EGLOGUE
SUR LA NAISSANCE
Q
DE JESUS-CHRIST.
Palemon.
Uel spectacle nouveau se présente à mes
yeux ?
Dans cette obscure nuit qui répand la lu- miere ,
Quel éclat frappe ma paupiere ?
Ah! Bergers , qui veillés dans ces paisibles lieux ,
Voyez-vous , comme moi > ce Messager dos Cieux ?
Il nous parle ; écoutons.
Un Ange.
Mortels , soyez sans crainte ,
Je viens vous annoncer une éternelle paix ,
De vos justes frayeurs n'ayez plus l'ame atteinte :
Le Ciel sensible à vos souhaits
Répand sur vous le plus grand des bienfaits.
Choeur des Bergers.
Par des Chants de réjouissance
Témoignons à l'envi notre reconnoissance.
II. Vol.
Daph
DECEMBRE. 1732 2895.
Daphnis.
Joüissez d'un destin paisible ;
Ah ! Bergers , revenez de vos mortels cha
grins ;
Le Ciel à nos soupirs sensible ,
En faveur des ingrats humains
Désarme son courroux terrible ,
Et nous donne des jours tranquiles et sereinss
Le Chœur.
Un Dieu naissant te bannit de ces lieux,
Et dissipe à jamais tes complots odieux
Affreux Auteur de nos alarmes ;
Que de notre bonheur tu vas être envieux !
Aussi-bon que puissant , cet Enfant glorieux ,
Tarit enfin nos larmes ,
Et nous ouvre les Cieux.
Licidas.
Admirons la bonté de ce divin Sauveur ,
Parmi nous il vient prendre une humaine
gure ,
Et du faîte de la grandeur
Non content de descendre , il veut souffrir l'ing
jure ,
D'un affreux hyver la rigueur.
II. Vol. Rou
2896 MERCURE DE FRANCE
Rougis , perfide créature ,
De voir en cet état réduit ton Créateur.
Alcandre , Daphnis , et le Chœur,
Aimons le Sauveur ,
Suivons sa tendresse :
Aimons le Sauveur
De tout notre cœur.
Alcandre et Daphnis.
Méprisons sans cesse
La vaine grandeur ,
Et tout ce qui blesse
Une sainte ardeur.
Alcandre, Daphnis , et le Choeur.
Aimons le Sauveur ,
Suivons sa tendresse :
Aimons le Sauveur
De tout notre cœur.