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1
p. 140-144
« ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
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ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...]
Mots clefs :
Calculs, Newton, Navigateur, Méridien, Observations, Mouvements
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texteReconnaissance textuelle : « ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
TAT DU CIEL , pour l'an de grace
1755 , calculé fur les principes de
Newton , & rapporté à l'ufage de la mari .
ne ; par A. G. Pingré , Chanoine Régulier
de Ste Geneviève , correfpondant de l'Académie
royale des Sciences , Affocié de
celle de Rouen. A Paris , chez Durand ,
rue Saint Jacques , au Griffon ; & Piffot ,
quai de Conti , à la Sageffe .
pu-
L'accueil que le public éclairé a fait à
l'Etat du Ciel de 1754 , n'a point été le
fruit de la faveur ou de la prévention . On
defiroit depuis long- tems en France un
ouvrage de cette efpéce ; mais la longueur
& la difficulté des calculs ralentiffoient le
zéle de ceux qui pouvoient l'entrepren
dre. Le defir de contribuer à l'utilité
blique l'a enfin emporté fur la féchereſſe
pénible d'une multitude de calculs embarraffans.
On a vû en France un Etat du ciel ,
où les mouvemens céleftes étoient déterminés
fur les principes les plus certains ,
fur les tables les plus parfaites. On paroiffoit
fatisfait. M. Pingré , auteur de l'ouvrage
, ne l'a point été ; il a fenti que fon
travail étoit fufceptible d'une perfection
FEVRIER. 1755. 14!
plus grande : il n'a point voulu qu'on pût
lui reprocher qu'il ne fervoit le public
qu'à demi . On peut dire que l'Etat du ciel
de 1755 eft beaucoup plus fupérieur à celui
de l'année précédente que celui- ci ne
l'étoit à l'égard de tous les ouvrages de
cette efpéce qui avoient paru jufqu'alors .
M. P. avertiffoit l'année derniere , dans
fa préface , que pour diminuer l'ennui &
la prolixité des calculs , il s'étoit fouvent
fervi de méthodes d'approximation qu'il
s'étoit faites pour lui-même. Il a maintenant
abandonné toutes ces méthodes ; tout
eft calculé en rigueur , & aucune addition
, aucune fouftraction , aucune autre
regle d'arithmétique n'a été employée ;
dont la preuve n'ait été faite .
Les mouvemens de la lune font ici les
plus effentiels , puifque c'eft d'eux principalement
que dépend la connoiffance des
longitudes fur mer ; ils n'étoient calculés -
en 1754 qu'en dégrés & minutes ; en
1755 la précifion va jufqu'aux fecondes.
Il ne peut y avoir d'autre erreur , dit l'auteur
, que celles qui auront été occafionnées
par des fractions de fecondes , négligées
dans les différentes équations. Ces
erreurs montent donc quelquefois à deux
ou trois fecondes au plus. Nous n'étions
pas encore accoutumés à des calculs d'une
142 MERCURE DE FRANCE.
telle précifion . Puiffent les navigateurs en
recueillir les fruits que l'Auteur , en déterminant
avec toute la précifion poffible les
principales limites de la terre & de la mer ,
fe propofe de leur procurer ! Pour ce qui
regarde le paffage de la lune au méridien ,
foit fur l'horizon , foit au - deffous , il n'y a
nulle part une feconde d'erreur .
Les éclipfes font annoncées ici avec toute
l'exactitude dont ces fortes de prédictions
font fufceptibles . Avant que de les
calculer , M. P. a corrigé l'erreur des tables
, tant en longitude qu'en latitude , fur
des obfervations correfpondantes.
Pour que les navigateurs puiffent retirer
de cet ouvrage toute l'utilité poffible
, la déclinaifon de la lune eft içi calculée
de douze en douze heures ; à l'afcenfion
droite du même aftre , on a fubftitué
fon angle horaire , calculé pareillement
pour les heures de midi & de minuit
, méridien de Paris ; cet angle eft celui
que fait le cercle de déclinaifon de la
lune avec le méridien. Enfin à côté de
tous les élémens de la lune on a ajouté les
mouvemens horaires correfpondans. C'étoit
, fans contredit , la meilleure méthode
que l'Auteur pût employer pour remplir
parfaitement fon objet , c'eft- à -dire
pour rendre fon ouvrage d'un uſage abſólument
général .
FEVRIER. 1755. 143
Dans les explications que donne M. P.
pour l'ufage de fes calculs & de fes tables ,
on trouve une méthode pour conclure fur
mer la longitude du vaiffeau , d'une feule
obfervation de la hauteur de la lune fur
l'horizon * .
On fçait que la bonté des méthodes
qu'on propofe aux navigateurs , dépend , &
du petit nombre d'obfervations qu'il faut
faire , & de la facilité des calculs qu'il
faut employer. Ajoutons encore à cela ,
qu'une méthode eft d'autant meilleure
que les opérations qu'on y propofe fe peuvent
réitérer plus fréquemment . Or il ne
paroît pas douteux que par rapport à la
réunion de ces trois conditions , la méthode
de M. Pingré ne foit préférable à
toutes celles qui ont paru jufqu'à préfent ;
elle n'exige qu'une feule obfervation . Les
calculs qui doivent fuivre l'obfervation , paroiffent
à la portée de tout le monde . Enfin
l'obfervation requife peut fe faire tous les
jours & à toute heure , pourvu que la lune
Les latitudes ne peuvent être conclues que
de l'obfervation des hauteurs. Il eft donc naturel
d'y rapporter auffi les longitudes , d'autant plus
que ces obfervations peuvent fe faire aujourd'hui
avec un inftrument d'un ufage très- facile
indépendant du mouvement du vaiffeau. Voyez le
Voyage au nord , par M. l'Abbé Outkier.
> &
144 MERCURE DE FRANCE.
foit fur l'horizon , & qu'elle ne foit pas
trop voifine du foleil ou du méridien .
Nous n'entrerons pas plus avant dans
les détails curieux & inftructifs que renferme
cet ouvrage ; c'eſt au Public , &
principalement à M M. de la Marine &
aux Aftronomes , à juger de fon utilité : il
eft d'ailleurs fort bien exécuté.
1755 , calculé fur les principes de
Newton , & rapporté à l'ufage de la mari .
ne ; par A. G. Pingré , Chanoine Régulier
de Ste Geneviève , correfpondant de l'Académie
royale des Sciences , Affocié de
celle de Rouen. A Paris , chez Durand ,
rue Saint Jacques , au Griffon ; & Piffot ,
quai de Conti , à la Sageffe .
pu-
L'accueil que le public éclairé a fait à
l'Etat du Ciel de 1754 , n'a point été le
fruit de la faveur ou de la prévention . On
defiroit depuis long- tems en France un
ouvrage de cette efpéce ; mais la longueur
& la difficulté des calculs ralentiffoient le
zéle de ceux qui pouvoient l'entrepren
dre. Le defir de contribuer à l'utilité
blique l'a enfin emporté fur la féchereſſe
pénible d'une multitude de calculs embarraffans.
On a vû en France un Etat du ciel ,
où les mouvemens céleftes étoient déterminés
fur les principes les plus certains ,
fur les tables les plus parfaites. On paroiffoit
fatisfait. M. Pingré , auteur de l'ouvrage
, ne l'a point été ; il a fenti que fon
travail étoit fufceptible d'une perfection
FEVRIER. 1755. 14!
plus grande : il n'a point voulu qu'on pût
lui reprocher qu'il ne fervoit le public
qu'à demi . On peut dire que l'Etat du ciel
de 1755 eft beaucoup plus fupérieur à celui
de l'année précédente que celui- ci ne
l'étoit à l'égard de tous les ouvrages de
cette efpéce qui avoient paru jufqu'alors .
M. P. avertiffoit l'année derniere , dans
fa préface , que pour diminuer l'ennui &
la prolixité des calculs , il s'étoit fouvent
fervi de méthodes d'approximation qu'il
s'étoit faites pour lui-même. Il a maintenant
abandonné toutes ces méthodes ; tout
eft calculé en rigueur , & aucune addition
, aucune fouftraction , aucune autre
regle d'arithmétique n'a été employée ;
dont la preuve n'ait été faite .
Les mouvemens de la lune font ici les
plus effentiels , puifque c'eft d'eux principalement
que dépend la connoiffance des
longitudes fur mer ; ils n'étoient calculés -
en 1754 qu'en dégrés & minutes ; en
1755 la précifion va jufqu'aux fecondes.
Il ne peut y avoir d'autre erreur , dit l'auteur
, que celles qui auront été occafionnées
par des fractions de fecondes , négligées
dans les différentes équations. Ces
erreurs montent donc quelquefois à deux
ou trois fecondes au plus. Nous n'étions
pas encore accoutumés à des calculs d'une
142 MERCURE DE FRANCE.
telle précifion . Puiffent les navigateurs en
recueillir les fruits que l'Auteur , en déterminant
avec toute la précifion poffible les
principales limites de la terre & de la mer ,
fe propofe de leur procurer ! Pour ce qui
regarde le paffage de la lune au méridien ,
foit fur l'horizon , foit au - deffous , il n'y a
nulle part une feconde d'erreur .
Les éclipfes font annoncées ici avec toute
l'exactitude dont ces fortes de prédictions
font fufceptibles . Avant que de les
calculer , M. P. a corrigé l'erreur des tables
, tant en longitude qu'en latitude , fur
des obfervations correfpondantes.
Pour que les navigateurs puiffent retirer
de cet ouvrage toute l'utilité poffible
, la déclinaifon de la lune eft içi calculée
de douze en douze heures ; à l'afcenfion
droite du même aftre , on a fubftitué
fon angle horaire , calculé pareillement
pour les heures de midi & de minuit
, méridien de Paris ; cet angle eft celui
que fait le cercle de déclinaifon de la
lune avec le méridien. Enfin à côté de
tous les élémens de la lune on a ajouté les
mouvemens horaires correfpondans. C'étoit
, fans contredit , la meilleure méthode
que l'Auteur pût employer pour remplir
parfaitement fon objet , c'eft- à -dire
pour rendre fon ouvrage d'un uſage abſólument
général .
FEVRIER. 1755. 143
Dans les explications que donne M. P.
pour l'ufage de fes calculs & de fes tables ,
on trouve une méthode pour conclure fur
mer la longitude du vaiffeau , d'une feule
obfervation de la hauteur de la lune fur
l'horizon * .
On fçait que la bonté des méthodes
qu'on propofe aux navigateurs , dépend , &
du petit nombre d'obfervations qu'il faut
faire , & de la facilité des calculs qu'il
faut employer. Ajoutons encore à cela ,
qu'une méthode eft d'autant meilleure
que les opérations qu'on y propofe fe peuvent
réitérer plus fréquemment . Or il ne
paroît pas douteux que par rapport à la
réunion de ces trois conditions , la méthode
de M. Pingré ne foit préférable à
toutes celles qui ont paru jufqu'à préfent ;
elle n'exige qu'une feule obfervation . Les
calculs qui doivent fuivre l'obfervation , paroiffent
à la portée de tout le monde . Enfin
l'obfervation requife peut fe faire tous les
jours & à toute heure , pourvu que la lune
Les latitudes ne peuvent être conclues que
de l'obfervation des hauteurs. Il eft donc naturel
d'y rapporter auffi les longitudes , d'autant plus
que ces obfervations peuvent fe faire aujourd'hui
avec un inftrument d'un ufage très- facile
indépendant du mouvement du vaiffeau. Voyez le
Voyage au nord , par M. l'Abbé Outkier.
> &
144 MERCURE DE FRANCE.
foit fur l'horizon , & qu'elle ne foit pas
trop voifine du foleil ou du méridien .
Nous n'entrerons pas plus avant dans
les détails curieux & inftructifs que renferme
cet ouvrage ; c'eſt au Public , &
principalement à M M. de la Marine &
aux Aftronomes , à juger de fon utilité : il
eft d'ailleurs fort bien exécuté.
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Résumé : « ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
Le texte présente l'ouvrage 'État du Ciel pour l'an de grâce 1755' rédigé par A. G. Pingré, chanoine régulier de Sainte-Geneviève et correspondant de l'Académie royale des Sciences. Cet ouvrage, basé sur les principes de Newton, est destiné à la navigation maritime et a été bien accueilli par le public éclairé en France. Pingré a amélioré son travail par rapport à l'édition de 1754 en abandonnant les méthodes d'approximation pour des calculs rigoureux. Les mouvements de la Lune, cruciaux pour la détermination des longitudes en mer, sont calculés avec une précision accrue, allant jusqu'aux secondes. Les éclipses sont annoncées avec exactitude après correction des erreurs des tables observées. Pour les navigateurs, la déclinaison de la Lune est calculée toutes les douze heures, avec les mouvements horaires correspondants ajoutés. Pingré propose une méthode pour déterminer la longitude d'un vaisseau à partir d'une seule observation de la hauteur de la Lune sur l'horizon, jugée préférable pour sa simplicité et sa fréquence d'application. Le texte souligne l'utilité de l'ouvrage pour la marine et les astronomes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 104-105
NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES qu'on peut orienter sans le secours de la Boussole.
Début :
LE Sieur BARADELLE, Ingénieur du Roi pour les Instrumens de Mathématiques, [...]
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texteReconnaissance textuelle : NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES qu'on peut orienter sans le secours de la Boussole.
NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES
qu'on peut orienter sans le secours
de la Boussole.
LE Sieur BARADELLE, Ingénieur
du Roi pour les Instrumens de Mathématiques,
demeurant à Paris.
>
Quai de l'Horloge du Palais , à l'en-
feigne de l'Obfervatoire , donne avis
qu'il a conftruit huit Cadrans verticaux
qu'on peut orienter fans le fecours de
la bouffole. Ces Cadrans font collés
fur une feuille de carton de la gran-
deur d'un in-8°. Ils marquent l'heure
par le moyen d'une pinule de peau &
d'un fil à plomb avec une perle qu'on
fait gliffer fur les jours du mois. C'eft
un invention de feu M. de la Hire
qui eft connue & eftimée fous le nom
de la Harpe de M. de la Hire . Les lieux
pour lesquels ces Cadrans font conftruits,
font 1. Paris. 2. Marfeille & Bayonne. 3
Turin & Bordeaux. 4. Lyon . 5. Dijon
& Tours. 6. Vienne en Autriche &
Breft. 7. Rheims & Rouen. 8. Amiens.
Ils peuvent fervir non-feulement pour
1
JANVIER. 1764.
105
tous les lieux qui ont la même latitude,
mais encore pour tous ceux qui n'en
différent que d'un quart ou d'un tiers
de degrés en deffus & en deffous de
chacun de ces Cadrans nommés ci-
deffus ; parce que cette différence n'eft
pas fenfible. Ces Cadrans font tracés
gravés & faits fort proprement : leur
ufage fe trouve derrière le carton fur
lequel ils font collés. L'on y trouve auffi
les temps des Equinoxes de Printemps
& d'Automne , ceux des folftices d'Eté.
& d'Hyver ; on peut encore par leur
moyen , connoître l'heure du lever &
du coucher du folei!. Le prix de cha-
cun de ces Cadrans , eft de 2 liv..
qu'on peut orienter sans le secours
de la Boussole.
LE Sieur BARADELLE, Ingénieur
du Roi pour les Instrumens de Mathématiques,
demeurant à Paris.
>
Quai de l'Horloge du Palais , à l'en-
feigne de l'Obfervatoire , donne avis
qu'il a conftruit huit Cadrans verticaux
qu'on peut orienter fans le fecours de
la bouffole. Ces Cadrans font collés
fur une feuille de carton de la gran-
deur d'un in-8°. Ils marquent l'heure
par le moyen d'une pinule de peau &
d'un fil à plomb avec une perle qu'on
fait gliffer fur les jours du mois. C'eft
un invention de feu M. de la Hire
qui eft connue & eftimée fous le nom
de la Harpe de M. de la Hire . Les lieux
pour lesquels ces Cadrans font conftruits,
font 1. Paris. 2. Marfeille & Bayonne. 3
Turin & Bordeaux. 4. Lyon . 5. Dijon
& Tours. 6. Vienne en Autriche &
Breft. 7. Rheims & Rouen. 8. Amiens.
Ils peuvent fervir non-feulement pour
1
JANVIER. 1764.
105
tous les lieux qui ont la même latitude,
mais encore pour tous ceux qui n'en
différent que d'un quart ou d'un tiers
de degrés en deffus & en deffous de
chacun de ces Cadrans nommés ci-
deffus ; parce que cette différence n'eft
pas fenfible. Ces Cadrans font tracés
gravés & faits fort proprement : leur
ufage fe trouve derrière le carton fur
lequel ils font collés. L'on y trouve auffi
les temps des Equinoxes de Printemps
& d'Automne , ceux des folftices d'Eté.
& d'Hyver ; on peut encore par leur
moyen , connoître l'heure du lever &
du coucher du folei!. Le prix de cha-
cun de ces Cadrans , eft de 2 liv..
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Résumé : NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES qu'on peut orienter sans le secours de la Boussole.
Le document présente la création de huit cadrans solaires verticaux par le Sieur Baradelle, ingénieur du Roi pour les instruments de mathématiques, résidant à Paris. Ces cadrans peuvent être orientés sans boussole et sont adaptés à divers lieux tels que Paris, Marseille, Bayonne, Turin, Bordeaux, Lyon, Dijon, Tours, Vienne en Autriche, Brest, Reims, Rouen et Amiens. Chaque cadran est fixé sur une feuille de carton format in-8° et permet de lire l'heure grâce à une punaise de peau et un fil à plomb avec une perle glissant sur les jours du mois. Cette invention, nommée 'Harpe de M. de la Hire', est utilisable dans des lieux ayant la même latitude ou différant d'un quart ou un tiers de degré. Les cadrans fournissent également des informations sur les équinoxes, les solstices et les heures de lever et de coucher du soleil. Le prix de chaque cadran est de deux livres.
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3
p. 132-145
MÉMOIRE de M. TRÉBUCHET d'Auxerre, ancien Officier de la REINE, sur les observations du Passage de Vénus, du 6 Juin 1761.
Début :
JAMAIS Phénomène ne fut plus célébré que le passage de Vénus sur le Soleil, [...]
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texteReconnaissance textuelle : MÉMOIRE de M. TRÉBUCHET d'Auxerre, ancien Officier de la REINE, sur les observations du Passage de Vénus, du 6 Juin 1761.
MÉMOIRE de M. TRÉBUCHET
d'Auxerre, ancien
Officier de la
REINE, sur les observations du Passage
de Vénus, du 6 Juin 1761.
JAMAIS Phénomène ne fut plus célébré
que le passage de Vénus sur le Soleil,
du 6 Juin 1761 :
il fut annoncé
pour la première fois par le célébre Ké
pler en 1629, & M. Halley fut le pre
mier qui en fit ſentir les avantages de
la manière la plus préciſe & la plus
éclatante en 1691 , & ſurtout en 1716
M A I. 1764.
133
dans les Tranſactions Philoſophiques
de ces années & les Actes de Léipſic,
1693 & 1717. Il dit qu'on en déduira
la parallaxe du Soleil à r#s & par con
ſéquent avec la plus grande préciſion
poſſible, la diſtance réciproqne de tous
les Corps Planetaires, c'eſt ce qu'il ap
pelle la ſolution du plus beau de tous
les problêmes inſoluble d'ailleurs, pro
blematis nobiliſſimi & aliunde inacceſſi
ſolutio certa & adœquata.
' M. Legentil, l'a dit en termes équi
· valens dans ſon Mémoire du Journal
des Sçavans, de Mars 176o ; en don
nant la ſubſtance de celui de M. Halley,
il dit que l'obſervation de ce paſſage
achévera de perfectionner le ſyſtême
Planetaire : & voici comme s'en expli
ue M. de Lalande, dans ſa Connoiſ
§ des Temps de 1761. » Que ne de
» vroit-on pas entreprendre, à la vue
» d'un événement ſi rare, dont les avan
»tages, négligés une fois, ne ſçauroient
» être enſuite compenſés, ni par les ef
» forts du génie, ni par la conſtance des
» travaux, ni par la magnificence des
» plus grands Rois. «
Les obſervations de ce paſſage, qui
ont été faites en Europe, n'ont pas ré
pondu aux eſpérances qu'on en avoit
136 MERCURE DE FRANCE.
yeux ſur la Mappe-Monde de M. Deliſle,
on voit que dans l'Iſle Bermude, ou
dans les Açores, la ſortie a paru ſe faire
· au Soleil levant au même inſtant qu'à la
Mecque, où elle s'eſt faite au Zénith ;
puiſque le cercle de 8 heures 58 minu
tes paſſe par ces différens endroits.
• Il dit, ſuivant ſon principe, que de .
deux lieux placés à la même latitude, le .
plus occidental a dû voir la ſortie plus
tard que le plus oriental ; & comparant
ſon obſervation faite à Vienne avec celle
de Tyrnau, il compte en effet 19 ſecon
des de plus,& 8 ſec. de plus par l'obſerva
tion de M. Lyſogorsk : mais s'il eût com
paré les obſervations du P. Lyeſganigg,
de M. Caffini, & du P. Scherffèr, il au
roit compté d'abord, ni plus, ni moins,
enſuite 2 ſecondes de moins , & enfin 16
ſecondes de moins, comme il compte
encore moins à Paris comparé à Ingol
ftad. Son principe n'eſt donc rien moins
que conſtaté par l'obſervation.
Ce qu'il dit des deux lieux placés ſous
un même Méridien , s'accorde mieux
avec la théorie & l'obſervation. J'ob
ſerverai ſeulement que la différence des
Méridiens d'Ingolſtad & de Bologne
n'eſt que de 5 ſecondes, ſuivant ſa troi
ſiéme Table, & qu'il l'a faite de 15 ſe
M A I. 1764.
137
condes, dans la comparaiſon des obſer
vations de ces deux Villes : ce qui fait
une mépriſe de 1o ſecondes dans les ré
ſultats qu'il donne.
-
Mais ce qu'il dit, en troifiéme lieu,
que l'effet de la parallaxe eſt le même
pour deux endroits, dont l'un ſeroit au
tant oriental que l'autre ſeroit méridio
nal, eſt encore contraire à la Mappe
Monde, où l'on voit que cet effet † le
même pour le Pic des Açores, Lisbon
ne, Madrid , le Caire , la Mecque & la
Côte occidentale de la Nouvelle-Hol
lande; quoique ces différens endroits ne
diffèrent point également en longitude .
& en latitude. Des Açores à la Nouvelle
Hollande il y a une différence de 14o
degrés de longitude, & il n'y en a qu'une
de 7o en latitude.
•.
Le P. Hell auroit ſouhaité pouvoir
conſtruire deux Tables , dont l'une au
roit marqué les effets de la parallaxe ab
ſolue ou relative au centre de la Terre,
pour tous les lieux où l'obſervation a été
faite, & l'autre aùroit été relative au
Méridien de Paris, afin que l'on eût pu
y choiſir les obſervations les plus pro
pres à déterminer la parallaxe du Soleil..
Mais le temps qu'il eſt obligé de mettre
à la compoſition de ſes Ephémérides &
138 MERCURE DE FRANCE.
autres Ouvrages, ne lui a pas laiſſé le
loiſir de faire ces deux Tables. A leur
défaut, j'ai dreſſé celle qui eſt à la fin de
ce Mémoire. Si elle eſt bien faite, elle
pourra ſuppléer à ce que cet Aſtronome
auroit voulu faire.
-
Chaque colomne de cette Table porte
ſon titre , qui s'entend aſſez de lui
même.
-
-
J'ai pris pour terme de comparaiſon
l'obſervation faite à Paris à l'Obſerva
toire de la Marine, ſur les Bains de Ju- .
lien l'Apoſtat, par M. Baudouin, Maî
tre des Requêtes. Ce Magiſtrat, qui don
ne à Uranie les momens que Thémis lui
laiſſe, avoit déja, avant ſon obſerva
- tion, mérité de toute l'Aſtronomie, en
aſſurant à Vénus un Satellite dont l'éxiſ
tence étoit plus que douteuſe. M. Caffi
ni crut l'avoir vu en 1686, M Short dit
l'avoir vu une fois en 174o. Mais ces
grands Maîtres, quoiqu'armés des meil- .
leurs Inſtrumens, ſembloient n'avoir
enfanté que le Rat de la Montagne. Il
étoit réſervé à M. Montagne, Aſtronome
de Limoges, & ſecondé par M. Bau
douin , de réaliſer à nos yeux, avec une
lunette de neuf pieds, un être auſſi an
cien que le Monde. Quatre obſervations
qui en ont été faites en huit jours de
- -
M A I. 1764.
13g.
temps , au mois de Mai 1761 , avec la
même configuration ou le même croiſ
ſant que la Planéte principale, dans
quatre points oppoſés de ſon orbite ,
doivent diſſiper le charme de l'illuſion &
de l'incrédulité. Pour ſe convaincre des,
avantages que l'Aſtronomie doit retirer
de cette inſigne découverte, il ne faut que
lire les ſçavantes Diſſertations que ſon
Promoteur en a lûes le même mois à l'A-
cadémie, & ce qu'en ont dit ſes illuſtres.
approbateurs. A la vue du nouvel Aſtre
qui vient nous révéler des ſecrets du
Monde planétaire, inconnus juſqu'ici ,
& qui doit porter à la poſtérité le nom
de celui qui l'a ſi bien fait connoître,
qu'il me ſoit permis de dire : Quid non
cœleſtia cogis, 6 Bodoix !
-
Les quatrièmes colomnes marquent
en degrés & minutes la valeur de l'angle
formé par le demi-diamètre horiſontal
du Soleil, & ſon rayon tiré au point de
contact. Les points ſoulignés marquent
ceux qui ſont arrivés au-deſſus de ce
diamètre horiſontal : ceux où il n'y a
point de barre ſont arrivés au-deſſous.,
Ainſi l'on voit qu'à Madrid le premier
contact s'eſt fait 2 degrés 48 minutes au
deſſus du diamètre horiſontal, & à Pa
ris 8 degrés 43 minutes au-deſſous. On
a4o MERCURE DE FRANCE.
peut remarquer qu'en général plus ces
angles ſont grands, plus auſſi eſt grand
l'effet de la parallaxe abſolue marquée
dans la colonne à côté. Je dis, en géné
ral, & toutes choſes d'ailleurs égales ;
car à Stokolm où l'entrée s'eſt faite 44
degrés 3 minutes au-deſſous du D. H.
la parallaxe a été de 5 minutes 11 ſecon
des ; & à Tobolsk, où la ſortie s'eſt
faite à 63 degrés 35 minutes, la paralla
xe n'eſt que de 4 minutes 7 ſecondes.
La raiſon de cette exception vient de la
différence des parallaxes de hauteur qui
a été plus confidérable à Stoklom , où
§ s'eſt faite vers l'horiſon , qu'à
Tobolsk, où la ſortie s'eſt faite vers le
Méridien. .
-
Pour réduire l'obſervation au centre
de la Terre, j'ai ajouté ou ſouſtrait l'effet
de la parallaxe, ſelon qu'il eſt affecté du
ſigne plus ou moins, dans la cinquiéme
colonne.
-
On peut remarquer ici qu'à la ſortie
ou émerſion, l'inſtant du contact a été
avancé par-tout où il s'eſt fait au-deſſous
du diamètre horiſontal , & qu'il a été re
tardé là où il s'eſt fait au-deſſus. Ce qui
n'eſt arrivé qu'a Lisbonne, à Madrid &
à Rodriguez, & que l'entrée ou l'im
merſion a été retardée pour Stokolm ,
M A I. 1764.
141
Petersbourg & Tobolsk, où elle a paru
ſe faire au-deſſous du même diamètre.
On peut donc dire, par forme de co
· rollaire, 1°. que l'effet de la parallaxe eſt
d'avancer l'entrée , ſi elle ſe fait au-deſ
ſus du diamètre horiſontal du Soleil, &
de la retarder ſi elle ſe fait au-deſſous ;
au contraire , de retarder la ſortie ,
quand elle ſe fait au-deſſus, & de l'a-
vancer, quand elle ſe fait au-deſſous. .
2°. Que cet effet eſt d'autant plus conſi
dérable qu'il ſe fait ſentir plus loin de ce
diamètre, & qu'il eſt nul vers ſes extré
mités, ſoit que les phaſes arrivent le
matin , à midi, le ſoir, à l'horiſon ou au
zénith. On conçoit bien que dans ce
dernier cas, le diſque du Soleil étant dans
une ſituation parallèle à l'horiſon , tous
ſes diamètres peuvent être regardés com
me horiſontaux, & qu'une ligne tirée
du centre de la Terre au Soleil, paſſant
par l'œil de l'Obſervateur, l'effet de la
parallaxe ne peut être que nul. Il doit
l'être également à l'horiſon, s'il arrive à
l'extrémité du diamètre horiſontal; puiſ
que la différence des parallaxes horizon
tales n'étant pas d'une demie minute de
'degré, un arc d'une auſſi petite quantité
eſt confondu avec la portion du verti
cal tangent au Soleil dans lequel agit
la parallaxe.
_A
142 MERCURE DE FRANCE.
Après avoir réduit l'obſervation au
centre de la Terre dans les ſixiémes
colonnes , pour la réduire au Méri
dien de Paris , j'ai emploié la difference
des longitudes marquée dans la con
noiſſance des temps de 1764, & dans
la troiſiéme Table du Père Hell ; de
ſorte que la ſeptiéme colonne devroit
préſenter un même inſtant, puiſqu'elle
eſt réduite à un même Méridien. Les
différences qui s'y rencontrent ne peu
vent venir que de l'incertitude des lon
gitudes, ou du défaut des obſervations,
ou de celui de mon cacul.
Il eſt fâcheux que le père Hell, dans
le temps qu'il travailloit à ſa diſſerta
tion , n'ait pas eu connoiſſance de l'ob
ſervation faite à Lisbonne par M. de
Ciera, Profeſſeur des Etudes au Collége
des Nobles ; cette Capitale du Portu
gal, Port de mer le plus occidental de
toute l'Europe dont la longitude, par
· cette raiſon, eſt ſans doute aujourd'hui
éxactement connue , auroit pu fournir
un terme de comparaiſon plus propre
que Madrid , dont la longitude eſt viſi
: blement défectueuſe, comme le dit le
Père Hell ſur ſa quatriéme Table : &
puiſque la longitude de Stokolm eſt
encore incertaine à dix-neuf ſecondes
-
M A I. 1764.
I43
de temps près, ſuivant la Table de M.
de Lalande comparée à celle du Père
· Hell, n'en peut-on pas dire du moins
autant de la
plûpart des autres en
droits où l'obſervation s'eſt faite ? A
cette première ſource d'incertitude ſe
joint
celle qui vient de l'obſerva
tion même. Il eſt certain qu'elle a dû
ſe faire a la même ſeconde pour le mê
me endroit. Et l'on voit dans un Paris,
un Vienne & un Bologne , entre ſix
ou ſept Obſervateurs également habi
les , juſqu'à des dix-huit, trente-cinq
& cinquante-huit ſecondes de différen
ce qui vient apparemment de la diffé
rence des Inſtrumens & des yeux.
Le Père Hell , a donc bien raiſon
de s'écrier dans ſa première remarque
ſur ſa ſixiéme Table : Quis eſt Obſer
vatorum vel Aſtronomorum Deus qui
aut obſervando aut calculando , ſe qua
tuor ſecundis non aberraſſe perſuadere
nobis poſſit ?
Je n'ai garde d'aſſurer d'avoir atteint
dans mon calcul à cette préciſion de
quatre ſecondes, quand je vois que je
différe au moins avec M. de Lalande,
de ſept ſecondes & demi pour le contact
obſervé a Paris,de trente-huit ſecondes,
pour le premier contact intérieur obſer
#
144 MERCURE DE FRANCE.
vé à Stokolm, & de quatorze ſecondes
pour le ſecond. Sur quoi il eſt pour
tant bon de remarquer qu'il a emploié
une,différence des parallaxes horiſonta
les de vingt-cinq ſecondes, 6. avec une
Méthode qui lui eſt propre, & que je
n'ai employé qu'une difference des pa
ralaxes de vingt-quatre ſecondes avec la
Méthode de M. Caffini, imprimée dans
les Mémoires de l'Académie année
1743 , page 385. Celle de M. Deliſle,
à la fin du même Volume m'a donné à
- peu-près les mêmes réſultats, je n'ai pu
faire uſage de celle de M. de Lalande,
parce que je ne l'entends pas.
La Méthode de M. Caſſini, qui me
ſemble avoir été priſe dans le grand
livre de la Nature auſſi ſimple que ma
nifique, conſiſte " dans la réſolution
d'un ſeul triangle dans lequel il y a un
angle conſtant, & toujours égal à celui
qui eſt formé au centre du ſoleil par la
perpendiculaire à l'orbite & le rayon tiré
au point de contact, cet angle eſt tou
jours oppoſé à la différence des parallaxes
dehauteur.Un autreangle qui eſtvariable
eſtformé par la tangente au point de con
tact & le vertical dans lequel agit la
s parallaxe, cet angle eſt toujours égal
à l'arc ou à la portion du limbe du
-
ſoleil
M A I. 1764.
I45
ſoleil interceptée depuis ſon diamètre
horiſontal juſqu'au point de contact ,
& le côté oppoſé à cet angle donne
l'effet de la parallaxe.
-
Pour ſe donner une idée de ce trian
gle, on peut jetter les yeux ſur la troi
§ Figure employée par M. Caffini,
dans ſes calculs ſur le paſſage de Mer
cure en 1743 , à l'endroit que je viens
de citer. On y voit les triangles HD G,
I C K, dans leſquels les angles H, I
ſont égaux aux angles MS D, MS C,
& oppoſé aux verticaux D G, CK; on
voit encore que l'effet de la parallaxe
a été plus grand à l'entrée qu'à la ſortie,
, parce que l'angle G D H étoit plus
grand que l'angle I CK, & que ſi cet
angle eût été ſi petit, que le vertical C
K n'eût fait qu'une ligne avec la tan- .
gente C I ( comme il arrive toutes
# fois que le point de contact ſe fait
à l'éxtrémité du diametre horiſontal)
il ne ſe ſeroit point fait de triangle &
par conſéquent l'effet de la parallaxe,
exprimé par IK auroit été nul , quand
même la fortie ſeroit arrivée vers l'ho
riſon , ſoit au levant , ſoit au couchant.
La ſuite au Mercure prochain.
d'Auxerre, ancien
Officier de la
REINE, sur les observations du Passage
de Vénus, du 6 Juin 1761.
JAMAIS Phénomène ne fut plus célébré
que le passage de Vénus sur le Soleil,
du 6 Juin 1761 :
il fut annoncé
pour la première fois par le célébre Ké
pler en 1629, & M. Halley fut le pre
mier qui en fit ſentir les avantages de
la manière la plus préciſe & la plus
éclatante en 1691 , & ſurtout en 1716
M A I. 1764.
133
dans les Tranſactions Philoſophiques
de ces années & les Actes de Léipſic,
1693 & 1717. Il dit qu'on en déduira
la parallaxe du Soleil à r#s & par con
ſéquent avec la plus grande préciſion
poſſible, la diſtance réciproqne de tous
les Corps Planetaires, c'eſt ce qu'il ap
pelle la ſolution du plus beau de tous
les problêmes inſoluble d'ailleurs, pro
blematis nobiliſſimi & aliunde inacceſſi
ſolutio certa & adœquata.
' M. Legentil, l'a dit en termes équi
· valens dans ſon Mémoire du Journal
des Sçavans, de Mars 176o ; en don
nant la ſubſtance de celui de M. Halley,
il dit que l'obſervation de ce paſſage
achévera de perfectionner le ſyſtême
Planetaire : & voici comme s'en expli
ue M. de Lalande, dans ſa Connoiſ
§ des Temps de 1761. » Que ne de
» vroit-on pas entreprendre, à la vue
» d'un événement ſi rare, dont les avan
»tages, négligés une fois, ne ſçauroient
» être enſuite compenſés, ni par les ef
» forts du génie, ni par la conſtance des
» travaux, ni par la magnificence des
» plus grands Rois. «
Les obſervations de ce paſſage, qui
ont été faites en Europe, n'ont pas ré
pondu aux eſpérances qu'on en avoit
136 MERCURE DE FRANCE.
yeux ſur la Mappe-Monde de M. Deliſle,
on voit que dans l'Iſle Bermude, ou
dans les Açores, la ſortie a paru ſe faire
· au Soleil levant au même inſtant qu'à la
Mecque, où elle s'eſt faite au Zénith ;
puiſque le cercle de 8 heures 58 minu
tes paſſe par ces différens endroits.
• Il dit, ſuivant ſon principe, que de .
deux lieux placés à la même latitude, le .
plus occidental a dû voir la ſortie plus
tard que le plus oriental ; & comparant
ſon obſervation faite à Vienne avec celle
de Tyrnau, il compte en effet 19 ſecon
des de plus,& 8 ſec. de plus par l'obſerva
tion de M. Lyſogorsk : mais s'il eût com
paré les obſervations du P. Lyeſganigg,
de M. Caffini, & du P. Scherffèr, il au
roit compté d'abord, ni plus, ni moins,
enſuite 2 ſecondes de moins , & enfin 16
ſecondes de moins, comme il compte
encore moins à Paris comparé à Ingol
ftad. Son principe n'eſt donc rien moins
que conſtaté par l'obſervation.
Ce qu'il dit des deux lieux placés ſous
un même Méridien , s'accorde mieux
avec la théorie & l'obſervation. J'ob
ſerverai ſeulement que la différence des
Méridiens d'Ingolſtad & de Bologne
n'eſt que de 5 ſecondes, ſuivant ſa troi
ſiéme Table, & qu'il l'a faite de 15 ſe
M A I. 1764.
137
condes, dans la comparaiſon des obſer
vations de ces deux Villes : ce qui fait
une mépriſe de 1o ſecondes dans les ré
ſultats qu'il donne.
-
Mais ce qu'il dit, en troifiéme lieu,
que l'effet de la parallaxe eſt le même
pour deux endroits, dont l'un ſeroit au
tant oriental que l'autre ſeroit méridio
nal, eſt encore contraire à la Mappe
Monde, où l'on voit que cet effet † le
même pour le Pic des Açores, Lisbon
ne, Madrid , le Caire , la Mecque & la
Côte occidentale de la Nouvelle-Hol
lande; quoique ces différens endroits ne
diffèrent point également en longitude .
& en latitude. Des Açores à la Nouvelle
Hollande il y a une différence de 14o
degrés de longitude, & il n'y en a qu'une
de 7o en latitude.
•.
Le P. Hell auroit ſouhaité pouvoir
conſtruire deux Tables , dont l'une au
roit marqué les effets de la parallaxe ab
ſolue ou relative au centre de la Terre,
pour tous les lieux où l'obſervation a été
faite, & l'autre aùroit été relative au
Méridien de Paris, afin que l'on eût pu
y choiſir les obſervations les plus pro
pres à déterminer la parallaxe du Soleil..
Mais le temps qu'il eſt obligé de mettre
à la compoſition de ſes Ephémérides &
138 MERCURE DE FRANCE.
autres Ouvrages, ne lui a pas laiſſé le
loiſir de faire ces deux Tables. A leur
défaut, j'ai dreſſé celle qui eſt à la fin de
ce Mémoire. Si elle eſt bien faite, elle
pourra ſuppléer à ce que cet Aſtronome
auroit voulu faire.
-
Chaque colomne de cette Table porte
ſon titre , qui s'entend aſſez de lui
même.
-
-
J'ai pris pour terme de comparaiſon
l'obſervation faite à Paris à l'Obſerva
toire de la Marine, ſur les Bains de Ju- .
lien l'Apoſtat, par M. Baudouin, Maî
tre des Requêtes. Ce Magiſtrat, qui don
ne à Uranie les momens que Thémis lui
laiſſe, avoit déja, avant ſon obſerva
- tion, mérité de toute l'Aſtronomie, en
aſſurant à Vénus un Satellite dont l'éxiſ
tence étoit plus que douteuſe. M. Caffi
ni crut l'avoir vu en 1686, M Short dit
l'avoir vu une fois en 174o. Mais ces
grands Maîtres, quoiqu'armés des meil- .
leurs Inſtrumens, ſembloient n'avoir
enfanté que le Rat de la Montagne. Il
étoit réſervé à M. Montagne, Aſtronome
de Limoges, & ſecondé par M. Bau
douin , de réaliſer à nos yeux, avec une
lunette de neuf pieds, un être auſſi an
cien que le Monde. Quatre obſervations
qui en ont été faites en huit jours de
- -
M A I. 1764.
13g.
temps , au mois de Mai 1761 , avec la
même configuration ou le même croiſ
ſant que la Planéte principale, dans
quatre points oppoſés de ſon orbite ,
doivent diſſiper le charme de l'illuſion &
de l'incrédulité. Pour ſe convaincre des,
avantages que l'Aſtronomie doit retirer
de cette inſigne découverte, il ne faut que
lire les ſçavantes Diſſertations que ſon
Promoteur en a lûes le même mois à l'A-
cadémie, & ce qu'en ont dit ſes illuſtres.
approbateurs. A la vue du nouvel Aſtre
qui vient nous révéler des ſecrets du
Monde planétaire, inconnus juſqu'ici ,
& qui doit porter à la poſtérité le nom
de celui qui l'a ſi bien fait connoître,
qu'il me ſoit permis de dire : Quid non
cœleſtia cogis, 6 Bodoix !
-
Les quatrièmes colomnes marquent
en degrés & minutes la valeur de l'angle
formé par le demi-diamètre horiſontal
du Soleil, & ſon rayon tiré au point de
contact. Les points ſoulignés marquent
ceux qui ſont arrivés au-deſſus de ce
diamètre horiſontal : ceux où il n'y a
point de barre ſont arrivés au-deſſous.,
Ainſi l'on voit qu'à Madrid le premier
contact s'eſt fait 2 degrés 48 minutes au
deſſus du diamètre horiſontal, & à Pa
ris 8 degrés 43 minutes au-deſſous. On
a4o MERCURE DE FRANCE.
peut remarquer qu'en général plus ces
angles ſont grands, plus auſſi eſt grand
l'effet de la parallaxe abſolue marquée
dans la colonne à côté. Je dis, en géné
ral, & toutes choſes d'ailleurs égales ;
car à Stokolm où l'entrée s'eſt faite 44
degrés 3 minutes au-deſſous du D. H.
la parallaxe a été de 5 minutes 11 ſecon
des ; & à Tobolsk, où la ſortie s'eſt
faite à 63 degrés 35 minutes, la paralla
xe n'eſt que de 4 minutes 7 ſecondes.
La raiſon de cette exception vient de la
différence des parallaxes de hauteur qui
a été plus confidérable à Stoklom , où
§ s'eſt faite vers l'horiſon , qu'à
Tobolsk, où la ſortie s'eſt faite vers le
Méridien. .
-
Pour réduire l'obſervation au centre
de la Terre, j'ai ajouté ou ſouſtrait l'effet
de la parallaxe, ſelon qu'il eſt affecté du
ſigne plus ou moins, dans la cinquiéme
colonne.
-
On peut remarquer ici qu'à la ſortie
ou émerſion, l'inſtant du contact a été
avancé par-tout où il s'eſt fait au-deſſous
du diamètre horiſontal , & qu'il a été re
tardé là où il s'eſt fait au-deſſus. Ce qui
n'eſt arrivé qu'a Lisbonne, à Madrid &
à Rodriguez, & que l'entrée ou l'im
merſion a été retardée pour Stokolm ,
M A I. 1764.
141
Petersbourg & Tobolsk, où elle a paru
ſe faire au-deſſous du même diamètre.
On peut donc dire, par forme de co
· rollaire, 1°. que l'effet de la parallaxe eſt
d'avancer l'entrée , ſi elle ſe fait au-deſ
ſus du diamètre horiſontal du Soleil, &
de la retarder ſi elle ſe fait au-deſſous ;
au contraire , de retarder la ſortie ,
quand elle ſe fait au-deſſus, & de l'a-
vancer, quand elle ſe fait au-deſſous. .
2°. Que cet effet eſt d'autant plus conſi
dérable qu'il ſe fait ſentir plus loin de ce
diamètre, & qu'il eſt nul vers ſes extré
mités, ſoit que les phaſes arrivent le
matin , à midi, le ſoir, à l'horiſon ou au
zénith. On conçoit bien que dans ce
dernier cas, le diſque du Soleil étant dans
une ſituation parallèle à l'horiſon , tous
ſes diamètres peuvent être regardés com
me horiſontaux, & qu'une ligne tirée
du centre de la Terre au Soleil, paſſant
par l'œil de l'Obſervateur, l'effet de la
parallaxe ne peut être que nul. Il doit
l'être également à l'horiſon, s'il arrive à
l'extrémité du diamètre horiſontal; puiſ
que la différence des parallaxes horizon
tales n'étant pas d'une demie minute de
'degré, un arc d'une auſſi petite quantité
eſt confondu avec la portion du verti
cal tangent au Soleil dans lequel agit
la parallaxe.
_A
142 MERCURE DE FRANCE.
Après avoir réduit l'obſervation au
centre de la Terre dans les ſixiémes
colonnes , pour la réduire au Méri
dien de Paris , j'ai emploié la difference
des longitudes marquée dans la con
noiſſance des temps de 1764, & dans
la troiſiéme Table du Père Hell ; de
ſorte que la ſeptiéme colonne devroit
préſenter un même inſtant, puiſqu'elle
eſt réduite à un même Méridien. Les
différences qui s'y rencontrent ne peu
vent venir que de l'incertitude des lon
gitudes, ou du défaut des obſervations,
ou de celui de mon cacul.
Il eſt fâcheux que le père Hell, dans
le temps qu'il travailloit à ſa diſſerta
tion , n'ait pas eu connoiſſance de l'ob
ſervation faite à Lisbonne par M. de
Ciera, Profeſſeur des Etudes au Collége
des Nobles ; cette Capitale du Portu
gal, Port de mer le plus occidental de
toute l'Europe dont la longitude, par
· cette raiſon, eſt ſans doute aujourd'hui
éxactement connue , auroit pu fournir
un terme de comparaiſon plus propre
que Madrid , dont la longitude eſt viſi
: blement défectueuſe, comme le dit le
Père Hell ſur ſa quatriéme Table : &
puiſque la longitude de Stokolm eſt
encore incertaine à dix-neuf ſecondes
-
M A I. 1764.
I43
de temps près, ſuivant la Table de M.
de Lalande comparée à celle du Père
· Hell, n'en peut-on pas dire du moins
autant de la
plûpart des autres en
droits où l'obſervation s'eſt faite ? A
cette première ſource d'incertitude ſe
joint
celle qui vient de l'obſerva
tion même. Il eſt certain qu'elle a dû
ſe faire a la même ſeconde pour le mê
me endroit. Et l'on voit dans un Paris,
un Vienne & un Bologne , entre ſix
ou ſept Obſervateurs également habi
les , juſqu'à des dix-huit, trente-cinq
& cinquante-huit ſecondes de différen
ce qui vient apparemment de la diffé
rence des Inſtrumens & des yeux.
Le Père Hell , a donc bien raiſon
de s'écrier dans ſa première remarque
ſur ſa ſixiéme Table : Quis eſt Obſer
vatorum vel Aſtronomorum Deus qui
aut obſervando aut calculando , ſe qua
tuor ſecundis non aberraſſe perſuadere
nobis poſſit ?
Je n'ai garde d'aſſurer d'avoir atteint
dans mon calcul à cette préciſion de
quatre ſecondes, quand je vois que je
différe au moins avec M. de Lalande,
de ſept ſecondes & demi pour le contact
obſervé a Paris,de trente-huit ſecondes,
pour le premier contact intérieur obſer
#
144 MERCURE DE FRANCE.
vé à Stokolm, & de quatorze ſecondes
pour le ſecond. Sur quoi il eſt pour
tant bon de remarquer qu'il a emploié
une,différence des parallaxes horiſonta
les de vingt-cinq ſecondes, 6. avec une
Méthode qui lui eſt propre, & que je
n'ai employé qu'une difference des pa
ralaxes de vingt-quatre ſecondes avec la
Méthode de M. Caffini, imprimée dans
les Mémoires de l'Académie année
1743 , page 385. Celle de M. Deliſle,
à la fin du même Volume m'a donné à
- peu-près les mêmes réſultats, je n'ai pu
faire uſage de celle de M. de Lalande,
parce que je ne l'entends pas.
La Méthode de M. Caſſini, qui me
ſemble avoir été priſe dans le grand
livre de la Nature auſſi ſimple que ma
nifique, conſiſte " dans la réſolution
d'un ſeul triangle dans lequel il y a un
angle conſtant, & toujours égal à celui
qui eſt formé au centre du ſoleil par la
perpendiculaire à l'orbite & le rayon tiré
au point de contact, cet angle eſt tou
jours oppoſé à la différence des parallaxes
dehauteur.Un autreangle qui eſtvariable
eſtformé par la tangente au point de con
tact & le vertical dans lequel agit la
s parallaxe, cet angle eſt toujours égal
à l'arc ou à la portion du limbe du
-
ſoleil
M A I. 1764.
I45
ſoleil interceptée depuis ſon diamètre
horiſontal juſqu'au point de contact ,
& le côté oppoſé à cet angle donne
l'effet de la parallaxe.
-
Pour ſe donner une idée de ce trian
gle, on peut jetter les yeux ſur la troi
§ Figure employée par M. Caffini,
dans ſes calculs ſur le paſſage de Mer
cure en 1743 , à l'endroit que je viens
de citer. On y voit les triangles HD G,
I C K, dans leſquels les angles H, I
ſont égaux aux angles MS D, MS C,
& oppoſé aux verticaux D G, CK; on
voit encore que l'effet de la parallaxe
a été plus grand à l'entrée qu'à la ſortie,
, parce que l'angle G D H étoit plus
grand que l'angle I CK, & que ſi cet
angle eût été ſi petit, que le vertical C
K n'eût fait qu'une ligne avec la tan- .
gente C I ( comme il arrive toutes
# fois que le point de contact ſe fait
à l'éxtrémité du diametre horiſontal)
il ne ſe ſeroit point fait de triangle &
par conſéquent l'effet de la parallaxe,
exprimé par IK auroit été nul , quand
même la fortie ſeroit arrivée vers l'ho
riſon , ſoit au levant , ſoit au couchant.
La ſuite au Mercure prochain.
Fermer
Résumé : MÉMOIRE de M. TRÉBUCHET d'Auxerre, ancien Officier de la REINE, sur les observations du Passage de Vénus, du 6 Juin 1761.
Le mémoire de M. Trébuchet, ancien officier de la Reine, décrit les observations du passage de Vénus sur le Soleil le 6 juin 1761, un événement prédit par Kepler en 1629 et popularisé par Halley. Ce phénomène permet de déterminer la parallaxe du Soleil et les distances entre les corps planétaires avec précision. Les observations européennes ont été décevantes, mais celles réalisées aux Bermudes, aux Açores et à la Mecque ont fourni des données utiles. Trébuchet critique certaines interprétations, notamment celles de Hell, et propose une table pour compléter les travaux inachevés de cet astronome. Il souligne également l'observation de M. Baudouin à Paris, confirmant l'existence d'un satellite de Vénus. Le texte traite aussi des observations du passage de Mercure devant le Soleil, effectuées à Madrid, Paris, Stockholm et Tobolsk. Les angles formés par le demi-diamètre horizontal du Soleil et son rayon au point de contact varient selon les lieux d'observation. Par exemple, à Madrid, le premier contact était à 2 degrés 48 minutes au-dessus du diamètre horizontal, tandis qu'à Paris, il était à 8 degrés 43 minutes en dessous. Des angles plus grands indiquent généralement une parallaxe absolue plus importante, bien que des exceptions existent en raison des différences de parallaxes de hauteur. L'auteur discute des ajustements nécessaires pour réduire les observations au centre de la Terre, notant que l'instant du contact à la sortie est avancé ou retardé selon la position par rapport au diamètre horizontal. Il mentionne les difficultés liées à la réduction des observations au méridien de Paris en raison des incertitudes des longitudes et des erreurs d'observation. Il regrette que le Père Hell n'ait pas connu l'observation faite à Lisbonne, qui aurait pu offrir une référence plus précise. Enfin, le texte décrit diverses méthodes pour mesurer la parallaxe solaire, incluant celles de M. Caffini, M. Delisle et M. Cassini. La méthode de M. Cassini est détaillée, reposant sur la résolution d'un triangle formé par des angles constants et variables au centre du Soleil. L'effet de la parallaxe est plus grand à l'entrée qu'à la sortie du passage de Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 109-119
SUITE DU MÉMOIRE DE M. TRÉBUCHET.
Début :
SOIT X l'angle constant que j'ai trouvé par les contacts extérieurs de Vénus [...]
Mots clefs :
Vénus, Différence, Parallaxe, Table, Edmond Halley, Journal, Lieu, Passage, Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, Observation, Sortie, Durée, Effet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DU MÉMOIRE DE M. TRÉBUCHET.
SUITE DU MÉMoIRE DE M.
- TRÉBvcHET.
Soir X l'angle conſtant que j'ai trou
Vé par les contacts extérieurs de Vénus
de 54 degrés 24 minutes, & pour les
contacts intérieurs de 51d 51'; ſoit Y la
différence des parallaxes de hauteur, &
Z l'angle variable marqué dans les co
lonnes du point de contact, on aura
9 — T fin. Z
l'effet de la parallaxe = # -
Pour réduire en tems cet effet de la
parallaxe, comme il eſt marqué dans
I IC MERCURE DE FRANCE.
les 5° & 1o° colonnes, j'ai employé le
logarithme conſtant 11811o additif, que
M. Delalande dans ſa Connoiſſance de
2763,p.2o3, dit avoir tiré desTables du
mouvement deVénus,&être dix fois plus
exact que celui qu'on pourroit tirer de
l'obſervation. L'effet de la parallaxe re
lative à Paris, n'étant autre choſe que la
ſomme ou la différence de ſa parallaxe
abſolue avec celle d'un lieu propoſé ,
j'ai cru qu'il étoit inutile d'en faire des
colonnes particulieres ; on voit, par
exemple, que l'obſervation du premier
contact s'eſt faite à Paris, 1’ 11" plutôt
qu'à Madrid, & ſeulement 23" plutôt
qu'à Lyon, & 19" plus tard qu'à Green
wich, & ainſi des autres.
L'entrée n'ayant été obſervée qu'à
Stokolm, Pétersbourg, Tobolsk & Trin
quebar, j'ai écrit ce mot entrée dans la
ſeconde colonne vis - à - vis l'inſtant de
l'obſervation. Tous les autres tems doi
vent s'entendre de la ſortie. Ma Table
eſt conſtruite d'après celle du P. Hell,
où j'ai pris toutes les obſervations que
je rapporte, à la réſerve de celles de
Lisbonne, de Naples, de l'iſle Rodri
gues, & de Trinquebar ſur la côte de
Coromandel, qui m'ont été communi
quées par M. Meſſier. Cet Aſtronome
J U I N. 1764. .. 1 1 1
infatigable, que les veilles les plus ſou
tenues dans l'obſervatoire de la Marine,
mettent en correſpondance avec tous les
Aſtronomes du monde connu , ayant
bien voulu me faire paſſer ces quatre
cbſervations, qu'il me ſoit permis de lui
en faire publiquement les remercimens
que je lui en dois.
J'ai ſuppoſé la latitude ſeptentrionale ,
de Trinquebar de 11*; mais ſa longi
tude n'étant point exactement connue,
je n'ai pu la réduire au Méridien de Pa
ris, non plus que celle de Virtsbourg
que je n'ai trouvée ni dans la Connoiſ
ſance des Tems , ni dans la Diſſertation
ſur Vénus. &
L'Obſervation de l'iſle Rodrigues ,
telle qu'elle a été donnée à M. Meſſier
par M. Pingré qui l'a faite, & qu'elle
eſt employée dans ma Table, différe un
peu de celle qui a été employée par M.
Delalande dans le ſecond Mercure de
Juillet 1762, & dans la Connoiſſance
des Tems de 1764. Il y dit : que le con
tact intérieur, à la ſortie, y a été obſer
vé 34'44" après midi; il ſuppoſe la dif
férence des Méridiens de 4º 2', d'où il
conclut la parallaxe du ſoleil 9" , 55 ;
mais il fait obſerver que 2o" d'erreur
ſur la différence des Méridiens de Paris
1 12 MERCURE DE FRANCE.
& de l'iſle Rodrigues, font o", 7 de
différence ſur la parallaxe du ſoleil.
Or, M. Pingré marque le même con
tact à o" 36'49", avec la différence des
mêmes Méridiens de 4" 3'26" , ainſi ,
ſans parler de la différence de 2 5" qui
ſe trouve ici dans les inſtans du contact,
la ſeule différence de 1'26'º dans la lon
gitude de Rodrigues entre ces deux Aſ -
tronomes, laiſſe une incertitude de 3"
entières ſur les 9" 55 de la parallaxe con
clue par M. Delalande. -
Je ne fais cette remarque que pour
faire ſentir l'avantage de la méthode de
M. Halley, qui n'exige pas la connoiſ
ſance des longitudes, mais ſeulement
des pendules à ſecondes & des lunettes
ordinaires, comme de 15 à 18 pieds,
c'eſt-à-dire, d'égale longueur & d'égale
bonté, à la faveur deſquelles deux Ob
ſervateurs placés dans les lieux les plus
éloignés, puiſſent obſerver la durée to
tale du paſſage avec la plus grande diffé
| rence poſſible. Tel eſt l'avantage que
promet le paſſage de 1769 pour deux
Obſervateurs, dont l'un ſera à Mexico,
capitale du Mexique, & l'autre à Abo
en Finlande ou à Torneo en Laponie :
la durée du paſſage ſera plus courte pour
le Mexique d'environ une vingtaine de
minutes de tems.
- J U I N. 1764. 1 13
· M. Halley avoit indiqué pour le paſ
ſage de 1761 , comme les lieux les plus
avantageuſement ſitués la baye d'Hud
ſon, & les rives du Gange, mais il eſt
aſſez ſurprenant que dans le précis qu'on
a fait de ſon ingénieux Mémoire, à la
page 1o3 du Journal Etranger de Mai
176 r , on lui ait fait dire préciſément
tout le contraire de ce qu'il a dit.
Il a dit : qu'à la bave d'Hudſon l'effet
de la parallaxe ſeroit de retarder la ſortie
de Vénus ; on lui fait dire, accélérer. Il
a dit : que la durée du paſſage entier y
devoit paroître plus longue, longiorem,
d'environ 6 que pour le centre de la
terre; on lui fait dire, qu'elle a dû y
être moindre de la même quantité.
Il a dit : que vers l'embouchure du
Gange la ſortie paroîtroit accélérée; on
lui fait dire, retardée.
Enfin, il a dit : que la durée du paſ
ſage y devoit être diminuée, contrahe
tur, d'environ 11' de plus que pour le
centre de la terre ; on lui fait dire, pro
longée. A
Plus bas on ajoute qu'on a reconnu
dans la ſuite que M. Halley s'étoit trom
pé; M. Ferguſon, Anglois, en ayant fait
la remarque à la page 99, on y dit en
note : que l'Angleterre doit cette remar
\
114 MERCURE DE FRANCE.
que à la France, & en particulier à M.
Deliſle, qui en fit part à l'Académie
Royale des Sciences, & au Public dès
les derniers mois de 1759. Cela eſt
vrai, mais il eſt également vrai que ce
fut moi qui en fis part à M. Deliſle.
Content d'avoir fait la découverte., j'ai
dû l'être encore davantage de l'avoir vue
annoncée par un Savant de ce nom; ſi
j'en euſſe parlé tout ſeul, on ne m'au
roit jamais cru, lui-même a été ſix jours
ſans me croire, & ne l'a fait qu'après
avoir vérifié mon calcul : lui - même a
été cinq mois ſans être cru ; tant étoit
grand ſur tous les eſprits l'aſcendant du
Prince des Aſtronomes Anglois , M.
Halley , qui étoit en réputation de ne
s'être jamais trompé en fait de calcul.
On dit à la page 1o5 du même Jour
nal Etranger, que ce ſavant Aſtronome
s'étoit mépris dans la poſition d'un an
gle, & que cette mépriſe cauſoit une
erreur conſidérable : il falloit dire dans
la poſition d'un cercle, & que cette mé
priſe ne cauſoit aucune erreur ſenſible.
Je l'ai déja dit dans le Journal des Sa
vans de Novembre 176o, & je le répéte
ici avec d'autant plus de confiance,qu'un
Académicien l'a dit depuis moi dans le
J U I N. 1764. 1 15
Journal des Savans d'Avril 1761 , au
ſujet des calculs de M. Deliſle.
Il eſt donc bien certain que le mé
compte de M. Halley n'a d'autre fonde
ment que dans la latitude de 4' qu'il a
employée, au lieu de celle de 1o' qu'il
auroit dû employer; mais comme cet
élément dépend du mouvement du noeud
de Vénus, qui n'étoit pas connu lorſ
qu'il travailloit à ſon Mémoire en 1716,
il n'a pu l'employer bien juſte : encore
moins l'a-t-il pu en 1691 , quand il fai
ſoit ſa Table pour mille ans des Con
jonctions Ecliptiques de Vénus. C'eſt ce
qui fait dire à l'Académicien, rédacteur
de l'Hiſtoire de l'Académie pour l'année
1757 , pag. 81 , que M, Halley a pu
inſérer dans ſa Table des années où il
n'eſt pas ſûr qu'il doive arriver des paſ
ſages de Vénus, & qu'il conviendroit de
refaire ces calculs ſur les nouveaux élé
777(277$.
Avant que de voir ce Volume , qui
n'eſt ſorti de deſſous la preſſe qu'à la fin
de l'année derniere, * j'avois penſé les
mêmes choſes au commencement de la
même année ; c'eſt ce qui m'a engagé à
refaire cette Table telle qu'elle eſt im
primée dans le Journal des Savans de
# 1762 .
116 MERCURE DE FRANCE.
Février 1762. On y voit qu'en effet des
17 conjonctions Venériennes dont M.
Halley a compoſé ſa Table, il y en a ſix
à rabattre, ſavoir quatre pour le paſſé,
& deux pour l'avenir, dans leſquelles il
eſt sûr qu'il n'y a point eu, & qu'il n'y
aura pas de paſſage de Vénns
En relevant quelques erreurs qui ſe
ſont gliſſées dans le Journal Etranger,
je crois entrer dans les vues du Savant
qui préſide à la rédaction de ce Journal ;
le ſoin qu'il prend de nous tranſmettre
tant de beautés & de vérités étrangères
qui ſeroient perdues pour nous ſans ſon
Recueil, m'eſt garant de ſes ſentimens.
J'en dis autant de l'Auteur même de
ces erreurs, ou, pour mieux dire, de
ces inadvertances; la célébrité & la rare
té du phénomène, pour me ſervir de ſes
expreſſions, pag. t ou , me fait penſer
qu'il ne me ſaura pas mauvais gré de les
avoir fait obſerver ; & il eſt trop au fait
de la matière pour ne pas les ſentir; il
a trop de bonne foi pour ne pas les
aVOller.
J'ai déja dit que j'ai employé dans
mes calculs la différence des parallaxes
horiſontales de 24"; je dois ajoûter que
j'ai ſuppoſé le demi-diamètre du ſoleil
J U I N. 1764. 117
de 15 47", celui de Vénus de 29", &
la plus proche diſtance des centres de 9!
27", par une eſpèce de milieu entre la
détermination de M. Delalande & celle
du P. Hell.
Je ne connois cet Aſtronome Alle
mand que par ſa Diſſertation ; c'en eſt
aſſez pour me faire juger de ſes talens,
n'en ayant rien, je ne me flatte pas
d'avoir rempli ſes vues par la conſtruc
tion de ma Table ; heureux, ſi, en la
donnant au Public, j'ai ſçu lui marquer
tout à la fois mon amour pour l'Aſtrono
mie, & mon reſpect pour un Savant ſi
digne d'orner la Liſte de tous ceux qui
répondent ſi bien en tous genres aux
voeux de leur Illuſtre Protectrice S. M. la
Reine de Hongrie.
A l'exemple de notre Monarque, cette
Souveraine ſemble ne tenir le ſceptre
d'une main que pour tendre l'autre à
l'humanité : les Savans les plus malheu
reux, lui paroiſſent les plus dignes de
ſes bontés & de ſa protection, quand ils
ne ſont pas coupables : l'envie qui n'a
point d'accès à ſon trône, ne ſauroit les
en écarter. Rénumératrice des talens,
elle ne fait que les couronner en les
tranſplantant juſqu'aux extrémités de ſes
Etats.
--
1 18 MERCURE DE FRANCE.
C'eſt ainſi que bien plus heureuſe
que Chriſtine de Suéde, cette Chriſ#ine
d'Autriche , ſans quitter les rênes d'un
gouvernement dont elle fait le bonheur,
fait encore fleurir les Sciences dans les
terres jadis incultes des Varadins & des
Croates.
Tems heureux! l'Europe entière n'aura
bientôt plus rien de la barbarie des ſié
cles de l'ignorance , dont j'ai trouvé
des précieux reſtes en 1758 , dans le
centre & la Capitale d'une de nos Pro
vinces : déja l'on ſait que le Turban
veut arborer l'étendard de la cé
leſte Uranie, en lui érigeant des autels
& des trophées au milieu de Conſtanti
nople.* Puiſſe cetteVille d'ailleurs ſi flo
riſſante, & jadis la capitale du monde
Chrétien, redevenir une terre nouvelle à
la vue du Ciel nouveau qui va s'y décou
vrir ! Puiſſent les Moſquées devenir les
Temples du vrai Dieu, ſeul Auteur de
tant de merveilles auſſi anciennes que le
Monde; & le Croiſſant, ce ſymbole de
l'inconſtance , s'y changer pour jamais
dans le ſigne ſacré du ſalut de tous les
hommes !
* Voyez le ſecond Mercure de Janvier 1zs; ,
Page 9 f•
J U I N. 1764: 1 19
P. S. Les Obſervations du Satellité
de Vénus, dont j'ai parlé dans ce Mé
moire fait l'an paſſé, ont été confirmées
au mois de Mars dernier; ſavoir, les 3,4,
1o & 11 à Copenhague par Mº Roed
kier & Horrebow. (Voyez la Gazette
Littéraire du 18 Avril). Et les 15, 28 &
29 du même mois de Mars, à Auxerre,
par M. de Montbaron , Conſeiller au
Bailliage (c'eſt ainſi qu'il faut lire, au
lieu de M. de Montbazon dans ma Let
tre ſur l'Eclipſe du premier Avril au
ſecond Mercure d'Avril.)
Au Mercure de Mai, pag. 134 lig. 3o
au lieu de m'en avoient, liſez m'avoient.
Fage 143 lig. 28 au lieu de au moins
iſez en moins.
Page I44 lig. 15 après ces mots je n'ai
pu faire uſage, ajoutex, (dans la con
noiſſance des temps 1761.)
- TRÉBvcHET.
Soir X l'angle conſtant que j'ai trou
Vé par les contacts extérieurs de Vénus
de 54 degrés 24 minutes, & pour les
contacts intérieurs de 51d 51'; ſoit Y la
différence des parallaxes de hauteur, &
Z l'angle variable marqué dans les co
lonnes du point de contact, on aura
9 — T fin. Z
l'effet de la parallaxe = # -
Pour réduire en tems cet effet de la
parallaxe, comme il eſt marqué dans
I IC MERCURE DE FRANCE.
les 5° & 1o° colonnes, j'ai employé le
logarithme conſtant 11811o additif, que
M. Delalande dans ſa Connoiſſance de
2763,p.2o3, dit avoir tiré desTables du
mouvement deVénus,&être dix fois plus
exact que celui qu'on pourroit tirer de
l'obſervation. L'effet de la parallaxe re
lative à Paris, n'étant autre choſe que la
ſomme ou la différence de ſa parallaxe
abſolue avec celle d'un lieu propoſé ,
j'ai cru qu'il étoit inutile d'en faire des
colonnes particulieres ; on voit, par
exemple, que l'obſervation du premier
contact s'eſt faite à Paris, 1’ 11" plutôt
qu'à Madrid, & ſeulement 23" plutôt
qu'à Lyon, & 19" plus tard qu'à Green
wich, & ainſi des autres.
L'entrée n'ayant été obſervée qu'à
Stokolm, Pétersbourg, Tobolsk & Trin
quebar, j'ai écrit ce mot entrée dans la
ſeconde colonne vis - à - vis l'inſtant de
l'obſervation. Tous les autres tems doi
vent s'entendre de la ſortie. Ma Table
eſt conſtruite d'après celle du P. Hell,
où j'ai pris toutes les obſervations que
je rapporte, à la réſerve de celles de
Lisbonne, de Naples, de l'iſle Rodri
gues, & de Trinquebar ſur la côte de
Coromandel, qui m'ont été communi
quées par M. Meſſier. Cet Aſtronome
J U I N. 1764. .. 1 1 1
infatigable, que les veilles les plus ſou
tenues dans l'obſervatoire de la Marine,
mettent en correſpondance avec tous les
Aſtronomes du monde connu , ayant
bien voulu me faire paſſer ces quatre
cbſervations, qu'il me ſoit permis de lui
en faire publiquement les remercimens
que je lui en dois.
J'ai ſuppoſé la latitude ſeptentrionale ,
de Trinquebar de 11*; mais ſa longi
tude n'étant point exactement connue,
je n'ai pu la réduire au Méridien de Pa
ris, non plus que celle de Virtsbourg
que je n'ai trouvée ni dans la Connoiſ
ſance des Tems , ni dans la Diſſertation
ſur Vénus. &
L'Obſervation de l'iſle Rodrigues ,
telle qu'elle a été donnée à M. Meſſier
par M. Pingré qui l'a faite, & qu'elle
eſt employée dans ma Table, différe un
peu de celle qui a été employée par M.
Delalande dans le ſecond Mercure de
Juillet 1762, & dans la Connoiſſance
des Tems de 1764. Il y dit : que le con
tact intérieur, à la ſortie, y a été obſer
vé 34'44" après midi; il ſuppoſe la dif
férence des Méridiens de 4º 2', d'où il
conclut la parallaxe du ſoleil 9" , 55 ;
mais il fait obſerver que 2o" d'erreur
ſur la différence des Méridiens de Paris
1 12 MERCURE DE FRANCE.
& de l'iſle Rodrigues, font o", 7 de
différence ſur la parallaxe du ſoleil.
Or, M. Pingré marque le même con
tact à o" 36'49", avec la différence des
mêmes Méridiens de 4" 3'26" , ainſi ,
ſans parler de la différence de 2 5" qui
ſe trouve ici dans les inſtans du contact,
la ſeule différence de 1'26'º dans la lon
gitude de Rodrigues entre ces deux Aſ -
tronomes, laiſſe une incertitude de 3"
entières ſur les 9" 55 de la parallaxe con
clue par M. Delalande. -
Je ne fais cette remarque que pour
faire ſentir l'avantage de la méthode de
M. Halley, qui n'exige pas la connoiſ
ſance des longitudes, mais ſeulement
des pendules à ſecondes & des lunettes
ordinaires, comme de 15 à 18 pieds,
c'eſt-à-dire, d'égale longueur & d'égale
bonté, à la faveur deſquelles deux Ob
ſervateurs placés dans les lieux les plus
éloignés, puiſſent obſerver la durée to
tale du paſſage avec la plus grande diffé
| rence poſſible. Tel eſt l'avantage que
promet le paſſage de 1769 pour deux
Obſervateurs, dont l'un ſera à Mexico,
capitale du Mexique, & l'autre à Abo
en Finlande ou à Torneo en Laponie :
la durée du paſſage ſera plus courte pour
le Mexique d'environ une vingtaine de
minutes de tems.
- J U I N. 1764. 1 13
· M. Halley avoit indiqué pour le paſ
ſage de 1761 , comme les lieux les plus
avantageuſement ſitués la baye d'Hud
ſon, & les rives du Gange, mais il eſt
aſſez ſurprenant que dans le précis qu'on
a fait de ſon ingénieux Mémoire, à la
page 1o3 du Journal Etranger de Mai
176 r , on lui ait fait dire préciſément
tout le contraire de ce qu'il a dit.
Il a dit : qu'à la bave d'Hudſon l'effet
de la parallaxe ſeroit de retarder la ſortie
de Vénus ; on lui fait dire, accélérer. Il
a dit : que la durée du paſſage entier y
devoit paroître plus longue, longiorem,
d'environ 6 que pour le centre de la
terre; on lui fait dire, qu'elle a dû y
être moindre de la même quantité.
Il a dit : que vers l'embouchure du
Gange la ſortie paroîtroit accélérée; on
lui fait dire, retardée.
Enfin, il a dit : que la durée du paſ
ſage y devoit être diminuée, contrahe
tur, d'environ 11' de plus que pour le
centre de la terre ; on lui fait dire, pro
longée. A
Plus bas on ajoute qu'on a reconnu
dans la ſuite que M. Halley s'étoit trom
pé; M. Ferguſon, Anglois, en ayant fait
la remarque à la page 99, on y dit en
note : que l'Angleterre doit cette remar
\
114 MERCURE DE FRANCE.
que à la France, & en particulier à M.
Deliſle, qui en fit part à l'Académie
Royale des Sciences, & au Public dès
les derniers mois de 1759. Cela eſt
vrai, mais il eſt également vrai que ce
fut moi qui en fis part à M. Deliſle.
Content d'avoir fait la découverte., j'ai
dû l'être encore davantage de l'avoir vue
annoncée par un Savant de ce nom; ſi
j'en euſſe parlé tout ſeul, on ne m'au
roit jamais cru, lui-même a été ſix jours
ſans me croire, & ne l'a fait qu'après
avoir vérifié mon calcul : lui - même a
été cinq mois ſans être cru ; tant étoit
grand ſur tous les eſprits l'aſcendant du
Prince des Aſtronomes Anglois , M.
Halley , qui étoit en réputation de ne
s'être jamais trompé en fait de calcul.
On dit à la page 1o5 du même Jour
nal Etranger, que ce ſavant Aſtronome
s'étoit mépris dans la poſition d'un an
gle, & que cette mépriſe cauſoit une
erreur conſidérable : il falloit dire dans
la poſition d'un cercle, & que cette mé
priſe ne cauſoit aucune erreur ſenſible.
Je l'ai déja dit dans le Journal des Sa
vans de Novembre 176o, & je le répéte
ici avec d'autant plus de confiance,qu'un
Académicien l'a dit depuis moi dans le
J U I N. 1764. 1 15
Journal des Savans d'Avril 1761 , au
ſujet des calculs de M. Deliſle.
Il eſt donc bien certain que le mé
compte de M. Halley n'a d'autre fonde
ment que dans la latitude de 4' qu'il a
employée, au lieu de celle de 1o' qu'il
auroit dû employer; mais comme cet
élément dépend du mouvement du noeud
de Vénus, qui n'étoit pas connu lorſ
qu'il travailloit à ſon Mémoire en 1716,
il n'a pu l'employer bien juſte : encore
moins l'a-t-il pu en 1691 , quand il fai
ſoit ſa Table pour mille ans des Con
jonctions Ecliptiques de Vénus. C'eſt ce
qui fait dire à l'Académicien, rédacteur
de l'Hiſtoire de l'Académie pour l'année
1757 , pag. 81 , que M, Halley a pu
inſérer dans ſa Table des années où il
n'eſt pas ſûr qu'il doive arriver des paſ
ſages de Vénus, & qu'il conviendroit de
refaire ces calculs ſur les nouveaux élé
777(277$.
Avant que de voir ce Volume , qui
n'eſt ſorti de deſſous la preſſe qu'à la fin
de l'année derniere, * j'avois penſé les
mêmes choſes au commencement de la
même année ; c'eſt ce qui m'a engagé à
refaire cette Table telle qu'elle eſt im
primée dans le Journal des Savans de
# 1762 .
116 MERCURE DE FRANCE.
Février 1762. On y voit qu'en effet des
17 conjonctions Venériennes dont M.
Halley a compoſé ſa Table, il y en a ſix
à rabattre, ſavoir quatre pour le paſſé,
& deux pour l'avenir, dans leſquelles il
eſt sûr qu'il n'y a point eu, & qu'il n'y
aura pas de paſſage de Vénns
En relevant quelques erreurs qui ſe
ſont gliſſées dans le Journal Etranger,
je crois entrer dans les vues du Savant
qui préſide à la rédaction de ce Journal ;
le ſoin qu'il prend de nous tranſmettre
tant de beautés & de vérités étrangères
qui ſeroient perdues pour nous ſans ſon
Recueil, m'eſt garant de ſes ſentimens.
J'en dis autant de l'Auteur même de
ces erreurs, ou, pour mieux dire, de
ces inadvertances; la célébrité & la rare
té du phénomène, pour me ſervir de ſes
expreſſions, pag. t ou , me fait penſer
qu'il ne me ſaura pas mauvais gré de les
avoir fait obſerver ; & il eſt trop au fait
de la matière pour ne pas les ſentir; il
a trop de bonne foi pour ne pas les
aVOller.
J'ai déja dit que j'ai employé dans
mes calculs la différence des parallaxes
horiſontales de 24"; je dois ajoûter que
j'ai ſuppoſé le demi-diamètre du ſoleil
J U I N. 1764. 117
de 15 47", celui de Vénus de 29", &
la plus proche diſtance des centres de 9!
27", par une eſpèce de milieu entre la
détermination de M. Delalande & celle
du P. Hell.
Je ne connois cet Aſtronome Alle
mand que par ſa Diſſertation ; c'en eſt
aſſez pour me faire juger de ſes talens,
n'en ayant rien, je ne me flatte pas
d'avoir rempli ſes vues par la conſtruc
tion de ma Table ; heureux, ſi, en la
donnant au Public, j'ai ſçu lui marquer
tout à la fois mon amour pour l'Aſtrono
mie, & mon reſpect pour un Savant ſi
digne d'orner la Liſte de tous ceux qui
répondent ſi bien en tous genres aux
voeux de leur Illuſtre Protectrice S. M. la
Reine de Hongrie.
A l'exemple de notre Monarque, cette
Souveraine ſemble ne tenir le ſceptre
d'une main que pour tendre l'autre à
l'humanité : les Savans les plus malheu
reux, lui paroiſſent les plus dignes de
ſes bontés & de ſa protection, quand ils
ne ſont pas coupables : l'envie qui n'a
point d'accès à ſon trône, ne ſauroit les
en écarter. Rénumératrice des talens,
elle ne fait que les couronner en les
tranſplantant juſqu'aux extrémités de ſes
Etats.
--
1 18 MERCURE DE FRANCE.
C'eſt ainſi que bien plus heureuſe
que Chriſtine de Suéde, cette Chriſ#ine
d'Autriche , ſans quitter les rênes d'un
gouvernement dont elle fait le bonheur,
fait encore fleurir les Sciences dans les
terres jadis incultes des Varadins & des
Croates.
Tems heureux! l'Europe entière n'aura
bientôt plus rien de la barbarie des ſié
cles de l'ignorance , dont j'ai trouvé
des précieux reſtes en 1758 , dans le
centre & la Capitale d'une de nos Pro
vinces : déja l'on ſait que le Turban
veut arborer l'étendard de la cé
leſte Uranie, en lui érigeant des autels
& des trophées au milieu de Conſtanti
nople.* Puiſſe cetteVille d'ailleurs ſi flo
riſſante, & jadis la capitale du monde
Chrétien, redevenir une terre nouvelle à
la vue du Ciel nouveau qui va s'y décou
vrir ! Puiſſent les Moſquées devenir les
Temples du vrai Dieu, ſeul Auteur de
tant de merveilles auſſi anciennes que le
Monde; & le Croiſſant, ce ſymbole de
l'inconſtance , s'y changer pour jamais
dans le ſigne ſacré du ſalut de tous les
hommes !
* Voyez le ſecond Mercure de Janvier 1zs; ,
Page 9 f•
J U I N. 1764: 1 19
P. S. Les Obſervations du Satellité
de Vénus, dont j'ai parlé dans ce Mé
moire fait l'an paſſé, ont été confirmées
au mois de Mars dernier; ſavoir, les 3,4,
1o & 11 à Copenhague par Mº Roed
kier & Horrebow. (Voyez la Gazette
Littéraire du 18 Avril). Et les 15, 28 &
29 du même mois de Mars, à Auxerre,
par M. de Montbaron , Conſeiller au
Bailliage (c'eſt ainſi qu'il faut lire, au
lieu de M. de Montbazon dans ma Let
tre ſur l'Eclipſe du premier Avril au
ſecond Mercure d'Avril.)
Au Mercure de Mai, pag. 134 lig. 3o
au lieu de m'en avoient, liſez m'avoient.
Fage 143 lig. 28 au lieu de au moins
iſez en moins.
Page I44 lig. 15 après ces mots je n'ai
pu faire uſage, ajoutex, (dans la con
noiſſance des temps 1761.)
Fermer
Résumé : SUITE DU MÉMOIRE DE M. TRÉBUCHET.
Le texte aborde les calculs astronomiques relatifs aux observations du passage de Vénus, en se concentrant sur les angles et les parallaxes observés lors des contacts extérieurs et intérieurs. L'auteur utilise un logarithme constant pour minimiser l'effet de la parallaxe en temps, comme mentionné dans le 'Mercure de France'. Les observations varient légèrement selon les lieux, tels que Paris, Madrid, Lyon et Greenwich, et sont basées principalement sur les données du Père Hell, complétées par celles de M. Messier provenant de Lisbonne, Naples, l'île Rodrigues et Trinquebar. Une divergence notable est observée entre les données de M. Pingré et M. Delalande à l'île Rodrigues, affectant la précision de la parallaxe du Soleil. La méthode de M. Halley pour le passage de 1769 est soulignée pour sa précision, ne nécessitant que des pendules à secondes et des lunettes ordinaires. Le texte critique une erreur dans le résumé du mémoire de M. Halley concernant le passage de 1761, où les lieux avantageux pour les observations ont été mal interprétés. Cette erreur a été corrigée grâce à M. Delisle. Des erreurs dans les calculs d'Edmond Halley sont également discutées, notamment une mauvaise position d'un cercle et une latitude incorrecte due à l'ignorance du mouvement du nœud de Vénus. Halley avait inclus des années incertaines dans sa table des conjonctions écliptiques de Vénus. L'auteur a corrigé ces erreurs et publié une nouvelle table dans le 'Journal des Savans' de 1762, rectifiant six erreurs dans les conjonctions vénériennes. Le texte se conclut par des corrections mineures et des observations confirmées concernant le satellite de Vénus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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