De Alarjeille.
Une lettre de Marseille
nous apprend, qu'après que
le Grand Visir eut reproché
au Bayle de Venise,
fous differens pretextesque
la République avoir contrevenu
à la bonne foy,il
le renvoya. Il fut sifflé&
insulté par le peuple de
Conltantinople, ôc mis enfuite
aux arrêts: mais le Secreraire
de l'ambassade, le
frere du Bayle, & un aucre
NobleappelleRiva,se sont
sauvez.,
sauvez, fous la protection
de l'Ambassadeur de France
; que les Turcs étoient
entrez dans la Morée: ce
qui cause une grande confternation
à Venile, & on
travaille avec toute ladiligence
possible à envoyée
des secours en Levant ôc
en Dalmatie. Les dernieres
lettres de Venise portent
qu'on y étoit fore inquiet
d'apprendre des nouvelles
du Chevalier Emo, Ambassadeur
de la République
à Constantinople. il y a des
avis qui portent qu'ila écc
mis dans les sept Tours, &:
d'autres qu'il s'est embarqué.
Les lettres de Napolie
de Romanie ne confîrment
pas que les Turcs ayent fait
une irruprion en Morée,
comme le bruit en a couru:
mais bien que le Seraskier
de Negrepont savançoic
vers risthme de Corinche
y
pour y entrer avec le corps
destroupes qu'il avoit af
semblées à Thebes,;que la
flote. Othomane s'ailembloit
à Castel-Rosle, ou. il
y avoic déjà 31. sultanes, II¡
galeasses & 8. brûlots
, &
qu'on y attendoit 10. navires
de Barbarie avec les galeres.
On doit faire parrir à
la Unde ce mois le grand
convoy qu'on prepare pour
le Levant, avec des troupes
,des vivre) de l'argent,
Ôc même desgeriieurs
que la Republique a pris à
sa solde. Onse flatoit encore
que le grand armement
des Turcsn'étoitdés
tinéni contre la lie'publique
, ni contre Malthe,
mais contre le Czar, qui
leuramanqué de parole.