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1
p. 701-702
LETTRE à M. l'Abbé PHILIPPE, au sujet des Tragedies de M. de Voltaire, écrite de Paris le 20. Mars 1736.
Début :
C'est vous faire ma cour, Monsieur, que de vous envoyer les Vers que j'ai [...]
Mots clefs :
Tragédies, Voltaire, Vers
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. l'Abbé PHILIPPE, au sujet des Tragedies de M. de Voltaire, écrite de Paris le 20. Mars 1736.
LETTRE à M. l'Abbé PHILIPPE ,
au sujet des Tragedies de M. de
Voltaire , écrite de Paris le 20. Mars
1736.
C'est vous faire ma cour , Monsieur
que de vous envoyer les Vers que j'ai
= composés au sujet des Tragédies de l'Illusre
M. de Voltaire . La haute estime que
vous
avez pour les Ouvrages d'un homme qui
fait tant d'honneur à sa Patrie par ses tan
lens universels , vous rendra peut- être agréa❤
ble la lecture des foibles essais d'une Muse
naissante:heureux , s'ils méritoient l'aprobation
des personnes qui ont le goût aussi
délicat que le vôtre ! Il se répand dans le
Public depuis quelques semaines , une Epitre
adressée au brillant Auteur d'Alzire &
elle commence par ces mois &
Rare génie , ornement de la France.
On
702 MERCURE DE FRANCE
sont ,
On me l'a attribuée sans fondement 3je
n'y ai aucune part. Cela me feroit -souhai
ter de mettre du jour mes Vers tels qu'il
si vous le jugez à propos. Soumis de
bon coeur à votre décision , j'attends tout de
Votre indulgence. Si c'est mon destin d'êt
imprimé, faites- moi grace de la Prose qui
faisoit partie des Lettres que j'ai eû l'honneur
d'écrire au Poëte incomparable de notr
siecle. Je finis par ce proverbe , Ne mihi
sis Patruus , en vous assurant que je suis
dans les sentimens d'une sincere et tendre vé
neration, M. & c. BA ... D'ARNAUD
A Paris ce 22. Mars 1736.
au sujet des Tragedies de M. de
Voltaire , écrite de Paris le 20. Mars
1736.
C'est vous faire ma cour , Monsieur
que de vous envoyer les Vers que j'ai
= composés au sujet des Tragédies de l'Illusre
M. de Voltaire . La haute estime que
vous
avez pour les Ouvrages d'un homme qui
fait tant d'honneur à sa Patrie par ses tan
lens universels , vous rendra peut- être agréa❤
ble la lecture des foibles essais d'une Muse
naissante:heureux , s'ils méritoient l'aprobation
des personnes qui ont le goût aussi
délicat que le vôtre ! Il se répand dans le
Public depuis quelques semaines , une Epitre
adressée au brillant Auteur d'Alzire &
elle commence par ces mois &
Rare génie , ornement de la France.
On
702 MERCURE DE FRANCE
sont ,
On me l'a attribuée sans fondement 3je
n'y ai aucune part. Cela me feroit -souhai
ter de mettre du jour mes Vers tels qu'il
si vous le jugez à propos. Soumis de
bon coeur à votre décision , j'attends tout de
Votre indulgence. Si c'est mon destin d'êt
imprimé, faites- moi grace de la Prose qui
faisoit partie des Lettres que j'ai eû l'honneur
d'écrire au Poëte incomparable de notr
siecle. Je finis par ce proverbe , Ne mihi
sis Patruus , en vous assurant que je suis
dans les sentimens d'une sincere et tendre vé
neration, M. & c. BA ... D'ARNAUD
A Paris ce 22. Mars 1736.
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Résumé : LETTRE à M. l'Abbé PHILIPPE, au sujet des Tragedies de M. de Voltaire, écrite de Paris le 20. Mars 1736.
Dans une lettre datée du 20 mars 1736, l'auteur exprime son admiration pour les tragédies de Voltaire et envoie des vers qu'il a composés à ce sujet. Il mentionne une épître circulant dans le public qui loue Voltaire comme 'rare génie, ornement de la France', mais nie en être l'auteur. L'auteur souhaite obtenir l'approbation de l'abbé Philippe avant de publier ses vers et demande à ce que la prose de ses lettres précédentes ne soit pas incluse. Il conclut en exprimant sa vénération et signe 'BA... D'ARNAUD' à Paris, le 22 mars 1736.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1540-1544
LETTRE à M. l'Abbé Philippe, du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie de l'Auteur.
Début :
L'Intérêt que vous prenez, Monsieur, à la vie d'un jeune homme que vous [...]
Mots clefs :
Ami, Coeur, Âme, Esculape, Dieu, Yeux
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. l'Abbé Philippe, du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie de l'Auteur.
LETTRE à M. l'Abbé Philippe ,
du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie
de l'Auteur .
L
' Interêt que vous prenez , Monsieur ;
à la vie d'un jeune homme que vous
bonorez de votre amitié , ranime les feux
d'une Muse expirante. Elle trace dans un
intervalle que lui laisse un accès fugitif ;
ces Vers, Enfans plutôt de la reconnoissance
que du travail.
Succombant sous les coups d'une fiévre ho
micide ,
Brulant des mêmes feux ,
Qui sur le Mont Eta consumerent Alcide ,
Ami , c'est dans ce trouble affreux ,
Que je t'écris ces Vers , derniers fruits de ma
veine .
Déja le jour se dérobe à mes yeux ,
Déja je n'entens plus qu'à peine ,
Les tristes sons de Melpomene ,
Et les mâles accens du sublime Lycas ;
C'en est fait , le Destin ordonne mon trépas ;
L'Arrêt est prononcé ; je l'attends sans me
plaindre i
Qui
JUILLET. 1736. 154%
Qui sçait mourir , sçait ne rien craindro,
Je touche à ce fatal moment ,
Où , revenu de son égarement ,
L'homme commence à se connoître ,
Et paroît tel qu'il doit paroître.
Des remords inconnus s'élevent dans son coeur
Il déteste le crime , il pleure son erreur ;
En vain la volupté d'un poison détestable ,
Veut enyvrer et son ame et ses sens ,
Il reconnoît ses charmes impuissans ,
En se reconnoissant coupable.
Mais quelle horreur tout à coup me saisit ?
Quel voile ténébreux fait pâlir la lumiere!
J'expire , je descends dans l'éternelle nuit :
Cher ami , si jamais Lysimon sçût te plaire ','
S'il fut fidele aux loix d'une sainte amitié.
De son sort malheureux daigne prendre pitié ,
Viens recueillir ma cendre ,
Viens , où Daphnis poura te prévenir .
Par ces rimes instruis les siècles à venir ,
Qu'il fut chez les François un coeur sincere er
rendre :
Cy gît un mortel bienfaisant ,
Il fut François , et sçût être constant.
Ce n'est qu'à regret que je fais mau
Epit aphe
2542 MERCURE DE FRANCE
Epitaphe , je vous accuse ingénuëment ma
foiblesses quitter le monde ! la pensée m'en
fait frémir. Je ne tiens point aux plaisirs 3
mon corps est aguerri aux assauts d'une pénible
maladie. Mon ame seule soupire sur
la perte des douceurs que l'on goûte à cultiver
les beaux Arts , et sur la séparation de
mes guides dans les Sciences. Quoi ! me suisė
je dit , plus d'une fois.
·
Faut- il abandonner cet illustre V.
Cet Enfant du bon goût , Citoyen de
Cythere ,
Dont les accens mélodieux ,
Le mettent même au rang des Dieux ?
Faut- il quitter Apollon , et le Pinde ?
Faut-il mourir et ne pas voir Clorinde ?
>
Voilà quelques- unes des pensées qui me
venoient dans de fréquens délires ; je supri-
Monsieur, celles que vôtre affection
pour moi inspiroit à un coeur penetré ; car il
pense quelquefois mieux que l'esprit , et on
me l'étourdit
pas
j'étois occupé de ces douces réflexions , quand
le sommeil me surprit , graces à mon lutin
farouche.
sur un vrai mérite. Hier
De ses voiles épais la nuit couvroit les Cicax ,
J'avois
JUILLET 1736. 1543
J'avois fermé ma tremblante paupiere ;
Lorsqu'un Vieillard vint s'offrir à mes yeux.
Un tel aspect , je ne le sçaurois taire ,
Glaça mes sens , et de crainte et d'effroi,
Sous son menton flotoit un rabat à l'antique ;
Quelle fut ma terreur ! qnand s'aprochant de
moi ,
Il prononça ces mots d'une voix fatidique.
Je suis Esculape , ce Dieu
Qui reçoit de l'encens et des voeux en tout lieu
Obéïs à mes.Loix , aprends à me connoître ,
Par moi tu peux perir , par moi tu peux re
naître ,
Je te rends aux mortels , révis , mais crains
un jour ,
...
Et le Dieu du Parnasse ; et le Dieu de l'Amour
Déja , Monsieur , je me familiarisois
avec Seigneur Esculape , je m'aprétois à lui
faire quantité de questions sur la Medecine
et ses doctes Supôts ; mais je me réveillai en
sursant , pour mon malheur, j'aurois sans
doute apris de curieuses Anecdotes dont le
Public auroit été instruit. Bien tôt je m'aperçûs
de l'illusion que m'avoit fait un songe
imposteur , la fiévre me réprit , et je connus
La fausseté des promesses de la Divinité qui
s'étoit présentée à votre ami. Peut- être aussi
est- ce un effet de la colere d'Esculape : Il a
sondé
x544 MERCURE DE FRANCE
sondé les replis de mon ame , il y a découvert
les dispositions sinceres où je suis d'écouter
avec docilité les leçons des Muses
sçavantes. Sansy penser ma Lettre devient
longue ; Finissons , c'est assés badiner sur
un sujet trop sérieux : J'oublie que je suis
malade , etje ne m'en ressouviens que par le
sentiment des écarts de mon cerveau déreglé.
Je suis avec toute la considération que
méritent vos rares talens, et la plus vive reconnoissance
de votre affection , Monsieur
, &c.
Ba. *** d'Arnaud.
du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie
de l'Auteur .
L
' Interêt que vous prenez , Monsieur ;
à la vie d'un jeune homme que vous
bonorez de votre amitié , ranime les feux
d'une Muse expirante. Elle trace dans un
intervalle que lui laisse un accès fugitif ;
ces Vers, Enfans plutôt de la reconnoissance
que du travail.
Succombant sous les coups d'une fiévre ho
micide ,
Brulant des mêmes feux ,
Qui sur le Mont Eta consumerent Alcide ,
Ami , c'est dans ce trouble affreux ,
Que je t'écris ces Vers , derniers fruits de ma
veine .
Déja le jour se dérobe à mes yeux ,
Déja je n'entens plus qu'à peine ,
Les tristes sons de Melpomene ,
Et les mâles accens du sublime Lycas ;
C'en est fait , le Destin ordonne mon trépas ;
L'Arrêt est prononcé ; je l'attends sans me
plaindre i
Qui
JUILLET. 1736. 154%
Qui sçait mourir , sçait ne rien craindro,
Je touche à ce fatal moment ,
Où , revenu de son égarement ,
L'homme commence à se connoître ,
Et paroît tel qu'il doit paroître.
Des remords inconnus s'élevent dans son coeur
Il déteste le crime , il pleure son erreur ;
En vain la volupté d'un poison détestable ,
Veut enyvrer et son ame et ses sens ,
Il reconnoît ses charmes impuissans ,
En se reconnoissant coupable.
Mais quelle horreur tout à coup me saisit ?
Quel voile ténébreux fait pâlir la lumiere!
J'expire , je descends dans l'éternelle nuit :
Cher ami , si jamais Lysimon sçût te plaire ','
S'il fut fidele aux loix d'une sainte amitié.
De son sort malheureux daigne prendre pitié ,
Viens recueillir ma cendre ,
Viens , où Daphnis poura te prévenir .
Par ces rimes instruis les siècles à venir ,
Qu'il fut chez les François un coeur sincere er
rendre :
Cy gît un mortel bienfaisant ,
Il fut François , et sçût être constant.
Ce n'est qu'à regret que je fais mau
Epit aphe
2542 MERCURE DE FRANCE
Epitaphe , je vous accuse ingénuëment ma
foiblesses quitter le monde ! la pensée m'en
fait frémir. Je ne tiens point aux plaisirs 3
mon corps est aguerri aux assauts d'une pénible
maladie. Mon ame seule soupire sur
la perte des douceurs que l'on goûte à cultiver
les beaux Arts , et sur la séparation de
mes guides dans les Sciences. Quoi ! me suisė
je dit , plus d'une fois.
·
Faut- il abandonner cet illustre V.
Cet Enfant du bon goût , Citoyen de
Cythere ,
Dont les accens mélodieux ,
Le mettent même au rang des Dieux ?
Faut- il quitter Apollon , et le Pinde ?
Faut-il mourir et ne pas voir Clorinde ?
>
Voilà quelques- unes des pensées qui me
venoient dans de fréquens délires ; je supri-
Monsieur, celles que vôtre affection
pour moi inspiroit à un coeur penetré ; car il
pense quelquefois mieux que l'esprit , et on
me l'étourdit
pas
j'étois occupé de ces douces réflexions , quand
le sommeil me surprit , graces à mon lutin
farouche.
sur un vrai mérite. Hier
De ses voiles épais la nuit couvroit les Cicax ,
J'avois
JUILLET 1736. 1543
J'avois fermé ma tremblante paupiere ;
Lorsqu'un Vieillard vint s'offrir à mes yeux.
Un tel aspect , je ne le sçaurois taire ,
Glaça mes sens , et de crainte et d'effroi,
Sous son menton flotoit un rabat à l'antique ;
Quelle fut ma terreur ! qnand s'aprochant de
moi ,
Il prononça ces mots d'une voix fatidique.
Je suis Esculape , ce Dieu
Qui reçoit de l'encens et des voeux en tout lieu
Obéïs à mes.Loix , aprends à me connoître ,
Par moi tu peux perir , par moi tu peux re
naître ,
Je te rends aux mortels , révis , mais crains
un jour ,
...
Et le Dieu du Parnasse ; et le Dieu de l'Amour
Déja , Monsieur , je me familiarisois
avec Seigneur Esculape , je m'aprétois à lui
faire quantité de questions sur la Medecine
et ses doctes Supôts ; mais je me réveillai en
sursant , pour mon malheur, j'aurois sans
doute apris de curieuses Anecdotes dont le
Public auroit été instruit. Bien tôt je m'aperçûs
de l'illusion que m'avoit fait un songe
imposteur , la fiévre me réprit , et je connus
La fausseté des promesses de la Divinité qui
s'étoit présentée à votre ami. Peut- être aussi
est- ce un effet de la colere d'Esculape : Il a
sondé
x544 MERCURE DE FRANCE
sondé les replis de mon ame , il y a découvert
les dispositions sinceres où je suis d'écouter
avec docilité les leçons des Muses
sçavantes. Sansy penser ma Lettre devient
longue ; Finissons , c'est assés badiner sur
un sujet trop sérieux : J'oublie que je suis
malade , etje ne m'en ressouviens que par le
sentiment des écarts de mon cerveau déreglé.
Je suis avec toute la considération que
méritent vos rares talens, et la plus vive reconnoissance
de votre affection , Monsieur
, &c.
Ba. *** d'Arnaud.
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Résumé : LETTRE à M. l'Abbé Philippe, du 25. Juin 1736. au sujet de la maladie de l'Auteur.
Dans une lettre datée du 25 juin 1736, adressée à l'abbé Philippe, l'auteur exprime sa gratitude pour l'intérêt porté à sa vie. Affaibli par une fièvre mortelle, il écrit des vers dictés par la reconnaissance plutôt que par le travail. Il se compare à Hercule, consumé par la fièvre comme Alcide sur le mont Éta. Conscient de sa fin proche, il accepte son destin sans se plaindre. Dans un état de délire, il évoque des regrets et des réflexions sur sa vie, notamment la séparation des guides dans les sciences et des plaisirs des arts. Il mentionne également un rêve où le dieu Esculape lui apparaît, promettant une guérison mais aussi une mise en garde. L'auteur se réveille et réalise que ce n'était qu'un songe. Il conclut en reconnaissant sa maladie et en exprimant sa reconnaissance envers l'abbé Philippe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 49
A M. PHILIPPE, Censeur Royal & Professeur d'Histoire, le jour de S. André sa fête. Par un des Auditeurs de ses Conférences annuelles & gratuites, sur l'Histoire.
Début :
ENNEMI juré des fadeurs, [...]
Mots clefs :
Censeur royal, Professeur d'histoire, Conférences, Fadeurs, Hyperbole, Obole, Engeance, Persiflage, Oisiveté, Héritage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. PHILIPPE, Censeur Royal & Professeur d'Histoire, le jour de S. André sa fête. Par un des Auditeurs de ses Conférences annuelles & gratuites, sur l'Histoire.
A M. PHILIPPE , Cenfeur Royal &
Profeffeur d'Histoire , le jour de S.
André sa fête. Par un des Auditeurs
de fes Conférences annuelles & gratuites
, fur l'Histoire.
ENNEMI juré des fadeurs ,
Je hais l'emphaſe & l'hyperbole ;
Et j'eſtime moins qu'une obole
La vile engeance des flateurs.
Tout éloge eſt un perfifflage
S'il ne contient la vérité.
Votre Patron eut en partage
Sageſſe , ſcience& bonté ;
Uniſſant à cet avantage
Une heureuſe fimplicité ,
Il déteſtoit l'oiſiveté :
Comme lui vous aimez l'ouvrage ,
Vous êtes bon , ſçavant & fage ;
Tant de vertus dont vous êtes doté ,
Vous obtiendront un jour le céleſte héritage ;
Mais quoiqu'il ſoit fort beau d'être habitant des
Cieux ,
Ne hâtez point votre voyage :
Je crois que le plus tard ſera toujours le mieux.
Profeffeur d'Histoire , le jour de S.
André sa fête. Par un des Auditeurs
de fes Conférences annuelles & gratuites
, fur l'Histoire.
ENNEMI juré des fadeurs ,
Je hais l'emphaſe & l'hyperbole ;
Et j'eſtime moins qu'une obole
La vile engeance des flateurs.
Tout éloge eſt un perfifflage
S'il ne contient la vérité.
Votre Patron eut en partage
Sageſſe , ſcience& bonté ;
Uniſſant à cet avantage
Une heureuſe fimplicité ,
Il déteſtoit l'oiſiveté :
Comme lui vous aimez l'ouvrage ,
Vous êtes bon , ſçavant & fage ;
Tant de vertus dont vous êtes doté ,
Vous obtiendront un jour le céleſte héritage ;
Mais quoiqu'il ſoit fort beau d'être habitant des
Cieux ,
Ne hâtez point votre voyage :
Je crois que le plus tard ſera toujours le mieux.
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Résumé : A M. PHILIPPE, Censeur Royal & Professeur d'Histoire, le jour de S. André sa fête. Par un des Auditeurs de ses Conférences annuelles & gratuites, sur l'Histoire.
L'auteur adresse une lettre à M. Philippe, Censeur Royal et Professeur d'Histoire, pour la fête de Saint André. Il admire ses qualités de sagesse, science et bonté, ainsi que sa simplicité et son aversion pour l'oisiveté. Il souhaite que ces vertus lui assurent un héritage céleste mais lui conseille de retarder son départ vers les cieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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