'ACADÉMIE Royale de Musique
a remis au Théâtre, le Mardi 7 Août,
Naïs, Ballet héroïque avec un Prologue ,
qui avoit été repréſenté pour la pre-
miere fois le 22 Avril 17 9 .
Le Poëme de cet Opéra eft de feu
I
194 MERCURE DE FRANCE.
M. CAHUZAC , la Muſique de M.
RAMEA U.
L'entrepriſe audacieuse des Titans
contre les Dieux , qui les renverſent à
coup de foudre ſous les rochers qu'ils
avoient entaffés , fait le ſujet du Pro-
logue.
Rien de plus ingénieux, riende plus
induſtrieuſement éxécuté , que la ma-
chine au moyen de laquelle les Titans
ſemblent élever à vue d'œil l'énorme
monceau de roches qu'ils détachent de
laTerre. LaGloire,où paroiſſent tous les
Dieux dans le plus haut du Ciel , eft
traité pittoreſquement & rend très-bien
l'eſpéce de vérité idéale , dont le mo-
dèle, puiſé dans l'imagination des Poë-
tes,eſt gravédans la mémoire desAma-
teurs d'après nos meilleurs Peintres.
C'eſt encore un des plus célébres de
notre fiécle ( M. BOUCHER ) qui
a bien voulu donner les deſſeins &
l'eſquiſſe de cette décoration, La Mu-
ſique , en général ,dans tout cet Opé-
ra, digne de fon illuftre Auteur, dif-
poſe très-bien le Spectateur au grand
ſpectacle de ce Prologue , par une ou-
verture qui peint à l'eſprit le bruit for-
midable & tumultueux du combat des
Titans excités par la Guerre& la Difcor-
SEPTEMBRE. 1764.
195
de. Que l'on nous permette de ſaiſir
l'occafion de rappeller les avantages
de ce qu'on a propoſé dans les pré-
cédens Mercures ſur les entr'actes. Ce
beau morceau de Muſique , fi conve-
nable à l'ouverture du Spectacle , le
devient - il autant ,
repris à la fin
du Prologue , lorſque la défaite des
Titans aſſure à l'Univers la tranquilité ,
lebonheur & les plaifirs , & que cet
entr'Acte doit faire paſſer à un Ballet
dont le Poëme & la Muſique n'ont
pour objet que l'imagedesfruits heu-
reux de la Paix ? Quelle différence ne
produiroit pas pour les Auditeurs , d'un
goûtjuſte& délicat,une ſymphonie dont
le caractère prépareroit dans cet entr'-
Acte,au genre oppoſé de ſpectacle & de
muſique qu'on va lui offrir ? Plus on
fera d'attention aux diſparates qu'oc-
cafionne la négligente routine de re-
péter ainfi le principal morceau de
l'Acte qu'on vient d'exécuter , plus on
y appercevra un vice auſſi défectueux
que ſeroit celui d'un tableau dans le-
quel les maſſes brunes & fortes ſeroient
repétées pour ſervir de paſſage aux maf-
ſes claires & brillantes , ou , en raifon
inverſe , celles - ci paſſeroient crument
aux premières.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
On nous a diſpenſe heureuſement ,
par l'extrait du Poëme de ceBallet don-
né dans ſa nouveauté , d'avoir aujour-
d'hui à rendre un compte détaillé d'un
Drame qui , ainſi que la plupart de
ceux du Poëte qui en étoit l'Auteur,
n'est qu'une eſpéce de collection de
découpures,fans enſemble dans la con-
texture de l'action , fans liaison dans le
fil du dialogue , & fans pensées dans
laverſification , mais formée ſeulement
pour amener des Fêtes , des Danſes ,
& des Ariettes.
Cette derniere partie , à la vérité , s'y
trouve fi brillante , qu'à l'aide de la Mu
fique admirable d'un grand Maître ,
qui ſéduit toujours la raiſon de l'Au-
diteur quand il vientau ſecours de celle
du Poëte, la repriſe de cet Opéra
àun fuccès fort foutenu & qui ſemble
même s'être fortifié par le nombre de
ſes repréſentations , malgré les obſtacles
de la faifon. Les beautés variées de la
Muſique , l'agrément des Ballets ,
* M. RAMEAU.
**
compoſés avecgénie, beaucoupde goût
&d'intelligence , dédommagentpar l'a-
** Les Ballets du Prologue & du premier Acte
fontdela compoſition de M. LAVAL Fils , Maître
desBallets du Roi , kes autres de M. LANI.
*
SEPTEMBRE. 1764
197
muſement,de l'intérêt qui manquedansle
fond comme dans les détails du Poëme.
Mile LARRIVÉE , dans le rôle de
Naïs , renouvelle , en quelque forte ,
&le mérite de ſestalens & les fuffrages
dont le Public l'a toujours accueillie.
L'aimable enjoûment , & l'enthouſiaſme
voluptueux d'un Vieillard favori des
Dieux , & interprète de la Nature , ne
peuvent être mieux rendus , & avec des
graces plus nobles que par M. LAR-
RIVÉE, dans le rôle de Tiréſie. Cetteef-
péce d'épiſode , la partie la plus agréable
de cet Opéra , s'embellit encore par la
voix& par la manière de chanter de cet
Acteur. Le rôle de Neptune eſt pour
M. LE GROS , un nouveau champ de
gloire ; les airs brillans dont il eſt rem-
pli , ſervent à développer de plus en
plus les qualités qu'on avoit déja ap-
plaudies dans cette nouvelle Haute-con-
tre. M. LE GROS ſatisfait d'autant plus
le Public & les Amateurs , qu'il y a
lieu d'attendre de lui cette chaleur &
& cette action , qui ne doivent pas
conſiſter ſeulement dans le jeu des gef-
tes , mais dans celui du chant & fur-
tout dans ces accens de l'âme diffi-
ciles à bien diriger , pour les commen-
çans , mais fans leſquels les Talens les
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
plus conſommés d'ailleurs fontcondam-
nés à une perpétuelle médiocrité fur la
Scène. M. GELIN , dont la belle voix
eft toujours néceſſaire au ſoutien d'un
rôle , n'avoit pû remplir aux premières
repréſentations celui de Télenus à cauſe
d'une indifpofition. Il avoit été rem-
placé par M. DURAND , quia eudes
applaudiffemens.
Au Balletdu Acte,on remarque avec
plaifir non ſeulement la juſteſſe de la
compofition , mais encore le talent de
l'éxécution. M. LAVAL , MM. GAR-
DEL & RIVIERE figurent & expri-
ment très - bien l'adreffe & les efforts
des Athlètes pour la Lutte. MM. Ro-
GIER & LEGER n'occupent pas moins
l'attention du Spectateur dans le com-
batdu Cefte. La Chaconne produit un
ſpectacle de nobleſſe de grâces dans
lequel danſe M. VESTRIS , aujourd'hui
le premier de l'Europe en ce genre. Ce
même Acte eſt encore très-agréable-
ment varié par les caractères des Ma-
telots , ſous la forme deſquels font
traveſties les Divinités de la Mer , que
rendent avec la vivacité & la gaîté
convenables M. BEATE & Mile PES-
LIN .
SEPTEMBRE 1764.
199
On doit préſumer tout ce qu'offre
d'intéreſſant le Ballet des Bergers &
Bergères , au deuxieme Acte , par le
plaifir toujours nouveau que fait Mile
LANI ( actuellement Epouſe du ſieur
GELIN. ) Elle y est fort bien fecon-
dée par M. GARDEL qui danſe dans
cette même entrée, & dont nous avons
déja pluſieurs fois annoncé avecjuſtice
les talens diftingués. M. LANI & Mile
LYONNOIS donnent à ce Ballet un
agrément d'un autre genre plus vif &
plus comique , quoique toujours du
ton convenable aux bienséances de ce
Théâtre.Ils éxécutent les principales En-
trées de Paſtres. On n'a rien à appren-
dre aux Lecteurs ſur les talens de ces
deux Sujets & fur la poffeffion dans la-
quelle ils font de plaire & d'inſpirer
le ſentiment de gaîté qu'ils expriment
par leurs pas.
Les TRITONS & les NEREIDES
forment le Ballet du troifiéme Ade.
Mile ALLARD en fait un des princi-
paux agrémens. Les talens de cette
danſeuſe ont une célébrité acquiſe à
ſi juſte titre qu'elle diſpenſe d'en répéter
actuellement les éloges. Il en eſt de
même de M. & de Mlle Veftris qui
Liv
.
200 MERCURE DE FRANCE.
danſent ſeuls & en pas de deux dans
le même Acte.
On ne doit pas obmettre de faire
mention des applaudiſſemens qu'on
donne auxBallets du Prologue dans lef
quels ſe diftinguent Mile GUIMARD ,
fous la forme de Flore , caractère qui
a tous égards ne peut-être mieux adap-
té , M. LEGER fous cellede Zéphir ,
& M. LYONOIS ſous celle de Pan.
Al'égardde tout ce qui concernel'a-
grément & ce qu'on a coutume de
nommer la fraîcheur du Spectacle
tant en décoration qu'en habillemens ,
le Public ne pourroit fans injustice re-
fufer des éloges aux Directeurs de ce
Théâtre à chaque Opéra que l'on remet
dans la nouvelle Salle des Thuilleries.
L'ACADÉMIE Royale de Musique
a remis au Théâtre, le Mardi 7 Août,
Naïs, Ballet héroïque avec un Prologue ,
qui avoit été repréſenté pour la pre-
miere fois le 22 Avril 17 9 .
Le Poëme de cet Opéra eft de feu
I
194 MERCURE DE FRANCE.
M. CAHUZAC , la Muſique de M.
RAMEA U.
L'entrepriſe audacieuse des Titans
contre les Dieux , qui les renverſent à
coup de foudre ſous les rochers qu'ils
avoient entaffés , fait le ſujet du Pro-
logue.
Rien de plus ingénieux, riende plus
induſtrieuſement éxécuté , que la ma-
chine au moyen de laquelle les Titans
ſemblent élever à vue d'œil l'énorme
monceau de roches qu'ils détachent de
laTerre. LaGloire,où paroiſſent tous les
Dieux dans le plus haut du Ciel , eft
traité pittoreſquement & rend très-bien
l'eſpéce de vérité idéale , dont le mo-
dèle, puiſé dans l'imagination des Poë-
tes,eſt gravédans la mémoire desAma-
teurs d'après nos meilleurs Peintres.
C'eſt encore un des plus célébres de
notre fiécle ( M. BOUCHER ) qui
a bien voulu donner les deſſeins &
l'eſquiſſe de cette décoration, La Mu-
ſique , en général ,dans tout cet Opé-
ra, digne de fon illuftre Auteur, dif-
poſe très-bien le Spectateur au grand
ſpectacle de ce Prologue , par une ou-
verture qui peint à l'eſprit le bruit for-
midable & tumultueux du combat des
Titans excités par la Guerre& la Difcor-
SEPTEMBRE. 1764.
195
de. Que l'on nous permette de ſaiſir
l'occafion de rappeller les avantages
de ce qu'on a propoſé dans les pré-
cédens Mercures ſur les entr'actes. Ce
beau morceau de Muſique , fi conve-
nable à l'ouverture du Spectacle , le
devient - il autant ,
repris à la fin
du Prologue , lorſque la défaite des
Titans aſſure à l'Univers la tranquilité ,
lebonheur & les plaifirs , & que cet
entr'Acte doit faire paſſer à un Ballet
dont le Poëme & la Muſique n'ont
pour objet que l'imagedesfruits heu-
reux de la Paix ? Quelle différence ne
produiroit pas pour les Auditeurs , d'un
goûtjuſte& délicat,une ſymphonie dont
le caractère prépareroit dans cet entr'-
Acte,au genre oppoſé de ſpectacle & de
muſique qu'on va lui offrir ? Plus on
fera d'attention aux diſparates qu'oc-
cafionne la négligente routine de re-
péter ainfi le principal morceau de
l'Acte qu'on vient d'exécuter , plus on
y appercevra un vice auſſi défectueux
que ſeroit celui d'un tableau dans le-
quel les maſſes brunes & fortes ſeroient
repétées pour ſervir de paſſage aux maf-
ſes claires & brillantes , ou , en raifon
inverſe , celles - ci paſſeroient crument
aux premières.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
On nous a diſpenſe heureuſement ,
par l'extrait du Poëme de ceBallet don-
né dans ſa nouveauté , d'avoir aujour-
d'hui à rendre un compte détaillé d'un
Drame qui , ainſi que la plupart de
ceux du Poëte qui en étoit l'Auteur,
n'est qu'une eſpéce de collection de
découpures,fans enſemble dans la con-
texture de l'action , fans liaison dans le
fil du dialogue , & fans pensées dans
laverſification , mais formée ſeulement
pour amener des Fêtes , des Danſes ,
& des Ariettes.
Cette derniere partie , à la vérité , s'y
trouve fi brillante , qu'à l'aide de la Mu
fique admirable d'un grand Maître ,
qui ſéduit toujours la raiſon de l'Au-
diteur quand il vientau ſecours de celle
du Poëte, la repriſe de cet Opéra
àun fuccès fort foutenu & qui ſemble
même s'être fortifié par le nombre de
ſes repréſentations , malgré les obſtacles
de la faifon. Les beautés variées de la
Muſique , l'agrément des Ballets ,
* M. RAMEAU.
**
compoſés avecgénie, beaucoupde goût
&d'intelligence , dédommagentpar l'a-
** Les Ballets du Prologue & du premier Acte
fontdela compoſition de M. LAVAL Fils , Maître
desBallets du Roi , kes autres de M. LANI.
*
SEPTEMBRE. 1764
197
muſement,de l'intérêt qui manquedansle
fond comme dans les détails du Poëme.
Mile LARRIVÉE , dans le rôle de
Naïs , renouvelle , en quelque forte ,
&le mérite de ſestalens & les fuffrages
dont le Public l'a toujours accueillie.
L'aimable enjoûment , & l'enthouſiaſme
voluptueux d'un Vieillard favori des
Dieux , & interprète de la Nature , ne
peuvent être mieux rendus , & avec des
graces plus nobles que par M. LAR-
RIVÉE, dans le rôle de Tiréſie. Cetteef-
péce d'épiſode , la partie la plus agréable
de cet Opéra , s'embellit encore par la
voix& par la manière de chanter de cet
Acteur. Le rôle de Neptune eſt pour
M. LE GROS , un nouveau champ de
gloire ; les airs brillans dont il eſt rem-
pli , ſervent à développer de plus en
plus les qualités qu'on avoit déja ap-
plaudies dans cette nouvelle Haute-con-
tre. M. LE GROS ſatisfait d'autant plus
le Public & les Amateurs , qu'il y a
lieu d'attendre de lui cette chaleur &
& cette action , qui ne doivent pas
conſiſter ſeulement dans le jeu des gef-
tes , mais dans celui du chant & fur-
tout dans ces accens de l'âme diffi-
ciles à bien diriger , pour les commen-
çans , mais fans leſquels les Talens les
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
plus conſommés d'ailleurs fontcondam-
nés à une perpétuelle médiocrité fur la
Scène. M. GELIN , dont la belle voix
eft toujours néceſſaire au ſoutien d'un
rôle , n'avoit pû remplir aux premières
repréſentations celui de Télenus à cauſe
d'une indifpofition. Il avoit été rem-
placé par M. DURAND , quia eudes
applaudiffemens.
Au Balletdu Acte,on remarque avec
plaifir non ſeulement la juſteſſe de la
compofition , mais encore le talent de
l'éxécution. M. LAVAL , MM. GAR-
DEL & RIVIERE figurent & expri-
ment très - bien l'adreffe & les efforts
des Athlètes pour la Lutte. MM. Ro-
GIER & LEGER n'occupent pas moins
l'attention du Spectateur dans le com-
batdu Cefte. La Chaconne produit un
ſpectacle de nobleſſe de grâces dans
lequel danſe M. VESTRIS , aujourd'hui
le premier de l'Europe en ce genre. Ce
même Acte eſt encore très-agréable-
ment varié par les caractères des Ma-
telots , ſous la forme deſquels font
traveſties les Divinités de la Mer , que
rendent avec la vivacité & la gaîté
convenables M. BEATE & Mile PES-
LIN .
SEPTEMBRE 1764.
199
On doit préſumer tout ce qu'offre
d'intéreſſant le Ballet des Bergers &
Bergères , au deuxieme Acte , par le
plaifir toujours nouveau que fait Mile
LANI ( actuellement Epouſe du ſieur
GELIN. ) Elle y est fort bien fecon-
dée par M. GARDEL qui danſe dans
cette même entrée, & dont nous avons
déja pluſieurs fois annoncé avecjuſtice
les talens diftingués. M. LANI & Mile
LYONNOIS donnent à ce Ballet un
agrément d'un autre genre plus vif &
plus comique , quoique toujours du
ton convenable aux bienséances de ce
Théâtre.Ils éxécutent les principales En-
trées de Paſtres. On n'a rien à appren-
dre aux Lecteurs ſur les talens de ces
deux Sujets & fur la poffeffion dans la-
quelle ils font de plaire & d'inſpirer
le ſentiment de gaîté qu'ils expriment
par leurs pas.
Les TRITONS & les NEREIDES
forment le Ballet du troifiéme Ade.
Mile ALLARD en fait un des princi-
paux agrémens. Les talens de cette
danſeuſe ont une célébrité acquiſe à
ſi juſte titre qu'elle diſpenſe d'en répéter
actuellement les éloges. Il en eſt de
même de M. & de Mlle Veftris qui
Liv
.
200 MERCURE DE FRANCE.
danſent ſeuls & en pas de deux dans
le même Acte.
On ne doit pas obmettre de faire
mention des applaudiſſemens qu'on
donne auxBallets du Prologue dans lef
quels ſe diftinguent Mile GUIMARD ,
fous la forme de Flore , caractère qui
a tous égards ne peut-être mieux adap-
té , M. LEGER fous cellede Zéphir ,
& M. LYONOIS ſous celle de Pan.
Al'égardde tout ce qui concernel'a-
grément & ce qu'on a coutume de
nommer la fraîcheur du Spectacle
tant en décoration qu'en habillemens ,
le Public ne pourroit fans injustice re-
fufer des éloges aux Directeurs de ce
Théâtre à chaque Opéra que l'on remet
dans la nouvelle Salle des Thuilleries.
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2
p. 200-202
COMÉDIE FRANÇOISE.
Début :
LE 23 Juillet, on remit au Théâtre le Rival supposé, Comédie en Prose, en [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE FRANÇOISE.
COMÉDIE FRANÇOISE.
LE 23 Juillet, on remit au Théâtre le
Rival supposé, Comédie en Prose, en
un Acte , de M. DE SAINT - FOIX,
repréſenté pour la première fois en
1749. Cette Pièce dont nous avons
donné l'analyſe , avec des remarques ,
en rendant compte de la dernière Edition
SEPTEMBRE 1764. 201
des Œuvres de Théâtre de l'Auteur , (* )
a été jouée avec ſuccès pendant plu-
ſieurs repréſentations à cette repriſe.
On a donné le premier Août , la pre-
miére repréſentationde Timoleon , Tra-
gédie par M. DE LA HARPE. Il y a des
beautés de ſituations de ſentimens &
de ſtyle dans cette Piéce , qui furent ex-
trêmement applaudies & qui mériteront
toujours de l'être , principalement dans
les quatre premiers Actes. Nous ne
ſommes pas en état d'en rendre un
compte détaillé ni d'en donner aucun
extrait , parce que la ſeconde repréſen-
tation en a été ſuſpendue juſquà pré-
fent par un, accident
qui a eu des
ſuites affez graves pour ôter à M. le
ΚΑΙΝIN , chargé d'un des premiers
rôles , la liberté de marcher.
Le Lundi 13 on a remis le Malade:
imaginaire avec tous fes agrémens
Com die de MOLIERE en trois Actes .
en Vers & en Proſe Cette Comédie
a été très bien jouée. Les ſoins que
les Comédiens ont pris pour la remet
tre avantageuſement n'ont point été
infructueux. On en continue les repré
(*) Voyez les Mercures d'Avril 1762.
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
ſentations qui attirent un affez grand
nombre de Spectateurs, pour prouver
que le Public , malgré l'apparence de
débauche , fi l'on peut dire , qui règne
aujourd'hui dans le goûtdu Comique,
en reſpecte encore le Maître & fent
tout leprix de ſes immortelles produc-
tions
La remiſe de Deucalion & Pirrha
de l'Isle Sauvage , & des Grases, trois
Piéces de M. de Saint Foix , ne peut
être que très favorable au produit de
la recette de ce Théâtre.
L'élégante & naturelle expreffion du
Sentiment , le tour ingénieux& agréa-
ble ſous lequel la Nature eſt toujours
fidélement préſentée dans ces trois Ou-
vrages,doiventformer par leur réunion
un Spectacle très intéreſſant & très-
agréable. Letemps néceſſairepour l'im-
preffionde notre Journal nous oblige
à remettre au volume prochain le com-
pte que nous avons à rendre de cette
Repriſe,dont la première repréſentation
a dû être donnée le 23Août. *
(* ) Voyez dans les Mercures d'Avril 1762,
l'analyſe de ces trois Piéces à l'occaſion de la
nouvelle édition déjà citée ci-deſſus.
LE 23 Juillet, on remit au Théâtre le
Rival supposé, Comédie en Prose, en
un Acte , de M. DE SAINT - FOIX,
repréſenté pour la première fois en
1749. Cette Pièce dont nous avons
donné l'analyſe , avec des remarques ,
en rendant compte de la dernière Edition
SEPTEMBRE 1764. 201
des Œuvres de Théâtre de l'Auteur , (* )
a été jouée avec ſuccès pendant plu-
ſieurs repréſentations à cette repriſe.
On a donné le premier Août , la pre-
miére repréſentationde Timoleon , Tra-
gédie par M. DE LA HARPE. Il y a des
beautés de ſituations de ſentimens &
de ſtyle dans cette Piéce , qui furent ex-
trêmement applaudies & qui mériteront
toujours de l'être , principalement dans
les quatre premiers Actes. Nous ne
ſommes pas en état d'en rendre un
compte détaillé ni d'en donner aucun
extrait , parce que la ſeconde repréſen-
tation en a été ſuſpendue juſquà pré-
fent par un, accident
qui a eu des
ſuites affez graves pour ôter à M. le
ΚΑΙΝIN , chargé d'un des premiers
rôles , la liberté de marcher.
Le Lundi 13 on a remis le Malade:
imaginaire avec tous fes agrémens
Com die de MOLIERE en trois Actes .
en Vers & en Proſe Cette Comédie
a été très bien jouée. Les ſoins que
les Comédiens ont pris pour la remet
tre avantageuſement n'ont point été
infructueux. On en continue les repré
(*) Voyez les Mercures d'Avril 1762.
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
ſentations qui attirent un affez grand
nombre de Spectateurs, pour prouver
que le Public , malgré l'apparence de
débauche , fi l'on peut dire , qui règne
aujourd'hui dans le goûtdu Comique,
en reſpecte encore le Maître & fent
tout leprix de ſes immortelles produc-
tions
La remiſe de Deucalion & Pirrha
de l'Isle Sauvage , & des Grases, trois
Piéces de M. de Saint Foix , ne peut
être que très favorable au produit de
la recette de ce Théâtre.
L'élégante & naturelle expreffion du
Sentiment , le tour ingénieux& agréa-
ble ſous lequel la Nature eſt toujours
fidélement préſentée dans ces trois Ou-
vrages,doiventformer par leur réunion
un Spectacle très intéreſſant & très-
agréable. Letemps néceſſairepour l'im-
preffionde notre Journal nous oblige
à remettre au volume prochain le com-
pte que nous avons à rendre de cette
Repriſe,dont la première repréſentation
a dû être donnée le 23Août. *
(* ) Voyez dans les Mercures d'Avril 1762,
l'analyſe de ces trois Piéces à l'occaſion de la
nouvelle édition déjà citée ci-deſſus.
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3
p. 203-204
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
ON a donné sur ce Théâtre, le 26 Juillet, la première représentation des Amans de Village, [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
ON a donné sur ce Théâtre, le 26 Juillet,
la première représentation des Amans de Village,
Comédie en deux Actes mêlée d'Arier-
tes. Le Drame, dont le Sujet eſt une petite in-
trigue de Village , eſt de M. RICCOBONI
ques repréſentations.
,
la
Muſique de M. BAMBINI. Cette Piéce a eu quel
Le Vendredi 17 Août , on joua pour la pre
mière fois le Portrait d'Arlequin , nouvelle Co-
médie Italienne , en deux Actes de M. GOL-
DONI. L'intrigue de certe Piéce roule ſur un
Portrait d'Arlequin & un autre de Célio avec
lequel Camille, amoureuſe d'Arlequin, trompe la
jalouſie de Scapin. Tous les événemens , tous
les imbroglio qu'occaſionnent ces deux portraits
qui paſſent alternativement dans les mains de
tous les perſonnages , & qui y paſſent par des
incidens ſi naturels qu'ils paroiſſent en quelque
fortes néceſſaires , attachent , amuſent , & même
intéreſſent tant le Spectateur , qu'il n'y a ni
vuide , ni langueur dans la conduite de cette
Piéce. Toutes les ſcènes ſont autant de nouveaux
ſujets d'admirer l'immenſe fécondité du génie
de l'Auteur. Mile CAMILLE & M. CARLIN ont
donnéde nouvelles preuves , s'il en reſtoit encore
à donner , du plus hautdégré où puiſſe artein-
dre dans leur genre , lafidelle& la plus aima-
ble imitation de la Nature.
Le 20 Août, on a donné la première repré-
ſentation de l'Anneau perdu & retrouvé , Comé-
die nouvelle , en deux Actes , mêlée d'Ariettes,
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Cette Piéce a eu beaucoup de ſuccès, & doit
continuer d'attirer unegrande affluence. La Mu
fique eſt d'un Amateur qui s'eſt rendu célébre
tant à la Ville qu'a la Cour, par l'uſage qu'il
a fait en pluſieurs genres , même dans le plus
élevé , de les profondes connoiſſances dans la
Mufique.
ON a donné sur ce Théâtre, le 26 Juillet,
la première représentation des Amans de Village,
Comédie en deux Actes mêlée d'Arier-
tes. Le Drame, dont le Sujet eſt une petite in-
trigue de Village , eſt de M. RICCOBONI
ques repréſentations.
,
la
Muſique de M. BAMBINI. Cette Piéce a eu quel
Le Vendredi 17 Août , on joua pour la pre
mière fois le Portrait d'Arlequin , nouvelle Co-
médie Italienne , en deux Actes de M. GOL-
DONI. L'intrigue de certe Piéce roule ſur un
Portrait d'Arlequin & un autre de Célio avec
lequel Camille, amoureuſe d'Arlequin, trompe la
jalouſie de Scapin. Tous les événemens , tous
les imbroglio qu'occaſionnent ces deux portraits
qui paſſent alternativement dans les mains de
tous les perſonnages , & qui y paſſent par des
incidens ſi naturels qu'ils paroiſſent en quelque
fortes néceſſaires , attachent , amuſent , & même
intéreſſent tant le Spectateur , qu'il n'y a ni
vuide , ni langueur dans la conduite de cette
Piéce. Toutes les ſcènes ſont autant de nouveaux
ſujets d'admirer l'immenſe fécondité du génie
de l'Auteur. Mile CAMILLE & M. CARLIN ont
donnéde nouvelles preuves , s'il en reſtoit encore
à donner , du plus hautdégré où puiſſe artein-
dre dans leur genre , lafidelle& la plus aima-
ble imitation de la Nature.
Le 20 Août, on a donné la première repré-
ſentation de l'Anneau perdu & retrouvé , Comé-
die nouvelle , en deux Actes , mêlée d'Ariettes,
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Cette Piéce a eu beaucoup de ſuccès, & doit
continuer d'attirer unegrande affluence. La Mu
fique eſt d'un Amateur qui s'eſt rendu célébre
tant à la Ville qu'a la Cour, par l'uſage qu'il
a fait en pluſieurs genres , même dans le plus
élevé , de les profondes connoiſſances dans la
Mufique.
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4
p. 204
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
DANS le Concert du 8 Août, Fète de l'Assomption, on a éxécuté Exaltabo te, Deus meus Rex, [...]
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CONCERT SPIRITUEL.
DANS le Concert du 8 Août, Fète de
l'Assomption, on a éxécuté Exaltabo te, Deus meus Rex,
Motet à grand chœur de M. LESCOT. Mile
Bona chanté un petit Motet.Cette voix qu'on
n'avoit point encore entendue a ce Concert , a
fait un très grand plaifir & a été fort applau-
die Beaucoup de légéreté, un volume affez con-
ſidérable , & le timbre le plus argentin & le
plus agréable. L'admirable & peut-être l'inimi-
table M DUPORT a joué une Sonate de Violon-
celle. M. Capron a éxécuté un Concerto de
violon Mile FEL a chanté un nouveau Motet
àvoix feule de M KoHaur. Le Concert a fini
par Quemadmodum , Motet à grand chœur de
la compofition de M MATHIEU Fils , Ordinaire
de la Mutique du Roi, Ce Concert a paru fort
agréable aux Auditeurs , dont le nombre étoiς
beaucon plus grand qu'iln'a coutume d'être
en cette faiton.
DANS le Concert du 8 Août, Fète de
l'Assomption, on a éxécuté Exaltabo te, Deus meus Rex,
Motet à grand chœur de M. LESCOT. Mile
Bona chanté un petit Motet.Cette voix qu'on
n'avoit point encore entendue a ce Concert , a
fait un très grand plaifir & a été fort applau-
die Beaucoup de légéreté, un volume affez con-
ſidérable , & le timbre le plus argentin & le
plus agréable. L'admirable & peut-être l'inimi-
table M DUPORT a joué une Sonate de Violon-
celle. M. Capron a éxécuté un Concerto de
violon Mile FEL a chanté un nouveau Motet
àvoix feule de M KoHaur. Le Concert a fini
par Quemadmodum , Motet à grand chœur de
la compofition de M MATHIEU Fils , Ordinaire
de la Mutique du Roi, Ce Concert a paru fort
agréable aux Auditeurs , dont le nombre étoiς
beaucon plus grand qu'iln'a coutume d'être
en cette faiton.
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