Si les Maux dont on a efte
chercher le remede dans les
Lieux où l'on boit des Eaux,
n'ont point empefché qu'on ne s'y foit agreablement diverty , il en eſt de meſme des grandes Affaires qu'on traite à Nimé- gue,&qui n'en ont point banny fes Plaiſirs. Monfieur le Marefchal d'Eſtrades ayant reçeu chez luy avec ſa politeffe ordi- naire , des Dames Hollandoifes
que la curiofité de voir l'Affemblée avoit attirées de la Haye,
les a régalée d'un excellent Concert , compoſé de Luths,
de Claveſſins , &de quelques
NOY 1730
Ciij
54 LE MERCVRE
Inſtrumens nouvellement inventez , &qui reſſemblent àun Deffus de Violon , mais qui font infiniment plus propres à ac- compagner le Luth , parce que leur ſon qui imite celuy de la Flute douce fait beaucoup
moins de bruit que celuy du Violon , de forte qu'il ne couvre pas le jeu du Luth , & n'a rien qui crie nyqui ſoit aigre comme le fon de la Poche. Peut- eftre
que ces fortes d'Inſtrumens pa- roîtront bientoft en France. Le
Concert avoit eſté compoſé &
foûtenu par M. de Soleyzel.
C'eſt un jeune Gentilhomme qui a fait le Voyagede Nimegue avec M. d'Avaux , &qui parmy cent belles. qualitez , a celles d'eſtre fort bon Muſicien &fort
bon Hommede cheval.Il eſt Fils
de M. de Soleyzel , qui eſt un
GALANT. 55 des Chefs de l'Académie Royale proche l'Hoſtel de Condé , &
qui a mis au jour pluſieurs Li- vres ſur les Matieres qui regar- dent ſa Profeſſion.