LE PAPILLON & L'IMMORTELLE.
Dans les jardins de Flore ,
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Parut unjour un jeune Papillon.
Sur ſes aîles brilloit un tendre vermillon
Egal à celui de l'Aurore :
L
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L'or, l'azuryjoignoient leurs plus vives couleurs,
Et par un mêlange agréable
Le rendoient cent fois plus aimable ,
Plus beau que les plus belles fleurs.
Superbe& fans égards , frappant tout de ſonaile ;
A la roſe , à l'oeillet ,
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Civ
56 MERCURE DE FRANCE.
Au jalmin , au muguet ,
A chaque inſtant le Fat cherchoit quelque que
relle.
Par ſes airs& ſes tons , ſurtout par ſon brillant,
Il ſéduifit l'aveugle multitude :
Un peu d'éclat c'eſt aſſez l'habitude ,
Impoſe aux yeux du vulgaire ignorant ....
>> Mais d'où te vient tant d'arrogance ,
Lui dit l'Immortelle un matin ?
>>>Nous ſommes vieille connoiſſance;
Tu veux te déguiſer envain.
Le clinquant paſſager qui ſur ton aîle brille,
>> Aux Sots peut impoſer des Loix :
>> Mais ſcavons-nous moins qu'autrefois ,
•Malheureux ! tu n'étois qu'une affreuſe cheniller
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Sous les dehors pompeux
Qu'il érale à nos yeux ,
Le Petit-maître croit ſéduire :
Mais bientôt on le reconnoît.
L'homme ſenſé n'en fait que rire
Et le voit toujours tel qu'il eſt .
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20 ParM. GAULLARD , Fils.