AVR P. GRESSET , de la Compagnie
de Jesus , Professeur de Réthorique au
· College de Rouen , Auteur des Poësies
qui paroissent sous le nom de M. G.
O
T
Toi , dont la Musette tendre ;
Se fait admirer sur ces bords ,
Heureux Berger , ne puis- je apprendre
Le doux pouvoir de tes accords ?
1. Vol Quel
·
JUI N.
1120
1734.
Quel charme , Dieux , quelle harmonie
Résulte de tes sons touchans !
Chez toi les Airs du Berger d'Italie
Trouvent encor de nouveaux agrémens
Venez , Déesses d'Hypocresne ,
Venez , que vos regards surpris
Trouvent aux Rives de la Seine ,
Théocrite et Virgile en un seul réunis.
Voyez un Berger plein de charmes ,
Entouré des Ris et des Jeux :
Voyez l'Amour verser des larmes
De ne pouvoir se mêler avec eux.
Mais quel est ce profond silence !
Tout est sensible à ses accens ;
Les arbres même en marquent la cadence
Par d'heureux mouvemens.
Fuyez ô stupide vulgaire ,
Fuyez et respectez ce B rger desormais
Ses sons pour vous sont un mystere
Que vous ne comprendrez jamais.
Fuyez. Que vois- je ? Euterpe et Polymnie
Ont déjà couronné son front ,
Et la Troupe sçavante à l'instant réunie ,
Part , disparoît , revole au double Mont,
I. Vol. Berges
1130 MERCURE DE FRANCE
Berger , jouis d'une Couronne
Que jamais la faveur ne nous fit remporter
Quand les neuf Soeurs , quand Phébus nous la
donne
En vain voudroit- on nous l'ôter.
Je sçai que contre toi milie sots du Parnasse ,
Se sont élevez dans ces Lieux ;
Mais après tout , qu'a produit cette audace ?
Leurs propres traits se sont tournez contre eux.
L'Abbé Debecdelievre, ,
son Ecolier.