Plaidoyer pour & contre J. J. Rouffeли
& le docteur D. Hume , l'historien Anglois ,
avec des anecdotes intéreſſantes , relatives
ausujet : ouvrage moral & critique pour
ſervir de ſuite aux oeuvres de ces deux
grands hommes. ALondres , & ſe trouve
à Lyon , chez Pierre Cellier , libraire ,
quaiStAntoine ;& à Paris , chez Dufour,
ci-devant au cabinet littéraire , à préſent
rue de la vieille Draperie au bon Pasteur,
in- 12 . 1768 .
Ce plaidoyer pour & contre M. Roufſeau&
M. Hume ne contient que ce que
l'on ſçait déjà de la querelle de ces deux
hommes célèbres. L'Auteur ne les épargne
ni l'un ni l'autre; il ſeroit inutile d'entrer
dans un long détail fur cet ouvrage ,
Dv
S2 MERCURE DE FRANCE .
où l'on trouve peut- être autant d'injures
que de réflexions; nous nous bornerons à
en citer les dernieres phrases. « Voici ce
>> qu'a prononcé un très-honnête hom-
>> me , après avoir parcouru l'expoféfuc-
>> cinct. Rouſſeau n'eſt que malade& non
>>pas méchant ; M. Hume eſt malade &
>> méchant tout - à- la- fois. Je fais des
>> voeux pour la guériſon de tous deux ,
»& particulierement pour la conſerva-
» tion de celui qui, dans cette affaire , a
>>témoigné plus d'oſtentation , d'animo-
>> ſité & de vengeance que de générofité
»& de grandeur d'ame. « L'Auteur ne
trouve que du galimatias , de la déraifon
, & peu d'éloquence dans la grande
lettre de M. Rouſſeau àM. Hume ; il accuſe
l'éditeur de l'expoſé fuccinct , de
manquer de charité & de difcernement ;
&ce qu'il y a de fingulier , c'eſt qu'il le
fait à la fin d'un ouvrage qui n'annonce
pas l'ombre de cette premiere qualité ;
c'eſt aux lecteurs à prononcer s'il a du
moins la derniere.