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1
p. 109-119
SUITE DU MÉMOIRE DE M. TRÉBUCHET.
Début :
SOIT X l'angle constant que j'ai trouvé par les contacts extérieurs de Vénus [...]
Mots clefs :
Vénus, Différence, Parallaxe, Table, Edmond Halley, Journal, Lieu, Passage, Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, Observation, Sortie, Durée, Effet
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU MÉMOIRE DE M. TRÉBUCHET.
SUITE DU MÉMoIRE DE M.
- TRÉBvcHET.
Soir X l'angle conſtant que j'ai trou
Vé par les contacts extérieurs de Vénus
de 54 degrés 24 minutes, & pour les
contacts intérieurs de 51d 51'; ſoit Y la
différence des parallaxes de hauteur, &
Z l'angle variable marqué dans les co
lonnes du point de contact, on aura
9 — T fin. Z
l'effet de la parallaxe = # -
Pour réduire en tems cet effet de la
parallaxe, comme il eſt marqué dans
I IC MERCURE DE FRANCE.
les 5° & 1o° colonnes, j'ai employé le
logarithme conſtant 11811o additif, que
M. Delalande dans ſa Connoiſſance de
2763,p.2o3, dit avoir tiré desTables du
mouvement deVénus,&être dix fois plus
exact que celui qu'on pourroit tirer de
l'obſervation. L'effet de la parallaxe re
lative à Paris, n'étant autre choſe que la
ſomme ou la différence de ſa parallaxe
abſolue avec celle d'un lieu propoſé ,
j'ai cru qu'il étoit inutile d'en faire des
colonnes particulieres ; on voit, par
exemple, que l'obſervation du premier
contact s'eſt faite à Paris, 1’ 11" plutôt
qu'à Madrid, & ſeulement 23" plutôt
qu'à Lyon, & 19" plus tard qu'à Green
wich, & ainſi des autres.
L'entrée n'ayant été obſervée qu'à
Stokolm, Pétersbourg, Tobolsk & Trin
quebar, j'ai écrit ce mot entrée dans la
ſeconde colonne vis - à - vis l'inſtant de
l'obſervation. Tous les autres tems doi
vent s'entendre de la ſortie. Ma Table
eſt conſtruite d'après celle du P. Hell,
où j'ai pris toutes les obſervations que
je rapporte, à la réſerve de celles de
Lisbonne, de Naples, de l'iſle Rodri
gues, & de Trinquebar ſur la côte de
Coromandel, qui m'ont été communi
quées par M. Meſſier. Cet Aſtronome
J U I N. 1764. .. 1 1 1
infatigable, que les veilles les plus ſou
tenues dans l'obſervatoire de la Marine,
mettent en correſpondance avec tous les
Aſtronomes du monde connu , ayant
bien voulu me faire paſſer ces quatre
cbſervations, qu'il me ſoit permis de lui
en faire publiquement les remercimens
que je lui en dois.
J'ai ſuppoſé la latitude ſeptentrionale ,
de Trinquebar de 11*; mais ſa longi
tude n'étant point exactement connue,
je n'ai pu la réduire au Méridien de Pa
ris, non plus que celle de Virtsbourg
que je n'ai trouvée ni dans la Connoiſ
ſance des Tems , ni dans la Diſſertation
ſur Vénus. &
L'Obſervation de l'iſle Rodrigues ,
telle qu'elle a été donnée à M. Meſſier
par M. Pingré qui l'a faite, & qu'elle
eſt employée dans ma Table, différe un
peu de celle qui a été employée par M.
Delalande dans le ſecond Mercure de
Juillet 1762, & dans la Connoiſſance
des Tems de 1764. Il y dit : que le con
tact intérieur, à la ſortie, y a été obſer
vé 34'44" après midi; il ſuppoſe la dif
férence des Méridiens de 4º 2', d'où il
conclut la parallaxe du ſoleil 9" , 55 ;
mais il fait obſerver que 2o" d'erreur
ſur la différence des Méridiens de Paris
1 12 MERCURE DE FRANCE.
& de l'iſle Rodrigues, font o", 7 de
différence ſur la parallaxe du ſoleil.
Or, M. Pingré marque le même con
tact à o" 36'49", avec la différence des
mêmes Méridiens de 4" 3'26" , ainſi ,
ſans parler de la différence de 2 5" qui
ſe trouve ici dans les inſtans du contact,
la ſeule différence de 1'26'º dans la lon
gitude de Rodrigues entre ces deux Aſ -
tronomes, laiſſe une incertitude de 3"
entières ſur les 9" 55 de la parallaxe con
clue par M. Delalande. -
Je ne fais cette remarque que pour
faire ſentir l'avantage de la méthode de
M. Halley, qui n'exige pas la connoiſ
ſance des longitudes, mais ſeulement
des pendules à ſecondes & des lunettes
ordinaires, comme de 15 à 18 pieds,
c'eſt-à-dire, d'égale longueur & d'égale
bonté, à la faveur deſquelles deux Ob
ſervateurs placés dans les lieux les plus
éloignés, puiſſent obſerver la durée to
tale du paſſage avec la plus grande diffé
| rence poſſible. Tel eſt l'avantage que
promet le paſſage de 1769 pour deux
Obſervateurs, dont l'un ſera à Mexico,
capitale du Mexique, & l'autre à Abo
en Finlande ou à Torneo en Laponie :
la durée du paſſage ſera plus courte pour
le Mexique d'environ une vingtaine de
minutes de tems.
- J U I N. 1764. 1 13
· M. Halley avoit indiqué pour le paſ
ſage de 1761 , comme les lieux les plus
avantageuſement ſitués la baye d'Hud
ſon, & les rives du Gange, mais il eſt
aſſez ſurprenant que dans le précis qu'on
a fait de ſon ingénieux Mémoire, à la
page 1o3 du Journal Etranger de Mai
176 r , on lui ait fait dire préciſément
tout le contraire de ce qu'il a dit.
Il a dit : qu'à la bave d'Hudſon l'effet
de la parallaxe ſeroit de retarder la ſortie
de Vénus ; on lui fait dire, accélérer. Il
a dit : que la durée du paſſage entier y
devoit paroître plus longue, longiorem,
d'environ 6 que pour le centre de la
terre; on lui fait dire, qu'elle a dû y
être moindre de la même quantité.
Il a dit : que vers l'embouchure du
Gange la ſortie paroîtroit accélérée; on
lui fait dire, retardée.
Enfin, il a dit : que la durée du paſ
ſage y devoit être diminuée, contrahe
tur, d'environ 11' de plus que pour le
centre de la terre ; on lui fait dire, pro
longée. A
Plus bas on ajoute qu'on a reconnu
dans la ſuite que M. Halley s'étoit trom
pé; M. Ferguſon, Anglois, en ayant fait
la remarque à la page 99, on y dit en
note : que l'Angleterre doit cette remar
\
114 MERCURE DE FRANCE.
que à la France, & en particulier à M.
Deliſle, qui en fit part à l'Académie
Royale des Sciences, & au Public dès
les derniers mois de 1759. Cela eſt
vrai, mais il eſt également vrai que ce
fut moi qui en fis part à M. Deliſle.
Content d'avoir fait la découverte., j'ai
dû l'être encore davantage de l'avoir vue
annoncée par un Savant de ce nom; ſi
j'en euſſe parlé tout ſeul, on ne m'au
roit jamais cru, lui-même a été ſix jours
ſans me croire, & ne l'a fait qu'après
avoir vérifié mon calcul : lui - même a
été cinq mois ſans être cru ; tant étoit
grand ſur tous les eſprits l'aſcendant du
Prince des Aſtronomes Anglois , M.
Halley , qui étoit en réputation de ne
s'être jamais trompé en fait de calcul.
On dit à la page 1o5 du même Jour
nal Etranger, que ce ſavant Aſtronome
s'étoit mépris dans la poſition d'un an
gle, & que cette mépriſe cauſoit une
erreur conſidérable : il falloit dire dans
la poſition d'un cercle, & que cette mé
priſe ne cauſoit aucune erreur ſenſible.
Je l'ai déja dit dans le Journal des Sa
vans de Novembre 176o, & je le répéte
ici avec d'autant plus de confiance,qu'un
Académicien l'a dit depuis moi dans le
J U I N. 1764. 1 15
Journal des Savans d'Avril 1761 , au
ſujet des calculs de M. Deliſle.
Il eſt donc bien certain que le mé
compte de M. Halley n'a d'autre fonde
ment que dans la latitude de 4' qu'il a
employée, au lieu de celle de 1o' qu'il
auroit dû employer; mais comme cet
élément dépend du mouvement du noeud
de Vénus, qui n'étoit pas connu lorſ
qu'il travailloit à ſon Mémoire en 1716,
il n'a pu l'employer bien juſte : encore
moins l'a-t-il pu en 1691 , quand il fai
ſoit ſa Table pour mille ans des Con
jonctions Ecliptiques de Vénus. C'eſt ce
qui fait dire à l'Académicien, rédacteur
de l'Hiſtoire de l'Académie pour l'année
1757 , pag. 81 , que M, Halley a pu
inſérer dans ſa Table des années où il
n'eſt pas ſûr qu'il doive arriver des paſ
ſages de Vénus, & qu'il conviendroit de
refaire ces calculs ſur les nouveaux élé
777(277$.
Avant que de voir ce Volume , qui
n'eſt ſorti de deſſous la preſſe qu'à la fin
de l'année derniere, * j'avois penſé les
mêmes choſes au commencement de la
même année ; c'eſt ce qui m'a engagé à
refaire cette Table telle qu'elle eſt im
primée dans le Journal des Savans de
# 1762 .
116 MERCURE DE FRANCE.
Février 1762. On y voit qu'en effet des
17 conjonctions Venériennes dont M.
Halley a compoſé ſa Table, il y en a ſix
à rabattre, ſavoir quatre pour le paſſé,
& deux pour l'avenir, dans leſquelles il
eſt sûr qu'il n'y a point eu, & qu'il n'y
aura pas de paſſage de Vénns
En relevant quelques erreurs qui ſe
ſont gliſſées dans le Journal Etranger,
je crois entrer dans les vues du Savant
qui préſide à la rédaction de ce Journal ;
le ſoin qu'il prend de nous tranſmettre
tant de beautés & de vérités étrangères
qui ſeroient perdues pour nous ſans ſon
Recueil, m'eſt garant de ſes ſentimens.
J'en dis autant de l'Auteur même de
ces erreurs, ou, pour mieux dire, de
ces inadvertances; la célébrité & la rare
té du phénomène, pour me ſervir de ſes
expreſſions, pag. t ou , me fait penſer
qu'il ne me ſaura pas mauvais gré de les
avoir fait obſerver ; & il eſt trop au fait
de la matière pour ne pas les ſentir; il
a trop de bonne foi pour ne pas les
aVOller.
J'ai déja dit que j'ai employé dans
mes calculs la différence des parallaxes
horiſontales de 24"; je dois ajoûter que
j'ai ſuppoſé le demi-diamètre du ſoleil
J U I N. 1764. 117
de 15 47", celui de Vénus de 29", &
la plus proche diſtance des centres de 9!
27", par une eſpèce de milieu entre la
détermination de M. Delalande & celle
du P. Hell.
Je ne connois cet Aſtronome Alle
mand que par ſa Diſſertation ; c'en eſt
aſſez pour me faire juger de ſes talens,
n'en ayant rien, je ne me flatte pas
d'avoir rempli ſes vues par la conſtruc
tion de ma Table ; heureux, ſi, en la
donnant au Public, j'ai ſçu lui marquer
tout à la fois mon amour pour l'Aſtrono
mie, & mon reſpect pour un Savant ſi
digne d'orner la Liſte de tous ceux qui
répondent ſi bien en tous genres aux
voeux de leur Illuſtre Protectrice S. M. la
Reine de Hongrie.
A l'exemple de notre Monarque, cette
Souveraine ſemble ne tenir le ſceptre
d'une main que pour tendre l'autre à
l'humanité : les Savans les plus malheu
reux, lui paroiſſent les plus dignes de
ſes bontés & de ſa protection, quand ils
ne ſont pas coupables : l'envie qui n'a
point d'accès à ſon trône, ne ſauroit les
en écarter. Rénumératrice des talens,
elle ne fait que les couronner en les
tranſplantant juſqu'aux extrémités de ſes
Etats.
--
1 18 MERCURE DE FRANCE.
C'eſt ainſi que bien plus heureuſe
que Chriſtine de Suéde, cette Chriſ#ine
d'Autriche , ſans quitter les rênes d'un
gouvernement dont elle fait le bonheur,
fait encore fleurir les Sciences dans les
terres jadis incultes des Varadins & des
Croates.
Tems heureux! l'Europe entière n'aura
bientôt plus rien de la barbarie des ſié
cles de l'ignorance , dont j'ai trouvé
des précieux reſtes en 1758 , dans le
centre & la Capitale d'une de nos Pro
vinces : déja l'on ſait que le Turban
veut arborer l'étendard de la cé
leſte Uranie, en lui érigeant des autels
& des trophées au milieu de Conſtanti
nople.* Puiſſe cetteVille d'ailleurs ſi flo
riſſante, & jadis la capitale du monde
Chrétien, redevenir une terre nouvelle à
la vue du Ciel nouveau qui va s'y décou
vrir ! Puiſſent les Moſquées devenir les
Temples du vrai Dieu, ſeul Auteur de
tant de merveilles auſſi anciennes que le
Monde; & le Croiſſant, ce ſymbole de
l'inconſtance , s'y changer pour jamais
dans le ſigne ſacré du ſalut de tous les
hommes !
* Voyez le ſecond Mercure de Janvier 1zs; ,
Page 9 f•
J U I N. 1764: 1 19
P. S. Les Obſervations du Satellité
de Vénus, dont j'ai parlé dans ce Mé
moire fait l'an paſſé, ont été confirmées
au mois de Mars dernier; ſavoir, les 3,4,
1o & 11 à Copenhague par Mº Roed
kier & Horrebow. (Voyez la Gazette
Littéraire du 18 Avril). Et les 15, 28 &
29 du même mois de Mars, à Auxerre,
par M. de Montbaron , Conſeiller au
Bailliage (c'eſt ainſi qu'il faut lire, au
lieu de M. de Montbazon dans ma Let
tre ſur l'Eclipſe du premier Avril au
ſecond Mercure d'Avril.)
Au Mercure de Mai, pag. 134 lig. 3o
au lieu de m'en avoient, liſez m'avoient.
Fage 143 lig. 28 au lieu de au moins
iſez en moins.
Page I44 lig. 15 après ces mots je n'ai
pu faire uſage, ajoutex, (dans la con
noiſſance des temps 1761.)
- TRÉBvcHET.
Soir X l'angle conſtant que j'ai trou
Vé par les contacts extérieurs de Vénus
de 54 degrés 24 minutes, & pour les
contacts intérieurs de 51d 51'; ſoit Y la
différence des parallaxes de hauteur, &
Z l'angle variable marqué dans les co
lonnes du point de contact, on aura
9 — T fin. Z
l'effet de la parallaxe = # -
Pour réduire en tems cet effet de la
parallaxe, comme il eſt marqué dans
I IC MERCURE DE FRANCE.
les 5° & 1o° colonnes, j'ai employé le
logarithme conſtant 11811o additif, que
M. Delalande dans ſa Connoiſſance de
2763,p.2o3, dit avoir tiré desTables du
mouvement deVénus,&être dix fois plus
exact que celui qu'on pourroit tirer de
l'obſervation. L'effet de la parallaxe re
lative à Paris, n'étant autre choſe que la
ſomme ou la différence de ſa parallaxe
abſolue avec celle d'un lieu propoſé ,
j'ai cru qu'il étoit inutile d'en faire des
colonnes particulieres ; on voit, par
exemple, que l'obſervation du premier
contact s'eſt faite à Paris, 1’ 11" plutôt
qu'à Madrid, & ſeulement 23" plutôt
qu'à Lyon, & 19" plus tard qu'à Green
wich, & ainſi des autres.
L'entrée n'ayant été obſervée qu'à
Stokolm, Pétersbourg, Tobolsk & Trin
quebar, j'ai écrit ce mot entrée dans la
ſeconde colonne vis - à - vis l'inſtant de
l'obſervation. Tous les autres tems doi
vent s'entendre de la ſortie. Ma Table
eſt conſtruite d'après celle du P. Hell,
où j'ai pris toutes les obſervations que
je rapporte, à la réſerve de celles de
Lisbonne, de Naples, de l'iſle Rodri
gues, & de Trinquebar ſur la côte de
Coromandel, qui m'ont été communi
quées par M. Meſſier. Cet Aſtronome
J U I N. 1764. .. 1 1 1
infatigable, que les veilles les plus ſou
tenues dans l'obſervatoire de la Marine,
mettent en correſpondance avec tous les
Aſtronomes du monde connu , ayant
bien voulu me faire paſſer ces quatre
cbſervations, qu'il me ſoit permis de lui
en faire publiquement les remercimens
que je lui en dois.
J'ai ſuppoſé la latitude ſeptentrionale ,
de Trinquebar de 11*; mais ſa longi
tude n'étant point exactement connue,
je n'ai pu la réduire au Méridien de Pa
ris, non plus que celle de Virtsbourg
que je n'ai trouvée ni dans la Connoiſ
ſance des Tems , ni dans la Diſſertation
ſur Vénus. &
L'Obſervation de l'iſle Rodrigues ,
telle qu'elle a été donnée à M. Meſſier
par M. Pingré qui l'a faite, & qu'elle
eſt employée dans ma Table, différe un
peu de celle qui a été employée par M.
Delalande dans le ſecond Mercure de
Juillet 1762, & dans la Connoiſſance
des Tems de 1764. Il y dit : que le con
tact intérieur, à la ſortie, y a été obſer
vé 34'44" après midi; il ſuppoſe la dif
férence des Méridiens de 4º 2', d'où il
conclut la parallaxe du ſoleil 9" , 55 ;
mais il fait obſerver que 2o" d'erreur
ſur la différence des Méridiens de Paris
1 12 MERCURE DE FRANCE.
& de l'iſle Rodrigues, font o", 7 de
différence ſur la parallaxe du ſoleil.
Or, M. Pingré marque le même con
tact à o" 36'49", avec la différence des
mêmes Méridiens de 4" 3'26" , ainſi ,
ſans parler de la différence de 2 5" qui
ſe trouve ici dans les inſtans du contact,
la ſeule différence de 1'26'º dans la lon
gitude de Rodrigues entre ces deux Aſ -
tronomes, laiſſe une incertitude de 3"
entières ſur les 9" 55 de la parallaxe con
clue par M. Delalande. -
Je ne fais cette remarque que pour
faire ſentir l'avantage de la méthode de
M. Halley, qui n'exige pas la connoiſ
ſance des longitudes, mais ſeulement
des pendules à ſecondes & des lunettes
ordinaires, comme de 15 à 18 pieds,
c'eſt-à-dire, d'égale longueur & d'égale
bonté, à la faveur deſquelles deux Ob
ſervateurs placés dans les lieux les plus
éloignés, puiſſent obſerver la durée to
tale du paſſage avec la plus grande diffé
| rence poſſible. Tel eſt l'avantage que
promet le paſſage de 1769 pour deux
Obſervateurs, dont l'un ſera à Mexico,
capitale du Mexique, & l'autre à Abo
en Finlande ou à Torneo en Laponie :
la durée du paſſage ſera plus courte pour
le Mexique d'environ une vingtaine de
minutes de tems.
- J U I N. 1764. 1 13
· M. Halley avoit indiqué pour le paſ
ſage de 1761 , comme les lieux les plus
avantageuſement ſitués la baye d'Hud
ſon, & les rives du Gange, mais il eſt
aſſez ſurprenant que dans le précis qu'on
a fait de ſon ingénieux Mémoire, à la
page 1o3 du Journal Etranger de Mai
176 r , on lui ait fait dire préciſément
tout le contraire de ce qu'il a dit.
Il a dit : qu'à la bave d'Hudſon l'effet
de la parallaxe ſeroit de retarder la ſortie
de Vénus ; on lui fait dire, accélérer. Il
a dit : que la durée du paſſage entier y
devoit paroître plus longue, longiorem,
d'environ 6 que pour le centre de la
terre; on lui fait dire, qu'elle a dû y
être moindre de la même quantité.
Il a dit : que vers l'embouchure du
Gange la ſortie paroîtroit accélérée; on
lui fait dire, retardée.
Enfin, il a dit : que la durée du paſ
ſage y devoit être diminuée, contrahe
tur, d'environ 11' de plus que pour le
centre de la terre ; on lui fait dire, pro
longée. A
Plus bas on ajoute qu'on a reconnu
dans la ſuite que M. Halley s'étoit trom
pé; M. Ferguſon, Anglois, en ayant fait
la remarque à la page 99, on y dit en
note : que l'Angleterre doit cette remar
\
114 MERCURE DE FRANCE.
que à la France, & en particulier à M.
Deliſle, qui en fit part à l'Académie
Royale des Sciences, & au Public dès
les derniers mois de 1759. Cela eſt
vrai, mais il eſt également vrai que ce
fut moi qui en fis part à M. Deliſle.
Content d'avoir fait la découverte., j'ai
dû l'être encore davantage de l'avoir vue
annoncée par un Savant de ce nom; ſi
j'en euſſe parlé tout ſeul, on ne m'au
roit jamais cru, lui-même a été ſix jours
ſans me croire, & ne l'a fait qu'après
avoir vérifié mon calcul : lui - même a
été cinq mois ſans être cru ; tant étoit
grand ſur tous les eſprits l'aſcendant du
Prince des Aſtronomes Anglois , M.
Halley , qui étoit en réputation de ne
s'être jamais trompé en fait de calcul.
On dit à la page 1o5 du même Jour
nal Etranger, que ce ſavant Aſtronome
s'étoit mépris dans la poſition d'un an
gle, & que cette mépriſe cauſoit une
erreur conſidérable : il falloit dire dans
la poſition d'un cercle, & que cette mé
priſe ne cauſoit aucune erreur ſenſible.
Je l'ai déja dit dans le Journal des Sa
vans de Novembre 176o, & je le répéte
ici avec d'autant plus de confiance,qu'un
Académicien l'a dit depuis moi dans le
J U I N. 1764. 1 15
Journal des Savans d'Avril 1761 , au
ſujet des calculs de M. Deliſle.
Il eſt donc bien certain que le mé
compte de M. Halley n'a d'autre fonde
ment que dans la latitude de 4' qu'il a
employée, au lieu de celle de 1o' qu'il
auroit dû employer; mais comme cet
élément dépend du mouvement du noeud
de Vénus, qui n'étoit pas connu lorſ
qu'il travailloit à ſon Mémoire en 1716,
il n'a pu l'employer bien juſte : encore
moins l'a-t-il pu en 1691 , quand il fai
ſoit ſa Table pour mille ans des Con
jonctions Ecliptiques de Vénus. C'eſt ce
qui fait dire à l'Académicien, rédacteur
de l'Hiſtoire de l'Académie pour l'année
1757 , pag. 81 , que M, Halley a pu
inſérer dans ſa Table des années où il
n'eſt pas ſûr qu'il doive arriver des paſ
ſages de Vénus, & qu'il conviendroit de
refaire ces calculs ſur les nouveaux élé
777(277$.
Avant que de voir ce Volume , qui
n'eſt ſorti de deſſous la preſſe qu'à la fin
de l'année derniere, * j'avois penſé les
mêmes choſes au commencement de la
même année ; c'eſt ce qui m'a engagé à
refaire cette Table telle qu'elle eſt im
primée dans le Journal des Savans de
# 1762 .
116 MERCURE DE FRANCE.
Février 1762. On y voit qu'en effet des
17 conjonctions Venériennes dont M.
Halley a compoſé ſa Table, il y en a ſix
à rabattre, ſavoir quatre pour le paſſé,
& deux pour l'avenir, dans leſquelles il
eſt sûr qu'il n'y a point eu, & qu'il n'y
aura pas de paſſage de Vénns
En relevant quelques erreurs qui ſe
ſont gliſſées dans le Journal Etranger,
je crois entrer dans les vues du Savant
qui préſide à la rédaction de ce Journal ;
le ſoin qu'il prend de nous tranſmettre
tant de beautés & de vérités étrangères
qui ſeroient perdues pour nous ſans ſon
Recueil, m'eſt garant de ſes ſentimens.
J'en dis autant de l'Auteur même de
ces erreurs, ou, pour mieux dire, de
ces inadvertances; la célébrité & la rare
té du phénomène, pour me ſervir de ſes
expreſſions, pag. t ou , me fait penſer
qu'il ne me ſaura pas mauvais gré de les
avoir fait obſerver ; & il eſt trop au fait
de la matière pour ne pas les ſentir; il
a trop de bonne foi pour ne pas les
aVOller.
J'ai déja dit que j'ai employé dans
mes calculs la différence des parallaxes
horiſontales de 24"; je dois ajoûter que
j'ai ſuppoſé le demi-diamètre du ſoleil
J U I N. 1764. 117
de 15 47", celui de Vénus de 29", &
la plus proche diſtance des centres de 9!
27", par une eſpèce de milieu entre la
détermination de M. Delalande & celle
du P. Hell.
Je ne connois cet Aſtronome Alle
mand que par ſa Diſſertation ; c'en eſt
aſſez pour me faire juger de ſes talens,
n'en ayant rien, je ne me flatte pas
d'avoir rempli ſes vues par la conſtruc
tion de ma Table ; heureux, ſi, en la
donnant au Public, j'ai ſçu lui marquer
tout à la fois mon amour pour l'Aſtrono
mie, & mon reſpect pour un Savant ſi
digne d'orner la Liſte de tous ceux qui
répondent ſi bien en tous genres aux
voeux de leur Illuſtre Protectrice S. M. la
Reine de Hongrie.
A l'exemple de notre Monarque, cette
Souveraine ſemble ne tenir le ſceptre
d'une main que pour tendre l'autre à
l'humanité : les Savans les plus malheu
reux, lui paroiſſent les plus dignes de
ſes bontés & de ſa protection, quand ils
ne ſont pas coupables : l'envie qui n'a
point d'accès à ſon trône, ne ſauroit les
en écarter. Rénumératrice des talens,
elle ne fait que les couronner en les
tranſplantant juſqu'aux extrémités de ſes
Etats.
--
1 18 MERCURE DE FRANCE.
C'eſt ainſi que bien plus heureuſe
que Chriſtine de Suéde, cette Chriſ#ine
d'Autriche , ſans quitter les rênes d'un
gouvernement dont elle fait le bonheur,
fait encore fleurir les Sciences dans les
terres jadis incultes des Varadins & des
Croates.
Tems heureux! l'Europe entière n'aura
bientôt plus rien de la barbarie des ſié
cles de l'ignorance , dont j'ai trouvé
des précieux reſtes en 1758 , dans le
centre & la Capitale d'une de nos Pro
vinces : déja l'on ſait que le Turban
veut arborer l'étendard de la cé
leſte Uranie, en lui érigeant des autels
& des trophées au milieu de Conſtanti
nople.* Puiſſe cetteVille d'ailleurs ſi flo
riſſante, & jadis la capitale du monde
Chrétien, redevenir une terre nouvelle à
la vue du Ciel nouveau qui va s'y décou
vrir ! Puiſſent les Moſquées devenir les
Temples du vrai Dieu, ſeul Auteur de
tant de merveilles auſſi anciennes que le
Monde; & le Croiſſant, ce ſymbole de
l'inconſtance , s'y changer pour jamais
dans le ſigne ſacré du ſalut de tous les
hommes !
* Voyez le ſecond Mercure de Janvier 1zs; ,
Page 9 f•
J U I N. 1764: 1 19
P. S. Les Obſervations du Satellité
de Vénus, dont j'ai parlé dans ce Mé
moire fait l'an paſſé, ont été confirmées
au mois de Mars dernier; ſavoir, les 3,4,
1o & 11 à Copenhague par Mº Roed
kier & Horrebow. (Voyez la Gazette
Littéraire du 18 Avril). Et les 15, 28 &
29 du même mois de Mars, à Auxerre,
par M. de Montbaron , Conſeiller au
Bailliage (c'eſt ainſi qu'il faut lire, au
lieu de M. de Montbazon dans ma Let
tre ſur l'Eclipſe du premier Avril au
ſecond Mercure d'Avril.)
Au Mercure de Mai, pag. 134 lig. 3o
au lieu de m'en avoient, liſez m'avoient.
Fage 143 lig. 28 au lieu de au moins
iſez en moins.
Page I44 lig. 15 après ces mots je n'ai
pu faire uſage, ajoutex, (dans la con
noiſſance des temps 1761.)
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