T R A D v c T I o N. .
• L'AM ANT ,
- ſ - :
, *
' ' Tant que je fus chéri de toi,
Qu'aux yeux de mes rivaux tes baiſers pleins de
flâme , -
M'atteſtoient ton amour , l'imprimoient dans
, mon âme ;
Nul ne fut plus heureux que moi.
L' A MA N T E.
Tant que tu me gardas ta foi,
Que tu ne vis Chloë qu'en regrettant Lydie ;
Mars en s'uniſſant à Sylvie ,
La rendit moins célébre & moins fière que mois
18 MERCURE DE FRANCE.
L' AMAN T. : . :
Chloë me tient ſous ſon empire,
Chloë dont chacun vante & la voix & la lyre :
Que la Parque s'occupe à racourcir mesjours,
Et des ſiens reſpecte le cours.
L' A M A N T E,
Je brûle pour Daphnis, il brûle pour Lydie ;
Et rien n'égale nos amours :
Que la Parque deux fois me prive de la vie,.
Et deux fois reſpecte ſes jours.
L' A M A N T,
Si ma flamme ſe renouvelle,
Si des noeuds éternels me rejoignent à toi,
Si Chloë n'eſt plus rien pour moi ,
Si je t'ouvre mon coeur, & le ferme pour elle ?
L' A M A N T E.
Daphnis eſt plus brillant que la voute azurée,
Toi , plus léger que l'air, plus fougueux que
Borée ; -
Mais je préfére à tout la tendre & douce loi
De vivre ton amant , & mourir avec toi.
Par M. V, • . de M. , , .