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1
p. 249-264
Le Printemps glacé Idille.
Début :
Le Printemps suivi de Flore Des beaux jours & des Zephirs [...]
Mots clefs :
Printemps, Flore, Zéphyrs, Nature, Oiseaux, Plaisirs, Hiver, Rivages, Bergers
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texteReconnaissance textuelle : Le Printemps glacé Idille.
Le Printemps glacé
Idille.
Le Printemps fnivi de
Flore
Des beaux jours & des
Zepbirs
Avmt dela fait êclore
Dans nos Champs mille
plaisirs
Deja par de doux ramages
Les Oisèaux dans les
Boccazcs
Cha?ttoiern leurs tendres
langueurs
Et cejfmtd'e/trecaptives
Les Mayades sur leurs
rives
Voyoient naître mille
fleurs.
Déjà far ces fleurs
natfiantes
Les Bergers à leurs
Amantes
Racontoient le long du
jour
Combien la faison des
glaces
Avott couté de disgraces
Et de maux à leur
amour;
Enfin toute la nature
Pleine d'un ejpoir charmant
Du retour de la verdure
Marquoit joii ravtjfc*
ment.
Mais thyver impitoyable
Rend ce plaisir peu durable
Pour hanir le Printemps
il revientsurses pas
Par Us barbares outrages
On revoit sur nos rivages
Lesglaçons& lesfrimats
UAepsilonsur& terrible
ChaJJe le Zephir patjible
Et ravit à nos champs
leurs renaijjans Afpas.
Depuis que sa froide
haleine ji trihomphé des beaux
jours
Les plaisirs & les amours
Sont dt[parus dans la
Plysine
En retournant dans le
Hameau
Chaque Bergersedesespere
De s'y voir arraché dJ/auprés
desa Btrgere
PPaarrunchangement si t%,-i chaî2
nouveau.
Tandis que le Berger
pleure
Des rigeurs de la faison3
Le Laboureur à tonte
heure
En tremble poursamots
son
Voyant les écrits ell furie
Exercer le..r barbarie
Dans [es ftnilts Cuorcts
Troublé,rerrpli d'epouvanté
Il riofe plus compter la
recolte abondante
Qui l'avoit tantflate par
jes riches aprejh.
Eij7n par Vhorrible
Guerre
Que le fr. id fait sur la
Terre
Tout languit dans l'Univers
Et les Coteaux deja
verds
Quittant leur riante face
pour ceder à Ion horreur
On ne voitplus que la
trace
Des Autans pleins de
fureur.
Helas!ce triste ravage
Qui nous defoie sifort
hlt unefuneste Image
Des rigueurs de nojlre
fort
Lors'quâpres mille travtrfes
Et mille panes dtvtrfes
Nouscroyons n'avoirplus
àformerdefoubaits
Loin de voir couronner
nostre perseverance
J!~~ * Rend nos chagrins plus
vifs qu'ils ne furent
jamais.
Tel. que l'ambition
fate
Courant après les honneurs
Quelque foisalafin en
goûte les douceurs
Dans un rang éminent
ouon pouvoir éclate
Possedantyeu(onbonheur,
La fortune qui le joué
D'uninconjlant tour de
roue
Faitrincerfersa grandeur.
Vn autre dans le
Commerce
Faitsagloireblanchir
Sur teJfolr de s'enrichir
Il ness Mer qu'il ne
tratver(e
Maivgreamuillxe affreux tra-
Bravantles Vents &les
Ondes
Ilvif!telesdeux Mondes s(~ Sur ae frajjus l^atjî/')eaux
Et !orfanet'à main avare
Jîad,. } -1-", '1 ;,' 'f. rJ~ 14 i nomlr, u* amas
De ce quinaît defias rare
Da-ns tmes baarbartessCli-
Rempuaune douce a:ten-
- te
Qui h frite & qui l'enchante
Ilse remet sur la Ader
Alors un fougueux orage
A ses riches Vaisseaux
saif,ntfaire naoffrage
Il voit an fond des flots
f/oanep/poliiracbîemesr.
-
Vncoeur
Vncoeur- eexxeemmpptt des
De lamorne avarice &
de L'ambition
Oui fait toutesses delices
DJlt:ne tendrepuffion
N*apas plus de repos en
juvvatJt la tendreté
Que l'Avare craintif ny
que lt'ambitieux
ji peine sesfoins &ses
voeux
Ont touchéé ll''oobbjet qui le
blesle
Que de cet état charmant
Ilpajfe au malheur extreme
Devoir l'Ingrate quil
aime
En irJtj/ffant ses feux
courir au changernent.
C'est ainsi qu'en mille
maniérés
&aveugle& bigarre def
tin
Fait tourner nos plaisirs
en des douleurs ameres
Changeant tout eamoin
d'un matin
Mais sinos coeurs étoient
sans vices
Si nous nesuivionspoint - lesfollespajjions
Il neferoitfar nous malgrétous
(es caprices
Que defaiblesimprejfwns.
Ces Arbres dépouilleZ,
De leurs ch.r/muns feml- /:'f:S Ó, Ces fJ¡eZ.oÙ l'herbemeurt
& cceess'iriu-,:@[jea!vxgrrs',-i.c'~ee\'"f
JSïû'is donnent des leCOliS
en lt ..-,>( ?n:icts Unçaçet
r ~8 r,J 1-
¿, 3O1.- Ils Otit veufansfrémir j
1,.'JiJ ,",..- l. (.. ", l JJ
leurss^psisefpacez>
Quoique le rrintemps se
retire
Que l'hyver en comroux
reprenant Ion empire
Ravisse tonte* leurs beautés
Ils nefptccombent point
Jons tant de cruaute;:."
,DDan,zsnisci ceiiaattttoouûjjo0u14rrss
jCftitt-tii/ié?
Ces Cljcfncs reJifl-ant
aux Autels irrite^
~., .,,' ,J t L-~ ylîtendent desZcphirs le
J~ {/. f.. u 1 H~' ¿t. fJ ¡ J t¡;
retourfavorable.
,,,It J ".-J.I t.,/ .,., ,.,'.,¡Ie
Si co'mr.e eux cLins
1n'Is les revers
Dont lafjrtme nous ac-
c."v;;;e
Nousgardions un esprit
conjtant, inébranlable
Attendant en repos fil
changements divers
Notts v.-i-roris COHUrnotre vie Dans un état plus doux
& plus digne d'envie
Q^e si Con nous rendoit
jMaijïres de ÏVnivtrs.
Idille.
Le Printemps fnivi de
Flore
Des beaux jours & des
Zepbirs
Avmt dela fait êclore
Dans nos Champs mille
plaisirs
Deja par de doux ramages
Les Oisèaux dans les
Boccazcs
Cha?ttoiern leurs tendres
langueurs
Et cejfmtd'e/trecaptives
Les Mayades sur leurs
rives
Voyoient naître mille
fleurs.
Déjà far ces fleurs
natfiantes
Les Bergers à leurs
Amantes
Racontoient le long du
jour
Combien la faison des
glaces
Avott couté de disgraces
Et de maux à leur
amour;
Enfin toute la nature
Pleine d'un ejpoir charmant
Du retour de la verdure
Marquoit joii ravtjfc*
ment.
Mais thyver impitoyable
Rend ce plaisir peu durable
Pour hanir le Printemps
il revientsurses pas
Par Us barbares outrages
On revoit sur nos rivages
Lesglaçons& lesfrimats
UAepsilonsur& terrible
ChaJJe le Zephir patjible
Et ravit à nos champs
leurs renaijjans Afpas.
Depuis que sa froide
haleine ji trihomphé des beaux
jours
Les plaisirs & les amours
Sont dt[parus dans la
Plysine
En retournant dans le
Hameau
Chaque Bergersedesespere
De s'y voir arraché dJ/auprés
desa Btrgere
PPaarrunchangement si t%,-i chaî2
nouveau.
Tandis que le Berger
pleure
Des rigeurs de la faison3
Le Laboureur à tonte
heure
En tremble poursamots
son
Voyant les écrits ell furie
Exercer le..r barbarie
Dans [es ftnilts Cuorcts
Troublé,rerrpli d'epouvanté
Il riofe plus compter la
recolte abondante
Qui l'avoit tantflate par
jes riches aprejh.
Eij7n par Vhorrible
Guerre
Que le fr. id fait sur la
Terre
Tout languit dans l'Univers
Et les Coteaux deja
verds
Quittant leur riante face
pour ceder à Ion horreur
On ne voitplus que la
trace
Des Autans pleins de
fureur.
Helas!ce triste ravage
Qui nous defoie sifort
hlt unefuneste Image
Des rigueurs de nojlre
fort
Lors'quâpres mille travtrfes
Et mille panes dtvtrfes
Nouscroyons n'avoirplus
àformerdefoubaits
Loin de voir couronner
nostre perseverance
J!~~ * Rend nos chagrins plus
vifs qu'ils ne furent
jamais.
Tel. que l'ambition
fate
Courant après les honneurs
Quelque foisalafin en
goûte les douceurs
Dans un rang éminent
ouon pouvoir éclate
Possedantyeu(onbonheur,
La fortune qui le joué
D'uninconjlant tour de
roue
Faitrincerfersa grandeur.
Vn autre dans le
Commerce
Faitsagloireblanchir
Sur teJfolr de s'enrichir
Il ness Mer qu'il ne
tratver(e
Maivgreamuillxe affreux tra-
Bravantles Vents &les
Ondes
Ilvif!telesdeux Mondes s(~ Sur ae frajjus l^atjî/')eaux
Et !orfanet'à main avare
Jîad,. } -1-", '1 ;,' 'f. rJ~ 14 i nomlr, u* amas
De ce quinaît defias rare
Da-ns tmes baarbartessCli-
Rempuaune douce a:ten-
- te
Qui h frite & qui l'enchante
Ilse remet sur la Ader
Alors un fougueux orage
A ses riches Vaisseaux
saif,ntfaire naoffrage
Il voit an fond des flots
f/oanep/poliiracbîemesr.
-
Vncoeur
Vncoeur- eexxeemmpptt des
De lamorne avarice &
de L'ambition
Oui fait toutesses delices
DJlt:ne tendrepuffion
N*apas plus de repos en
juvvatJt la tendreté
Que l'Avare craintif ny
que lt'ambitieux
ji peine sesfoins &ses
voeux
Ont touchéé ll''oobbjet qui le
blesle
Que de cet état charmant
Ilpajfe au malheur extreme
Devoir l'Ingrate quil
aime
En irJtj/ffant ses feux
courir au changernent.
C'est ainsi qu'en mille
maniérés
&aveugle& bigarre def
tin
Fait tourner nos plaisirs
en des douleurs ameres
Changeant tout eamoin
d'un matin
Mais sinos coeurs étoient
sans vices
Si nous nesuivionspoint - lesfollespajjions
Il neferoitfar nous malgrétous
(es caprices
Que defaiblesimprejfwns.
Ces Arbres dépouilleZ,
De leurs ch.r/muns feml- /:'f:S Ó, Ces fJ¡eZ.oÙ l'herbemeurt
& cceess'iriu-,:@[jea!vxgrrs',-i.c'~ee\'"f
JSïû'is donnent des leCOliS
en lt ..-,>( ?n:icts Unçaçet
r ~8 r,J 1-
¿, 3O1.- Ils Otit veufansfrémir j
1,.'JiJ ,",..- l. (.. ", l JJ
leurss^psisefpacez>
Quoique le rrintemps se
retire
Que l'hyver en comroux
reprenant Ion empire
Ravisse tonte* leurs beautés
Ils nefptccombent point
Jons tant de cruaute;:."
,DDan,zsnisci ceiiaattttoouûjjo0u14rrss
jCftitt-tii/ié?
Ces Cljcfncs reJifl-ant
aux Autels irrite^
~., .,,' ,J t L-~ ylîtendent desZcphirs le
J~ {/. f.. u 1 H~' ¿t. fJ ¡ J t¡;
retourfavorable.
,,,It J ".-J.I t.,/ .,., ,.,'.,¡Ie
Si co'mr.e eux cLins
1n'Is les revers
Dont lafjrtme nous ac-
c."v;;;e
Nousgardions un esprit
conjtant, inébranlable
Attendant en repos fil
changements divers
Notts v.-i-roris COHUrnotre vie Dans un état plus doux
& plus digne d'envie
Q^e si Con nous rendoit
jMaijïres de ÏVnivtrs.
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Résumé : Le Printemps glacé Idille.
Le texte 'Le Printemps glacé' explore les effets destructeurs de l'hiver sur la nature et les êtres humains. Le printemps, initialement porteur de plaisirs et de fleurs, voit ses promesses anéanties par le retour brutal de l'hiver. Les bergers et les laboureurs, désespérés, craignent pour leurs récoltes et leurs amours. La guerre et les rigueurs de la saison exacerbent cette détresse, transformant les paysages verdoyants en scènes de désolation. Le texte établit une comparaison entre cette situation et la fortune capricieuse, capable de renverser les honneurs et la richesse. Un commerçant, après avoir accumulé des richesses, peut voir ses navires sombrer. De même, un cœur amoureux peut passer des délices au malheur extrême en étant rejeté. Ces exemples illustrent comment les plaisirs peuvent se transformer en douleurs amères. Le texte conclut en soulignant que les cœurs sans vices, ne suivant pas les passions folles, ne seraient pas soumis aux caprices de la fortune. Les arbres et les fleuves, bien que dépouillés, résistent aux cruautés de l'hiver et attendent patiemment le retour du printemps, symbolisant une résilience et une constance face aux revers de la fortune.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 41-44
SUR L'AMOUR, PAR LE MEME.
Début :
N'a guere, Amour, tenté par ma jeunesse, [...]
Mots clefs :
Amour, Doux regards, Coeur, Mère, Enfance, Rivages, Flamme, Traître
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR L'AMOUR, PAR LE MEME.
SUR L'AMOUR ,
PAR LE MEME..
N'a quere , Amour , tenté par ma
jeunesse ,
S'en vint me voir , bien sçavoit mon
adresse :
Moi tout naif, ignorantſafaçon,
Neme doutois que fut ce faux Gar
çon;
D'un foible enfant il avoit l'air timide
,
Ses doux regards céloient son coeur
perfide,
Sonris , sa voix , son parler ingenû
Faifoient aimerle petit Inconnu ;
Sadouce haleine avoit odeur deRose,
Voire enſajoüe elle ſemblortécloſe :
Sur fon dos nû , vermeil &coloré ,
Flotost épars maint long cheveu doré
;
Rien ne portoitfur son épaule allée,
Hors mainte fleche en sa trouſſe mê
lée ,
Desa main dextre il tenoit un fallot ,
De l'autre,un arc avec un navelot
Diij
42 LE MERCURE
Sous ce harnois digne dufi d'Alcmene
,
Le. regardant , quelle Mére inhumaine
,
Dis-je ! O mon fils , te permet de
cour.r
Ainsi par voye ? Ah ! tu te vasferir
Avec ton arc & cette lourde lance ;.
AutreJoujou convient àton enfance,
Comme ofes-tu dans le tems des Frimats
Risquer au vent tes membres delicats
?
Koi , bel Enfant , comment de la
Scythie ,
Accourt icy le mari d'Oritie :
Tôt, prens ma robe &point nefor
tiras ,
Viens dansmonfein chaufertes petits
bras :-
Amour m'écoute , & cachant Sa
Surprise,
D'abord Courit à mon air defranchi-
Sei
Puis tout à coupdedepit rougiſſant ,
Eb quoi ! dit-il , en age adolesant ,
Eft-on encore ignorant de mon Etre ?
DE JUILLET. 43
Ates dépens tu l'apprendras peutêtre
:
Or , connois-moi , ſimple & jeune
garçon ,
Commeà laMort , l'homme me doit
rançons,
Amourjesuis , fur les rivagessombres,
Jatrop connu du noirTiran des Ombres
,
DoJupiter,du vainqueur dePython ,
Voire en la Mer, le frere de Pluton
Demes feuxbrûle au sein des Nereïdes
:
Les Conquerans , les Paltrons ,les
Alcides,
Jeunes & vieux , j'aſſervis à mes
loix ;
Doux par caprice aux Bergers plus
qu'aux Roix,
Tout l'Univers cede à mon haut.conrage;
Toi,désàdoncfais en l'apprentiſſage:
Ainfiparla,puisdeſonare vainqueur,
Iltire un darddroit au fond de mon
coeur;
La flamme y prond , l'Enfant se
metàrire ...
44. LE MERCURE
T'ai -je fait mal? Parle, tu n'as qu'à
dire ,
Remedeſai , foi d'enfant de Cipris ,
-Tu gueriras par un regard d'Iris :
Legerje pars,je la vois &je l'aime ,
Pourun barser l'eut aimée Amour
même ,
Mais, combien leTraitre m'a deçû!
Certes,d'Iris àſouhaits j'ai reçû
Douceurs fans nombre , &plus que
de coûtume ,
Amour encor me brûle & me con-
Sume.
PAR LE MEME..
N'a quere , Amour , tenté par ma
jeunesse ,
S'en vint me voir , bien sçavoit mon
adresse :
Moi tout naif, ignorantſafaçon,
Neme doutois que fut ce faux Gar
çon;
D'un foible enfant il avoit l'air timide
,
Ses doux regards céloient son coeur
perfide,
Sonris , sa voix , son parler ingenû
Faifoient aimerle petit Inconnu ;
Sadouce haleine avoit odeur deRose,
Voire enſajoüe elle ſemblortécloſe :
Sur fon dos nû , vermeil &coloré ,
Flotost épars maint long cheveu doré
;
Rien ne portoitfur son épaule allée,
Hors mainte fleche en sa trouſſe mê
lée ,
Desa main dextre il tenoit un fallot ,
De l'autre,un arc avec un navelot
Diij
42 LE MERCURE
Sous ce harnois digne dufi d'Alcmene
,
Le. regardant , quelle Mére inhumaine
,
Dis-je ! O mon fils , te permet de
cour.r
Ainsi par voye ? Ah ! tu te vasferir
Avec ton arc & cette lourde lance ;.
AutreJoujou convient àton enfance,
Comme ofes-tu dans le tems des Frimats
Risquer au vent tes membres delicats
?
Koi , bel Enfant , comment de la
Scythie ,
Accourt icy le mari d'Oritie :
Tôt, prens ma robe &point nefor
tiras ,
Viens dansmonfein chaufertes petits
bras :-
Amour m'écoute , & cachant Sa
Surprise,
D'abord Courit à mon air defranchi-
Sei
Puis tout à coupdedepit rougiſſant ,
Eb quoi ! dit-il , en age adolesant ,
Eft-on encore ignorant de mon Etre ?
DE JUILLET. 43
Ates dépens tu l'apprendras peutêtre
:
Or , connois-moi , ſimple & jeune
garçon ,
Commeà laMort , l'homme me doit
rançons,
Amourjesuis , fur les rivagessombres,
Jatrop connu du noirTiran des Ombres
,
DoJupiter,du vainqueur dePython ,
Voire en la Mer, le frere de Pluton
Demes feuxbrûle au sein des Nereïdes
:
Les Conquerans , les Paltrons ,les
Alcides,
Jeunes & vieux , j'aſſervis à mes
loix ;
Doux par caprice aux Bergers plus
qu'aux Roix,
Tout l'Univers cede à mon haut.conrage;
Toi,désàdoncfais en l'apprentiſſage:
Ainfiparla,puisdeſonare vainqueur,
Iltire un darddroit au fond de mon
coeur;
La flamme y prond , l'Enfant se
metàrire ...
44. LE MERCURE
T'ai -je fait mal? Parle, tu n'as qu'à
dire ,
Remedeſai , foi d'enfant de Cipris ,
-Tu gueriras par un regard d'Iris :
Legerje pars,je la vois &je l'aime ,
Pourun barser l'eut aimée Amour
même ,
Mais, combien leTraitre m'a deçû!
Certes,d'Iris àſouhaits j'ai reçû
Douceurs fans nombre , &plus que
de coûtume ,
Amour encor me brûle & me con-
Sume.
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Résumé : SUR L'AMOUR, PAR LE MEME.
Dans cette poésie, le narrateur relate sa première rencontre avec Amour, qui se présente sous les traits d'un enfant innocent et charmant. Séduit par son apparence angélique et ses manières douces, le narrateur, naïf et ignorant, ne reconnaît pas immédiatement la véritable nature d'Amour. Ce dernier, armé de flèches et d'un arc, révèle son identité et son pouvoir universel, expliquant qu'il asservit tous les êtres, des conquérants aux bergers, et que même les dieux lui sont soumis. Après avoir tiré une flèche dans le cœur du narrateur, Amour disparaît, laissant ce dernier consumé par la passion malgré les douleurs infligées.
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