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p. 86-108
Extrait de la Harangue de M. le Duc de la Force, reçû à l'Academie Françoise, le 28. Janvier dernier. [titre d'après la table]
Début :
M le Duc de la Force, dont la naissance, le merite [...]
Mots clefs :
Compagnie, Duc, Royaume, Académie française, Discours, Duc de la Force, Abbé d'Estrées, Académiciens, Muses, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Harangue de M. le Duc de la Force, reçû à l'Academie Françoise, le 28. Janvier dernier. [titre d'après la table]
M le Duc de la Force;
donc la naissance; lemerite
& les belles qualitez
n'ont besoin ni decomment
taire,nid'éloge, ayaptéto
élû parMessieurs de sAca.
demie Françoise, à la place.
de feu.M.Bruslart de.JSilooi
lery,Evêque de :SoiffoiisJ
y prit seance le Lundi2 8:
Janvier, ôc prononça un
Discours qui fut si universellementapprouvé
;queje
suis très-mortifié de ne
pouvoir vous en donner
qu'un extrait.
Aieflieurs, dit
-
il, lorjque
vous élevc^jusqu'a vous des
hommes celebres par leurs Ecrits,
c'est une dette que vous
acquitte^ ; & juflesarbitres,
des talens
,
la réputation la
mieux établie entraîne necef
Jairement vos fujjrages.
Mais lorjque vous ouvre%
le Sanctuaire des Mufesàceux
qui n'ont d'autre mérité que
de lesaimersans lesavoirbeau^
coup servies, éejl umgrâce*
que 'Vous faites) & la prefertneesemble
être l'ouvrage tout
pur devotre inclination.
CependantJtfavorable
pour moj, dois-je le juflifier
aujourd'hui? Comment rendrè:
raison de mon bonheur ? n'ejl..
ce pas assiz de le sentir avec
la plus vive reconnoissance? ,, L?Academieornéeplus que
jamais de ce que la Religion,
les Armes & laMagijlrature
ont de perfonnagesplus diJlingue"{,
avoit-elle besoin dun.
homme qui n'eutay apporter
que les avantages du rang &
de la dignitéîPer..
Permette^-moj donc, Messieurs,
de mabandonner à une
idée plusflateuse, Peut-être
a,vek -vous Jfiî combien fat
ététouché dés ma jeunesse de
cet éclat indépendant du ha*
%ard
,
injeparable de nousmêmes,
de cette gloire delicate
que vouspoffede^&dontvous
êtes les vraisdispensateurs.
Peut-être avek-vous ffû que
fenjtble aucommercedes Gens
de Lettres, où l'on acquiert
olvec facilitécequi leur aco ûté
tant de travai
lui
travail3 je les ai aitne^,
je les ai recherche% ,je
les ai rassemble
-OuiyMejjieurs,j'ai ose
fonder une Cnlonje Jçavmte *
dans une des premieres villes
du Royaume. Ne dévots-je
point attendre votre aveuf
Les Academies étrangeres qui
nefleuriffent que fous vos auf
pices, qui ne
brillent
que de la
reflexion de vos lumieres, doi..
vent recevoir de vous leurs
Chef, & non pas vous les
prejnter. Je putscependant
m'applaudir de mon impatience
en de ma temerité) puisque
* L'Academie Royale de Bordeaux
établie en 171;. fous laprotectiondeM.
leDucdelaForce,;
Uous 'Vez approuvé l'une &
couronné l'autre.
En madoptantaujourd'hui
"vous épandèzfut cette Compagnie
que j'ai formée un éclat
qui lui manquoit; elle partagera,
elle éternisera ma reconnoijjance.
Vous me rendespliàs
digne d'elle. Elle me reverra
avec la mêmejojye que les nations
les plus oei 'N-crrvoitnt
leursPrinces,lorsqu'ils revénoient
charge^ du nomglorieux
d'ami
y
d'allié) de citoyen Ac-
Rome.
Heureux ctux à qui la fortune
meten rnam les recorfb
penJes des Arts! Heureux
ceux qui placez entre Augufle
& Virgile peuvent faciliter
laccés du Trône aux Aiufes
timides ! Quellefut donc U
joje du grand Armand, lors
qu'il jetta les fondemens de
cette Compagnie? Quand il
r/auroit pllStendu aujjt loin
les frontiefei du Royaume;
quand d auroitabattu moins
Jtennemisy cette Epoque feule
*eût assurési memoire contre
l'oubli,lignorance & tenvie,
>
&fins cet événement peut-
*
ître tous les autres étoientperdus
pour la pofierité.
En cet endroit il continuë
l'éloge du Cardinal de
Richelieu, du Chevalier
Seguier, & de M. de Sillery,
dont il remplit maintenant
la place.
Plus loin il ajoûte.
Armand, vous le ffave;r,
avait long-temps combattu 1'heresse
par la¡;: doéîrine, avant
que de lacombattreparlaptiif-
Jance. Dans ces derniers temps
te monstre *,toujours fécond
ksereproduire, a reparu feus
une nouvelleforme, d'autant
flqi dangereuse,qu'il ne pre-
* Le Tanfcnifme,
noit les cDuleu-rs de la vérité
que pour la trahir plus sûrement.
:
'- Sillerj estm des Athletes
éhoifis pour le poursuivre.
Avec quel courage ne ta-t-il
point attaqué f Avecquelle
.charitéingenieuseriA-MI pastravaillé
a la réunion des ef.
prits qutlvoyoit uniquement
divife^sur la maniéré de le
tetraffer r Lamortfeule apic
interrompre un fïsaint ou-
vrage. si saint :, Telle a été,Messîeurs, la
findes travaux & des jours
de ce grand h.fJmme. J'aisenti
tomme hjoustout. ce qye njous
perdtz en lui, & je le fins
encore au moment même-que
,'Vous me deftycz Jasuccessîon.
L)ttmitié wu$avoi? unis feus
les yeux d'une Princejje * -
également spirituelle & vertueuse
dans cet aimablesejour,
dansces, riantes campagnes (fil
tille,riadmet deplaisirs que ceux
qui luifontoffertspar les Muses.
Là nous avons affe% joui
des derniers entretiens de Ai, tEveque de Soijjons pour le
regretter long-temps.
Combien a-tril versé dàm
* Madame la Duchessedu Maine.
mon coeur d'amour, de refpeêl
& de zele pour l'académie!
Il ne vous abandonnait, m-art-
il dity que pour "vaquer aux
devoirsdeJon état.
Je rends graces au mien.,
qui me permettra plus d'ajjiduité;
uniquementpartagé entre
deux occupations,d'admis
rer mon hIaÍtre, &d'apprendre
de vous à exprimer mon
admiration;témoin toura tour
& de ses vertus & de vos
éloges.
Dans cette auguste retraite *
ou il daigne.quelquefois mJad
v* Marly. ,
mettre
mettre aJes délajjèmens;dans
ces momens heureux ou il tempère
l'éclat qui l'environne
pour dejeendrejusqu'q, nous,
je recueilleraiplussoigneusement
que jamais fèsparoles
fis allions qui échapent à l'hijtoire.
Je vous les rapporterai;
je fiai le precicuxujage que
iwusenpourrezfaire.
»
Oui, AdeJJteurs, les Héros
que la Fable a imagine.z, ou
que l'Histoireaembelis, ont
bejoin, pour paroitre grands del'appareil de , toutes leurs
udéloires
j
de l'ajjemblage detous
les jours de leurvie. Un
sieus jour du Roy vous four..
nit unpanégyrique:je dis même
unfienl de ces jours pd-ifibles,
ou il ne s'occupe que du
bonheur defia Cour & de la
félicité defies peuples.
Il respireenfin Apres tant
deglorieux travaux,il compte
avec impatience de quel moment
fies fiujets commenceront
a goûter tous les firuits de la
paix:toujours rempli desfoins
de cet heureux avenir, il ne
travaille qu'à nous l'ajjurer.
Sa tendrejfie paternelle fie croit
trop rejJèrréepar les bornes de
laplus longue vie; elle létend
n~u--de~là. Q9u,,e,lté»moignage tfo0~u--
chantuous en a-t-il donné, &
quelJpeélacle à l'Univers! Jamais
il ne paraît moins homr
me,que lors qu'ilJe souvient
de l'être. Puissè le CielJe contenter
de cettepieuse &fagé
préoyance!puissions-nousn'a-.
"voirjamais hejoin d'en rejjentir
les effets ! Queson h ritier.
croissè Jous ses yeux, & re..
çoiqje deJa bouche les injlructions
qu'il lui legue.
* Pour moy, Messieurs,Il le
titre £Académicien re 1c"nd
plus recommandable a vtre
Apgujle Proteâeur, mon -ele
poursa Personne ifacrée me rendraplus
cher à cette célébré
Compagnie. Les bontez de ce
Monarque vousont prévenus
en ma faveuy ; j'ai reffinti de
tous fies bienfaits le plus pur
& le plus précieux. Il a brisé
les funefles liens où niavoit
fnLagé le malheur de ma naiss
pince ; & cesi aux pieds de
Ces mêmes Autelsausquels il
triarappellé, queje dois former
autant de voeux pourfit
vie que vous éleruez de monu.,
mens poursa gloire.
Aprés que M. le Duc de
la Force eutachevésonDilcours,
M.l'Abbé d'Ettrées,
Commandeur de l'Ordre
du Saint Esprit, Dire<5teur
de l'Academie, luirépondit.
MONSIEUR,
Dans lesfréquentespertâi
que tAcademie afaitesdepuis:
quelques mois, elle s'ejl vûe
enlever beaucoup d'hommes illucres
; cesi ce quifanJa douleur
: mais de nepouvoirgueres
en perdre que de tels, cess
cequi. faitsa gloire; & enfin
de pourvoir les remplacer,cest
ce qui peut la conso ler.
C1tjl en effet, Monfiettr,
par cet endroit quelle Je console
aujourd'hui, en voyant
un homme de votre naijjance
& de votremérité prendre la
place d'ungrand Prelat quelle
regrette,& dont javoue que
.( je ne fçaurois me Jouvenir
sans me sèntir attendri. Je
fuisperjitadé MeJJteurs, que
ceux dentre vous qui ont
eu quelque liaison avec lui
rejjentent ce que je Jens mymême
dans ce marnent; car
cejl faire un éloge également
1Jeritable & glorieux de feu
Al. l'r-vequedeSoleons, que
de dire qu'il sétoit attiré l'ef
time & l'amitié de tous les
gens d'honneur; & vous me
pardonnerez Jtje fais le mien
en disànt que j'étois. de ses
amis.
Son esprit, sa candeur, ses
manieres polies, sa fidélité dans
te commerce de l'amitié> mbritpient
qu'on s'attachât 4
lui. Il tiroit toutes ces qualit ez
du fond d'un beau & noble
naturel, commun a tous ceux
de sa Adaijon. De la njenoit
cette union intimede trois freres,
tous trois dijlinguez chacun
dans leur état, digne pof
terité du fameux Chancelier
de Sillry.
Vne mort prématurée dans un âge qui.n,étai-t pas encore
fort avancé) nous a ravi cet
aimable&rcjpeélable Pre-
Lt, aujji recommandable par
sa regulritt:, par sa charité
envers les pauvres , par l'application
à ses devoirs, que
par les qualitez dont la nature
l'avoit avantagé. Vous lui
fùccedcz, Monfiettr) & vous
honorerez la place que vous
tlie^ prendre parmi no-us ;
fous,l'honorerez^
>
dis-je" nn
feulementpar le rang que 'VOUJ
lene'{ dans le mondey &pat
le nom que vous portt;z, un
des plus illuflres qu'il y ait
dans le Royaume : mais encore
par les talens propresd'un
Académicien
)
qui ont déja
brillédaus une Cour qui cfi
l'école du bongo,ut&le regne
de la politejjè> & outïut jusqTue'aupx
prLii/iris etfl a.ssaisonné
Quand ces talens ssous auraient
manquéyAdonfieur>
nous aurions de qaoyju(lisier
le choix qu'on a fait devous
par la faveur & la protection
que vous accorde'{ aux sciencesy
aux beaux 1rts, aux
belles Lettres, &par la libéralité
dont vous nfe^ envers
ceux qui sy dppliquent. Mous *sommes Académiciens ; notre
Académie efl comme la mere
& le modefe de toutes les autres
y
elleprendpart, elle sinterejje
à ce qni les regarde.
Nous riignorions pas ce qui leflpasé a Bordeaux: vous
y atek établi une Academie
qui renferme dansson objet
tout ce que les trois Académies
inftstuées ici, &qui traaillent
fous l'autorité & la
protcélwn du Roy, Je font
chacune proposéJeparrment.
Vous lui avek obtenu des Lettres
patentes de SaMajefié>
njQusy ae'{ fondé dcs prix,.
nom en êtes le pero : ce titre
fcul meritoit que nous enflions
de ïempreffement pour tout
tggreger à- la notre.
Apres celatl feroit inutile
que je vous exhortajfe au nom
de l'Acadeoeie a remplir les
devoirs£Académicien parnjo*
tre ajfîdmté aux ajfèmhlées,
par vos lHmieres, & meme >
çpmme vous le pourriez*?par
rvos ouvrages: vous naur
qu'à suivre votre inclination,
& à laijler prendre rejJor a
votre Genie,. pour répondre
à nos esperances, &pour confirmerrapprobation
generale
qu'on a donnée au choix que
ngus avons fait de votre Personne.
donc la naissance; lemerite
& les belles qualitez
n'ont besoin ni decomment
taire,nid'éloge, ayaptéto
élû parMessieurs de sAca.
demie Françoise, à la place.
de feu.M.Bruslart de.JSilooi
lery,Evêque de :SoiffoiisJ
y prit seance le Lundi2 8:
Janvier, ôc prononça un
Discours qui fut si universellementapprouvé
;queje
suis très-mortifié de ne
pouvoir vous en donner
qu'un extrait.
Aieflieurs, dit
-
il, lorjque
vous élevc^jusqu'a vous des
hommes celebres par leurs Ecrits,
c'est une dette que vous
acquitte^ ; & juflesarbitres,
des talens
,
la réputation la
mieux établie entraîne necef
Jairement vos fujjrages.
Mais lorjque vous ouvre%
le Sanctuaire des Mufesàceux
qui n'ont d'autre mérité que
de lesaimersans lesavoirbeau^
coup servies, éejl umgrâce*
que 'Vous faites) & la prefertneesemble
être l'ouvrage tout
pur devotre inclination.
CependantJtfavorable
pour moj, dois-je le juflifier
aujourd'hui? Comment rendrè:
raison de mon bonheur ? n'ejl..
ce pas assiz de le sentir avec
la plus vive reconnoissance? ,, L?Academieornéeplus que
jamais de ce que la Religion,
les Armes & laMagijlrature
ont de perfonnagesplus diJlingue"{,
avoit-elle besoin dun.
homme qui n'eutay apporter
que les avantages du rang &
de la dignitéîPer..
Permette^-moj donc, Messieurs,
de mabandonner à une
idée plusflateuse, Peut-être
a,vek -vous Jfiî combien fat
ététouché dés ma jeunesse de
cet éclat indépendant du ha*
%ard
,
injeparable de nousmêmes,
de cette gloire delicate
que vouspoffede^&dontvous
êtes les vraisdispensateurs.
Peut-être avek-vous ffû que
fenjtble aucommercedes Gens
de Lettres, où l'on acquiert
olvec facilitécequi leur aco ûté
tant de travai
lui
travail3 je les ai aitne^,
je les ai recherche% ,je
les ai rassemble
-OuiyMejjieurs,j'ai ose
fonder une Cnlonje Jçavmte *
dans une des premieres villes
du Royaume. Ne dévots-je
point attendre votre aveuf
Les Academies étrangeres qui
nefleuriffent que fous vos auf
pices, qui ne
brillent
que de la
reflexion de vos lumieres, doi..
vent recevoir de vous leurs
Chef, & non pas vous les
prejnter. Je putscependant
m'applaudir de mon impatience
en de ma temerité) puisque
* L'Academie Royale de Bordeaux
établie en 171;. fous laprotectiondeM.
leDucdelaForce,;
Uous 'Vez approuvé l'une &
couronné l'autre.
En madoptantaujourd'hui
"vous épandèzfut cette Compagnie
que j'ai formée un éclat
qui lui manquoit; elle partagera,
elle éternisera ma reconnoijjance.
Vous me rendespliàs
digne d'elle. Elle me reverra
avec la mêmejojye que les nations
les plus oei 'N-crrvoitnt
leursPrinces,lorsqu'ils revénoient
charge^ du nomglorieux
d'ami
y
d'allié) de citoyen Ac-
Rome.
Heureux ctux à qui la fortune
meten rnam les recorfb
penJes des Arts! Heureux
ceux qui placez entre Augufle
& Virgile peuvent faciliter
laccés du Trône aux Aiufes
timides ! Quellefut donc U
joje du grand Armand, lors
qu'il jetta les fondemens de
cette Compagnie? Quand il
r/auroit pllStendu aujjt loin
les frontiefei du Royaume;
quand d auroitabattu moins
Jtennemisy cette Epoque feule
*eût assurési memoire contre
l'oubli,lignorance & tenvie,
>
&fins cet événement peut-
*
ître tous les autres étoientperdus
pour la pofierité.
En cet endroit il continuë
l'éloge du Cardinal de
Richelieu, du Chevalier
Seguier, & de M. de Sillery,
dont il remplit maintenant
la place.
Plus loin il ajoûte.
Armand, vous le ffave;r,
avait long-temps combattu 1'heresse
par la¡;: doéîrine, avant
que de lacombattreparlaptiif-
Jance. Dans ces derniers temps
te monstre *,toujours fécond
ksereproduire, a reparu feus
une nouvelleforme, d'autant
flqi dangereuse,qu'il ne pre-
* Le Tanfcnifme,
noit les cDuleu-rs de la vérité
que pour la trahir plus sûrement.
:
'- Sillerj estm des Athletes
éhoifis pour le poursuivre.
Avec quel courage ne ta-t-il
point attaqué f Avecquelle
.charitéingenieuseriA-MI pastravaillé
a la réunion des ef.
prits qutlvoyoit uniquement
divife^sur la maniéré de le
tetraffer r Lamortfeule apic
interrompre un fïsaint ou-
vrage. si saint :, Telle a été,Messîeurs, la
findes travaux & des jours
de ce grand h.fJmme. J'aisenti
tomme hjoustout. ce qye njous
perdtz en lui, & je le fins
encore au moment même-que
,'Vous me deftycz Jasuccessîon.
L)ttmitié wu$avoi? unis feus
les yeux d'une Princejje * -
également spirituelle & vertueuse
dans cet aimablesejour,
dansces, riantes campagnes (fil
tille,riadmet deplaisirs que ceux
qui luifontoffertspar les Muses.
Là nous avons affe% joui
des derniers entretiens de Ai, tEveque de Soijjons pour le
regretter long-temps.
Combien a-tril versé dàm
* Madame la Duchessedu Maine.
mon coeur d'amour, de refpeêl
& de zele pour l'académie!
Il ne vous abandonnait, m-art-
il dity que pour "vaquer aux
devoirsdeJon état.
Je rends graces au mien.,
qui me permettra plus d'ajjiduité;
uniquementpartagé entre
deux occupations,d'admis
rer mon hIaÍtre, &d'apprendre
de vous à exprimer mon
admiration;témoin toura tour
& de ses vertus & de vos
éloges.
Dans cette auguste retraite *
ou il daigne.quelquefois mJad
v* Marly. ,
mettre
mettre aJes délajjèmens;dans
ces momens heureux ou il tempère
l'éclat qui l'environne
pour dejeendrejusqu'q, nous,
je recueilleraiplussoigneusement
que jamais fèsparoles
fis allions qui échapent à l'hijtoire.
Je vous les rapporterai;
je fiai le precicuxujage que
iwusenpourrezfaire.
»
Oui, AdeJJteurs, les Héros
que la Fable a imagine.z, ou
que l'Histoireaembelis, ont
bejoin, pour paroitre grands del'appareil de , toutes leurs
udéloires
j
de l'ajjemblage detous
les jours de leurvie. Un
sieus jour du Roy vous four..
nit unpanégyrique:je dis même
unfienl de ces jours pd-ifibles,
ou il ne s'occupe que du
bonheur defia Cour & de la
félicité defies peuples.
Il respireenfin Apres tant
deglorieux travaux,il compte
avec impatience de quel moment
fies fiujets commenceront
a goûter tous les firuits de la
paix:toujours rempli desfoins
de cet heureux avenir, il ne
travaille qu'à nous l'ajjurer.
Sa tendrejfie paternelle fie croit
trop rejJèrréepar les bornes de
laplus longue vie; elle létend
n~u--de~là. Q9u,,e,lté»moignage tfo0~u--
chantuous en a-t-il donné, &
quelJpeélacle à l'Univers! Jamais
il ne paraît moins homr
me,que lors qu'ilJe souvient
de l'être. Puissè le CielJe contenter
de cettepieuse &fagé
préoyance!puissions-nousn'a-.
"voirjamais hejoin d'en rejjentir
les effets ! Queson h ritier.
croissè Jous ses yeux, & re..
çoiqje deJa bouche les injlructions
qu'il lui legue.
* Pour moy, Messieurs,Il le
titre £Académicien re 1c"nd
plus recommandable a vtre
Apgujle Proteâeur, mon -ele
poursa Personne ifacrée me rendraplus
cher à cette célébré
Compagnie. Les bontez de ce
Monarque vousont prévenus
en ma faveuy ; j'ai reffinti de
tous fies bienfaits le plus pur
& le plus précieux. Il a brisé
les funefles liens où niavoit
fnLagé le malheur de ma naiss
pince ; & cesi aux pieds de
Ces mêmes Autelsausquels il
triarappellé, queje dois former
autant de voeux pourfit
vie que vous éleruez de monu.,
mens poursa gloire.
Aprés que M. le Duc de
la Force eutachevésonDilcours,
M.l'Abbé d'Ettrées,
Commandeur de l'Ordre
du Saint Esprit, Dire<5teur
de l'Academie, luirépondit.
MONSIEUR,
Dans lesfréquentespertâi
que tAcademie afaitesdepuis:
quelques mois, elle s'ejl vûe
enlever beaucoup d'hommes illucres
; cesi ce quifanJa douleur
: mais de nepouvoirgueres
en perdre que de tels, cess
cequi. faitsa gloire; & enfin
de pourvoir les remplacer,cest
ce qui peut la conso ler.
C1tjl en effet, Monfiettr,
par cet endroit quelle Je console
aujourd'hui, en voyant
un homme de votre naijjance
& de votremérité prendre la
place d'ungrand Prelat quelle
regrette,& dont javoue que
.( je ne fçaurois me Jouvenir
sans me sèntir attendri. Je
fuisperjitadé MeJJteurs, que
ceux dentre vous qui ont
eu quelque liaison avec lui
rejjentent ce que je Jens mymême
dans ce marnent; car
cejl faire un éloge également
1Jeritable & glorieux de feu
Al. l'r-vequedeSoleons, que
de dire qu'il sétoit attiré l'ef
time & l'amitié de tous les
gens d'honneur; & vous me
pardonnerez Jtje fais le mien
en disànt que j'étois. de ses
amis.
Son esprit, sa candeur, ses
manieres polies, sa fidélité dans
te commerce de l'amitié> mbritpient
qu'on s'attachât 4
lui. Il tiroit toutes ces qualit ez
du fond d'un beau & noble
naturel, commun a tous ceux
de sa Adaijon. De la njenoit
cette union intimede trois freres,
tous trois dijlinguez chacun
dans leur état, digne pof
terité du fameux Chancelier
de Sillry.
Vne mort prématurée dans un âge qui.n,étai-t pas encore
fort avancé) nous a ravi cet
aimable&rcjpeélable Pre-
Lt, aujji recommandable par
sa regulritt:, par sa charité
envers les pauvres , par l'application
à ses devoirs, que
par les qualitez dont la nature
l'avoit avantagé. Vous lui
fùccedcz, Monfiettr) & vous
honorerez la place que vous
tlie^ prendre parmi no-us ;
fous,l'honorerez^
>
dis-je" nn
feulementpar le rang que 'VOUJ
lene'{ dans le mondey &pat
le nom que vous portt;z, un
des plus illuflres qu'il y ait
dans le Royaume : mais encore
par les talens propresd'un
Académicien
)
qui ont déja
brillédaus une Cour qui cfi
l'école du bongo,ut&le regne
de la politejjè> & outïut jusqTue'aupx
prLii/iris etfl a.ssaisonné
Quand ces talens ssous auraient
manquéyAdonfieur>
nous aurions de qaoyju(lisier
le choix qu'on a fait devous
par la faveur & la protection
que vous accorde'{ aux sciencesy
aux beaux 1rts, aux
belles Lettres, &par la libéralité
dont vous nfe^ envers
ceux qui sy dppliquent. Mous *sommes Académiciens ; notre
Académie efl comme la mere
& le modefe de toutes les autres
y
elleprendpart, elle sinterejje
à ce qni les regarde.
Nous riignorions pas ce qui leflpasé a Bordeaux: vous
y atek établi une Academie
qui renferme dansson objet
tout ce que les trois Académies
inftstuées ici, &qui traaillent
fous l'autorité & la
protcélwn du Roy, Je font
chacune proposéJeparrment.
Vous lui avek obtenu des Lettres
patentes de SaMajefié>
njQusy ae'{ fondé dcs prix,.
nom en êtes le pero : ce titre
fcul meritoit que nous enflions
de ïempreffement pour tout
tggreger à- la notre.
Apres celatl feroit inutile
que je vous exhortajfe au nom
de l'Acadeoeie a remplir les
devoirs£Académicien parnjo*
tre ajfîdmté aux ajfèmhlées,
par vos lHmieres, & meme >
çpmme vous le pourriez*?par
rvos ouvrages: vous naur
qu'à suivre votre inclination,
& à laijler prendre rejJor a
votre Genie,. pour répondre
à nos esperances, &pour confirmerrapprobation
generale
qu'on a donnée au choix que
ngus avons fait de votre Personne.
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