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Détail
Liste
1451
p. 146-147
Reponse par la plus spirituelle & la plus laide fille du Faux-bourg S. Germain.
Début :
Est-on l'unique amant [...]
Mots clefs :
Femme, Laide, Amour
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texteReconnaissance textuelle : Reponse par la plus spirituelle & la plus laide fille du Faux-bourg S. Germain.
Reponse par la plus spirituelle
cm laplus laidefille du
Faux-bourg S. Germain,
Est-onl'unique amant
D'unefemme si belle
Elle en merite tant
Qjf'uncefttrop peu pour elle.
La laide craint toujours de
perdre son amant - Et qui craint inconstance diJ
me plus constamment.
Femme trop belle est arrogante
La laide est douce & complaifante;
-', :
Enfin l'amour propre me dit
Qu'une laide est plus amusante
A meilleur , coeur, & plus
d'esprit.
cm laplus laidefille du
Faux-bourg S. Germain,
Est-onl'unique amant
D'unefemme si belle
Elle en merite tant
Qjf'uncefttrop peu pour elle.
La laide craint toujours de
perdre son amant - Et qui craint inconstance diJ
me plus constamment.
Femme trop belle est arrogante
La laide est douce & complaifante;
-', :
Enfin l'amour propre me dit
Qu'une laide est plus amusante
A meilleur , coeur, & plus
d'esprit.
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1452
p. 154-156
ENIGME par M. D. L. P.
Début :
Logez auprés du toit d'une haute maison, [...]
Mots clefs :
Yeux
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME par M. D. L. P.
ENIGME
par M. D. L. P.
Logez auprès du toit d'il*.
ne hautemaison,
Nous craignons le grand
venr, leSoleil, la fume'e,;
Par nous on vit jadis
mainte guerre allum'ée..-
Nous faisons des Captifs
sans sortir de prison.
Nous sçavonsdistiller le
plus subtil poison,
Instument de terreur, de
courroux,defoiblesse,
Nous employons pour
vaincre &la force Ôc
Tadresse,
Et certaine liqueur qui
trouble la raison.
Nous fçavons menager
menacesa&caresse ,
Bien servir,ou trahir nos
maistres,&maistresses,
Plus d'un homme en courroux
, nous appella
menteurs.
Nous mentions moins helas
au vieux temps de nos
peres,
La nature nous fit ingenus
-
& sinceres.
Et ce n'est que par art,
qu'on nous rend impofteurs.
par M. D. L. P.
Logez auprès du toit d'il*.
ne hautemaison,
Nous craignons le grand
venr, leSoleil, la fume'e,;
Par nous on vit jadis
mainte guerre allum'ée..-
Nous faisons des Captifs
sans sortir de prison.
Nous sçavonsdistiller le
plus subtil poison,
Instument de terreur, de
courroux,defoiblesse,
Nous employons pour
vaincre &la force Ôc
Tadresse,
Et certaine liqueur qui
trouble la raison.
Nous fçavons menager
menacesa&caresse ,
Bien servir,ou trahir nos
maistres,&maistresses,
Plus d'un homme en courroux
, nous appella
menteurs.
Nous mentions moins helas
au vieux temps de nos
peres,
La nature nous fit ingenus
-
& sinceres.
Et ce n'est que par art,
qu'on nous rend impofteurs.
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1453
p. 1-3
SONNET, Sur des Vers que Mademoiselle M. avoit envoyez a l'Auteur.
Début :
L'AUTRE jour la Cour du Parnasse, [...]
Mots clefs :
Ouvrage
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texteReconnaissance textuelle : SONNET, Sur des Vers que Mademoiselle M. avoit envoyez a l'Auteur.
SONNET,
Sur des Vers que fyîademoifellc
M.avoit envoyczil. l'Auteur. L'AUTRE jour la
Courdu Parnasse,
Pour juger au rapport
d'Horace,
Du prix de certains
vers nouveaux,
Apres maint Arrêttoû
jours juste,
Contre mille Ouvrages
divers;
Enfin le Courtisan
d'Auguste,
Fit rapport de vos derniers
vers.
Aussi-tost le Dieu d
Permesse
Dit:je reconnois cette
piece,
Je la fis en ce même
endroit.
L'Amour avoit monté
sa Lyre,
Sa mere écoutoit sans
mot dire,
Je chantois, Iris écrivoit.
Sur des Vers que fyîademoifellc
M.avoit envoyczil. l'Auteur. L'AUTRE jour la
Courdu Parnasse,
Pour juger au rapport
d'Horace,
Du prix de certains
vers nouveaux,
Apres maint Arrêttoû
jours juste,
Contre mille Ouvrages
divers;
Enfin le Courtisan
d'Auguste,
Fit rapport de vos derniers
vers.
Aussi-tost le Dieu d
Permesse
Dit:je reconnois cette
piece,
Je la fis en ce même
endroit.
L'Amour avoit monté
sa Lyre,
Sa mere écoutoit sans
mot dire,
Je chantois, Iris écrivoit.
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Résumé : SONNET, Sur des Vers que Mademoiselle M. avoit envoyez a l'Auteur.
Un sonnet décrit une scène au Parnasse où les muses jugent des vers nouveaux. Un courtisan présente les derniers vers de l'auteur. Apollon reconnaît la pièce et affirme l'avoir composée. L'Amour joue de la lyre, Vénus écoute, l'auteur chante et Iris écrit.
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1454
p. 4-6
SONNET, Sur la mort de M. Duché.
Début :
Celui que nous plaignons, & qu'un sort glorieux [...]
Mots clefs :
Mort
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texteReconnaissance textuelle : SONNET, Sur la mort de M. Duché.
SONNET,
1.
SUT la mort de M. Duché.
: "',l'!, « CELUI que nous
plaignons, &
qu un sort glorieux
Place au rang des Elûs,
dans la Citéceleste,
Brilla par ses talens ,
fut doux, simple,
1% modeste,
Fidele à ses amis, discret,
officieux.
Des charmes dont la
monde avoit flatté
ses yeux;
Dieu dissipabien-tost
l'illusion funeste,
Et de ses jeunes ans il
consacra le reste
A chater les grandeurs
du Monarque des
Cieux.
Il n'est plus, & j'ai vu
: passer la derniere
heure,
Mais en pleurant sa
mort, c'est moi seul
que je pleure,
Mon aveugle fureur
n'accuse point son fort.
IL jouit des seuls biens,
qui faisoient son envie,
Et ne pouvoit trouver
qmu'enoparssta,ntparla
Le port tranquille &
fur- de l'éternelle vie.
1.
SUT la mort de M. Duché.
: "',l'!, « CELUI que nous
plaignons, &
qu un sort glorieux
Place au rang des Elûs,
dans la Citéceleste,
Brilla par ses talens ,
fut doux, simple,
1% modeste,
Fidele à ses amis, discret,
officieux.
Des charmes dont la
monde avoit flatté
ses yeux;
Dieu dissipabien-tost
l'illusion funeste,
Et de ses jeunes ans il
consacra le reste
A chater les grandeurs
du Monarque des
Cieux.
Il n'est plus, & j'ai vu
: passer la derniere
heure,
Mais en pleurant sa
mort, c'est moi seul
que je pleure,
Mon aveugle fureur
n'accuse point son fort.
IL jouit des seuls biens,
qui faisoient son envie,
Et ne pouvoit trouver
qmu'enoparssta,ntparla
Le port tranquille &
fur- de l'éternelle vie.
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Résumé : SONNET, Sur la mort de M. Duché.
Le sonnet rend hommage à M. Duché, homme distingué par ses talents et ses qualités morales. Doux, simple, modeste et fidèle, il se détourna des illusions du monde pour louer les grandeurs divines. Sa mort est perçue comme une ascension vers la Cité céleste. Le poète exprime sa tristesse mais reconnaît que M. Duché jouit désormais de la vie éternelle.
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1455
p. 7-9
SONNET, A M. le Chevalier de S. Gilles.
Début :
Apollon au Parnasse hier s'estant rendu, [...]
Mots clefs :
Apollon, Auteurs
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texteReconnaissance textuelle : SONNET, A M. le Chevalier de S. Gilles.
SONNET,
4 M. le Chevalier de S. Gilles. APollon au Parnasse
hier s'estant
rendu,
tuteurs vieux &nouveaux
vinrent de
compagnie,
Etdisputoient entr'eux
avec telle manie,
Que le Dieumême à
peine était-il entendu.
Entre autres Sarrazin
crioit comme un
perdu.,
Se plaignant queSaint
Gillesavoit pris son
genie.
-
Non, Meilleurs, disoitil,
ce n'est point
ironie,
Et s'il ne me le rend,
je veux estrependu.
Un genieeft là-baschole
si familiere; j
Que ne prend-il celuy
de Pie, de Frontinierel
Lors Apollon luy dit:
ah! tu fais le fâché,
Eh bien, pour te montrer
a quel point je
l'honnore,
Il gardera le tien, & je
luy donne encore
Celuy d'Anacreon pardessus
le marché.
4 M. le Chevalier de S. Gilles. APollon au Parnasse
hier s'estant
rendu,
tuteurs vieux &nouveaux
vinrent de
compagnie,
Etdisputoient entr'eux
avec telle manie,
Que le Dieumême à
peine était-il entendu.
Entre autres Sarrazin
crioit comme un
perdu.,
Se plaignant queSaint
Gillesavoit pris son
genie.
-
Non, Meilleurs, disoitil,
ce n'est point
ironie,
Et s'il ne me le rend,
je veux estrependu.
Un genieeft là-baschole
si familiere; j
Que ne prend-il celuy
de Pie, de Frontinierel
Lors Apollon luy dit:
ah! tu fais le fâché,
Eh bien, pour te montrer
a quel point je
l'honnore,
Il gardera le tien, & je
luy donne encore
Celuy d'Anacreon pardessus
le marché.
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Résumé : SONNET, A M. le Chevalier de S. Gilles.
Au Parnasse, Apollon reçoit des tuteurs discutant avec animation. Sarrazin accuse Saint-Gilles d'avoir pris son génie. Apollon apaise Sarrazin en lui montrant l'honneur fait à Saint-Gilles, qui conserve son génie et reçoit celui d'Anacréon.
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1456
p. 9-11
RONDEAU.
Début :
Je l'ay trouvé ce petit fier-à-bras, [...]
Mots clefs :
Dieu
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texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
RONDEAU.
E l'ay trouve ce petit
fier-à-bras,
Ce traître Dieu, parain
de Ménelas,
Qui mieux armé que
Diane à laChasse,
Dans certains yeux avoit
trouvé sa place,
Pour me jouer quelque
tour de Judas,
J'ai d'abord dit:fuyons,
doublons le pas,
Allons chercher ou
Phoebus ou Pallas,
C'est contre amour un
remede efficace,
Je l'ai trouvé.
Depuis ce temps je
cherche:mais helas
Je cours toûjours sans
sçavoir où je vas,
J'ai beau marcher, j'ai
beau suivre leur trace,
Pour les trouver j'ay
fait tout le Parnasse,
Et le seul Dieu que je
ne cherchois pas
Je l'ai trouvé.
E l'ay trouve ce petit
fier-à-bras,
Ce traître Dieu, parain
de Ménelas,
Qui mieux armé que
Diane à laChasse,
Dans certains yeux avoit
trouvé sa place,
Pour me jouer quelque
tour de Judas,
J'ai d'abord dit:fuyons,
doublons le pas,
Allons chercher ou
Phoebus ou Pallas,
C'est contre amour un
remede efficace,
Je l'ai trouvé.
Depuis ce temps je
cherche:mais helas
Je cours toûjours sans
sçavoir où je vas,
J'ai beau marcher, j'ai
beau suivre leur trace,
Pour les trouver j'ay
fait tout le Parnasse,
Et le seul Dieu que je
ne cherchois pas
Je l'ai trouvé.
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Résumé : RONDEAU.
Le poème 'RONDEAU' relate une rencontre avec un individu traître, comparé à Judas. Le narrateur, se sentant menacé, fuit et cherche l'aide des dieux Phébus et Pallas contre l'amour. Il se retrouve perdu et rencontre finalement un dieu inattendu, soulignant sa quête vaine et ses errements.
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1457
p. 12-15
ÉTRENNES A M. de Pointis aprés son expedition de Cartagene.
Début :
L'an passé, qu'un dessein un peu trop hazardeux, [...]
Mots clefs :
Guerre, Carthagène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉTRENNES A M. de Pointis aprés son expedition de Cartagene.
E'TRENNES
A M.de Pointis aprèsson expédition
de Cartagene. L'An passé, qu'un
dessein un peu
trop hazardeux,
Vousavoit fait sortir
de France,
A tel jour qu'aujourd'huy
je fis pour vous
des voeux,
Et mes voeux vous ont
porté chance,
Vousestes revenu gaillard
tk- bien payé
Des dépens de vostre
voyage;
En vous voyant passer
chacun s'est écrié:
Voila le vainqueur de
Cartage,
C'est Scipion,non pas
Scipion l'Afriquain,
Mais Scipion l'Ameriquain,
Or bien que dans ce
temps une paix necessaire,
Semble avoir des Guerriers
suspendu les
projets
Il reste encor pour vous
des conquêtes à faire,
Et j'ai pour vous encor
à faire des souhaits,
Voici comment, il est
certains sujets rebelles,
Que l'on nomme jeunes
cruelles,
Que ces peuples par
vous soient vaincus
à leur tour,
Tâchez d'en dépeupler
la terre,
Allez & revenez, s'il
se peut, en amour
Aussi formidable qu'en
guerre.
A M.de Pointis aprèsson expédition
de Cartagene. L'An passé, qu'un
dessein un peu
trop hazardeux,
Vousavoit fait sortir
de France,
A tel jour qu'aujourd'huy
je fis pour vous
des voeux,
Et mes voeux vous ont
porté chance,
Vousestes revenu gaillard
tk- bien payé
Des dépens de vostre
voyage;
En vous voyant passer
chacun s'est écrié:
Voila le vainqueur de
Cartage,
C'est Scipion,non pas
Scipion l'Afriquain,
Mais Scipion l'Ameriquain,
Or bien que dans ce
temps une paix necessaire,
Semble avoir des Guerriers
suspendu les
projets
Il reste encor pour vous
des conquêtes à faire,
Et j'ai pour vous encor
à faire des souhaits,
Voici comment, il est
certains sujets rebelles,
Que l'on nomme jeunes
cruelles,
Que ces peuples par
vous soient vaincus
à leur tour,
Tâchez d'en dépeupler
la terre,
Allez & revenez, s'il
se peut, en amour
Aussi formidable qu'en
guerre.
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Résumé : ÉTRENNES A M. de Pointis aprés son expedition de Cartagene.
Le poème 'E'TRENNES' célèbre M. de Pointis, victorieux à Carthagène. Comparé à Scipion l'Africain, il est surnommé 'Scipion l'Américain'. Le poète souhaite qu'il soumette des sujets rebelles et connaisse aussi le succès en amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1458
p. 15-18
EPITAPHE Du Chien de Madame D...
Début :
PASSANS pleurez mon triste sort, [...]
Mots clefs :
Amour, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE Du Chien de Madame D...
EPITAPHE
DPu Chien de Madame D. ASSANS pleurez
montristefort,
Il fut toûjours digne
d'envie,
Tant que je fus prés
de Silvie,
Mais sa rigueur causa
ma mort,
Amour voyant que la
cruelle
Bravoit ses coups, suyoitsesloix,
Voulut punir ce coeur
rebelle,
Il prend son arc &son
carquois,
Et dans son courroux
il fit choix
De sa fleche la plus
mortelle;
J'estois alors prés de la :
belle,
Je joiiois sans songer à
mal Amour
Amour tira, le trait
fatal,
Pàrt,vole, & m'atteint
au lieu d'elle,
Un feu prompt & séditicux
S'alluma dés-lors dans
mes veines,
Apres mille secrettes
peines,
La mort vint me fermer
les yeux,
Ainsi je garantis Sylvie
Du plus cruel de tous
les maux;
Elle joüit d'un plein repos,
Mais il m'en a cousté
la vie.
DPu Chien de Madame D. ASSANS pleurez
montristefort,
Il fut toûjours digne
d'envie,
Tant que je fus prés
de Silvie,
Mais sa rigueur causa
ma mort,
Amour voyant que la
cruelle
Bravoit ses coups, suyoitsesloix,
Voulut punir ce coeur
rebelle,
Il prend son arc &son
carquois,
Et dans son courroux
il fit choix
De sa fleche la plus
mortelle;
J'estois alors prés de la :
belle,
Je joiiois sans songer à
mal Amour
Amour tira, le trait
fatal,
Pàrt,vole, & m'atteint
au lieu d'elle,
Un feu prompt & séditicux
S'alluma dés-lors dans
mes veines,
Apres mille secrettes
peines,
La mort vint me fermer
les yeux,
Ainsi je garantis Sylvie
Du plus cruel de tous
les maux;
Elle joüit d'un plein repos,
Mais il m'en a cousté
la vie.
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Résumé : EPITAPHE Du Chien de Madame D...
L'épitaphe raconte la mort de Montristefort, chien de Madame D. Assans. Proche de Sylvie, il fut tué par Amour pour punir Sylvie. Une flèche mortelle atteignit le chien, le tuant après mille souffrances. Il sauva ainsi Sylvie, lui permettant de reposer en paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1459
p. 19-28
PROLOGUE, Qui fut chanté chez Mad. d'*** avant la representation de l'Ecole des Maris.
Début :
MELPOMÉNE, Muse de la Tragedie. Quittez, quittez ma soeur une [...]
Mots clefs :
Gloire, Muse, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROLOGUE, Qui fut chanté chez Mad. d'*** avant la representation de l'Ecole des Maris.
PROLOGUE,
Quifutchantéche%Mad.
avant la representation
de l'Ecole des
Maris.
MELPO ME'NE,
Muse de la Tragedie. QUittez
,
quittez
ma soeurune
arrogance vaine,
Osez -vous comparer
vos frivoles chansons
Aux nobles, aux sublimes
sons
De l'Heroïque Melpo-
1
méne? -
1 'q.
THALIE,
Muse de la Comedie.
Hé de grâce, ma soeur
tréve de vanité,
Vivez en paix avec Thalie,
Vous [avez que vingt
fois elle a déconcerté
Par une agrcable folie,
Uneennuyeuse gravité-
:
MELPOME'NE.
Ma voix resuscite la
gloire
De mes antiques demi
Dieux,
Et je consacre la mémoire
De ceux qui brillent à
vos yeux.
THALIE.
Voschants par leur lu-
,. gubre accord,
Fatiguent souvent leur
oreille,
Ma flute souvent les
réveille,
Et vôtreLyre les endort.
MELPOME'NE.
Croyez-vous que ce
foit un talent fort
utile
De badiner à tous propos?
THALIE.
Vous imaginez-vous
qu'il soir si difficile
De faire bailler les
Heros ?
ME.LPQ,ME"ÍNE.
De Lauriers immortels
je couronne leurs
têtes.
THALIE.
Je sçailes délasser par
dagreables fêtes.
MELPOME'NE.
Je vante leurs exploits.
THALIE,
J'amuse leurs desirs.
MELPOME'NE.
Jeprends foin de leur
gloire.
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs.
MELPOME'NE.
Je m'étonne qu'une
Deesse
Qu'une Muse se laisse
à l'orgueil entraîner.
L'amour propre est une
foiblesse
Qu'aux mal-heureux
morte ls il faut abandonner.
THALIE.
Nevousytrompez pas,
le seul
le seul orgueil vous touche, J'ai reçû '},. comme vous
ce dangereux present,
Mais le mien est vif&
plaisant,
Et le vôtre est sombre
& farouche.
MELPOME'NE.
Vous estes ma cadette
au jugement derous,
Et l'on est modeste à
vôtreâge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune
que vous,
Ne vous étonnez pas si
je plais davantage.
MELPOME'NE.
Ne profanons plus nôtre
voix
Par une odieuse querelle,
Un Prince des Heros
le plusnoble modele,
Nous fournit de plus
doux emplois,
Il a mille vertus dignes
desanaissance,
Les-Muses dont il est
l'appuy
Doivent se corlfacrcr
à luy
Par zele & par recon- noissance.
THALIE.
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE,
C'est le plus digne cmploy
des filles de memoire.
THALIE.
Que Melpoméne veille
à celebrer sa gloire.
MELPOME)NE.
QueThalie ait le foin
d'occuper son loisir.
TOUTES DEUX.
Que Melpoméneveille1
à celebrer sa gloire.
Que Thalie ait le foin
d'occuper son loisir.
Quifutchantéche%Mad.
avant la representation
de l'Ecole des
Maris.
MELPO ME'NE,
Muse de la Tragedie. QUittez
,
quittez
ma soeurune
arrogance vaine,
Osez -vous comparer
vos frivoles chansons
Aux nobles, aux sublimes
sons
De l'Heroïque Melpo-
1
méne? -
1 'q.
THALIE,
Muse de la Comedie.
Hé de grâce, ma soeur
tréve de vanité,
Vivez en paix avec Thalie,
Vous [avez que vingt
fois elle a déconcerté
Par une agrcable folie,
Uneennuyeuse gravité-
:
MELPOME'NE.
Ma voix resuscite la
gloire
De mes antiques demi
Dieux,
Et je consacre la mémoire
De ceux qui brillent à
vos yeux.
THALIE.
Voschants par leur lu-
,. gubre accord,
Fatiguent souvent leur
oreille,
Ma flute souvent les
réveille,
Et vôtreLyre les endort.
MELPOME'NE.
Croyez-vous que ce
foit un talent fort
utile
De badiner à tous propos?
THALIE.
Vous imaginez-vous
qu'il soir si difficile
De faire bailler les
Heros ?
ME.LPQ,ME"ÍNE.
De Lauriers immortels
je couronne leurs
têtes.
THALIE.
Je sçailes délasser par
dagreables fêtes.
MELPOME'NE.
Je vante leurs exploits.
THALIE,
J'amuse leurs desirs.
MELPOME'NE.
Jeprends foin de leur
gloire.
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs.
MELPOME'NE.
Je m'étonne qu'une
Deesse
Qu'une Muse se laisse
à l'orgueil entraîner.
L'amour propre est une
foiblesse
Qu'aux mal-heureux
morte ls il faut abandonner.
THALIE.
Nevousytrompez pas,
le seul
le seul orgueil vous touche, J'ai reçû '},. comme vous
ce dangereux present,
Mais le mien est vif&
plaisant,
Et le vôtre est sombre
& farouche.
MELPOME'NE.
Vous estes ma cadette
au jugement derous,
Et l'on est modeste à
vôtreâge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune
que vous,
Ne vous étonnez pas si
je plais davantage.
MELPOME'NE.
Ne profanons plus nôtre
voix
Par une odieuse querelle,
Un Prince des Heros
le plusnoble modele,
Nous fournit de plus
doux emplois,
Il a mille vertus dignes
desanaissance,
Les-Muses dont il est
l'appuy
Doivent se corlfacrcr
à luy
Par zele & par recon- noissance.
THALIE.
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE,
C'est le plus digne cmploy
des filles de memoire.
THALIE.
Que Melpoméne veille
à celebrer sa gloire.
MELPOME)NE.
QueThalie ait le foin
d'occuper son loisir.
TOUTES DEUX.
Que Melpoméneveille1
à celebrer sa gloire.
Que Thalie ait le foin
d'occuper son loisir.
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Résumé : PROLOGUE, Qui fut chanté chez Mad. d'*** avant la representation de l'Ecole des Maris.
Le prologue de 'L'École des Maris' met en scène Melpomène, Muse de la Tragédie, et Thalie, Muse de la Comédie. Melpomène exalte la noblesse et la sublimité de ses chants héroïques, célébrant la gloire des demi-dieux et des héros. Thalie, en revanche, met en avant l'utilité de la comédie pour distraire et amuser, contrastant avec la gravité de la tragédie. Melpomène critique l'orgueil de Thalie, tandis que Thalie accuse Melpomène de sombre farouche. Leur dispute s'apaise lorsqu'elles reconnaissent la nécessité de célébrer ensemble un héros noble. Elles conviennent que Melpomène veillera à célébrer sa gloire, tandis que Thalie s'occupera de distraire ses loisirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1460
p. 29-48
POLLICHON. Poëme par M. de N*** Directeur de l'Hôtel-Dieu de Vienne en Dauphiné.
Début :
Les Dieux sont pour César, & Caton pour Pompée. [...]
Mots clefs :
Dieux, Jugement, Muse, République, Caton, Rome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLLICHON. Poëme par M. de N*** Directeur de l'Hôtel-Dieu de Vienne en Dauphiné.
POLLICHON.
Poëme par M. de N it -il: * Directeur
de l'Hôtel-Dita
de Vienne en Dauphiné.
Lesujetest tiré d'une Echop,
f) souslaporte d'entrée
de tHôtcLDteu, demandéeàl'Auteur
par une infinitédepersonnesstes
unes
pour Pollichon, & les
autres pour Henriette.
LES Dieux sontpour
César, & Caton pour
Pompée.
Bon jadis, mais les
Dieux, les Catons
1 de ce temps
Ont de plus grands
soucis la cervelle
occupée,
Et se partagent bien
pour d'autres combattans,
-0 Pollichon d'une part,
& de loutre Henriette.
Quelle verve vous préd
Poëte,
Et quel debut? qu'ont
de commun entr'eux
Deux inconnus & ces
Romains fameux? -
Je le dirai: c'est que
l'un & l'autre homme
Veut estre seul maître
absolu dans Rome,
En leur faveur il se fait
des partis,
Adolescens, hommes
faits, cheveux gris,
Sages & fols
,
chacun
pour euxs'engage;
Les dieux contre les
dieux l'Olimpe se
partage
Tout comme à Troye,
Apollon d'un côté,
Et d'autre part quelque
autre Deïté.
Rome voit une guerre
en cruauté feconde;
Ilse verse du fang sur
la terre& surl'onde,
Ettoutcela pourquoi ?
seulemet pour sçavoir
Qui sur la République
, aura le plein pouir
Du fier Beau- pere ou
de l'obstiné Gendre;
Ces deux Maîtres d'escrime
en pouffant
tout à bout A
Firent tantqu'ils gâterent
tout.
Catule en fut témoin
, il pourra vous rapprend
re;
Or, ce fait entendu,le
mien se peutcom-
1
prendre,
Ilne fauttout au plus
que changer quelque
nom:
Par exemple au mot
Republique,
Substituez le mot boutique:
A PompéeHenriette,à
CesarPollichon,
Au fonds voustrouverez
que lachoseest
égale;
Au fang prés répandu
c'est un autre Pharsale,
Dans les esprits même
chaleur,
Même espoirdu succés,
même amour dela
gloire,
Même attente de la
Vctoire,
Même bruit, & même
fureur,
Mêmes détours,&mêmes
ruses.
OLucain!ôBreboeuf!
j'invoque ici vos
Mu[es,
Venez entousiasme, hyperbole,
grands
mots;
Je ne sçaurois sans vous
celebrer mes Héros,
Dire de leurs desirs l'ardeur
impatiente,
Et dans cous leurs projets
l'audace triomphante;
Prêtez-moy vôtreemphase
&: vos plus
vifs crayons.
Encor pourrai je à peine
entreprendre;
essayons.
Sous un portiqueétroit
dont l'antiq ue ftruétUfC
Nlo"qfe-aux yeux des
passans qu'une caverne
obscure,
HabitePollichon l'honneur
de son quartlert
Demi porteur de chaise
& demi savetier:
Non, loin de là se montre
une jeune Amphibie,
Et Fille & femme.ô£
veuve , engageante
& hardie
Henriette, en un mot
qui de dessein
formé
Veut ravir au vieillard
fou Palais enfumé.
Muse , raconte-moy
quelles furent ses
brigues,
Que! art ou quel demon
a noüé cette
intrigue:
Mais je le prens trop
haut; parlons plus
simplement :
La verité s'explique
avec moins d'ornement.
Mes gens en veulent
donc à la même demeure,
On m'en romptlatête
à toute heure ;
Dés que pour l'un des
deux je vais me déclarer,
A quoy dois-je me preparer?
Les Pollichons vont
direrage,
Est- ce là ce Juge si
sage?
Etles Henrietsd'autre
part
Me le revaudront tôt
ou tard
Cruel relfeét humain,
quelles loixtum'imposes!
1
Mais non, c'est par le
fond qu'il fautregler
les choses;
Quiconque aura raisonchez
moy l'em-
- portera,
Aprés grondera qui
voudra:
GronGronder
est chose juridique;
Ca, parlez donc
, on
vous écoutera.
Commencez, Pollichon,
vous aurez la
replique,
Henriette elle durera
Autant de temps qu'il
luy plaira;
LairtezàPollichon ensser
sa Rhetorique,
Aprés luy la vôtre viendra,
Qui ne. fera pas laconique;
Car tout vieux Avocat
se pique
De ne pas s'expliquer
par un & cætera.
Quoy tous deux àla
fois? O bruit diabolique!
Un Huissier pour crier,
paix là.
Je m'enfuis, je n'ai pas
laeste assez stoïque
Pour supporter cette
musique:
Finissons ; à tous deux
j'adjuge la boutique;
A tous deux! Mais
voyons si cela se
pourra:
Tous deux insolidum!
nenny, la chose
implique;
Faisons donc mieux,
hé bien!on la partagera.
Salomon, Prince Pacifique,
D'un semblable procès
de même se tira.
Voila mon Jugement,
on l'executera.
L'executer
,
répond la
Nymphecolérique,
Quoy l'on m'enpollichonnera!
Moy Dres de Pollichon!
oh la belle repliquéi
Surelle le vieillard jette
un regard oblique,
Et qui te dit, qu'on le
voudra?
Les passans me feroient
la nique,
Moy vivre auprés de
toy? plûtôt dans
l'Amérique,
Pollichon plein d'honneurira,
VIvra,
mourra.
Quefaire donc?en vain
mon e sprit s a llambique.
T hemis, sage Themis,
toy ma ressource
unique,
Inspire-moy ce qu'on
se1a;
Quel nouveau jugement
faut-il que je
fabrique?
Le voici, nuls des deux
la boutiquen'aura :
Donner tout, partager,
ôter tout: la sottise
N'est pas où l'on la
croit; maint Juge
comme moy
Donne, ôteou fait partage
en dépit de
la loy ;
Nul par ce Jugement,
donné vaille que
vaille
N'aura ni l'huïtre ni
l'écaille.
Belle Leçon, pour tous
grands, petitsMagistrats,
Ne tombez jamais dans
1.. mon cas.
Mais j'entens des cenfeurs,
qui d'un ton
pedantesque,
S'acharnent sur mes
vers, & disent, quel
grotesque?
Cest justement celuy
dont Horace a parlé:
Sur une tére humaine
uncheval est colé;
Plumes, membres divers,
assemblage
bizare,
Au dessus belle femme
-
au dessous monstre
affreux;
Messieurs qui ne riroit
duncontraste sirare?
Qui ne riroir? riez, c'est
tout ce que je veux.
Poëme par M. de N it -il: * Directeur
de l'Hôtel-Dita
de Vienne en Dauphiné.
Lesujetest tiré d'une Echop,
f) souslaporte d'entrée
de tHôtcLDteu, demandéeàl'Auteur
par une infinitédepersonnesstes
unes
pour Pollichon, & les
autres pour Henriette.
LES Dieux sontpour
César, & Caton pour
Pompée.
Bon jadis, mais les
Dieux, les Catons
1 de ce temps
Ont de plus grands
soucis la cervelle
occupée,
Et se partagent bien
pour d'autres combattans,
-0 Pollichon d'une part,
& de loutre Henriette.
Quelle verve vous préd
Poëte,
Et quel debut? qu'ont
de commun entr'eux
Deux inconnus & ces
Romains fameux? -
Je le dirai: c'est que
l'un & l'autre homme
Veut estre seul maître
absolu dans Rome,
En leur faveur il se fait
des partis,
Adolescens, hommes
faits, cheveux gris,
Sages & fols
,
chacun
pour euxs'engage;
Les dieux contre les
dieux l'Olimpe se
partage
Tout comme à Troye,
Apollon d'un côté,
Et d'autre part quelque
autre Deïté.
Rome voit une guerre
en cruauté feconde;
Ilse verse du fang sur
la terre& surl'onde,
Ettoutcela pourquoi ?
seulemet pour sçavoir
Qui sur la République
, aura le plein pouir
Du fier Beau- pere ou
de l'obstiné Gendre;
Ces deux Maîtres d'escrime
en pouffant
tout à bout A
Firent tantqu'ils gâterent
tout.
Catule en fut témoin
, il pourra vous rapprend
re;
Or, ce fait entendu,le
mien se peutcom-
1
prendre,
Ilne fauttout au plus
que changer quelque
nom:
Par exemple au mot
Republique,
Substituez le mot boutique:
A PompéeHenriette,à
CesarPollichon,
Au fonds voustrouverez
que lachoseest
égale;
Au fang prés répandu
c'est un autre Pharsale,
Dans les esprits même
chaleur,
Même espoirdu succés,
même amour dela
gloire,
Même attente de la
Vctoire,
Même bruit, & même
fureur,
Mêmes détours,&mêmes
ruses.
OLucain!ôBreboeuf!
j'invoque ici vos
Mu[es,
Venez entousiasme, hyperbole,
grands
mots;
Je ne sçaurois sans vous
celebrer mes Héros,
Dire de leurs desirs l'ardeur
impatiente,
Et dans cous leurs projets
l'audace triomphante;
Prêtez-moy vôtreemphase
&: vos plus
vifs crayons.
Encor pourrai je à peine
entreprendre;
essayons.
Sous un portiqueétroit
dont l'antiq ue ftruétUfC
Nlo"qfe-aux yeux des
passans qu'une caverne
obscure,
HabitePollichon l'honneur
de son quartlert
Demi porteur de chaise
& demi savetier:
Non, loin de là se montre
une jeune Amphibie,
Et Fille & femme.ô£
veuve , engageante
& hardie
Henriette, en un mot
qui de dessein
formé
Veut ravir au vieillard
fou Palais enfumé.
Muse , raconte-moy
quelles furent ses
brigues,
Que! art ou quel demon
a noüé cette
intrigue:
Mais je le prens trop
haut; parlons plus
simplement :
La verité s'explique
avec moins d'ornement.
Mes gens en veulent
donc à la même demeure,
On m'en romptlatête
à toute heure ;
Dés que pour l'un des
deux je vais me déclarer,
A quoy dois-je me preparer?
Les Pollichons vont
direrage,
Est- ce là ce Juge si
sage?
Etles Henrietsd'autre
part
Me le revaudront tôt
ou tard
Cruel relfeét humain,
quelles loixtum'imposes!
1
Mais non, c'est par le
fond qu'il fautregler
les choses;
Quiconque aura raisonchez
moy l'em-
- portera,
Aprés grondera qui
voudra:
GronGronder
est chose juridique;
Ca, parlez donc
, on
vous écoutera.
Commencez, Pollichon,
vous aurez la
replique,
Henriette elle durera
Autant de temps qu'il
luy plaira;
LairtezàPollichon ensser
sa Rhetorique,
Aprés luy la vôtre viendra,
Qui ne. fera pas laconique;
Car tout vieux Avocat
se pique
De ne pas s'expliquer
par un & cætera.
Quoy tous deux àla
fois? O bruit diabolique!
Un Huissier pour crier,
paix là.
Je m'enfuis, je n'ai pas
laeste assez stoïque
Pour supporter cette
musique:
Finissons ; à tous deux
j'adjuge la boutique;
A tous deux! Mais
voyons si cela se
pourra:
Tous deux insolidum!
nenny, la chose
implique;
Faisons donc mieux,
hé bien!on la partagera.
Salomon, Prince Pacifique,
D'un semblable procès
de même se tira.
Voila mon Jugement,
on l'executera.
L'executer
,
répond la
Nymphecolérique,
Quoy l'on m'enpollichonnera!
Moy Dres de Pollichon!
oh la belle repliquéi
Surelle le vieillard jette
un regard oblique,
Et qui te dit, qu'on le
voudra?
Les passans me feroient
la nique,
Moy vivre auprés de
toy? plûtôt dans
l'Amérique,
Pollichon plein d'honneurira,
VIvra,
mourra.
Quefaire donc?en vain
mon e sprit s a llambique.
T hemis, sage Themis,
toy ma ressource
unique,
Inspire-moy ce qu'on
se1a;
Quel nouveau jugement
faut-il que je
fabrique?
Le voici, nuls des deux
la boutiquen'aura :
Donner tout, partager,
ôter tout: la sottise
N'est pas où l'on la
croit; maint Juge
comme moy
Donne, ôteou fait partage
en dépit de
la loy ;
Nul par ce Jugement,
donné vaille que
vaille
N'aura ni l'huïtre ni
l'écaille.
Belle Leçon, pour tous
grands, petitsMagistrats,
Ne tombez jamais dans
1.. mon cas.
Mais j'entens des cenfeurs,
qui d'un ton
pedantesque,
S'acharnent sur mes
vers, & disent, quel
grotesque?
Cest justement celuy
dont Horace a parlé:
Sur une tére humaine
uncheval est colé;
Plumes, membres divers,
assemblage
bizare,
Au dessus belle femme
-
au dessous monstre
affreux;
Messieurs qui ne riroit
duncontraste sirare?
Qui ne riroir? riez, c'est
tout ce que je veux.
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Résumé : POLLICHON. Poëme par M. de N*** Directeur de l'Hôtel-Dieu de Vienne en Dauphiné.
Le texte présente un poème intitulé 'Pollichon' écrit par M. de N, directeur de l'Hôtel-Dieu de Vienne en Dauphiné. L'auteur explique que l'idée du poème lui a été suggérée par des personnes demandant des histoires sur Pollichon ou Henriette, deux personnages en conflit. Le poème compare cette situation à des conflits historiques, comme celui entre César et Pompée, où des factions se forment pour soutenir l'un ou l'autre. Dans le poème, Pollichon et Henriette se disputent la maîtrise d'une boutique, chacun cherchant à être le seul maître absolu. Cette rivalité divise les habitants, y compris les dieux, et entraîne des conflits similaires à ceux de l'Antiquité. L'auteur décrit Pollichon comme un demi-porteur de chaise et demi-savetier, tandis qu'Henriette est une jeune veuve ambitieuse. L'auteur, jouant le rôle de juge, doit trancher entre les deux protagonistes. Après avoir écouté leurs arguments, il décide de ne donner la boutique à aucun des deux, soulignant la sottise de certains jugements. Il conclut en invitant les critiques à rire de ce contraste grotesque, faisant référence à une métaphore d'Horace sur un cheval à tête humaine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1461
p. 123-126
Bouquet à Madame B... envoyé de Paris à la Campagne.
Début :
Facile tribut de ma veine, [...]
Mots clefs :
Fleurs, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bouquet à Madame B... envoyé de Paris à la Campagne.
Bouquet à Madame B
envoyé de Paris à la
Campagne.
FAcile tribut de ma veine,
iltes vers à L * * * alleztrouver
Climene
Dans ces Vallons fleuris, ces
détours& ces bois3
Toûjours ornezdes jeux qu'yforme
L'Onde,
Zîcux faits pour oublier tout le
reste du monde,
JElie pense à moy quelquefois.
Assise au pied des cascades
Peut-être en et moment ellemêle
ses chants
Att bruit confus des Nayades:
Et c'est lu queses airs m'ont paru
si touchants.
Ne l'interrompezpoint, mes verf, ilfaut attendre
Qu'elleait cesse de chanter:
Vous risqueriezd'irriter
Des Dieux avides de l'entendre.
Prenez, le temps, le lieu propre 4
, vous presenter,
Conduisezla dans tlfle*solitaire,
Azyle que l'amour fîtfaire
Contre tout témoinindiscret.
Soyez-y comme amans reçus avec
myflere3
Jou'Jfet^y d'un triomphesecret.
Vous n'êtesfaits quepour elle
)
* Bosquet entouré d'eau.
Ne recherchezque ses yeux.
Vouloir paroistre ingenieux
u4 quelqu'autre qu'à sa belle,
Ç'est être presque infidelle. -
Toru les ans jH- dois luy donner
Une guirlande nouvelle:
Qu'avecplaisirj'irois lasafù-ner
Maisou de l'Helicon les annales
sont vaines,
- Ou les vers autrefois, par des
charmes vainqueurs
Déplaçoyent les ormeaux 3
faisoient
mouvoir les chênes,
En coutera-t-ilplusde commander
auxfleurs ?
0 mes vers, depouillezcesparterres
fertiles:
Que Climene s'approche & vous
tende la main,
Elle verra les lis & les oeillets
dociles9
Courir ,seplacersursonsein.
envoyé de Paris à la
Campagne.
FAcile tribut de ma veine,
iltes vers à L * * * alleztrouver
Climene
Dans ces Vallons fleuris, ces
détours& ces bois3
Toûjours ornezdes jeux qu'yforme
L'Onde,
Zîcux faits pour oublier tout le
reste du monde,
JElie pense à moy quelquefois.
Assise au pied des cascades
Peut-être en et moment ellemêle
ses chants
Att bruit confus des Nayades:
Et c'est lu queses airs m'ont paru
si touchants.
Ne l'interrompezpoint, mes verf, ilfaut attendre
Qu'elleait cesse de chanter:
Vous risqueriezd'irriter
Des Dieux avides de l'entendre.
Prenez, le temps, le lieu propre 4
, vous presenter,
Conduisezla dans tlfle*solitaire,
Azyle que l'amour fîtfaire
Contre tout témoinindiscret.
Soyez-y comme amans reçus avec
myflere3
Jou'Jfet^y d'un triomphesecret.
Vous n'êtesfaits quepour elle
)
* Bosquet entouré d'eau.
Ne recherchezque ses yeux.
Vouloir paroistre ingenieux
u4 quelqu'autre qu'à sa belle,
Ç'est être presque infidelle. -
Toru les ans jH- dois luy donner
Une guirlande nouvelle:
Qu'avecplaisirj'irois lasafù-ner
Maisou de l'Helicon les annales
sont vaines,
- Ou les vers autrefois, par des
charmes vainqueurs
Déplaçoyent les ormeaux 3
faisoient
mouvoir les chênes,
En coutera-t-ilplusde commander
auxfleurs ?
0 mes vers, depouillezcesparterres
fertiles:
Que Climene s'approche & vous
tende la main,
Elle verra les lis & les oeillets
dociles9
Courir ,seplacersursonsein.
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Résumé : Bouquet à Madame B... envoyé de Paris à la Campagne.
Le poème 'Bouquet à Madame B' est envoyé de Paris à la campagne. Le poète y exprime son admiration pour une femme nommée Climène, qu'il imagine dans des vallons fleuris et des bois ornés par l'eau. Il espère qu'elle pense à lui, peut-être en chantant près des cascades. Le poète conseille à ses vers de ne pas interrompre Climène et de patienter jusqu'à ce qu'elle cesse de chanter pour éviter d'irriter les dieux. Il les invite à conduire Climène dans un lieu solitaire et secret, où ils seront bien accueillis et pourront jouir d'un triomphe discret. Le poète insiste sur le fait que ses vers sont destinés uniquement à elle et qu'ils doivent rechercher ses regards. Il promet de lui offrir une nouvelle guirlande chaque année, bien que les muses de l'Hélicon soient vaines. Il demande à ses vers de cueillir des fleurs dans les parterres pour que Climène voie les lis et les œillets se placer sur son sein.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1462
p. 126-128
« Ah que l'amour dans mon coeur est extrême, [...] »
Début :
Ah que l'amour dans mon coeur est extrême, [...]
Mots clefs :
Amour, Boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ah que l'amour dans mon coeur est extrême, [...] »
Les Airs de M. Marais sont si
gracieux & si chantans,
qu'on a choisi une Sarabande
du 3e Lvre qu'il
donne au Public, peur y
,
ajouter des paroles Bachiques
; on a cru inutiled'en
donner icy la Note: sitôt
que les Livres de cet excellent
Auteur paroissent
au jour, ils sont bien-tôt
entre les mains de tout le
monde.
CHANSON
à boire.
AHquel'amourdansmoncoeur
<0
ejlextrême3
C'est le dtfcvurs d'un amant langoureux
Parle autrement si tu veux que
je taIme,
Charge Baccus d m'addresser
tes veux>
Fais-moy boire un coup ou deux,
Peut êtretuferas heureux.
2. Couplet.
Ne parle plus de ton cruel martyre,
Larmes,soupirs
,
amoureuse langueur
M'affligenttrop, je veux aimer
pbur rire,
Le vin seulfera ton bonheur,
Demande àcette liqueur,
Quelest le chemin de mon coeur !
Le Livre de Monsieur Marais
se vend chezRibou, Quay
des Augustins.
gracieux & si chantans,
qu'on a choisi une Sarabande
du 3e Lvre qu'il
donne au Public, peur y
,
ajouter des paroles Bachiques
; on a cru inutiled'en
donner icy la Note: sitôt
que les Livres de cet excellent
Auteur paroissent
au jour, ils sont bien-tôt
entre les mains de tout le
monde.
CHANSON
à boire.
AHquel'amourdansmoncoeur
<0
ejlextrême3
C'est le dtfcvurs d'un amant langoureux
Parle autrement si tu veux que
je taIme,
Charge Baccus d m'addresser
tes veux>
Fais-moy boire un coup ou deux,
Peut êtretuferas heureux.
2. Couplet.
Ne parle plus de ton cruel martyre,
Larmes,soupirs
,
amoureuse langueur
M'affligenttrop, je veux aimer
pbur rire,
Le vin seulfera ton bonheur,
Demande àcette liqueur,
Quelest le chemin de mon coeur !
Le Livre de Monsieur Marais
se vend chezRibou, Quay
des Augustins.
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Résumé : « Ah que l'amour dans mon coeur est extrême, [...] »
Le texte décrit les 'Airs de M. Marais' comme gracieux et chantants. Une sarabande du troisième livre de Marais est adaptée avec des paroles bacchiques. Ses œuvres sont populaires et rapidement diffusées. Le texte inclut une chanson à boire en deux couplets, exaltant le vin pour le bonheur. Le livre est disponible chez Ribou, quai des Augustins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1463
p. 129-132
ENIGME.
Début :
L'autre jour un Berger charmant [...]
Mots clefs :
Chanterelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
&autre jour un Berger
charmant
-
Auprés d'un bois me vit
couchée,
Il s'approchtl, de moy,
bien-tôt j'en fus
touchée;
Expliquez ce mot sagement,
Car icy ma vertu nefut point offensée,
Au contraire elle fut
d'autantplusaugmentcet
Qu'il me prea plus fortement,
Comment s'y prit ce tendreamant
Il avoit une voixforte,
douce & flexible,
D'abordsansm'ébranler
il chanta (Õn amour,
Mais enfin ilfit tant que fj parussensible.
Il m'entendit chanter
tendrement à mon tour,
DljA d'accordtous deux,
o! cruelle avanture,
Je nesçay quel démon,
contraire àson desir,
Rompit des noeuds:hellU!
aprés cette rupture,
Adieu tendresse, adieu
plaisir.
&autre jour un Berger
charmant
-
Auprés d'un bois me vit
couchée,
Il s'approchtl, de moy,
bien-tôt j'en fus
touchée;
Expliquez ce mot sagement,
Car icy ma vertu nefut point offensée,
Au contraire elle fut
d'autantplusaugmentcet
Qu'il me prea plus fortement,
Comment s'y prit ce tendreamant
Il avoit une voixforte,
douce & flexible,
D'abordsansm'ébranler
il chanta (Õn amour,
Mais enfin ilfit tant que fj parussensible.
Il m'entendit chanter
tendrement à mon tour,
DljA d'accordtous deux,
o! cruelle avanture,
Je nesçay quel démon,
contraire àson desir,
Rompit des noeuds:hellU!
aprés cette rupture,
Adieu tendresse, adieu
plaisir.
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1464
p. 1-14
POEME SUR LA GRACE, A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
Est-ce une Loi du Ciel vangeur de nos forfaits, [...]
Mots clefs :
Ciel, Coeur, Innocence, Repos, Paix, Homme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POEME SUR LA GRACE, A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
POEME
SUR LA GRACE,
A MONSEIGNEUlt
LE DAUPHIN.
JEsc-ce
une Loi du Ciel
vangeur de nos forfaits,
Que l'Homme ignore ici
le repos& la paix?
Miierable joüet de son
desordre extrême,
Contre luichaque jour il
s'irrite lui-même:
S'il combat son penchant,
quels penibles efforts:
S'il ose lui ceder, quels
effrayans remors :
A ces maux condamne
même avant que de
naître,
Il commence à souffrir dés
qu'il peut se connoître.
Faut-il que malgrélui,
coupable infortuné,
Il expie envivant le crime
d'être ne !
Helas! lorsqu'il le perd
dans les routes du vice,
Tremblant il sent qu'il
marche au bord du
précipice
Pour rassurer son coeur,
n'at-il point de secours?
0 raifàn) de les maux
viens terminer le cours.
Mais quoi! loin de cal-
-
mer la frayeur qui le
trouble,
Son desespoir s'aigrit, ôc
sa crainte redouble,
Lorsqu'à ses tristes yeux
que tu viens éclairer,
Tu montres des périls
qu'ilvoudrait ignorer.
Ainsi quand sur les Mers
où fondentlesnuages,
Luttentcontre les Eaux
les Vents & les Orages,
Que les flotsà grand bruit
s'élancent dans les Airs,
Et du poids de leurchûte
ébranlent les Enfers;
Si dans le Ciel obscur,ou
toutfuit à sa vue,
Le Pilote effrayé voit s'enflammer
le Nuë;
Ce feu, qui fend la nuit
sur les ilôts en fureur,
Eclairant lepéril,en augmente
l'horreur.
Quoi ? tel que ce Nocher
1 qui voisin du naufrage,
Aprés de vains efforts s'a-
I bandonne à l'orage,
Faut-il que l'Homme foi-
", ble,& las de resiller
S'abandonne , aux périls
1 qu'il ne peut éviter
Grand DIEu) pour son
salut ta main eH: toûjours
prête ; Tu fais trouver le calme
au sein de la tempête :
Heureux, qui de Toi seul
attend tout son secours!
L'innocence & la paix accompagnent
ses jours.
Exempt des soins cruels
dont l'impie efl: la
proye,
Rien ne sçauroit tarir la
fouirce de sa joye;
Son cæur ne forme point
d'inutiles desirs,
Et jamais le remords ne
corrompt ses plaisirs.
Un reste du penchantqui
l'attache à la Terre,
Malgré lui quelquefois lui
livre encor la guerre:
Mais sans chercher ici des
jours pleins & conrens)
Comme un point insensi.
ble il regarde le tems.
Assuré du repos que son
exil differe)
Son coeur jouit déja du
bonheur qu'il espere)
Et loinde fuir l'instant
qui doit finir ses jours,
De l'avenir trop lent ses
voeux hâtent le cours.
Douce & charmante paix
qu'inspirel'innocence,
Des travaux les plus longs
trop chere recompense)
A l'Hommeimpatient
coûtez-vous tant d'efforts?
Peut-il à vos douceurs
préferer ses remords?
Mais de moncoeur 3dit-iî^
je ne fuis point le
maître:
Dans ce. coeur corrompu
la Vertu ne peut naître:
C'est un champ inutile en
son aridité,
Ravagé par les feux de la
cupidités -
Vaine excuse ! attend tout
de ce champ si sterile ;
Le Ciel y verse encor une
grâce fertile.
Lorsquun Soleil ardent a
brûlé les côteaux,
A séché les moissons) a
fait tarir les eaux;
Si dans l'aride foisde la
Terre embrasée,
Le Ciel répand sur elle
une rendre rosée,
On voit en même remps,
ou tout (embloit
mourir,
Dans les Prez émaillez
les gazons refleurir,
Dans les Bois les rameaux
reprendre leur verdure,
Et partout dans les châps
renaître la Nature.
Ainsi se répandant sur un
coeur desseché
9J
La Grâceéteint les feux
qu'y porta le peché:
Et dans ce champfécond
sa divine influence
Fait germer les Vertus de
fleurir l'innocence.
Par cet heureux lecours
qu'il accorde aux
Humains,
Mortel, le Ciel a mis ton'
Salut dans tes mains.
Mais,ô funesteeffet d'une
indigne moleffe!
En vain pour ton bonheur
la bonté l'interesse
:
A ta foiblesse en vain il
prête ion appui;
Quand il fait tout pour
toi, tu ne fais rien
pour lui.
Que servent les remors de
ton Ameinfidelle?
Rien ne sçauroitfléchir
ta volonté rebelle.
Si par la vérité confondu
quelquefois,
Tu rentres dans la route
où t'appelle sa voix,
La
, quoique détrompé
du monde&de sa
gloire,
L'objet quit'a réduit flatte
encor ta memoire.
Entre un devoir austere
6e l'amour des plaiurs
Ton coeur flotte incertain
de ses propres
desirs.
Facile à ton penchant,
fidele à la Justice,
Tu voudroisallier l'innocence
& le vice,
Et toûjours parragé dans.
tes voeux impuissans,
Contenter à la fois ta raison
& tes sens.
Vainement, aveuglé par
l'erreur qui t'abuse,
Tu crois sur ta foiblesse
appuyer ton exeuse.
Tu sens tes passions, qui
t'entraînent toujours;
Maisce sens-tu forcé de
ceder à leur cours?
Quel que soit le pouvoir
d'une pente si forte,
Resiste, ôc tu vaincras l-e
penchant qui t'emporte.
Au sein des passions,
l'Homme voluptueux
Est un nageur que porte
un fleuveimpetueux:
S'il oppose au courant sa
force lX,[on courage,
Malgré l'effort des eaux,
il abordeau rivage;
A ses bras languissanss'il
permet le repos,
Ilcède au cours de ronde,
entraîné par les flots.
En saveur de mon Z(.le excuse
mon auiace,
PRlNCEs* tesjeux
ma plume ose peindre
la Grace.
Heureux ! si, tetraçant Jes
mouvement Jivers-,
Tels qu'ils sont dans ton
- coeurytu les Jem dans
mes Vers.
SUR LA GRACE,
A MONSEIGNEUlt
LE DAUPHIN.
JEsc-ce
une Loi du Ciel
vangeur de nos forfaits,
Que l'Homme ignore ici
le repos& la paix?
Miierable joüet de son
desordre extrême,
Contre luichaque jour il
s'irrite lui-même:
S'il combat son penchant,
quels penibles efforts:
S'il ose lui ceder, quels
effrayans remors :
A ces maux condamne
même avant que de
naître,
Il commence à souffrir dés
qu'il peut se connoître.
Faut-il que malgrélui,
coupable infortuné,
Il expie envivant le crime
d'être ne !
Helas! lorsqu'il le perd
dans les routes du vice,
Tremblant il sent qu'il
marche au bord du
précipice
Pour rassurer son coeur,
n'at-il point de secours?
0 raifàn) de les maux
viens terminer le cours.
Mais quoi! loin de cal-
-
mer la frayeur qui le
trouble,
Son desespoir s'aigrit, ôc
sa crainte redouble,
Lorsqu'à ses tristes yeux
que tu viens éclairer,
Tu montres des périls
qu'ilvoudrait ignorer.
Ainsi quand sur les Mers
où fondentlesnuages,
Luttentcontre les Eaux
les Vents & les Orages,
Que les flotsà grand bruit
s'élancent dans les Airs,
Et du poids de leurchûte
ébranlent les Enfers;
Si dans le Ciel obscur,ou
toutfuit à sa vue,
Le Pilote effrayé voit s'enflammer
le Nuë;
Ce feu, qui fend la nuit
sur les ilôts en fureur,
Eclairant lepéril,en augmente
l'horreur.
Quoi ? tel que ce Nocher
1 qui voisin du naufrage,
Aprés de vains efforts s'a-
I bandonne à l'orage,
Faut-il que l'Homme foi-
", ble,& las de resiller
S'abandonne , aux périls
1 qu'il ne peut éviter
Grand DIEu) pour son
salut ta main eH: toûjours
prête ; Tu fais trouver le calme
au sein de la tempête :
Heureux, qui de Toi seul
attend tout son secours!
L'innocence & la paix accompagnent
ses jours.
Exempt des soins cruels
dont l'impie efl: la
proye,
Rien ne sçauroit tarir la
fouirce de sa joye;
Son cæur ne forme point
d'inutiles desirs,
Et jamais le remords ne
corrompt ses plaisirs.
Un reste du penchantqui
l'attache à la Terre,
Malgré lui quelquefois lui
livre encor la guerre:
Mais sans chercher ici des
jours pleins & conrens)
Comme un point insensi.
ble il regarde le tems.
Assuré du repos que son
exil differe)
Son coeur jouit déja du
bonheur qu'il espere)
Et loinde fuir l'instant
qui doit finir ses jours,
De l'avenir trop lent ses
voeux hâtent le cours.
Douce & charmante paix
qu'inspirel'innocence,
Des travaux les plus longs
trop chere recompense)
A l'Hommeimpatient
coûtez-vous tant d'efforts?
Peut-il à vos douceurs
préferer ses remords?
Mais de moncoeur 3dit-iî^
je ne fuis point le
maître:
Dans ce. coeur corrompu
la Vertu ne peut naître:
C'est un champ inutile en
son aridité,
Ravagé par les feux de la
cupidités -
Vaine excuse ! attend tout
de ce champ si sterile ;
Le Ciel y verse encor une
grâce fertile.
Lorsquun Soleil ardent a
brûlé les côteaux,
A séché les moissons) a
fait tarir les eaux;
Si dans l'aride foisde la
Terre embrasée,
Le Ciel répand sur elle
une rendre rosée,
On voit en même remps,
ou tout (embloit
mourir,
Dans les Prez émaillez
les gazons refleurir,
Dans les Bois les rameaux
reprendre leur verdure,
Et partout dans les châps
renaître la Nature.
Ainsi se répandant sur un
coeur desseché
9J
La Grâceéteint les feux
qu'y porta le peché:
Et dans ce champfécond
sa divine influence
Fait germer les Vertus de
fleurir l'innocence.
Par cet heureux lecours
qu'il accorde aux
Humains,
Mortel, le Ciel a mis ton'
Salut dans tes mains.
Mais,ô funesteeffet d'une
indigne moleffe!
En vain pour ton bonheur
la bonté l'interesse
:
A ta foiblesse en vain il
prête ion appui;
Quand il fait tout pour
toi, tu ne fais rien
pour lui.
Que servent les remors de
ton Ameinfidelle?
Rien ne sçauroitfléchir
ta volonté rebelle.
Si par la vérité confondu
quelquefois,
Tu rentres dans la route
où t'appelle sa voix,
La
, quoique détrompé
du monde&de sa
gloire,
L'objet quit'a réduit flatte
encor ta memoire.
Entre un devoir austere
6e l'amour des plaiurs
Ton coeur flotte incertain
de ses propres
desirs.
Facile à ton penchant,
fidele à la Justice,
Tu voudroisallier l'innocence
& le vice,
Et toûjours parragé dans.
tes voeux impuissans,
Contenter à la fois ta raison
& tes sens.
Vainement, aveuglé par
l'erreur qui t'abuse,
Tu crois sur ta foiblesse
appuyer ton exeuse.
Tu sens tes passions, qui
t'entraînent toujours;
Maisce sens-tu forcé de
ceder à leur cours?
Quel que soit le pouvoir
d'une pente si forte,
Resiste, ôc tu vaincras l-e
penchant qui t'emporte.
Au sein des passions,
l'Homme voluptueux
Est un nageur que porte
un fleuveimpetueux:
S'il oppose au courant sa
force lX,[on courage,
Malgré l'effort des eaux,
il abordeau rivage;
A ses bras languissanss'il
permet le repos,
Ilcède au cours de ronde,
entraîné par les flots.
En saveur de mon Z(.le excuse
mon auiace,
PRlNCEs* tesjeux
ma plume ose peindre
la Grace.
Heureux ! si, tetraçant Jes
mouvement Jivers-,
Tels qu'ils sont dans ton
- coeurytu les Jem dans
mes Vers.
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Résumé : POEME SUR LA GRACE, A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Le poème 'Sur la Grâce' est destiné au Dauphin et traite de la condition humaine marquée par le désordre et la souffrance. L'homme y est décrit comme un être tourmenté, oscillant entre la lutte contre ses penchants et les remords qui suivent la capitulation. Dès la naissance, il est condamné à souffrir, conscient de ses fautes. Le poème met en avant la grâce divine comme unique recours pour apaiser les maux humains. Dieu est présenté comme celui qui peut apporter le calme au milieu des tempêtes de la vie. L'innocence et la paix accompagnent ceux qui placent leur espoir en Dieu, exempts des tourments qui accablent les impies. Cependant, le cœur humain, corrompu par la cupidité, semble incapable de générer la vertu par lui-même. La grâce divine peut néanmoins transformer même les cœurs les plus arides, faisant fleurir les vertus et l'innocence. Le poème conclut en exhortant l'homme à résister à ses passions et à chercher la grâce divine pour son salut, malgré la faiblesse et l'incertitude humaines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1465
p. 15-30
LA MORT DE PALÉMON, IDILLE.
Début :
Dans ces Valons fleuris, sous de sombres feüillages, [...]
Mots clefs :
Bergers, Chant, Dieux, Bois, Coeur, Plaisir, Coeur, Amour, Amoureux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA MORT DE PALÉMON, IDILLE.
LAMORT
DEPALE'MON,
DILLE.
TIRSIS,LICIDAS.
DLICIDAS. -
r>
Ans ces Valons
fleuris, sous de
1 sombres se.u1i1llages,
Tout presenteà nos yeux
de riantes images:
Assis sur le gazon au pied
de ces côteaux,
Nousentendons, Tirsis,
le doux bruit des
ruisseaux.
Jamais plus vivementde
l'Aurore naissante
Nebrilla dans les eaux la
lumiere tremblante;
Flore sur leur passage écale
ses crésors
Lafraîcheur des Zyéphirs
se répand sur leurs bords.
Mais quoy?dans ces beaux
lieux,où chacun fous
les Hecres
Vient goûter des plaisirs
innocens & champêtres,
ToûToujours
seul, toujours
1 plein du trouble où
jetevoy,
Tout paroît a tes yeux
1 aussi triste que toy.
Faut-il qu'un noir chagrin
t'arrache à tant
z—
de charmes?
Les Dieux ne rendront
1 point Palémonà tes
larmes. 1
Epargne, cher Tirsis, des
regrets superflus,
Et cette enfin de plaindre
un Berger qui n'est
Plus..
TIRSIS.
Permets un libre cours à
ma douleur extrême;
Du fort de Palémon je ne
plains que moy-même:
De mes justes regrets tu
demeures surpris,. :
Du bien que j'ai perdu
connoissois-tu le prix?
LICIDAS.
Palémon eut pour toy l'amitié
la plus tendre;
Je Içai, pour te former,
les foins qu'il voulut
prendre:
A toy seul, quel Berger
n'en parut point jaloux?
A toy seul ilfît part de ses
chants les plus doux.
TIRSIS.
Ila plus fait pour moy ) tu
1as vusans envie,
C'est à lui que je dois le
calme de ma vie:
A de trop doux transports
m'arrachant sans retour,
C'est lui qui m'a sauve
des écueils de l'amour.
Esclave d'un penchant qui
nepeutquenousnuire,
Helas!à quelle erreur me
laissois-je seduire?
Je croyois., prévenu par
de tendres desirs,
Qu'en vivant sans amour
on vivoit sans plaisirs:
Un coeur, qui n'aimoit
point., me sembloit
inutile.
Mais enfin j'ai connu le
prix d'un fort tranquile;
E1t de'gagé> des fers qui m'avoient arjreAce1.y
Au rang des plus grands
biens j'ai misma liberté,
LICIDAS.
Par quel charme secret,
- Palémoa dans ton
ame,
Tirfis, a-t-il- éteint une
innocente flâme >
Lui-même toûjours prê-t
d'applaudir à tes feux,
T'en parloit comme eût
fait un Berger
amoureux.
.c
TIRSIS.
.L Palémon; dans lesnoeuds
de la plus douce
Chaîne
Vit à regret Tirfis retenu
parIsmene:
Mais comment dégager
un captifsi content?
Des caprices démené il
attendoit l'instant.
Cependant dans mon
coeur, quabusoit l'esperance
,
.,
Ses discours par degrez
portoient l'indifference.
Heureux, me disoit-il, qui
fage en les plaisirs
Dans sa feule raison a puisé
ses desirs. j
Il goûte dans la paix, que
l'innocence inspire,
Un bonheur aussi pur que
le jour qu'ilrespire i
Indépendant de tout, sans
soins & sans ennui,
C'estassez qu'en secret il
soit content de lui: -
Il trouve tous les biens
dans la vertu qu'il
aime,
Et vivant pour lui seul
)
[e
suffit à lui-même.
LICIDAS.
Instruit par les conseils
d'un si sage Berger,
Quel coeur eûtpu,Tirsis,
ne se pas dégager?
Avec lui la vertu n'avoit
rien de sauvage :
De nos plus douxplaisirs
il permettoit l'usage.
Lui-même aimoit nos
jeux. Avec toy dans
nos bois
Souvent à nos concerts il
a mêlé sa voix.
Quelle voix chantoit
mieux Ariane
abusée
Attestant les ser).mens du
parjure. Thesée?
Je
Jecrois l'entendre encor.
Les amoureux Zéphirs
Dans les Forêts alors retenoient
leurs loupirs:
De leur Palais humide;à
ses chants attentives,
Les Nayades en foule accouroient
sur lesrives•
Les flots qu'il suspendoit.
craignoient de s'agiter;
Les Echosécoutoient &
n'osoientrépéter.
TIRSIS.
•»
Si-tôt que dans ceslieux,
au retour de l'Aurore,
Tous les Prez deployoient
les richesses de Flore,
Au fond des bois obscurs,
azile du repos,
Nousallions par nos
chants réveiller les
Echos.
Là, tandis qu'à leur gré, sur le bord des fontaines,
Les Zephirs agitoient les
ombres incertaines,
Tandis que les Oiseaux
animoienr leurs
concerts,
Que les fleurs exhaloient
-
leurs parfums dans
les airs,
Couchez prés du cristal
d'une onde vive &
-
pure,
Nous n'étions jamais las
d'admiréela NamrCwr;
Momens, que m'offre encor
un tendre fouveniv
£tfesTypu_$écoutezpour
nej^lus revenir. ,,:~ 'r]
r LICIDAS.
-.1.. D'unBerger si chéri si les
Dieux te séparent,
Oublie im triste fort quand
:
les Dieux le réparent.
DAAS lieux5qu'ont
charmé leschants de
Palémon,
- Succede à ce Berger l'ai- *
macle Philémon:-
Philémon,qu'en ses Vers
Apollon même inspire,
A qui CeDieu souvent a
confié sa Lyre.
Ses accenssont pourmoy
ce qu'est sur les
côteaux
Pour un'Biergerrêveur le murmure des ear:ux'* -
Ou pourunVoyageur
échauffédans sasource
Unruisseau pur 8c frais
qui.JaiJIicde sa£aui
.,'
TIR SIS.
Je connois Philémon, si
vanté dans nos bois,
Et je sçai ce qu'ont pû les
charmes desa voix:
Ce Berger, que guidoit
une charmante Fée,
Descendit aux Enfers sur
les traces d'Orphée.*
Heureuxs'il m'apprenoit
par. quels charmans
accords
Sa voix se fit entendre aux
rivages des Morts.
* La Descenteaux Enfers, Ode deM.de
la Mette.
Palémon, en dépit de la
Parque [évére)
Je fléchirois Charon,j'enchanterois
Cerbére:
Et j'irois, des Destins forçant
la dure Loi, *
Te rendre la lumiere, ou
la perdre avecToi.
DEPALE'MON,
DILLE.
TIRSIS,LICIDAS.
DLICIDAS. -
r>
Ans ces Valons
fleuris, sous de
1 sombres se.u1i1llages,
Tout presenteà nos yeux
de riantes images:
Assis sur le gazon au pied
de ces côteaux,
Nousentendons, Tirsis,
le doux bruit des
ruisseaux.
Jamais plus vivementde
l'Aurore naissante
Nebrilla dans les eaux la
lumiere tremblante;
Flore sur leur passage écale
ses crésors
Lafraîcheur des Zyéphirs
se répand sur leurs bords.
Mais quoy?dans ces beaux
lieux,où chacun fous
les Hecres
Vient goûter des plaisirs
innocens & champêtres,
ToûToujours
seul, toujours
1 plein du trouble où
jetevoy,
Tout paroît a tes yeux
1 aussi triste que toy.
Faut-il qu'un noir chagrin
t'arrache à tant
z—
de charmes?
Les Dieux ne rendront
1 point Palémonà tes
larmes. 1
Epargne, cher Tirsis, des
regrets superflus,
Et cette enfin de plaindre
un Berger qui n'est
Plus..
TIRSIS.
Permets un libre cours à
ma douleur extrême;
Du fort de Palémon je ne
plains que moy-même:
De mes justes regrets tu
demeures surpris,. :
Du bien que j'ai perdu
connoissois-tu le prix?
LICIDAS.
Palémon eut pour toy l'amitié
la plus tendre;
Je Içai, pour te former,
les foins qu'il voulut
prendre:
A toy seul, quel Berger
n'en parut point jaloux?
A toy seul ilfît part de ses
chants les plus doux.
TIRSIS.
Ila plus fait pour moy ) tu
1as vusans envie,
C'est à lui que je dois le
calme de ma vie:
A de trop doux transports
m'arrachant sans retour,
C'est lui qui m'a sauve
des écueils de l'amour.
Esclave d'un penchant qui
nepeutquenousnuire,
Helas!à quelle erreur me
laissois-je seduire?
Je croyois., prévenu par
de tendres desirs,
Qu'en vivant sans amour
on vivoit sans plaisirs:
Un coeur, qui n'aimoit
point., me sembloit
inutile.
Mais enfin j'ai connu le
prix d'un fort tranquile;
E1t de'gagé> des fers qui m'avoient arjreAce1.y
Au rang des plus grands
biens j'ai misma liberté,
LICIDAS.
Par quel charme secret,
- Palémoa dans ton
ame,
Tirfis, a-t-il- éteint une
innocente flâme >
Lui-même toûjours prê-t
d'applaudir à tes feux,
T'en parloit comme eût
fait un Berger
amoureux.
.c
TIRSIS.
.L Palémon; dans lesnoeuds
de la plus douce
Chaîne
Vit à regret Tirfis retenu
parIsmene:
Mais comment dégager
un captifsi content?
Des caprices démené il
attendoit l'instant.
Cependant dans mon
coeur, quabusoit l'esperance
,
.,
Ses discours par degrez
portoient l'indifference.
Heureux, me disoit-il, qui
fage en les plaisirs
Dans sa feule raison a puisé
ses desirs. j
Il goûte dans la paix, que
l'innocence inspire,
Un bonheur aussi pur que
le jour qu'ilrespire i
Indépendant de tout, sans
soins & sans ennui,
C'estassez qu'en secret il
soit content de lui: -
Il trouve tous les biens
dans la vertu qu'il
aime,
Et vivant pour lui seul
)
[e
suffit à lui-même.
LICIDAS.
Instruit par les conseils
d'un si sage Berger,
Quel coeur eûtpu,Tirsis,
ne se pas dégager?
Avec lui la vertu n'avoit
rien de sauvage :
De nos plus douxplaisirs
il permettoit l'usage.
Lui-même aimoit nos
jeux. Avec toy dans
nos bois
Souvent à nos concerts il
a mêlé sa voix.
Quelle voix chantoit
mieux Ariane
abusée
Attestant les ser).mens du
parjure. Thesée?
Je
Jecrois l'entendre encor.
Les amoureux Zéphirs
Dans les Forêts alors retenoient
leurs loupirs:
De leur Palais humide;à
ses chants attentives,
Les Nayades en foule accouroient
sur lesrives•
Les flots qu'il suspendoit.
craignoient de s'agiter;
Les Echosécoutoient &
n'osoientrépéter.
TIRSIS.
•»
Si-tôt que dans ceslieux,
au retour de l'Aurore,
Tous les Prez deployoient
les richesses de Flore,
Au fond des bois obscurs,
azile du repos,
Nousallions par nos
chants réveiller les
Echos.
Là, tandis qu'à leur gré, sur le bord des fontaines,
Les Zephirs agitoient les
ombres incertaines,
Tandis que les Oiseaux
animoienr leurs
concerts,
Que les fleurs exhaloient
-
leurs parfums dans
les airs,
Couchez prés du cristal
d'une onde vive &
-
pure,
Nous n'étions jamais las
d'admiréela NamrCwr;
Momens, que m'offre encor
un tendre fouveniv
£tfesTypu_$écoutezpour
nej^lus revenir. ,,:~ 'r]
r LICIDAS.
-.1.. D'unBerger si chéri si les
Dieux te séparent,
Oublie im triste fort quand
:
les Dieux le réparent.
DAAS lieux5qu'ont
charmé leschants de
Palémon,
- Succede à ce Berger l'ai- *
macle Philémon:-
Philémon,qu'en ses Vers
Apollon même inspire,
A qui CeDieu souvent a
confié sa Lyre.
Ses accenssont pourmoy
ce qu'est sur les
côteaux
Pour un'Biergerrêveur le murmure des ear:ux'* -
Ou pourunVoyageur
échauffédans sasource
Unruisseau pur 8c frais
qui.JaiJIicde sa£aui
.,'
TIR SIS.
Je connois Philémon, si
vanté dans nos bois,
Et je sçai ce qu'ont pû les
charmes desa voix:
Ce Berger, que guidoit
une charmante Fée,
Descendit aux Enfers sur
les traces d'Orphée.*
Heureuxs'il m'apprenoit
par. quels charmans
accords
Sa voix se fit entendre aux
rivages des Morts.
* La Descenteaux Enfers, Ode deM.de
la Mette.
Palémon, en dépit de la
Parque [évére)
Je fléchirois Charon,j'enchanterois
Cerbére:
Et j'irois, des Destins forçant
la dure Loi, *
Te rendre la lumiere, ou
la perdre avecToi.
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Résumé : LA MORT DE PALÉMON, IDILLE.
Le texte relate un dialogue entre Tirsis et Licidas, centré sur la mémoire de Palémon, un berger récemment décédé. Tirsis exprime sa douleur et son chagrin face à la perte de Palémon, qu'il considère comme un ami cher et un guide. Licidas rappelle à Tirsis les moments heureux partagés avec Palémon et ses qualités exceptionnelles. Tirsis se remémore comment Palémon l'a aidé à éviter les pièges de l'amour et à apprécier la tranquillité et la liberté. Licidas souligne que, malgré sa sagesse, Palémon n'était pas dépourvu de sentiments et appréciait les plaisirs innocents. Tirsis évoque les moments de bonheur partagés avec Palémon dans la nature. Licidas mentionne que Philémon, un autre berger inspiré par Apollon, pourrait succéder à Palémon. Tirsis exprime son admiration pour Philémon et son désir de retrouver Palémon, même au-delà de la mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1466
p. 31-59
LE DON DE LA NAYADE, PIECE NOUVELLE.
Début :
Bradamante, fille d'Aimon [...]
Mots clefs :
Amour, Histoire, Galant, Belle, Château, Lieu, Roi, Chevalier, Dame, Fille, Infante, Auteur, Conte, Soeur, Guerrière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE DON DE LA NAYADE, PIECE NOUVELLE.
LEDON
DE LA NAYADE,
r,
- - PIECE NOUVELLE. BRadamante, fille
d'Aimon
Fut vaillante & pleine, de
* charmes;
Sa beauté
,
son adresse aux armes,
Lui donnerent un grand
renom.
L'histoire fit jadis recit de
ses proüesses:
Elle occit des Géans, conquit
desFotreresses;
Défit rOfr des payensfit
mille autresexploits.
- L'Auteur debite toutefois
Une Avanture dont la
belle,
Maigre son extreme valeur.
Ne put sortir à son honneur;
Le moindreChevalier s'en
fut mieux tMé- qu'elle.
Il falloit; & j'eusse voulu
Que le cas eut été conté
par la Fontaine
S'il s'en étoit donné la,
-
peine, -
Le conte en auroit mieux
valu.
Mais sans userd'un plus
ample prélude,
Venons à notre histoire.
Au fond d'un bois épais
Bradamante un beau jour
vintpour prendre le frais,
Ou pour chercher la soli-
« tude.
L'obscurité du lieu l'invi-
< tant au repos,
Elle ôta son armet, s'assit
sur l'herbe tendre,
Et ne put long-temps se
défendre
Des charmes de Morphée.-
Qr il est à propos
Qu'on sache que le Roy
Marcile,
Dans un château non loin
de cet endroit,
Avoir une fille nubile,
Qui Fleur-d'espine se nommoit.
Enchassantce jour. là, de
hazardelle paire
Auprés du sauvage réQl.Iir,
Où la Guerriere se délasse.
L'Infante sans fuite & sans
bruit
Aproche,& voit la riche
-
armure.
N'agucres cerraine blesÍÙre)
Que sur le chef Bradamante
reçut,
L'obligea de couper [a
longue chevelure.
C'est justement ce qui
déçut
Nôtre imprudente chasseresse.
Elle admire ses traits, sa
grace, sa jeunesse,
Sa taille
y
son air fier, même
au sein du repos:
Ah! que mon fort seroit
digne d'envie,
Si je plaifois, dit-elle, àce
jeune Heros.
Mais sans vouloir ici faire
la renchérie,
Ni la prude mal-à-propos,
Eveillons -le; voyons ce
que le fortm'apprête.
Elle l'éveille:en un instant
Les yeux de Bradamante
achevcnt sa conquête.
Je ne puis resisterau juste
empressement
De vous entretenir: c'est
trop de hardiesse;
, Mais ,Seigneur,excusez
une jeune Princesse
Dont l'Amour vous rend
le Vainqueur.
Oui,monbeau Chevalier,
maigremoy je vous aime,
Etje ne sçiquelleforce
suprême
Vous a fL tôt rendu le
maîtredemoncoeur.
C'ell l'effet de la sympa- .thie.:',:
Fille qui resiste trop eu
Ou qui serend sans qu'on
;., la priev,
Met ordinairement lafympathie
en jeu.
L'Amour lne..fait passer les
bornes ordinaires :
Maisquoy?! c'estledestin
de celles 4emon rang,
De se déclarer les premieresLV;.-.
D'ailleurs vous êtes trop charmant,
Pour qu'un coeur avec
vous s'amuse aux bienséances:
Les plus severes d'entre
nous
Ne balanceroienc pointà
fairepus avances,
Si tous lesCavaliers étoient
faits comme vous.
AcediscoursBradamante » ,Bradamante
réplique: r
Les Daines, je crois, ra-
Leur donneraient de la
pratique
,
S'ilsnetoient pas faitsautrement.
Treve demodestie,interrompit
l'Infante:
Ne perdonspointenvains
discours
Un temps qui nous est
cher, & qu'on n'a pas
toujours.
La Scene étoit assez plaisante
Pour la faire dater: Bradamante
pourtant ';
Ne voulut pas pouffer la
feinte plus avant;
Soit crainte denourrirde
folles esperances,
Qui ne pouvoient finir
trop tôt;
Ou de passer pour un nigaut,
Négligeant de telles avances.
Elle declara donc .& son
sexe&sonnom (.-,.
Pourarrester l'effet delamoureuxpoison.
Quelle surprise pour l'In-
< fante,
Quelle douleur! Elle fai-
: soit pitié.
Enfin ne pouvant être amante,
Elleprend le parti d'une
tentendre
amifiéy
Venez vous reposer, dit.
elle à la guerriere,
Dans un Château voisin
-
que tient le Roy mon
pere;
Onfera de son mieux pour
vous y regaler,
Aussibienest-il tard, où
pourriez-vous aller?
Vousne rencontrerez aiu
- cune hôtellerie.
-
Aux offres qu'elle fait Bradamante
se rend
Par complaisance seulement;
Et toutes deux de compagnie,
Aprésavoir rejoint les
chiens & les chasseurs,
S'en vont droit au Château.
Là près des con- noisseurs,
Bradamante parut une
beauté divine. *--
Laprévoyante Fleur-despine
Avoit eu foin de mettre
en arrivânt
Sa compagneen habit
- - décent:
Précautionassez utile,
Les gens étant là,comme
•-* * * - j
ailleurs,
Fort médisans &c grands
glofeurs.
Quand on est sage au
fonds, c'est le plus difsicile,
Il ne faut à crédit donner
prise aux censeurs.
Que sur ce point chacun à
sa mode raisonne;
Le scandale à mon sens est
le plus grand péché:
l'aimerois mieux encor un
vice bien caché
Qu'une vertu que l'on
soupçonne.
L'auteur ne conte point G
la chere fut bonne,
Cela se présuppose; ainsi
je n'en dis rien.
-
Le souper fait,aprés quelque
entretien,
On se coucha. La belle
Hôtesse
Donna belle chambre &
bon lit
A Bradamante, qui dormit
Jusqu'au matin tout d'une
piece.
L'autre reposa peu; l'Amour
l'en empêcha:
Elle le plaignit,soûpira.
*
~.r. Lanuits'étantainsipalier
Aprés mille tendres adieux,
Bradamante partit, non
sansêtre pressée
De s'arrêter encor que
que temps dans ces
lieux.
Elle [e rend en diligence
A Montauban,où le bon
-' Duc Aymon
L'attendoit plein d'impatience.
Nôtrevieillard en sa maison
Soupoit en l'attendant;
il se lève
,
brailsl'semè-
It
A ses côtez galamment
vous la place:
Mais après le repas il lui
fait un Sermon.
Pour s'excu ser, l'adroite
Paladine
De ses exploits guerriers
ayant
fait
le récit,
La rencontre de Fleurd'espine
Vint à son tour:Dieu sçait
comme on en rit !
L'histoire en parut excellente;
fit tant qu'elle dura pas
un ne s'endormit.
Certain cadet de BradaResolut
à part-foy d'en
faire ion profit.
Les cadets de ces lieux
ont toujours de l'esprit.
Celui
- ci connoissoit l'Infante
, A Saragosse ill'avoit vue
un Jour,
Et- pour elle déslors il eût
parlé d'amour, -, S'il eût crûreunir en si
haute entreprise
:
Mais ilsurmonta forr
- pent hant,
N'étant pas homme à
faire la sottise,
D'aimer pour aimer feu^
lement.
Je laisse àpenser sile Sire,
De l'humeur que je viens
de dire,: N'ayant encore barbe au
menton,
Rioit fous cape: en voicy
la raison:
Richardet, c'etf le nom
qu'avoir le bon Apôtre,
Ressembloit à sa soeur:mais
si parfaitement,
Que le bon-homme Aymon
souvent
Luy-même sf trompoit,
& prenoit l'un pour
l'autre,
^ur ce pied-la le drôlecrut
Qu'il
Qu'il viendroit ians peine
à son but,
Au moyen de lareffem- blance.
Plein de cette douce es-
- perance i
Le Galant des la même
nuit,
Pendant que sa soeur dort,
que tout est en silence,
Lui vole armes, cheval,
& tout ce qui s'enfuit.
Equipé de la forte il s'en
va sans trompette: Il se rend chez l'Infante
avant la fin du jour.
- C'eut été pour tout autre
une trop longuetraioeO
Mais que ne fait-on point
animé par l'amour?
Les parens à l'aspect dela
seinte pucelle
Donnent dans le paneau
sans se douter dutour*;
Heureux qui peut de Ion.
retour
Porter la premiere nouvelle!
Tant on est sur par làde
bien faire sa Cour.
Je ne dirai point les tendresses
Il
1. Embrassades, baisers,£a*
jrefïes
Qtie, l'Infante lui fit dans sareception;
Sitffic qu'on ne sçauroit en
< faire davantage.
Mais quoique le Galant
danscetteoccasion
S'écartât de ion personnage,
L'Infante jusqu'au bout sur
dans la bonne foy.
Puis quand elleeût [çû
tout; étoit-ce là dequoy
Lui faire plus mauvais vifage?
On desarma le Pelerin;
Point d'Ecuyers, l'Infante
cn fit roffice,
N'ayant voulu que ce
service
Lui fut rendu d'uneautre
main;
On lui mit juppes &: cor- nettes, Mouchoirs, rubans, enfin
tout l'attirail galant
Dvnt aùjourd'huy Ce fervent,
nos Coquettes;
Il n'y manquoit que du
rouge& du blanc;
On le laissoit en ce temps
aux Grisettes.
Le souper fut servi;mais
=._
durant le repas
Richarder, dont l'habit
-
relevoit les appas,
Fit plus d'une jalouse, &
- plus d'une infidelle.
Cependant la fausse Donzelle
Affecte certain air honteux
,0
Certaine pudeur virginale,
Vous eussiez dit une Vef-
-
tale
Si bien sçait gouverner &
son geste & ses yeux.
Enfin l'heure tant desirée
Arriva pour nôtre galant :
Tête à tête avec luy Finfante
étoit restée
y,
La voyant confuse, affligé>
Il luy parla:Voicycomment
: Plus que vous je fus desolée,
Luy dit-elle, le jour qu'en
m'éloignant devous 1
Je meritay vôtre courroux
:
Mais loin de soulager nôtre
commun martire,
Un plus long séjour en
ces lieux
Eut rendu le mal encor
- pire
Ainsi je vous quittay, ne
., pouvant faire mieux.
Je apLiiçjnoisr> la rigueur de
nôtre destinée,
Lors qu'un peu loin de 1mon chemin,
J'entens comme la voix
d'une Femme effrayée.
J'y cours; au bord diin
Lac j'apperçois un
Silvain,
Qui perdant tout fefpeél
poursuivoit une Dame:
Je vole, l'épée à la main,
Et d'unrevers que je donne
à
l'infame
Je le mets hors d'étatd'ac
complir son dessein;
La Dame échappa donc:
Chevalier, me dit-elle,
Il ne sera pas dit que vous
m aurez en vain
Donné secours
: Sçachez
que je suis immortelle.
J'habite fous ces eaux, &
j'ay plus de pouvoir
Que toutes les Nymphes
ensemble
;
Vous pouvez demander
tout ce que bon vous
semble -
Sans crainte de refus. Parlez;
vous allez voir,
Si- ma juste reconnoissance
Pour mon liberateur fera
bien son devoir;
Je n'exigeay de sa puiCtance
Ni Sceptre , ni Tresors,
voulant un plus grand
bien;
Je ne luydemanday pour
toute recompense,
Que de vouloir changervôtre
sexe ou le
mien.
A peine avois-je exposé
ma Requête,
Que laDeesse l'accorda,
Dans le Lac elle me plongea.
1
Depuis les pieds ju[qu'?i'
la tête.
Admirez de ces eaux Fe£Z
set prodigieux;
Enhomme au même in-
Aanc je me vois transformée,
Jugez combien je fus
charmée,
Disons charmé pour parler
mieux.
- A, ce mot d'abord l'In-
(Inre fut sac hee.
Croyant que d'elle on se
mocquoit,
Et plus Bradamante affirmoic;,
Et moins l'autre la vouloir
croire,
Celle-ci protestoit, juroit.
Jurer n'est pas prouver,
finissons làl'histoire,
Mais je pourrois pourtant
la compter jusqu'au
bout
Oüi, tout peut être écrit
par une plume sage,
Tout avoit en cecy , pour
but le mariage:
Et mariage couvre tout.
DE LA NAYADE,
r,
- - PIECE NOUVELLE. BRadamante, fille
d'Aimon
Fut vaillante & pleine, de
* charmes;
Sa beauté
,
son adresse aux armes,
Lui donnerent un grand
renom.
L'histoire fit jadis recit de
ses proüesses:
Elle occit des Géans, conquit
desFotreresses;
Défit rOfr des payensfit
mille autresexploits.
- L'Auteur debite toutefois
Une Avanture dont la
belle,
Maigre son extreme valeur.
Ne put sortir à son honneur;
Le moindreChevalier s'en
fut mieux tMé- qu'elle.
Il falloit; & j'eusse voulu
Que le cas eut été conté
par la Fontaine
S'il s'en étoit donné la,
-
peine, -
Le conte en auroit mieux
valu.
Mais sans userd'un plus
ample prélude,
Venons à notre histoire.
Au fond d'un bois épais
Bradamante un beau jour
vintpour prendre le frais,
Ou pour chercher la soli-
« tude.
L'obscurité du lieu l'invi-
< tant au repos,
Elle ôta son armet, s'assit
sur l'herbe tendre,
Et ne put long-temps se
défendre
Des charmes de Morphée.-
Qr il est à propos
Qu'on sache que le Roy
Marcile,
Dans un château non loin
de cet endroit,
Avoir une fille nubile,
Qui Fleur-d'espine se nommoit.
Enchassantce jour. là, de
hazardelle paire
Auprés du sauvage réQl.Iir,
Où la Guerriere se délasse.
L'Infante sans fuite & sans
bruit
Aproche,& voit la riche
-
armure.
N'agucres cerraine blesÍÙre)
Que sur le chef Bradamante
reçut,
L'obligea de couper [a
longue chevelure.
C'est justement ce qui
déçut
Nôtre imprudente chasseresse.
Elle admire ses traits, sa
grace, sa jeunesse,
Sa taille
y
son air fier, même
au sein du repos:
Ah! que mon fort seroit
digne d'envie,
Si je plaifois, dit-elle, àce
jeune Heros.
Mais sans vouloir ici faire
la renchérie,
Ni la prude mal-à-propos,
Eveillons -le; voyons ce
que le fortm'apprête.
Elle l'éveille:en un instant
Les yeux de Bradamante
achevcnt sa conquête.
Je ne puis resisterau juste
empressement
De vous entretenir: c'est
trop de hardiesse;
, Mais ,Seigneur,excusez
une jeune Princesse
Dont l'Amour vous rend
le Vainqueur.
Oui,monbeau Chevalier,
maigremoy je vous aime,
Etje ne sçiquelleforce
suprême
Vous a fL tôt rendu le
maîtredemoncoeur.
C'ell l'effet de la sympa- .thie.:',:
Fille qui resiste trop eu
Ou qui serend sans qu'on
;., la priev,
Met ordinairement lafympathie
en jeu.
L'Amour lne..fait passer les
bornes ordinaires :
Maisquoy?! c'estledestin
de celles 4emon rang,
De se déclarer les premieresLV;.-.
D'ailleurs vous êtes trop charmant,
Pour qu'un coeur avec
vous s'amuse aux bienséances:
Les plus severes d'entre
nous
Ne balanceroienc pointà
fairepus avances,
Si tous lesCavaliers étoient
faits comme vous.
AcediscoursBradamante » ,Bradamante
réplique: r
Les Daines, je crois, ra-
Leur donneraient de la
pratique
,
S'ilsnetoient pas faitsautrement.
Treve demodestie,interrompit
l'Infante:
Ne perdonspointenvains
discours
Un temps qui nous est
cher, & qu'on n'a pas
toujours.
La Scene étoit assez plaisante
Pour la faire dater: Bradamante
pourtant ';
Ne voulut pas pouffer la
feinte plus avant;
Soit crainte denourrirde
folles esperances,
Qui ne pouvoient finir
trop tôt;
Ou de passer pour un nigaut,
Négligeant de telles avances.
Elle declara donc .& son
sexe&sonnom (.-,.
Pourarrester l'effet delamoureuxpoison.
Quelle surprise pour l'In-
< fante,
Quelle douleur! Elle fai-
: soit pitié.
Enfin ne pouvant être amante,
Elleprend le parti d'une
tentendre
amifiéy
Venez vous reposer, dit.
elle à la guerriere,
Dans un Château voisin
-
que tient le Roy mon
pere;
Onfera de son mieux pour
vous y regaler,
Aussibienest-il tard, où
pourriez-vous aller?
Vousne rencontrerez aiu
- cune hôtellerie.
-
Aux offres qu'elle fait Bradamante
se rend
Par complaisance seulement;
Et toutes deux de compagnie,
Aprésavoir rejoint les
chiens & les chasseurs,
S'en vont droit au Château.
Là près des con- noisseurs,
Bradamante parut une
beauté divine. *--
Laprévoyante Fleur-despine
Avoit eu foin de mettre
en arrivânt
Sa compagneen habit
- - décent:
Précautionassez utile,
Les gens étant là,comme
•-* * * - j
ailleurs,
Fort médisans &c grands
glofeurs.
Quand on est sage au
fonds, c'est le plus difsicile,
Il ne faut à crédit donner
prise aux censeurs.
Que sur ce point chacun à
sa mode raisonne;
Le scandale à mon sens est
le plus grand péché:
l'aimerois mieux encor un
vice bien caché
Qu'une vertu que l'on
soupçonne.
L'auteur ne conte point G
la chere fut bonne,
Cela se présuppose; ainsi
je n'en dis rien.
-
Le souper fait,aprés quelque
entretien,
On se coucha. La belle
Hôtesse
Donna belle chambre &
bon lit
A Bradamante, qui dormit
Jusqu'au matin tout d'une
piece.
L'autre reposa peu; l'Amour
l'en empêcha:
Elle le plaignit,soûpira.
*
~.r. Lanuits'étantainsipalier
Aprés mille tendres adieux,
Bradamante partit, non
sansêtre pressée
De s'arrêter encor que
que temps dans ces
lieux.
Elle [e rend en diligence
A Montauban,où le bon
-' Duc Aymon
L'attendoit plein d'impatience.
Nôtrevieillard en sa maison
Soupoit en l'attendant;
il se lève
,
brailsl'semè-
It
A ses côtez galamment
vous la place:
Mais après le repas il lui
fait un Sermon.
Pour s'excu ser, l'adroite
Paladine
De ses exploits guerriers
ayant
fait
le récit,
La rencontre de Fleurd'espine
Vint à son tour:Dieu sçait
comme on en rit !
L'histoire en parut excellente;
fit tant qu'elle dura pas
un ne s'endormit.
Certain cadet de BradaResolut
à part-foy d'en
faire ion profit.
Les cadets de ces lieux
ont toujours de l'esprit.
Celui
- ci connoissoit l'Infante
, A Saragosse ill'avoit vue
un Jour,
Et- pour elle déslors il eût
parlé d'amour, -, S'il eût crûreunir en si
haute entreprise
:
Mais ilsurmonta forr
- pent hant,
N'étant pas homme à
faire la sottise,
D'aimer pour aimer feu^
lement.
Je laisse àpenser sile Sire,
De l'humeur que je viens
de dire,: N'ayant encore barbe au
menton,
Rioit fous cape: en voicy
la raison:
Richardet, c'etf le nom
qu'avoir le bon Apôtre,
Ressembloit à sa soeur:mais
si parfaitement,
Que le bon-homme Aymon
souvent
Luy-même sf trompoit,
& prenoit l'un pour
l'autre,
^ur ce pied-la le drôlecrut
Qu'il
Qu'il viendroit ians peine
à son but,
Au moyen de lareffem- blance.
Plein de cette douce es-
- perance i
Le Galant des la même
nuit,
Pendant que sa soeur dort,
que tout est en silence,
Lui vole armes, cheval,
& tout ce qui s'enfuit.
Equipé de la forte il s'en
va sans trompette: Il se rend chez l'Infante
avant la fin du jour.
- C'eut été pour tout autre
une trop longuetraioeO
Mais que ne fait-on point
animé par l'amour?
Les parens à l'aspect dela
seinte pucelle
Donnent dans le paneau
sans se douter dutour*;
Heureux qui peut de Ion.
retour
Porter la premiere nouvelle!
Tant on est sur par làde
bien faire sa Cour.
Je ne dirai point les tendresses
Il
1. Embrassades, baisers,£a*
jrefïes
Qtie, l'Infante lui fit dans sareception;
Sitffic qu'on ne sçauroit en
< faire davantage.
Mais quoique le Galant
danscetteoccasion
S'écartât de ion personnage,
L'Infante jusqu'au bout sur
dans la bonne foy.
Puis quand elleeût [çû
tout; étoit-ce là dequoy
Lui faire plus mauvais vifage?
On desarma le Pelerin;
Point d'Ecuyers, l'Infante
cn fit roffice,
N'ayant voulu que ce
service
Lui fut rendu d'uneautre
main;
On lui mit juppes &: cor- nettes, Mouchoirs, rubans, enfin
tout l'attirail galant
Dvnt aùjourd'huy Ce fervent,
nos Coquettes;
Il n'y manquoit que du
rouge& du blanc;
On le laissoit en ce temps
aux Grisettes.
Le souper fut servi;mais
=._
durant le repas
Richarder, dont l'habit
-
relevoit les appas,
Fit plus d'une jalouse, &
- plus d'une infidelle.
Cependant la fausse Donzelle
Affecte certain air honteux
,0
Certaine pudeur virginale,
Vous eussiez dit une Vef-
-
tale
Si bien sçait gouverner &
son geste & ses yeux.
Enfin l'heure tant desirée
Arriva pour nôtre galant :
Tête à tête avec luy Finfante
étoit restée
y,
La voyant confuse, affligé>
Il luy parla:Voicycomment
: Plus que vous je fus desolée,
Luy dit-elle, le jour qu'en
m'éloignant devous 1
Je meritay vôtre courroux
:
Mais loin de soulager nôtre
commun martire,
Un plus long séjour en
ces lieux
Eut rendu le mal encor
- pire
Ainsi je vous quittay, ne
., pouvant faire mieux.
Je apLiiçjnoisr> la rigueur de
nôtre destinée,
Lors qu'un peu loin de 1mon chemin,
J'entens comme la voix
d'une Femme effrayée.
J'y cours; au bord diin
Lac j'apperçois un
Silvain,
Qui perdant tout fefpeél
poursuivoit une Dame:
Je vole, l'épée à la main,
Et d'unrevers que je donne
à
l'infame
Je le mets hors d'étatd'ac
complir son dessein;
La Dame échappa donc:
Chevalier, me dit-elle,
Il ne sera pas dit que vous
m aurez en vain
Donné secours
: Sçachez
que je suis immortelle.
J'habite fous ces eaux, &
j'ay plus de pouvoir
Que toutes les Nymphes
ensemble
;
Vous pouvez demander
tout ce que bon vous
semble -
Sans crainte de refus. Parlez;
vous allez voir,
Si- ma juste reconnoissance
Pour mon liberateur fera
bien son devoir;
Je n'exigeay de sa puiCtance
Ni Sceptre , ni Tresors,
voulant un plus grand
bien;
Je ne luydemanday pour
toute recompense,
Que de vouloir changervôtre
sexe ou le
mien.
A peine avois-je exposé
ma Requête,
Que laDeesse l'accorda,
Dans le Lac elle me plongea.
1
Depuis les pieds ju[qu'?i'
la tête.
Admirez de ces eaux Fe£Z
set prodigieux;
Enhomme au même in-
Aanc je me vois transformée,
Jugez combien je fus
charmée,
Disons charmé pour parler
mieux.
- A, ce mot d'abord l'In-
(Inre fut sac hee.
Croyant que d'elle on se
mocquoit,
Et plus Bradamante affirmoic;,
Et moins l'autre la vouloir
croire,
Celle-ci protestoit, juroit.
Jurer n'est pas prouver,
finissons làl'histoire,
Mais je pourrois pourtant
la compter jusqu'au
bout
Oüi, tout peut être écrit
par une plume sage,
Tout avoit en cecy , pour
but le mariage:
Et mariage couvre tout.
Fermer
Résumé : LE DON DE LA NAYADE, PIECE NOUVELLE.
Le texte narre les aventures de Bradamante, fille d'Aimon, célèbre pour sa vaillance et sa beauté. Ses exploits incluent des combats contre des géants et la conquête de forteresses. Une aventure particulière est mise en avant : Bradamante, reposant dans un bois, est découverte par Fleur-d'Épine, fille du roi Marcile. Séduite par la beauté de Bradamante, Fleur-d'Épine lui déclare son amour. Bradamante, après avoir révélé son identité et son sexe, accepte l'hospitalité de Fleur-d'Épine au château royal. Simultanément, Richardet, le frère cadet de Bradamante, profite de leur ressemblance pour se faire passer pour elle et séduire Fleur-d'Épine. Il se rend au château et est bien accueilli. Fleur-d'Épine, croyant avoir affaire à Bradamante, lui raconte une histoire impliquant une nymphe qui a changé son sexe pour celui de Richardet. L'histoire se termine sans révéler la vérité, mais il est suggéré que le but final est le mariage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1467
p. 106-108
ENIGME.
Début :
Je te prens par le nez, incorrigible yvrogne, [...]
Mots clefs :
Melon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
JEteprens par le nez..,,
incorrigibleyvrogne,
Etpar mainte tentation
Jesuisprochaineoccasion
D'un peché qui rougit ta
trogne;
o
Tu ne me connois bien qu'-
en joüissant de Je moy , suis une Enigme pour
•
tay.
Pour le Lecteur aujjî je
crains qu'ilne devine
Oue je suis la liqueur
divine:
Jesuiscomme le vinsouvent
pernicieux
Pour estre trop delicieux.
Dans un Palais de verre
ainsique lui j'habite,
Parma couleurvermeille
ainsique luy j'invites
Mais n'estant pas uns
liqueur,
Et n'ayant*pas en moy cette vive chaleur
Qui ranime Jouvent les
ardeursd'un coeur
tendre:
je nesuis pas le vin, l'on
ne peut s) 'yméprendre.
JEteprens par le nez..,,
incorrigibleyvrogne,
Etpar mainte tentation
Jesuisprochaineoccasion
D'un peché qui rougit ta
trogne;
o
Tu ne me connois bien qu'-
en joüissant de Je moy , suis une Enigme pour
•
tay.
Pour le Lecteur aujjî je
crains qu'ilne devine
Oue je suis la liqueur
divine:
Jesuiscomme le vinsouvent
pernicieux
Pour estre trop delicieux.
Dans un Palais de verre
ainsique lui j'habite,
Parma couleurvermeille
ainsique luy j'invites
Mais n'estant pas uns
liqueur,
Et n'ayant*pas en moy cette vive chaleur
Qui ranime Jouvent les
ardeursd'un coeur
tendre:
je nesuis pas le vin, l'on
ne peut s) 'yméprendre.
Fermer
1468
p. 1-2
EPIGRAMME, Sur une Dame qui s'occupoit à filer.
Début :
Ce ne sont plus les trois soeurs de la Fable, [...]
Mots clefs :
Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME, Sur une Dame qui s'occupoit à filer.
£PIG;RAMMfrt»V;:
Sur une Dame qui tNï:Úpr DÍt à,
fIer. CE ne sont plus les trois
soeurs de laPable,
Qui de ma, jours font
, tourner le fuseau,
Une Déesse, aux mortels
plus affable,
Leur a ravi le fatal éche-:
veau,
Mais vôtre fort n'en fera
pas plus beau -
D'être filé par ses mains
fortunées.
L'Amour, helas ! armé de
son ciseau
Milieuqu'Atropos tranchervos
années.
Sur une Dame qui tNï:Úpr DÍt à,
fIer. CE ne sont plus les trois
soeurs de laPable,
Qui de ma, jours font
, tourner le fuseau,
Une Déesse, aux mortels
plus affable,
Leur a ravi le fatal éche-:
veau,
Mais vôtre fort n'en fera
pas plus beau -
D'être filé par ses mains
fortunées.
L'Amour, helas ! armé de
son ciseau
Milieuqu'Atropos tranchervos
années.
Fermer
1469
p. 3-22
PLAINTES Au Messager du Mans sur sa lenteur & sur sa paresse.
Début :
Ce n'est point l'interest ni l'amour de la gloire, [...]
Mots clefs :
Le Mans, Messager, Coffre, Triste, Douleur, Temps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLAINTES Au Messager du Mans sur sa lenteur & sur sa paresse.
PLAINTES
Au Messager du Mans sur sa
lenteur &sursaparesse. CE n'est point l'interest
ni l'amour de la gloire,
Qui me fait en ce jour importuner
les Cieux,
Je n'ai rien à ptétendre au
Temple de mémoire;
Le vif éclat de l'or n'ébloüit
point mes yeux,
De ces foibles honteux
mon ame préservée
Ne nourrit point dans
moi de si bas sentimens;
Tout ceque je demande
est la prompte arrivée
DuMessager du Mans.
Déjà vingt fois & plus le
Le Soleil & la Lune
Ont regnétour-à-tour
Depuisqueje languis dans
ma triste infortune
Déjàlalumiere du jour
A vingt fois pour le moins
fait place à la chandelle
Sans que durantun si long
temps
On aie vû dans ces lieux
lanobleharidelle
Du Messager du Mans.
Cependant je gemis, &
ma douleur profonde
Me fait perdre le jugement
Quavez-vous?me dit tout
le monde,
Vous êtes depuis peu tout
je ne sçai comment.
Helas ! si on sçavoit la
cause
De cesmaux cruels& prêt
sans,
Si l'on sçavoit. & quoy?
non jene puis,jen'ose,
Et je ne le dirai qu'au
Messager du Mans.
Quel démon cruel & barbare
Si long-temps l'arrête en
chemin,
Quel ennemi secret, quel
ennuyeux destin
Tous deux si long-temps
nous sépare ?
Non, je ne puis souffrir
tous ces retardemens,
Je veux moi-même aller
le chercher & le
suivre
1
Car c'en est trop, & je ne
puis plus vivre
Si je ne vois le Messager
du Mans.
Quoy tout le jour à ma
pensée
Son image viendra s'offrir,
Etma douleurprelente &
ma douleur passée
Me feront doublement
souffrir,
Encore si la nuit dans un
repos tranquile
Contre tous mes chagrins
jetrouvois un azyle;
Mais non, quand le sommeil
peut assoupir
-
mes sens
Si je rêve
y
je rêve au Messager
du Mans.
Si pourcalmer un peu ma
triste inquiétude
Je prens quelque Livre à
la main,
D'abord son souvenir
vient troubler mon:
étude
Et me fait perdre mon.
latin.
Oui;j'ai beau tout tenter,
rien ne peut m'en dutraire,
Et je passe souvent tout le
jour, à quoy faire?
Le dirai-je? à compter les
heures,les momens
Que retarde en chemin le
Messager du Mans.
Si quelqu'un vient à ma
rencontre
Je vais le prendre au dépourvû,
Et lui disant
: Ne l'avezvous
point vu > Bongré, malgré, je veux
qu'il me le montre,
S'il me demande, & qui?
je demeure en suspens,
Et j'admire son ignorance,
Croyant quecommemoy
tout le monde ici
pense
Au Messager" du Mans.
Si quelqu'autre plus favorable
Encre dans ce qui fait ma
peine ôc mon souci
Et me dit d'unair agréable,
Je levis l'ature jour quoiqu'un
peu loin d'ici,
J'admire son bonhelir&
je lui porte envie,
Je le montre à tous les
passans,
Et renforçant ma voix devant
tous je mécrie:
L'heureux homme!il a vu
le Messager du Mans.
Si quelque voyageur vers
le Mans prend sa route,
Je l'arrête,quoyqu'il en
coûte,
Il a beau me crier:Monsieur
je suis pressé,
On m'attend, laissez-moi,
s'il vous plaist,le
passage,
Je le recharge encor de
mille complimens
P,our l'heureux- Ménager du Mans.
Je fais le guet planté tout
le jour
sur
ma portey
Tantôt assis,tantôt debout,
Et quoy qu'il entre, ou
quoy qu'il sorte,
Je vois, & j'examine couc.
L'esprit tout occupé de
cette unique affaire,
Alerte au moindre bruit,
si par hazard j'entens
QuelqueCheval hennir,
ou bien quelqueAsne
1braire,1
Je crois toujours que c'est
le Messagerdu Mans.
Entendray -jebientôt
gringotterles sonnettes?
Leverrai-je bientôt entrer
superbement?
Claquant son foüet & piquant
ses mazettes?
Quand viendra-t-il ce
, Messager charmanty
Lesforêts, les rochees"&
le creux des fontaines
Retentissent partout de
,-
mes gemisseméns,
Scras-tu donc leseulinseasible
à mespeines,
Barbare Messager du
Mans?
Helas quand dans Roüen,
tu me faisois tant
d'offres,
Si tu voulois si tard m'apporter
mes deux coffres
Falloit-il t'en charger,
Boureau de Messager?
Je m'ensouviens encor, tu
ne peux t'en défendre,
Dans six jours au plus tard
tu devois me les rendre,
Tu me l'avois juré, sontce
là tes sermens,
Traistre de Messager du
Mans?
Que diras-tu pour ton ex-
Si rien pourtant peutt'excuser:
Cherchequelquedétour,
invente quelque rufe,
Ingrat, je taiderai moymême
à m'abuser,
Pour toy je sens encor un
reste de tendresse
Malgré tous mes ressentimens.
O Ciel peut-on avoir tant
defoiblesse
Pour un maraut de Messager
du Mans?
Parle enfin, dis-moy quelque
chose,
Qui t'a si long-temps rerenÙ"),
De ces delays viens
m'apprendre lacause,
Dis;) ne devrois-tu pasi
être déjà venu>
Quoy ces rossesn'ont pû'r
faire un silongvoyage?
Des brigands t'ont voie
tout monpauvre Çql!l':,
01 page?sr-': (}
On
On t'a roüé de coups?Plût
à Dieu:mais tu mens,
Fripon de Messager du
Mans.
Dis plûtôt qu'à trinquer
bornant ta diligence,
T'arrêtant à chaque bou-
, chon,
Par tout où tu trouvois le
cydre ou le vin bon,
Tu ne songeois, coquin,
qu'à te garnir la panse;
Ne dissimule point, dis
qu'à force de boire
Avecque tes pareils tous
mauvais garnemens,
De mes coffres reçûs tu
perdis la memoire,
Yvrogne Messager du
Mans.
Tu ne peux desormais appasserma
colere,
Tu periras, ingrat, l'Arrest
en est porté,
Non, je n'écoute plus ni
soupirs ni prieres,
Tu n'as que trop longtempsoutrage
ma
bonté;
Je veux que sans misericorde
On t'attache au bout
d'unecorde,
Pourêtreun bel exemple
aux Messagers trop
,
lents,
Pendart de Messager du
Mans.
Venez implacables furies,
Tisiphone,, Megere, &
vous triste Alecton,
Sortez du manoir de PluÉ*
qu
Pour
exerceici
toutes vos
barbaries,
Inventez ,s'il se peut,quelques
nouveaux tourmens,
Vous punissez là-bas de
peines éternelles
Des Ombres bien moins
criminelles
Que n'est le Messager du
Mans.
Mais que dis-je,où m'emporte
une juste ven-
,
geance?
Calmons
- nous pour un
temps
y
ïoygxis plus retertus,
Ayons pour lui quelque
indulgence
Du moinsjusqu'à ce que
mes coffres soient venus
:),
La prudence le veut, la
raison le demande,
Laissons après cela travailler.
les Sergens,
Qu'onbrûle si l'on veut ;,
qu'on assomme ou
qu'on pende
Le Messager du Mans.
Cependant j'en tiens pour
*
mon compte:
Mais si jamais j'ysuisreprise
Si Messager du Mans aprés
cela m'affronte,.
Je veux être étrillé de la
Fleche à Paris;
Je veux aller le trot d'icy
jusques en Boheme
Je veux avoir procès avec
des bas Normans,
- Et pour dire encor plus,
je veux passer moimême
Pour Messager du Mans.
Au Messager du Mans sur sa
lenteur &sursaparesse. CE n'est point l'interest
ni l'amour de la gloire,
Qui me fait en ce jour importuner
les Cieux,
Je n'ai rien à ptétendre au
Temple de mémoire;
Le vif éclat de l'or n'ébloüit
point mes yeux,
De ces foibles honteux
mon ame préservée
Ne nourrit point dans
moi de si bas sentimens;
Tout ceque je demande
est la prompte arrivée
DuMessager du Mans.
Déjà vingt fois & plus le
Le Soleil & la Lune
Ont regnétour-à-tour
Depuisqueje languis dans
ma triste infortune
Déjàlalumiere du jour
A vingt fois pour le moins
fait place à la chandelle
Sans que durantun si long
temps
On aie vû dans ces lieux
lanobleharidelle
Du Messager du Mans.
Cependant je gemis, &
ma douleur profonde
Me fait perdre le jugement
Quavez-vous?me dit tout
le monde,
Vous êtes depuis peu tout
je ne sçai comment.
Helas ! si on sçavoit la
cause
De cesmaux cruels& prêt
sans,
Si l'on sçavoit. & quoy?
non jene puis,jen'ose,
Et je ne le dirai qu'au
Messager du Mans.
Quel démon cruel & barbare
Si long-temps l'arrête en
chemin,
Quel ennemi secret, quel
ennuyeux destin
Tous deux si long-temps
nous sépare ?
Non, je ne puis souffrir
tous ces retardemens,
Je veux moi-même aller
le chercher & le
suivre
1
Car c'en est trop, & je ne
puis plus vivre
Si je ne vois le Messager
du Mans.
Quoy tout le jour à ma
pensée
Son image viendra s'offrir,
Etma douleurprelente &
ma douleur passée
Me feront doublement
souffrir,
Encore si la nuit dans un
repos tranquile
Contre tous mes chagrins
jetrouvois un azyle;
Mais non, quand le sommeil
peut assoupir
-
mes sens
Si je rêve
y
je rêve au Messager
du Mans.
Si pourcalmer un peu ma
triste inquiétude
Je prens quelque Livre à
la main,
D'abord son souvenir
vient troubler mon:
étude
Et me fait perdre mon.
latin.
Oui;j'ai beau tout tenter,
rien ne peut m'en dutraire,
Et je passe souvent tout le
jour, à quoy faire?
Le dirai-je? à compter les
heures,les momens
Que retarde en chemin le
Messager du Mans.
Si quelqu'un vient à ma
rencontre
Je vais le prendre au dépourvû,
Et lui disant
: Ne l'avezvous
point vu > Bongré, malgré, je veux
qu'il me le montre,
S'il me demande, & qui?
je demeure en suspens,
Et j'admire son ignorance,
Croyant quecommemoy
tout le monde ici
pense
Au Messager" du Mans.
Si quelqu'autre plus favorable
Encre dans ce qui fait ma
peine ôc mon souci
Et me dit d'unair agréable,
Je levis l'ature jour quoiqu'un
peu loin d'ici,
J'admire son bonhelir&
je lui porte envie,
Je le montre à tous les
passans,
Et renforçant ma voix devant
tous je mécrie:
L'heureux homme!il a vu
le Messager du Mans.
Si quelque voyageur vers
le Mans prend sa route,
Je l'arrête,quoyqu'il en
coûte,
Il a beau me crier:Monsieur
je suis pressé,
On m'attend, laissez-moi,
s'il vous plaist,le
passage,
Je le recharge encor de
mille complimens
P,our l'heureux- Ménager du Mans.
Je fais le guet planté tout
le jour
sur
ma portey
Tantôt assis,tantôt debout,
Et quoy qu'il entre, ou
quoy qu'il sorte,
Je vois, & j'examine couc.
L'esprit tout occupé de
cette unique affaire,
Alerte au moindre bruit,
si par hazard j'entens
QuelqueCheval hennir,
ou bien quelqueAsne
1braire,1
Je crois toujours que c'est
le Messagerdu Mans.
Entendray -jebientôt
gringotterles sonnettes?
Leverrai-je bientôt entrer
superbement?
Claquant son foüet & piquant
ses mazettes?
Quand viendra-t-il ce
, Messager charmanty
Lesforêts, les rochees"&
le creux des fontaines
Retentissent partout de
,-
mes gemisseméns,
Scras-tu donc leseulinseasible
à mespeines,
Barbare Messager du
Mans?
Helas quand dans Roüen,
tu me faisois tant
d'offres,
Si tu voulois si tard m'apporter
mes deux coffres
Falloit-il t'en charger,
Boureau de Messager?
Je m'ensouviens encor, tu
ne peux t'en défendre,
Dans six jours au plus tard
tu devois me les rendre,
Tu me l'avois juré, sontce
là tes sermens,
Traistre de Messager du
Mans?
Que diras-tu pour ton ex-
Si rien pourtant peutt'excuser:
Cherchequelquedétour,
invente quelque rufe,
Ingrat, je taiderai moymême
à m'abuser,
Pour toy je sens encor un
reste de tendresse
Malgré tous mes ressentimens.
O Ciel peut-on avoir tant
defoiblesse
Pour un maraut de Messager
du Mans?
Parle enfin, dis-moy quelque
chose,
Qui t'a si long-temps rerenÙ"),
De ces delays viens
m'apprendre lacause,
Dis;) ne devrois-tu pasi
être déjà venu>
Quoy ces rossesn'ont pû'r
faire un silongvoyage?
Des brigands t'ont voie
tout monpauvre Çql!l':,
01 page?sr-': (}
On
On t'a roüé de coups?Plût
à Dieu:mais tu mens,
Fripon de Messager du
Mans.
Dis plûtôt qu'à trinquer
bornant ta diligence,
T'arrêtant à chaque bou-
, chon,
Par tout où tu trouvois le
cydre ou le vin bon,
Tu ne songeois, coquin,
qu'à te garnir la panse;
Ne dissimule point, dis
qu'à force de boire
Avecque tes pareils tous
mauvais garnemens,
De mes coffres reçûs tu
perdis la memoire,
Yvrogne Messager du
Mans.
Tu ne peux desormais appasserma
colere,
Tu periras, ingrat, l'Arrest
en est porté,
Non, je n'écoute plus ni
soupirs ni prieres,
Tu n'as que trop longtempsoutrage
ma
bonté;
Je veux que sans misericorde
On t'attache au bout
d'unecorde,
Pourêtreun bel exemple
aux Messagers trop
,
lents,
Pendart de Messager du
Mans.
Venez implacables furies,
Tisiphone,, Megere, &
vous triste Alecton,
Sortez du manoir de PluÉ*
qu
Pour
exerceici
toutes vos
barbaries,
Inventez ,s'il se peut,quelques
nouveaux tourmens,
Vous punissez là-bas de
peines éternelles
Des Ombres bien moins
criminelles
Que n'est le Messager du
Mans.
Mais que dis-je,où m'emporte
une juste ven-
,
geance?
Calmons
- nous pour un
temps
y
ïoygxis plus retertus,
Ayons pour lui quelque
indulgence
Du moinsjusqu'à ce que
mes coffres soient venus
:),
La prudence le veut, la
raison le demande,
Laissons après cela travailler.
les Sergens,
Qu'onbrûle si l'on veut ;,
qu'on assomme ou
qu'on pende
Le Messager du Mans.
Cependant j'en tiens pour
*
mon compte:
Mais si jamais j'ysuisreprise
Si Messager du Mans aprés
cela m'affronte,.
Je veux être étrillé de la
Fleche à Paris;
Je veux aller le trot d'icy
jusques en Boheme
Je veux avoir procès avec
des bas Normans,
- Et pour dire encor plus,
je veux passer moimême
Pour Messager du Mans.
Fermer
Résumé : PLAINTES Au Messager du Mans sur sa lenteur & sur sa paresse.
Le texte est une plainte adressée au 'Messager du Mans' pour sa lenteur et sa paresse. L'auteur exprime son impatience et sa douleur face à l'absence prolongée du messager, qui tarde à lui apporter ses coffres. Il décrit son désespoir et son obsession, mentionnant que l'image du messager hante ses pensées jour et nuit. L'auteur interroge les passants et les voyageurs pour obtenir des nouvelles du messager, et il imagine divers scénarios pour expliquer son retard, allant de problèmes sur la route à des excès de boisson. Il menace finalement de punir sévèrement le messager, mais décide de suspendre sa vengeance jusqu'à la réception de ses coffres. L'auteur conclut en affirmant qu'il se vengera sévèrement si le messager ose revenir après son retard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1470
p. 22-23
EPIGRAMME.
Début :
Cephale un soir devoit s'entretenir [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
EPIGRAMME.
CEphale
un soir devoit
s'entretenir
Avec l'Aurore au retour
de la chasse
Il vous rencontre,, & de
son souvenir
En vous voyant le rendezvous
s'efface;
Qui n'eût pas fait même
chose en sa place!
J'eusse failli comme lui sur
ce point:
Maisle pauvret,mal tient
qui trop embrasse,
Perdit l'Aurore & ne vous
gagna point. ;<3*ro&ro«&.*
CEphale
un soir devoit
s'entretenir
Avec l'Aurore au retour
de la chasse
Il vous rencontre,, & de
son souvenir
En vous voyant le rendezvous
s'efface;
Qui n'eût pas fait même
chose en sa place!
J'eusse failli comme lui sur
ce point:
Maisle pauvret,mal tient
qui trop embrasse,
Perdit l'Aurore & ne vous
gagna point. ;<3*ro&ro«&.*
Fermer
1471
p. 23-26
A MESDAMES DE P. & S. qui demandoient des nouvelles de Paris étant à la campagne.
Début :
Venus ne voyant plus son fils, [...]
Mots clefs :
Paris, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MESDAMES DE P. & S. qui demandoient des nouvelles de Paris étant à la campagne.
MESDAMES DE P.
& S.. qui demandoient des
nouvelles de Paris étant à lé
campagne. VEnus ne voyant plus
son fils,
D'un cruel chagrin devo- rée
Le cherchoit par tout dans
Paris;
Quelqu'un la voyant éploree
Luy dit
:
Charmante Cytherée,
Pour revoir ce fils si cheri,
Ici ton soinestinutile,
Avecl'aimable ***
Pl * a quitte cette Ville,
Tourne tes amoureux oyseaux,
Vole vers ces riches coteaux
D'où l'on voit serpenter la
Seine;
Et par mille ôc mille détours
,
Sur
Sur l'émail d'une vaste
plaine,
Se plaît à repandre son
cours
Dans le fond de quelques
vallées
Où Flore étalle ses attraits,
Et dans les routes reculées
Des plustenreêbretusses Fo-
Prés de ces charmantes
mortelles
Tonfils se plaît à s'arrêter:
Ha! dit Venus, puis-je en
douter ?
Souvent il me quitte pour
elles,
J'enressens un jalouxtranport;
Cependantilfaut me contraindre
Chacun,me sout,ient que
j'ay tort
Si quelquefois j'osem'en
plaindre.
& S.. qui demandoient des
nouvelles de Paris étant à lé
campagne. VEnus ne voyant plus
son fils,
D'un cruel chagrin devo- rée
Le cherchoit par tout dans
Paris;
Quelqu'un la voyant éploree
Luy dit
:
Charmante Cytherée,
Pour revoir ce fils si cheri,
Ici ton soinestinutile,
Avecl'aimable ***
Pl * a quitte cette Ville,
Tourne tes amoureux oyseaux,
Vole vers ces riches coteaux
D'où l'on voit serpenter la
Seine;
Et par mille ôc mille détours
,
Sur
Sur l'émail d'une vaste
plaine,
Se plaît à repandre son
cours
Dans le fond de quelques
vallées
Où Flore étalle ses attraits,
Et dans les routes reculées
Des plustenreêbretusses Fo-
Prés de ces charmantes
mortelles
Tonfils se plaît à s'arrêter:
Ha! dit Venus, puis-je en
douter ?
Souvent il me quitte pour
elles,
J'enressens un jalouxtranport;
Cependantilfaut me contraindre
Chacun,me sout,ient que
j'ay tort
Si quelquefois j'osem'en
plaindre.
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Résumé : A MESDAMES DE P. & S. qui demandoient des nouvelles de Paris étant à la campagne.
Vénus cherche son fils à Paris. Informée qu'il a quitté la ville avec *** Pl * a, elle se dirige vers des coteaux riches et des vallées fleuries. On lui dit que son fils fréquente des mortelles, ce qui la rend jalouse, mais on lui rappelle qu'elle n'a pas à se plaindre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1472
p. 26-27
RÉPONSE A une lettre en vers & prose de M. Du.
Début :
Maître Vincent le grand faiseur de lettres [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE A une lettre en vers & prose de M. Du.
REPONSE
A une lettre en vers fl}
prose deM. Du.
,
Maître Vincent le grand
faiseur de lettres
Si bien que vous neuc
sçû prosaiser
Maître Clement le grand
forgeur: de metres -
Si doucement n'eût feu
poëtiser.,
Phoebus à donc va se desabuser
De son amour pour la docte
Fontaine,
Et connoîtra que pour
: bons vers puiser
Vin Champenois , vaut
mieuxqu'eaud'Hypocrêne.
EPIGRAMME
A une lettre en vers fl}
prose deM. Du.
,
Maître Vincent le grand
faiseur de lettres
Si bien que vous neuc
sçû prosaiser
Maître Clement le grand
forgeur: de metres -
Si doucement n'eût feu
poëtiser.,
Phoebus à donc va se desabuser
De son amour pour la docte
Fontaine,
Et connoîtra que pour
: bons vers puiser
Vin Champenois , vaut
mieuxqu'eaud'Hypocrêne.
EPIGRAMME
Fermer
1473
p. 27-28
EPIGRAMME.
Début :
Certain yvrogne aprés maint bons repas [...]
Mots clefs :
Ivrogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
EPIGRAMME.
aCEnrtaitn yvrogne aprés bons repas
Tomba malade, un docteur
Galinique
Fut appellé:Je trouve icy
,
deux cas,
Fievre brûlante & soifplus
que cinique:
Or Hypocars tient pour
methode unique
Qu'il faut guerir la soif
premièrement; Lors le fievreux répond
Maistre Clement,
A premier point n'est le
plus neccessaire,
GuériiTez moy ma fievre
,
seulement,
Et pour ma fois ce sera
mon affaire.
aCEnrtaitn yvrogne aprés bons repas
Tomba malade, un docteur
Galinique
Fut appellé:Je trouve icy
,
deux cas,
Fievre brûlante & soifplus
que cinique:
Or Hypocars tient pour
methode unique
Qu'il faut guerir la soif
premièrement; Lors le fievreux répond
Maistre Clement,
A premier point n'est le
plus neccessaire,
GuériiTez moy ma fievre
,
seulement,
Et pour ma fois ce sera
mon affaire.
Fermer
1474
p. 29-30
EPIGRAMME.
Début :
Certain Huissier étant à l'Audiance [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
JEPIQRAMME.,
CErtainHuissierétant à
l'Audiance
Crioit toujours, paix là)
Messieuss, paix là,
Tant qu'à la fin tombant
en défaillance,
Son teint pâlit & sa gorge
r
s'enfla,
On court. àlui, qu'est-ce- cy,qu'est-cela,
Maifire Perin? du recours,
il expirey-
Bref,
on
lesaigne, il revient,
il soûpire,
Puis ouvrant l'oeil, clair
.', comme un basilic
Voila, Meilleurs, se prieil
à leur dire, '-'~,I
Ce que l'on gagne à parler
en public.
CErtainHuissierétant à
l'Audiance
Crioit toujours, paix là)
Messieuss, paix là,
Tant qu'à la fin tombant
en défaillance,
Son teint pâlit & sa gorge
r
s'enfla,
On court. àlui, qu'est-ce- cy,qu'est-cela,
Maifire Perin? du recours,
il expirey-
Bref,
on
lesaigne, il revient,
il soûpire,
Puis ouvrant l'oeil, clair
.', comme un basilic
Voila, Meilleurs, se prieil
à leur dire, '-'~,I
Ce que l'on gagne à parler
en public.
Fermer
1475
p. 30-31
Sur un Bonnet donné.
Début :
Venus tenoit un Bonnet dans sa main, [...]
Mots clefs :
Bonnet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur un Bonnet donné.
Sur un Bonnet donné.
Venus tenoit un Bonnet
dans sa main,.
Je t'en fais don, me dit
cette immortelle,
Sçache qu'il n'est Roy, ny
Consul Romain
Qui n'enviât une faveur si
., belle.
Malheur plûtôt; dis-je,à
toute cervelle,
Si vous coëffez ledesor1
dre s'y met;
Va,va, j'en coëffeassez
d'autresy dit-elle,
Sans leur donner, ni Tocque
ni Bonnet,
Venus tenoit un Bonnet
dans sa main,.
Je t'en fais don, me dit
cette immortelle,
Sçache qu'il n'est Roy, ny
Consul Romain
Qui n'enviât une faveur si
., belle.
Malheur plûtôt; dis-je,à
toute cervelle,
Si vous coëffez ledesor1
dre s'y met;
Va,va, j'en coëffeassez
d'autresy dit-elle,
Sans leur donner, ni Tocque
ni Bonnet,
Fermer
1476
p. 31-36
BOUQUET NOUVEAU à Mademoiselle V.... Par Monsieur R...
Début :
Corinne, Laure, Astrée, [...]
Mots clefs :
Amants, Amour, Sentiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET NOUVEAU à Mademoiselle V.... Par Monsieur R...
BOUQUET NOUVEAU,
4 MademoiselleV. Par
MonjîeurR, C Orinne,Laure,Afirée"
Objetsdevers immortels,.
Noms qu'Appollon fie
Cytherée
Ont consacrez sur leurS:
Autels
3
Depuis qu'aux bords du
Stix le fort vous fit
descendre,
Tous vos amans vous font
1
entendre
Qu'avec vous a finil'empire
de l'amour,
Et je laurois comme eux
pensejùsqua ce jour,
Aumoins c'eût été grande
affaire
De vouloir prouver le
contraire.
Me serois-je chargé de
trouver des amans
Soupirans. sur le ton des;
vostres ?.
De nos belles aussi les plaisirs
sont tous autres
Que celuy des beaux sentimens.
or
Enfin grace à l'amour il
est une mortelle
Dignedevôtre siecle, elle
est docte,elle est belle,
De la delicatesse elle connon:
le prix;
Elle a Sur vos tombeaux
recüeilly vos esprits,
Loin d'elle Eloges insipides,
Qu'aux rives du Parnasse
elle porte ses pas,
Les Petrarques & les Ovi.
v
des
Ne lui manqueront pas,
Vous en recevez la nouvelle
Sans aucuns sentimens jaloux!
Il est iciplus d'une belle
Bien moins genereuse que
vous.
Pour la gloire du sexe aimeriez
- vous tant
Lyses
AuParnasse aujourd'huy
l'on celebre sonnom.;
Sur un Trône de fleurs
vous l'y verrez assise,
'Venez, & qu'Astrée y
conduite
Des bergers tels queceux
.,
que connutie Lignon:
Pour Lyse tousbergers feront
constans &
tendres
Pas un Hilas, parmi tant
de Silvandres;
Je vis aussi les grandsAu--
teurs Suivre Corinne & Laureen
habithéroïque,
Poëtescouronnez, donc
l'esprit ne s'applique
Qu'à celebrer des Rois àç
des Vainqueurs,
Lyse connaît sa Cour, 1,
sublime pour Lyse
Ne fera jamais étranger,
Lyse aime aussi les bois , sa douceur l'humanise
Avec l'hommage d'un
berger.
D'une voix mal assurée
Te chanterais-je à mon
tour?
Ah! Lyre, si Phebus m'exauce
chaque jour,
Je t'écrirai des vers, d'une
plume tirée
Des aîles mêmes de l'Amour.
4 MademoiselleV. Par
MonjîeurR, C Orinne,Laure,Afirée"
Objetsdevers immortels,.
Noms qu'Appollon fie
Cytherée
Ont consacrez sur leurS:
Autels
3
Depuis qu'aux bords du
Stix le fort vous fit
descendre,
Tous vos amans vous font
1
entendre
Qu'avec vous a finil'empire
de l'amour,
Et je laurois comme eux
pensejùsqua ce jour,
Aumoins c'eût été grande
affaire
De vouloir prouver le
contraire.
Me serois-je chargé de
trouver des amans
Soupirans. sur le ton des;
vostres ?.
De nos belles aussi les plaisirs
sont tous autres
Que celuy des beaux sentimens.
or
Enfin grace à l'amour il
est une mortelle
Dignedevôtre siecle, elle
est docte,elle est belle,
De la delicatesse elle connon:
le prix;
Elle a Sur vos tombeaux
recüeilly vos esprits,
Loin d'elle Eloges insipides,
Qu'aux rives du Parnasse
elle porte ses pas,
Les Petrarques & les Ovi.
v
des
Ne lui manqueront pas,
Vous en recevez la nouvelle
Sans aucuns sentimens jaloux!
Il est iciplus d'une belle
Bien moins genereuse que
vous.
Pour la gloire du sexe aimeriez
- vous tant
Lyses
AuParnasse aujourd'huy
l'on celebre sonnom.;
Sur un Trône de fleurs
vous l'y verrez assise,
'Venez, & qu'Astrée y
conduite
Des bergers tels queceux
.,
que connutie Lignon:
Pour Lyse tousbergers feront
constans &
tendres
Pas un Hilas, parmi tant
de Silvandres;
Je vis aussi les grandsAu--
teurs Suivre Corinne & Laureen
habithéroïque,
Poëtescouronnez, donc
l'esprit ne s'applique
Qu'à celebrer des Rois àç
des Vainqueurs,
Lyse connaît sa Cour, 1,
sublime pour Lyse
Ne fera jamais étranger,
Lyse aime aussi les bois , sa douceur l'humanise
Avec l'hommage d'un
berger.
D'une voix mal assurée
Te chanterais-je à mon
tour?
Ah! Lyre, si Phebus m'exauce
chaque jour,
Je t'écrirai des vers, d'une
plume tirée
Des aîles mêmes de l'Amour.
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Résumé : BOUQUET NOUVEAU à Mademoiselle V.... Par Monsieur R...
Le poème 'BOUQUET NOUVEAU' est dédié à Mademoiselle V. Il commence par une invocation aux objets immortels et aux noms sacrés par Apollon et Cythère. L'auteur note que, depuis l'Antiquité, les amants croient que l'amour s'achève avec eux. Cependant, il affirme qu'il existe une femme digne de son siècle, docte, belle et délicate, qui recueille les esprits des grands poètes sur leurs tombeaux. Cette femme, nommée Lyse, est célébrée au Parnasse et inspire des éloges dignes de Pétrarque et Ovide. Elle est comparée à Corinne et Laure, et sa gloire est telle que même Astrée et les bergers du Lignon lui sont dévoués. Lyse connaît aussi bien la cour que les bois, et sa douceur l'humanise. L'auteur exprime son désir de la chanter et de lui écrire des vers inspirés par l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1477
p. 18-48
LE CORRESPONDANT DE LA GUINGUETTE.
Début :
Les vendanges ont été si abondantes cette année qu'un [...]
Mots clefs :
Vendanges, Vin, Médecin, Vérole, Femme, Fille, Servante, Mère, Bourgeoise, Guinguette, Ami, Valet, Ivresse, Mari, Ivrogne, Habit
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texteReconnaissance textuelle : LE CORRESPONDANT DE LA GUINGUETTE.
LE CORRESPONDANT
DELA
GUINGUETTE. LES
vendanges ont écc
ii abondantes cette année
qu'un paysan d'Argenteuil
a recueilli dans un seul demy
arpent de vignes quatorze
muids de vin ,
la
Posterité biberonne aimera
mieux voir cette remarque
dans nos registres,que
l'époque du grand hyver,
& des débordemens d'eau.
Le vin ne vaut plus que
trois fols à la guinguette,
& cette abandance me
fournira des mémoires
pour les articles burlesques
du Mercure,il ne me
suffit pas d'avoir des Correspondans
dans les pays
étrangers, & dans les Pro.
vinees;j'en ai un tresassidu
les fêtes & Dimanches
aux assemblées de la
Courtille, Pentin,Vaugirard
& autres pays de la
Banlieuë:ony aprend nonseulement
l'interieur des,
familles bourgeoises, mais,
encore ce qui se passe dans,
les grandes maisons.
Baccus toujours sincere &'
quelquefois malin,
Seplaîtàpublier le long d'un
grand chemin
Lefoir au retour des Guinguettes
Les intrigues les plussecretes
De l'artisan
,
du bas bourgeoJs,
Il méditmême quelquefois
Delaplus haute bourgeoise ,
Sa temeraire frmtfîe
Des plus qllallfieZ rende,
les Secrets;
Nefait-il pas parlerserventes
& valets,
Des bijoutiers, des Revendeujes,
Des Tailleurs &des Accouchensest?
Une Revendeuse, &:
le valet d'un vieux Medecin
buvoient ensemble à
la grandepinte:la revendeuse
se réjouissoit de ce
que la petite verole est
presque finie dans Paris,
& le valet du Medecins'en
affligeoit pour son maicre;.
larevendeuse luiracontoit
à cette occasion les erreurs
de la plupart des femmes
sur , tout ce qui peut apporter
dans une maison l'air
de la petite verole, &cela
lui avoit fait grand tort,
disoit-elle
; car les Dames
croyoient trouver la petite
verole jusques dans les
dentelles que je leur
-
portois. Cela n'est pas si
mal fondé, lui disoit le
valet; car le mauvais air
(k met dans le linge, dans
les habits, dans les perruques,
& voici ce qui est.
arrivé àmon maître.
Une bourgeoise jeune
& jolie craignant la
petite verole, comme
de raison : mais un peu
plus Qu'une femme raisonnable
ne la doit
craindre,prenoit pour
petite verole la moindre
émotion, la moindre
vapeur, elle croyoit
à chaque instant sentir
la fièvre,&C l'avoit
peut-êtrede peur, eltercroyoitêtre
prise. Son
premier mouvement
fut d'envoyer vîte au
Medecin:mais faisant
reflexion que les Medecins
portent aveceux
l'airde la petite vero le,
elle resolutde se passer
de Medecin, on en fit,
pourtantvenirunon le,
conduisit d'abord dans
la chambre d'une servante
malade, en at-.
tendant qu'ondisposeroit
roit la maitresse à le
voir, & elle ne voulut
absolument point le
recevoir qu'iln'eût ôté
sa peruque &ses habits,
mais ,lui dit-on, un
vieux Medecin dépouillé
vous fera encore plus
de peur que la petite
verole. Il est vray, rcpandit-
elle,mais qu'il
prenne quelque habit
dans la maison. Il ne se
trouva point d'habit
vacant; le Medecin étoit
presse; on le travestit
de ce qui se presenta
dans la chambre de la
servante, de sa jupe, de
son manteau 8c de ses
cornettes, dont on le
coëssacomme on put.
Danscetequipage il
fut reçu de la bourgeoise,
&s'affit auprés
de sonlit pour lui tâter
le pouls.
Il faut sçavoir que la
servante étoit au lit de
son côté pour avoir été
excedée de coups par la
belle-mere de la bourgeoise.
Cette belle-mere
étoit une grand 'femme
seiches,billeuse, accariatre
& brutale,qui affommoit
ses valets pour
le moindre sujet,& elle
en avoit eu un essentiel
de battre la servante:
aussi luiavoit-elle juré
qu'elle la mettroit sur
le grabat pour un mois,
& lui avoit dessendu
d'entrer dans la chambre
de sabru. Quelle fut
sa colere en y entrant?
quandellecrut,trompée
par l'habit, voir
cette servante assise au
chevet du lit?Aveuglée
de rage elle courtsur le
Medecin, qui se sentit
prendre à la gorge, avant
que de sçavoir par
qui. Il se debarassa à
coups de poings de cet- teenragée,&l'avanture
finit comme la scene
d'ArlequinLingere,par
un detignonement reciproque
de la belle-mere
& du Medecin.
Comme leValet du Medecin
achevoit de conter
l'avanture de son Maître,
arrive un bon compagnon:
paye-nous bouteille,lui dit
celui-ci. Non, dit l'autre,
je fuis ruiné depuis que le
vin est à bon marché; j'avois
plus d'argent quand
il estoit cher, car je ne
buvois que de l'eau. Ce
propos de Guinguette fut
suivid'une érudition de la
Chine,carc'étoit un garçon
qui avoit fort voyage,
& qui leur dit, à propos
de petite vérole, qu'elle se
gagne par la respiration,
& cita là-dessus les Medecins
Chinois, --
-
Ily a à la Chine des
Medecins plus habiles à
donner la petite vérole
que les nostres à la guérir;
ce n'est point une
plaisanterie,Commeelleest
mortelleen ce païsla
après certains âges
,.
on va trouver le Medecin
pour la faire venir
quand elle ne vient pas
naturellement; & voici
comment les Médecins
la donnent: Ils recuëillent
soigneusement
& en certains momens
de cette maladie
la sueur des malades
avec du coton; ils enferment
ensuite ce coton
moüillé dans de petites
boëtes d'or, & le
conservent avec certaine
préparation, & l'on
met ensuitece coton
dans lesnarines de ceux
qui veulent avoir cette
maladie, & l'effetenest
sûr Nos Dames craindroient
beaucoup ces.
Medecins-là,car ils portent
à coup sûr la petite
vérole dans leurpoche,
Apres le voyageur un
autheur du Pont-neufvint
boire auec ces Messieurscy
,
& donna un plat de
son métier.
Air original de la Guinguette
, surl'air.,-Au
reguingué,
VNOfficieràson retour
S'envintpourmeparler d'a-
Ji mour: me mis d'abord en Jefinfi"
Avance, avance, avance,
avance
Avecton habitd'ordonnance.
Jesuis,dit il,jeune &
bien-fait,
J'ai de l'esprit& du caqU-st,
En amour la belle éloquence,
Avance, avance, avance,
avance
Avec ton habit d'ordonnance,
Je lui dis- Vostrebeauparler
Ici vous fera reculer;
Prés de moy laseulefinance
Avance , avance5 avancey
avance
Avecton habit d'ordonnance.
Il medit:Je t'épouserai,
Mille écus je te donnerai.
Je lui dit,Payezles d'avance.
Avance
, avance , avance,
avance
Avec ton habit d'ordonnance.
Iln'apoint d'argent le matois
:
Mais sa bouche vers mon
minois
Malgré ma bonne contenance
Avancey avance, avance ,
avance
Avec ton habit d'ordonnance
Mongrand frere arrive
soudain,
Qui tient une épee àsamain
Dont la pointe droit vers sa
panse
Avance
y avance, avance ,
avance
Avectonhabit d'ordonnance.
Ce brave ne recule pasy
Mais AU contraire. à trés.
grands pas
Du coté de la porte avance
Avance, avance , avance ,
avance
Avec ton habit d'ordonnance.
A propos d'air de
Pont-neuf, ditun garçon
Marchand qui se
trouva là, les Airs de
Lambert sont charmans,
j'ai un de mes
amis qui en est fou;II
chante des chan sons de
Lambert toute lajournée,
la nuit même en
rêvant,c'estsapassion.
Il est dameret, galant,
pinceraperruque blonde
,
lesgands blancs)
lacravatte à glans de
fayence;nous l'enyvrâmes
à ChaillotDimanche
dernier, il se perdit
en chemin, & après l'avoir
cherché longtemps,
nous l'entendimes
chanterjnouscoulrûûmmeessààlalavvooiixx..
IIllééttooiittw
tombé dans l'égoût:
maisils'y trouvoitàIon
aise comme dans son lit:
tout couvert d'ordure,
sa perruque roide de
crotte, il ressembloit à
un fleuve noir: il s'était
accoté sur un tas d'immondices
qui formoit
en cet endroit del'égout
unecascade de bouë liquide
, &C là presque
yvre-mort ils'egofilloit
de chanter.
Coulez
, murmurez,
clairs rwfieaux,
jillezj dire à Climene
L'état ou m'a mis l'in--
humaine.
Comme nous n'ofions
le toucher pour le
relever, tant il estoit
boueux, nous luy passâmes
deux perches
fous le ventre, &: nous
l'enlevâmes tout brandi
pourle porter à son inhumaine,
qui étoit avec
sa famille au cabaret
prochain: L'un des
deux qui le portaient
étoit son rival, & luy
joiioit cetour pour en
dégoûter sa maîtresse,
qui haïssoit les yvrognes.
C'etoit une simple
bourgeoise qui ne connoissoit
pas assez le
grand monde de Paris,
elle croyoit que l'yvrognerieétoit
haïssable
dans un jeune homme,
& comme elle étoitenferme
de se marier avec
celui-ci , elle fut fort
affliaffligée
de le voir en cet
état; la mere sécria en
le voyant paroître,ah
je ne veux pas donner
ma fille à un homme
quia sipeu de raison.
Il faut lui pardonner,
dit le pere, grand
diseur de bons mots
bourgeois, & qui aimoit
aussi à Doire,
quand le vinest commun
la raison estrare,
il n'est défendu qu'aux
femmes de boire, parce
que quand ellesont une
fois perd u la raison elles
ne la retrouventjamais,
il faut qu'un homme
fage s'enyvre un moins
une fois en sa vie pour
ravoir quel vin ila.
Apres une tiradede
raisons au ssi bonnes que
celles-là, il conclut que
le jeune homme yvre
seroit son gendre, la
mere s'emporta fort,
disantque sa filleétoit
plus à elle qu'à luy, &
qu'elle ne vouloit point
la donner à cet homme-
là; toute la famille
presente proposa un accommodement
entre le
mari & la femme, & on
convint que la fille qu'-
on sçavoit être très censée
decideroit sur ce
mariage,&qu'ellechoifiroit
des deux rivaux.
Le rival triomphoit
déjà auprès de cette fage
fille, & n'avoit rien
oublié pour augmenter
l'horreur qu'elle avoit
pour l'yvrognerie:mais
elle en avoitencorplus.
pour la mauvaise foy
elle sçavoit quecelui-c,i
étoit ami de son amant,
& voyant qu'ill'avoit
trahi enramenant yvre
devant elle, elle iup^
posa qu'ill'avoit enyvré
exprés, ôe setournant
vers lui, elleluy
dit tout haut en pleine
assemblée: Monsieur
5 j'aime encore mieux un
homme qui s'enyvre,
qu'un homme qui trahit
son ami.
Le pere quiétoit bon
& franc comme le vin
de sa cave, loua fortla
décisionde sa prudente
fille,il éxagera la noirceurd'âme
d'un homme
qui se fert du vin pour
faire, tortà quelqu'un,
cela,disoit-il,estcontre
le droit des buveurs,
plus sacré que le droit
des gens; c'est pis que
de voler sur le grand
chemin; car si j'avois
confié la clef de mon
cabinet à un ami Se
qu'il me volât, quel
crimeseroit-ce?& n'estce
pas donner la clef
de son coeur à quelqu'-
un , que de s'enyvrer
avec luy?Celuiavec qui
je m'enyvre m'est plus
cher que femme 6C ensans,
entendez.vous,
ma femme, & voyez la
punition que je mericerois
si je vous avois
trahi.Celaest vrai, mon
mari, répondit la femme.
Je conclus donc, repliqua
le mari, qu'on
me donne à boire, & je
boirai à la santé du pauvre
enyvré, a qui je
donne ma fille pour punir
l'autre.
M C'est à cond ition ,
reprit la fille, qu'il ne
s'enyvrera de sa vie.
Bien entendu, reprit le
mari, il fera comme
moyens je bois noins
je m'enyvre,buvons encore
ce coup-ci,&quonm'aille
querir le Notaire,
je veux quece repas-
cy soit le commencement
de la noce ,&C}
quelle dure huit jours.
DELA
GUINGUETTE. LES
vendanges ont écc
ii abondantes cette année
qu'un paysan d'Argenteuil
a recueilli dans un seul demy
arpent de vignes quatorze
muids de vin ,
la
Posterité biberonne aimera
mieux voir cette remarque
dans nos registres,que
l'époque du grand hyver,
& des débordemens d'eau.
Le vin ne vaut plus que
trois fols à la guinguette,
& cette abandance me
fournira des mémoires
pour les articles burlesques
du Mercure,il ne me
suffit pas d'avoir des Correspondans
dans les pays
étrangers, & dans les Pro.
vinees;j'en ai un tresassidu
les fêtes & Dimanches
aux assemblées de la
Courtille, Pentin,Vaugirard
& autres pays de la
Banlieuë:ony aprend nonseulement
l'interieur des,
familles bourgeoises, mais,
encore ce qui se passe dans,
les grandes maisons.
Baccus toujours sincere &'
quelquefois malin,
Seplaîtàpublier le long d'un
grand chemin
Lefoir au retour des Guinguettes
Les intrigues les plussecretes
De l'artisan
,
du bas bourgeoJs,
Il méditmême quelquefois
Delaplus haute bourgeoise ,
Sa temeraire frmtfîe
Des plus qllallfieZ rende,
les Secrets;
Nefait-il pas parlerserventes
& valets,
Des bijoutiers, des Revendeujes,
Des Tailleurs &des Accouchensest?
Une Revendeuse, &:
le valet d'un vieux Medecin
buvoient ensemble à
la grandepinte:la revendeuse
se réjouissoit de ce
que la petite verole est
presque finie dans Paris,
& le valet du Medecins'en
affligeoit pour son maicre;.
larevendeuse luiracontoit
à cette occasion les erreurs
de la plupart des femmes
sur , tout ce qui peut apporter
dans une maison l'air
de la petite verole, &cela
lui avoit fait grand tort,
disoit-elle
; car les Dames
croyoient trouver la petite
verole jusques dans les
dentelles que je leur
-
portois. Cela n'est pas si
mal fondé, lui disoit le
valet; car le mauvais air
(k met dans le linge, dans
les habits, dans les perruques,
& voici ce qui est.
arrivé àmon maître.
Une bourgeoise jeune
& jolie craignant la
petite verole, comme
de raison : mais un peu
plus Qu'une femme raisonnable
ne la doit
craindre,prenoit pour
petite verole la moindre
émotion, la moindre
vapeur, elle croyoit
à chaque instant sentir
la fièvre,&C l'avoit
peut-êtrede peur, eltercroyoitêtre
prise. Son
premier mouvement
fut d'envoyer vîte au
Medecin:mais faisant
reflexion que les Medecins
portent aveceux
l'airde la petite vero le,
elle resolutde se passer
de Medecin, on en fit,
pourtantvenirunon le,
conduisit d'abord dans
la chambre d'une servante
malade, en at-.
tendant qu'ondisposeroit
roit la maitresse à le
voir, & elle ne voulut
absolument point le
recevoir qu'iln'eût ôté
sa peruque &ses habits,
mais ,lui dit-on, un
vieux Medecin dépouillé
vous fera encore plus
de peur que la petite
verole. Il est vray, rcpandit-
elle,mais qu'il
prenne quelque habit
dans la maison. Il ne se
trouva point d'habit
vacant; le Medecin étoit
presse; on le travestit
de ce qui se presenta
dans la chambre de la
servante, de sa jupe, de
son manteau 8c de ses
cornettes, dont on le
coëssacomme on put.
Danscetequipage il
fut reçu de la bourgeoise,
&s'affit auprés
de sonlit pour lui tâter
le pouls.
Il faut sçavoir que la
servante étoit au lit de
son côté pour avoir été
excedée de coups par la
belle-mere de la bourgeoise.
Cette belle-mere
étoit une grand 'femme
seiches,billeuse, accariatre
& brutale,qui affommoit
ses valets pour
le moindre sujet,& elle
en avoit eu un essentiel
de battre la servante:
aussi luiavoit-elle juré
qu'elle la mettroit sur
le grabat pour un mois,
& lui avoit dessendu
d'entrer dans la chambre
de sabru. Quelle fut
sa colere en y entrant?
quandellecrut,trompée
par l'habit, voir
cette servante assise au
chevet du lit?Aveuglée
de rage elle courtsur le
Medecin, qui se sentit
prendre à la gorge, avant
que de sçavoir par
qui. Il se debarassa à
coups de poings de cet- teenragée,&l'avanture
finit comme la scene
d'ArlequinLingere,par
un detignonement reciproque
de la belle-mere
& du Medecin.
Comme leValet du Medecin
achevoit de conter
l'avanture de son Maître,
arrive un bon compagnon:
paye-nous bouteille,lui dit
celui-ci. Non, dit l'autre,
je fuis ruiné depuis que le
vin est à bon marché; j'avois
plus d'argent quand
il estoit cher, car je ne
buvois que de l'eau. Ce
propos de Guinguette fut
suivid'une érudition de la
Chine,carc'étoit un garçon
qui avoit fort voyage,
& qui leur dit, à propos
de petite vérole, qu'elle se
gagne par la respiration,
& cita là-dessus les Medecins
Chinois, --
-
Ily a à la Chine des
Medecins plus habiles à
donner la petite vérole
que les nostres à la guérir;
ce n'est point une
plaisanterie,Commeelleest
mortelleen ce païsla
après certains âges
,.
on va trouver le Medecin
pour la faire venir
quand elle ne vient pas
naturellement; & voici
comment les Médecins
la donnent: Ils recuëillent
soigneusement
& en certains momens
de cette maladie
la sueur des malades
avec du coton; ils enferment
ensuite ce coton
moüillé dans de petites
boëtes d'or, & le
conservent avec certaine
préparation, & l'on
met ensuitece coton
dans lesnarines de ceux
qui veulent avoir cette
maladie, & l'effetenest
sûr Nos Dames craindroient
beaucoup ces.
Medecins-là,car ils portent
à coup sûr la petite
vérole dans leurpoche,
Apres le voyageur un
autheur du Pont-neufvint
boire auec ces Messieurscy
,
& donna un plat de
son métier.
Air original de la Guinguette
, surl'air.,-Au
reguingué,
VNOfficieràson retour
S'envintpourmeparler d'a-
Ji mour: me mis d'abord en Jefinfi"
Avance, avance, avance,
avance
Avecton habitd'ordonnance.
Jesuis,dit il,jeune &
bien-fait,
J'ai de l'esprit& du caqU-st,
En amour la belle éloquence,
Avance, avance, avance,
avance
Avec ton habit d'ordonnance,
Je lui dis- Vostrebeauparler
Ici vous fera reculer;
Prés de moy laseulefinance
Avance , avance5 avancey
avance
Avecton habit d'ordonnance.
Il medit:Je t'épouserai,
Mille écus je te donnerai.
Je lui dit,Payezles d'avance.
Avance
, avance , avance,
avance
Avec ton habit d'ordonnance.
Iln'apoint d'argent le matois
:
Mais sa bouche vers mon
minois
Malgré ma bonne contenance
Avancey avance, avance ,
avance
Avec ton habit d'ordonnance
Mongrand frere arrive
soudain,
Qui tient une épee àsamain
Dont la pointe droit vers sa
panse
Avance
y avance, avance ,
avance
Avectonhabit d'ordonnance.
Ce brave ne recule pasy
Mais AU contraire. à trés.
grands pas
Du coté de la porte avance
Avance, avance , avance ,
avance
Avec ton habit d'ordonnance.
A propos d'air de
Pont-neuf, ditun garçon
Marchand qui se
trouva là, les Airs de
Lambert sont charmans,
j'ai un de mes
amis qui en est fou;II
chante des chan sons de
Lambert toute lajournée,
la nuit même en
rêvant,c'estsapassion.
Il est dameret, galant,
pinceraperruque blonde
,
lesgands blancs)
lacravatte à glans de
fayence;nous l'enyvrâmes
à ChaillotDimanche
dernier, il se perdit
en chemin, & après l'avoir
cherché longtemps,
nous l'entendimes
chanterjnouscoulrûûmmeessààlalavvooiixx..
IIllééttooiittw
tombé dans l'égoût:
maisils'y trouvoitàIon
aise comme dans son lit:
tout couvert d'ordure,
sa perruque roide de
crotte, il ressembloit à
un fleuve noir: il s'était
accoté sur un tas d'immondices
qui formoit
en cet endroit del'égout
unecascade de bouë liquide
, &C là presque
yvre-mort ils'egofilloit
de chanter.
Coulez
, murmurez,
clairs rwfieaux,
jillezj dire à Climene
L'état ou m'a mis l'in--
humaine.
Comme nous n'ofions
le toucher pour le
relever, tant il estoit
boueux, nous luy passâmes
deux perches
fous le ventre, &: nous
l'enlevâmes tout brandi
pourle porter à son inhumaine,
qui étoit avec
sa famille au cabaret
prochain: L'un des
deux qui le portaient
étoit son rival, & luy
joiioit cetour pour en
dégoûter sa maîtresse,
qui haïssoit les yvrognes.
C'etoit une simple
bourgeoise qui ne connoissoit
pas assez le
grand monde de Paris,
elle croyoit que l'yvrognerieétoit
haïssable
dans un jeune homme,
& comme elle étoitenferme
de se marier avec
celui-ci , elle fut fort
affliaffligée
de le voir en cet
état; la mere sécria en
le voyant paroître,ah
je ne veux pas donner
ma fille à un homme
quia sipeu de raison.
Il faut lui pardonner,
dit le pere, grand
diseur de bons mots
bourgeois, & qui aimoit
aussi à Doire,
quand le vinest commun
la raison estrare,
il n'est défendu qu'aux
femmes de boire, parce
que quand ellesont une
fois perd u la raison elles
ne la retrouventjamais,
il faut qu'un homme
fage s'enyvre un moins
une fois en sa vie pour
ravoir quel vin ila.
Apres une tiradede
raisons au ssi bonnes que
celles-là, il conclut que
le jeune homme yvre
seroit son gendre, la
mere s'emporta fort,
disantque sa filleétoit
plus à elle qu'à luy, &
qu'elle ne vouloit point
la donner à cet homme-
là; toute la famille
presente proposa un accommodement
entre le
mari & la femme, & on
convint que la fille qu'-
on sçavoit être très censée
decideroit sur ce
mariage,&qu'ellechoifiroit
des deux rivaux.
Le rival triomphoit
déjà auprès de cette fage
fille, & n'avoit rien
oublié pour augmenter
l'horreur qu'elle avoit
pour l'yvrognerie:mais
elle en avoitencorplus.
pour la mauvaise foy
elle sçavoit quecelui-c,i
étoit ami de son amant,
& voyant qu'ill'avoit
trahi enramenant yvre
devant elle, elle iup^
posa qu'ill'avoit enyvré
exprés, ôe setournant
vers lui, elleluy
dit tout haut en pleine
assemblée: Monsieur
5 j'aime encore mieux un
homme qui s'enyvre,
qu'un homme qui trahit
son ami.
Le pere quiétoit bon
& franc comme le vin
de sa cave, loua fortla
décisionde sa prudente
fille,il éxagera la noirceurd'âme
d'un homme
qui se fert du vin pour
faire, tortà quelqu'un,
cela,disoit-il,estcontre
le droit des buveurs,
plus sacré que le droit
des gens; c'est pis que
de voler sur le grand
chemin; car si j'avois
confié la clef de mon
cabinet à un ami Se
qu'il me volât, quel
crimeseroit-ce?& n'estce
pas donner la clef
de son coeur à quelqu'-
un , que de s'enyvrer
avec luy?Celuiavec qui
je m'enyvre m'est plus
cher que femme 6C ensans,
entendez.vous,
ma femme, & voyez la
punition que je mericerois
si je vous avois
trahi.Celaest vrai, mon
mari, répondit la femme.
Je conclus donc, repliqua
le mari, qu'on
me donne à boire, & je
boirai à la santé du pauvre
enyvré, a qui je
donne ma fille pour punir
l'autre.
M C'est à cond ition ,
reprit la fille, qu'il ne
s'enyvrera de sa vie.
Bien entendu, reprit le
mari, il fera comme
moyens je bois noins
je m'enyvre,buvons encore
ce coup-ci,&quonm'aille
querir le Notaire,
je veux quece repas-
cy soit le commencement
de la noce ,&C}
quelle dure huit jours.
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Résumé : LE CORRESPONDANT DE LA GUINGUETTE.
Le texte décrit les observations d'un correspondant sur les vendanges abondantes à Argenteuil, où un paysan a récolté quatorze muids de vin dans un demi-arpent de vignes. Cette abondance a conduit à une baisse du prix du vin, qui ne vaut désormais que trois fois son prix habituel à la guinguette. Le correspondant, présent dans diverses assemblées de la banlieue parisienne, rapporte des intrigues et des secrets des artisans, des bourgeois et des grandes maisons. Une anecdote notable concerne une revendeuse et le valet d'un médecin discutant de la petite vérole. La revendeuse se réjouit de la fin de l'épidémie, tandis que le valet s'en afflige pour son maître. La revendeuse explique que les femmes craignent la petite vérole et évitent les dentelles, ce à quoi le valet répond que le mauvais air peut se trouver dans les vêtements et les perruques. Une jeune bourgeoise, craignant la petite vérole, refuse de voir un médecin de peur qu'il ne lui transmette la maladie. Elle le fait déshabiller et le médecin, déguisé en servante, est attaqué par la belle-mère de la bourgeoise, qui le confond avec la servante malade. La scène se termine par une dispute et un déguisement réciproque. Le texte mentionne également un voyageur chinois qui parle des médecins de son pays, capables de transmettre la petite vérole. Un auteur du Pont-Neuf intervient ensuite avec une chanson burlesque sur un officier et une jeune femme. Une autre histoire concerne un jeune homme ivre retrouvé dans un égout, chantant des airs de Lambert. Sa famille et son rival discutent de son mariage avec une jeune femme. La fille choisit finalement l'ivrogne, préférant un homme honnête à un traître. Le père, un amateur de vin, conclut que l'ivrognerie est pardonnable, mais la trahison ne l'est pas.
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1478
p. 49-52
COUPLETS en forme de Dialogue sur le mesme chant icy noté.
Début :
TIRSIS. Une faveur, Lisette, [...]
Mots clefs :
Amour, Vendanges
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texteReconnaissance textuelle : COUPLETS en forme de Dialogue sur le mesme chant icy noté.
COUPLETS
en forme de Dialogue sur le mesme chant icy noté.
TIRSIS.
Vne faveur, Lisette,
Af4prouvé ton amour: AuÇon de ma musette
Tu danfoisl'autre jour.
Sur celle de Sihandrt
Tu nedanserois pas:
Matstu daignes l'entendre,
Non:tu nem'aime PaS.
LISETTL LISETTE
Si fentenssa rnujfttc,
C'estqueses airssontguais
Pour une chansonnette,
QuelvacarmetujaisJ
Aforce de te plaindre
Tu me chagrinras :
7 iSituDcnx mecommit!tire
Non9 jene iaimepas.
TIRSIS.
- arc*.-ay beiie JL,//c;1
J'cyn'iraijeleso-enoux
Aîon humeur mquiette
Aierite ton couroux,
lijt -ce a moj de e
plai;>dre,
Fais ce au? tu fZJoudraJ)
Sifay pu te contraindre,
Nonje ne t'aime pas. LISETTE.
Quun berger ejlaimable -Qui JeJeu;;?etainjî !
Te vojaai raisonnable
Je le deviens auJli.
Je la de Sihandre LS,l.,va
Lamusette k3 la rjcr:,
je neveux plus t'ented-r}
-r ,. 1 l Tiens me mener au bois.
en forme de Dialogue sur le mesme chant icy noté.
TIRSIS.
Vne faveur, Lisette,
Af4prouvé ton amour: AuÇon de ma musette
Tu danfoisl'autre jour.
Sur celle de Sihandrt
Tu nedanserois pas:
Matstu daignes l'entendre,
Non:tu nem'aime PaS.
LISETTL LISETTE
Si fentenssa rnujfttc,
C'estqueses airssontguais
Pour une chansonnette,
QuelvacarmetujaisJ
Aforce de te plaindre
Tu me chagrinras :
7 iSituDcnx mecommit!tire
Non9 jene iaimepas.
TIRSIS.
- arc*.-ay beiie JL,//c;1
J'cyn'iraijeleso-enoux
Aîon humeur mquiette
Aierite ton couroux,
lijt -ce a moj de e
plai;>dre,
Fais ce au? tu fZJoudraJ)
Sifay pu te contraindre,
Nonje ne t'aime pas. LISETTE.
Quun berger ejlaimable -Qui JeJeu;;?etainjî !
Te vojaai raisonnable
Je le deviens auJli.
Je la de Sihandre LS,l.,va
Lamusette k3 la rjcr:,
je neveux plus t'ented-r}
-r ,. 1 l Tiens me mener au bois.
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Résumé : COUPLETS en forme de Dialogue sur le mesme chant icy noté.
Tirsi reproche à Lisette de ne pas avoir dansé à sa musette, contrairement à Sihandrt. Lisette explique que les airs de Tirsi la chagrinent. Tirsi affirme ne pouvoir changer son humeur ni la forcer à l'aimer. Lisette accepte de devenir raisonnable et décide de ne plus écouter Sihandrt. Elle demande à Tirsi de l'emmener au bois.
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1479
p. 52-54
LES VENDANGES. Sur le mesme air.
Début :
I. Couplet. Dans la vigne à Glaudine [...]
Mots clefs :
Vendanges, Vendangeurs
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texteReconnaissance textuelle : LES VENDANGES. Sur le mesme air.
LES VENDANGES.
Surlemesne air.
I. Couplet.
Dans la vigne ri.Glaudine
Les Vendangeursy vont,
On choisit à la mine
Ceux qui vendangeront.
yîux Vendangeurs qui
brillent
Ony donne le pas:
Les autresygrapillent,
MaisnjJ-verkdangentpas.
1 I. Couplet.
Sur la fin de l'Automne
Vint un joli vieillard,
Si la vendange est bonne
J'en veux:avoirmafart.
Cette prudente fille
Luyrespondit tout bas,
Vieux Vendangeur graplie,
Mais ne vendangepas.
Aux vignes de Cithere,
Parmy les raisins doux,
Ejf maintegrape amere,
Nevnouc¿sté.z/fez.., point peur
Ce pourunefille
Est un grand embarras;
LMaaipslnusejvaeanedfarnagpeiplleas
Mais ne vendange pas
Surlemesne air.
I. Couplet.
Dans la vigne ri.Glaudine
Les Vendangeursy vont,
On choisit à la mine
Ceux qui vendangeront.
yîux Vendangeurs qui
brillent
Ony donne le pas:
Les autresygrapillent,
MaisnjJ-verkdangentpas.
1 I. Couplet.
Sur la fin de l'Automne
Vint un joli vieillard,
Si la vendange est bonne
J'en veux:avoirmafart.
Cette prudente fille
Luyrespondit tout bas,
Vieux Vendangeur graplie,
Mais ne vendangepas.
Aux vignes de Cithere,
Parmy les raisins doux,
Ejf maintegrape amere,
Nevnouc¿sté.z/fez.., point peur
Ce pourunefille
Est un grand embarras;
LMaaipslnusejvaeanedfarnagpeiplleas
Mais ne vendange pas
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Résumé : LES VENDANGES. Sur le mesme air.
Le texte relate une scène de vendanges où certains vendangeurs, appelés 'grapilleurs', ne participent pas réellement. Un vieillard souhaite aider, mais une jeune fille prudente lui répond qu'il grappille sans vendanger. Les vignes de Cythère produisent des raisins doux et des grappes amères. La jeune fille exprime son embarras face à cette situation.
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1480
p. 80-81
EPISTRE chagrine. Sur le mot de l'Enigme qui est le MELON.
Début :
Quand il gresle quelle frayeur [...]
Mots clefs :
Melon, Vin
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texteReconnaissance textuelle : EPISTRE chagrine. Sur le mot de l'Enigme qui est le MELON.
EPISTRE
chagrine.
Sur le mot de l'Enigme
quiestle MELON. L Es Melons ne valent
rien sur la fin de l'Automne,
à peine puis- je les souffrir
en plein Esié : que je
fuis ndigné de le voir comparé
au vin: le vin est le
symbole de la sincerité, le
melon est le symbole de la
tromperie, le vin donne du
courage, le melon ne donne
que dela crainte.
Quand il gresse quelle frayeur
A-t-onpour son palais de verres
Quand on l'achette on a bien peur
De ne trouver en luy qu'unfade
goustdeterre.
Dans un estomac rapporteur,
Des nezil devient la terreur:
Quandonle mange on a la crainte
D'estre tourmenté d'une éprainte;
Toujours crainte, terreur,frayeur.
Dans cefruitpesant ~& trompeur,
Eny révanttantostje craignois.
la migraine :
Mauditsoitlefruit ~& lagraine,
L'autheur de l'Enigme &le nom
De mon ennemi le Melon.
chagrine.
Sur le mot de l'Enigme
quiestle MELON. L Es Melons ne valent
rien sur la fin de l'Automne,
à peine puis- je les souffrir
en plein Esié : que je
fuis ndigné de le voir comparé
au vin: le vin est le
symbole de la sincerité, le
melon est le symbole de la
tromperie, le vin donne du
courage, le melon ne donne
que dela crainte.
Quand il gresse quelle frayeur
A-t-onpour son palais de verres
Quand on l'achette on a bien peur
De ne trouver en luy qu'unfade
goustdeterre.
Dans un estomac rapporteur,
Des nezil devient la terreur:
Quandonle mange on a la crainte
D'estre tourmenté d'une éprainte;
Toujours crainte, terreur,frayeur.
Dans cefruitpesant ~& trompeur,
Eny révanttantostje craignois.
la migraine :
Mauditsoitlefruit ~& lagraine,
L'autheur de l'Enigme &le nom
De mon ennemi le Melon.
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Résumé : EPISTRE chagrine. Sur le mot de l'Enigme qui est le MELON.
L'épître exprime une aversion pour le melon, jugé insipide et trompeur. L'auteur le compare défavorablement au vin, symbole de sincérité. Il craint un goût fade, des troubles digestifs et des migraines. Il qualifie le melon de 'fruit pesant et trompeur' et le désigne comme son ennemi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1481
p. 82
L'APOLOGIE du Melon contre le vin.
Début :
Au Melon doit ceder la bachique liqueur, [...]
Mots clefs :
Melon, Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'APOLOGIE du Melon contre le vin.
L'APOLOGIE
du Melon contre levin.
Au Melon doit ceder la bachique
liqueur,
Plusdelicieux qu'ambrosie
, Jamais on ne le falsifie,
Jamais Melon fumeux n'entesta.
son mangeur.
En nous rafraishissantilguérit
la miyraine:
Beni soit le fruit ~& la graine,
Jjautheur de l'Enigme, ~& le
nom
Demon cher amy le Melon.
du Melon contre levin.
Au Melon doit ceder la bachique
liqueur,
Plusdelicieux qu'ambrosie
, Jamais on ne le falsifie,
Jamais Melon fumeux n'entesta.
son mangeur.
En nous rafraishissantilguérit
la miyraine:
Beni soit le fruit ~& la graine,
Jjautheur de l'Enigme, ~& le
nom
Demon cher amy le Melon.
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1482
p. 83-84
ENIGME.
Début :
Ma froideur est sans borne avec mes ennemis, [...]
Mots clefs :
Pipe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
MAfroideur est sans borne
avec mes ennemis,
J'ay de l'ardeurpour mes ttmis,
C'estpoureuxseulsqueje respire,
Je les entretienssansrien dire,
Jesoulage leurs maux,je calme
leurs ennuis,
Je m'estonne qu'estant aussipeu
que je fuis,
J'occupe tant de bonnes testes
;
Telquifit degrandes cenquestes
Dmsiefprit qui m'anime a
puisésonconseils
Tels'endort avec moy la cervelle
troubliée
Quon trouve sage à son reveil,
Et tel dans certaineassemblée,
Sur table me voyant doublée
Ëp-j quadruplée,
Pour me mieux deviner me
touchant de la main,
Reve à moy jusqu'au lendemain.
MAfroideur est sans borne
avec mes ennemis,
J'ay de l'ardeurpour mes ttmis,
C'estpoureuxseulsqueje respire,
Je les entretienssansrien dire,
Jesoulage leurs maux,je calme
leurs ennuis,
Je m'estonne qu'estant aussipeu
que je fuis,
J'occupe tant de bonnes testes
;
Telquifit degrandes cenquestes
Dmsiefprit qui m'anime a
puisésonconseils
Tels'endort avec moy la cervelle
troubliée
Quon trouve sage à son reveil,
Et tel dans certaineassemblée,
Sur table me voyant doublée
Ëp-j quadruplée,
Pour me mieux deviner me
touchant de la main,
Reve à moy jusqu'au lendemain.
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1483
p. 1-11
LETTRE A DEUX Dames paresseuses, par feu Monsieur P....
Début :
Je sçai, Madame, avec quelle austerité vous pratiquez la Regle [...]
Mots clefs :
Fainéantise, Amour, Paresseuse, Paresse, Dames
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A DEUX Dames paresseuses, par feu Monsieur P....
LETTRE A DEXIAT
Dames pareBeuses,parfeu
I - Monsieur P. E sçai, Madame, avec
quelle austerité vous
pratiquez la Regle de vôtre
Bienheureute Paresse;
-& que pour tous les biens
du mondevous ne voudriez
pas violer le voeu de
faineantise que vous avez
fait entre mes mains, aussi
n'est-ce pas pour vous le
faire rompre que je vous
donne la fatigue de lire
celle-ci, mais feulement
pour vous délivrer de
quelques scrupules, dans
lesquels une paresse supersticieuse
comme la vôtre,
pourroit nous faire tomber.
Quoiqu'une bonne paresseuse
Ne connoisse point d'autre bitn
Capable de la rendre heureuse,
éluUee cceelluuiiddeenneefaire rriieenn,
Ellepeuttoutefois étant bien
à sonaise,
Gisant dans une bonne chaise,
Ou la tête sur son Chevet,
Permettre qu'un Galand la
cajoll e & la batJe,
Pourvû que le baiser soit
modejîe & discret,
Etquelecajoleur lui plaisi.
Quoique l'indolence&
la faineantise soient les
principales vertus de vôtre
tranquille profession,
néanmoins en toutesûreté
de paresse vous pouvez
recevoir des Billets doux
avec plaisir,les lire.
attention, les serrer avec
foin, pourvu que vous n'y
répondiez querarement,
Si cen'estlors, quelestile
vous plaît.
Jjhtqyque l'employ soit dfez
doux
Oelffans doutetrop entre.
prendre
Quede donner un ywde'Z;
vous,
Et si chargerencordufonçy
de s'y rendre:
Maissil'occasion vous vient
{ taster le poux
Innocemment s'entend,c'est
sotise entre nous
DeneJepasdonner lapeine
de la prendre.
Car je crois, Mesdames,
que vous sçavez que de
toutes les occasions qui
sont au monde,il n'y a
que celles de l'amour qui
ne sont point chauves, &
que cela futainsi ordonne
par l'amourmêmeenfaveurde
la paresse Ton1
ayeule maternelle, de peur
qu'elle & les siens ne filasent
privez du plaisir de
ces fortes d'occasions, s'il
y avoit tant de peineà les
prendre.
Aller au devant d'un Amant
Contrefaire la langoureuse,
Et minauder à tout moment
Pourparoître plusgratieuse,
C'est un métier assurement
Indigne d'une paresseuse:
Mais resister objljYJérnfnt
Aux douceurs d'une ame
amoureuse,
Et nevouloir passeulement
Consentir qu'on vous rende
heureuse;
Aimer mieux éternellement
Estreseule triste & réveuse,
Que suivre Id, pente joyeu- DDefonproperetempee~rarammeenntt,
Cette njie à mon jugement
E(ltôtoutardbiencnnuyevfe
Et trop penibleajjnrément
Pourunejeune paresseuse.
J'avouë que dans les
statuts de la pure nonchalance
il est expressement
défenduàtoutes celles
qui comme vous veulent
vivre ôc mourir sous
les douces loix d'une rigoureuseparesse,
de quelque
taille,beauté & condition
qu'elles puissent être,
d'avoir jamais dans tout le
cours de leur vie aucun
foin de leur ménage
, artache
pour leurs maris ou
inquiétude pour leurs ensans,
semblablement de
faire en quelque temps
que ce soit des visites de
devoir, de cérémonie ou
de parenté, brefde se mêler
d'autre chose dans le
mode que de ce qui se fera
entre les murailles de leur
chambre;cela n'empêche
pas toutefois qu'une veritable
faineante
,
sans enfreindre
son observance,
ne puisse se servir du privilege
accordé de tout
temps à lamolesse de ion
sexe..
S/. quelqu'un à son gré
vient luyfaire la cour Riennel'oblige alors d'être
fort rigoureuse.
Quand on ne fait rienque
l'amour
On n'jenet'siufofi moins pares-
Voila, Mesdames, les
scrupules qui auroient pû
assurément vous faire de
la peine, étant aussiparesseuses,
aussi jeunes & aussi
saines que vous l'êtes, si
la charité que l'on doit
avoir pour ceux de sa fcde
ne m'avoit fait sortir
de la profonde oysiveté
où je fuis pour accommoder
, suivant laveritable
explication des maximes
,- les plaisirs de vôtre âge
& les devoirs de vôtre
profession.Adieu,je m'endors,
ainsi soit de vous.
Dames pareBeuses,parfeu
I - Monsieur P. E sçai, Madame, avec
quelle austerité vous
pratiquez la Regle de vôtre
Bienheureute Paresse;
-& que pour tous les biens
du mondevous ne voudriez
pas violer le voeu de
faineantise que vous avez
fait entre mes mains, aussi
n'est-ce pas pour vous le
faire rompre que je vous
donne la fatigue de lire
celle-ci, mais feulement
pour vous délivrer de
quelques scrupules, dans
lesquels une paresse supersticieuse
comme la vôtre,
pourroit nous faire tomber.
Quoiqu'une bonne paresseuse
Ne connoisse point d'autre bitn
Capable de la rendre heureuse,
éluUee cceelluuiiddeenneefaire rriieenn,
Ellepeuttoutefois étant bien
à sonaise,
Gisant dans une bonne chaise,
Ou la tête sur son Chevet,
Permettre qu'un Galand la
cajoll e & la batJe,
Pourvû que le baiser soit
modejîe & discret,
Etquelecajoleur lui plaisi.
Quoique l'indolence&
la faineantise soient les
principales vertus de vôtre
tranquille profession,
néanmoins en toutesûreté
de paresse vous pouvez
recevoir des Billets doux
avec plaisir,les lire.
attention, les serrer avec
foin, pourvu que vous n'y
répondiez querarement,
Si cen'estlors, quelestile
vous plaît.
Jjhtqyque l'employ soit dfez
doux
Oelffans doutetrop entre.
prendre
Quede donner un ywde'Z;
vous,
Et si chargerencordufonçy
de s'y rendre:
Maissil'occasion vous vient
{ taster le poux
Innocemment s'entend,c'est
sotise entre nous
DeneJepasdonner lapeine
de la prendre.
Car je crois, Mesdames,
que vous sçavez que de
toutes les occasions qui
sont au monde,il n'y a
que celles de l'amour qui
ne sont point chauves, &
que cela futainsi ordonne
par l'amourmêmeenfaveurde
la paresse Ton1
ayeule maternelle, de peur
qu'elle & les siens ne filasent
privez du plaisir de
ces fortes d'occasions, s'il
y avoit tant de peineà les
prendre.
Aller au devant d'un Amant
Contrefaire la langoureuse,
Et minauder à tout moment
Pourparoître plusgratieuse,
C'est un métier assurement
Indigne d'une paresseuse:
Mais resister objljYJérnfnt
Aux douceurs d'une ame
amoureuse,
Et nevouloir passeulement
Consentir qu'on vous rende
heureuse;
Aimer mieux éternellement
Estreseule triste & réveuse,
Que suivre Id, pente joyeu- DDefonproperetempee~rarammeenntt,
Cette njie à mon jugement
E(ltôtoutardbiencnnuyevfe
Et trop penibleajjnrément
Pourunejeune paresseuse.
J'avouë que dans les
statuts de la pure nonchalance
il est expressement
défenduàtoutes celles
qui comme vous veulent
vivre ôc mourir sous
les douces loix d'une rigoureuseparesse,
de quelque
taille,beauté & condition
qu'elles puissent être,
d'avoir jamais dans tout le
cours de leur vie aucun
foin de leur ménage
, artache
pour leurs maris ou
inquiétude pour leurs ensans,
semblablement de
faire en quelque temps
que ce soit des visites de
devoir, de cérémonie ou
de parenté, brefde se mêler
d'autre chose dans le
mode que de ce qui se fera
entre les murailles de leur
chambre;cela n'empêche
pas toutefois qu'une veritable
faineante
,
sans enfreindre
son observance,
ne puisse se servir du privilege
accordé de tout
temps à lamolesse de ion
sexe..
S/. quelqu'un à son gré
vient luyfaire la cour Riennel'oblige alors d'être
fort rigoureuse.
Quand on ne fait rienque
l'amour
On n'jenet'siufofi moins pares-
Voila, Mesdames, les
scrupules qui auroient pû
assurément vous faire de
la peine, étant aussiparesseuses,
aussi jeunes & aussi
saines que vous l'êtes, si
la charité que l'on doit
avoir pour ceux de sa fcde
ne m'avoit fait sortir
de la profonde oysiveté
où je fuis pour accommoder
, suivant laveritable
explication des maximes
,- les plaisirs de vôtre âge
& les devoirs de vôtre
profession.Adieu,je m'endors,
ainsi soit de vous.
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Résumé : LETTRE A DEUX Dames paresseuses, par feu Monsieur P....
La lettre s'adresse à des dames paresseuses, les rassurant que la lecture de cette missive ne troublera pas leur fainéantise. L'auteur autorise certaines libertés, comme recevoir et lire des billets doux, sans y répondre immédiatement. Il encourage à ne pas éviter les occasions d'amour, car elles sont destinées aux paresseuses. Résister aux avances amoureuses est déconseillé, car cela serait trop pénible. Les véritables fainéantes doivent éviter les préoccupations ménagères ou familiales, mais peuvent se permettre des courtoisies amoureuses sans trahir leur paresse. La lettre se conclut en assurant que les scrupules des destinataires sont levés, leur permettant de jouir des plaisirs de leur âge tout en restant fidèles à leur paresse.
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1484
p. 11-20
LA LIBERTÉ. Cantate nouvelle.
Début :
De l'Or & de l'Argent le charme insurmontable [...]
Mots clefs :
Liberté, Charme, Ardeur, Plaisirs, Désir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA LIBERTÉ. Cantate nouvelle.
LALIBERTE.
Cantate nouvelle.
DEl'Or & de l'Argent le
charme insurmontable
Fait que tout retentit de
leur prix trop vanté:
Mais je pretens chanterun
bien plus estimable,
C'est l'innocente Liberté.
A ce projet tout m'écoute,
Tout s'accorde àmes desirs,
Et pour m'ouvrir une
route
Je vois voler les plaisirs.
0 douce liberté, qui peut
goûter tes charmes,
Ne voir point d'autre objet
digne de son ardeur,
Son coeur n'est point touché
du foin de la grandeur
Il sçait , en l'évitant s'épargner
mille allarmes.
Rien ne peut troubler son
bonheur, Jamaisen disputant un
chimérique honneur
;Un rival préferé ne fit
couler seslarmes.
0 douce liberté, qui peut
goûtertes charmes ,
Ne voit point d'autre objet
digne de son ardeur.
Dansunétattoûjours
tranquile
Il voit, sans se livrer à leurs
indignes fers,
La basse flatterie; & la
crainte servile
Prendresoin d'avilir les
coeurs de l'univers.
Sur la plus terrible des
Mers
Il voit à tout nôtre art la
fortune indocile
Nous presenter ses bords
de naufrages couverts,
Et son indépendance est
comme un sûr azile
Quile met à l'abri des plus
<fam»eux rev-ers. C'estcequ'ennos bois
l'oyseau chante
En fuyant la captivité,
Liberté, liberté.
Sans la liberté qui m'enchante
Un coeurest toûjoursagité.
Est-ce le bien qui nous
contente,
Et vaut-il tous les soins
dont ilest acheté?
Liberté, liberté.
C'est ce qu'en nos bois
l'oyseau chante.
Jusqu'où la liberté portet-
elle ses droits ?
A table qui suit d'autres
loix
Languira dans le plaisir
même,
Quoiqu'on trouve à s'y
trvoêirmune deou,ceur «x-
Un repas n'a rien de charmanc
Quand on s'y contraint
un moment.
Fuyez
,
fuyez tendre eI:J
clavage;
Pour mieux ressentir l'avantage
De se trouver en liberté,
Il fautêtre échapé du funeste
naufrage
Que l'on fait en suivant
une ingrate beauté.
Mais ô present du Ciel,
que même l'innocence
Ne peut nous assûrer dans
la jeune saison!
Toutt'attaque à la fois,
le sçavoir,l'ignorance,
Les moeurs, les préjugez,
les sens &la raison
Tout s'empresse à l'en,vy
de nous donner un
Maître;
Sile faux honneur ne peut
l'être,
Le plaisirsnoussoûmet
morce, -
L'interest avec plus de
force
Asservit nos coeurs pour
jamais.
La liberté qui nous appelle
Ne s'offrepoint sans les
plaisirs:
Mais on n'y peut courir
sans elle
Qu'ilsn'échappent à nos
desirs.
Sous le nom du devoir que
d'égards sur la terre
Nous rendent l'un de l'autre
esclaves malheureux!
L'opinion nous livre une.
éternelle guerre,
Et de tous nos liens c'est
le plus rigoureux.
Que d'écüeils,que de naufrages
Menacent la liberté!
Mais regagnons les rivages
Laissonsgronder les orages,
Dont je me vis agité :
Que les autres rendus sages"
Par ce bien que j'ai chanté
Connoissent les avantages
D'en jouir en fiîreré.
Cantate nouvelle.
DEl'Or & de l'Argent le
charme insurmontable
Fait que tout retentit de
leur prix trop vanté:
Mais je pretens chanterun
bien plus estimable,
C'est l'innocente Liberté.
A ce projet tout m'écoute,
Tout s'accorde àmes desirs,
Et pour m'ouvrir une
route
Je vois voler les plaisirs.
0 douce liberté, qui peut
goûter tes charmes,
Ne voir point d'autre objet
digne de son ardeur,
Son coeur n'est point touché
du foin de la grandeur
Il sçait , en l'évitant s'épargner
mille allarmes.
Rien ne peut troubler son
bonheur, Jamaisen disputant un
chimérique honneur
;Un rival préferé ne fit
couler seslarmes.
0 douce liberté, qui peut
goûtertes charmes ,
Ne voit point d'autre objet
digne de son ardeur.
Dansunétattoûjours
tranquile
Il voit, sans se livrer à leurs
indignes fers,
La basse flatterie; & la
crainte servile
Prendresoin d'avilir les
coeurs de l'univers.
Sur la plus terrible des
Mers
Il voit à tout nôtre art la
fortune indocile
Nous presenter ses bords
de naufrages couverts,
Et son indépendance est
comme un sûr azile
Quile met à l'abri des plus
<fam»eux rev-ers. C'estcequ'ennos bois
l'oyseau chante
En fuyant la captivité,
Liberté, liberté.
Sans la liberté qui m'enchante
Un coeurest toûjoursagité.
Est-ce le bien qui nous
contente,
Et vaut-il tous les soins
dont ilest acheté?
Liberté, liberté.
C'est ce qu'en nos bois
l'oyseau chante.
Jusqu'où la liberté portet-
elle ses droits ?
A table qui suit d'autres
loix
Languira dans le plaisir
même,
Quoiqu'on trouve à s'y
trvoêirmune deou,ceur «x-
Un repas n'a rien de charmanc
Quand on s'y contraint
un moment.
Fuyez
,
fuyez tendre eI:J
clavage;
Pour mieux ressentir l'avantage
De se trouver en liberté,
Il fautêtre échapé du funeste
naufrage
Que l'on fait en suivant
une ingrate beauté.
Mais ô present du Ciel,
que même l'innocence
Ne peut nous assûrer dans
la jeune saison!
Toutt'attaque à la fois,
le sçavoir,l'ignorance,
Les moeurs, les préjugez,
les sens &la raison
Tout s'empresse à l'en,vy
de nous donner un
Maître;
Sile faux honneur ne peut
l'être,
Le plaisirsnoussoûmet
morce, -
L'interest avec plus de
force
Asservit nos coeurs pour
jamais.
La liberté qui nous appelle
Ne s'offrepoint sans les
plaisirs:
Mais on n'y peut courir
sans elle
Qu'ilsn'échappent à nos
desirs.
Sous le nom du devoir que
d'égards sur la terre
Nous rendent l'un de l'autre
esclaves malheureux!
L'opinion nous livre une.
éternelle guerre,
Et de tous nos liens c'est
le plus rigoureux.
Que d'écüeils,que de naufrages
Menacent la liberté!
Mais regagnons les rivages
Laissonsgronder les orages,
Dont je me vis agité :
Que les autres rendus sages"
Par ce bien que j'ai chanté
Connoissent les avantages
D'en jouir en fiîreré.
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Résumé : LA LIBERTÉ. Cantate nouvelle.
La cantate 'LALIBERTE' célèbre la liberté comme un bien supérieur à l'or et à l'argent. L'auteur exalte la liberté, la décrivant comme un état où le cœur est apaisé, loin des soucis de grandeur et des disputes pour des honneurs chimériques. La liberté permet d'éviter la flatterie, la crainte servile et les dangers des mers, offrant un refuge sûr contre les revers. Elle est comparée à un oiseau chantant dans les bois, symbolisant la fuite de la captivité. Sans liberté, le cœur reste agité. La liberté est associée au plaisir et à la tranquillité, contrastant avec les contraintes et les souffrances de l'esclavage. Le texte met en garde contre diverses menaces à la liberté, telles que le savoir, l'ignorance, les mœurs, les préjugés, les sens et la raison, qui peuvent asservir les cœurs. Il critique également les faux honneurs, les plaisirs, l'intérêt et l'opinion, qui rendent les hommes esclaves les uns des autres. Malgré les dangers, l'auteur encourage à regagner les rivages de la liberté et à profiter de ses avantages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1485
p. 20-24
LE PHENIX, Nouvelle Elegie.
Début :
Je ne puis resister à mon ardeur extrême, [...]
Mots clefs :
Phénix, Ardeur, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE PHENIX, Nouvelle Elegie.
LEPHENIX,
Nouvelle Elegie,
E ne puisresisteràmon
ardeur extrême,
Souffrez donc belle Iris,
souffrez queje vous
aime,
Si d'un amant tropvieux
vous méprisez l'ardeur,
Il faut me preparer à mourir
de douleur;
Je mourrai, volontiers, iL
ne m'est pas possible,
Avant quede mourir; de
vous rendre sensible,
Trop heureux! moy, qui
suis un Phenix en
amour,
Si de ma cendre, aussi je
renaissois unjour
Et plus jeune & plus beau,
j'aurois lieu de pretendre
A mon tour, belle Iris
de vous voir le coeur
tendre,
Vous ne me verriez pas
inconstant&leger,
Et je ne fongerois jamais
à vous changer.
Que de douceur pour
vous, de marques de
tendresse;
Que de plaisir, pour moi,
de revoir ma Maîtresse,
Et lui trouver un coeur
tout pleind'un nouveau
feu.
Vous m'en feriez, Iris,
bien-tôt un tendre
aveu,
Je vous appellercis des
deux noms, que suggere
Ce petit Dieu des coeurs,
que partout on revere,
Quelquefois mes soupirs
vous apprendroient
tout bas
Ce qu'en l'âge où je fuis,
je ne vous dirois
pas.
Ah ! que nous menerions
une agreable vie:
Mais mon bonheur helas!
seroit digne d'envie,
Si comblé de plaisirs &
content de mon sort,
A soixante ans passez en
Phenix estant mort,
Une seconde fois je renaissois
encore,
Beau, jeune, & digne
enfin de celle que
j'adore.
Nouvelle Elegie,
E ne puisresisteràmon
ardeur extrême,
Souffrez donc belle Iris,
souffrez queje vous
aime,
Si d'un amant tropvieux
vous méprisez l'ardeur,
Il faut me preparer à mourir
de douleur;
Je mourrai, volontiers, iL
ne m'est pas possible,
Avant quede mourir; de
vous rendre sensible,
Trop heureux! moy, qui
suis un Phenix en
amour,
Si de ma cendre, aussi je
renaissois unjour
Et plus jeune & plus beau,
j'aurois lieu de pretendre
A mon tour, belle Iris
de vous voir le coeur
tendre,
Vous ne me verriez pas
inconstant&leger,
Et je ne fongerois jamais
à vous changer.
Que de douceur pour
vous, de marques de
tendresse;
Que de plaisir, pour moi,
de revoir ma Maîtresse,
Et lui trouver un coeur
tout pleind'un nouveau
feu.
Vous m'en feriez, Iris,
bien-tôt un tendre
aveu,
Je vous appellercis des
deux noms, que suggere
Ce petit Dieu des coeurs,
que partout on revere,
Quelquefois mes soupirs
vous apprendroient
tout bas
Ce qu'en l'âge où je fuis,
je ne vous dirois
pas.
Ah ! que nous menerions
une agreable vie:
Mais mon bonheur helas!
seroit digne d'envie,
Si comblé de plaisirs &
content de mon sort,
A soixante ans passez en
Phenix estant mort,
Une seconde fois je renaissois
encore,
Beau, jeune, & digne
enfin de celle que
j'adore.
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Résumé : LE PHENIX, Nouvelle Elegie.
Dans 'Nouvelle Élégie', le narrateur exprime un amour passionné pour Iris. Il la supplie de l'aimer, malgré son âge avancé, et menace de mourir de douleur si elle ne lui accorde pas son affection. Il se compare à un phénix, espérant renaître plus jeune et plus beau pour conquérir son cœur. Le narrateur promet fidélité et tendresse, imaginant les douceurs et les marques d'affection qu'ils partageraient. Il évoque les soupirs révélant ses sentiments et une vie agréable avec Iris. Cependant, il regrette que son bonheur soit impossible, souhaitant renaître à soixante ans pour être digne de son amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1486
p. 25-39
PIECE NOUVELLE sur un coup d'Hombre extraordinaire. A LA FORTUNE. Reproche.
Début :
Oh parbleu c'en est trop, Fortune, [...]
Mots clefs :
Dieu, Roi, Fortune, Dame, Coeur, Temps, Malheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE sur un coup d'Hombre extraordinaire. A LA FORTUNE. Reproche.
PIECE NOUVELLE
surun coup d'Hombre
extraordinaire.
A LA FORTUNE. roche. [
- OHparbleu c'en est trop,
Fortune,
Tu mepousses trop vive-
',' ment:: Quoy j'essuyrai par tout
ta poursuiteimportune?
Tes caprices surmoy s'exerceant
conftamme^t,
Je souffrirai dans le (île'nce?
Non, non, c'est trop longtemps
me faire violence
)
Je veux de tes rigueursme
plaindre hautement.
Ce nest pas toutefoisquî
un indiscret murmure
Veuille reveler tous tes
>
,
coups:
Non je n'éclaterai dans
mon juste corroux
Que surma derniere avanture.
,
Hier au sortir d'un dînéJ
Poinc prévu, point imaginé,
Et par là même encor plus
agréable,
Oùpar d'excellens mets ôc
du vin delectable
Mon débileestomac se
crut assassiné; ., Des convives joyeux,les
têtesaffoiblies,
Par de bon cafférétablies,
On vint me porter un
cartel
Pour un de cescombats
inconnus à nos peres,
Dont aujourd'huyl'usage
est tel-y .-!
Qu'il opposesouvent,frere
à soeurs soeurs à frere ;
Une reprisefd'Hoimbnreen- Pour sortir de l'allégorie.
J'acceptai le défi, bientôt
le fort malin
Sur mon jeu s'abandonne
avec tant de furie .:
C
Que j'en perdois dix mille
» au quarorzième tour,
De pareils accidens éprouvez
chaque jour,
Depuislong-temps mon
ameest peu surprise,
Jusqu'au vingtième coup
nous poupffornsislaere-.
Jeconcevois alors quelque
espoir de retour.:
Mais troisbêtesconsiderables
Que je vis échapperàmon
pressentiment
M'infpiroientcontre rHo
breun tel ressentiment
Que je donnai lejeu cent
fois à tous les diables.
Ce fut bien-pis au dernier
coup
Il était gros 8c je perdois
beaucoup,
Doubleraison qui rend les
as noirs desirables:
Mais helas ! on a beau,
quand on est en malheur,
D'un voeu secret redoubler
laserveur,
Mêler, pester, jurer, ou se
mettre en priere, -
La seule patience est alors
de faison.
Le Ciel d'un malheureux
adoucit lamisere:
Mais il est sourd avec raison
-
Aux cris d'un Martyr volontaire.
Je reviens au sujet qui cause
ma colere.
J'avois à ma droite un
joueur
Enprojetssérieux,toûjours
plein de bonheur:
Mais je ne fçavois pas que
pour lui sifidelle,
Dame fortune en sa faveur
S'amusât à la bagatelle.
Je réprouvai le tiers, le
jouant en premier,
Fait une bête de trois mille,
Il donne ensuite
; Iris, des
trois la moins habile,
Veut jouer, j'y consens:
mais nôtre heureux
dernier :.
Se fait assez long-temps
attendre,
Hesite;rêve, enfin force
Iris au sans prendre,
Iris lui cede,ilnôme coeur,
Je portois de cette couleur
Manillequatrième par.
Roy, Dame & le
cinq
,
Iris m'en laisse justement,
Cinq, que je prens de si
main même:
Mon port étoit tout fait,
ainsi dans le moment
Je le jette sur ma rentrée.
Mais du talon à peine Iris
l'a séparée
Qu'elle court la reprendre,
ôc veut m'en
laissersix, --
Le tiers, avec raison, dit
que j'ay déja pris
Qu'il nest plus temps,Iris
convient desaméprise,
S'appelle de cent noms,
s'accuse de bêtise
Enfin, après un peu de
bruit
Iris n'en prend que sept des
huity
Et dans lécart met la derllicre,
J'ay déjà dit qu'Iris était
prei-iliere
Elle joüe un bas pique,&
me dit,j'ay le Roy.
J'ouvre ma rentrée &j'y
voy
Untresle, un six decoeur,
qui faisoit le cinquième,
Et Dame de piquetroifié-
,
me;
Je lemploye, elle passe, &
le tiers en pâlit
Alors voyant l'Hombre en
':;'
cheville .<
Je fais à tout du plus petit
Ensuposant qu'Iris avoit
Batte,ouSpadiile
De cette supposition
Avec un peu d'attention
5 La raison à trouver n'est
pas fort difficile,
Et même l'examen n'en est
pas inutile.
Iris qui la premiere avoit
voulu joüer
En ayant perdu l'efpe-
- rance
N'en avoit pris que sept:
or cette circonstance
(J'en appelle aux Joüeurs
qui voudront l'avouer)
Ne laissoit
-
elle pas au
moins quelque apparence
5
Qu'Iris avoit un Matador?
Sur mon bas coeur joiïé,
l'Hombre force du
Ponte,
Iris jette du trefle, & j'en
crois mieux encor
Qu'elle a Spadille,ainsi je
compte,
Baste cinquiéme à l'Hombre
,avec un Roy gardé,
Et l'eclaircissèment n'en
fut pas retardé;
C'étoit le Roy. de trefle,
ille joue,illuy pasle
Il en rejoue encore le six,
Moy je coupe du cinq, &
crois le coup remis,
Je fais à tout du Roy, le
Baste fort de place,
Iris gagne,le tiers fait à
tout du Valet,
J'y mets la Dame
,
& selon
mon souhait
Je me vois quatre mains,
(car aucune avanture
Ne sçauroit m'enlever une
1.
1
Manille fûre)
L'Hombre a déja trois
mains, & tient entre les
doigts
Le quatre ,1 le deux& le
trois,
je jouë un pique,il prend,
fait à tout, Iris gagne,
Je prends de la Manille,
& nous montrons
nos jeux,
L'Hombre étaleson humble
deux,
Moy, le quatre de pique,
&d'une main profane
Iris montre un Roy de
carreau.
Qui me confond, me glac
ce. oui l'aspectd'un
Bourreau
Surprend moins l'innocène,
que la brigue
condamne,
Que je ne fus frappé d'un
malheur si nouveau: Spadille quelquefois se
trouve la treizième,
Mais peut-on dutalon détacher
la huitième?
Non ce bizarre coup pour
moy seul reservé
N'étoit point encore arrivé,
De la faute d'Iris, complice
trop certaine,
Fortune pour toûjours fois
fûre de ma haine;
C'est trop long
- temps
exercer contre moy
Des rigueurs que mon
coeur supporteroit à
peine
D'un Dieu plus aveugle
que toy.
surun coup d'Hombre
extraordinaire.
A LA FORTUNE. roche. [
- OHparbleu c'en est trop,
Fortune,
Tu mepousses trop vive-
',' ment:: Quoy j'essuyrai par tout
ta poursuiteimportune?
Tes caprices surmoy s'exerceant
conftamme^t,
Je souffrirai dans le (île'nce?
Non, non, c'est trop longtemps
me faire violence
)
Je veux de tes rigueursme
plaindre hautement.
Ce nest pas toutefoisquî
un indiscret murmure
Veuille reveler tous tes
>
,
coups:
Non je n'éclaterai dans
mon juste corroux
Que surma derniere avanture.
,
Hier au sortir d'un dînéJ
Poinc prévu, point imaginé,
Et par là même encor plus
agréable,
Oùpar d'excellens mets ôc
du vin delectable
Mon débileestomac se
crut assassiné; ., Des convives joyeux,les
têtesaffoiblies,
Par de bon cafférétablies,
On vint me porter un
cartel
Pour un de cescombats
inconnus à nos peres,
Dont aujourd'huyl'usage
est tel-y .-!
Qu'il opposesouvent,frere
à soeurs soeurs à frere ;
Une reprisefd'Hoimbnreen- Pour sortir de l'allégorie.
J'acceptai le défi, bientôt
le fort malin
Sur mon jeu s'abandonne
avec tant de furie .:
C
Que j'en perdois dix mille
» au quarorzième tour,
De pareils accidens éprouvez
chaque jour,
Depuislong-temps mon
ameest peu surprise,
Jusqu'au vingtième coup
nous poupffornsislaere-.
Jeconcevois alors quelque
espoir de retour.:
Mais troisbêtesconsiderables
Que je vis échapperàmon
pressentiment
M'infpiroientcontre rHo
breun tel ressentiment
Que je donnai lejeu cent
fois à tous les diables.
Ce fut bien-pis au dernier
coup
Il était gros 8c je perdois
beaucoup,
Doubleraison qui rend les
as noirs desirables:
Mais helas ! on a beau,
quand on est en malheur,
D'un voeu secret redoubler
laserveur,
Mêler, pester, jurer, ou se
mettre en priere, -
La seule patience est alors
de faison.
Le Ciel d'un malheureux
adoucit lamisere:
Mais il est sourd avec raison
-
Aux cris d'un Martyr volontaire.
Je reviens au sujet qui cause
ma colere.
J'avois à ma droite un
joueur
Enprojetssérieux,toûjours
plein de bonheur:
Mais je ne fçavois pas que
pour lui sifidelle,
Dame fortune en sa faveur
S'amusât à la bagatelle.
Je réprouvai le tiers, le
jouant en premier,
Fait une bête de trois mille,
Il donne ensuite
; Iris, des
trois la moins habile,
Veut jouer, j'y consens:
mais nôtre heureux
dernier :.
Se fait assez long-temps
attendre,
Hesite;rêve, enfin force
Iris au sans prendre,
Iris lui cede,ilnôme coeur,
Je portois de cette couleur
Manillequatrième par.
Roy, Dame & le
cinq
,
Iris m'en laisse justement,
Cinq, que je prens de si
main même:
Mon port étoit tout fait,
ainsi dans le moment
Je le jette sur ma rentrée.
Mais du talon à peine Iris
l'a séparée
Qu'elle court la reprendre,
ôc veut m'en
laissersix, --
Le tiers, avec raison, dit
que j'ay déja pris
Qu'il nest plus temps,Iris
convient desaméprise,
S'appelle de cent noms,
s'accuse de bêtise
Enfin, après un peu de
bruit
Iris n'en prend que sept des
huity
Et dans lécart met la derllicre,
J'ay déjà dit qu'Iris était
prei-iliere
Elle joüe un bas pique,&
me dit,j'ay le Roy.
J'ouvre ma rentrée &j'y
voy
Untresle, un six decoeur,
qui faisoit le cinquième,
Et Dame de piquetroifié-
,
me;
Je lemploye, elle passe, &
le tiers en pâlit
Alors voyant l'Hombre en
':;'
cheville .<
Je fais à tout du plus petit
Ensuposant qu'Iris avoit
Batte,ouSpadiile
De cette supposition
Avec un peu d'attention
5 La raison à trouver n'est
pas fort difficile,
Et même l'examen n'en est
pas inutile.
Iris qui la premiere avoit
voulu joüer
En ayant perdu l'efpe-
- rance
N'en avoit pris que sept:
or cette circonstance
(J'en appelle aux Joüeurs
qui voudront l'avouer)
Ne laissoit
-
elle pas au
moins quelque apparence
5
Qu'Iris avoit un Matador?
Sur mon bas coeur joiïé,
l'Hombre force du
Ponte,
Iris jette du trefle, & j'en
crois mieux encor
Qu'elle a Spadille,ainsi je
compte,
Baste cinquiéme à l'Hombre
,avec un Roy gardé,
Et l'eclaircissèment n'en
fut pas retardé;
C'étoit le Roy. de trefle,
ille joue,illuy pasle
Il en rejoue encore le six,
Moy je coupe du cinq, &
crois le coup remis,
Je fais à tout du Roy, le
Baste fort de place,
Iris gagne,le tiers fait à
tout du Valet,
J'y mets la Dame
,
& selon
mon souhait
Je me vois quatre mains,
(car aucune avanture
Ne sçauroit m'enlever une
1.
1
Manille fûre)
L'Hombre a déja trois
mains, & tient entre les
doigts
Le quatre ,1 le deux& le
trois,
je jouë un pique,il prend,
fait à tout, Iris gagne,
Je prends de la Manille,
& nous montrons
nos jeux,
L'Hombre étaleson humble
deux,
Moy, le quatre de pique,
&d'une main profane
Iris montre un Roy de
carreau.
Qui me confond, me glac
ce. oui l'aspectd'un
Bourreau
Surprend moins l'innocène,
que la brigue
condamne,
Que je ne fus frappé d'un
malheur si nouveau: Spadille quelquefois se
trouve la treizième,
Mais peut-on dutalon détacher
la huitième?
Non ce bizarre coup pour
moy seul reservé
N'étoit point encore arrivé,
De la faute d'Iris, complice
trop certaine,
Fortune pour toûjours fois
fûre de ma haine;
C'est trop long
- temps
exercer contre moy
Des rigueurs que mon
coeur supporteroit à
peine
D'un Dieu plus aveugle
que toy.
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Résumé : PIECE NOUVELLE sur un coup d'Hombre extraordinaire. A LA FORTUNE. Reproche.
Le texte relate une séquence de jeu où le narrateur exprime sa frustration face à la Fortune. Après un dîner agréable, il reçoit un cartel l'invitant à un duel, mais il s'avère que ce défi concerne une partie de jeu. Le narrateur perd une somme importante, ce qui le plonge dans le désarroi face à cette série de malchances. Lors d'une autre partie, il est trompé par une joueuse nommée Iris, qui manipule les cartes pour gagner. Malgré ses efforts pour anticiper les mouvements de ses adversaires, le narrateur finit par perdre de manière inattendue. Il découvre qu'Iris possédait un roi de carreau, ce qui le laisse stupéfait et furieux. Il accuse la Fortune de partialité et décide de se plaindre hautement de ses rigueurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1487
p. 40-51
A MADAME DE.. pour Dodo sa Doguine.
Début :
Cette chere Dodo, cette aimable Doguine, [...]
Mots clefs :
Doguine, Amour, Yeux, Dieu, Beauté, Déguisement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME DE.. pour Dodo sa Doguine.
pourDodosaDoguine.
CEtte chereDodo, cette
aimable Doguine,
L'objet de vos plus doux
transports,
N'est point, Iris, une machine,
-
Comme Descartesl'ima-
, gine,
JO Dont l'instinct: feulement
fait mouvoir les
ressorts
;
EcouEcoutez
un récit fidele
De , tout ce que mes yeux -ont vu,., Un tel fpeftacle eut confondu
Le Philosophe & sa fe-
,
quelle;
En vôtre absence ce matin
Je faisois à Dodo mille &
mille caresses)
Et passant sur sa tête une
flatteuse main,
Je joignois ce discours à
toutes mes tendresses
: Dodo, que vôtre xort est
doux !
Le plus charmant objet
qui soit dans la narure,
Iris, pour qui nous brûlons
tous
D'une ardeur si tendre &
-.
-
si pure,
Iris n'a d'amour que pour
- vous
Vous plaisez à ses yeux, : vousla voyez sans
; cesse,
Et sans redouter son courroux
Vous luy marquez vô tre
tendresse
Quel mortelSe qu, el Dieu
n'en feroit point jaloux?
Ha! si ce Jupiter que nous
vante la Fable,
Estoit un immortel & le
Maître des Dieux
Il seroit sdescendu des cieux
Pour jouïr dundestin femblable,
Ce puissant Dieu de l'univers
, Qui souvent pour quelques
mortelles
Prit tant de changemens
divers,
Se fût fait Doguine pour
elle;
Qu'il eut vécu content
dans de si, beaux liens,
Mais sans rationnement le
.,. Ciel vous a fair naître,
Et vousaprodigué des
biens*'•
• Que vous ne pouvez pas * connoîtrej
En prononçantcesmots
je demeurai surpris
D'une metamorphose étrange
Qui me coupa ;i voix coupalavoix ôc
troubla mes esprits,,
Dodo s'enfle, s'éleve & sa
figure change;
Un éclat merveilleux brille
, ,. detoutesparts,
Dodo n'est plus une doguine,
Elle paroît à mes regards
Sous les charmans appas
d'une beauté divine.
Arrête, me dit-elle, & connois
mon pouvoir,
Je fuis Fée, & l'on sçait
quelles sont nos merveilles
,
On sçait par tout que mes
pareilles,
Sous des déguisemens fouvent
selaissent voir:
Jepréside aux appas, c'est
mon foin ordinaire
De dispenser le don de
plaire:
Heureuxàqui je le dépars.
C'et! moy qui fçut rendre
si belles
Les S*** ôc lesV**
Qui de , tous les humains
enchantent les regards,
Parmi les beaux objets en
qui de ma puiilànce
Brillent les merveilleux effets,
Iris est un des plus parfaits,
Je fus presente à sa naifsance,
,., Ma main prit foin de luy
former
Tous les traits d'un charmant
visage,
Esprit
,
douceur5 prefenr
qu'on doit pluseltimer:
Enfin elle reçût un parfait
assemblage ,.;
-
o
De tout ce qui peutfaire
aImer; ¡. r:c
Ah! si le Ciel avoit fecondé
mon ouvrage
Il l'auroit élevéeauxsupr
mes grandeurs:
Mais l'Amour qui la fuit
repare cet outrage
Par l'empire de tous les
coeurs. i. Avec elle toujoursj'ai priy
plaisir à vivre,
Yj paffe mes plus doux
Inomens, Et fous divers!déguifç--
mens
Je fuis empressëe à la fuivre.
Lorsque dans la retraite
ellealla s'enfermer,
D'y marcher sur fcs pas
je me crus trop heureuse,.
Est-il quelque demeure
affreuse
Qu'elle ne puisse faire ai-
; mer?
J'y goutois àla voir mille
douceurs secretes,
Avec un amusant caquet
Je pris pourréjpiiir de
eau
::
xaufeufes nonnettes
,La figure d'un perroquet.,,
Aujourd'huy tu me vois
paroître
Sous un nouveau dcguife.-
ment,
Et ce n'est qu'à toy feulement
Que je puis me fairecon-
, noître.
A ces mots elle entend du
bruit,
On vient, dit-elle,un jour
tu pourras être in.-
struit v
Du bonheur queje luy
destine
;
Je rentre dans ma peau,
c'ellun arrest des
Cieux,
Je puis être Fée à tes yeux,
Pour toute autre je suis
doguine.
Voila quel est son fort, voi-
-1
-la charmante Iris,
D'où naissent ces appas
dont nous sommes
épris;
En vous voyant briller de
cent beautez parfaites,
Je me doutois toûjours de
quelque enchantement.
On nest point naturelle.
ment
Au/fi charmante que vous
l1l>'Aêtes.
CEtte chereDodo, cette
aimable Doguine,
L'objet de vos plus doux
transports,
N'est point, Iris, une machine,
-
Comme Descartesl'ima-
, gine,
JO Dont l'instinct: feulement
fait mouvoir les
ressorts
;
EcouEcoutez
un récit fidele
De , tout ce que mes yeux -ont vu,., Un tel fpeftacle eut confondu
Le Philosophe & sa fe-
,
quelle;
En vôtre absence ce matin
Je faisois à Dodo mille &
mille caresses)
Et passant sur sa tête une
flatteuse main,
Je joignois ce discours à
toutes mes tendresses
: Dodo, que vôtre xort est
doux !
Le plus charmant objet
qui soit dans la narure,
Iris, pour qui nous brûlons
tous
D'une ardeur si tendre &
-.
-
si pure,
Iris n'a d'amour que pour
- vous
Vous plaisez à ses yeux, : vousla voyez sans
; cesse,
Et sans redouter son courroux
Vous luy marquez vô tre
tendresse
Quel mortelSe qu, el Dieu
n'en feroit point jaloux?
Ha! si ce Jupiter que nous
vante la Fable,
Estoit un immortel & le
Maître des Dieux
Il seroit sdescendu des cieux
Pour jouïr dundestin femblable,
Ce puissant Dieu de l'univers
, Qui souvent pour quelques
mortelles
Prit tant de changemens
divers,
Se fût fait Doguine pour
elle;
Qu'il eut vécu content
dans de si, beaux liens,
Mais sans rationnement le
.,. Ciel vous a fair naître,
Et vousaprodigué des
biens*'•
• Que vous ne pouvez pas * connoîtrej
En prononçantcesmots
je demeurai surpris
D'une metamorphose étrange
Qui me coupa ;i voix coupalavoix ôc
troubla mes esprits,,
Dodo s'enfle, s'éleve & sa
figure change;
Un éclat merveilleux brille
, ,. detoutesparts,
Dodo n'est plus une doguine,
Elle paroît à mes regards
Sous les charmans appas
d'une beauté divine.
Arrête, me dit-elle, & connois
mon pouvoir,
Je fuis Fée, & l'on sçait
quelles sont nos merveilles
,
On sçait par tout que mes
pareilles,
Sous des déguisemens fouvent
selaissent voir:
Jepréside aux appas, c'est
mon foin ordinaire
De dispenser le don de
plaire:
Heureuxàqui je le dépars.
C'et! moy qui fçut rendre
si belles
Les S*** ôc lesV**
Qui de , tous les humains
enchantent les regards,
Parmi les beaux objets en
qui de ma puiilànce
Brillent les merveilleux effets,
Iris est un des plus parfaits,
Je fus presente à sa naifsance,
,., Ma main prit foin de luy
former
Tous les traits d'un charmant
visage,
Esprit
,
douceur5 prefenr
qu'on doit pluseltimer:
Enfin elle reçût un parfait
assemblage ,.;
-
o
De tout ce qui peutfaire
aImer; ¡. r:c
Ah! si le Ciel avoit fecondé
mon ouvrage
Il l'auroit élevéeauxsupr
mes grandeurs:
Mais l'Amour qui la fuit
repare cet outrage
Par l'empire de tous les
coeurs. i. Avec elle toujoursj'ai priy
plaisir à vivre,
Yj paffe mes plus doux
Inomens, Et fous divers!déguifç--
mens
Je fuis empressëe à la fuivre.
Lorsque dans la retraite
ellealla s'enfermer,
D'y marcher sur fcs pas
je me crus trop heureuse,.
Est-il quelque demeure
affreuse
Qu'elle ne puisse faire ai-
; mer?
J'y goutois àla voir mille
douceurs secretes,
Avec un amusant caquet
Je pris pourréjpiiir de
eau
::
xaufeufes nonnettes
,La figure d'un perroquet.,,
Aujourd'huy tu me vois
paroître
Sous un nouveau dcguife.-
ment,
Et ce n'est qu'à toy feulement
Que je puis me fairecon-
, noître.
A ces mots elle entend du
bruit,
On vient, dit-elle,un jour
tu pourras être in.-
struit v
Du bonheur queje luy
destine
;
Je rentre dans ma peau,
c'ellun arrest des
Cieux,
Je puis être Fée à tes yeux,
Pour toute autre je suis
doguine.
Voila quel est son fort, voi-
-1
-la charmante Iris,
D'où naissent ces appas
dont nous sommes
épris;
En vous voyant briller de
cent beautez parfaites,
Je me doutois toûjours de
quelque enchantement.
On nest point naturelle.
ment
Au/fi charmante que vous
l1l>'Aêtes.
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Résumé : A MADAME DE.. pour Dodo sa Doguine.
Le texte est une lettre poétique adressée à Iris, relatant une transformation magique. Le narrateur, en caressant sa chienne Dodosa, exprime son admiration pour Iris, dont Dodosa est amoureuse. Soudain, Dodosa se transforme en une fée divine, présidant aux charmes. Elle révèle avoir donné à Iris ses traits parfaits et avoue passer du temps avec elle sous divers déguisements, y compris celui d'un perroquet. À l'approche de quelqu'un, la fée doit partir, promettant de révéler un jour le bonheur destiné à Iris. Elle reprend alors son apparence de chienne, confirmant qu'elle n'est une fée que pour le narrateur. Le texte se conclut par l'admiration du narrateur pour les charmes surnaturels d'Iris.
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1488
p. 51-52
CHANSON NOUVELLE.
Début :
L'aveugle Enfant pour exercer sa rage [...]
Mots clefs :
Aveugle, Enfant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE.
CHANSON NOVVELLE.
L'Aveugle
Enfant
pour exercer sarage
Un jour lança mille
traits dans mon fein:
Ah!sij'en meurs, Filis,
cest vôtre ouvrage; Car japperçus qu'avec
un ris malin
Du pelir Dieu vous
conduisiez la
main. ,
Réponflfúr les mimes
Rimm.
L'aveugle Enfant n'exerce
point [a rage
En vous lançant mille
traits dans: le sein,
Si vous mourrez,Tirsis,
c'est vôtre ouvrage ;
Car contre moy du petit
Dieu malin
Sans y penser je conduifois
la main.
L'Aveugle
Enfant
pour exercer sarage
Un jour lança mille
traits dans mon fein:
Ah!sij'en meurs, Filis,
cest vôtre ouvrage; Car japperçus qu'avec
un ris malin
Du pelir Dieu vous
conduisiez la
main. ,
Réponflfúr les mimes
Rimm.
L'aveugle Enfant n'exerce
point [a rage
En vous lançant mille
traits dans: le sein,
Si vous mourrez,Tirsis,
c'est vôtre ouvrage ;
Car contre moy du petit
Dieu malin
Sans y penser je conduifois
la main.
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1489
p. 53-59
STANCES.
Début :
Bannissez la melancolie [...]
Mots clefs :
Amants, Regrets, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
BAnniffez la melancolie
Ou vôtre ame est ensevelie,
Donnez, mon cher Daphnls)
un terme a vos
douleurs)
Vos [oupirs) vos regrets,
vos plaintes& vos
larges
Ne ranimeront^oint les
charmes
De l'adorable objet qui
fait couler mes
pleurs.
Envain dans sa douleur
extreme
Un amant, s'oubliant roymême,
A des resteséteints s'immole
tous-les jours;
Nôs feuxne percent point
jusques en ces lieux
sombres
Destinez , au séjour des
ombres.
Le moment du rrépas en
limite le cours.
Les biens dont l'Amour
nous couronne
Ressemblent aux fleurs
dont l'Auronne,
Au forcir de l'été vient paj
rer nos jardins,
Par les fiers Aquillons de
.: leur tige arrachées,
On les voie tristement
couchées,
Terminer en naissant leurs
fragiles destins.
Son Empire inconstant
muable. ,
N'eut jamais de bonheur
durable,
Toujours quelques hivers
entroublent les Printem
ps.
Posseder seus un coeur
égal, tendre,sincere,
Quines'occupoic qu'à
vous plaire,
Vous étiez trop heureux
pour l'être plus longtemps.
Ah! dans l'ennuy qui vous
devore,
Au moins ce bien vous
reste encore,
Que vous fûtes aimé jufquau
dernier moment,
Et vôtre peine,helas!peutêtre
eit moins cruelle
Que la peine d'un coeur
fidelle,
Qui Se voit immoler aux
voeux d'un autre
Amant.
Cent rares vertus embellirent
Celle à qui les destins
commirent
D'unir des mêmes noeuds
vôtre coeur & le sien;
Je sçai qu'elle ne fut legere
ni volage:
Mais enfin l'amant le plus
rage,
Croyez-moy,c'estl'amant
qui ne compte sur
rien,
Ces temps où regnoient
l'innocence,
\- La fidélité, l'inconstance.
Inutiles regrets! que fontils
devenus?
Les noeuds les plus facrezy
les sermens, les promesses
Sont de vaines delicatesses,
Dont même en nos hameaux
on ne [e pique -
plus.
Guerissez.
- vous, s'il est
possible,
Du malheur d'être trop
sensible,
Que vos maux, cher
Daphnis, puissent
bien-tôt finir.
Rappellez l'heureux tems
de vôtre indifference,
Et sage par experience,
Bannissez de l'amour juc.
ques au souvenir.
BAnniffez la melancolie
Ou vôtre ame est ensevelie,
Donnez, mon cher Daphnls)
un terme a vos
douleurs)
Vos [oupirs) vos regrets,
vos plaintes& vos
larges
Ne ranimeront^oint les
charmes
De l'adorable objet qui
fait couler mes
pleurs.
Envain dans sa douleur
extreme
Un amant, s'oubliant roymême,
A des resteséteints s'immole
tous-les jours;
Nôs feuxne percent point
jusques en ces lieux
sombres
Destinez , au séjour des
ombres.
Le moment du rrépas en
limite le cours.
Les biens dont l'Amour
nous couronne
Ressemblent aux fleurs
dont l'Auronne,
Au forcir de l'été vient paj
rer nos jardins,
Par les fiers Aquillons de
.: leur tige arrachées,
On les voie tristement
couchées,
Terminer en naissant leurs
fragiles destins.
Son Empire inconstant
muable. ,
N'eut jamais de bonheur
durable,
Toujours quelques hivers
entroublent les Printem
ps.
Posseder seus un coeur
égal, tendre,sincere,
Quines'occupoic qu'à
vous plaire,
Vous étiez trop heureux
pour l'être plus longtemps.
Ah! dans l'ennuy qui vous
devore,
Au moins ce bien vous
reste encore,
Que vous fûtes aimé jufquau
dernier moment,
Et vôtre peine,helas!peutêtre
eit moins cruelle
Que la peine d'un coeur
fidelle,
Qui Se voit immoler aux
voeux d'un autre
Amant.
Cent rares vertus embellirent
Celle à qui les destins
commirent
D'unir des mêmes noeuds
vôtre coeur & le sien;
Je sçai qu'elle ne fut legere
ni volage:
Mais enfin l'amant le plus
rage,
Croyez-moy,c'estl'amant
qui ne compte sur
rien,
Ces temps où regnoient
l'innocence,
\- La fidélité, l'inconstance.
Inutiles regrets! que fontils
devenus?
Les noeuds les plus facrezy
les sermens, les promesses
Sont de vaines delicatesses,
Dont même en nos hameaux
on ne [e pique -
plus.
Guerissez.
- vous, s'il est
possible,
Du malheur d'être trop
sensible,
Que vos maux, cher
Daphnis, puissent
bien-tôt finir.
Rappellez l'heureux tems
de vôtre indifference,
Et sage par experience,
Bannissez de l'amour juc.
ques au souvenir.
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Résumé : STANCES.
Le texte est une série de stances poétiques adressées à Daphnis, l'encourageant à surmonter sa mélancolie et ses douleurs. Le poète lui conseille de ne pas raviver les souvenirs de son amour perdu, car cela prolongerait sa souffrance. Il compare les biens de l'amour à des fleurs éphémères qui se fanent rapidement, soulignant l'inconstance de l'amour et la fragilité des moments heureux, souvent troublés par des périodes de tristesse. Le poète rappelle à Daphnis qu'il a été aimé jusqu'au dernier moment et que sa peine pourrait être moins cruelle que celle d'un cœur fidèle trahi. Il met en avant les vertus de l'être aimé tout en reconnaissant l'inévitable inconstance des sentiments. Le poète conclut en encourageant Daphnis à guérir de sa sensibilité excessive et à bannir les souvenirs de l'amour pour retrouver une indifférence heureuse.
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1490
p. 60
CHANSON NOUVELLE, Sur l'air de JOCONDE.
Début :
Mil sept cent neuf, mis sept cent dix, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE, Sur l'air de JOCONDE.
CHANSON
NOUVELLE,
Sur l'air de
-
JOCONDE.
MIl sept cent neuf, mil
septcent dix,
Le coeur plein de foiblesse,
A ma Catin, à ma Philis
J'exprimois ma tendresse.
Adieu Philis, adieu Catin,
Pendant mil sept cent onze
Nous allons avoir de bon
vin
J'auray le coeur de bronze.
NOUVELLE,
Sur l'air de
-
JOCONDE.
MIl sept cent neuf, mil
septcent dix,
Le coeur plein de foiblesse,
A ma Catin, à ma Philis
J'exprimois ma tendresse.
Adieu Philis, adieu Catin,
Pendant mil sept cent onze
Nous allons avoir de bon
vin
J'auray le coeur de bronze.
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1491
p. 23-27
LE CHOCOLAT. Sur l'Air de Joconde.
Début :
Le vin est pour le tiers estat, [...]
Mots clefs :
Chocolat, Cacao, Friandise, Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CHOCOLAT. Sur l'Air de Joconde.
LE CHOCOLAT.
Surl'Air de Joconde.
Le vin eji pour le tiers
estal,
Il deroge a nublejje,
La lry ne permet quau
piedplat,
Les risques de lyvrejfe.
Faisons mousser le Cho- colat,
Qu'on m'en donne une
prise,
C'estfriandise de Prélat,
Et lll/OY l'authorise.
Modeste friandise eut lieu
Dès le temps de Moisè)
Il
Il permit au peuple de
Dieu
modeste,friandise.
UnJuïjau palais dehcat
j\deprija?:i tout lereste,
Voulut le goust de Chocolat
, D;i::s la maneceleste.
Uun defin travailrebuté
Parlujseulyresiste,
A .,,,':utre de l'oisiveté
j'Irend l'ennuy moin,s
triste.
T)ar luy le diner évite,
Grandsouper autorisé.,
Lunenprendparsobriété
L'autrepargourmandise.
Far le Chocolat répété,
L3afélit se deroute
Son eloge aujjî, trop
CltlnteJ,
Deycutcron sans doute.
Chers Jrïanîs encore un
couplet3
PaJJeZj le moy degrace ,
Aioy d'unCiccolat à
Jouiait,
Je vous fajje une tasse.
Il donne ou guerit les
vapeurs , Selon qu'on le compose , Vous Medecins ouDirecteurs
Sçache^en-b, ien la doze.
Vousyferezpour le repos,
Desjemmesou desfilles
, Dominer les froids Cacaos,
On leschaudes Vanilles.
Surl'Air de Joconde.
Le vin eji pour le tiers
estal,
Il deroge a nublejje,
La lry ne permet quau
piedplat,
Les risques de lyvrejfe.
Faisons mousser le Cho- colat,
Qu'on m'en donne une
prise,
C'estfriandise de Prélat,
Et lll/OY l'authorise.
Modeste friandise eut lieu
Dès le temps de Moisè)
Il
Il permit au peuple de
Dieu
modeste,friandise.
UnJuïjau palais dehcat
j\deprija?:i tout lereste,
Voulut le goust de Chocolat
, D;i::s la maneceleste.
Uun defin travailrebuté
Parlujseulyresiste,
A .,,,':utre de l'oisiveté
j'Irend l'ennuy moin,s
triste.
T)ar luy le diner évite,
Grandsouper autorisé.,
Lunenprendparsobriété
L'autrepargourmandise.
Far le Chocolat répété,
L3afélit se deroute
Son eloge aujjî, trop
CltlnteJ,
Deycutcron sans doute.
Chers Jrïanîs encore un
couplet3
PaJJeZj le moy degrace ,
Aioy d'unCiccolat à
Jouiait,
Je vous fajje une tasse.
Il donne ou guerit les
vapeurs , Selon qu'on le compose , Vous Medecins ouDirecteurs
Sçache^en-b, ien la doze.
Vousyferezpour le repos,
Desjemmesou desfilles
, Dominer les froids Cacaos,
On leschaudes Vanilles.
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Résumé : LE CHOCOLAT. Sur l'Air de Joconde.
Le texte 'Le Chocolat' met en avant les vertus et les usages du chocolat à travers des vers. Il compare le chocolat au vin, notant que ce dernier est plus réglementé. Le chocolat, autorisé même par l'Église, est une friandise appréciée depuis les temps bibliques et accessible à tous, indépendamment du statut social. Il est présenté comme un remède contre l'ennui et l'oisiveté, et recommandé pour éviter les excès alimentaires. Cependant, une consommation excessive est déconseillée. Le texte se termine par un conseil aux lecteurs de profiter des bienfaits du chocolat, qui peut guérir ou provoquer des 'vapeurs' selon sa composition. Il suggère aux médecins et directeurs de bien doser le chocolat pour assurer le repos des jeunes, en combinant les effets des cacao froids et des vanilles chaudes.
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1492
p. 77
RÉPONSE, par Monsieur de B..
Début :
De tout temps des fols ou des sots [...]
Mots clefs :
Désirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE, par Monsieur de B..
REPONSE,
par Monsieur de B..
De tout temps des fols
ou des sots
Lessouhaits furent l'a-
Pana,!!',
Et les desirs fontles desauts
De l'homme d'esprit (f)
dt4faqe.
par Monsieur de B..
De tout temps des fols
ou des sots
Lessouhaits furent l'a-
Pana,!!',
Et les desirs fontles desauts
De l'homme d'esprit (f)
dt4faqe.
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1493
p. 78-79
AUTRE RÉPONSE, Par Dom Gourmand.
Début :
Il entre plus d'esperance dans les desirs que dans les souhaits. [...]
Mots clefs :
Désirs, Souhaits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE RÉPONSE, Par Dom Gourmand.
AUTREREPONSE,
Par Dom Gourmand.
Il entre plus d'esperance
dans les desirs que dans
lessouhaits.
Sansespoir on souhaitte un
Royaume, un Empire,
On espere manger un Me.,.
Ion qti"on desire.
Par Dom Gourmand.
Il entre plus d'esperance
dans les desirs que dans
lessouhaits.
Sansespoir on souhaitte un
Royaume, un Empire,
On espere manger un Me.,.
Ion qti"on desire.
Fermer
1494
p. 80
RÉPONSE, Par Hortentius.
Début :
Le malade tout haut desire de guérir, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE, Par Hortentius.
R E'P ON SE,
Par Hortentius.
Le malade tout haut desire
de guérir,
Et souhaitte tout bas de ne
jamaismourir.
REPONSE.
Par Hortentius.
Le malade tout haut desire
de guérir,
Et souhaitte tout bas de ne
jamaismourir.
REPONSE.
Fermer
1495
p. 80
RÉPONSE.
Début :
L'homme desire à tout moment, [...]
Mots clefs :
Souhaits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE.
REPONSE.
L'homme desire à tout moment,
Il fouhaitte plus rarement ;
Ctest l'esprit qui souhaitte,
C91 le coeur qui desire,
Les desirssontsouffrir, &
les souhaits font rire.
L'homme desire à tout moment,
Il fouhaitte plus rarement ;
Ctest l'esprit qui souhaitte,
C91 le coeur qui desire,
Les desirssontsouffrir, &
les souhaits font rire.
Fermer
1496
p. 83-91
RÉPONSE, par ***
Début :
Les meilleurs Autheurs confondent ces deux mots. Les hommes desirent [...]
Mots clefs :
Désirs, Souhaits, Amants, Aimer, Différence, Amour et haine, Ivrogne, Raison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE, par ***
RE'P ONSE,
} par
Les meilleurs Autheurs
confondent ces deux
mots. Les hommes défirent
tant. de choses, qu'il
n'y a presque plus de difserence
entre souhaiter
& desirer.
Vous qui calmie^la vio-
*
lence
De nos desirs impétueux,
Et qui ne pei-rnettiezaux
mortels trop heureux
Que des simples souhaits l'oi-
Jive experience,
O puissante raison,vertueuse
innocence!
Nous quittevous donc
pourJamais ?
Venezôter le voile épais
D'une tropfuneste ignorance
On ne sçait plusladifference
Desviolents desirs aux tranquilles
fou/Jatls.
Il y aune difference entre
une i.unncite femme
& une coquette, que
l'une desire d'être aimée,
& l'autre le souhaite.
Messieurs les diseurs de bons
mots
Par un injusteusage
Confondenttrés mal à propos
La coquette & la fage.
Distinguonséquitablement
Lasage& la coquette;
Celle-ci desire un Amant,
Etl'autre le souhaite.
Un homme qui voit une
jolie femme aux tuilleries
desirede la voir chez elle,
&souhaite qu'elle [çiche
qu'il elt amoureux d'elle;
quand il l'avûechezelle,il
desire luy declarer son amour,&
souhaite d'en être
aimé,quãdillui a declaré
son amour, il desire d'en
être aimé, & souhaited'être
encore plus heureux.
La difference entre
souhaiter ôc desirer est
sensible dans un Héros
de roman;sa passion lui
fait souhaiter ce que sa
ddeliecatesssierl'eemprê.chede foj
Souhaiter ,ceûj rapj
procher par l'imagination
des plaisirsdont les
causes sont éloignées;
c'est se rendre presens les
plaisirspossibles:desirer,
c'est chasserparla convoitise
des plaisirs possibles;
la joüissance des
plaisirs presens.
Le
sage
parfait, s'il
étoit possible,souhaiteroit
toujours, & ne defireroit
jamais. Souhaiter,
c'est proprement faire des
Châteaux en Espagne
,
&
je ne crois pas qu'on se
soit jamais avisé de regretter
le tempsqu'on y
a employé.
Lestranquiles fàuhaitsJOrn
Châteaux en Sjpagne
Que j'ai grand plaisir à
bâtir,
Mon esprit me transporte au
pays de Cocagne,
Et j'y possede tout dans un
heureux loisir:
Ah qu'il me rend un bonofsice!
Mais les impetueux desirs
En renversant mon edifice,
Vinnent m'ôter tous mes
plaisirs.
Si
:•] Si l'on
-
peutsouhaiter
sans desirer, on peut aimer
& n'aimer pas en
même temps. Un paresseux
aime & n'aime pas/-
les gens d'esprit ordinairement
aiment & n'aiment
pas: il n'y a gueres
que les sots qui aiment
,
DU qui haïssent tout à fait;
c'est sur aimer & n'aimer
pas que sont fondez les
reproches & les juttincations
des Amans. Quand
in Amant prouve à sa
Maîtresse. qu'il l'aimepar
eplaisir qu'ilade la voir,
il a raison, c'est aimer :
mais si la Maîtresse lui
reprochequ'il trouve des
plaisirs où elle n'est pas,
elle a raison aussi, c'est
aimer & naimerpas.
Non feulement on peut
aimer & n'aimerpas,
mais on peut encore aimer
& haïr en même
temps.Un misantrope aime
& haïty j'ai lieu de
haïr ma maitresse & je laï
hais en effet: mais sije
me persuade que je ne
l'aime plus, je me trompe;
les retours de cettd*
passion m'apprendront
bientôt que je puis aimer
& haïr en même temps.
Un honnête homme qui
a naturellement du goût
pour le vin, mais qui
craint de s'enyvrer ,
aime
& hait en même temps.
Un yvrogne quand il
commence a senyvrer
aime & n'aime pas.
} par
Les meilleurs Autheurs
confondent ces deux
mots. Les hommes défirent
tant. de choses, qu'il
n'y a presque plus de difserence
entre souhaiter
& desirer.
Vous qui calmie^la vio-
*
lence
De nos desirs impétueux,
Et qui ne pei-rnettiezaux
mortels trop heureux
Que des simples souhaits l'oi-
Jive experience,
O puissante raison,vertueuse
innocence!
Nous quittevous donc
pourJamais ?
Venezôter le voile épais
D'une tropfuneste ignorance
On ne sçait plusladifference
Desviolents desirs aux tranquilles
fou/Jatls.
Il y aune difference entre
une i.unncite femme
& une coquette, que
l'une desire d'être aimée,
& l'autre le souhaite.
Messieurs les diseurs de bons
mots
Par un injusteusage
Confondenttrés mal à propos
La coquette & la fage.
Distinguonséquitablement
Lasage& la coquette;
Celle-ci desire un Amant,
Etl'autre le souhaite.
Un homme qui voit une
jolie femme aux tuilleries
desirede la voir chez elle,
&souhaite qu'elle [çiche
qu'il elt amoureux d'elle;
quand il l'avûechezelle,il
desire luy declarer son amour,&
souhaite d'en être
aimé,quãdillui a declaré
son amour, il desire d'en
être aimé, & souhaited'être
encore plus heureux.
La difference entre
souhaiter ôc desirer est
sensible dans un Héros
de roman;sa passion lui
fait souhaiter ce que sa
ddeliecatesssierl'eemprê.chede foj
Souhaiter ,ceûj rapj
procher par l'imagination
des plaisirsdont les
causes sont éloignées;
c'est se rendre presens les
plaisirspossibles:desirer,
c'est chasserparla convoitise
des plaisirs possibles;
la joüissance des
plaisirs presens.
Le
sage
parfait, s'il
étoit possible,souhaiteroit
toujours, & ne defireroit
jamais. Souhaiter,
c'est proprement faire des
Châteaux en Espagne
,
&
je ne crois pas qu'on se
soit jamais avisé de regretter
le tempsqu'on y
a employé.
Lestranquiles fàuhaitsJOrn
Châteaux en Sjpagne
Que j'ai grand plaisir à
bâtir,
Mon esprit me transporte au
pays de Cocagne,
Et j'y possede tout dans un
heureux loisir:
Ah qu'il me rend un bonofsice!
Mais les impetueux desirs
En renversant mon edifice,
Vinnent m'ôter tous mes
plaisirs.
Si
:•] Si l'on
-
peutsouhaiter
sans desirer, on peut aimer
& n'aimer pas en
même temps. Un paresseux
aime & n'aime pas/-
les gens d'esprit ordinairement
aiment & n'aiment
pas: il n'y a gueres
que les sots qui aiment
,
DU qui haïssent tout à fait;
c'est sur aimer & n'aimer
pas que sont fondez les
reproches & les juttincations
des Amans. Quand
in Amant prouve à sa
Maîtresse. qu'il l'aimepar
eplaisir qu'ilade la voir,
il a raison, c'est aimer :
mais si la Maîtresse lui
reprochequ'il trouve des
plaisirs où elle n'est pas,
elle a raison aussi, c'est
aimer & naimerpas.
Non feulement on peut
aimer & n'aimerpas,
mais on peut encore aimer
& haïr en même
temps.Un misantrope aime
& haïty j'ai lieu de
haïr ma maitresse & je laï
hais en effet: mais sije
me persuade que je ne
l'aime plus, je me trompe;
les retours de cettd*
passion m'apprendront
bientôt que je puis aimer
& haïr en même temps.
Un honnête homme qui
a naturellement du goût
pour le vin, mais qui
craint de s'enyvrer ,
aime
& hait en même temps.
Un yvrogne quand il
commence a senyvrer
aime & n'aime pas.
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Résumé : RÉPONSE, par ***
Le texte distingue les mots 'souhaiter' et 'désirer', souvent confondus. Il explique que les réalisations humaines ont estompé cette différence. La raison et l'innocence vertueuse apaisent les désirs violents, mais l'ignorance les remplace. Par exemple, une femme honnête désire être aimée, tandis qu'une coquette le souhaite. Un homme peut désirer voir une femme chez elle et souhaiter qu'elle sache son amour. Dans un roman, un héros souhaite ce que sa délicatesse lui interdit de désirer. Souhaiter implique d'imaginer des plaisirs possibles, tandis que désirer implique la convoitise de plaisirs présents. Un sage parfait souhaiterait toujours et ne désirerait jamais. Souhaiter est comparé à construire des châteaux en Espagne, une activité plaisante et sans regret. Le texte explore aussi la possibilité d'aimer et de ne pas aimer en même temps, illustrée par des exemples comme le paresseux ou le misanthrope. Ces nuances expliquent les reproches et justifications des amants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1497
p. 91-93
RÉPONSE par Don Quichote.
Début :
Je suis du pur amour chevalier scrupuleux, [...]
Mots clefs :
Amour, Gourmandise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE par Don Quichote.
1i E' P O N SE
parDon Quichote.
JEsuis du pur amour
chevalier scru puleux,
Et souhaitant ma Dulcinée
Seulement pour remplir
ma haute destinée
Sans dcfîrs je fuis amoureux
Et je laisse à,Sanch1ot:
desirer sa Theresè.
SANCHOT.
Moy, mon maître, ne
vous deplaise,
Qui n'ay que mon inGtin£
t pour comprendre
les mots,
Je regarde l'amour,,
comme la gourmandise,
Et quand on voit la
napemise,
Souhaiter sans mangea
c'estle repas des sots.
parDon Quichote.
JEsuis du pur amour
chevalier scru puleux,
Et souhaitant ma Dulcinée
Seulement pour remplir
ma haute destinée
Sans dcfîrs je fuis amoureux
Et je laisse à,Sanch1ot:
desirer sa Theresè.
SANCHOT.
Moy, mon maître, ne
vous deplaise,
Qui n'ay que mon inGtin£
t pour comprendre
les mots,
Je regarde l'amour,,
comme la gourmandise,
Et quand on voit la
napemise,
Souhaiter sans mangea
c'estle repas des sots.
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1498
p. 94-99
RÉPONSE.
Début :
Non ; car il faut bien qu'une porte soit ouverte [...]
Mots clefs :
Amour, Aimer, Beauté, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE.
ARTICLE
des Questions.
QUESTION.
Si l'on peut en même
temps aimer & ne pas
aimer.
REPONSE.
Non; caril faut bien,
qu'une porte soit ouverte
ou fermée.
Cependant j'entre dans
l'idée de la question; on
ne demande qu'un jeu
d'esprit là dessus. En voici
un tel que tel.
Mon coeur est naturellement
tendre: mais il est
indifferent par paresse. Je
vis l'autre jour une charmante
perionne dont je
ne devins qu'à moitié
amoureux.
Mon coeur fait son chemin,
mais non pas en un jour, ilva bien jusqu'à la tenrlrejje
;
Mais retenupar laparesse,
Ilnevapasjusqu'àl'amour.
Je mets une grande difsérence
entre la tendresse
& l'amour ; ce seroitune
autrequestion de Mercure,
suivons celle-ci;je
puis dire à present de ma
charmante Isabelle, que
je l'aime, (t) que je ne l'aime
pas. Je l'appelle charmante
, parce que j'en
fus charmédu premier
coup d'oeil.
AiAÏS elleme paroît en lA
regardant mieux
Et
Etmoitié belle & moitié
UidCyJ
Des maux que mefont ses
'-J' #grandsytype
Sagrandme (bpuecbedefle- le.re-
Je
Hierausoirpourtantje
pensail'aimertoutàfait
carayantétéfrappé dele7'
clat de son ceiri) de ses
regards, & d'un certain air
qui saisit d'abord.
, Afinque
-
je n'eusse pas
leloisir de voirses défauts:
mais un : moment après ils
vinrentenfoule se presenter
à monimagination ~3c
j'avois presqueoublié ses
beautez
,
quandtout à coup ,
JJamourmfaveur â'IfabeUe
Du feu tlefin brandon rallumxlchandeue.
C'est ainsi que l'Amour
rusévoudroit m'engager à
elle sans reserve
: mais
comme je la vois en même
temps belle & laide, je
puisdire aussi qu'en même 4
temps je l'aime, & je nq
l'aime pas.
des Questions.
QUESTION.
Si l'on peut en même
temps aimer & ne pas
aimer.
REPONSE.
Non; caril faut bien,
qu'une porte soit ouverte
ou fermée.
Cependant j'entre dans
l'idée de la question; on
ne demande qu'un jeu
d'esprit là dessus. En voici
un tel que tel.
Mon coeur est naturellement
tendre: mais il est
indifferent par paresse. Je
vis l'autre jour une charmante
perionne dont je
ne devins qu'à moitié
amoureux.
Mon coeur fait son chemin,
mais non pas en un jour, ilva bien jusqu'à la tenrlrejje
;
Mais retenupar laparesse,
Ilnevapasjusqu'àl'amour.
Je mets une grande difsérence
entre la tendresse
& l'amour ; ce seroitune
autrequestion de Mercure,
suivons celle-ci;je
puis dire à present de ma
charmante Isabelle, que
je l'aime, (t) que je ne l'aime
pas. Je l'appelle charmante
, parce que j'en
fus charmédu premier
coup d'oeil.
AiAÏS elleme paroît en lA
regardant mieux
Et
Etmoitié belle & moitié
UidCyJ
Des maux que mefont ses
'-J' #grandsytype
Sagrandme (bpuecbedefle- le.re-
Je
Hierausoirpourtantje
pensail'aimertoutàfait
carayantétéfrappé dele7'
clat de son ceiri) de ses
regards, & d'un certain air
qui saisit d'abord.
, Afinque
-
je n'eusse pas
leloisir de voirses défauts:
mais un : moment après ils
vinrentenfoule se presenter
à monimagination ~3c
j'avois presqueoublié ses
beautez
,
quandtout à coup ,
JJamourmfaveur â'IfabeUe
Du feu tlefin brandon rallumxlchandeue.
C'est ainsi que l'Amour
rusévoudroit m'engager à
elle sans reserve
: mais
comme je la vois en même
temps belle & laide, je
puisdire aussi qu'en même 4
temps je l'aime, & je nq
l'aime pas.
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Résumé : RÉPONSE.
Le texte examine la possibilité d'aimer et de ne pas aimer simultanément. Initialement, l'auteur rejette cette idée, la comparant à une porte qui doit être soit ouverte, soit fermée. Cependant, il accepte de considérer la question comme un jeu d'esprit. Il décrit son cœur comme naturellement tendre mais indifférent par paresse. L'auteur rencontre une personne charmante, Isabelle, dont il devient à moitié amoureux. Il distingue la tendresse de l'amour et affirme pouvoir aimer et ne pas aimer Isabelle en même temps. Il décrit ses sentiments fluctuants envers elle, oscillant entre admiration et déception. Après avoir été charmé par ses regards et son air, il découvre rapidement ses défauts, ce qui altère son amour. Ainsi, il conclut qu'il peut aimer et ne pas aimer Isabelle en même temps, la voyant à la fois belle et laide.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1499
p. 102-103
ENVOY Sur l'Enigme d'Octobre, Par Monsieur Flipe.
Début :
L'Enigme gripe [...]
Mots clefs :
Pipe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY Sur l'Enigme d'Octobre, Par Monsieur Flipe.
ENVOY
Sur l'Enigme d'Octobre,
Par Monsieur Flipe.
L'Enigme gripe
Terriblement,
Dit Aristipe;
C'est le polipe
Du jugement.
Je m'émancipe
Comme un Edipe,
Mais vainement;
Par Aganipe
Musedissipe
L'aveuglement
Qui me constipe
L'entendement.
Lamalepipe
J'y fuis vraiment,
C'est unepipe.
Sur l'Enigme d'Octobre,
Par Monsieur Flipe.
L'Enigme gripe
Terriblement,
Dit Aristipe;
C'est le polipe
Du jugement.
Je m'émancipe
Comme un Edipe,
Mais vainement;
Par Aganipe
Musedissipe
L'aveuglement
Qui me constipe
L'entendement.
Lamalepipe
J'y fuis vraiment,
C'est unepipe.
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1500
p. 103-104
ENIGME.
Début :
Quand je n'ay ni poudre ni plomb, [...]
Mots clefs :
Toilette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Quand je riay ni poudre ni
plomby
Prés de moymamaitresse est
un peu desoeuvrée;
De ma boutique bien parée
Prudemment on cache lefond,
Il est peu de belle grimace ;
On en peut voir pourtant en
mevoyant en face.
Ma maitresse dansson prin- temps Ne me trouve guere importante;
Avec le nombre de ses ans
Près d'elle mon crédit s'augmente
:
Mais ellen'oseplussans rougir
, moy prtfWey
Recevoir sesderniers amants.
Quand je riay ni poudre ni
plomby
Prés de moymamaitresse est
un peu desoeuvrée;
De ma boutique bien parée
Prudemment on cache lefond,
Il est peu de belle grimace ;
On en peut voir pourtant en
mevoyant en face.
Ma maitresse dansson prin- temps Ne me trouve guere importante;
Avec le nombre de ses ans
Près d'elle mon crédit s'augmente
:
Mais ellen'oseplussans rougir
, moy prtfWey
Recevoir sesderniers amants.
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